note : J'aime pas couper les chapitres en deux alors ... Ok, 5.000 mots le chapitre, c'est un peu abusé. Du coup, j'espère qu'il vous plaira !

chapitre 9 : les noms

Albus Dumbledore avait toujours eu une énergie débordante qui lui permettait de faire face à ses propres ambitions. Pourtant parfois, il se sentait terriblement fatigué. Harry Potter semblait avoir un don pour le mettre dans ce genre d'état. Il était revenu le voir et lui avait expliqué qu'il s'était rendu compte du climat de peur que sa seule présence imposait. Toute l'équipe de professeur s'en était rendue compte avant lui. Les tensions étaient de plus en plus fortes entre étudiants et paradoxalement, le nombre d'heures de retenues avait chuté : ils se débrouillaient pour ne pas se faire prendre. Ils ne craignaient pas les punitions de Poudlard, non, mais le jugement de Harry Potter. D'ailleurs, leurs résultats étaient également à la baisse notamment à cause du stress.

Harry avait été très clair avec lui. Il dirait aux élèves s'ils risquaient ou pas d'être concernés par de futurs mesures. Il s'arrangerait pour calmer l'inquiétude de l'immense majorité d'entre eux et il ne fixerait aucun véritable châtiment. A Poudlard, ils resteraient protégés. Alors le vieux directeur avait accepté, mais il se sentait déjà las. Les septièmes années n'avaient plus que quelques mois devant eux. Et si Harry intervenait pendant les vacances d'été ? Il pouvait tout à fait s'en prendre à eux tous. La vérité, c'est que malgré l'illusion qu'Harry acceptait de bon coeur, Albus était totalement impuissant. Au petit déjeuner, un samedi matin, il fit l'annonce.

Harry Potter allait les recevoir et leurs indiquer s'ils étaient concernés par une mesure à venir ou pas. Harry recevrait un par un la totalité des élèves pour lever les doutes. Il assura à ses élèves qu'ils bénéficiaient toujours de l'entière protection de l'école et que rien ne leur serait fait. Il nota que si les Gryffondors semblaient plutôt soulagés de cette annonce, ce n'était pas le cas de toutes les maisons. La maison de Serpentard montrait des signes évidents d'angoisses. La majorité d'entre eux se tenaient prostrés, presque amorphes. Quant aux Poufsouffles ils semblaient eux-aussi étrangement inquiets. Les Serdaigles avaient globalement adopté une posture plus détendue. Pour certains, savoir était une délivrance en soit. Pour d'autres, le risque de condamnation était simplement trop important.

C'est ainsi que juste après le repas, une immense file s'était formée dans les couloirs. La totalité des élèves attendaient. C'était un peu idiot, car les derniers de la file avaient de nombreuses heures d'attentes devant eux. Ils avaient placés les premières années en tête pour qu'ils attendent moins longtemps, puis les secondes, puis les troisièmes et ainsi de suite.

Dans la salle, Sibylle avait disposé la liste complète des élèves. Ils n'auraient plus qu'à barrer les noms au fur et à mesure pour être sûr d'avoir vu tout le monde. Harry se sentait déjà épuisé pour l'ampleur de la tâche. Recevoir tout les élèves de Poudlard ... Un par un. C'était ridicule. Il avait envie de retourner dans la salle sur demande et de s'ensevelir sous une montagne de couvertures. Ca c'était un bon plan. A la place, la mort dans l'âme, il soupira qu'il était prêt. C'était faux, mais c'était aussi ce qu'il convenait de dire.

Sibylle acquiesça et fit rentrer le premier. Elle avait décidé d'épauler son ami. L'étudiant qui s'avança était un tout petit gars de Poufsouffle. Arlo Alderton. Deux joues biens rondes dû à un penchant avoué pour les chocogrenouilles et autres friandises. Des cheveux roux. Deux petits yeux à moitié rempli de larmes. Sibylle tenta de le rassurer en lui frottant doucement le dos, mais elle avait surtout l'impression de le conduire à l'échafaud.

