Tout d'abord, un grand merci pour les reviews !
Merci Light of soul, SoniaG, Zoubida, et Mortina, vos messages m'ont beaucoup touchée et sont vraiment encourageant ! Je suis ravie que vous preniez du plaisir à lire ce que j'écris ! Je compte bien ne pas lâcher cette histoire ! Alors bonne lecture pour ce chapitre 10 !
La propriété des Malefoy se dressait devant eux, sombre, abandonnée, ses murs portant encore les stigmates de la magie noire dont ils avaient été témoins. Ron échangea un regard avec Harry. L'atmosphère qui régnait aux alentours du château était pesante, comme si la noirceur s'était infiltrée dans chaque pierre, chaque brin d'herbe, chaque bouffée d'air.
Leur baguette fermement serrée dans la main, ils avancèrent avec précaution vers le vieux pont branlant qui permettait l'accès au manoir. Leurs pas résonnaient sinistrement dans le froid glacial qui les entourait. Les portes avaient été brisées i ans de cela, et seuls des débris de bois suintant d'humidité subsistaient.
_Homenus revelio, dit Harry à voix basse en pointant sa baguette vers l'intérieur de la demeure.
Rien ne se produisit. Il n'y avait personne à part eux.
_Je prends l'étage, tu prends le rez de chaussé... lança Ron en se dirigeant vers les vieilles marches en marbre qui menaient à l'étage.
Harry acquiesça et entra à son tour. Ron monta lentement, longeant le mur, baguette tendue devant lui. Les quelques années d'expérience en tant qu'Auror lui avaient démontré qu'un « homenus revelio » n'était pas toujours fiable face à de puissants sorts de dissimulation. Il restait tendu, à l'affût du moindre mouvement, du moindre son. Mieux que cela, il l'espérait. Il espérait trouver quelque chose, quelqu'un qui leur permette d'y voir plus clair. Les Mangemorts arrêtés avaient été si peu bavards, c'était inhabituel, en général, la plupart craquaient assez facilement au bout de quelques jours. Mais cette fois ci, rien, comme si leur propre sort leur importait peu, ou comme s'ils savaient que quelqu'un les sortirait bientôt de là. Le manoir des Malefoy s'était naturellement imposé comme premier lieu de fouille. Autrefois repère de Mangemorts, il aurait semblé logique que ces récents évènements y soient liés d'une manière ou d'une autre. Les Malefoy avaient disparu, tout bonnement, en pleine bataille contre Voldemort. Personne ne savait où les trouver. Le courage n'avait jamais fait partie de leurs rares qualités, pensa Ron avec mépris. Le château avait alors été abandonné, mais depuis peu, des témoins affirmaient y voir des lumières une fois la nuit tombée. Les Aurors avaient organisé plusieurs veilles, mais rien ne s'était produit. Ils avaient alors conclu à une erreur, ou une confusion avec des lucioles. Mais Ron était persuadé que ces lumières étaient le signe que quelque chose se passait ici. Ou peut-être voulait-il s'en persuader…
Ron regarda autour de lui. Il avait du mal à imaginer que ces pièces poussiéreuses, immenses et délabrées avaient abrité Drago et sa famille. Cela ressemblait si peu au Terrier, à ses pièces exiguës mais si chaleureuses. La demeure avait visiblement été pillée, on voyait encore la trace des cadres sur les murs.
_Ron ! appela la voix d'Harry, en bas.
Ron abandonna la pièce qu'il s'apprêtait à fouiller et transplana en bas pour rejoindre son ami. Harry était dans ce qui, autrefois, devait être une salle de réception richement décorée. Il tournait le dos à Ron, fixant une inscription qui ornait le mur craquelé, face à lui.
_Que se passe-t-il ? demanda le rouquin en s'approchant.
Dès qu'il fut assez près, il se figea. Sur le mur qui leur faisait face, une inscription était tracée avec ce qui semblait être du sang. Un message, qui leur était clairement adressé. « Les Sang de Bourbe seront les premiers à payer, quiconque s'opposera périra de la main du maître ».
Ron sentit à nouveau la colère se déverser dans ses veines, bouillonner en lui. De même qu'une peur froide s'insinuait dans son cœur, le glaçant d'effroi.
