Résumé de ce qui vient de se passer :
Ce sont les vacances ! Isa en profite pour voir Karl et Genzô à leur entraînement de football, mais elle n'en oublie pas le concours pour autant ! Elle vient de passer les premiers examens et continue à travailler avec Shûzo. Celui-ci se révèle un étrange personnage tout de même… Pendant ce temps, Genzô poursuit sa quête dans la recherche de ses sentiments et apprend avec peine le projet de sa jeune amie. Celle-ci emmène souvent son frère au parc rejoindre ses camarades jusqu'au jour où elle rencontre la petite sœur de Jonathan ! Elle l'aide à rentrer chez elle, et alors qu'elle repart chez elle, Isa se fait agresser ! Mais la jeune fille a la surprise d'être sauvé par Jonathan. Quelle étrange situation !
Personnages :
-Isa Amond,
-Jérémie Amond : frère d'Isa.
-Genzô Wakabayashi (Thomas Price): gardien de football, ami d'Isa.
-Karl-Heinz Schneider dit le Kaiser : attaquant, ami d'Isa et de Genzô.
-Jonathan Einfren : ennemi d'Isa, petit caïd du coin.
-Marie Schneider : petite sœur de Karl-Heinz.
-Kartz Hermann : attaquant, ami de Genzô et de Karl.
-Julie Seifrein : amie de Genzô et d'Aizen.
-Aizen Presh : ami de Genzô et de Julie.
-Mikami : coach de Genzô.
-Blaize : apparent chef d'une petite bande ; a agressé Isa. Rival de Jonathan.
Les joueurs de l'équipe de Genzô déjà cité : Mayer, Marc…
Des joueurs d'autres équipes déjà cité : Scharzt, Zenien, Brayern, Stiergen, Minze, Rayen…
Quelques mots :
(1) Il faut lire « Un soir de Lune » pour voir ce qui s'est passé dans cette sortie. Fanfiction qui devrait bientôt être publiée ! Pas de soucis.
(2) Il faut lire « Voyage en Angleterre selon Isa » disponible sur Fanfic-fr
Ca y est ! Normalement, la réécriture est terminée, la suite peut enfin avoir lieu !
Bon, ce chapitre est un peu court, désolée !
Au-delà des Apparences
Chapitre 9 : Qui dit « Bonne nouvelle », entend aussi « Mauvaise rencontre »
« Dans la vie, il est des rencontres stimulantes qui nous incitent à donner le meilleur de nous même,
il est aussi des rencontres qui nous minent et qui peuvent finir par nous briser. »
Marie-France Hirigoyen, Le harcèlement moral.
L'excitation était à son comble. Une enveloppe dans nos mains, Shûzo et moi résistions à l'envie de les ouvrir. Nous étions inquiets. Avions-nous réussi ? En ce lundi de rentrée, une incroyable nouvelle m'attendait dans un simple morceau de papier blanc. Nous décidions de déchirer l'enveloppe à trois : trois, deux, un. Je déchirai le papier avec empressement, retirer la lettre, respirai un bon coup, jetant un coup d'œil vers Shûzo qui en fit de même et dépliai la lettre. Pourvu que je sois confirmée… Je regardai ! C'était bon ! J'étais officialisée ! J'avais passé le premier cap ! Ca y était, mon nom était inscrit dans la liste des participants officiels !
« Allons fêter cela ensemble, ce soir ! » s'écria Shûzo qui avait eu une réponse positive, lui aussi. « Et amène ton copain surtout ! Je veux le voir, ok ? »
« Entendu, » acceptai-je tout sourire.
Mon cœur était emballé. Je ne pouvais m'arrêter de sourire ! Quelle extase ! Quel sentiment plaisant ! J'avais réussi, et c'était tout ce qui comptait. Ce matin, j'avais enfin trouvé la force de tous les affronter.
En ce jour de rentrée, j'allais imposer le silence.
&&G&&&&&&
La rentrée… La rentrée annonçait pour moi la fin des beaux jours. Plus d'entraînement du matin jusqu'au soir, plus de visites quotidiennes d'Isa, plus aucun plaisir dû à l'oisiveté du temps libre. Bonjour cours, devoirs et examens à préparer. Et si mon moral avait baissé en cette perspective de rentrée, celle de l'équipe semblait avoir touché le fond. Au revoir matchs amicaux, plaisirs du ballon ! Bonjour obligations formelles, attentes interminables… !
