Titre : Soulmates
Rating : M pour les chapitres à venir.
Spoilers : L'histoire prend en compte des éléments de la série jusqu'à la fin de la saison 5.
Disclaimer : Les personnages de Supernatural ne m'appartiennent pas et sont l'unique propriété de leur créateur.
Notes :
Et me revoilà !
Navrée pour cette longue attente, je sais que certains ont surveillé ma fic pendant de longs mois et je vous remercie pour votre fidélité et votre soutien.
Comme je l'ai dit dans le « mot de l'auteur », j'ai été un peu prise par la vie, ce sont des choses qui arrivent.
Je ne sais pas tous les combien je publierai mais je ferai au mieux et j'espère que mon histoire continuera de vous plaire.
Je précise à nouveau que je n'ai pas du tout regardé la saison 9 de la série et que je me tiens à mon script même si, à priori, la saison en cours me « pique » quelques idées.
Je vous avais laissées en suspens lors du dernier chapitre, voici donc la suite tant attendue. En espérant qu'elle vous plaise.
OoO
Sam nageait dans les brumes de ses rêves, mélange confus et incohérent d'événements passés. Ses souvenirs d'enfance semblaient se lier d'amitié avec ses chasses les plus difficiles sans que ça ne lui semble improbable. Les faits étaient dénaturés, désordonnés, totalement impossibles.
Lorsqu'il sortit de l'inconscience pour entrer dans le monde des rêves, il se vit assis dans le train qu'il avait pris après avoir quitté son père et son frère. Il l'amenait à l'Université, et Jessica était à ses côtés. Sam voulu lui poser un tas de question mais, alors que ses lèvres bougeaient, il fut incapable de savoir ce qu'il lui demanda.
Elle lui répondit par la négative, puis se leva pour marcher dans le couloir. Il voulu la suivre, et l'environnement changea sans que ça ne le perturbe.
Le couloir de train devint un couloir d'appartement que Sam connaissait bien. Il fit quelques pas et percuta la table de cuisine qui ne s'y trouvait pas l'instant d'avant. En relevant les yeux, il vit que Jessica avait disparu. A la place qu'elle occupait se trouvait maintenant une petite table comportant un bol rempli de cookies.
Alors qu'il y porta la main pour en piocher un, il vit apparaître des flammes qui les consumèrent avant de s'attaquer à ses doigts. Il n'enleva pourtant pas sa main, visiblement persuadé qu'il n'avait rien à craindre.
Une petite flammèche monta sur son index, qu'il porta devant ses yeux. Il la fixa intensément, rendant trouble tout ce qui l'entourait. Lorsqu'il cligna des yeux et reporta son attention sur le cadre dans lequel il se trouvait, il remarqua qu'il était à présent devant le halo de feu sacré de ce fameux hangar. Il savait qui s'y trouvait.
Alors que le cercle était auparavant vide, l'archange apparut comme s'il y avait toujours été. Il ne dit rien, se contenta de fixer Sam sans le moindre sourire ou le moindre rictus laissant comprendre qu'il était vivant.
Lorsque finalement il ouvrit la bouche, Sam ne comprit pas ce qu'il lui dit. Il n'entendait qu'un son sourd, comme s'il se trouvait sous l'eau pendant que l'archange lui parlait.
Gabriel continua de parler de la sorte, et Sam semblait comprendre ce qu'il lui disait. Puis, les cliquetis que faisaient des gouttelettes d'eau en tombant sur le sol trempé lui vinrent aux oreilles et s'amplifièrent, jusqu'à monopoliser la totalité de ce qu'il entendait.
Les gouttes tombèrent de plus en plus vite, retenant l'attention de Sam. Lorsqu'il suivit des yeux le trajet de l'une d'entre elles, son regard se posa sur l'étendue d'eau se trouvant à ses pieds. Immédiatement, la surface se troubla, ondulant puis s'agitant en petites vagues jusqu'à se transformer.
Sam se tenait à présent sur une falaise, et, plusieurs mètres plus bas, se trouvait une mer déchaînée.
Il connaissait cet endroit, il s'y était rendu ce fameux jour pour y répandre les cendres de l'archange.
Lorsqu'il regarda autour de lui, il vit Gabriel au sol, inconscient. Lorsqu'il voulu s'approcher de lui, l'ange fut mystérieusement traîné jusqu'au bord de la falaise.
Sam s'arrêta, ordonna à la force invisible de rester là, mais celle-ci ne l'écouta pas et jeta Gabriel dans la mer.
Cette vision le prit d'effroi, et Sam se réveilla dans un sursaut.
Il était couvert de sueur et son cœur battait à tout rompre. Lui qui avait l'habitude de courir était essoufflé à s'en faire exploser les poumons sans avoir fait le moindre geste.
Lorsque ses sens lui revinrent, il se rendit compte qu'une matière douce et molle le soutenait. Il ne réussit pas à se focaliser suffisamment sur ce qu'il percevait pour définir de quoi il s'agissait, et il se contenta de rester étendu sur le dos quelques minutes. Il avait l'impression de flotter, comme si son corps n'existait plus.
Il se racla la gorge pour vérifier que son corps lui répondait toujours, et eut soudain la tête qui tournait tellement fort qu'il croyait voir physiquement les ondes de sa voix se répercuter sur les murs avant de revenir en boomerang vers ses tempes. Il empoigna fortement les bords de sa couche pour compenser son équilibre ballant, et fut étonné de reconnaître les contours d'un matelas.
Avec une infinie précaution, Sam posa les deux mains sur un côté du matelas et se hissa pour se retourner sur le ventre, la tête tournée vers le côté pour voir où il se trouvait.
