Réponses aux reviews :
Angelbk : Oui, enfin un rapprochement digne de ce nom ! Merci.
Tch0upi : Ça ne va pas être de tout repos... Pour l'un comme pour l'autre... Bonne lecture !
Guest : Merci d'avoir osé le franchir ! J'ai bien conscience qu'un simple résumé peut laisser une bonne ou une mauvaise impression. C'est un peu comparable à la 4ème de couverture d'un livre... On se fit pas mal au résumé. Mais merci d'avoir lu et je suis d'autant plus satisfaite de savoir que ma fiction te plaît... A bientôt !
Boomerang : Il n'ira pas jusque là, ne t'en fais pas. ;) Mais ça va être encore très très difficile... Merci !
Writing's On The Wall
« Ils savaient tous les deux qu'à partir de maintenant, plus rien ne serait comme avant. »
...
Ils s'étaient quittés sans un mot. Si ce n'est le charmant discours de Sasuke s'approchant plus ou moins de « Ça ne représentait rien pour moi » avant que Naruto ne quitte l'appartement.
Itachi rentra le dimanche soir, sûr et certain que Naruto et Sasuke avaient officialisé quelque chose mais il déchanta bien vite en voyant l'air rembruni de son frère et l'aura presque malfaisante qu'il dégageait. Et Sasuke fut des plus désagréables.
La semaine passa. Ni Naruto, ni Sasuke ne se donnèrent un quelconque signe de vie.
Sasuke devait retrouver Ino et Kiba en ce Vendredi soir. Et si Naruto avait raison sur un point, à savoir que cette fille lui servait plus ou moins de couverture, lui, avait raison sur un autre : l'impossibilité de dévoiler ses préférences.
Kiba serait le premier à ne pas le lui pardonner. En les retrouvant, ce dernier braillait déjà haut et fort qu'il avait été « chasser de la tante » le week-end dernier et que, fort heureusement, il avait pu échapper à la police.
Il y avait en effet le soir, dans certains quartiers de la ville, des attroupements où de nombreux hommes pouvaient se rencontrer et faire ce qu'ils avaient à faire. Lieu de prédilection des homophobes voulant se défouler.
Sasuke tressaillit. Il savait à quel point Kiba pouvait être violent. Il avait été condamné plusieurs fois à des peines mineures pour quelques bagarres dans ces endroits et avait pu, par on ne sait quel miracle, s'enfuir le jour où il avait participé au passage à tabac de deux hommes, dont l'un avait succombé à ses blessures. Kiba les traitait de pestiférés, sans honte, clamant à qui voulait bien l'entendre que si ça ne tenait qu'à lui, il les aurait déjà tous exterminés.
Ino s'approcha de Sasuke en sautillant et embrassa les lèvres de son petit ami, les marquant d'une généreuse couche de gloss, tandis que Kiba finissait son monologue.
« Tu les aurais vu, toutes ces tapettes, quand on leur courrait après, elles fuyaient, les gazelles ! Sérieux, Sas'ke, tu aurais dû être là ! »
« Je ne veux pas finir en prison, Kiba. » fit Sasuke en se décollant d'Ino.
« T'as pas de couilles, mon pote. Ton frère a de la chance d'être ton frère... »
« Laisse Itachi tranquille. De toute façon, tu ne ferais pas le poids. »
Kiba gonfla les joues, vexé d'être presque insulté de faible.
« Tu es vraiment horrible, Kiba. Y'a pas d'autres mots. Ces gens ne t'ont pourtant rien fait. » déclara Ino en s'accrochant au bras de Sasuke.
Ce dernier lui coula un regard en biais. Ino pouvait-elle être une personne de confiance ? Il était bien trop tôt pour le savoir. Il ne sortait avec elle que depuis bien trop peu de temps.
« Bah quoi ? C'est pas dégueulasse, sérieux ? » se défendit Kiba. « Moi, y'a pas de doute. » reprit-il en mimant les formes généreuses d'une femme. « Je préfère enfoncer ma grosse... »
« C'est bon. On a compris. » le coupa Ino en se bouchant les oreilles.
Elle tira Sasuke par le bras en le guidant vers le bar où ils avaient tous convenu de boire un verre.