Une enveloppe en main, je me demandais si j'avais bien la moyenne de partout. Je ne m'appliquai pas spécialement en cours. A vrai dire, cela me passait un peu au dessus de ma tête tout cela. Je l'ouvris et y jetai un coup d'œil peu intéressé. Tout semblait être correcte, tant mieux.
Ce que je regrettai le plus dans ces vacances, c'était probablement le temps que j'avais passé avec Isa. Celle-ci avec l'aide de Karl avait organisé deux sorties pour toute l'équipe. Une fois, nous étions allés à la fête foraine (1) et l'autre fois, Isa nous avait organisé un grand pique nique où elle avait cuisiné tous les plats. Ce jour-là nous nous étions régalés ! Isa se révélait être un cordon bleu, elle nous avoua tout de même qu'elle avait été aidé par sa mère et Karl.
En entrant en classe, je découvrir une étrange atmosphère. Tout le monde chuchotait et beaucoup de regards étaient tournés vers Isa. Avant même que je ne puisse aller plus loin, Julie me rejoignit.
« Tu as raté quelque chose ! » s'exclama-t-elle.
« De vraiment étonnant ! » renchérit Aizen.
« Quoi donc ? » demandai-je.
« Il y a quelque chose qui a changé ! »
« Mais tu dois le savoir, je pense. »
« Il suffit de la regarder ! »
« Quand elle est entrée, ça a fait effet ! »
« Comme une électrochoc ! »
« Isa paraissait très heureuse. »
« Elle a du recevoir une très bonne nouvelle. »
« Même Jonathan paraissait surpris de la voir ainsi apparaître ! »
Jonathan ? Tiens, il était là celui-là. Lui aussi semblait différent, enfin… Il paraissait toujours aussi idiot, mais il ne disait mot, il restait là, assis sur sa chaise, passif. Ce n'était pas normal ! Mais après tout, tant qu'il ne faisait rien à Isa, je m'en foutais. Les deux zigotos cessèrent leur discours par alternance et me laissèrent m'asseoir près d'Isa. Elle me sourit mais elle n'eut pas le temps de me parler, le professeur venait déjà d'entrer et réclamait le silence. Lorsque midi vint, nous rangeâmes nos affaires, et j'accompagnai Isa hors de la classe. Celle-ci devait sûrement rejoindre Karl. Sans que je ne demande rien, elle s'expliqua d'elle-même :
« J'ai décidé de faire plus d'efforts, de changer même ici. » Elle fit une légère pause où elle rit légèrement « En fait, je n'aurais rien pu faire si je n'avais pas reçu mon bulletin ce matin. »
Son bonheur était vraiment apparent. Elle jubilait et désirait vraiment déclarer ce qui la faisait tant plaisir. Je la laissai donc faire sans l'interrompre.
« … Enfin, tout ça pour dire que j'ai réussi mon premier pas vers le concours ! Je suis officialisée dans le concours, c'est fait ! »
« Vraiment ? C'est fantastique ! Félicitation Isa ! »
« Merci ! Merci beaucoup. Ah ! Voilà Karl. »
Elle commença à me devancer pour aller le rejoindre, mais elle s'arrêta vite et se retourna une nouvelle fois vers moi.
« Tu veux manger avec nous ? » me proposa-t-elle en souriant. « Il y a suffisamment pour nous trois. »
« Merci, mais je dois rejoindre Julie et Aizen, » lui répondis-je. A tout à l'heure.
« A tout de suite, » fit-elle.
&&I&&&&&&
Parfois, il arrivait à Genzô d'agir étrangement et puis il se reprenait et tout allait mieux. Je ne savais jamais comment m'y prendre alors je faisais comme si de rien n'était, en fait, j'agissais comme l'aurait fait Karl à ma place. « Ne pas s'inquiéter pour rien » était le maître mot qu'il m'avait donné de suivre et je tentais d'y parvenir le mieux possible. Comme l'avait suggéré Shûzo, j'invitais Karl à se joindre à notre petite 'fête' qui se révéla surtout être une nouvelle occasion de boire un verre ensemble.
« Pour les futurs gagnants, hip, hip, hip ! »
« HOURRA ! »
Nous trinquâmes. Dans les présentations, je découvris enfin la petite copine de Shûzo. Elle se nommait Diana, elle était plus âgée d'un an et semblait plutôt extravertie. En fait, elle ressemblait beaucoup à son copain, sauf que c'était une fille. Elle était plus grande que moi et possédait des atouts que je n'aurais jamais sans doute. Je me sentais un peu en infériorité face à elle, surtout que Karl se prêtait au jeu de Shûzo et ne cessait de la complimenter. Que c'était frustrant !
