Un chapitre un peu plus court que d'habitude...Mais je ne voulais pas trop en dire en une fois...
Merci pour vos commentaires et vos remarques...Je vais prendre le temps de corriger ces coquilles... J'en avais remarqué quelques unes mais c'est toujours bien d'avoir un regard extérieur...Surtout n'hésitez pas à me signaler des erreurs de frappe ou des lapsus...
A bientôt pour le chapitre 11
Chapitre 10.
Neal ne relâcha la main de Peter qu'après s'être finalement endormi. Le docteur Werner était toujours assis sur la terrasse. June s'était jointe à eux et avait offert un café au médecin. Celui-ci avait tout d'abord voulu refuser mais l'odeur du café italien de June l'avait retenu plus longtemps que prévu.
Quand son ami fut endormi et visiblement plus détendu, Peter vint s'asseoir à la droite de June.
-Comment va-t-il, Peter ?
-Il dort pour le moment.
June pouvait lire l'inquiétude sur le visage de l'agent du FBI. Au cours des dernières années, elle avait appris à connaître Peter. Elle devait avouer qu'elle avait eu un peu de mal à accepter sa présence sous son toit et qu'elle avait parfois était dérangée par la manière dont le FBI traitait Neal. Son protégé n'avait certes pas toujours été très honnête mais la méfiance et la suspicion dont Peter avait parfois fait preuve l'avait profondément blessé.
-Je suis sûre qu'il va vite se remettre.
-Je l'espère, June.
Le docteur Werner essaya de rassurer les deux amis.
-Il va physiquement beaucoup mieux mais il va devoir surmonter le traumatisme de son agression. Je commence à penser que son amnésie a d'abord été causée par le choc mais, maintenant, c'est différent.
-Que voulez-vous dire, Docteur ?
-Après ce qu'il vient de nous raconter, il est évident qu'il y a un lien entre ce qui s'est passé durant son enfance et ce qu'il a subi aux mains de ses agresseurs. Il lui serait trop difficile de faire face aux souvenirs de ces deux événements.
-Je comprends.
Peter resta un long moment perdu dans ses pensées. Il entendait June et le médecin parler mais son esprit était trop préoccupé pour prendre part à la conversation. Il passait et repassait dans sa tête les paroles de son ami. Comment avait-il pu passer à côté de cette information ? Neal était très doué pour effacer ses traces et pour faire disparaître les renseignements gênants sur son passé et Peter s'était, à plusieurs reprises, heurté à ce problème. Mais il n'avait pas pu effacer la mort de sa mère ou celle de Tom Philipps sans une complicité… Ellen, évidemment…
Elle avait toujours protégé Neal et Peter réalisait maintenant à quel point cette femme avait compté dans la vie de son ami.
Après quelques minutes et un second café, le Docteur Werner prit congé, non sans avoir donné quelques recommandations à Peter. Celui-ci reprit sa place aux côtés de Neal. Il savait qu'il serait incapable de laisser le jeune homme seul. Il appela Elisabeth pour la prévenir qu'il passerait la nuit auprès de son partenaire. Il sentit un moment d'hésitation dans la voix de sa femme mais elle se retint de faire un commentaire que Peter aurait sans doute trouvé déplacé.
La nuit se passa calmement. Ce ne fut qu'au lever du jour que Neal se réveilla. Peter s'était assoupi sur le canapé et Neal sourit en voyant son ami recroquevillé sur l'étroit sofa. Il ne devait pas être très à l'aise et le jeune homme grimaça en pensant aux courbatures que Peter ne manquerait pas de ressentir.
Il se leva doucement, essayant de ne pas réveiller Peter mais, lorsqu'il se redressa, la douleur dans le bas de son dos se réveilla. Il mit une main devant sa bouche pour étouffer le cri de douleur qui lui échappa alors. Peter ne dormait que d'un œil et il fut debout en quelques secondes en entendant le cri du jeune homme.
En deux grandes enjambées, Peter fut à côté de Neal, un bras passé autour de sa taille.
-Où vas-tu comme ça ? Tu aurais dû me réveiller.
Neal ouvrit la bouche pour répondre mais il avait encore beaucoup de difficulté pour parler. Les mots se bousculaient dans sa tête mais ils ne franchissaient pas la barrière de ses lèvres.
-Besoin d'utiliser la salle de bains ?
Peter comprenait la frustration de son ami et il essayait de l'aider de son mieux. Neal hocha la tête.
-Ok. Tu as besoin de mon aide pour marcher ?
Nouveau signe de tête. Peter fronça les sourcils en voyant que son ami n'avait pas essayé de nier son besoin d'assistance.
Les deux hommes se dirigèrent lentement vers la salle de bains. Peter laissa Neal seul quelques minutes attendant derrière la porte. Son téléphone sonna et il hésita un instant avant de quitter son poste de surveillance pour décrocher. Il avait, la veille, demandé à Jones de faire des recherches sur Tom Philipps. C'était probablement lui qui l'appelait.
Peter finit par décrocher.
-Bonjour, Peter.
-Jones. Du nouveau ?
-La piste d'hier n'a mené à rien. Par contre j'ai trouvé des renseignements intéressants sur Philipps. L'homme était connu des services de police pour divers trafics. Il semble avoir été tué lors d'une querelle domestique qui a mal tourné. Sa compagne du moment, en a eu marre de recevoir des coups. Elle a pris une arme et lui a tiré une balle en plein cœur. Malheureusement, elle avait reçu un mauvais coup à la tête. Elle a été retrouvée morte près du corps de Philipps.
Peter avait écouté le compte rendu de son collègue silencieusement. Ellen avait fait un beau travail pour rendre l'histoire crédible.
-Est-il fait mention d'un témoin ou d'une autre personne présente lors de l'altercation ?
