Bonjour tout le monde! Je tiens tout d'abord à remercier celles et ceux qui prennent le temps de me lire. C'est toujours gratifiant pour mon tout petit minuscule égo :)

Sinon, quelques brèves annonces.

1) J'ai décidé de faire du vendredi, le jour de la publication de mon histoire.

2) Je suis très nulle pou écrire de la romance. J'ai plus de facilités à tuer mes personnages qu'à les faire s'embrasser. Mais pour vous, je vais faire un effort. Ou tout du moins essayer.

3) Encore une semaine de patience et on arrivera au chapitre qui sert de pilier à mon histoire. C'est à partir de cet instant que l'engrenage va se mettre en marche.

Sur ce, bonne lecture!

Chapitre 9 : Souviens-toi …L'été dernier

Décembre 1997

Il était bientôt quatre heures de l'après-midi quand la petite bande quitta temporairement la Bibliothèque. Elisabeth était restée en arrière pour prévenir Lucas. Deux possibilités s'offraient à elle : ou elle retournait à l'intérieur de la Bibliothèque pour demander à Lucas de venir avec elle, ou elle attendait qu'il sorte. Aucune des deux solutions ne lui convenait puisque dans les deux cas, son ex-puis-re-ami serait accompagné par ses amis…

Mais arrête de te voiler la face ! Tu sais très bien que ses amis ne sont pas un problème.. Non le véritable problème c'est que tu refuses de te retrouver face à Drago Malefoy, petite idiote. Allons, ressaisis-toi ! Il n'a pas changé d'un pouce. Il reste toujours celui qui a mené la vie dure à Ron, celui qui te regardait d'un air condescendant chaque fois que tu étais avec Cathy et Lucas. Tu ne peux pas éprouver autre chose pour lui que du dégoût.

Elisabeth secoua furieusement la tête pour faire taire la petite voix désagréable dans sa tête. Surtout qu'elle avait tort. Il avait changé. Il était plus réservé, moins flamboyant. Maintenant que la Gryffondor y songeait, il avait soigneusement évité tout contact avec Harry, Ron et Hermione depuis le début d'année. Et, contrairement aux années précédentes, il ne paradait plus en compagnie de Crabbe et Goyle, privilégiant la compagnie de Serpentard moins baraqués et plus intelligents.

La porte de la Bibliothèque s'ouvrit, faisant sursauter Elisabeth. Elle remercia intérieurement les deux Serpentard qui s'étaient arrêtés devant elle de l'avoir coupé dans ses pensées, même si aucun n'était celui qu'elle attendait. Ni celui dont elle rêvait. Rêvait ? Et puis quoi encore ?

- Bonjour Élisabeth, la salua poliment Théodore Nott en lui tenant la porte, pensant qu'elle voulait rentrer.

- Salut Théodore, Millicent…

- Tu ne souhaite pas retourner à la Bibliothèque ? demanda Millicent d'une voix très douce, contrastant avec sa très forte carrure.

- Non…Oui…Euh…En fait je n'en sais rien. C'est complètement idiot. Je suis complètement idiote.

- Nous pouvons peut-être t'aider, proposa Théodore en souriant.

Elisabeth regarda le Serpentard d'un air circonspect. Certes, elle n'avait jamais rien eu contre lui mais ils n'étaient pas non plus les meilleurs amis du monde. Ils n'étaient même pas amis du tout.

- Pour ensuite vous vanter de la supériorité des Serpentard sur Gryffondor ?

Bon sang, Peter déteint sur moi, pesta-t-elle intérieurement. Millicent écarquilla les yeux de stupeur mais Théodore resta parfaitement calme.

- N-o-o-n, commença à bégayer Millicent, ce n'est pas…

Millicent Bulstrode…Une nouvelle preuve de l'absence de jugeote du Choixpeau Magique. S'il y avait bien une personne à Poudlard qui n'avait pas sa place à Serpentard, c'était bien elle. Les mauvaises langues disaient qu'elle avait l'apparence d'un Troll des Cavernes. Les très mauvaises langues (Hermione Granger en tête), qu'elle en avait aussi le cerveau. En réalité, Millicent était une personne d'une timidité maladive, souffrant d'un très grave complexe due à son apparence. Elle essayait toujours de se fondre dans le décor mais avec un physique comme le sien, c'était tout simplement impossible. La pauvre avait alors tenté de s'adapter à sa situation en se liant d'amitié avec les Serpentard les plus populaires et en se comportant comme eux.