« Arrêtez un peu les garçons, rigola Diana. Vous embarrassée notre petite Isa. »
« Mais Isa n'a pas à se plaindre, » me défendit Karl. « Elle a des charmes que personne ne pourrait se vanter ! »
« Et qui te font effet en particulier, » conclut Diana dans un sourire étrange.
« Je ne suis pas le seul », affirma Karl, pensif.
« Qu'est-ce que tu racontes encore ! » rouspétai-je à temps. « Tu es dans notre lycée, Diana ? »
« Quel détournement ! » râla Shûzo, déçu.
Diana rigola et me répondit que c'était effectivement le cas. Par la suite, Diana nous proposa d'aller se changer et se rejoindre pour aller en boîte de nuit. Je refusai. Nous venions à peine de rentrer en cours et je ne me sentais pas d'aller en boîte en semaine. Je lui suggérai en revanche de le remettre au samedi. Tous acceptèrent. A la suite de cette soirée, je restai mitigée quant à la personne de Diana. Elle semblait sympathique, mais les sourires qu'elle abordait, les regards qu'elle lançait à Karl et surtout cette impression qu'elle me jugeait négativement m'angoissaient un peu.
Pendant cette soirée, Aizen et Julie étaient venus me voir.
« Genzô nous a tout dit, » sourit Julie.
« Félicitation pour ta réussite ! » s'exclama Aizen.
« Continue comme ça surtout, » continua Julie. « Au moins quelqu'un d'intelligent dans notre classe ! »
« Et puis, restes comme tu étais ce matin ! Ca rend les choses plus intéressantes encore ! »
« Merci, » répondis-je sans savoir ce que je devais réellement dire.
Ils me saluèrent ainsi que Karl et partirent s'asseoir à quelques tables de la notre. Ils me laissaient toujours perplexes ces deux-là mais comme ils ne m'adressaient la parole que lorsque je m'entendais bien avec Genzô, je décidais de ne pas me soucier d'eux. S'ils s'amusaient avec mon histoire, tant pis, je ne pouvais rien y faire. Shûzo souriait face à la curiosité de la discussion que nous venions d'avoir, Diana s'en moquait éperdument. Karl ne posa pas de question. Très vite, la discussion reprit avec pour pole d'intérêt : le football. Shûzo était un fan inconditionnel de football et soutenait fermement l'équipe de notre ville. Aussitôt, les deux mâles partirent dans un débat auquel ni Diana ni moi ne pouvions interférer. Résignées toutes les deux, nous nous contentions d'écouter d'une oreille ce qu'ils se disaient et sourire lorsqu'ils se tournaient (enfin) vers nous.
« Et toi, tu pratiques un sport ? » demanda Diana.
« Plus à présent, » répondis-je. « Je faisais de l'athlétisme avant. »
« Pendant combien de temps ? »
« Du primaire en fin de collège. »
« C'est bien, mais pourquoi as-tu arrêté ? »
Je n'ai pas pu répondre. Je me souvenais m'être arrêtée en fin de collège, ou plus précisément après mon voyage en Angleterre… (2) Comment aurais-je pu lui dire que c'était tout simplement que je n'osais plus m'exposer ? Que je ne voulais plus avoir affaire à personne ? J'avais baissé la tête, embarrassée et je me mordis la lèvre. Karl remarqua mon malaise et changea de sujet. Diana n'insista pas mais je sentais son regard se poser sur moi. Après quoi, il déclara qu'il se faisait tard et que nous devions rentrer. Je saluai Shûzo et Diana qui restaient encore, et nous partions.
Je restai silencieuse dans le chemin du retour, plongée dans mes souvenirs douloureux. Karl, auprès de moi, ne disait rien non plus. Il était vrai qu'il ne connaissait pas cette partie de ma vie. Et je ne désirais pas, à ce moment-là, en parler à personne.
&&G&&&&&&
« Est-ce que quelqu'un sait où est Karl ? » demanda l'entraîneur.
Personne ne répondit, mais nous avions tous en tête qu'il devait être avec Isa. Peut-être avait-il décidé de passer le reste de l'après midi avec elle, peut-être pour fêter sa réussite. Il aurait sans doute dû prévenir, mais Karl agit toujours manière imprévisible. Rien ne pourrait le changer celui-là. Nous fîmes donc l'entraînement sans lui. Quand je revins chez moi, je les aperçus au loin. Ils étaient bel et bien ensemble mais quelque chose clochait. Isa avait la tête baissée et Karl ne semblait pas heureux non plus. Je me demande ce qu'il se passait. S'étaient-ils disputés ?
