Note d'auteur : Après les tragiques évènements de la veille... Bonne lecture de ce dixième chapitre !


Chapitre 10

Le lendemain, elle se leva, les yeux rouges d'avoir pleuré presque toute la nuit. Elle se coiffa rapidement, s'habilla, et descendit dans la salle commune. Elle y retrouva Ginny qui avait sans doute dormi là. Elle tenait contre elle la robe de sorcier d'Harry et ses yeux étaient aussi rouges que ceux d'Hermione. Les deux amies se jetèrent dans les bras l'une de l'autre et restèrent ainsi pendant quelques minutes.

Puis elles descendirent dans la Grande Salle. Elles furent ébahies de voir l'atmosphère qui y régnait : c'était la folie, des élèves couraient partout, des cris de joie retentissaient, les élèves étaient mélangés entre les maisons… Hermione vit Ron attablé avec Neville et Luna, ils leur firent signe de les rejoindre. Luna ne paraissait ni joyeuse ni triste, comme d'habitude. Ron et Neville affichaient une mine d'enterrement.

— Je savais que ça finirait comme ça, fit Luna. Je m'y étais préparée.

— Et ça ne te fait pas plus de peine que ça ? demanda Ginny avec une froideur qu'Hermione ne lui connaissait pas.

— Si, bien sûr, mais je t'ai dit que je m'y étais préparée. Je ne vois pas l'intérêt de faire semblant de pleurer alors que je n'en ai pas envie.

— Par respect pour les autres, rétorqua Ginny.

— Tu savais aussi que ça finirait comme ça, lui répondit Luna. Seulement, tu n'as jamais voulu te l'avouer. Maintenant, tu dois l'affronter d'un seul coup, alors que si tu t'étais moralement préparée, tu serais beaucoup moins ébranlée.

Hermione empêcha Ginny de sortir sa baguette. La jeune Weasley semblait folle de rage. Elle se dégagea des bras d'Hermione et quitta la Grande Salle d'un pas décidé. Luna haussa les épaules et ajouta :

— Elle s'en remettra. Je me suis bien remise de la mort de ma mère, moi. Et je ne m'étais même pas préparée.

Hermione acquiesça. Elle évita de laisser paraître sa peine, sachant que pleurer pour Drago Malefoy serait mal venu à la table des Gryffondor - même s'ils assimileraient sans doute son chagrin à l'angoisse de perdre Harry. Elle s'assit à côté de Ron qui ne lui adressa pas un mot, ni même un regard.

— On ira à l'infirmerie, toute à l'heure, fit Neville en évitant une assiette de porridge lancée par Seamus à un élève de Poufsouffle.

Hermione acquiesça en regardant Ron qui n'émit pas un son. Ils finirent de petit déjeuner, se levèrent et se dirigèrent vers la porte. Hermione croisa le regard de Pansy Parkinson qui parut sur le point de lui sauter à la gorge. La plupart des Serpentard ne faisaient pas la fête, ils restaient assis entre eux, l'air morne. Ils ne regrettaient sans doute pas la mort de Voldemort, mais plutôt le fait que leur maison était à présent méprisée et encore plus détestée qu'avant.

Les première, deuxième et troisième années étaient ceux qui faisaient le plus de bruit et qui s'agitaient le plus. A la table des professeurs, il n'y en avait pas un qui intervenait pour les calmer, Hermione eut l'impression que Minerva McGonagall n'avait jamais été aussi sereine de sa vie. Elle vit le professeur Trelawney disposer des cartes de tarot, les retourner avec appréhension et pousser des cris de joie en voyant ce qu'elles révélaient.

Lorsqu'ils sortirent de la Grande Salle, ils virent plusieurs parents qui accouraient. Certains paraissaient inquiets, d'autres fous de joie. Hermione vit Remus et Tonks parmi eux. Ron et Hermione serrèrent le jeune couple dans leurs bras. Molly Weasley apparut, suivie de tout le reste de la tribu Weasley.

— Ron ! Hermione ! s'exclama-t-elle en serrant ses enfants dans ses bras. Vous allez bien ! Mais… où est Harry ? Et Ginny ?

— Harry est à l'infirmerie, répondit Luna, toujours aussi impassible. Il a pris l'épée de Gryffondor en travers du corps. Ginny est en colère parce qu'elle ne veut pas admettre qu'elle s'attendait à ça. Mais ça ne devrait pas durer.

En effet, Ginny apparut au détour d'un couloir et se précipita vers ses parents. Les jumeaux Weasley se tapèrent dans la main, l'air fier d'eux, comme si c'était eux qui avaient vaincu Voldemort. Percy demeurait sobre, Bill embrassait Fleur et Charlie serrait la main de Neville avec un sourire.

— Allons vite à l'infirmerie, fit Molly. Il ne faut pas faire attendre notre héros ! Comment a-t-il vaincu Vous-savez-qui ?

— Heu… A vrai dire, fit Ginny, ce n'est pas Harry qui en a fait le plus. C'est… Malefoy. C'est lui qui a transpercé Harry avec l'épée de Gryffondor et qui a détruit l'Horcruxe en lui, et c'est aussi lui qui a retourné le sortilège de Mort contre Tu-sais-qui en protégeant Hermione…

Molly éclata de rire. Elle s'arrêta très vite en voyant que sa fille ne riait pas et regarda Hermione, abasourdie.

