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Chapitre X : « Libre »

Il se gara sur le bas-côté de la route et resta, assis là, plusieurs minutes à fixer l'horizon…Les mots de Marie s'entrechoquant dans un écho sans fin.

Un poids sur ses épaules glissa lentement mais irrémédiablement…

« Sammy » Il posa son front sur ses mains qui serraient le volant et se mit à pleurer…

Pleurer comme il ne l'avait plus fait depuis ce jour fatidique où l'hôpital St James l'appela pour annoncer que son frère avait mis fin à ses jours…

Les veines ouvertes à hauteur du cou…Sam s'était égorgé d'un seul geste, net et précis…

Son sang se mélangeant à celui de la douche dans lequel l'infirmier le retrouva assis sous le jet tiède…

On ne sut jamais où il trouva cette lame, qu'importe, il était trop tard…

Dean avait pris sa voiture et avait avalé les kilomètres qui le séparait de son frère, enfermé dans le vide qu'était devenue sa tête…Il ne voyait pas la route, il conduisait à l'instinct…A l'aveugle…Suicidaire à son tour…

Il aurait aimé, avec le recul, qu'un camion le percute…Que la voiture dérape…Qu'il perde le contrôle enfin…Mourir…Etre libre…Etre avec lui.

Il se parqua et pendant un long moment, hésita devant les grilles…

Le garde vint vers lui, il le reconnut…

Au teint pâle de Dean, à son regard fuyant, égaré…Il sut…A presque minuit, seule la mort déplaçait les vivants.

Le surveillant sourit en lui ouvrant la porte, avec cet air désolé qui donna envie à Dean de lui effacer sa pitié d'un revers de la main.

Il ressentait la rage et la colère, plus que le chagrin…Il restait persuadé que cet hôpital ne fut rien d'autre qu'un mouroir pour son frère…Persuadé qu'il aurait été mieux soigné ailleurs, qu'il aurait pu être sauvé…Parce que c'était Sam, parce que c'était son frère…Parce qu'il ne pouvait pas l'avoir laisser seul sans aucune explication, sans lui donner une raison à sa folie…

Parce qu'il ne pouvait pas avoir choisi elle plutôt que lui…

Le docteur Verlinghen s'approcha, le visage fermé…

« Monsieur Winchester »

« Où est-il ? » répliqua-t-il froidement

« On l'a emmené à l'infirmerie dès que la police et le médecin légiste ont constaté le décès…On attend le coroner… »

Dean se crispa…Décès…Coroner …

« Je veux le voir… »

« Monsieur Winchester…Vous devriez attendre que les pompes funèbres »

« Maintenant » l'interrompit Dean

« Bien mais je vous préviens…. »

Dean leva la main pour le faire taire…Ne pas l'entendre…

« S'il vous plait »

« Comme vous voulez »

Pendant tout le chemin qui le mena à l'infirmerie, Dean ne cessa de se rappeler ses visites, 2 fois par semaine…

Le regard vide de Sam, assommé par les médicaments, assommé par sa folie…

Au début, Dean venait tous les jours mais il n'y avait aucun progrès et le voir ainsi, l'éteignait à son tour, il devait se montrer fort pour 2 et ce n'était pas en arrivant la mine défaite que cela les aiderait.

Il finit par espacer ses visites, devant travailler pour payer les notes d'hôpitaux et puis si c'était pour voir le fantôme de Sam, il préférait fuir ce lieu maudit.

Ce même rituel, Sam, les yeux fixés dans le vide, un léger rictus sur les lèvres…Est-ce qu'il percevait seulement la présence de Dean ? Est- ce qu'il entendait seulement sa voix ?…Les médecins le persuadèrent que oui, Dean en douta toujours.

Mais il devait être encore quelque part, dans ce corps…C'était Sam qui tenta de se pendre par 2 fois, Sam qui tenta de se poignarder, Sam qui voulait mourir…

Pas cet être inerte et sans vie qui se tenait assis là devant lui, tous les lundis et jeudis…

Dean se mit à lui en vouloir de ne pas essayer de s'en sortir…Il se mit à lui en vouloir de se laisser dériver…

Dean finit par se détester à vouloir que tout cela finisse…Comment pouvait-il espérer le pire ou le meilleur et ne pas juste se contenter d'être son frère comme il l'avait toujours été ?