-Oui et c'est la partie la plus horrible de cette tragédie. La femme avait un fils. Il avait 15 ans. Les policiers l'ont retrouvé près du corps de sa mère. Il tenait l'arme dans une main et la main de sa mère dans l'autre. Le garçon a été hospitalisé en état de choc. Le rapport médical est accablant.
Peter ferma les yeux se préparant à entendre l'horreur dont son ami avait été victime alors qu'il n'était qu'un enfant. Mais le silence s'installa à l'autre bout du fil.
-Tu es toujours là, Jones ?
-Oui, Peter. J'ai une question à vous poser.
Il aurait dû s'en douter. Jones était un excellent agent.
-Est-ce que ça a un lien avec Neal et son enlèvement ?
-Oui, il y a un lien mais, pour le moment, je préfèrerais que ça reste entre nous.
-Bien sûr, Peter. Il vaut mieux que je t'amène le dossier. Tu es toujours avec Neal ?
-Oui. Merci Jones.
Au moment où il raccrochait, Peter entendit la porte de la salle de bains s'ouvrir. Neal, toujours instable sur ses jambes, s'avançait vers lui. Malgré la douleur et les épreuves des derniers jours, le jeune homme arborait un magnifique sourire. Un de ces sourires qui faisait fondre le cœur de Peter. Une fois n'est pas coutume, une fois de plus, ce lumineux sourire lui réchauffa le cœur.
-Les nouvelles…bonnes ?
-Tu connais Jones, il a toujours le don d'égayer mes journées.
Le doux rire du jeune homme faillit lui faire venir une larme aux yeux. L'espace de quelques secondes, il avait devant lui, son ami, son partenaire, celui qui pouvait transformer une simple affaire de fraude à l'assurance en chasse au trésor.
Neal se rapprocha et posa une main sur l'avant bras de Peter.
-Ça…va ?
-Oui, bien sûr.
-Tu…soucieux…
Peter sourit à son tour. Sa première impression n'était pas tout à fait juste. L'homme face à lui avait changé. Il semblait plus ouvert comme s'il avait tombé le masque qu'il avait arboré toute sa vie.
-Un peu inquiet.
-Pourquoi ?
La question était totalement innocente. Le silence s'installa entre les deux hommes. Loin d'être inconfortable, ce silence se prolongea. Neal n'avait pas lâché les bras de son ami et Peter sentait qu'il aurait aimé être capable de trouver les mots justes pour exprimer sa reconnaissance, ses réels sentiments.
-C'est rien. J'aurais aimé t'éviter toutes ces épreuves.
Neal sembla réfléchir, il ouvrit la bouche à plusieurs reprises mais devant son incapacité à parler il poussa un profond soupir. Après quelques secondes d'hésitation, il cala sa tête contre la poitrine de Peter.
L'agent du FBI passa son bras droit autour de la taille de Neal, sa main gauche vint se caler à l'arrière de sa tête. En temps normal, il aurait été très mal à l'aise devant un tel geste. Il n'était pas très « câlins », Elisabeth le lui avait souvent reproché. Mais c'était différent avec Neal.
Peter était incapable d'expliquer les sentiments qui secouaient son cœur à ce moment précis mais il était hors de question, pour lui, de rompre le contact. Sa main caressait doucement les cheveux de son ami. Celui-ci semblait totalement détendu, sa respiration, régulière en était la preuve.
Après quelques secondes, Peter sentit les tremblements dans les épaules de son ami.
-Je suis là, maintenant, Neal. Je ne laisserais personne te faire du mal.
Peter avait besoin de croiser le regard de son ami. Il éloigna le jeune homme doucement après avoir déposé un léger baiser sur son front.
-Je…sais…
-Parfait.
Peter sourit tendrement.
-C'est bien la première fois qu'on tombe d'accord aussi vite.
Les deux hommes étaient conscients qu'ils étaient sur le point de donner un nouveau tour à leur relation. Ni l'un, ni l'autre ne savait vraiment où ça les mènerait mais ils ressentaient tous les deux ce besoin de proximité, de se sentir rassuré par la présence de l'autre.
Peter posa une main sur la joue de son ami.
-J'ai eu si peur de te perdre. Quand on t'a retrouvé dans ce bois…
L'agent du FBI ferma les yeux. Le souvenir du moment où il avait cru Neal mort, lui était très pénible. Lorsqu'il rouvrit les yeux, le visage de Neal n'était qu'à quelques centimètres de lui. Il n'y avait aucun doute concernant ses intentions. Mais l'agent du FBI hésitait encore. Il lui avait fallu du temps pour comprendre la nature de ses sentiments mais avec l'aide de Mozzie, il avait fini par s'avouer à lui-même que Neal était pour lui, plus qu'un ami.
Neal était toujours muet mais l'intensité de son regard était hypnotisante. Peter plongea avec plaisir ses yeux dans ceux de son ami et approcha lentement ses lèvres.
-Comme ils sont mignons !
La voix les surprit tous les deux. Neal eut un brusque mouvement qui réveilla la douleur dans son corps meurtri. Il chancela avant de se laisser tomber dans les bras de Peter.
Sur le pas de la porte, se tenaient deux hommes armés, les menaçant.
-Peter…
La voix de Neal lui serra le cœur. L'homme dans ses bras était terrorisé et Peter n'eut pas besoin de plus de renseignements pour comprendre qui étaient ses hommes.
C'est sous la menace d'une arme que Peter et Neal furent emmenés jusqu'à une voiture garée le long du trottoir.
Il était très tôt et la rue était déserte. Peter regardait autour de lui en quête d'une aide éventuelle. Jones devait être en chemin mais Peter savait que leur collègue n'arriverait pas à temps.