C'est totalement idiot, si tu veux mon avis, lui avait dit Cathy. Elle n'obtiendra jamais leur amitié et encore moins leur respect.

Elisabeth avait été on ne peut plus d'accord avec elle et elle l'était toujours. Millicent Bulstrode n'était pas comme Pansy Parkison et ses amies. Ces dernières la toléraient tout juste parce que ses parents étaient des fidèles partisans de Voldemort, mais il n'y avait rien de plus. Il n'y avait donc rien d'étonnant à ce que Millicent avait fini par préférer à leur compagnie celle de l'autre paria de Serpentard, Théodore Nott.

L'histoire de Théodore était à la fois semblable et différente de celle de Millicent. Contrairement à la jeune fille – et à bon nombre de ses compatriotes Vert et Argent – le jeune homme était un Sang-Mêlé. Et pour le malheur de son père, fidèle à la cause de Face-de-Serpent, Théodore tenait plus de sa Moldue de mère, que ce soit au niveau du caractère ou du physique. D'après Lucas, Nott Senior était très loin du père idéal, passant tout son temps à sermonner son fils et à l'endurcir – et en voyant la crispation des lèvres de son ami, Elisabeth n'avait pas eu besoin de lui demander des explications. C'est surement la raison pour laquelle, malgré son tempérament réservé, Nott Junior avait intégré la bande de Drago, même s'il n'avait jamais fait parti du cercle restreint du Prince de Serpentard.

Elisabeth soupira. Il n'y avait pas une once de malveillance dans la proposition d'aide de Théodore. Qu'elle soit une Gryffondor lui faisait ni chaud ni froid. Il était l'un des rares Serpentard pour qui l'appartenance aux Maisons n'avait pas la moindre importance.

- En fait, oui, vous pouvez m'aider, finit-elle par dire. J'aimerais parler à Lucas en privé et, je ne sais pas comment le lui faire comprendre sans que tout le monde à sa table ne soit au courant.

- Tu veux lui demander de sortir avec toi ? demanda Millicent, surprise.

- Quoi ? Non, non, non ! s'exclama Elisabeth horrifiée, en comprenant le double sens de sa phrase. Je veux juste…

Elisabeth s'arrêta. Dans sa tête, tout était clair mais elle n'arrivait pas à exprimer ce qu'elle voulait vraiment. Et puis surtout, elle ne voulait pas mettre leur mettre la puce à l'oreille.

- Reste ici dans ce cas, dit Théodore. Quand nous sommes partis, Drago et lui ont dit qu'ils nous rejoindraient dans quelques minutes.

Elisabeth pâlit brusquement. Ce n'est rien, fit la petite voix dans sa tête. Il n'est qu'un Serpentard parmi d'autres. Tu n'as aucune raison d'être embarrassée en sa présence, pas vrai ? Elisabeth n'aimait pas le sous-entendu de cette phrase. Pas du tout.

- À moins que tu ne sois pressée, continua Théodore en l'observant attentivement. Si tu as un message à lui transmettre, je peux m'en charger. Si cela n'heurte pas trop ta sensibilité gryffondorienne, ajouta-t-il avec un sourire.

Elisabeth savait qu'elle devait prendre une décision rapide. Et qu'elle devait échapper au regard trop perspicace du Serpentard avant qu'il ne devine la moindre de ses pensées.

- Je veux bien, merci, finit-elle par dire, vaincue. Tu peux lui dire de me rejoindre à la Bibliothèque ce soir, s'il te plait ?

- Ouh là là, un rendez-vous à la Bibliothèque ? Si ce n'est pas mignon tout plein ! Tu ne serais pas en train de te grangeriser ?

Génial, il ne manquait plus que lui. Toute à sa conversation avec Théodore, elle n'avait pas entendu la porte de la Bibliothèque s'ouvrir. Fort heureusement pour elle, elle pouvait gérer le Serpentard qui venait de parler.

- Ah ah ah, hilarant Zabini.

- Je sais, je suis un vrai comique dans l'âme. Alors, vous faites quoi tous les trois ? Vous complotez ? Non, impossible, je me trouve en présence des seuls Serpentard incapables de comploter.

- Ouais, ouais, la probité est le maître mot des Serpentard, c'est bien connu, rétorqua Élisabeth. Tu feras passer le message, Théodore ?