Le lendemain matin, Isa entra en classe et tout le monde la regardait. Mais, tous semblaient un peu déçus quand ils la virent s'approcher discrètement de sa place habituelle. Elle ne tentait plus de se cacher, mais elle paraissait peinée, songeuse. Elle passa derrière moi pour s'asseoir et ne me salua que d'un geste de la tête. Je n'osai pas lui parler, elle ne semblait vraiment pas dans son assiette. Etait-ce à cause d'hier soir ? Je ne pouvais pas le savoir.
Les deux premiers cours se déroulèrent. Dans le second, Isa fut encore une fois appelée par le proviseur. Elle s'échappa avec hâte hors de la classe et disparut jusqu'à la fin de la matinée. Quand elle revint enfin en classe, la sonnerie venait de retentir. Elle se dépêcha de ranger ses affaires et de sortir. Aizen et Julie s'approchèrent de moi et nous nous dirigions vers la cantine.
« Il s'est passé quelque chose ? » demanda Aizen.
« Je ne sais pas, » répondis-je. « Je n'ai rien à voir avec ce matin. »
« On ne dit pas le contraire, » rigola Julie. « On sait qu'elle était avec Karl hier soir. »
« Ah oui ? » demandai-je. « Vous les avez vu ? »
« Ils étaient dans un bar avec un autre garçon et une fille, » répondit Aizen. « Ils semblaient fêter quelque chose. »
« Sûrement la réussite de l'examen, » suggérai-je. « Mais vous savez ce qui s'est passé ensuite ? »
« Pas vraiment, idiot ! Sinon, je ne te l'aurais pas demandé. »
« Mais ça doit avoir un rapport avec ce que lui disait la fille, » réfléchit Julie.
« Sûrement, » approuva Aizen. « Dis-moi, elle ne te disait pas quelque chose ? »
« Si justement ! J'avais l'impression… »
« De la connaître… »
« De vue… »
« Ou de renommé peut-être. »
« Peut-être. »
Je les laissai continuer leur « discours » seuls. Quand ces deux-là partaient dans ce genre de discussion, ce n'était pas toujours la peine de les écouter. Julie et Aizen se complétaient sincèrement et le résultat de leur amitié était parfois surprenant. Et comme je ne pouvais rien faire sans connaître l'essence de ce problème, je décidai de rester hors de tout cela. Pas la peine que je m'encombre à l'ennuyer en lui posant des questions indiscrètes !
&&I&&&&&&
Encore un examen oral qui ne menait à rien. Mais pourquoi fallait-il toujours qu'il me réclame lorsque j'étais en cours ? A chaque fois, il fallait que je rattrape sur quelqu'un et il me manquait toujours des parcelles de cours. Cette fois, c'était certain, je demanderai à Genzô de m'aider. Je m'y perdais à force ! Mais midi vint, et je rejoignis Karl, un peu soucieuse. Nous nous étions quitté le soir précédent sans rien se dire à part un misérable « Salut ». Allait-il me poser des questions ? Je n'avais pas tellement envie d'y répondre. C'était du passé tout ça ! Je ne voulais plus le remuer, non, je voulais oublier ! Et puis, ce n'était pas comme si je l'avais revu, lui ! Alors, tout allait bien ! Enfin, il fallait d'abord que je rassure Karl.
Celui-ci me surprit d'ailleurs. Pendant ce repas, il me parla, il agissait comme s'il ne s'était rien passé ! Et, bien sûr, je me prêtai au jeu tout en m'excusant de tant de secrets.
« Je viendrais te chercher chez toi samedi, » déclara Karl. « Si tu veux, on pourra se voir avant pour rester un peu seuls ensemble. »
« Tu n'as pas de match ? » demandai-je.
« Aucun de prévu, » répondit-il. « Cela te va ? »
« Bien sûr. »
« Karl ! Salut ! »
En nous retournons, nous vîmes Diana qui s'empressait de venir nous rejoindre. Je sentis une boule se coincer dans ma gorge quand je la vis. Cette fille avait quelque chose qui m'agaçait profondément. Ou peut-être était-ce son comportement ? Elle ne m'adressa aucun regard et discutait simplement avec Karl à côté de qui elle s'était assise. Quant à moi, fort de ne pouvoir réagir, je mangeai le reste du plat que m'avait préparé Karl.