Ils s'arrêtèrent devant la porte teintée de l'infirmerie…Verlinghen chercha la bonne clef dans son trousseau, à cette heure-ci, personne ne se trouvait à l'étage…

Il ouvrit la lumière et Dean l'aperçut, ce long corps étendu sur la table d'auscultation…Trop grand, ses pieds dépassaient du drap blanc…

Dean se frotta le visage des 2 mains et resta à distance.

« Je vous laisse, je vous attends dans le couloir…Si vous avez besoin de quoi que ce soit, appelez-moi »

Dean ne répondit pas, il s'avança vers la table…Verlinghen sortit en refermant la porte…

Il fallait qu'il lève le voile, qu'il sache, qu'il soit sûr…Mais il savait déjà….Le bout des doigts de sa main droite émergeait du drap. Dean les toucha du bout des siens…Doigts contre doigts…

Il les serra d'un coup dans sa main, juste les premières phalanges…Se rappelant ceux qu'ils serraient sur le chemin de l'école, ceux qu'ils tenaient quand ils faisaient face tous les 2 à la colère de leur père…

Il leva la main inerte, l'avant-bras se dévoila…Il l'emprisonna entre ses 2 mains…Il était si froid ce corps endormi…

Il finit par relâcher une de ses mains et par trouver le courage de baisser le drap qui lui recouvrait le visage….

Ses cheveux bruns, son large front, ses yeux clos, ses lèvres presque blanches…Lui…

Il rejeta sa tête vers l'arrière, fixant le plafond…Sammy, son Sammy…Il se mit à pleurer sans le regarder…

Puis après quelques secondes, il posa les yeux sur ce visage qui lui semblait soudain si apaisé…Il repoussa la mèche qui lui tombait sur le front et laissa sa main sur sa joue devenue froide à présent….La mort…

« Salaud » murmura-t-il entre ses larmes

« Espèce de salaud, tu l'as fait…Tu as lâché prise…Tu m'as abandonné…Qu'est-ce que je vais devenir sans toi ?...Pourquoi Sammy ? Pourquoi tu m'as jamais rien dit ? Pourquoi partir sans moi ? »

Il se pencha et le releva avec difficulté, en position presque assise puis le serra tout contre lui en le berçant…L'infirmier avait bandé son cou pour en cacher la plaie, cicatrice sur une fin choisie et espérée depuis si longtemps.

Il y a des êtres qui ont la force de se battre pour survivre.

Il y a des êtres qui ont la force de vouloir mourir.

Sam sentit la colère en lui…Le jour où il porta la main sur sa petite amie, il sut…

Il sut qu'il serait le miroir de son père….Il sut qu'il n'aurait pas la force de Dean…

Il ne lui dit pas la raison de sa rupture avec Jessica et Dean ne chercha pas à le savoir…Il voulait juste le bonheur de son frère…Il ne vivait qu'à travers lui.

Sam aurait voulu lui dire qu'un monstre en lui s'éveillait mais il savait que jamais Dean ne comprendrait…

Comment peut-on vivre la violence et la douleur et la répercuter à son tour?

C'était cela le fil du rasoir sur lequel marchait Sam…Celui sur lequel il glissa et qui le mena à sa perte…

Il aurait voulu tout dire à Dean mais son frère n'aurait rien voulu entendre…Il n'aurait jamais pu admettre que son cadet pouvait être une réplique du monstre qui avait détruit leur vie…

Il eut alors cette force puisée au plus profond de lui, au plus profond du regard de son ainé…Cette force d'arrêter tout avant qu'il ne soit trop tard…

Libérer son frère et par-dessus tout, se libérer lui-même…

Il avait trouvé la paix et quelque chose en lui, quand la vie s'effaça lentement de son corps, lui disait que son frère trouverait la force d'avancer, trouverait quelqu'un pour l'y aider…

Il ne mourait pas pour rien…Il mourait pour eux…

Dean sortit le visage blême et le regard rougi mais vide…

3 jours plus tard, il posa l'urne contenant les cendres de son frère dans le columbarium du cimetière de la ville et ne revint plus jamais.