_C'est un avertissement, murmura Harry pour eux deux.
Comme Ron ne réagissait pas, fixant toujours l'inscription dans une rage muette, Harry se tourna vers lui.
_Partons, ils ont clairement fui les lieux, ils savaient que nous viendrions… Ils ont fait le ménage…
Ron tourna le dos et suivit son ami. Il avait beau ne plus l'avoir devant les yeux, l'inscription semblait flotter devant lui et s'être gravée dans sa chair.
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_Pourquoi ? demanda Hermione, le cœur battant, essayant de maîtriser les tremblements dans sa voix, Tu m'as toujours dit que ton père était mort en se battant contre Voldemort…
Elle essayait de gagner du temps, tentant tant bien que mal de se remémorer ses cours sur les sortilèges informulés en sixième année. Sa baguette était restée sur son bureau, elle l'avait oubliée dans son empressement d'obéir à Madame Weasley. Où était-elle d'ailleurs ? Hermione n'entendait que le silence, troublait par quelques piaillements d'oiseaux. Même les gobelins semblaient avoir disparu.
Daphnée ricana de plus belle sans la quitter de son regard mauvais.
_Mon père était un traître à son sang ! cracha-t-elle. Ma mère était une sang pur, elle est morte à cause d'un moldu comme toi ! Je l'ai à peine connue…
_Je suis une sorcière, ne put s'empêcher de répliquer Hermione.
Daphnée éclata de rire, un rire dément qui donna des frissons à la jeune femme. Hermione ne quittait pas sa baguette des yeux.
_Tu es une Sang de Bourbe, une saleté de Sang de Bourbe ! Comment Ronald Weasley a-t-il pu s'enticher de toi ? Un sang pur comme lui ? Comment peut-il accepter de se salir avec toi ?
Hermione sentit ses joues la brûler et ses mains se mettre à trembler d'une fureur qu'elle devait contenir.
_Ron m'aime… articula-t-elle froidement.
_Foutaises ! Tu lui as fait avaler un quelconque filtre d'amour ! Mais peu importe, tu vas gentiment me suivre hors du champ de protection et attention, ne tentes rien si tu ne veux pas que j'abîme ton joli minois… Ça, ce sera pour plus tard, je t'en fais le serment…
Hermione déglutit avec peine. Elle était en très mauvaise posture, et cette fois ci, elle ne voyait pas comment en réchapper. Elle était totalement démunie sans baguette, ses doigts la picotaient, réclamant un bout de bois magique à animer. L'adrénaline pulsait dans ses veines, la rendant imperméable à toute tentative de concentration. Or, un sortilège informulé demandait énormément de concentration, surtout pour qui n'avait que rarement eu l'occasion de pratiquer sans baguette.
Elle passa lentement devant Daphnée, les jambes tremblantes, jetant un dernier regard à Neville et Seamus, qui les fixaient, le regard vide. Elle pensa à Ron. Elle osait à peine imaginer sa réaction une fois qu'il saurait. Dès qu'elles eurent passé les derniers arbres du jardin, Hermione sut que désormais, elle n'avait aucune protection. Elle essaya de se calmer, de se résonner, elle avait vu pire, elle avait vécu pire, la cicatrice qui ornait son bras, traçant les mots « Sang de Bourbe » en témoignait. L'idée de ne plus voir Ron la déchirait, elle ignorait ce qu'ils allaient faire d'elle mais elle avait une certitude, elle n'en sortirait pas vivante. Elle était terrifiée mais résolue à afficher un visage détaché… Elle ne leur donnerait pas la satisfaction de ses larmes. Elle ferait en sorte de mourir dignement, pour elle mais pour lui aussi.
Daphnée l'attrapa soudain par le bras, le tordant dans son dos avec une force qu'elle n'aurait jamais soupçonnée chez celle qu'elle prenait jusque-là pour une amie. Hermione étouffa un gémissement de douleur, les larmes aux yeux. Elle pensa à Ron, à son visage qu'elle chérissait tant.
_Bien, à présent nous allons transplaner et rendre visite à de vieilles connaissances, susurra Daphnée dans son oreille.