Le regard dans le vague, il cessa de bouger, espérant que le monde autour de lui arrêterait de danser sous ses yeux. Il tenta de les fermer pour ne plus avoir cette impression de vertige, mais ses sensations en furent décuplées, et il se rendormit.
Lorsqu'il se réveilla à nouveau, il se redressa précautionneusement de peur que les vertiges ne le reprennent.
Il pivota lentement sur le côté jusqu'à ce qu'il soit assis sur le rebord du lit.
En regardant autour de lui, Sam se rendit compte qu'il ne reconnaissait rien. Il était dans une chambre minuscule qui ne comportait qu'un lit et une petite table. Un peu plus sûr de ses appuis, il se leva pour s'approcher de la fenêtre, et écarta les rideaux. Il fut fortement surpris lorsqu'il vit que sa chambre surplombait une ville constituée de buildings hauts de plusieurs dizaines de mètres, lesquels éclairaient le reste de la ville de leurs lueurs.
Sam ne se rappelait pas être parti pour une ville comme celle-ci. A vrai dire, tout était encore confus dans sa tête, et il ne se rappelait pas de grand chose.
Il scruta la ville, espérant trouver des indices mais rien n'y fit. Il tenta de même avec sa chambre, mais elle était impersonnelle au possible, et rien ne laissait même paraître que quelqu'un y avait séjourné si ce n'était le lit défait.
D'ailleurs, où étaient ses affaires, ses armes et, éventuellement, son frère ?
La pièce ne comportait qu'un lit, il pouvait donc supposer qu'il était parti seul, mais sans armes ni vêtements ? Impossible. Ça ne lui était jamais arrivé et il commençait à sentir l'angoisse lui tordre le ventre.
Qu'est-ce qu'il avait encore foutu ?
Il se rassit sur son lit et se prit la tête dans les mains. Il fallait qu'il se calme avant tout. Il remplit donc ses poumons d'une grosse bouffée d'air avant de la laisser filer en un fin filet.
Il répéta l'exercice jusqu'à s'être calmé, puis il tenta de se remémorer comment il avait fini dans cet endroit.
Il se rappelait de l'assaut des démons et de son impuissance à sauver Gabriel. Ce qui avait suivi restait trouble, mais il se souvint que les assaillants avaient été repoussés sans qu'il n'en comprenne vraiment la raison.
Son esprit buttait sur les événements de la veille, Sam releva la tête en soupirant. Il se dressa tant bien que mal sur ses jambes, et se dirigea vers la porte dans l'espoir que quelqu'un de l'hôtel pourrait lui en apprendre davantage.
Il retira la clé qui ornait la serrure de la porte d'entrée, et lu le numéro.
- 69 ? S'étonna Sam.
Vu la hauteur de laquelle il semblait surplomber la ville, il était clair que l'hôtel devait comporter des centaines de chambres. Il trouva étrange d'obtenir ce nombre en particulier, mais ne s'y attarda pas.
Il descendit donc à l'accueil pour questionner la réceptionniste. Celle-ci ne semblait pas des plus aimables, mais Sam avait besoin de réponses. Aussi la questionna t-il malgré tout.
- Excusez-moi, est-ce que vous vous souvenez de moi ? Demanda Sam, un peu gêné.
La jeune femme le toisa d'un regard sévère.
- Je devrais ? Rétorqua t-elle sèchement.
- Je suis arrivé hier soir, mais c'était après une soirée arrosée alors je ne me rappelle plus vraiment comment je suis arrivé ici.
La réceptionniste fit une moue perplexe mais laissa le bénéfice du doute au Winchester.
- Quelle chambre ?
- 69.
Immédiatement, le regard de la femme s'illumina.
- Oh ! Mais alors vous êtes avec ce bel homme à moustache ! S'écria t-elle visiblement excitée.
- Pardon ? Quel homme ? Demanda Sam, perplexe.
- Il est venu hier soir pour réserver une chambre, et il a tenu à avoir la numéro 69. J'ai été un peu surprise au début, mais vu comme il était séduisant et...coquin ! Finalement ça lui allait comme un gant ! Gloussa t-elle.
Sam ne voulant plus voir ce spectacle la remercia et s'éclipsa pendant qu'elle gloussait encore.
Un homme à moustache ? Il ne connaissait personne qui ressemblait à cette description. Et pourquoi aurait-il tenu à avoir la chambre numéro 69 ?
Sam s'arrêta net de marcher quand son esprit s'activa. Un homme à moustache, la chambre 69, il avait déjà vu ça quelque part...
Le silence se fit dans sa tête lorsqu'il comprit.
- Gabriel. Murmura t-il.
Immédiatement, il fut pris d'une nouvelle énergie et se mit à courir vers sa chambre. Il défonça presque la porte et, à peine fermée, il se hasarda à appeler l'archange. D'abord du bout des lèvres, puis à tue-tête, sans succès.
Le silence de l'ange l'inquiéta. Il se rappelait à présent avoir vu Gabriel se dresser devant lui la veille. Il avait d'abord cru rêver, mais quelle autre explication y avait-il au fait qu'il soit en vie et sans aucune blessure dans un hôtel inconnu ?
Mais si Gabriel était réapparu, il était presque angoissant qu'il ne soit pas aux côtés de Sam pour jouer avec ses nerfs comme il aimait le faire. Après tout, il l'avait sauvé des chiens démoniaques, il l'avait même soigné alors pourquoi n'était-il plus là à son réveil ?