- Bien sûr, ne t'en fais pas.

- Très bien, merci.

Elisabeth commençait à partir, quand, prise d'une idée subite - qu'elle était certaine de regretter par la suite - elle revint sur ses pas.

- En fait, je crois que vous feriez mieux de venir tous les trois…Mais pas un mot à qui que ce soit, d'accord ?

Millicent et Théodore hésitèrent un peu puis acceptèrent la proposition. Élisabeth les salua, puis partit en direction de la Salle Commune.

- Ok…L'un de vous peut me dire ce qui vient de se passer là ?

Oh trois fois rien Blaise, j'ai simplement signé mon arrêt de mort. Quand l'équipe va apprendre que j'ai invité quatre Serpentard à se joindre à nous, Voldemort sera le moindre de mes soucis, sans parler du concours. Mais qu'est-ce que j'ai fait ?

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- Tu as fait quoi ?

Comme Élisabeth l'avait prédit, Peter n'avait pas très bien prit la nouvelle.

- Doucement Peter, tu ne veux quand même pas que tout le monde sache de quoi on parle, chuchota Neville.

Ils se trouvaient en effet dans la Grande Salle, où plusieurs personnes, dont Harry, Ron, et Hermione, les regardaient bizarrement.

- Tu as raison, c'est juste…On avait dit que tu n'en parlerais qu'à Lucas. Alors, qu'est-ce qui t'as pris d'inviter trois autres Serpents à notre sauterie ?

- Techniquement, je n'ai pas parlé à Lucas…Et puis, ces trois Serpents comme tu dis sont probablement les plus dignes de confiance de la maisonnée.

- Vraiment, lâcha Peter, l'air narquois. Définit « digne de confiance ».

- Écoutez, je sais que vous n'aimez pas les Serpentard, je ne les porte pas dans mon cœur non plus, contrairement à ce que tout le monde semble penser. Mais, ils ne sont pas tous arrogants, sûrs d'eux et totalement obsédés par la pureté de leur sang. J'ai passé près de six ans à les fréquenter, je sais de quoi je parle. Le père de Théodore est un Mangemort, c'est vrai, mais Théo est tout son contraire. C'est quelqu'un de très intelligent, de très observateur et surtout, il déteste tout ce qui a trait à Face-de-Serpent. Répondez-moi franchement…Vous trouvez qu'il fait Serpentard ?

Neville et Peter se regardèrent avant de répondre par la négative.

- C'est vrai, Nott est du genre discret. C'est à peine si on l'entend respirer en cours. Bulstrode aussi, maintenant que j'y pense, est plutôt discrète…Enfin pour autant que son physique puisse le lui permettre.

Neville pouffa, mais un regard noir d'Élisabeth les réduisirent au silence.

- S'attaquer au physique, c'est vraiment mesquin, dit Élisabeth d'un ton glacial.

- Oh chais bon, che plaisantais, s'excusa Peter la bouche pleine de pommes de terre.

- Millicent fait plus Poufsouffle que Serpentard, si vous voulez mon avis.

- Poufsouffle ! Attends, les Poufsouffle sont loyaux, intègres et gentils. Ce qui s'est passé entre Hermione et Bulstrode en deuxième année ne relevait pas de la gentillesse, rappela Neville.

- C'est Granger qui a commencé ! protesta Elisabeth en se resservant du jus de citrouille.

- Oh oui, Millicent Bulstrode ne pouvait pas être en tort, pas face à la Gryffondor que tu détestes le plus au monde, n'est-ce pas ? demanda sarcastiquement Peter.

Elisabeth leva les yeux au ciel et changea de sujet de conversation.

- J'ai demandé à Théodore, Blaise et Millicent de venir ce soir parce que je pense qu'ils pourraient nous être utiles si jamais, comme nous le pensions au départ, les H ont un lien avec Face-de-Serpent.

Pour le coup, elle avait réussi à couper le sifflet à son frère. C'est avec un très grand sourire qu'elle continua.

- Et si, comme tu le pense, tout ceci a un lien avec le Concours…et bien, l'union fait la force. Après tout, n'est-ce pas Dumbledore lui-même qui nous a recommandé de…attends, c'était quoi déjà ? Ah oui « de rester unis face à l'adversité, même si pour cela, nous devions faire d'étranges alliances » ?