- Il s'appelle Arlo Alderton., dit-elle rapidement.

- Tout va bien Arlo. Tu ne risques rien. Tu n'es pas ... sur l'une des mes listes., répondit tout aussi vite Harry.

Le garçon s'effondra en pleurs plus de soulagement qu'autres choses et Sibylle prit le temps de le consoler un moment. Elle avait fait du thé. Au départ, il était surtout pour Harry, mais elle lui en servit une tasse. En attendant qu'il se calme, Harry sortit, le silence se fit assourdissant. Ils attendaient tous de voir si le petit garçon allait s'en sortir ...

- S'il-vous-plait, les préfets, pouvez vous venir ? C'est difficile pour les plus jeunes. Il faudrait les raccompagner dans les dortoirs et leur donner un carré de chocolat. Est-ce que vous pouvez vous en occuper ?

L'un des préfets de Poufsouffle vient chercher le jeune Arlo tout en les fusillant du regard comme s'ils étaient des bourreaux. Puis l'enfant suivant arriva. C'était une petite fille, aux cheveux blonds et à l'air particulièrement raide. Amélia Bones. Harry l'avait rencontré brièvement dans le futur et il ne la reconnut pas vraiment. Il faut admettre qu'il l'avait rencontré dans de mauvaises conditions. Dire que ce petit bout de première année allait devenir une des dirigeante du département de la justice magique et rester intègre et juste qui plus est.

- Tout va bien, Amélia. Je ne compte pas te réclamer quoique ce soit.

La petite fille hocha lentement de la tête avant de demander.

- Est-ce que je serais morte ou ... est-ce que vous ne me connaissez pas ?

- Et bien ... nous sommes en train de changer le futur, alors je ne peux rien promettre mais de là où je viens, je t'ai rencontré et tu étais quelqu'un de juste et honnête. J'espère que tu deviendras cette personne car la société sorcière en a vraiment besoin.

Elle acquiesça de nouveau, le remercia et s'éclipsa sans un mot de plus. Visiblement satisfaite. Harry souffla, avala une gorgée de thé puis fit entrer le suivant, alors que Sibylle rayait un nom de plus. Harry eut quelques surprises, il rencontra par exemple un certain Reginal Cattermole. Il faillit en rire malgré la lourdeur de la situation. Rassurer les plus jeunes, ce n'était pas le plus difficile. Le plus difficile c'était de trouver les mots avec ceux qu'il ne pouvait pas rassurer.

C'était le cas de ce gosse qui tremblait comme une feuille et rougissait tellement tout en balbutiant que Harry mit un certain temps à comprendre son nom. Ce petit garçon de la maison Serdaigle faisait parti des noms sur sa liste. Un nom de plus dont il ne savait pas quoi faire. Il avait décidé de ne pas leur mentir, mais que pouvait-il lui dire ?

- Bonjour Quirinus. Ne t'inquiètes pas. Assis-toi.

Aussitôt, Sibylle se tendit imperceptiblement. Harry essayait de les rassurer au plus vite normalement. Il ne leur demandait pas de s'asseoir. Il ne faisait pas durer inutilement les choses. Si l'enfant posait des questions, il essayait de répondre. Sinon, il abrégeait au maximum.

- Tu fais parti des personnes dont je vais prendre des nouvelles de temps en temps.

Le petit garçon se mit à pleurer, hoquetant misérablement sur sa chaise et Harry eut l'impression d'être le pire des monstres. Il s'approcha de lui, hésitant un petit instant avant de le toucher, puis il le prit plus clairement dans ses bras et le berça doucement.

- Chuuuut, chuuut, ça va aller bonhomme. Ce sera presque rien. Juste un petit hibou ou peut-être qu'on ira manger une glace ensemble d'accord. Je ne vais pas te faire de mal ... On va tout faire pour que ça se passe bien ... Là ...