Sam ne pu s'empêcher d'être inquiet de ne pas savoir où était parti l'archange. Il continua de se torturer l'esprit jusqu'à ce que quelqu'un frappe violemment à la porte, le faisant sursauter.
Lorsqu'il ouvrit, il fut surpris de se trouver face à son frère, hystérique, accompagné de Castiel.
- Putain, Sam ! T'aurais pu répondre au téléphone ! Cracha Dean en entrant dans la chambre.
- Comment vous m'avez trouvé ? Demanda le cadet, pantois.
- Tu te moques de moi ? Tu m'as envoyé un sms après le nombre incalculable de fois où j'ai essayé de t'appeler !
Sam marqua un temps d'arrêt qui fit se retourner son frère.
- Je ne t'ai jamais envoyé de sms, Dean. L'informa t-il.
- Quoi ? T'as pris un sale coup sur la tête ou quoi ? Tiens, regarde ! Dit-il en sélectionnant le message sur son téléphone avant de le mettre sous le nez de Sam.
Celui-ci posa les yeux sur l'écran et saisit le poignet de Dean pour le lui faire baisser légèrement.
- Dean, je n'ai jamais envoyé ce message ! Je ne sais même pas où est mon téléphone ! Je me suis réveillé ici ce soir sans savoir par quel miracle.
Castiel posa une main sur l'épaule de Dean et prit part à la conversation.
- De quoi te souviens-tu ? Demanda t-il.
- J'ai été attaqué par des démons et des chiens des enfers. Ils ont réussi à rentrer et les chiens m'ont attaqué.
Dean haussa un sourcil et Castiel pencha la tête sur le côté pour examiner Sam, une interrogation clairement visible sur leur visages. Sam comprit la question silencieuse.
- Oui, j'étais, pour ainsi dire, en charpie.
- Soit tu te remets très rapidement de tes blessures soit... Commença Dean.
- Soit Gabriel m'a sauvé et soigné. Conclut le plus jeune.
- Quoi ? S'étouffa à moitié Dean.
- Mon frère s'est réveillé ?
Sam hocha la tête.
- Il semblerait. Je me suis évanoui avant de pouvoir le questionner, mais c'est bien lui qui se tenait derrière moi après que les ennemis aient été repoussés.
- Et, où est-il allé ? Demanda l'ange.
- Je ne sais pas. Lorsque je me suis réveillé j'étais seul dans la chambre.
- Tu es sûr que c'est lui qui t'a amené ici ? Tenta Dean, doutant un peu de la lucidité de son frère.
- Oui, vu la description que m'a faite la réceptionniste de celui qui a réservé cette chambre, il n'y a aucun doute possible.
Dean se retourna vers Castiel, espérant quelques éclairages.
- Sam, tu as dit que tu avais ce que ces démons cherchaient. De quoi s'agit-il ? Demanda l'ange.
- Ah oui ! Se souvint Sam, Je vais vous montrer.
Sam glissa la main dans la poche censée contenir l'objet pour le présenter à l'ange, quand il se rendit compte que la pierre était manquante.
- Je ne l'ai plus. Constata t-il.
- Gabriel a dû la récupérer. Conclut l'ange.
- Quoi ? Super, on ne sait pas ce que c'est, et l'autre taré a la possibilité de s'en servir comme bon lui semble ! S'inquiéta Dean
- Ne t'en fais pas, Gabriel est un gardien fiable il ne fera pas usage de ce qu'il protège.
- Je n'en suis pas aussi sûr que toi. Marmonna le Winchester, récoltant un léger sourire de la part de l'ange.
Dean avait toujours une dent contre l'archange, même après qu'il les ait sauvés de Lucifer. On ne passe pas facilement l'éponge sur plus d'une centaine de morts plus cruelles les unes que les autres.
Le reste de la soirée, Sam tenta de leur décrire la pierre étrange mais ses explications restaient trop vagues pour que Castiel puisse poser une hypothèse un tant soit peu étayée.
Aussi, l'ange décida de patrouiller dans la ville à la recherche du moindre événement inhabituel. Il s'éclipsa dans un battement d'ailes, et Dean s'écroula sur le seul lit de la chambre, visiblement trop épuisé pour s'en rendre compte.
Il s'endormit immédiatement et Sam resta debout au milieu de la pièce, les bras ballants. Il décida d'aller prendre l'air pour s'éclaircir les idées, après tout il n'était pas pressé de retourner se coucher.
Il fouilla dans le sac que Dean avait amené avec lui pour en sortir un couteau, et le cacha dans sa veste.
Puis, il sortit de la chambre et descendit au rez-de-chaussée.
A peine fut-il dans la rue qu'il se retrouva happé dans une foule en folie. Des gens déguisés criaient et la musique jouait à tous les coins de rue. Sans doute une fête locale.
Sam dû jouer des coudes pour se frayer un chemin, et il oublia rapidement l'idée de trouver un bar sans trop de monde.
Il devait trouver une occupation pour passer le temps en attendant que son frère se réveille, aussi suivit-il le mouvement de foule jusqu'à se retrouver non loin d'une rue barricadée.
Une parade s'y déroulait, et il dû s'avouer qu'il prit beaucoup de plaisir à voir défiler les chars colorés.
Lorsqu'elle se termina, un feu d'artifice fut tiré pour la grande joie de tous. Quelques débris tombaient sur la foule sans qu'elle n'en soit affolée, et Sam suivit des yeux la trajectoire de l'un d'eux.
Lorsque le reste de fusée arriva dans la foule, Sam cru y détecter quelque chose d'étrange. Il sentait un regard insistant posé sur lui et en chercha l'origine. Il ne se sentait pas menacé, mais étroitement surveillé et ça le mettait mal à l'aise.