La jolie rousse sut qu'elle avait gagné la partie quand elle vit son frère devenir aussi rouge que le Rappeltout de Neville, et baisser le nez vers le contenu de son assiette. Depuis toute petite, elle avait toujours eu le dernier mot face à son jumeau, mais jamais victoire ne lui avait paru plus belle que celle qu'elle venait de remporter.

Espérons que tu sois aussi convaincante face aux autres, fit remarquer Neville. Surtout Nick.

Oh merde, Nick. Je l'avais oublié.

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Une heure plus tard, les trois Gryffondor se trouvaient à la Bibliothèque. Ils s'étaient installés dans le coin le plus sombre, à proximité de la Réserve, sachant pertinemment que personne ne viendrait les déranger à cet endroit, surtout à cette heure-ci. De là où elle se trouvait, Elisabeth ne voyait que les hauts rayonnages, les abritant des regards indiscrets. Tentant de calmer ses nerfs, elle se répéta mentalement qu'elle avait fait le bon choix ou tout du moins le choix le plus raisonnable. Quand elle aura fini de leur expliquer pourquoi elle avait cru bon d'inviter non pas un mais quatre Serpentard, ils comprendraient la justesse de son argumentation.

Vingt minutes plus tard, elle réalisa à quel point elle s'était trompée. Ses années passées à côtoyer les Serpentard lui avaient fait oublier à quel point les rancunes pouvaient être tenaces. Dire que Nick était en colère était très en dessous de la vérité. Sam n'était pas en reste non plus et il avait fallu toute la douceur de Laura et la logique imparable d'Alicia pour calmer les esprits. Pourquoi faut-il que les filles soient plus raisonnables que les garçons ? soupira Elisabeth.

- Quelqu'un devrait peut-être se poster près de la porte d'entrée, au cas où ils ne nous trouveraient pas, suggéra Peter.

- T'inquiète Parker, l'odeur du Gryffondor est facilement reconnaissable.

Élisabeth poussa un long soupir en entendant la voix de Blaise. Lucas, Théodore et Millicent le suivaient de près.

- Zabini, toujours un déplaisir, rétorqua Peter.

- Tu veux qu'on règle ça dehors Parker ?

- Et pourquoi pas ici, dit Peter en commençant à se lever, baguette en main.

- Ne commencez pas à vous comporter comme des idiots ! Vous voulez qu'on se fasse choper par Madame Pince ?

Les deux protagonistes tournèrent leur regard vers Élisabeth qui s'était levée en même temps que son frère.

- Élisabeth a raison. Nous sommes ici pour la même chose, et ce n'est certainement pas provoquer un duel. Nous avons un concours à gagner, et la coopération entre maisons va nous faire gagner un temps précieux, dit Alicia.

Ne pas parler des Horcruxes d'entrée de jeu avait été le seul point sur lequel tout le monde était d'accord.

- Ah oui, et d'où on coopérerait dans un concours ? demanda Sam d'un ton peu amène. Il n'y a que quatre places et nous sommes…Douze ici.

- C'est bon Sam, ne la ramène pas maintenant, s'interposa Alicia. Cela ne te dérangeait pas trop qu'on coopère jusque là.

- Quoi, je dis juste que…

- Non mais vous êtes sérieux ? Vous vous entendez parler ? C'est peut-être un concours, mais ce n'est pas une raison pour nous comporter de la sorte. Nous sommes avant tout une École, en concours avec d'autres Écoles. Nous sommes tous élèves de Poudlard, peu importe nos couleurs.

Tous les regards se tournèrent vers Laura, qui venait à son tour de se lever, les joues rouges de colère. Son intervention eut le mérite de clouer le bec à tout le monde. Honteux, Sam baissa la tête et resta tranquille, à l'instar des autres garçons du groupe, quand les quatre Serpentard prirent place autour de la table.

- Donc, quel est le plan ? On pénètre dans la Salle des Archives du Ministère pour voler le Septimus Codex ? demanda Blaise, après avoir été mis au courant de l'hypothèse d'Alicia.

- Non, ce serait de la folie, dit Laura. Déjà, il faudrait trouver un moyen de quitter Poudlard sans se faire remarquer, et…Oh attends…C'est du sarcasme, c'est ça ?

- Oui, chérie, c'est du sarcasme, lui répondit Nick.

- Oh, désolée…J'ai encore un peu de mal à distinguer le sarcasme.