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Il sortit de la voiture et se dirigea vers l'arrière…Il ouvrit le coffre et fixa le petit coffret de fer blanc calé près de la roue de secours…

Il le prit en respirant un grand coup…

Il le posa sur le capot et en tourna la clef…

Une clef sur son passé, leur passé…

Une photo, une de seule de lui et son frère ensemble…Un portrait d'école…

Sam devait avoir 7 ans et lui 9…Déjà son regard était éteint…

Il fouilla dans les quelques babioles sans importance aux yeux de tous mais plus précieux que tout l'or du monde pour lui…

Le petit Dark Vador en plastique…Quelques billes, cadeau de Mr Gardini…

Une pièce d'un dollar…

Un jeu de carte usée…

Son diplôme…

Un livre…Madame Nora lui en avait laissé choisir un dans la bibliothèque…De son choix…

Il avait pris sans hésiter

« Le prince heureux » d'Oscar Wilde…

Dean le lui avait lu, ce conte pour enfant…Triste et mélancolique…A l'image de Sam.

Il referma violemment le coffret…C'était tout ce qui lui restait de son frère, ça et une photo prise lors de ses 16 ans que Dean gardait précieusement collée au dos de son rétroviseur intérieur…

Sam souriait sur celle-ci et quand il y réfléchissait bien, il ne l'avait pas vu souvent le faire…Plus il grandissait moins il souriait…Dean se délivrait peu à peu de l'emprise de son père quand Sam lui s'y sentait de plus en plus attiré…Prisonnier.

Fallait-il qu'il se déteste pour ainsi laisser gagner le monstre sur sa grâce ?

Si Sam n'avait pas sombré plus tôt, ce fut juste pour le vert de ses yeux qui le portait au-delà de lui…Une ancre à laquelle soudain Sam cessa de se raccrocher parce qu'il n'en avait plus le courage ni l'envie…

Il se laissa glissé, lâcha la main tendue et s'enfonça dans les abysses, sourire aux lèvres…

Libre enfin.

Il avait fallu St Gerry Hall et le regard d'un seul homme pour que le mur que Dean s'était construit depuis tant d'année, s'effrite et ne finisse par s'effondrer sur lui-même…

Il n'y était pour rien…Sam avait son choix depuis longtemps déjà…Les seuls vrais coupable de tout ce gâchis était et resterait à jamais, ses parents….

Mais aussi l'indifférence qui fermait les yeux. Les fenêtres closes sur les cris…La pitié dans les regards mais aucune dans les gestes…

Ce sentiment d'abandon quand on se retrouve seul face à l'enfer et qu'on a que la main d'un frère pour tenir, se retenir…

Quand il rentra à St Gerry, il faisait nuit…

Il referma la porte de sa chambre, le cœur vide, l'esprit lourd…L'envie de rien…Il n'avait plus de larmes, plus de force….

Cette révélation, cette évidence l'avait minée…Il se sentit à ce moment-là, totalement seul…Même à l'image de son frère, il ne pouvait plus se raccrocher…

Marie avait raison, il aimait la vie mais il lui semblait que celle-ci ne le lui rendait pas…

Ce soir-là, il resta longtemps sous la douche…Effacé l'image de Sam, mort, assis la gorge tranchée…

Retrouvé celle du Sam assis à ses côtés sur leur lit à l'écouter chanter ou narrer les aventures de pirates égarés….L'image de l'innocence brûlée…De destins brisés…

Il en sortit et se regarda nu devant le grand miroir qui prenait toute la hauteur de la porte de la salle de bain commune…D'un revers de la main, il en frotta la buée…

Il posa les doigts sur ses cicatrices…Fines ou plus profondes….

Celle sous sa clavicule droite…Taillée dans la chair…Son père l'avait poussé contre la vitrine du vaisselier et en le ramenant vers lui, le tenant par son col d'une main, le poing dressé de l'autre, un morceau de carreau le coupa sur plusieurs centimètres.

Une cicatrice sous le nombril…La canne qui s'était brisée en 2 et dont une partie se figea en lui sous la violence du coup.