_Petrificus Totalus !
Hermione sursauta avec un cri et, le bras libre, se baissa immédiatement, dans un ultime réflexe de survie. Mais rien ne se passa hormis un bruit sourd de chute derrière elle. Daphnée gisait, face contre terre, figée.
_Hermione ?
La jeune femme reconnut cette voix. Ou était-ce une illusion ? Un autre piège ? Elle ôta les bras d'au-dessus de sa tête et se releva lentement, osant à peine y croire. Une jeune sorcière aux longs cheveux blonds ornées de plumes et de perles lui sourit, baguette en main.
_Luna !
Elle se précipita pour la serrer dans ses bras, des larmes de soulagement perlant à ses yeux.
_Mais que fais-tu ici ? réussit-elle à demander.
_Papa garde les jumeaux, moi je voulais suivre un petit groupe de Joncheruines mais je les ai perdus de vue, et comme j'étais tout près, j'ai voulu venir vous dire bonjour…
Luna regarda la jeune femme avec un air soudain absent.
_Je me demande si les Joncheruines seraient attirés par du pudding, dit-elle pour elle-même.
Puis se tournant vers Daphnée, dont le regard fou semblait aussi figé que le reste de sa personne.
_Ton amie n'est pas très agréable…
Hermione faillit éclater, à la fois de rire et en sanglots. Elle prit une profonde aspiration et déclara, d'une voix plus faible qu'elle ne l'aurait souhaité.
_Ce n'est pas mon amie…
_Je pense que nous devrions appeler les Aurors, suggéra Luna en observant de près une feuille d'arbre.
Hermione ressentit tellement d'affection pour son amie à ce moment-là qu'elle se retint avec grande peine de se précipiter vers elle pour l'étreindre de toutes ses forces.
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Ron s'affala sur la chaise de son bureau, la tête entre les mains.
_Toutes ces fouilles, toutes ces perquisitions, et nous n'avons RIEN !
Sa voix était chargée d'angoisse et de déception. Harry ne pouvait nier qu'il était déçu lui aussi, mais il devait soutenir son ami, comme celui-ci l'avait fait tant de fois par le passé.
_Ecoutes Ron, toutes les équipes ne sont pas encore revenues… Nous finirons bien par trouver quelque chose !
Le rouquin leva vers lui un regard d'une telle tristesse que le cœur d'Harry se serra.
_Tiens le coup mon vieux…
_Je sais que je devrais être plus fort, je suis un Auror par Merlin, mais parfois, la peur de la perdre est si forte que je suis incapable de penser à autre chose…
Harry ne savait pas quoi répondre. Il le comprenait, et il savait que dans ces moments-là, aucun mot ne saurait apaiser sa peur.
Une note de service déboula dans le bureau, voletant jusqu'à eux. Harry tendit le bras et la saisit au vol pour la déplier. Il blêmit.
_Que se passe-t-il ? s'écria Ron en se levant d'un bond.
_Une…Une famille a été massacrée… La mère était née moldue…Ils n'ont épargné personne…
Ron fut pris d'une envie de vomir telle qu'il dut se rassoir. Une née moldue, comme Hermione. Une mère de famille, son mari et leurs enfants. L'horreur n'avait donc plus de limites…
_Potter ! Weasley !
Harry et Ron se retournèrent dans un même mouvement vers la cheminée qui crépitait près d'eux. Le visage de Kinglsey apparut dans les flammes. Les Auros s'agenouillèrent aussitôt pour se mettre à son niveau.
_Au Terrier, tout de suite !
A son ton, ils surent que quelque chose était arrivé. Ron ne prit même pas la peine de se relever, le cœur tambourinant, il transplana immédiatement.
Arrivés dans le jardin, Harry et Ron virent Kinglsey, qui s'entretenait avec Molly à l'entrée de la maison. A l'extérieur, Neville et Seamus étaient assis, pâles, têtes baissées, tandis que Ginny s'occupait d'eux. Assise près de Neville, Luna lui tenait la main et parlait avec eux. Ron eut l'impression que sa vue se brouillait, que tous ses sens étaient paralysés. Où était Hermione ? Ils se précipitèrent vers la maison, Kingsley leur barra le passage.