- C-c-c-c'est parce q-q-que j-j-j-j-j-je ... parce q-q-q-que je m'intéresse aux m-m-moldus ? J-j-j-e le f-f-ferais p-p-p-p-plus, p-p-promis !

Tout en continuant à le bercer, Harry lui assura que c'était très bien de s'intéresser aux moldus, qu'il pourrait même devenir un expert et que ce serait une très bonne chose pour le monde sorcier. Il lui répéta de ne pas s'inquiéter. Que tout irait bien. Qu'il pourrait être un super expert des moldus et écrire des livres ou devenir professeur. Ça irait. Il serait juste comme un grand frère un peu collant qui voudrait assez souvent des nouvelles, rien de plus.

Quand le petit garçon repartit enfin, il tremblait un tout petit peu moins et Harry se demanda s'il ne risquait pas de le faire basculer d'autant plus vite en lui fichant des peurs pareils. S'il avait été plus vieux, il aurait peut-être décidé d'une autre sentence, d'une véritable sentence, mais il était tellement petit et vulnérable. Le problème c'est qu'il n'était pas le seul dans ce cas là ... Il allait devoir annoncer à d'autres tout petits qu'il allait les surveiller, voir pire.

- Qu'est-ce qu'il ... a fait à ton époque ?, demanda Sibylle.

Elle était totalement blanche. Elle savait bien qu'Harry allait devoir dire des choses déplaisantes, mais le voir, l'entendre, voir ce petit garçon en pleurs, c'était autre chose.

- Il a ... pff ... Il a trahi Poudlard et mit tout le monde en danger ... mais c'était une victime aussi je crois et ...

Et c'était le premier sorcier qu'Harry avait tué. Il ne le dit pas à voix haute. A la place, il se demanda si Quirinus Quirrell avait un papa et une maman pour l'entourer correctement. Il faudrait qu'il se renseigne et qu'il s'occupe de lui.

Il prit quelques minutes pour se ressaisir et rassurer Sibylle. Il ne voulait traumatiser personne. Il ne voulait blesser personne et il ferait tout pour que tout le monde ait une chance d'avoir une belle vie dans la mesure du possible.

Pouvoir dire : "Tu ne crains rien, tu n'es pas dans mes listes." c'était étrangement réconfortant. Harry se fit la réflexion qu'il le disait à de nombreux jeunes Serpentard. Malheureusement, il ne pouvait pas dire que cela et bientôt il dut expliquer autre chose. Ce petit était rentré dans la pièce avec la tête haute. Il affichait clairement son blason : Serpentard. Il ne semblait pas inquiet à moins que ce ne soit qu'une bravade de surface, l'un de celle qui ne cache que de l'angoisse.

- Je m'appelle Scabior !

Malheureusement ce petit garçon avait un dossier tristement rempli dans le sac de Harry. Après une carrière de petit délinquant, il était allé à Azkaban quelques années pour l'utilisation d'impardonnable. Après sa libération, il avait intégré les Rafleurs. C'était lui qui les avait conduit au manoir Malfoy ... A peine le nom passa-t-il dans son esprit qu'il du se faire violence pour le chasser, il s'occuperait des Malfoys plus tard. Chaque chose en son temps, pour le moment, il y avait un gosse devant lui, qui attendait sa condamnation.

- Salut, est-ce que tu veux bien t'asseoir ?

- Les autres ont dû s'asseoir eux aussi ?, demanda l'enfant suspicieux.

- Certains oui ...

- Alors j'y suis hein. Vous allez me tuer.

Son regard était tellement dur que Harry s'en sentit totalement déstabilisé. Ce petit garçon de première année faisait tout ce qu'il pouvait pour rester droit et fier alors qu'il devait avoir tellement peur.