Chacune de ses cicatrices lui rappela ce passé qu'il ne pourrait, ne voulait pas oublier…Elles étaient une part de lui, de ce qu'il était devenu et deviendrait...

Elles étaient lui, Dean…

Il se tourna sur le côté…Des traces de ceinture à jamais gravées dans son dos…Chaque coup, un pas en avant.

Il posa les 2 mains sur le miroir et se regarda droit dans les yeux ….Et le bleu de ce désespoir sans fin, se mêla alors au vert des siens…

Derrière son silence, il criait…Il l'appelait à l'aide…Dans cet échange de regard, tout était dit…

Il se laissa glisser le long de la porte et sombra dans un demi-sommeil…

Il sursauta quand une voix l'interpella

« Dean…T'es là ?...C'est Melvin » tout en frappant à l'entrée…

Il voulait récupérer son ordinateur….Alors que Dean venait de récupérer sa vie…

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Il l'avait entendu tomber sur le sol pendant qu'elle hurlait et le battait…

Elle était montée dans le grenier furieuse, son visage marqué par la colère…Il ne sut pas le pourquoi mais il se dit qu'il devait en être la raison…

Qu'avait-il bien pu faire ? Lui qui ne l'avait plus vu depuis la veille quand elle s'était glissée contre lui…

Il ne sut jamais que la raison de ses coups était le dégout…Elle se maudissait d'avoir céder à ce corps, cette tentation du diable…Pour elle, il restait et resterait à jamais une âme du seigneur à sauver et ce par tous les moyens…Elle avait encore une fois, failli…

Elle lui disait toujours qu'il avait les yeux de Dieu mais que la malin avait pris possession de sa chair…Et qu'elle devait l'en chasser.

Sa folie n'avait pas de limite et s'il n'avait eu un tel regard et un tel océan dans celui-ci, nul doute qu'elle aura fini par le tuer…

Il fut souvent proche de la porte des enfers…Il fermait les yeux et croyait entendre aboyer le cerbère qui en gardait l'entrée…

Elle lui avait croire que les cris sourds qu'il entendait au loin, c'était le diable qui l'appelait…Le chien du voisin devint le pire de ses cauchemars…

Quand elle se retira, épuisée par les coups donnés, il osa alors tendre le bras…Un petit missel pas plus grand que le creux de sa main.

Elle revint le soir, le visage fermé…Elle fouilla le sol du regard en tenant son cou dénudé, elle tenta de percer le sien mais il resta figé dans l'espace…Il avait appris à faire passer ses émotions au travers de son seul regard…Il ne parlait plus, n'exprimait aucun son si ce n'était celui de la douleur ou de la jouissance volée…

Au début, elle rageait de ne plus entendre sa voix…Quelques fois dans son sommeil, elle pouvait l'entendre grommeler quelques mots mais même ceux-ci finirent par disparaitre…

Il ne parlait plus que dans sa tête…Il ne vivait plus que dans celle-ci…

Le monde extérieur devint pour lui, le néant…

Debout depuis la haute tour d'ivoire qu'était devenue son âme, il se regardait comme on regardait un inconnu…Séparant le corps de la conscience…

Elle finit par se lever et partit…Il leva son oreiller et toucha du bout des doigts la couverture en cuir usé…La trappe se rouvrit brusquement…

« Je le savais »

Elle fonça droit sur lui, il se recroquevilla contre le mur, cachant son visage entre ses bras…

Elle attrapa le missel qu'elle porta tout contre son cœur…

« Je t'interdis de poser la main sur ce livre, tu m'as bien compris…Souillure… »

Elle ne le frappa pas…Elle quitta le grenier sans un mot…Il resta dans la même position de longues minutes, jetant un œil en coin sur son oreiller retourné…

Puis elle revint et quand il leva le regard sur elle, il sut…Elle faisait rebondir sur la paume de sa main, la verge en saule qu'elle affectionnait tant…

La punition de Dieu...Le châtiment divin…Les mots de l'Ancien testament susurrés entre ses dents.

Ce fut la pire de toutes ses colères…Elle le frappa si violemment et si longtemps que la verge se brisa sous les coups et lui arracha tout le bas du dos…Même inconscient, elle continua de le frapper…Le sang éclaboussant sa robe et son visage…

Avant de s'évanouir, il l'entendit demander pardon à Dieu, l'entendait psalmodier des semblants d'exorcisme….