- Mais tu t'améliores, dit gentiment Sam pour l'encourager. Dix-neuf sarcasmes sur cent depuis le début de l'année !

- Nous nous écartons du sujet, les rappela à l'ordre Alicia. Comme je le disais ce matin, j'ai envoyé un hibou à mon père. Je préfère attendre sa réponse avant de tenter quoi que ce soit. Nous devrons donc nous concentrer sur le second ouvrage.

- Là, je pense pouvoir vous aider, dit Blaise.

- Ah oui ? Les Serpentard peuvent réfléchir, première nouvelle, dit Peter.

- Et oui Parker, il y a un cerveau sous cette belle gueule, comme ta sœur l'a déjà remarqué.

- C'est ça Zabini, comme si ma sœur pouvait s'intéresser à toi...

- On peut passer à autre chose là ? demanda Élisabeth en baissant la tête pour éviter que ses amis ne la voient rougir.

- Non mais…Attends…T'es sortie avec lui ? s'indigna Peter.

- Je n'appellerais pas ça sortir, marmonna sa sœur.

- Et comment tu appellerais ce que nous avons vécu toi et moi ? demanda Blaise, faussement indigné.

- Comment as-tu pu faire une chose pareille ? Et plus important, comment ai-je pu ne pas être au courant ? demanda Peter, en regardant tour à tour Blaise et Élisabeth d'un air dégoûté.

- Probablement parce que tu étais beaucoup trop occupée à vérifier le fond de la gorge de Lavande Brown avec ta langue. D'accord, je suis sortie avec un Serpentard mais au moins, il n'a pas le QI d'une huître !

Tous les regards se tournèrent vers Peter qui regardait sa sœur, scandalisé.

- C'était une erreur de jeunesse ! protesta Peter. Et ça n'a duré que deux mois.

- Donc tu reconnais que nous sommes sortis ensemble.

- Oui et bien moi aussi ! continua Elisabeth sans se préoccuper de Blaise.

- Quoi ? Je suis une erreur de jeunesse ?

- La ferme Zabini ! s'exclamèrent d'une même voix les jumeaux.

- On s'éloigne vraiment du sujet, soupira Alicia. Zab…Blaise, comment penses-tu pouvoir aider ?

Blaise retrouva rapidement son sérieux.

- Il se trouve que mon beau-père est copiste…

- Ton beau-père…Ah oui, et lequel ? demanda Nick d'un air narquois, avant d'ajouter à l'adresse de Laura, et non ce n'est pas un sarcasme.

Il était en effet de notoriété publique que la mère de Blaise Zabini avait épousé un nombre…Disons relativement élevé de sorciers, certains ayant d'ailleurs trouvé la mort dans des circonstances suspectes.

- Mon beau-père actuel, crétin, répondit Blaise avec, pour la première fois, une lueur féroce dans le regard.

- En quoi consiste le travail d'un copiste ? demanda Neville, sa curiosité prenant le pas sur sa peur légendaire de tout ce qui porte un uniforme vert et argent.

- Mon père copie des documents anciens afin de perpétuer leur préservation, au cas où un accident arriverait à l'original. Il m'a un jour dit que son plus beau travail avait été la copie d'un livre très ancien, encore plus ancien que Poudlard lui-même…

- Et tu penses qu'il parlait du Septimus Codex, termina Alicia.

- Mais c'est génial ! s'enthousiasma Sam, au point d'oublier les contentieux existants entre les deux Maisons. Et tu crois que ton beau-père pourrait nous envoyer la copie qu'il a rédigée ?

- Non, toutes ses copies sont soigneusement conservées dans une pièce spéciale au sein du Ministère de la Magie. Mais, je peux lui demander de nous envoyer ses notes.

- Ses notes ? Quelles notes ?

- Mon beau-père commence toujours par prendre des notes pour chaque ouvrage qu'il copie. Il dit qu'il est incapable de copier l'ouvrage s'il ne le comprend pas.

- Ce qui veut dire que ton beau-père doit avoir des indices sur la compréhension du Septimus Codex, dit Élisabeth.

- Exactement. Je peux lui envoyer un hibou demain matin, si vous voulez.

Et la question n'était pas anodine. Si l'idée de Blaise était acceptée, cela voudrait dire que Blaise lui-même serait accepté dans le groupe, ce qui impliquerait l'acceptation des trois autres Serpentard, qui n'avaient toujours pas dit un mot. Les membres originels du groupe de travail se regardèrent. Ils savaient tous qu'ils n'avaient pas le choix, s'ils voulaient avoir une chance de finir la deuxième étape du concours.

