Chapitre 11 :


Chloé passa la porte avec un soupir. Elle traversa le couloir et se dirigea vers l'escalier.
Comme d'habitude Popie la salua. A la vue de sa bouille de peluche, les soucis de Chloé s'envolèrent et elle s'accroupit pour le faire un affectueux câlin et jouer gentiment avec lui.

Popie s'allongea sur le dos les quatre pattes en l'air et tint ses pattes avant comme s'il voulait les tendre le plus loin possible. Sa maitresse rigola et lui gratta le ventre.

- Ben oui, ben oui monsieur veut son câlin. T'es gonflé hein boule de poile. Hein mon popie ?

En entendant Chloé débarquer, Mathieu éteignit l'ordi et sortit de la chambre d'amis. Une pièce toute simple dont Chloé ne savait pas trop quoi faire. Elle avait eu l'idée d'une chambre d'amis et y avait installer un clip-clap lit de secours au cas où. Il avait servit notamment les soirs où Delphine sortait avec Thomas et qu'elle lui avait laissé Emma. Chloé aurait aimer mieux aménager cette pièce mais la petite s'en était toujours très bien accommoder pour une nuit ou deux. Elle avait ses jouets qu'elle emportait et il y avait une armoire où l'on pouvait mettre quelques affaires.
C'était dans cette pièce que Mathieu avait fait ses quartiers et cela lui convenait très bien. Durant ces deux années il avait vécut comme un Hermite. Il changeait constamment d'endroit.

Il était décider à parler à Chloé. Il fallait qu'ils s'expliquent tout les deux et surtout qu'elle lui parle. Il avait besoin d'elle.
Il débarqua dans le salon et une fois de plus se stoppa. C'était la deuxième fois qu'il était surprit par Chloé. Avec ce chien elle avait l'air… heureuse !
Depuis qu'il la connaissait, il ne l'avait jamais vu sourire de cette façon. Chaque fois c'était un sourire triste ou timide. Il ne se rappelait pas l'avoir vu rire. Ni même jouer de cette façon. On aurait dit que ce chien était son fils.

Maintenant elle lui prenait les deux pattes avant et avait un dialogue que seul Popie pouvait comprendre. Le petite chien se releva et se mit debout sur ses pattes arrières pour atteindre sa maitresse de sa petite langue. Une fois ou deux elle l'évita pour jouer. Elle grogna gentiment. Elle se laissa attraper et lui fit a son tour un gros bisous sur sa petite tête beige.

Posté contre un mur, il ne put s'empêcher de sourire. C'était touchant de la voir aussi heureuse. Et il sentait qu'assurément Chloé ferait une bonne mère si elle avait des enfants… A la condition bien sur que son mari ou fiancé n'est pas la même maladresse qu'elle.
Hyppolyte était plus doué. Imaginer Hyppolyte et Chloé parents et mariés dérangea un instant Mathieu. Il ne savait pas pourquoi mais il avait du mal à la voir avec lui. Sans trop savoir avec qui a vrai dire…

- Bonne journée ?

Chloé se releva rapidement et son sourire disparut en le voyant. Son regard était gêné mais il sentait qu'il y avait encore un peu de colère. Quant à lui il eut du mal à se faire à son changement de look.
Ce matin il l'avait à peine aperçu. Mais à présent il se rendait compte que les cheveux ondulés de la jeune femme rendait vraiment ses yeux plus magnétiques qu'avant.

Où était ce la couleur de ses vêtements ou encore le fait qu'elle soit heureuse avec ce chien qui lui donnait un charme. Toujours est il qu'il ne pouvait s'empêcher de ressentir la même sensation que ce matin.

Sauf que cette fois il savait dépasser sa surprise. Puisque que ce n'était que cela n'est ce pas ?

- Enrichissante du moins, ajouta t'elle

Elle abandonna Popie et enleva son manteau qu'elle partie accrocher le long du couloir.

- Chloé écoutez je sais qu'hier on a pas trop eu l'occasion de discuter mais…
- Oui oui je sais je sais votre enquête.

Entendre sa voix lui fit soudainement l'effet d'une bombe. Il marquait déjà un bon point. Bien maintenant le tout était de ne pas perdre ce dialogue qui pouvait être capitale.

- Euh oui mais ce n'est pas de ça que je voulais vous parler

La jeune femme fixa un instant son manteau ne souhaitant pas le regarder en face. C'était encore difficile. Mille questions lui brûlaient les lèvres, elle avait envie de lui crier sa colère, de lui parler de l'enquête et de ce qui s'était passer ce matin, de travailler en équipe. Mais une fierté, un orgueil inconscient l'empêchait d'ouvrir la bouche ou de tourner la tête. Comme si elle voulait le punir ou se punir de pardonner si facilement comme si ces deux derniers années n'avaient jamais existées.