Il se réveilla qu'au petit matin, incapable de boucher…Le gout du sang dans la bouche…Il leva les yeux sur l'étagère de son mur…Les livres…Sa liberté…Sa prison…

Elle revint vers le temps de midi, le soigna sans un mot, sans porter aucune attention à ses gémissements…

Cette nuit de torture ferma à jamais la porte de son grenier…

Il devint inerte, sans vie…Elle le retrouvait figer dans son silence et son regard vide qui passait à travers elle…

Il restait ses journées entières dans la même position, accroupi au sol, recroquevillé sur son lit ou adossé au mur du fond à fixer le Velux…La position du matin était celle du soir…Il ne bougeait que pour aller aux toilettes, manger parce qu'elle l'y forçait….Il ne se lavait plus que quand elle lui ordonnait de le faire sous la menace…

Elle avait ce qu'elle avait toujours voulu, une marionnette dont elle pouvait tirer les ficelles à sa guise…Elle avait mis 30 ans pour y arriver…30 ans pour totalement le briser.

Le missel fut la fin de sa résistance et le début de sa liberté…Mais aussi le début de ses barreaux à elle car plus jamais, elle n'eut droit à un seul regard de sa part, ses yeux bleus évitant les siens comme des aimants opposés qui se repoussent au lieu de s'attirer….

Elle resta de moins en moins longtemps…Et quand elle prenait plus de temps, elle était souvent accompagnée...

Elle finit par ne plus lui parler et ne le nourrissait plus que parce qu'il fallait qu'il survive, parce que Dieu le voulait…

Son jouet avait perdu tout intérêt…Sa vie aussi…

Elle qui allait à l'église tous les jours, ne le fit plus que le dimanche…Elle se murait petit à petit dans sa solitude…Ne s'occupait plus de son intérieur, ne s'occupait plus d'elle…

Elle ne sortit plus, excepté pour faire ses courses, une fois par semaine…Les gens l'évitaient car depuis quelques mois, sa folie enfouie s'inscrivait sur son visage…

Elle faisait peur avec ses yeux qui roulaient dans ses orbites mus par son délire mystique…

Sa mort ne fit pleurer personne mais l'enfant du grenier, lui, fit baisser le regard de plus d'un…

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Il regardait le livre dans le reflet de la fenêtre depuis des heures…La porte s'ouvrit, Missouri apparut avec le plateau repas du soir…

Elle vit le livre en le posant…Elle sentit Castiel se crisper quand elle s'en saisit…

Elle sourit et le reposa

« Tu viens manger, Castiel ? »

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Il évita de se rendre au réfectoire trop tôt ce vendredi matin, il voulait éviter Marie…Non pas qu'il lui en voulait, que du contraire, mais il voulait éviter de parler de Sam, de lui…De Castiel surtout.

Il en avait rêvé cette nuit…Il le voyait accroupi et puis soudain le sol qui cédait et sa main qui le retint, pendu dans le vide, Il crut voir un sourire sur ses lèvres et la main le lâcher…Sur le visage de Castiel, celui de Sam.

Il se réveilla en sursaut…

Il était plongé dans son cauchemar de la nuit quand il sentit sa présence…

« Bonjour, Missouri »

« Bonjour, Dean….Je peux ? » en indiquant la place face à lui.

Devant l'absence de réaction de ce dernier, elle en conclut que ce fut un oui

« Comment ça va, il y a longtemps qu'on ne s'est plus parlé ? »

« Probablement parce que je n'ai rien à dire » en prenant son café

« De charmante humeur à ce que je vois » en riant…

« Pardon… » murmura-t-il

Elle beurra sa tartine tout en lui lançant des œillades

« Quoi ? » finit par s'énerver Dean

« C'est toi, le livre ?»