Il força ses yeux à s'adapter aux éclairs de lumière du feu d'artifice, quand, enfin, il le vit.
Gabriel se tenait à plusieurs mètres de lui et le transperçait d'un regard dur et droit.
Les deux hommes se fixèrent un long moment, aucun d'eux n'osant bouger. Sam avait une envie monstrueuse de se rapprocher de lui, mais quelque chose le gênait. Gabriel ne semblait pas être comme à son habitude, il respirait l'autorité et la colère.
Aussi, le Winchester tenta de l'étudier du regard autant que la distance le lui permettait, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui n'allait pas.
Le feu d'artifices se termina et la foule commençait à se disperser, laisser un peu plus d'espace autour des deux hommes. Sam était en train de se décider à aller à la rencontre de l'archange quand quelqu'un passa devant lui, rompant le contact visuel qu'il entretenait avec Gabriel.
Lorsque le champ de vision fut à nouveau dégagé, l'ange avait disparu.
L'archange semblait étrange, peut-être en colère, et il avait disparu sans daigner s'adresser au chasseur.
Avant de pouvoir contrôler ses émotions, Sam paniqua et se lança désespérément en courant vers l'endroit où se trouvait préalablement Gabriel. La peur lui rongeait les os et brûlait sa peau, une peur viscérale de perdre à nouveau Gabriel. Pour toujours.
Il bouscula les passants sans prendre la peine de s'excuser, et les écarta sans ménagement. Ses gestes étaient malhabiles, précipités, et il avait toutes les peines du monde à les coordonner.
Mais une seule chose comptait : empêcher Gabriel de disparaître.
Sam regardait droit devant lui et ne vit pas le trottoir qui le fit trébucher.
Il allait tomber sur le bitume froid et sale, quand une poigne d'acier attrapa le dos de sa veste et de son t-shirt, l'étranglant, pour le jeter d'un coup sec en arrière, mettant Sam à terre.
Celui-ci se saisit la gorge pour calmer la quinte de toux qui le prit, et ce n'est qu'au bout de longues secondes qu'il pu porter son attention sur autre chose.
Il releva la tête pour comprendre ce qui lui était arrivé et vit la personne dont il cherchait à tout prix à s'approcher.
Ses yeux brillaient d'une lueur propre à Gabriel, mais sa posture était totalement différente.
Il se tenait droit, les poings serrés, les lèvres pincées et un regard plein de mépris fixé sur Sam. Sans qu'un mot ne soit échangé, le jeune homme savait qu'il avait beaucoup à craindre de l'archange. Tout chez lui respirait la puissance et la colère.
- Gabriel... ? Souffla Sam du bout des lèvres, ne reconnaissant plus grand chose de l'embrouilleur.
Celui-ci ne prit pas la peine de répondre à son nom, et, lorsque Sam tenta de se relever, d'un mouvement de l'index il fut écrasé au sol par une force invisible et incommensurable. Son souffle fut coupé, et il avait l'impression que ses poumons avaient explosé.
Les gens semblaient ne pas voir la scène, comme si Gabriel les avait isolés tous les deux de la réalité.
Sam lança un regard plein d'incompréhension à l'archange. La peur, la tristesse, un peu de colère et de joie, étaient autant d'émotions qui guidaient les pensées du chasseur. Mais la crainte de perdre l'être céleste les dominait toutes.
L'archange s'accroupit près de Sam et le saisit par le col de son blouson, l'étranglant par cette simple poigne.
- Pourquoi le cherches-tu ? Demanda t-il d'un ton qui exigeait une réponse rapide.
- Gabriel, tu me fais mal lâche moi ! Gémit Sam sans prendre en compte la question de l'ange.
- Ça fera mal tant que tu ne me répondras pas.
- Je ne sais même pas de quoi tu me parles ! Plaida Sam en essayant de se dégager.
L'archange fronça les sourcils et sa colère se fit encore plus visible. Il lâcha le col de la veste pour saisir Sam directement à la gorge avant de se relever pour que les pieds de sa victime ne touchent plus terre, lui coupant le souffle.
- Ne te moques pas de moi. Menaça t-il.
La respiration de Sam se fit rauque et sifflante. Il bougeait la tête de gauche à droite pour essayer de faire comprendre à Gabriel qu'il se trompait d'ennemi, mais la colère qui s'abattait sur lui ne semblait pas vouloir décroître.
- Je répète, articula l'ange, pourquoi me pourchasses-tu ? Qui t'envoie ?
Le jeune homme tenta vainement d'articuler quelques mots, mais l'oxygène commençait à lui manquer et la prise sur sa gorge l'empêchait de produire le moindre son.
Gabriel le relâcha sans un mot, laissa Sam s'écrouler misérablement au sol, puis il le saisit par une épaule pour l'emmener ailleurs.
D'un coup d'ailes, le Winchester se retrouva assis et sanglé sur une chaise au milieu d'une pièce sans fenêtres et sans autres meubles.
- Puisque tu ne veux pas parler, je suppose que je vais devoir employer la manière forte. Décida Gabriel d'une voix calme.
- Gabriel tu n'as rien à craindre de moi ! S'écria Sam, comprenant que l'archange délirait complètement.
- Non ? Demanda faussement l'archange.
Sam secoua la tête pour confirmer ses dires et Gabriel s'approcha en un clin d'œil de lui, les mains sur les poignets de sa proie, penché pour lui chuchoter à l'oreille.
- Bien sur que non. Je ne crains rien d'un misérable humain. Siffla t-il.