_Attendez !
_Où est-elle ? Dites le moi ! s'écria Ron.
_Elle est là-haut mon chéri, elle se repose, dit Molly en posant une main apaisante sur le bras de son fils.
Ron eut du mal à se sentir soulagé, il s'était passé quelque chose, c'était évident, il avait besoin de la voir, de la sentir, de la toucher, pour s'assurer qu'elle était bel et bien indemne.
_Que s'est-il passé ? demanda Harry.
_La taupe est venue ici… Il s'agit de Daphnée Ryan…
Ron se figea. Hermione lui avait souvent parlé de Daphnée. Sa première véritable amie « fille ». Ginny était presque sa sœur, elle ne comptait pas. Elle était si heureuse quand Daphnée et elle se sont mises à travailler ensemble, Ron l'avait taquinée tant de fois à ce sujet, se moquant gentiment de son enthousiasme. Elle devait être anéantie. Il ressentit une telle haine pour cette Daphnée !
_Elle a tenté d'enlever Miss Granger, ajouta Kingsley. Visiblement, Miss Granger l'aurait sciemment invitée à l'intérieur du champ de protection. Neville et Seamus ont voulu intervenir mais elle leur a demandé de ne rien faire, et il semblerait qu'à ce moment-là, Ryan ait utilisé un sortilège dérivé de l'Imperium…
Ron jeta un bref regard aux deux Aurors, qui semblaient dépités. Il avait beau savoir que ce n'était pas de leur faute, il était furieux après eux.
_J'étais à l'arrière de la maison, je n'ai rien entendu, fit Molly, les mains jointes, avec un air coupable.
_Miss Granger n'avait pas sa baguette mais fort heureusement, Miss Loveg…Pardon, Miss Londubat est intervenue avant qu'elle ne puisse transplaner en emmenant Miss Granger…
Ron se sentit déborder de gratitude envers Luna. Sans elle, Hermione serait aux mains des Mangemorts, et cette seule pensée le plongeait dans un profond désarroi.
_Ryan a été transporté au QG, elle est actuellement en cellule, et nous l'interrogerons dès mon retour…
_Laissez-moi aller la voir !
_Elle a besoin de repos, elle a été assez secouée… Ne transplanes pas, ça pourrait la réveiller mon chéri…
Ron savait qu'un seul geste lui aurait suffi pour pousser Kinglsey de son chemin, mais il respectait son supérieur, lequel s'effaça de lui-même du passage, reprenant sa conversation avec Molly.
Ron se précipita à l'intérieur et gravit les marches en courant. Il ouvrit la porte de sa chambre à la volée et s'arrêta. Elle était là, assoupie, recroquevillée dans leur lit. Il referma doucement derrière lui et s'approcha. Elle était là, elle était vivante, et pourtant, il n'arrivait pas à se départir de cette angoisse qui grandissait en lui. Il tendit le bras et posa sa main sur la joue de la jeune femme, espérant puiser dans ce contact la force de poursuivre ce combat sans céder à l'envie de la prendre et de tout quitter pour partir loin.
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Hermione soupira d'aise. Dans un demi-sommeil, elle sentait la main de Ron, chaude, rassurante, sur sa joue. Instinctivement elle blottit son visage contre ses doigts.
_Hermione…murmura Ron.
Elle ouvrit les yeux, rencontrant ceux de Ron. Elle les referma aussitôt. Elle avait tant de mal à supporter de voir cette peur, cette colère, dans son regard. Son insouciance lui manquait terriblement.
_Comment te sens-tu ?
Hermione ne répondit pas. Elle se sentait… Elle n'aurait su dire… A la fois bête, blessée, furieuse, triste, déçue… Cette trahison avait agi comme une véritable douche froide. Elle avait vraiment cru que c'était fini. Elle réalisait enfin à quel point le danger était présent, à quel point elle avait risqué sa vie. Elle se redressa soudain et enroula ses bras pour étreindre Ron. Il lui rendit son étreinte, soulagé de la sentir contre lui.