- Je ne te tuerais pas. Tu m'entends. Je ne te tuerais pas ! D'où je viens ... tu as été enfermé à Azkaban un long moment. Des années en compagnie des Détraqueurs ... Est-ce que tu sais ce que fais un détraqueur ?

Le petit garçon fit non de la tête, l'air horrifié pourtant.

- Il te fait du mal. Beaucoup de mal. Et moi, je vais tout faire pour que tu n'ailles jamais à Azkaban et que les détraqueurs ne te fassent jamais de mal. Mais je vais aussi tout faire pour que tu ne fasses de mal à personne. Est-ce que ça te semble bien ?

Scabior acquiesça lentement, la gorge trop nouée pour dire autre chose.

- Très bien. C'est vraiment très bien Scabior. Tu vois, tout va bien. Tu peux t'en aller. Si jamais tu as des questions, tu peux venir me voir. Je te promet que je ferais tout ce que je peux pour t'aider.

Le garçon fila sans demander son reste, se glissa entre les élèves qui attendaient et alla se cacher dans un coin. Il tremblait comme une feuille et lui, il était pas une personne qui tremblait comme ça ! Il était fort ! Il était fier ! Aussi fier que tout ces sang-purs ... Il ne savait pas comment un sang pur était censé réagir, mais lui, il ne voulait pas aller à Azkaban. Ça faisait vraiment trop peur ! Il ne voulait pas finir au fond d'un cachot. Est-ce que c'était mal ?

Dans la salle, Sibylle trouvait qu'Harry y était allé trop fort. Scabior était tout petit lui aussi. Néanmoins Harry avait l'air tellement défait qu'elle ne trouva pas le courage de le sermonner. Elle se promit seulement de garder un oeil sur les plus petits, au moins sur les plus petits.

Ils enchaînèrent ainsi jusqu'à la fin des premières années, puis les va et viens des seconds années débuta. Ils n'étaient pas beaucoup plus grands. Certains pleuraient silencieusement, d'autres restaient comme pétrifiés d'effrois. Pourtant Harry tentait réellement de tous les rassurer et il espérait que cet exercice infecte, à ses yeux, allégerait les choses au moins sur le long terme.

Sibylle avait toujours peur du moment où Harry demanderait à quelqu'un de s'asseoir. Il le fit. Il le fit plusieurs fois ... puis il s'écroula presque d'épuisement en voyant un garçon entrer.

- Comment t'appelles-tu ?, demanda-t-il, un soupçon d'espoir dans la voix.

- Gilderoy Lockhart, monsieur. Je suis à la maison Serdaigle, vous n'arrêtez que les Serpentards n'est-ce pas ?

- Je n'arrête personne. Assis-toi s'il-te-plait.

Le garçon s'asseya et tentant de ne pas montrer de crainte mais au contraire de se placer auprès de Harry. Il voulait un peu de son rayonnement. Il voulait que tout le monde murmure son nom, à lui aussi ! Alors il babillait gentiment. Harry soupira.

- Ecoutes. Tu n'es pas sur mes listes. Tu n'as pas mit pas l'intégrité magique en danger. Néanmoins ... Je vais faire de mon mieux pour toi aussi. Prends des cours de duels. Etudies. Etudies vraiment. Tu veux qu'on te regarde ? Très bien. Fais en sorte de le mériter.

Gilderoy sembla un peu perturbé une seconde puis son babillage reprit tout aussi sec faisant soupirer Harry. Au moins il essayait. Avec un peu de chance, ce gosse ne finirait pas à l'hôpital, totalement handicapé par sa propre faute. Avec un peu de chance il ne laisserait pas une traînée d'amnésiques derrière lui. Ils continuèrent d'enchaîner ainsi jusqu'à midi où ils firent une pause bien méritée. Harry était épuisé. Il avait envie de se rouler dans un coin et d'oublier les pleurs des petits. Ça l'avait vraiment secoué, plus qu'il ne pouvait le dire.