Les yeux du dit humain s'agrandirent de surprise. Jamais il n'avait entendu l'archange parler de la sorte. L'être céleste s'écarta légèrement du visage de Sam, lui laissant voir le sourire sadique qu'il arborait, finissant de l'inquiéter.
- Mais toi, tu as tellement à craindre de moi... Finit-il par ajouter.
Comme pour imager sa phrase, Gabriel raffermit sa prise sur un des poignets de Sam et le lui brisa. Le chasseur cria de douleur, mais surtout de surprise face à l'agressivité de l'archange. Il s'écarta du chasseur et lui tourna autour pour se retrouver derrière lui.
- Bien. Maintenant que tu as bien saisi notre différence de position, tu vas me répondre. Reprit Gabriel.
- Mais t'es complètement taré ! S'emporta Sam, désespéré de ne rien contrôler de la situation.
Immédiatement, l'archange le rappela à l'ordre en plaçant ses doigts un à un sur la gorge de l'humain.
- Fais attention à la façon dont tu t'adresses à moi. Si tu es encore en vie, c'est uniquement parce que tu détiens des informations dont j'ai besoin. Gronda t-il.
Les doigts qui frôlaient sa jugulaire étaient froids et ressemblaient à des griffes aussi impitoyables que la mort elle-même. Sam se rappelait pourtant de la chaleur que dégageait l'ange, de l'entrain dont il savait faire preuve, de sa malice. Il avait perçu Gabriel comme un être fondamentalement passionné, que ce soit pour les bonnes ou les mauvaises choses, laissant continuellement voir, à qui l'observe, une flamme dorée brûler au fond de ses yeux.
Mais, en l'instant, Sam ne trouvait plus rien de ce qui constituait l'archange. Ses yeux étaient froids et éteints autant que ses doigts étaient gelés, et Sam paniqua. L'être qui se trouvait devant lui était Gabriel sans l'être vraiment, menaçant de ne jamais redevenir comme avant.
Ou bien était-ce l'image qu'il en avait eu auparavant qui était une anomalie ? Le grand et puissant archange devait-il en réalité se présenter sous ce jour pour être lui-même ? Un être glacial qui sauve autant qu'il tue sans la moindre émotion, dans le seul but d'accomplir une tâche ?
Non, ça ne pouvait pas être ça, Sam refusait d'y croire. Gabriel s'était sacrifié pour les frères, laissant le sort du monde sur leurs épaules, et maintenant il voulait le tuer ? Ça n'avait aucun sens !
Mais peut-être que l'ange s'était rendu compte de son erreur de jugement et cherchait maintenant à se venger ?
Le cadet n'y comprenait plus rien, il ne savait pas s'il devait se réjouir ou se désespérer de voir l'archange vivant, et cette confusion le tiraillait au point de lui donner envie de hurler. Lentement, des larmes roulèrent sur les joues de Sam, s'échouant sur les doigts de son agresseur.
Gabriel le fixa, intérieurement troublé par ces larmes qu'il aurait dû attribuer à de la peur, mais dont il ne parvenait pas à détacher les yeux.
Profitant du silence de l'archange, Sam parla d'une voix faible.
- Gabriel, tu nous as sauvé autrefois, mon frère et moi. Tu croyais en nous...n'est-ce pas ? Demanda t-il, cherchant à se rassurer, à se raccrocher à ce qu'il croyait être vrai.
L'archange leva un sourcil en signe d'incompréhension, puis soupira fortement avant de lâcher le cou du chasseur.
- La douleur te fait délirer dirait-on. Dit-il d'une voix laissant transparaître son ennui.
Sam leva un visage surpris vers l'ange, qui se transforma en totale stupéfaction en entendant l'ange reprendre la parole.
- Et si on commençait pour se présenter convenablement ? Quel est ton nom ? Demanda t-il en faisant mine d'être courtois.
- Tu... Quoi ? Tu ne te rappelles plus de mon nom ? Bafouilla Sam.
Gabriel fit mine de réfléchir un instant.
- Hum... me « rappeler » n'est pas le bon terme, gamin. Je ne vois pas comment je pourrai connaître ton nom si tu ne me le dis pas. Répondit-il sur un ton moqueur.
- Tu ne te rappelles pas de moi ? Je suis Sam ! Sam Winchester ! On s'est déjà rencontré plusieurs fois ! Gémit désespérément Sam.
- Ah...Stop. J'en ai assez des jérémiades. Prévint-il en roulant des yeux.
Mais Sam ne s'arrêta pas, il comprenait enfin pourquoi l'archange le traitait comme un parfait étranger, c'était tout simplement parce qu'il en était un à ses yeux. Immédiatement, le chasseur reprit espoir et tenta de remémorer quelques souvenirs à l'ange en gesticulant comme un fou sur sa chaise. Il aurait voulu parler clairement et de façon cohérente, mais ce n'est qu'un bafouillage incompréhensible qui sortit de ses lèvres, terminant d'agacer son vis-à-vis.
Gabriel se déplaça si vite que Sam n'eut pas le temps de le voir arriver. En un instant, il avait saisit ses cheveux d'une main et lui asséna un coup de poing en plein visage. Le coup avait été violent et la bouche de Sam se remplit de sang.
- J'ai – horreur – qu'on me prenne pour un imbécile. Siffla t-il menaçant.
Sam geignit pitoyablement tant par la douleur que lui procurait son visage que par celle qu'abritait son cœur.
- Et tu sais ce que je déteste encore plus ? Murmura t-il à son oreille, laissant entendre à quel point sa patience avait atteint sa limite.