_Je suis désolée… Je suis vraiment désolée… dit-elle dans un souffle contre le torse de Ron. Ne sois pas fâché…
_Je ne suis pas fâché contre toi Hermione…
La jeune femme le regarda, et prit son visage entre ses mains.
_Ne sois pas en colère contre Neville et Seamus…
_Ces idiots ont fait une erreur qui aurait pu te coûter la vie !
_Ron !
Elle se redressa pour l'embrasser tendrement. Elle s'écarta légèrement, et murmura :
_Ils n'ont rien pu faire, c'est de ma faute…
Ron posa une main sur sa nuque et attira son visage vers lui pour l'embrasser, la tendresse laissant la place à un besoin qui les consumait. Son autre main se plaqua sur les reins de la jeune femme, la serrant contre lui. Puis il s'écarta brutalement, le regard assombri. Hermione gémit de déception.
_Tu es blessée… Reposes toi, je reviens te voir après…
Il se leva et remonta la couverture sur les épaules de la jeune femme qui s'était allongée sans protester. Elle se sentait fatiguée comme jamais, et même si l'envie de poursuivre la traduction se faisait pressante, elle avait besoin d'une pause, pour ne penser à rien d'autre qu'à ce baiser.
Une nouvelle réunion eut lieu le soir même, en présence de Kinglsey seulement, les autres n'étant toujours pas rentrés de mission. Neville et Seamus les rejoindraient plus tard, ils avaient demandé à mener l'interrogatoire de Daphnée, et Kinglsey avait accepté, Ron et Harry étaient bien trop impliqués, et Kinglsey se méfiait du caractère explosif du rouquin.
_Les perquisitions n'ont rien donné, hormis le démantèlement d'un trafic d'elfes de maison…
Hermione poussa un petit cri horrifié. Ron passa un bras autour de sa taille, il savait à quel point elle était sensible au sort des elfes.
_Comment vont les elfes ? demanda-t-elle d'une petite voix.
_Aussi bien que possible étant donné les circonstances… Ils se remettent de leur mésaventure dans le foyer que vous avez créé Miss Granger.
Hermione ne put s'empêcher de sourire de fierté. Sa première mesure avait été de créer un foyer d'elfes de maison libres, pour leur permettre de s'habituer à leur nouvelle liberté avant d'envisager une reconversion. Harry et Ron échangèrent un regard amusé.
_Ils savent que nous enquêtons sur eux, étant donné l'inscription que vous avez trouvée au domaine Malefoy…Nous attendons le retour du premier interrogatoire de Miss Ryan…
_Quelle inscription ? demanda Hermione, sourcils froncé.
Ron regarda Kinglsey en secouant légèrement la tête pour le dissuader d'en parler. Mais son supérieur semblait bien décider à ne rien cacher à Hermione, ce que la jeune femme apprécia, foudroyant Ron du regard. Kinglsey lui tendit un cliché. Elle s'en saisit et pâlit légèrement quand elle déchiffra les mots qui y étaient inscrits. Elle rendit la photographie en silence à Kinglsey, tandis que Ron la dévisageait avec anxiété.
Hermione sentait son regard sur elle, mais elle était décidée à ne pas le regarder. Une idée venait de germer dans son esprit, et elle savait que si elle avait regardé Ron, elle n'aurait pas pu échapper à la peur qui habitait ses yeux depuis quelques temps, et elle aurait alors renoncé.
_Lorsqu'elle me tenait… Elle a dit que j'allais retrouver de vieilles connaissances… Cela signifie que j'ai déjà rencontré les responsables de tout ceci…
_Malefoy ! s'exclama Ron, poings serrés.
Kinglsey croisa les bras, réfléchissant à ce qu'elle venait de leur dire.
_Je ne sais pas, nous n'avons eu aucun signe de vie de leur part depuis qu'ils ont fui le champ de bataille…
_Ce qui ne signifie pas qu'ils ne préparent pas quelque chose, ajouta Harry.
Kinglsey hocha la tête. Harry ne pensait pas que Drago soit derrière tout ça, il avait peur de Voldemort, c'était d'ailleurs la seule raison qui l'avait poussé à lui obéir… Il devait être soulagé que son maître ait été détruit…
_Ecoutez… Je pense avoir une idée…
Tous les regards se tournèrent vers Hermione.