Il picora à peine son assiette que des elfes de maisons avaient apporté. Il n'avait pas faim. Il avait la nausée. Sibylle restait silencieuse mais elle était présente et c'était énorme. Harry anticipait énormément la suite du programme. Ils reprirent rapidement, enchaînant les élèves à un rythme effréné. Dans le lot il y avait des petits mangemorts en herbe, des futurs membres des aurors, des personnalités qui deviendraient importantes ... et puis il y avait aussi cette écrasante majorité d'anonymes. Là, un gosse que James et Sirius prenaient plaisir à maltraiter. Ici, un joueur de Quidditch. A présent, une amie de Lily. Puis vinrent les sixièmes années. Harry aurait aimé disparaître. Il aurait aimé recommencé à zéro et affronter à nouveau les larmes des plus jeunes. Il aurait aimé ... N'importe quoi d'autres. Voldemort avait massivement recruté parmi eux. Sibylle sentit son trouble et refit du thé à la verveine. Harry prit le temps de vider une tasse et de passer aux toilettes. Puis quand il revient, il lui expliqua que ça allait devenir plus compliqué.

Dans la petite salle arriva Avery. Il se présenta sous ce nom unique, son nom de famille. Sibylle ne l'appréciait pas. Il avait l'air un peu fou et surtout, il avait l'air de déjà savoir le verdicte. Il n'espérait pas. Il eut un sourire bancale qui n'éclaira pas son visage sombre.

- J'en fais parti hein. Faut croire que j'aurais fait de grande chose finalement !

Harry ferma les yeux. Il avait promit à Dumbledore de ne pas condamner ses élèves. Il tiendrait parole. Pour le moment, le garçon était protégé. Harry aurait aimé croire qu'il puisse avoir une forme de rédemption pour lui mais à ce moment là, c'était difficile à imaginer.

- Oui, nous allons devoir nous revoir.

- Génial, ce sera tout ?

- Pour le moment.

Avery eut un rire sourd et partit en claquant la porte. Harry souffla. Il en parlerait à Dumbledore. Il pourrait peut-être décidé de quelque chose pour aider ce jeune homme. Il aurait aimé avoir quelques personnes a rassurer simplement. Il aurait aimé pouvoir dire "tout va bien", "tu es quelqu'un de chouette", "tu as de supers capacités, ne l'oublie jamais" ! Il aurait aimé pouvoir distribué des mots qui apaisent avant de recevoir Sirius, mais ce fut le suivant à passer la porte.

Sirius avança sans la moindre hésitation et s'assit sans même y être invité, alors que tout le monde essayait de partir le plus vite possible, Sirius montra bien qu'il comptait avoir une vraie discussion. Il était aussi courageux que franc, c'est peut-être pour ça qu'il demanda négligemment ?

- Elle est forcée d'être là celle-là ?

Sibylle eut un mouvement de retrait et hésita à s'enfuir. Elle détestait ce genre de Gryffondors, mais Harry avait prit la peine de lui donner quelques conseils, alors elle tenta de les appliquer aussi courageusement que possible.

- Elle s'appelle Sibylle et tu as le droit d'être poli avec elle, espèce de pauvre cloche !

Sirius sursauta puis se pencha en avant tout en éclatant d'un rire bruyant, très étrange, presque semblable à un aboiement. Il leva un regard sur elle et elle fut choquée d'y voir un sourire si joyeux. Est-ce que vraiment, il n'était pas inquiet ?

- D'accord, reste chérie !

Non, en faites, elle allait lui mettre sa boule de cristal dans la tête, ce serait beaucoup plus constructif. Ce n'était qu'un idiot fini ! C'était d'ailleurs ce que racontait, visiblement à juste titre, toute l'école.

- Alors ... Harry Potter ... a quelle sauce je me fais manger, dis-moi ?

- Tu n'auras pas de soucis avec moi.