- Gabriel... Appela Sam d'une voix chevrotante.
- C'est qu'on me fasse perdre mon précieux temps.
A peine sa tirade terminée que Gabriel resserra encore son emprise dans la chevelure de Sam et le frappa cette fois-ci au ventre, libérant la colère jusque là dissimulée sous un semblant de self-control.
Sam cracha du sang et de la bile, mais Gabriel n'arrêta pas. Il semblait hors de lui, et les coups pleuvaient. Une véritable furie s'en prenait à lui, et il n'aurait pas eu le temps de répondre même s'il avait su quoi dire.
- Qui t'envoie ?! Réponds vite car je perds patience... Susurra Gabriel avant de claquer des doigts.
Immédiatement, Sam sentit les ongles de ses mains être arrachés lentement les uns après les autres, le faisant hurler de douleur, mais aussi de peine et de peur.
- Pourquoi veux-tu cet objet ?!
Sans attendre la réponse du chasseur, Gabriel claqua à nouveau des doigts, et une lame invisible vint lentement et profondément couper la peau de Sam de son épaule gauche à sa hanche droite.
Le chasseur comprenait qu'il ne pourrait rien faire de plus pour raisonner un être aussi puissant en pleine folie meurtrière.
Entre deux cris de douleur, il réussit à prononcer un seul mot.
- Cas...tiel...
Avant que Gabriel ne comprenne ce qui se passait, il fut repoussé loin de Sam. Il n'avait pas perdu l'équilibre, mais il savait que seul un de ses frères pouvait le faire reculer de la sorte.
Sam releva la tête et fut surpris d'avoir été exaucé. Faisant face à Gabriel, Castiel et Dean étaient venus pour le sauver.
Gabriel fronça les sourcils en voyant son frère.
- Castiel, que fais-tu ici ? Gronda t-il.
Son frère ne daigna pas répondre immédiatement, il profita de l'étonnement de son aîné pour détacher Sam et le soigner d'une geste.
- Et toi, Gabriel, que penses-tu être en train de faire ? Répondit-il finalement.
- Rien qui te concerne. Rétorqua t-il sèchement.
- Ça me concerne, que veux-tu à Sam Winchester ?
- Savoir ce qu'il sait sur l'objet que je protège et qui est malencontreusement tombé entre ses mains.
- L'espèce de pierre ? Tu as tabassé mon frère pour un fichu caillou transparent ! S'insurgea Dean.
A l'évocation de l'objet, Gabriel plissa les yeux pour fixer l'aîné Winchester, menaçant de s'en prendre à lui.
Castiel fit signe à son coéquipier de le laisser gérer la situation et de s'occuper plutôt de son frère qui semblait encore sous le choc.
- Alors vous l'avez vu. Je suppose donc que vous savez de quoi il s'agit. Son regard se fit plus sévère, perdant tout sourire et rendant soudain l'air lourd et électrique.
Dean avait l'impression que des centaines de petites aiguilles se plantaient dans sa peau pour envoyer une petite décharge. La menace était palpable, la seule lumière de l'ampoule commença à clignoter et Gabriel avançait lentement vers eux.
- Nous n'en connaissons pas la nature. Nous n'avons pas eu le temps de voir cet objet, Gabriel, seul Sam l'a vu. Intervint Castiel.
Gabriel lança un regard vers le susnommé.
- Dans ce cas, l'affaire sera vite réglée. Dit-il en avançant vers Sam, son épée céleste à la main.
Sam était terrifié, il ne trouvait plus rien de l'ange qu'il avait rencontré et apprécié. A présent celui-ci voulait sa mort à tout prix sans aucune possibilité de négociation. Il s'était attendu à la colère de Gabriel à propos de sa mort, mais pas à ça. Un regard froid était rivé sur lui, le regard d'un ange qui exécute une sentence sans le moindre doute.
- Frère ! Intervint Castiel.
En entendant son frère s'adresser à lui ainsi, Gabriel lui lança un regard méprisant.
- Ne fais pas ça, les Winchester ne sont pas mauvais ! Plaida le jeune ange.
- Je n'ai jamais rien dit de tel. Je suis un Gardien, frérot. Dit-il en insistant sur le dernier mot.
Castiel plissa les yeux, n'appréciant que peu le ton employé.
- Nous sommes tous gardiens de quelque chose, Gabriel. Tu ne peux pas tuer quiconque pose les yeux sur ce que tu protèges.
- Je serai d'accord avec toi si notre cher papa ne m'avait pas demandé de le faire.
Les yeux de Castiel s'écarquillent en entendant parler de son père.
- Ce que tu protèges a t-il une telle valeur ?
Gabriel eut un rictus faussement amusé et fit un grand pas vers Castiel en ouvrant les bras de façon théâtrale, se rapprochant de Sam par la même occasion.
- Hellôôô ! Claironna t-il.
Castiel se méfia des mouvements de son frère, sachant à quel point il était imprévisible.
- Aurais-tu oublié qui est ton cher grand-frère ? Je suis le facteur personnel de papa, une célébrité en quelque sorte ! Tu crois vraiment qu'il me donnerait des missions de bas étages ?
- Mais tu as quitté le paradis, tu ne le sers plus.
- Faux. Je ne sers plus ceux qui tentent de le remplacer. Papa est parti, mais ma mission remonte à bien avant sa disparition. Précisa t-il.
Castiel pencha la tête sur le côté, signe de son incompréhension.
- Mais, si tu respectes ses choix, pourquoi t'en prends-tu aux Winchester ?
- Je pensais avoir été clair.