« C'est toi qui a préparé ces plats ? » demanda Diana à Karl.
« Oui, » répondit-il, tout sourire. « Tu peux goûter, vas-y. »
« Je n'oserai pas, » pouffa-t-elle.
« S'il te dit que tu peux le faire… »
Ils se tournèrent vers moi. Je me repris :
« Tu peux y goûter sans problème, il y en a assez pour trois. »
« Tu as raison, » rajouta Karl. « Vas-y ! »
« Merci Karl, » fit-elle, m'ignorant éperdument.
Elle attrapa la fourchette de Karl et piocha dans l'assiette. Après avoir goûté, elle s'exclama qu'elle n'avait jamais rien mangé de tel. Elle le complimenta longtemps, et quand elle en eut terminé avec ses jérémiades, Karl la remercia.
« Mais ce n'est rien face à ce que cuisine Isa, » rajouta-t-il ensuite.
« Et toc ! »
Un peu rougissante, je me retenais de sourire. Diana ne rajouta rien et changea vite de sujet. Lassée de l'entendre, je déclarai que je devais aller travailler et, sans attendre aucune réponse, je partis, sac à l'épaule, me rendre au seul endroit où j'aurais enfin la paix. Une fois arrivée entre les deux bâtiments, je m'installai et sortis mon vieux carnet. Cela faisait longtemps que je n'y avais plus touché ! Je relus mes dernières notes et poursuivis mon ascension dans le monde de Vampires sous la peau de mon héroïne. Mais je me rendis très vite compte que je n'étais pas dans les bonnes conditions pour écrire. Diana m'énervait ! Et Karl qui ne disait rien et qui se laissait faire…
La sonnerie retentit. Avec les cours, je pourrais me concentrer sur autre chose. Mais, en arrivant en classe, Diana était là, elle semblait m'attendre puisque lorsqu'elle me vit, elle sourit et s'approcha de moi. Elle fit voler ses cheveux autour d'elle, et lançait des regards aux alentours. Certains garçons se retournaient à son passage, il était vrai qu'elle n'était pas laide, c'était même loin d'être le cas. Et c'était bien ça qui m'inquiétait.
« -Tu es partie bien vite tout à l'heure, » me dit-elle.
« J'avais des choses à faire, » lui répondis-je.
Elle eut un petit rire qui signifiait bien sa pensée à mon goût, puis elle poursuivit :
« J'ai l'impression que tu ne m'aimes pas beaucoup et cela me désole un peu car je t'aime bien. Tu as l'air… intéressante. Sinon, pourquoi Karl sortirait avec toi ? Enfin, je m'égare un peu là. J'espère que tu es toujours prête pour Samedi, sois belle surtout ! Pour ton chéri, bien sûr. Je ne voudrais pas que… d'autres lui fassent tourner la tête alors que tu seras là. Mais ne t'inquiète pas, je veillerai à ce que personne ne s'approche trop de lui, enfin, tu comprends. Bon, je dois y aller. Au revoir, Isa ! »
Diana me laissa là et partit dans un rire glacial. Je restai perplexe. Son message était clair pour moi, elle me menaçait et me prévenait de ses plans. Elle avait des vues sur Karl, c'était dur comme fer !! Pourtant, elle sortait avec Shûzo, mais cela ne semblait pas la déranger. Et lui ? En repensant à sa manière d'agir, je me dis que cela ne devait certainement pas le gêner plus que cela. Quel étrange couple tout de même ! Que devais-je faire ? Que pouvais-je faire ? Je n'étais pas aussi osée qu'elle, je ne savais pas comment m'y prendre. Peut-être faudrait-il que j'en parle avec Karl mais que dirait-il ? Ne penserait-il pas plutôt que j'étais jalouse et possessive ? Ne serait-ce pas le pousser, au contraire, dans les bras de Diana ?
« Il suffit d'être soi même, » chantonnait Julie et Aizen en entrant en classe.
Etrangement, j'avais l'impression qu'ils m'adressaient particulièrement ce message, mais fort de ne pouvoir le certifier, j'y songeai sincèrement. Il était vrai que Karl sortait avec moi. Je devais lui faire confiance. Jamais il ne se laisserait séduire par Diana, après tout, il m'avait choisi parmi tant d'autres déjà. Cela ne pouvait changer aussi facilement. Me répétant ceci avec de plus en plus d'ardeur et de confiance, je me ressaisis et retournai à ma place avec un meilleur moral que le matin. Comme je le pensais, les cours m'obnubilaient complètement et le sujet Diana-Karl m'était sorti de la tête. Aussi, quand Genzô me raccompagna, j'abordais un sourire paisible.