— C'est… c'est vrai ? Ce n'est pas une blague ?

Hermione acquiesça. Molly paraissait proprement stupéfaite.

— Heu… Eh bien… Bravo à lui, alors… Mais il est… mort ?

— Aucune idée, répondit Luna, d'après Hermione, il respirait encore après avoir pris un sortilège de mort de plein fouet. Maintenant, ce qu'il en est, je n'en sais rien.

Hermione esquissa un sourire devant la désinvolture de son amie. Les Weasley et les Lupin filèrent à l'infirmerie, suivis de Neville, Luna et Hermione. Hermione ne put s'empêcher de voir le ventre rebondi de Tonks et la regarda, un grand sourire aux lèvres. Tonks confirma ses pensées :

— Oui, nous allons avoir un enfant, répondit-elle en enlaçant amoureusement Remus. La naissance est prévue pour dans trois mois, environ.

Remus avait lui aussi l'air très heureux et Hermione fut soulagée de constater que certains bonheurs n'avaient pas pu être détruits par Voldemort. Elle les félicita et ils arrivèrent à l'infirmerie. Mme Pomfresh se dirigea vers eux et leur dit :

— Ah, vous tombez bien, Mr Potter vient de se réveiller. Il risque d'avoir un peu mal aux côtes pendant quelques temps, alors évitez de le faire rire et préservez-le des rhumes. Le jeune Drago Malefoy ne donne aucun signe de conscience, pour l'instant. Il est dans le coma depuis hier et son état n'a pas évolué, bien ou mal.

Hermione hocha la tête et ne fit pas attention aux regards qui se fixaient sur elle. Ils allèrent tous voir Harry. Celui-ci était adossé à ses oreillers et leur adressa un grand sourire en les voyant arriver. Molly le serra dans ses bras, ignorant ses grimaces. Ginny déposa un léger baiser sur ses lèvres et Ron lui tapota l'épaule. Hermione, quant à elle, le serra dans ses bras avec délicatesse.

— Comment va notre héros du jour ? demanda Tonks comme si elle avait ignoré la remarque de Ginny tantôt.

Hermione attendit la réaction d'Harry. Il répondit, l'air plutôt embarrassé :

— Ce n'est pas moi qui ai fait le plus gros, vous savez… Si Malefoy n'avait pas été là…

— C'est tout de même toi qui as détruit cinq Horcruxes sur sept, protesta Molly. Il n'en aurait jamais été capable, lui. Donc, si, c'est toi qui as fait le plus gros.

— Oui, fit Ron. Et c'est toi qui as tué le serpent !

— Oui, répondit Harry. C'était la première et la dernière fois de ma vie que j'usais d'un sortilège de Mort, d'ailleurs, c'est vraiment abominable.

Il y eut un petit silence. Molly lui dit :

— Bon, nous allons te laisser, vous venez ? Il faut que tu te reposes, Harry, mon chéri.

Elle l'embrassa affectueusement sur le front et ils s'en allèrent tous. Harry retint Hermione par le bras en lui adressa un regard entendu. Ginny entraîna Ron de force, même si celui-ci ne paraissait pas très enclin à partir. Hermione s'assit à côté d'Harry.

— Tu peux m'expliquer ce qui s'est passé ? demanda Harry. Je n'ai pas tout suivi… C'est bien Malefoy qui m'a passé l'épée en travers du corps, non ? Il savait visiblement ce qu'il faisait. Tu lui en avais parlé ? Qu'est-ce qui s'est passé, entre vous ?

— Oh, Harry, c'est vraiment trop compliqué… Je ne lui ai parlé de rien, mais apparemment, il était au courant, pour les Horcruxes. Il a changé, Harry, je t'assure. J'ai vu son vrai visage, hier soir. Il n'a plus rien de cette tête à claque insupportable qu'on a côtoyée pendant six ans. Déjà, l'année dernière, j'avais remarqué un petit changement. Mais hier soir, c'était vraiment stupéfiant !

Harry hocha la tête. Il lui demanda :

— Comment Voldemort a-t-il été détruit ?

— A… avec le sortilège de Mort qu'il me destinait. Drago s'est jeté entre lui et moi pour me protéger, et il a tout pris. Mais je crois qu'il s'est produit la même chose, à quelques détails près, que lorsqu'il a voulu te tuer quand tu étais petit. Ça s'est retourné contre lui et ça l'a anéanti.

Harry posa une main sur l'épaule d'Hermione qui faisait de gros efforts pour ne pas fondre en larmes. Finalement, elle craqua et Harry la serra contre lui jusqu'à ce qu'elle se calme, lui caressant affectueusement les cheveux. Hermione pleura tout son soul et Harry se contenta de la serrer contre lui, sans dire un mot. Et si Drago ne se réveillait jamais ?


Note de fin : Une brève explication de ce qu'il s'est produit lorsque Voldemort a été anéanti^^ J'espère que ça vous a plu en tout cas, l'ambiance est nettement plus joyeuse que dans les chapitres précédents ! Rendez-vous lundi pour le 11e et dernier chapitre !