Ils s'installèrent autour d'une table et le bavard et sans-gêne Kiba relança la conversation.
« Alors, Ino ? Toi et Sasuke vous avez déjà... »
Il ne finit pas sa phrase, sûr que la blonde savait de quoi il voulait parler. Cette dernière roula des yeux en soupirant. Le sexe semblait être le seul centre d'intérêt pour Kiba et l'un des seuls mots de son vocabulaire.
« Ça ne te regarde pas, Kiba. Je ne te demande pas où tu es allé tremper le biscuit dernièrement, moi. »
« C'était une blonde aussi canon que toi ! D'ailleurs, le jour où t'es plus avec Sasuke, tu sais que mes bras seront grands ouverts. » lui répondit-il en lui faisant un clin d'oeil.
« Dans tes rêves. Sasuke est bien plus intéressant. »
Elle se tourna vers son petit ami. Sasuke sirotait tranquillement son verre, son regard se baladant vers la route et les trottoirs peuplés de monde , éclairés par les lumières des décorations de Noël.
C'était un quartier très animé et plus encore en période de fête.
Sasuke était perdu dans sa contemplation de l'extérieur, n'écoutant que d'une oreille sa petite amie et le jeune homme qui lui servait d'ami. Juste derrière la fenêtre, il vit, avec stupéfaction, passé Naruto en compagnie de ce Gaara, et d'un autre homme qu'il ne connaissait pas. Le blond ne semblait pas l'avoir remarqué dans le bar.
Son sang ne fit qu'un tour, sans trop savoir pourquoi, et il sursauta, attirant les yeux bleus d'Ino sur lui. Il les suivit du regard et finalement, Naruto et les deux autres se séparèrent.
Après avoir fini leurs consommations, il prétexta devoir rentrer en urgence, laissant Ino et Kiba en plan. La jeune fille fronça les sourcils. Depuis une semaine, Sasuke agissait bizarrement. Il était fuyant, ailleurs. Comme si quelque chose le travaillait en permanence. Elle n'était pas dupe. Elle voyait clairement que Sasuke n'allait pas bien. Et que leur histoire n'avançait pas vraiment, qu'elle ne rimait à rien. Elle avait remarqué ce grand blond, qu'elle avait déjà vu quelque part, à l'extérieur qui avait interpellé Sasuke et la réaction de celui-ci en le voyant. Tout ça avait un lien, elle en était sûre.
Elle rentra chez elle, après avoir refusé la proposition de Kiba qui souhaitait la raccompagner.
...
Il s'arrêta devant un immeuble, essoufflé. C'était là qu'habitait Naruto. Dans l'un de ces appartements. Il s'en souvenait : Itachi lui avait demandé d'attendre ici, un jour où il devait récupérer des documents chez le blond.
Il se méfiait grandement de ce Gaara. Et cet homme aux cheveux noirs et au teint blafard qui les accompagnait, quasiment collé contre Naruto, l'avait passablement irrité. Qui était-il ? Il ne l'avait jamais vu.
Il ne savait absolument pas pourquoi ces jambes l'avaient amené jusqu'ici. Naruto et ce qu'ils avaient fait ensemble ne signifiaient rien. Alors pourquoi avait-il pris cet ascenseur jusqu'à l'appartement du blond ? Pourquoi avait-il frappé contre la porte ? Et pourquoi Naruto le regardait comme s'il venait d'une autre planète ?
« Tu foutais quoi avec eux ? »
Pas un bonsoir ni une autre formule de politesse s'en approchant. Juste cette phrase pleine de mépris qui déstabilisa Naruto dont les yeux s'écarquillèrent subitement.
« Je te demande pardon ? C'est quoi cette question ? Et qu'est-ce que tu fais ici ? »
En effet, la subite apparition de Sasuke derrière sa porte l'avait déjà bien ébranlé.
Il entra dans l'appartement, furibond, sans même avoir l'accord de Naruto.
« Le brun, c'était qui ? » aboya-t-il. « Le mec que tu te tapes ?! »
Les mots de Sasuke estomaquèrent Naruto. D'où venait cette rage au fond de ses yeux noirs ?