- C'est pas ma question. Je m'en fous de toi. Je me fais tuer ? Je finis à Azkaban ? Je deviens un pauvre vagabond ?

- Le ... le futur change. Il change forcément.

- C'est pas une réponse ça.

- De là où je viens ... Tu es mon parrain ... mais ... Je ne t'ai pas connu très longtemps car tu as passé énormément d'années à Azkaban pour un crime que tu n'avais pas commis avant de devenir un fugitif, mais aussi un héros de guerre .. et ...

- Et je me fais tuer connement. Parfait. Vraiment parfait. Alors, disons que je ne change rien.

Sirius se releva d'un mouvement souple et fit un sourire à Sibylle tout en s'éloignant. Harry n'eut pas le courage de le retenir. Il ne savait pas comment s'y prendre avec lui. Il demanda une pause. A nouveau. Les élèves n'osèrent même pas soupirer. Harry se coucha sur la table et se laissa aller à regarder le plafond. Sibylle peignait ses cheveux du bout des doigts. A chaque fois la mèche se rebellait d'autant plus, sans qu'elle ne semble vraiment s'en rendre compte. Sirius était vraiment bizarre. Il avait accepté l'idée de finir en prison injustement. Il avait l'air de considérer que l'injustice était normale. Est-ce qu'elle l'était vraiment dans sa vie ? Elle eut le pressentiment que oui, mais c'était quand même bizarre. Sirius était plutôt l'un des petits bourreaux de Poudlard que l'une des victimes des mauvaises farces, non ?

Harry finit par dire qu'ils devaient reprendre s'ils voulaient venir à bout de cette journée et les élèves s'enchaînèrent. Sibylle se doutait qu'il devait être très angoissé à l'idée de recevoir ceux qui deviendraient ses parents, mais elle attendit patiemment. Lily Evans finit par se montrer.

- Bonjour Lily., bredouilla Harry.

Ils n'avaient quasiment aucuns contacts. Ils ne se parlaient pas.

- Je ne suis pas sur tes listes.

- Non.

- Ok je préfère y aller alors. Il y en a pleins d'autres qui attendent.

- D'accord ... Est-ce que ... Est-ce que tu crois qu'on pourra discuter ... Un jour ?

- Tu n'es pas mon fils. Nous avons quoi ... Le même âge ? Je ne peux pas jouer le rôle de la maman. Je ne veux pas. Je le ferais pas.

- Je comprend ! Je comprend je te jure ! Mais ... on pourrait peut-être ... être ... juste être ami ?

Elle haussa les épaules en marmonnant un "pourquoi pas" bien peu convaincu avant de s'éloigner, froidement. C'était dur. C'était vraiment dur, pourtant Harry souriait. Il se tourna vers son amie et lui confia qu'il était plutôt fier de sa mère. Il lui confia que cette demoiselle au caractère bien trempée allait faire face à Voldemort et qu'elle arriverait à imposer sa volonté d'une certaine façon. Sa maman courageuse. Sa maman lionne.

- Lily est vraiment gentille normalement, elle doit être très inquiète.

Harry accepta l'explication, un sourire rêveur sur le visage. C'était une telle chance de pouvoir croiser Lily Evans. Peu importe qu'elle soit angoissée, qu'elle n'ait pas envie de lui parler, qu'elle soit froide et incisive, ... elle était en vie et ça, c'était le plus important.

Puis de nombreux anonymes se succédèrent, parfois angoissé, parfois très fatigué d'attendre ... Enfin, Remus passa la porte. Il portait des vêtements usés et gardait la tête basse. S'il avait pu, il aurait demandé à ce que Sibylle sorte. Son secret allait être révélé après tout ... et vu la réputation des loups-garous, il allait être chassé. Il le savait depuis que l'annonce était sortie. Un voyageur du temps venu défendre l'intégrité de la magie. Les loups-garous allaient encore payer. C'était ainsi que vont les choses. Néanmoins, il ne demanda pas le départ de la jeune sorcière, il avait comme perdu sa voix. Il n'arriverait pas à négocier et ses promesses seraient vaines. Harry allait lui demandé de partir.