- Oui, on veut bien, dit Élisabeth, voyant que personne d'autre ne souhaitait prendre la parole.

- Dans ce cas, je propose que nous attendions la rentrée prochaine pour nous replonger dans le concours, nous aurons plus d'éléments nous permettant de travailler, dit Alicia, qui ajouta, voyant les regards interloqués de ses camarades…J'aimerais profiter des vacances pour aider Élisabeth à remonter son niveau en Métamorphose.

Le groupe continua de discuter encore quelques dizaines de minutes avant de partir les uns après les autres. Ce n'est qu'en franchissant la porte qu'Elisabeth réalisa que le sujet des Horcruxes n'avait pas été abordé.

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- Élisabeth, je peux te parler une minute en privé, s'il te plaît ?

La jeune Gryffondor se tourna vers Lucas qui venait de l'interpeller en sortant de la Bibliothèque. Elle hésitait car elle voulait parler à Alicia de la question des Horcruxes…Mais en même temps, elle ne voulait pas refuser de parler à Lucas, de peur de briser le fragile lien qui s'était rétabli entre eux. Elle chercha alors son frère du regard et lui fit comprendre- en désignant Alicia de la tête - qu'il devait lui parler. Heureusement, Peter- qui n'avait eu de cesse de la contrarier depuis ce matin - comprit tout de suite ce qu'elle voulait dire, lui permettant d'accepter la proposition de Lucas. Ce dernier entraîna la jeune fille dans une salle vide. Puis, ayant fermé la porte, il s'y adossa, contemplant son amie.

- Ok, Lucas…Là tu m'inquiètes un peu. Je pourrais penser que tu viens de me tendre un piège…Ou alors que tu vas m'avouer quelque chose de pas très…

- Pourquoi tu m'as demandé de venir ? l'interrompit le jeune homme.

- Que…Quoi ? Mais pour participer au groupe de travail !

- Non, ce n'est pas pour ça. Tu as demandé à Théo de me passer le message, comme quoi tu voulais me parler en privé…Et je suis certain que ça n'avait aucun rapport avec le concours.

- Oh...Bon sang…Très bien, tu as gagné. Mais avant, je veux que tu me promettes de ne révéler à personne ce que je m'apprête à te dire. Je risquerais de ne jamais arriver à Noël en un seul morceau dans le cas contraire.

- Tu n'as aucun souci à te faire, répondit Lucas. Je t'ai fait défaut une fois, et je ne recommencerais plus jamais. Tu as ma parole.

Élisabeth dévisagea son ami et, voyant qu'il était sérieux, lui révéla ce que ses amis et elle, avaient découvert, le matin, au sujet des Horcruxes.

- J'aurais voulu savoir si tu avais entendu tes parents en parler…

- …Vu qu'ils sont de fidèles partisans de Voldemort. Pour tout te dire, non, je n'en ai pas entendu parler, et je n'ai jamais entendu mes parents en parler. En même temps, mes parents parlent rarement de ces choses en ma présence, encore moins depuis…Enfin tu vois. Et puis, ils n'ont jamais été réellement proches de Voldemort, pas autant que ne l'était…

- …pas autant que ne l'était Jake Larry, termina Élisabeth. Oui, c'est logique. Le père de Cathy est probablement le plus fidèle partisan de Voldemort avec cette tarée de Bellatrix Lestrange. Et je suppose que ce n'est pas la peine de poser la question à Millicent ou Théo, pas vrai ?

- Effectivement, mais pourquoi cela t'intéresse-t-il autant ? Après tout, tout cette histoire ne concerne que Potter, ton cousin et Miss J'ai-réponse-à-tout.

- Je n'en sais rien, répondit sincèrement Elisabeth. C'est juste que je n'arrête pas de me dire que l'hypothèse de Peter tient peut-être la route. Il n'est pas aussi abruti que tout le monde semble le croire.

- C'est totalement absurde ! On parle du mage noir le plus puissant depuis Grindelwald et même lui n'a pu être vaincu que par Dumbledore ! Non, je pense que ton frère fait fausse route. Ce ne sont pas de simples objets, si magiquement puissants soient-ils, qui pourront le vaincre.

