Bonne lecture :D
La berline rentra dans la cours de la demeure des Agreste et le blond descendit à contre cœur de l'engin. Il poussa lascivement la porte et s'apprêtait à prendre la direction de sa chambre, quand une voix l'interpella.
- Adrien !
La voix grave de son père résonna dans le hall d'entrée. Le blond se mit à réfléchir à toute allure. Avait-il raté un shooting photo ? Son bulletin de notes était-il mauvais ? Pourtant, il avait souvenir de n'avoir obtenu que des notes supérieures à 15 lors des derniers contrôles. Ou alors, son père voulait-il le voir pour lui faire part de la nouvelle collection pour laquelle il devrait poser ?
Il rentra le cou et s'avança vers le designer.
- Oui père ?
Gabriel alla lui aussi à sa rencontre, avant de finalement parler.
- Comment s'est passée ta journée ?
Pendant un moment, Adrien crut qu'il avait mal entendu. Il releva un visage surprit vers son père. L'adolescent n'avait jamais eut souvenir que son père lui ait demandé comment s'était passée sa journée !
Les mains derrières le dos, l'homme pencha la tête pour inviter son fils à parler. Devant l'impatience de son père, Adrien se reprit et finit par ouvrir la bouche.
- Très bien, très bien ! Commença-t-il précipitamment. Mon ami, Nino, m'a prêté ses cahiers, afin que je puisse rattraper les cours de la semaine dernière. Mme Mendeleïev nous un fait un cours, sur les liaisons covalentes, en chimie, que j'ai beaucoup aimé !
Il crut discerner un fin sourire sur les lèvres de son père, au fur et à mesure qu'il parlait.
- Je vois. Lui répondit Gabriel. J'ai encore beaucoup de travail qui m'attend et toi aussi. Je ne vais pas te retenir plus longtemps.
Faisant demi tour, le couturier retourna s'enfermer dans son bureau.
Adrien resta un moment dans le hall d'entrée sans bouger. Son esprit réalisant lentement ce qui venait de se produire. Son père ne l'avait pas prit dans ses bras, il ne l'avait pas embrassé, mais cette simple discussion était pour lui l'équivalent d'un contact physique avec son paternel. Un sourire heureux prit pleinement place sur son visage. Cette simple et courte conversation venait s'ajouter aux autres évènements qui avaient embellit toute sa journée.
Adrien fit un bond, jetant son poing en l'air. Il monta les marches quatre à quatre jusqu'à sa chambre. Jamais le jeune garçon n'avait été aussi heureux de faire ses devoirs, le cœur plus léger qu'une plume.
Marinette était impatiente de rejoindre Chat Noir. Toute la journée elle n'avait fait qu'observer Adrien de loin, sans pouvoir l'approcher, s'assurer qu'il allait bien. Ce contact précieux, qu'elle partageait avec lui en tant que Ladybug, lui manquait lorsqu'elle était Marinette et cela frustrait atrocement la jeune fille.
Il y avait bien trente minutes qu'elle avait finit ses devoirs et qu'elle tournait en rond dans sa chambre. Ils devaient se retrouver ce soir, pour patrouiller, et la jeune fille attendait que le temps passe. Qu'il finisse par être l'heure.
Elle était impatiente de pouvoir demander à Chat comment c'était déroulée sa journée. De pouvoir parler avec lui et de revoir son sourire qui lui avait tant manqué la dernière semaine. Elle voulait entendre ses jeux de mots douteux et voir ses yeux verts pétillants de malice.
Ne pouvant pas attendre plus longtemps, elle se transforma et partit en avance de chez elle.
Avec un peu de chance, elle pourrait passer prendre Chat chez lui, si le félin n'était pas déjà parti.
Quand elle arriva devant la grande maison de la famille, Ladybug vit que la chambre du jeune homme était plongée dans le noir.
L'avait-elle raté ? Était-il déjà parti pour leur patrouille ? Elle pensait pourtant être bien en avance.
Déçue, Ladybug était sur le point de rebrousser chemin, l'air défait, quand une frimousse blonde vint se planter juste devant son visage.
- Tu es en avance, ma Lady ! La salua le félin avec un clin d'œil.
La jeune héroïne s'était mise sur ses gardes, mais elle se détendit rapidement lorsqu'elle se rendit compte que ce n'était que son partenaire.
- Chat ! S'exclama-t-elle en portant une main à son cœur. Ne refait plus jamais ça ! Le sermonna-t-elle.
Le félin se contenta de lui lancer un sourire coquin, satisfait d'avoir réussit son coup. La vue de ce visage brillant de joie illumina le cœur de la jeune fille. Reprenant son souffle elle enchaîna avec un air taquin.