Il se renfrogna

« Pourquoi des oiseaux ? »

« Pourquoi pas…. » répliqua-t-il aussi sec

« De plus en plus charmant… » Elle ne riait plus…

Elle trempa sa tartine dans son chocolat chaud et ne dit plus rien…

« Et ? » finit-il par laisser tomber

« Et quoi ? »

« Missouri » souffla Dean exaspéré

« Et bien, rien… »

Elle vit la déception s'inscrire sur son visage

« J'aurais dû m'en douter… »

« Te douter de quoi, Dean ? »

« Rien…De toutes manières, cela n'aura bientôt plus d'importance »

Il termina son café

« Lundi, je retourne à l'aile Ouest et dans 6 mois, je me casse d'ici... »

Melvin passa et le salua…Dean lui fit un geste de la main…

«Tes paroles manquent de conviction, mon garçon » en lui souriant tendrement

Il repoussa son assiette

« J'ai rien à lui apporté moi, à ce mec…Il est loin ravagé et je le suis presque autant que lui…Ca ne mènerait à rien tout ça et puis Marie… »

Il soupira et s'apprêtait à se lever

« Quoi, Marie ? » Missouri fronça des sourcils

« Je lui ai demandé pour rester dans l'aile Est le temps de mon stage, elle a refusé » en repoussant sa chaise

« Elle a peur de ce qui se pourrait se passer dans 6 mois quand je partirais» Il se leva

Missouri le regardait sans dire un mot

« Elle a raison…Je ne sais déjà pas de quoi ma vie sera faite demain alors dans 6 mois…»

Il prit son plateau

« Et puis je n'ai pas envie de ça pour le moment…Ni pour lui et encore moins pour moi »

« Pas envie de quoi, Dean ? De t'attacher ?...Tu finiras par le faire, si pas avec lui avec quelqu'un d'autre…L'homme n'est pas fait pour marcher seul… »

« J'y ai bien réussi moi ? »

« Y a pas à dire, cela t'a réussi !»

« J'ai pas à me plaindre »

« Non, les autres le font pour toi »

Il se vexa et s'éloigna

« Salut »

Missouri le suivit du regard puis leva les yeux sur l'horloge murale…7h35.

Elle se leva en laissant son plateau sur la table.

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Dean appréhendait ce face à face avec Castiel…Il n'arrêtait pas de penser que demain, tout cela serait fini et il savait déjà que ça lui manquerait…

Que ses fichus yeux bleus qui le hantaient, lui manqueraient…

Il parcourut les chambres comme un automate…Il en oublia de saluer les quelques occupants qu'il y croisa…

Il n'avait même pas envie de chanter…Pas envie de parler.

Il nettoya la salle commune en sentant sur ses épaules, Garth qui le fixait…

Quand il voulut sortir, ce dernier l'aborda.

« Salut »

« Salut»

« Armand t'a passé le planning ? »

« Oui, merci… » en tentant de reprendre son chemin mais Garth fit en sorte de l'empêcher de passer

« Tu fous quoi là ? J'ai pas le temps, j'ai du boulot »

« Je me suis occupé des petits déj ce matin »

« Génial…Tant mieux pour toi »

Il tenta de forcer le passage, il savait où voulait en venir l'infirmier.

« Il le fixe mais on dirait qu'il ose pas y toucher »

« Garth » soupira Dean

Celui-ci se mit sur le côté

« Merci » grinça-t-il en ouvrant la porte

« Je pense que le geste doit venir de toi »

Dean ne répondit pas et referma la porte derrière lui…

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Il hésita un long moment devant la chambre 14…Il finit par jeter un coup d'œil par le hublot…

« Une vraie statue » en tapant le code.

Il sentit l'angoisse le saisir en entrant

« Salut, Cass » d'un ton qu'il essaya de rendre le plus neutre possible.

Il le vit réagir mais fuit, encore une fois…

Il se dirigea droit vers la salle de bain, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil sur la table et d'y voir le livre, abandonné.

Il le sentit à nouveau, ce regard…Accroupi sur le sol, à nettoyer le bas de la douche, il finit par céder à cet appel muet…

Il se tourna et releva les yeux.

Il croisa les siens posés sur lui…Un regard curieux, comme si il regardait juste Dean, travailler…Comme si tout cela était une nouvelle découverte pour lui.