- Je…je sais que vous êtes en colère contre moi et franchement je peux comprendre

Chloé passa à côté de lui comme une bombe sur le point d'exploser, le frôla et dit :

- C'est bon laissez tomber.

Non il ne devait surtout pas lâcher l'affaire. Il avait réfléchit durant toute la journée pour trouver les bons mots, pour expliquer à Chloé sans qu'elle ne s'énerve trop vite ou panique. Et il avait réussit à ramener le dialogue. Il ne fallait pas qu'il la laisse éviter la discussion aussi facilement

- Nan nan je ne laisserai pas tomber. Je vous dois des explications j'en ai bien conscience. Mais il faut que vous preniez aussi en compte que pour moi non plus ca n'a pas été facile

Chloé était prés des rideaux et fixait la rue d'un air songeur. Elle tourna un instant la tête et eu un petit sourire moqueur

- Ca ne vous a pas empêché d'abandonner femme et enfant. Apparemment ca n'est pas si dur de se faire passer pour mort

Il reçut cette phrase comme une claque. Il pouvait ressentir les remords de la jeune femme. Il savait qu'il aurait du les accepter et ne pas s'énerver. Il en était le principal responsable. Mais bon dieu c'était pour la protéger qu'il avait fait ça ! Et résoudre une enquête aussi.
Une fois de plus, en l'observant il ne put s'empêcher de la trouver vraiment mignonne…belle. Ces pensées qui connotaient une certaine attirance refoulée …le dérangeait. Il n'aimait pas penser à Chloé comme cela. Chloé c'était Chloé.

Mais il ne pouvait s'en empêcher. Il n'arrivait pas à retrouver cette sérénité qu'il avait avant sa mort. En partie parce que cette soudaine attirance l'inquiétait. Et l'énervait.
La douleur de des reproches à Chloé combiné à cette soudaine inquiétude l'énervait

- Ah parce que vous croyez que ça à été facile pour moi ? Vous croyez que ca fait quel effet lorsque votre fille ne cesse de hurler que vous êtes vivant en pleurant et que vous ne pouvez pas la prendre dans vos bras et la rassurer parce que vous ne DEVEZ pas ?

Chloé fronça les sourcils et le fixa. C'était sortit tout seul mais au moins il avait abordé le sujet et capter son attention. Elle baissa la tête un peu gênée et réfléchissant à ce qu'il venait de lui dire. Toutefois, son regard se porta un instant vers la fenêtre.

- Bon qu'est ce que vous regardez comme ça à la fin ! s'agaça Mathieu
- Non mais c'est rien c'est juste une patrouille….

Mathieu la rejoignit prés de la fenêtre et regarda discrètement la rue.
Chloé s'écarta et soupira. Elle savait très bien comment Mathieu allait réagir. C'était exactement similaire au moment où Hyppolyte l'avait prévenu qu'une certaine Louise la suivait et posait des questions sur elle.
Encore cet instinct protecteur.

Avant elle n'aurait rien dit. Malgré qu'elle n'aimait pas être maternisée, elle appréciée la chaleur protectrice de son ami. Une sorte de frère. Avec Lamarck cela lui faisait une seconde famille. Des proches qui s'inquiétaient pour elle…voilà ce qui pouvait donner une valeur à notre vie.
Les inquiétudes de Mathieu disparurent à la vue de trois voitures de patrouilles et de six policiers qui gardaient la maison de Chloé. Bien, lui devrait des faire plus discret pour ne pas que sa survit soit dévoilée mais pourquoi six policiers la protégeaient ?
Qu'est ce qu'elle lui avait encore caché ?

- Je peux savoir qu'est ce que c'est que tout ça ?
- J'avais dit à Fred que ca n'étais pas nécessaire
- C'est Fred qui l'a ordonné ?
- Ben oui…depuis votre mort c'est elle qui vous remplace

Il ravala sa salive. Cela faisait toujours un drôle d'effet d'entendre les gens dirent que vous êtes morts. Malgré ce qu'on imagine, on ne s'y habitue jamais. Encore moins lorsqu'on vous remplace.