_Nous n'avons qu'un seul moyen de savoir qui est derrière tout ça pour l'arrêter… On sait déjà ce qu'ils veulent : moi, ou plutôt mes connaissances…
Elle sentit le bras de Ron se crisper. Il n'aimait pas la tournure que prenait la discussion. Mais Hermione l'ignora et poursuivit.
_Je pense que nous devons les attirer, les faire venir à nous, plutôt que d'attendre qu'ils nous surprennent… Et je crois qu'il leur faudra un appât : moi.
Ron la lâcha brusquement, se levant d'un bond pour lui faire face.
_IL EN EST ABSOLUMENT HORS DE QUESTION !
Ses oreilles avaient pris une teinte violacée et il tremblait de tous ses membres. Hermione savait qu'il serait plus que furieux.
_Ron, calmes toi ! lança Bill, assis dans un coin de la pièce.
Ron vrilla sur lui son regard chargé de rage.
_Que je me calme ? Il n'y a que moi que ça dérange qu'elle envisage de se jeter dans la gueule du loup ?
Personne n'osa répondre. Hermione regardait Kinglsey, qui l'observait en réfléchissant rapidement. Il finit par se tourner vers Ron.
_Weasley…C'est une bonne idée… La seule que nous ayons…
_IL EN EST HORS DE QUESTION ! s'époumona le rouquin.
Hermione sentit l'agacement la titiller face aux cris de Ron.
_Ron, tu sais comme moi que c'est le seul moyen…
_Hermione, tu te rends compte de ce que tu dis ? Tu veux donc mourir ? Ce que je pense n'a donc aucune importance à tes yeux ? s'écria-t-il avec désespoir.
Elle évita de croiser son regard, elle ne voulait pas voir à quel point il était terrifié et blessé, et à quel point cela la troublait.
_Ils risquent de se méfier, non ? fit remarquer Bill, tu as été placée sous protection, si d'un coup tu ne l'es plus, ils vont se méfier…
_J'y ai pensé, mais si je suis seule, ils penseront seulement que je vous ai faussé compagnie…
_Ce ne serait pas la première fois, lança Harry.
Ginny savait qu'il se forçait à plaisanter, mais que cette idée ne l'enchantait pas plus qu'elle n'enchantait Ron ou elle-même. Hermione reprit, en prenant soin de ne pas regarder Ron, lequel ne la quittait pas des yeux.
_Je sais que c'est risqué, mais je sais aussi que c'est nécessaire… Il vous suffira de vous positionner de manière à pouvoir intervenir…
_Tu n'envisages pas sérieusement de faire ça ? Tu crois vraiment que je vais te laisser faire ?
Hermione se leva à son tour pour lui faire face.
_Ron, c'est le seul moyen ! Parce que pendant que nous sommes là à réfléchir, des familles entières se font massacrer ! Et nous savons que ces meurtres sont liés ! Il faut y mettre fin et vite !
Ron la saisit par les épaules et se mit à la secouer.
_EST CE QUE TU REALISES SEULEMENT CE QUE TU FAIS ? ET CE QUE TU REALISES QUE SI TU MEURS, JE NE SUIS PLUS RIEN ?
La jeune femme grimaça, ses dents s'entrechoquaient, et Ginny se précipita vers eux en essayant de s'interposer.
_Ron arrêtes, tu lui fais mal !
_Ron, calmes toi, elle est blessée ! s'écria Harry en essayant de le repousser.
Le rouquin lâcha brusquement Hermione, qui se réfugia dans les bras de Ginny. Haletant, il la dévisagea, avec une expression à la fois torturée et blessée. Puis il finit par tourner les talons pour sortir en claquant la porte.
_Je crois bien qu'il n'est pas tout à fait fan de cette idée, lança Georges.
Ginny le foudroya du regard et reporta son attention sur Hermione. Livide, la jeune femme regardait la porte que venait de franchir Ron.
_Je vais aller le voir, fit Harry en se dirigeant vers l'entrée.
_Non, je crois...Je vais y aller…
_Tu es sure, demanda Ginny.
Hermione hocha la tête et sortit en silence.