Il n'y avait plus là, ni détresse, ni désespoir, ni peur…Juste un partage…Dean ne put s'empêcher de lui sourire

« Ca m'a l'air d'aller mieux aujourd'hui ? » en se relevant

Castiel fit un pas en arrière mais ne baissa pas le regard.

« Tu n'aimes pas mon cadeau ? » en regardant vers la table…

Il vit Castiel se tendre mais ce dernier ne le quitta pas des yeux pour autant.

Dean poussa son charriot vers la chambre…Castiel recula jusqu'à la fenêtre mais toujours lui faisant face…Observant, scrutant ses moindres gestes, Dean se sentit un peu mal à l'aise…Il préférait encore le Castiel fuyant plutôt que celui qui se tenait devant lui…

Il passa la serpillière et quand il se retourna, Castiel avait repris sa position habituelle…

Dean en fut presque soulagé.

« Faut savoir ce que tu veux, mec » se dit-il en lui-même, en haussant les épaules.

Il prit son spray et son torchon et se dirigea vers la table et là, il ne sut pourquoi, il s'assit…

Posa son matériel par terre et prit le livre….Il avait vu Castiel bouger…Il l'observait depuis le reflet…

« Viens là » en lui montrant la chaise qui faisait face au mur.

Il ne bougea pas…Dean s'installa de manières à se retrouver de côté mais face à la chaise vide.

«Cass..S'il te plait…Viens t'asseoir ici …Allez » de la voix la plus douce et calme qu'il put…

Il le sentait réticent, hésitant.

Il croisa son regard dans la vitre

« Je suis encore là aujourd'hui et demain…Après je ne pourrais plus te voir…Tu comprends ce que cela veut dire, Cass ? »

Il le vit se tourner sur le côté

« C'est juste un livre, mec…Rien de plus… » en le suppliant du regard

« Allez…Viens t'asseoir… »

Il finit par obtempérer mais comme il le faisait avec les infirmiers, il fuyait son regard en fixant depuis la chaise où il s'était assis les mains sur les genoux, la fenêtre.

Dean se pencha et posa le livre devant lui.

« C'est pour toi…Ouvre le »

Il ne réagit pas. Dean insista en le poussant devant lui…Castiel restait obstinément absent.

Dean tenta alors le tout pour le tout. Il tendit la main le plus lentement possible, pour poser son index sous son menton. Castiel sursauta et se retourna d'un mouvement brusque vers Dean, terrorisé…Les mains se crispant sur son pantalon pyjama.

Dean prit sur lui de ne pas céder et continua son geste tout en le soutenant du regard.

Il lui sourit et tenta de le rassurer alors qu'il le sentait s'enfoncer dans sa chaise, sur le qui-vive.

« Du calme, Cass…C'est juste moi»

Il ne sut combien de temps cet échange dura mais peu lui importait, il voulait que Castiel réagisse…Petit à petit, il le sentit se détendre, sa mâchoire se relâcha…La terreur céda place à la méfiance.

Il prit le livre et le tendit vers Castiel

« C'est pour toi, Cass…J'y ai pensé en voyant les dessins sur le mur….Là-bas » en baissant quelques secondes les yeux.

« Fais-moi plaisir…Prends le »

Il ne lut que l'incompréhension dans ses yeux…

« Prends »

Sa patience était mise à rude épreuve…Castiel ne céda pas…C'était déjà en soi une énorme victoire que ce dernier ait accepté ce contact aussi mince fut-il…Dean commençait à se demander s'il ne lui en demandait pas trop.

Trop et trop vite…Mais il n'avait plus de temps ou si peu.

« C'est pas grave» finit-il par dire, un peu déçu.

Il posa le livre devant Castiel et se releva en prenant appui sur ses genoux.

Castiel resta figé sur sa chaise.

Dean rangea son charriot, pensif

« Je tacherais de rester plus longtemps demain si tu veux ? »

Il entendit un bruit de chaise derrière lui et n'osa se retourner…Quand il le fit, Castiel avait retrouvé sa place à la fenêtre et le livre n'avait pas bougé de la table.

Dean soupira…

« Comme tu veux » en prenant son matériel au sol.

« Salut, Cass »

Il sortit sans un regard en arrière…

Demain serait leur dernier jour….

Fin chapitre X