« Tu as l'air contente, » affirma Genzô.
« Pas spécialement, » lui répondis-je.
« « En tout cas, tu as meilleure mine que ce matin, » remarqua-t-il.
Il l'avait remarqué. Genzô, depuis le jour où nous nous étions réconciliés, il me regardait d'un autre regard. Je ne savais pas comment le prendre. Mais il devenait de plus en plus gentil avec moi, plus calme et il semblait faire attention à moi bien plus qu'il ne l'avait jamais fait auparavant. Ces attentions qu'il renouvelait chaque jour me troublait un peu, je ne savais pas exactement quoi penser. Mais peut-être était-il simplement comme cela avec ses amis.
« Je ne devrais pas m'en soucier. »
« Je-J'étais fatiguée, » me justifiai-je.
Genzô ne dit rien. M'avait-il cru ?
Nous étions arrivés près du parc et nos chemins allaient se séparer quand je me rappelai que je devais lui demander ses cours. Genzô me promit de me les apporter le lendemain.
« Repose-toi bien, » dit-il avant de me saluer et de repartir.
« Merci, » soufflai-je.
Je rentrai chez moi. Maman sortit de la cuisine lorsqu'elle m'entendit rentrer et me sourit. Elle me demanda des nouvelles de l'école et je lui répondis que tout allait bien. Le soir précédent, elle avait fondu en larme en apprenant que j'avais réussi le premier test du concours, elle était si heureuse pour moi que des larmes avaient coulé sur mes joues, à moi aussi ! Bien sûr, je lui demandais son autorisation pour samedi, chose qu'elle m'accorda aussitôt sans aucune hésitation. Sa confiance en moi me remontait le moral. Je pouvais bien subir toutes les épreuves, si Maman m'encourageait, je surpasserai toutes les difficultés. Et Diana n'avait qu'à bien se tenir ! Foi d'Isa, je ne me laisserai plus faire aussi facilement. Elle n'aura pas Karl par sa supériorité physique ! Jamais !
La semaine se déroula sans complication. Mise à part peut-être les constantes visites de Diana lors de nos repas de midi. J'appris aussi qu'elle était allée lui rendre visite lors de l'entraînement. Elle était bien collante ! Heureusement, Genzô me raconta comment leur coach l'avait renvoyé valser alors qu'il ne m'avait jamais reproché de venir voir les joueurs à leur entraînement. Je l'avais rencontré par deux fois déjà, et il semblait m'apprécier, m'encourageant à revenir les voir lors des matchs tout comme le soir.
« Il semblerait que cette fille ait mis le grappin sur Karl, » songea Genzô. « Si elle te pose des problèmes, parles-en avec Karl et moi. »
« Je ne peux pas, » avouai-je. « Je ne veux pas que Karl croie que je suis jalouse et possessive… Et je ne devrais pas m'en faire pour chaque fille qui s'approche de lui, c'est mal. »
« Ce qui est mal c'est de draguer le garçon alors que l'on sait qu'il sort avec quelqu'un, » répliqua Genzô. « Tu ne devrais pas penser comme ça. »
« Je le sais bien, mais… »
Mais pour le moment, je ne pouvais rien dire, rien faire. Diana n'était pas encore passée « à l'action », mais accusations ne se fonderaient que sur des dits dont Karl n'a jamais eu ouïe. Je ne pouvais pas le lui dire !
« Tu veux que je vienne ? »
« Pardon ? »
« Samedi, je peux venir te soutenir si tu as besoin d'aide. »
Il était vraiment adorable. J'en souris, il pensait vraiment à moi, c'était très touchant. Rien que pour cela, je voulais être forte !
« Ne t'inquiète pas, Genzô, » lui dis-je. « Diana ne pourra pas parvenir à ses fins. J'ai confiance en Karl, il ne tombera pas si facilement face à ses charmes ! »
« Tu dois avoir raison, » sourit-il.
« Oui ! »
« Un peu de silence, » s'il vous plait, nous interrompit le professeur. « Je vais faire l'appel… »
Je ne me laisserai pas abattre, pas maintenant. Mais, parfois, certaines choses sont trop fortes pour que l'on puisse y résister seule, et quand le passé s'en mêle… J'allais découvrir à mes dépends que même tout le courage ne suffisait pas toujours à vaincre un obstacle venimeux…
-Fin du chapitre 9-