- Hum…si c'est Fred elle doit avoir une bonne raison, qu'est ce que vous me cacher Chloé ?
- Je ne vous cache rien. Je ne vous ai rien dit

Il se stoppa, réfléchit et fut halluciné. Malgré lui il ne put s'empêcher de sourire

- Alors si vous voulez là il va falloir m'expliquer votre logique. Vous ne me dite rien mais vous ne me cacher rien. A pars ca dehors il y a 6 flics qui vous garde sagement. Il faut dire que tout le monde se promène avec six gardes du corps j'avais oublié.
- Je ne vous ai rien dit, ca ne veut pas dire que je vous ai mentis. Je n'ai pas encore eu le temps de vous prévenir
- Et vous comptiez le faire quand exactement ?
- Oh mais je ne sais pas moi ! J'ai pas programmé un emploi du temps dans ma tête !

Et de trois ! Depuis quand Chloé lui répondait elle avec autant d'assurance ? Bon c'est vrai qu'une fois elle l'avait sérieusement remis en place, mais elle était alors en colère. Jamais elle n'avait été sarcastique, ironique ou je ne sais quoi. Chaque fois elle était franche, ou alors quand elle lui répondait elle hésitait, bafouillait n'était pas à l'aise.
Tout comme son changement de look ce changement était étrange. Elle avait garder la même intonation, avait toujours quelques mimiques qui n'appartenait qu'à elle ainsi que certaine façon de parler qu'il avait garder en mémoire. Mais il y avait en plus autre chose. Elle était …sensiblement différente.

- Ok on ne vas pas s'énerver, dit il en tentant de ne pas exploser, est ce que vous pouvez me dire e qu'il s'est passé aujourd'hui pour que Fred demande vous mettre 3 patrouilles ?

Elle le fixa et hésita. Elle détourna les yeux et se mordit la lèvre. Comment allait elle lui dire cela sans qu'il ne panique ? Car s'il paniquait il s'énerverait et elle avec. A l'heure actuelle, vu la tournure des choses, ce n'était vraiment pas le moment de s'éloigner l'un de l'autre. Elle avait des informations dont il avait besoin elle en était sure de même qu'il avait des informations qui lui permettrait de révéler la vérité à Chloé.
Ils avaient besoin l'un de l'autre.

- En version courte ou… ?

Il ne répondit pas et lui lança un simple regard.

- Je crois que vous devriez vous asseoir, murmura t'elle en reprenant une mimique

Chloé se rendit compte de ces mimiques et se reprit. Cela faisait longtemps qu'elle n'agissait plus comme cela et elle était fière de son progressif changement d'attitude. Mais lorsqu'elle revoyait Mathieu, elle avait la sensation d'être toujours la Chloé Saint Laurent pas sure d'elle que le monde voyait comme à moitié folle.

Elle s'était toujours sentie protégée avec lui mais paradoxalement, elle s'était sentie inférieure, faible. Relation étrange basée sur une amitié où la confiance s'était acquise difficilement mais sur des bases solides. Une amitié où leur différences apparentes n'étaient que des qualités à leur complémentarité. En apparence c'était lui le plus fort, pouvant s'emporter comme rester calme. Et malgré son allure frêle, Chloé avait une certaine force de caractère, plus à l'écoute et compréhensive qu'il n'y paraissait.
Il s'exécuta et se posta face à elle. Il la fixa et attendit. Chloé ne savait pas où commencer

- Ce matin en arrivant au commissariat…

Chloé lui raconta ainsi l'ensemble de la journée. Le témoignage de Claire. Les éléments de l'enquête. Leurs visite chez Mr Armand. Sa réaction. La chambre de Claire. Les pensées de Fred. Son aveu.
Il eut un moment de panique mais Chloé le rassura rapidement en lui expliquant qu'elle avait en partie menti à Fred pour cacher la découverte de la survit de Mathieu.
Il sourit légèrement en observant la réaction de Chloé. Elle avait garder ses petits gestes qui le désespérait et l'amusait en même temps. Mais elle en avait d'autres qui lui donnaient un peu plus de charme. Ses cheveux qui bougeaient dans tous les sens et qu'elle remettait sans cesse derrière ses oreilles. Ses yeux qui brillaient lorsqu'elle lui racontait l'histoire qui l'intriguait. Les mouvements de ses sourcils lorsqu'elle passait du dialogue au monologue en s'imaginant ce que pouvait ressentir la victime.

Autant de petites choses qui étaient bien présentes il y a deux ans mais auxquels il n'avait pas spécialement fait attention. Pourquoi ? Ca il n'en savait rien. Peut être parce qu'à l'époque il ne savait pas qu'il serait éloigné aussi longtemps de ceux qui lui était le plus chère. Parfois l'éloignement nous faite prendre conscience des personnes qui nous tiennent les plus à cœur…et nous avons de nombreuses surprises.