- Tout comme un simple bébé n'était pas censé contrer l'Avada Kedavra.

Elisabeth plaqua ses mains sur sa bouche, n'arrivant pas à croire qu'elle venait de prononcer ces mots. Comme si elle prenait la défense d'Harry Potter. Et à voir la tête de Lucas, il n'arrivait pas à y croire non plus. Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour…s'excuser ? Retirer ce qu'elle avait dit ? quand Lucas lui fit signe de se taire.

- Tu as entendu ?

- Oui, on dirait des bruits de pas…Merde, c'est Rusard. Il doit faire sa ronde.

Lucas entrouvrit légèrement la porte. Élisabeth retint son souffle puis le relâcha quand Lucas ouvrit plus largement la porte pour sortir.

- Ah ce n'est que toi, j'ai cru que c'était Rusard.

- Et tu aurais eu de graves ennuis si cela avait été le cas.

Élisabeth blêmit en reconnaissant la voix inimitable de Drago Malefoy, mais il était trop tard pour se cacher, étant déjà sortie pour rejoindre Lucas.

- Qu'est-ce que tu faisais….demanda Drago avant de s'interrompre en apercevant Élisabeth.

- Oh rien, Lily et moi étions en train de discuter

- Dans une salle de classe, la porte fermée, alors que le couvre-feu est passé depuis quinze minutes ?

- Mais tu sais très bien qu'en tant que participants au concours, nous avons une dérogation spéciale de la part des professeurs, rétoqua Lucas.

- Je ne crois pas que vous étiez en train de travailler…commença Drago.

- Je vais y aller, je pense, dit Élisabeth.

- Attends, je te raccompagne…

- Oui, c'est vrai que les Gryffondor sont bien connus pour n'avoir aucun sens de l'orientation, siffla Drago.

Élisabeth ne répondit rien, bien que cette attaque lui lacérait le cœur. Elle souhaita bonne nuit à Lucas, puis partit en direction de sa Salle Commune.

Lucas regarda partir son amie, puis ouvrit les hostilités.

- Tu peux m'expliquer ce qui t'as pris ?

- Qu'est ce que j'ai fait ? demanda Drago. Je n'ai fait que pointer du doigt une évidence.

- Quelle évidence ? C'est Élisabeth voyons !

- Et ? C'est une Gryffondor, je la traite comme telle.

- Je t'en prie, pas de ça avec moi. S'il y a bien une Gryffondor qui n'a jamais essuyé la moindre critique de ta part, c'est bien elle. C'est bien simple, c'est comme si elle n'existait pas pour toi. Alors, quand tu lui balance une vacherie sans raison, cela m'étonne de ta part.

- Et toi alors ? Si je ne me souviens bien, tu ne voulais plus rien avoir à faire avec elle. Et là, comme par magie, vous êtes brusquement redevenus proches.

- Et en quoi ça explique ton comportement de ce soir ?

- As-tu une idée de l'impact que ton comportement exécrable a eu sur elle ? s'insurgea Drago en haussant le ton. T'es tu seulement rendu compte à quel point tu l'avais blessé ?

- Attends, j'ai loupé un truc ou quoi ? Depuis quand ce que je fais ou ne fais pas avec Lily te concerne ? demanda Lucas, l'air suspicieux.

- Je m'en fiche totalement, répondit rapidement Drago. Je veux juste préserver la réputation des Serpentard. Etre vu à cette heure-ci avec une Gryffondor…

- Non, non, non, ce n'est pas ça, le coupa Lucas. Ne crois pas que tu vas t'en tirer avec de belles paroles comme à chaque fois que tu es pris au piège. Tu me sembles un peu trop soucieux du bien-être d'Elisabeth.

- N'importe quoi ! C'est une Gryffondor, je te signale.

- Hmm, ouais, ouais, une Gryffondor, répéta Lucas en souriant. Cela n'avait pas l'air de trop te déranger quand tu la couvais du regard lors du bal, pas vrai ?

- N'importe quoi ! De toute façon, Pansy m'empêchait de voir ce qu'il se passait…

Drago s'interrompit brusquement, comprenant qu'il était tombé dans le piège de son ami.

- Je parlais du bal d'octobre dernier, mais je constate que cela va plus loin que ce que je pensais. Alors, dis-moi, mon cher Drago, depuis combien de temps as-tu des vues sur ma meilleure amie ?

- Des vues sur…Tu délires totalement.