- Aller, suit-moi.
Ladybug lança son yoyo et s'élança sur le toit voisin.
Chat l'observa amoureusement partir devant, avant d'aller à sa suite, se projetant de toit en toit à l'aide de son bâton. Sa Lady lui avait manqué et juste pouvoir l'observer de loin pendant cette patrouille lui réchauffait le cœur.
Leurs patrouilles nocturnes étaient une chose qu'affectionnait tout particulièrement Adrien. C'était un moment privilégié qu'il pouvait passer avec sa Lady. Un instant volé où ils couraient sur les toits de Paris à l'abri des regards de la foule parisienne.
Ce n'était pas tant les grands monuments connus de la ville qu'il préférait. Pour sur, Paris était une ville magnifique, mais ses petites ruelles, ses courts intérieures et ses petits recoins étaient ce qui faisaient d'elle, une ville encore plus mystérieuse. Les fines ruelles où les voitures ne pouvaient pas passer et tous ces endroits qui ne lui étaient accessibles que lorsqu'il était Chat Noir, et que sa Lady était avec lui, étaient ce qu'il adorait.
Ce soir, Paris était calme, et Adrien se délectait de voir un léger vent faire soulever les cheveux de Ladybug, faisait rougir ses pommettes au passage.
Devant quelques râles, provenant d'une rue en contrebas, la jeune héroïne s'arrêta pour jeter un œil. Son équipier vint se poser à côté d'elle, mais il ne prêta en aucun cas attention au cycliste qui se plaignait après un chauffeur maladroit. Il trouvait plus intéressant les yeux bleus concentrés de la jeune fille, ces yeux bleus qui faisaient passer en lui tellement d'émotion.
Il était très satisfait de sa journée. Revoir Nino et ses camarades de classe lui avait fait le plus grand bien, mais voir sa Lady était toujours une véritable bouffée d'air frais.
Ladybug avait été tellement heureuse de revoir Chat Noir. Si elle avait pu, elle lui aurait sauté au cou, mais elle ne pouvait pas se permettre un tel comportement avec son équipier. Et puis, elle pouvait le sentir. Ce regard vert transperçant qui ne la quittait pas, qui scrutait son visage et glissait sur son corps. Son cœur battait de plus en plus fort et son ventre se serrait toujours un peu plus. Elle était persuadée que le rouge qu'elle avait aux joues n'était pas seulement dû au vent et elle sentait son cerveau tourner à mille à l'heure.
Toutes ces sensations étaient seulement dues au félin à côté d'elle.
Maintenant, elle en avait totalement conscience. Elle aimait Chat Noir autant qu'Adrien. Elle était amoureuse d'Adrien et avec Chat Noir elle n'avait fait que tomber amoureuse de la même personne une deuxième fois.
Elle aurait aimer se tourner d'un coup, lâcher sa transformation et lui dire qu'elle était Marinette. Qu'elle était sa camarade de classe.
Une sorte de force invisible la retenait pourtant d'ouvrir la bouche et elle se contentait de ruminer ses pensées, de jeter de furtifs coups d'œil au félin qui l'accompagnait.
La patrouille touchait à sa fin. Cela signifiait qu'ils allaient pouvoir se détendre sur les toits à admirer la vue. La jeune héroïne trouva une place satisfaisante et le félin vint la rejoindre.
Ladybug et Chat Noir s'assirent sur le toit d'un immeuble duquel ils pouvaient admirer la tour Eiffel. Le début de l'été commençait à se faire sentir et les gens continuaient à se promener dans les rues, mais là où ils se tenaient, ils étaient à l'abris des regards en haut de leur perchoir.
Devant eux, la dame de fer se parsema de lumière et, en son sommet, un spot se mit à balayer la ville lumière dans une rotation envoutante.
Ladybug avait ramené ses jambes contre son torse et posé sa tête sur ses genoux, à côté d'elle, le félin laissait ses jambes balancer dans le vide et se maintenait avec ses mains derrière lui.
- Ta journée s'est bien passée Chat ? Demanda d'une petite voix la coccinelle.
- Merveilleusement bien, lui répondit-il avec un sourire innocent.
La jeune fille ne put que se sentir soulagé de voir la sincérité sur son visage. Elle avait craint qu'il ne soit encore peiné de la dispute avec son père, ou encore des souvenirs de sa mère, mais son Chaton semblait véritablement aller mieux. Cette journée avait réellement permit à Adrien de retrouver son morale.
Le félin repartit dans l'admiration de la ville. Ladybug, elle, continua d'observer son équipier. Ses yeux verts étaient concentré sur le paysage et une envie folle lui prenait de passer une main dans ses cheveux blonds.