« Sasuke. Franchement, je ne vois pas en quoi ça te regarde. T'es venu ici pour faire quoi ? M'interdire de voir des gens ? Je ne suis pas un sauvage comme toi. C'est ma vie privée. On ne se doit rien, il me semble que tu as été assez clair sur ce sujet l'autre fois. »
« Réponds-moi ! » hurla Sasuke, sans prêter la moindre attention aux paroles du blond.
Ce dernier s'impatienta, agacé par ce flot de questions auxquelles il ne ressentait nullement le besoin de répondre.
« Un ami. C'est tout. Qu'est-ce que ça peut te faire ? Je ne représente rien, non ? C'est bien ce que tu as dit ? Alors, c'est quoi, cette scène que tu me fais ? »
« Tu... »
Les lèvres de Sasuke se pincèrent. Il agrippa le tee-shirt de Naruto et le serra aussi fort qu'il le pouvait.
« Jure-le. »
« Pardon ? »
« Que c'est qu'un ami. Jure-le. »
Naruto fut complètement déboussolé. Il ne comprenait pas le sens de toute cette comédie. Ni ce que Sasuke voulait exactement. Il débarquait chez lui sans prévenir et lui hurlait dessus comme s'il avait fait quelque chose de mal. Et là, il lui demandait des comptes ? Naruto attrapa la main attachée à son vêtement avant de la repousser.
« Qu'est-ce que tu veux Sasuke ? Je ne comprends pas. »
Il voyait clairement que le brun était totalement perdu. Lui-même ne devait pas savoir ce qu'il faisait ici. Mais il y était, c'était un fait, et il avait déblatéré tout un tas de choses sans queue ni tête.
Mais il n'eut aucune réponse. Juste une bouche pressante venant s'écraser contre la sienne et des bras s'enroulant autour de son cou.
Pris de court, Naruto répondit avec hésitation au baiser. Avant d'y prendre goût et de s'emmêler les doigts dans la tignasse noire.
Après s'être frayés tant bien que mal un chemin dans l'appartement, esquivant les meubles, manquant de tomber plus d'une fois, ils s'enfermèrent dans la chambre de Naruto où ils firent l'amour aussi rageusement que la première fois. Comme deux bêtes enragées. Une nouvelle fois, seule cette forme de désir s'exprimait.
Le lendemain matin, Sasuke quitta Naruto, en lui précisant, alors qu'il était assis sur son lit, encore nu, que ce n'était rien d'autre qu'une pulsion.
La porte se referma et Naruto serra les draps en contractant sa mâchoire.
« Rien qu'une pulsion. »
Est-ce que Sasuke était sérieux ? C'était la deuxième fois qu'ils couchaient ensemble. Et ça ne voulait toujours rien dire ? Naruto lui en voulait, à cet instant. Peut-être qu'il ne ressentait pas de l'amour à proprement parler, mais lui... Lui en était tombé complètement sous le charme. Comment pouvait-il lui demander de ne pas avoir de vie sociale alors qu'il n'était, soi-disant, rien pour lui ? Et comment pouvait-il prétendre avec autant d'assurance qu'ils n'y avaient rien entre eux ?
Naruto se promit de mettre les choses au clair. De ne plus céder face à lui.
...
Sur le chemin, la réception d'un message fit stopper Sasuke dans sa marche. Ino lui demandait de passer au magasin de ses parents.
Sa petite amie était bien matinale. Il était à peine huit heures. Il ne répondit pas au message, revenant sur ses pas afin de la rejoindre devant le magasin de fleurs. Qu'avait-elle donc de si spécial à lui dire de bon matin ?
Il la retrouva dans un splendide manteau blanc. Elles portaient une paire de gants de la même couleur, protégeant ses fines mains blanches du froid de l'hiver.
A sa grande surprise, elle n'embrassa que sa joue. Il lui jeta un regard surpris alors que la blonde était toujours aussi souriante.
« Je t'offre un café ? » lui dit-elle en dévoilant ses dents blanches.
Il acquiesça et lui emboîta le pas.
Ils trouvèrent refuge dans un bar, cherchant une table tranquille, loin du brouhaha.
Elle quitta son manteau et ses gants qu'elle posa sur la banquette à côté d'elle. La serveuse apporta leur commande et tout en remuant le liquide noir, Ino se racla la gorge.