Lucas claqua soudainement des doigts, faisant sursauter son condisciple.

- Tu es jaloux !

- Quoi ?

- Et moi, un parfait idiot, continua Lucas. Cathy avait raison, comme toujours.

- Parce que Cathy était au courant ? s'étrangla Drago.

- Au courant de quoi ? demanda innocemment Lucas.

Drago serra les poings, dépité de s'être fait avoir une deuxième fois. Il tourna les talons et s'éloigna rapidement de Lucas avant d'être tenté de lui mettre son poing dans la figure.

Lucas regarda son ami partir, en secouant la tête d'un air incrédule. Il ignorait comment il avait pu être aveugle aussi longtemps. Ce n'était pas faute d'avoir été prévenu par Cathy, mais il ne l'avait pas écouté. Il n'y avait pas que sur ce sujet qu'il ne l'avait pas écouté, d'ailleurs.

Sa joie ternie, le Serpentard tourna la tête dans la direction prise quelques minutes par sa meilleure amie et repensa à leur discussion. Qu'est-ce que Cathy aurait fait à ma place ?

Lucas n'avait même pas fini sa question qu'il avait la réponse. Cathy lui aurait fait aveuglément confiance. C'est ce qu'elle avait toujours fait. C'est pour cela qu'elle était morte.

Pendant ce temps, l'objet de la discussion entre les deux Serpentard était arrivé sans encombre dans sa chambre. Elle salua Parvati et Lavande qui discutaient, assises sur le lit de la jeune indienne. Elle se changea, fit sa toilette et se glissa rapidement sous les draps. Comme elle s'y attendait, à la suite de sa conversation avec Lucas, elle rêva de Cathy. Un rêve bien plus inquiétant que tous ceux qu'elle avait déjà fait. Un rêve aux douloureux accents de réalité.

- Ne t'en fais pas, tout va bien se passer.

Elle se retrouva dans le noir. La seconde d'après, elle entendit la porte de la chambre cogner le mur avec violence.

- Te voilà, celle qui donne tant de mal à mon plus fidèle serviteur.

Le sang d'Élisabeth se figea en entendant la voix sifflante de Voldemort. « Oh par Merlin…Non, tout mais pas ça ! ».

- C'est une traîtresse, il faut la tuer !

- Tu oses me dire ce que je dois faire, vermine ?

- Non, Maître…Non, pitié…

- Tu as de la chance, Amycus, je n'ai pas le temps de jouer. Nous avons un problème à régler qui est hautement plus important…Mon très cher Jake, dis-moi pourquoi devrais-je punir ta fille ?

- Mais…Parce qu'elle a désobéi à votre ordre, Maître.

- Mon ordre ? Il m'avait plutôt semblé que c'est à toi qu'il s'adressait…Oui toi, qui te prétends mon plus fidèle serviteur.

- Ma…Maître ?

- Peut-être est-ce toi, que je devrais punir, après tout.

- Si tel est votre souhait, Maître…

- Pas de supplication…Non, ce n'est pas ton genre. Avada Kedavra.

Élisabeth entendit un bruit sourd. Pendant une demi-minute, elle espéra que Voldemort avait tué Jake au lieu de sa fille. Elle eut du mal à retenir ses larmes lorsqu'elle réalisa que la vérité était toute autre.

- Tel n'est pas mon souhait, cependant. Tu es resté fidèle à ma cause pendant toutes ces années, et si j'ai permis à des hommes comme Goyle, Crabbe voire ce moins que rien de Queudver de rester en vie, ce n'est certainement pas pour te tuer.

- J'espère Maître que vous me pardonnerez la traîtrise de cette traînée.

- Je pourrais l'envisager…Si tu t'acquittes correctement de cette mission. Prends ce collier, et apporte-le à notre ami commun du Ministère. Qu'il le conserve précieusement jusqu'à nouvel ordre.

- Oui Maître, vos désirs sont des ordres.

- Ne me déçois pas Jake.

- Jamais, Maître. Plus jamais.

- Parfait. À présent, occupons-nous de notre invitée surprise. Elle doit commencer à s'impatienter…

Elisabeth vit avec horreur la porte du placard s'ouvrir…

…et elle se retrouva dans son lit, couverte de sueur, le cœur battant à cent à l'heure. Quoi qu'elle fasse, elle ne pourrait jamais échapper aux évènements de l'été dernier. Jamais.