Il allait mieux, elle en était soulagé, mais si elle avait pu, ne serait-ce, qu'éviter qu'il ait à enduré tous ces moments difficiles.
Elle avait le pouvoir de purifier les akuma et reconstruire un bâtiment entier détruit, mais elle n'avait pas pu secourir son équipier quand il avait eut besoin d'elle et elle ne parvenait pas à se le pardonner.
- J'aurai aimé te retrouver plus vite. Murmura-t-elle au bout d'un moment.
Le félin se tourna vers elle, concerné.
-Tu ne pouvais pas savoir ma Lady. La rassura-t-il. Et je ne voulais pas te déranger avec ces affaires de famille.
La légèreté avec laquelle il parlait, chamboula un peu plus la jeune héroïne.
- Mais Chat, tu avais besoins de moi à ce moment là ! Commença-t-elle à s'agiter. Nous sommes partenaires, c'est normal que l'on se soutienne. Et si,… si…
Sa voix se perdit dans un souffle. Elle se recroquevilla un peu plus sur elle-même, n'arrivant pas à terminer. La voyant hésiter à finir sa phrase son équipier l'encouragea.
- Et si ?
La brune releva son visage, mais ne trouva pas la force de lui faire face. Elle prit une grande inspiration avant de se lancer.
- Si j'avais su ton identité plus tôt, tout ceci ne serait certainement pas arriver. Culpabilisa Ladybug.
C'était effectivement là le fond du problème. Depuis ce week-end, Marinette ne cessait d'y penser. Si elle n'avait pas été bornée au point de vouloir garder toute leur vie un secret, elle aurait pu faite plus rapidement le lien entre Chat Noir et Adrien, elle aurait certainement pu aller le retrouver plus rapidement, tout ce stress et ces angoisses lui auraient été épargné.
Chat n'aurait pas eut à passer par ces moments difficiles tout seul. Elle aurait pu le soutenir. Elle aurait pu faire venir avec elle, Nino et Alya. Adrien aurait été entouré, il aurait été réconforté. Mais non, rien ne s'était déroulé ainsi, parce qu'elle avait peur de ce que son équipier pouvait pensé d'elle sous sa forme civile.
Ladybug finit par passer sa main sur son visage, elle n'allait pas se mettre à pleurer alors que c'était lui qui avait besoins de son soutient et non l'inverse.
Le jeune commença à étendre son bras dans sa direction, mais n'osa pas poser sa main sur l'épaule de sa partenaire.
Chat baissa tristement les yeux au sol. La semaine dernière avait été douloureuse et longue. Il passa ses mains sur ses bras, comme pour chasser ce sentiment désagréable qui commençait à l'envahir.
Peut-être que si Ladybug avait connu son identité ,elle aurait pu être à ses côtés dans ces moments difficiles par lesquels il passait, effectivement. Mais une telle condition, en impliquait une autre.
- Tu, souffla doucement le félin, tu serais prête à me dévoiler ton identité ?
Marinette était sur la pente glissante. Bien sûr qu'en revenant sur un tel sujet il lui poserait une telle question. Il avait raison et c'était totalement dans son droit de lui poser une telle question. Ce qui était maintenant attendu d'elle, c'était une réponse honnête, et pour le moment c'était quelque chose qu'elle pouvait difficilement lui donner.
Un silence flâna entre les deux adolescents. Aucun n'osait regarder l'autre.
Ladybug avala sa salive avant de parler.
- Je, je dois y réfléchir. Balbutia-t-elle.
Elle voulait tout lui avouer, mais il y avait tellement d'éléments qui la poussaient à ne rien dire. Elle ne pouvait décemment pas lui dire qu'elle avait peur de sa réaction. Qu'ils se connaissaient dans leur vie de civil. Qu'il risquait d'être déçu d'elle.
Ladybug culpabilisait de faire endurer tout cela à Chat. Heureusement pour elle, le félin était patient. Adrien comprenait totalement la situation dans laquelle se trouvait son équipière. C'était tellement facile de vivre caché derrière le masque. Il savait qu'un jour ou l'autre elle finirait par se dévoiler à lui, alors il attendrait, car il ferait tout pour sa Lady.
- Il n'y a pas de problème, dès que tu te sentira prête, je serais là. Lui sourit le félin.
Tristement, Ladybug répondit à son sourire. Elle n'était pas honnête avec lui, mais pour le moment les choses resteraient ainsi.
La jeune héroïne se releva et s'étira, étendant ses bras au dessus de sa tête elle en profita également pour essuyer ses yeux rouges.
- Il est temps de rentrer, dit-elle tout bas.
Le félin la suivit dans ses gestes et les deux héros partirent en direction de la demeure Agreste.
Merci d'avoir lu !