Remus referma tout doucement la porte puis resta là-bas, près d'elle. Il aurait aimé se fondre dans son bois tiède ou dans le mur de pierre froide, juste à côté.

- Est-ce que tu veux bien t'asseoir ?, demanda Harry en lui désignant l'un des sièges.

Sibylle blêmit. Pas Remus. Non, Remus, c'était un chic type, très gentil, qui ne se moquait même pas d'elle ! Elle tenta de se convaincre que ce serait juste un échange d'amabilité et que Harry allait lui demander son amitié, mais les tremblements qui secouaient Remus l'angoissait énormément. Remus s'assit et il avait l'air tellement misérable que Sibylle faillit intervenir mais avant qu'elle ne le fasse, Harry lâcha une phrase énigmatique.

- Je le sais, à mon époque tout le monde le sait.

Remus baissa davantage la tête. Si tout le monde le savait, ça voulait dire qu'il ne pouvait pas travailler, qu'il ne pouvait pas vivre correctement. Peut-être même avait-il attaqué quelqu'un ? Ou pire ... l'avait-il tué ? C'était ce qu'il craignait le plus.

- Est-ce que j'ai fais du mal à quelqu'un ?

- Non, non Remus. Tu ... Tu es un héros, je te jure. Tout ça, c'est pas un problème pour moi et je vais tout faire pour ... que les choses changent.

Remus hocha de la tête doucement.

- Merci.

Remus se leva et s'éclipsa aussi vite que possible, entre deux formules de politesses. Il tremblait toujours légèrement mais un peu moins néanmoins. Sibylle n'avait pas vraiment compris l'échange mais elle avait comprit au visage de Harry qu'il allait réellement tout faire pour Remus, parce qu'il l'appréciait sincèrement et ça la soulagea. Le suivant était un Serpentard, Harry lui demanda de s'asseoir sombrement. Puis, au bout d'un moment arriva Pandora. Elle souriait. Personne n'était arrivé avec ce genre de sourire pourtant.

- Salut ! Je ne savais pas si je devais venir malgré tout, mais je suis passée pour te dire que Rowena Serdaigle viendrait. Je suis allée voir son tableau et elle était intriguée. Elle a accepté. Je vous laisse, il y a encore du monde. Bon courage !

Et le rayon de soleil tout sourire s'éclipsa aussi vite qu'elle était venue, comme si allait voir le tableau et négociait avec elle avait été très facile, comme si elle ne connaissait pas l'angoisse, comme si elle était juste heureuse. Peut-être l'était-elle d'ailleurs ?

Le suivant, c'était Peter Pettigrow. Sibylle eut un mauvais pressentiment qu'elle combattit. Ok, Sirius et James n'étaient pas agréables avec elle, mais leurs rendez-vous s'étaient plutôt bien passé, tout comme celui de Remus. Il n'y avait pas de raisons que ça change. Harry avait été gentil avec Sirius et Remus. Elle avait cru comprendre qu'il n'y avait rien contre James. Peter était le quatrième du groupe, ça allait bien se passer pour lui. Elle le crut un instant avant de voir le visage fermé comme jamais de Harry.

- Bonjour Peter. Toi et moi, nous allons devoir nous revoir. Tu es dans mes listes.

- ... moi ?

- Oui, toi. Allez ... va-t-en.

Peter s'enfuit sans demander son reste. Quand on lui demanderait comme ça c'était passé, il se contenterait de hausser les épaules et de dire que Harry n'avait pas dit grand chose. Les autres le croiraient, après tout, il était juste Peter. Il n'était personne même pour eux mais visiblement un jour, il serait quelqu'un ... Enfin ... Si Harry Potter ne l'en empêchait pas, mais est-ce qu'il voulait vraiment être quelqu'un qui provoquerait la destruction de l'intégrité magique ? Non, pas vraiment ... Peter allait se poser beaucoup de questions.