- Après les coups de feu Fred a absolument tenu à mettre des patrouilles
- Des coups de feu ?

Chloé fronça les sourcils.

- Ben…euh…oui je viens de vous dire qu'une voiture noire est passer et à tirer sur nous. On a pas été touché mais c'était juste. Vous écoutez ou pas ?

Non. Durant un instant il était partis dans ses pensées en l'observant. La sensation de ce matin l'avait envahi sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, et s'accentuait lorsqu'elle le faisait rire. Bordel mais qu'est ce qui lui arrivait ?
Remarque il avait remarqué tout autant de petites choses sur le visage de sa femme lorsqu'il l'avait vu hier soir. Ses amis, ses proches lui avait juste terriblement manquer voilà ce qui lui arrivait.

Il baissa légèrement la tête en fermant les yeux puis les r'ouvrit comme s'il venait de se réveiller

- Oui oui je vous écoute Chloé…c'est juste que …je pensais à cette enquête…ce type contre lequel Claire témoigne il s'appelle comment déjà ?
- François Armand et il…

Armand…armand…ce nom avait quelque chose de familier. Qui est cette claire qui témoigne contre cet homme. Et surtout comment savait elle pour…
François Armand ? Claire Armand ? Comment avait il pus oublier cela. La description de Chloé, celui de la fille, de l'attitude et du changement de comportement…
Il releva la tête et fixa Chloé comme si elle venait de voir un fantôme.

- Ca va ? demanda Chloé soudain inquiète
- François Armand travail pour le cabinet du préfet par hasard ?
- Euh…d'après Hyppolyte je crois bien oui…
- Et sa fille s'appelle Claire c'est çela
- Oui…vous…( elle prit une grande inspiration) vous les avez rencontrer durant vos deux dernières années…dans l'au-delà ?
- (léger sourire) Chloé en ce qui concerne …
- On peut parler de ça plus tard si ca ne vous dérange pas ?

Il hocha la tête. Chloé commençait à lui parler et être plus calme. Enfin il la retrouvait ! Il se sentait déjà plus serein.

- Où avez entendu parler d'eux ?

Mathieu raconta brièvement une période de son enquête post-mortem. Sa mission était la traque de Louise. Enfin officiellement. C'était Lamarck qui lui avait proposé avec insistance, de se faire passer pour mort afin d'appâter Louise. Lui mort, Louise n'aurait pas de difficulté à approcher Chloé. Et un jour ou l'autre c'est ce qu'elle aurait fait. Lamarck et un autre psychologue du même âge, qu'il avait l'air d'avoir bien connu dans le passé, lui certifiaient que Louise pouvait être dangereuse pour Chloé et tenter de la tuer. Il n'avait pas toute de suite vu l'intérêt mais Grégoire insistait sur ce réel danger et la nécessité de cette mission. Il avait alors pourchassé Louise et la suivait en essayant de trouver une méthode pour la piéger, l'arrêter sans histoire.

Un jour Louise a disparut. De façon mystérieuse. Ca n'avait rien de volontaire. De nombreuses fois il n'avait qu'une hâte l'arrêter. Ils suivaient sa trace, alors pourquoi la laisser errer ainsi sans encombre ? Mais Lamarck l'avait retenu. Il voulait savoir ce que mijotait Louise.
En entendant que Gregoire était au courant pour la mort de Mathieu, pire qu'il était l'organisateur de ce mensonge, Chloé pâlit. Mathieu avait simulé sa mort pour la protéger de Louise. Elle l'avait coupé par deux reprises de sa famille. A mesure qu'il parlait, Chloé sentait qu'elle avait une dette envers lui.
Quelques jours plus tard Louise réapparaissait. Mais Mathieu avait remarqué qu'elle correspondait avec une jeune fille. Une jeune fille de la description de Claire.
Il s'est mis à essayer d'écouter ce qu'elles disaient et s'est renseigné, avec l'aide de Lamarck et de quelques collaborateurs sur l'identité de cette jeune femme…

- C'est pour ça que vous me disiez que Louise ne viendrais pas ? Vous saviez pour les photos ? Vous saviez que c'était un piège ?
- Chloé je savais que Louise ne viendrait pas parce que j'ai vu son corps allongé dans l'herbe, une balle en plein cœur

Chloé pâlit et ne put dire un mot
- Louise est morte Chloé. Elle a été assassinée. Par les mêmes personnes qui ont tenter de m'assassiner par la suite…

...et par celles qui cherche a vous descendre.