- Ils ont une mission que notre père leur a confié. De leur victoire ou de leur échec dépendra le sort du monde ! Ne le disais-tu pas toi-même ? S'énerva Castiel.
- Quoi ? Répondit-il avec une moue amusée. Mais enfin de quoi parles-tu ? Je n'ai jamais entendu parler de ces types. Rigola t-il en désignant les Winchesters d'un vague geste de la tête.
Dean et Castiel restèrent estomaqués suite à cette déclaration. Sam semblait avoir repris ses esprits et prit la parole pour éclaircir un peu la situation.
- Il ne se rappelle pas de moi, je suppose qu'il en est de même pour toi, Dean. Expliqua t-il.
- Attends. Tu ne te rappelles pas de nous ? Parce que moi en tout cas je me rappelle très bien de toi ! S'indigna l'aîné.
- Oh, je suis touché. Se moqua l'archange.
Castiel s'avança vers son frère.
- Gabriel, tu as déjà rencontré ces hommes, plusieurs fois. Et tu t'es même sacrifié pour eux. Murmura t-il, comprenant la gravité de la situation.
Gabriel siffla.
- Alors ça, c'est du grand art ! Vous croyez vraiment que je vais gober une salade pareil ?
Se tournant vers Dean et pointant Castiel du doigt il ajouta.
- Les gars, je sais pas quel champignon vous lui avez fait manger, mais j'en veux !
Gabriel fit mine de rire, se tenant le ventre d'une main, puis reprit son sérieux.
- Ah...vraiment, j'ai entendu des choses dans ma vie, mais ça c'est quand même quelque chose.
- Ga– Commença Castiel.
- Ça suffit ! Ordonna t-il.
Gabriel était visiblement lassé de ce qu'il entendait. Sa mâchoire et ses poings étaient serrés, son regard meurtrier voguait d'un visage à l'autre, et la pièce semblait tout à coup beaucoup plus étriquée lorsque les trois compères songèrent à une retraite.
Tous se turent, figés. Aucune fuite n'était possible, Gabriel était bien trop rapide, bien trop puissant.
- Je ne suis pas venu ici pour écouter vos petites histoires. Aucune information concernant ce que je protège ne doit filtrer, et je tuerai quiconque sait la moindre petite chose. Y compris mon propre frère s'il le faut !
- Et moi je protégerai les Winchester, car c'est la mission que Père m'a confiée, Gabriel ! Osa répondre Castiel, défiant son frère.
Gabriel fusilla Castiel du regard, n'appréciant pas la position dans laquelle le mettait son petit frère. Il avait déserté, certes, mais il restait attaché à sa famille et ne tenait pas à tuer l'un des siens, surtout pas lui.
- Reste en dehors de ça, Castiel. Le prévint-il.
- Sam t'a trouvé en sang dans une ruelle sombre, il t'a veillé, il t'a protégé et il t'a soigné ! Poursuivit l'ange.
- Arrête avec ces inepties, ça ne m'amuse plus ! Somma l'aîné.
- Tu es resté inconscient pendant plus d'une semaine ! S'évertua à expliquer Castiel.
Plus vite que l'œil des chasseurs ne pu le voir, Gabriel se jeta sur son frère pour le plaquer contre un mur et plaça sa lame sous sa gorge.
- J'ai dit – assez ! Siffla t-il entre ses dents.
Les deux anges restèrent immobiles, se défiant du regard. Castiel ne baissait pas les yeux alors que sa nature-même lui intimait de s'incliner face à un archange. Sur le visage de Gabriel se lisait très clairement ses pensées : « Comment oses-tu ! ».
- Cas...! Murmura Dean en faisant mine de venir l'aider.
Gardant sa lame sur le gorge de son frère, Gabriel fit signe de son autre main à Dean de renoncer à l'idée.
- Vous allez me faire le plaisir de rester sagement à vos places et de la fermer ! Hurla t-il, faisant trembler les murs.
Puis, il lança un regard à Sam et leva sa main, prêt à claquer des doigts.
- J'ai une mission que papa m'a confiée, une seule. Et je vais la mener à bien ! Affirma t-il sur un ton intimidant.
La fin, c'était la fin. Sam était certain que Gabriel allait le tuer ici et maintenant. Alors, quitte mourir, il tenta une dernière fois de dire la vérité.
- Gabriel, je n'ai jamais voulu t'entraver ou te nuire, j'ai voulu t'aider. Murmura Sam
L'archange pencha la tête sur le côté, baissant la main menaçante.
- M'aider ? M'aider ! Je n'ai pas besoin de l'aide de cloportes tels que vous ! Cracha t-il.
Il savait qu'il serait complètement fou de confronter l'ange, mais sa mémoire lui rappela en un instant dans quel état été revenu Gabriel et combien il avait eu peur pour lui. Et il osait dire que ce n'était rien ? Que Sam aurait dû le laisser tel quel ? Sam sortit de ses gonds malgré lui.
- « Pas besoin d'aide » ? Tu étais en sang, avec une grâce diminuée mais tu n'avais « pas besoin d'aide » ?! S'indigna Sam, l'adrénaline lui montant à la tête et l'aveuglant, lui faisant totalement oublier la situation dans laquelle il se trouvait.
L'archange eu un rictus de mépris face au haussement de ton du chasseur.
- La seule façon dont tu peux m'aider est en la fermant et en mourant. Conclut-il.
Voyant que Gabriel ne voulait rien entendre, et allait de toute façon le tuer, Sam décida de tenter le tout pour le tout.
- Attends !
Gabriel haussa les sourcils, se demandant ce que Sam allait encore inventer.