Dans la salle, Harry soupira tout en sachant pertinemment que le suivant devait être son père. James ouvrit la porte. Harry et lui se ressemblaient énormément. C'était impressionnant. Ils échangèrent un nombre ridiculement pauvres de mots et James repartit, laissant Harry dans un brouillard cotonneux. Il se sentit seul. Seul comme jamais, malgré la présence prévenante de Sibylle. Parmi tout ceux qui se présentèrent par la suite, il dût néanmoins se secouer pour l'un d'entre eux. Quelqu'un d'important. Quelqu'un qu'il avait mal jugé durant des années. Quelqu'un qui méritait tellement mieux.

- Je suis Severus Snape., avait-il dit en rentrant.

- Je sais. Tu veux bien t'asseoir.

Severus avança en gardant les épaules raides et l'air rigide au possible. Il avait l'air si sérieux. Habituellement, il s'arrangeait pour ne pas croiser Harry, aujourd'hui il n'avait simplement pas eut le choix.

- Nous allons devoir nous revoir.

Severus se tendit davantage face à ce qu'il savait être une condamnation. Harry Potter avait tout pouvoir sur lui ... et il savait à quoi ça ressemblait, un Potter qui avait du pouvoir. Ca ne laissait rien présager de bon. Harry reprit.

- Je crois que si j'avais un enfant ... Je l'appellerai Severus en ton honneur parce qu'à mon époque, tu es l'un des plus grands héros de guerre. Sans toi, je serais mort. Sans toi ... Plus d'intégrité magique.

Il aurait giflé Severus que ce dernier aurait eu l'air moins choqué, mais Harry continua.

- Tu es amoureux et ... sans mon intervention, dans quelques temps ... elle mourra par ta faute. Tu feras tout pour la sauver ... mais elle va mourir quand même, à cause de toi.

- Que proposez-vous, Monsieur Potter ?

Harry frémit, cette voix, même jeune, lui avait étrangement manqué.

- Je voudrais avoir le Prince de Sang-Mêlé de mon côté et ensemble, on fera tout pour la sauver, elle, l'intégrité magique et le reste ...

Severus resta silencieux mais pensif, clairement pensif. Il considéra un moment Sibylle d'un regard froid, comme s'il se demandait si vraiment il allait devoir s'allier à quelqu'un dont l'équipe était composée uniquement de cette voyante pour l'instant.

- Je ne te demande pas de trancher immédiatement. Ne le rejoins pas. C'est tout ce que je demande. Pour elle, pour sa vie, ne le rejoins pas. On verra le reste plus tard.

Severus accepta d'un hochement de tête et partit. La suite des rendez-vous ? Harry ne s'en souvient même plus. Au petit soir, il s'effondra et c'est Sibylle qui le raccompagna à la salle sur demande et qui l'aida à se coucher. Quand elle avait proposé l'exercice, elle ne s'était pas rendue compte de la montagne de travail que ça représentait et pourtant, il n'avait même pas donné les condamnations. Elle se demanda si ça irait mieux à présent et comment les autres élèves avaient vécu cette journée. Est-ce que ça les avait aidé ? Elle ne pouvait que l'espérer.

Elle s'écroula dans son lit peu après. Et puis tout le monde dormait déjà dans le dortoir. Elle se demanda vaguement si elle n'avait pas loupé un repas mais ne parvient pas à s'en souvenir. Déjà les songes étaient là. Déjà les visions s'accumulaient sous ses paupières closes.

note de fin : J'ai cru comprendre que certains attendaient Severus ... Tadam ! Bon en faites, on a eut beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde alors j'espère sincèrement que ça vous a plu. Je serais super contente d'avoir vos avis sur la situation, sur les personnages, sur Harry et tout et tout :)