« J'ai bien réfléchi et... Et je crois que nous n'avons rien à faire ensemble. »
Les mots d'Ino le perturbèrent. Les filles ne rompaient jamais. C'était toujours lui qui mettait un terme aux relations. Il fut véritablement déconcerté par cette brutale révélation.
« Que... » bafouilla-t-il. « J'ai fait quelque chose ? »
« Non, non, ce n'est pas toi ! Enfin... Sasuke, je vois parfaitement qu'il y a quelque chose. Et pour être franche, je pense qu'il y a un rapport avec le blond d'hier. »
Le visage de Sasuke se décomposa. La blonde le fixa intensément avant de poursuivre.
« Tu sais, je connais les blagues idiotes sur les blondes mais moi... Je l'ai vu. Cet éclat dans tes yeux quand il est passé. Ce n'est pas la première fois. Je l'ai déjà vu chez toi et... à chaque fois qu'il est là, tu... Je ne sais pas comment l'expliquer clairement mais... Tu es différent. Tu n'es pas mon premier petit ami et... Quand quelqu'un nous plaît... On a souvent ce regard-là. Mais je te rassure, je ne veux savoir quel est ton secret... Ça ne me concerne pas... Mais... Sasuke, t'es vraiment un gars super, alors, ne perds pas ton temps. »
« Qu'est-ce que tu veux dire ? »
En une soirée, Ino avait-elle tout compris ? Ce fut presque incroyable pour Sasuke. Y avait-il réellement eu quelque chose dans son regard au point qu'Ino l'ait remarqué ? Kiba l'avait-il aussi vu ? « Non ». se dit-il. Kiba était bien trop stupide pour voir ce genre de chose. Ino le soupçonnait et sa carapace se fissurait peu à peu, prête à voler en éclats.
« Les filles ont un sixième sens, j'en suis certaine. Je pense que tu te sers de moi pour te couvrir. Je sais que ce n'est pas malveillant et je ne t'en veux pas du tout... Mais, pour ton propre bien-être, tu devrais faire la paix avec toi-même. »
Ino savait. Cette fois, rien ne pouvait laisser croire le contraire. Sasuke était désemparé. Il ne trouvait pas les mots pour lui dire que tout était faux, que, non, Naruto ne lui faisait aucun effet, qu'elle se trompait sur toute la ligne. Il savait qu'Ino n'en croirait pas un mot. Elle était bien trop perspicace.
Il ferma les yeux puis soupira avant de laisser un sourire accablé orner ses lèvres.
« ... merci. » murmura-t-il tout bas. « Tu as vu clair dans mon jeu. »
Un sourire étira un peu plus les lèvres d'Ino. Il osa poser les armes. Confiant, il raconta. Il dévoila à la blonde ses doutes et ses incertitudes vis-à-vis de lui-même, de Naruto. Elle l'écouta sans l'interrompre. Et pour Sasuke, c'était ainsi la toute première fois qu'il se confiait un tant soit peu.
A la fin de son récital, il fut extrêmement mal à l'aise. Il avait l'impression que le regard insondable d'Ino le jugeait. Mais il se trompait lourdement.
Ino lui attrapa les mains en souriant sincèrement.
« Tu ne devrais pas avoir peur d'aimer. Il n'y a rien de mal à ça ! » fit-elle.
Il l'observa silencieusement.
Pendant tout son monologue, il n'avait pas perçu une once de dégoût dans les yeux d'Ino. Il ne se faisait pas cataloguer par elle. Elle était douce et ses propos sans l'ombre d'une remontrance. Et malgré sa plastique de poupée, il devait bien avouer qu'elle était intelligente. Quelque part, il regrettait de s'être servie d'elle comme bouclier. Mais maintenant qu'elle était au courant, il se sentait soulagé d'avoir pu partager ce lourd fardeau.
La pression qui contractait sa poitrine se fit moins pesante. Mais malgré les paroles réconfortantes d'Ino, se libérer de ses entraves ne seraient pas si simples...
Ses craintes le contrôlaient. Et la liste de personnes qui lui en voudraient ne faisait que s'allonger.
Jā ne !
TLIOM