- Avant que tu ne me tues, j'ai une question. Je t'en prie, réponds-y...
- Sammy ! S'indigna son frère en l'entendant se résigner face à son sort.
L'archange ne répondit rien mais, pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, il baissa la main menaçante en signe d'approbation.
- Pourquoi m'as-tu sauvé des chiens démoniaques ? Pourquoi m'as-tu soigné ? Je veux dire, tu aurais pu prendre la pierre et me tuer.
- Hors de question, je voulais d'abord te questionner. C'est tout ? Répondit-il sèchement.
Sam soupira, Gabriel était entêté et, s'il ne se rappelait plus de lui, il n'avait aucune raison de se compliquer la vie en l'épargnant. Il joua son dernier atout, ignorant ce qui en ressortirait.
- Gabriel, tu vois bien que Castiel est de notre côté. Un ange ne nous aiderait pas si nous voulions mettre à mal les projets de ton père, tu ne penses pas ?
Immédiatement, l'archange se braqua et fronça les sourcils.
- Parce qu'en plus tu me fais la leçon, gamin ?
- Non ! Se dépêcha de préciser Sam, un peu trop rapidement. Non, reprit-il, mais s'il te dit que tu as perdu la mémoire, tu peux le croire un peu, non... ?
Perplexe, Gabriel jeta un œil à son frère. Il n'avait pas vu la situation sous cet angle.
Castiel n'était pas n'importe qui à ses yeux, il l'avait presque élevé. Il était l'un des anges qu'il considérait le plus comme un « frère », au sens humain du terme, en dehors de ses frères archanges bien entendu.
Il était vif d'esprit, courageux et téméraire. Gabriel avait toujours apprécié ces qualités et avait gardé un œil attentif sur lui, curieux de le voir évoluer au milieu du troupeau de moutons que représentaient ses autres frères. Il avait vu un réel potentiel en lui et savait qu'il pourrait compter sur lui lorsque le moment serait venu.
Il fixa les prunelles bleues, les sondant à la recherche du moindre doute qu'aurait pu avoir son petit frère, mais n'y trouva qu'une confiance aveugle envers les Winchester.
Lorsqu'il reposa son regard sur Sam, il cru voir de la sincérité dans les yeux rougis par les larmes.
- Mon frère. Tu es un peu désorienté, il est normal que tu te méfies d'eux. Mais tu peux croire en moi. Affirma l'ange en posant une main sur l'épaule de son frère dans l'espoir de l'apaiser.
Gabriel étudia encore un long moment le visage de son cadet et se décida à fouiller sa grâce pour s'assurer de ses intentions. Sans aucune délicatesse, il y força la sienne pour la sonder, le blessant au plus profond de lui-même. Gabriel le punissait de l'affront qu'il avait osé lui faire en ne le ménageant nullement. C'était une des pires intrusions pour un ange, mais Castiel se laissa faire sans rien dire, esquissant à peine un rictus de gêne du coin des lèvres.
Lorsqu'il se retira, Gabriel ôta le bras qu'il tenait appuyé sur la gorge de son otage et ne dit plus un mot, lui même surpris de sa propre réaction.
Comprenant que son frère s'était calmé, Castiel reprit la parole.
- Nous t'avons trouvé dans une ruelle, grièvement blessé. Ce sont des démons qui te pourchassent, mais j'ai peur que la Paradis ait aussi une part de responsabilité dans ce qui t'arrive. L'informa t-il.
Gabriel toisa son jeune frère du regard, réfléchit quelques instants, puis reprit la parole.
- Je vais avoir besoin de bras sur ce coup-là, pas vrai ?
Castiel hocha la tête, l'air sombre.
- Dans ce cas, disons que je lui accorde un sursis. Annonça t-il en désignant Sam d'un doigt. Je viens avec vous. Je trouverai peut-être des informations intéressantes en vous suivant... Ajouta t-il.
Dean allait protester mais Gabriel l'en dissuada rapidement en faisant de nouveau crépiter l'air autour d'eux.
- Mais s'il s'avérait que vous avez dupé Castiel, et moi avec, je vous jure que vous connaîtrez les pires souffrances possibles en ce bas monde... Tonna t-il, laissant les frères pantelants.
Ils ne purent faire autre chose que de hocher la tête en signe d'accord.
L'atmosphère se déchargea alors petit à petit de toute énergie négative et Gabriel reprit un ton enjoué, faisant comme si rien ne s'était passé. Il sortit une sucette de sa poche pour la déballer avant de la mettre dans sa bouche, un sourire aux lèvres. D'un claquement de doigts, ils étaient tous de retour à l'hôtel qu'occupaient les frères.
Comme libéré d'une trop grande pression accumulée, Sam s'écroula immédiatement au sol comme une poupée de chiffon. Les yeux dans le vide, il regardait sans voir, et ce n'est que lorsqu'une main entra dans son champ de vision que son regard se focalisa sur l'objet qu'on lui tendait : une sucette au citron.
OoO
Et voilà ! Je n'ai pas épargné Sammy et j'espère vous surprendre un peu avec ces « retrouvailles » un peu musclées.
Oui, je sais, je suis un peu sadique ! :D
J'aurai sûrement développé un peu plus les pensées de chacun si j'avais eu un peu de temps, mais vu que je ne peux pas écrire en semaine, ça aurait reporté la publication au week-end prochain donc... ;)
Je reprends l'écriture alors je suis un peu engourdie, mais comme d'hab n'hésitez pas à me laisser un petit mot pour me dire ce que vous en pensez, en mal ou en bien :)
Bises, prenez soin de vous !
