Septembre 1979

Bella et Edward

Samedi 8 Septembre

« Je suis désolé de ne pas avoir pu réserver notre chambre pour ton anniversaire. »

« En avance ou en retard, je te jure que ça n'est pas grave. Mon anniversaire n'a jamais été un jour si spécial à mes yeux. » confia Bella.

« Quoi ?! Même enfant ? »

« Non. » dit-elle seulement.

Il n'insista pas, convaincu qu'elle ne voulait pas raviver de mauvais souvenirs.

« En tout cas, ça a l'air sérieux cette histoire de chambre réservée chaque weekend, commenta-t-il. Stanley n'a rien voulu entendre, peu importe le prix que j'étais prêt à payer. »

« Edward ! » s'insurgea-t-elle.

Elle n'était en fait pas vraiment offusquée car, depuis un mois, tous deux avaient trouvé un équilibre et l'argent n'était plus source de tabou ou de discorde entre eux.

« Même pour le samedi 22, c'est impossible, continua-t-il. J'espère que l'on pourra rentrer facilement à la maison après la manifestation anti-nucléaire. »

« Tu penses que ce sont des couples légitimes ? » chuchota la jeune femme en pensant aux autres occupants de la chambre.

« Pas vraiment. S'ils sont de New York, ce qui doit être le cas pour venir chaque mois, pourquoi auraient-ils besoin d'une chambre ? »

« Nous sommes un couple normal. » contra-t-elle.

« Pas au début. Tu ne voulais même pas me croiser sur le campus. » se souvint-il, amusé.

« Vrai. Mais ça a changé bien vite et nous vivons ensemble. Tu penses qu'ils sont amoureux, ou ça n'est que pour le sexe ? »

« Aucune idée. »

« Je me demande quel âge ils ont. » continua Bella.

« De toute façon, il fallait changer ces deux fenêtres chez nous. Après l'ouragan de cette semaine, nous avons eu de la chance de n'avoir que ça à changer. » éluda le jeune homme.

L'ouragan David avait frappé le bassin de l'océan Atlantique nord dès le 30 août et avait été classé catégorie 5. Il avait fait plus de deux mille victimes, principalement en République dominicaine. Sa trajectoire l'avait fait passer des Petites Antilles vers la Floride puis il avait remonté la côte est des États-Unis pour quitter l'Amérique vers le nord-est par les Provinces Maritimes canadiennes.

New Haven avait subi des vents forts et des pluies abondantes seulement une journée, cela avait pourtant suffi à affaiblir les fenêtres de leur salon. L'avant-veille, un courant d'air avait fait claquer la porte de l'appartement et les deux fenêtres avaient volé en éclats. Ils avaient donc décidé de laisser une nouvelle fois leur logement à des artisans le temps des travaux et de s'offrir un weekend romantique à New York.

Edward avait commencé à travailler deux semaines plus tôt, instaurant un rythme intensif pour lui. Bella avait vite compris que les transports en commun, matin et soir, le fatiguaient mais il tenait à rester proche de l'université pour sa petite-amie. Elle pensait qu'il se sacrifiait pour elle, le lui avait dit et il avait admis que cela était vrai et qu'il ne le regrettait pas.

Bella avait alors adopté des habitudes qu'elle s'était juré de ne jamais prendre. S'occuper d'un homme, l'accueillir après une journée de travail, l'écouter patiemment, tenter de deviner à l'avance ses besoins et ses envies, voilà à quoi elle se vouait finalement avec joie. Elle se souvint de nombre de recettes qui ravirent le jeune homme, acheta même quelques livres de cuisine. L'appartement était parfaitement entretenu, le bazar du déménagement avait été méticuleusement rangé.

Elle aurait peut-être rechigné au bout de quelques temps mais Edward la complimentait souvent, la remerciait, en faisait l'éloge auprès de leurs amis, et tout cela sans dépenser un centime, c'était la règle.

Le jeune homme avait pensé réserver dans un restaurant pour leur weekend new-yorkais, il avait opté pour laisser Bella décider. Il aimait tant être seul avec elle, encore plus depuis qu'il passait ses journées dans des trains et des bureaux bondés. La jeune femme choisit de se balader vers Times Square et voulut manger dans un restaurant sans prétention.

« Et demain ? » s'enquit son petit-ami.

« Demain, juste toi et moi, dans un lit. »

« Tu es certaine ? »

« Absolument. » sourit-elle avant de se pencher au-dessus de la table.

Leur baiser fut interrompu par une jeune femme qui leur tendit le menu alors qu'elle ne portait pas l'uniforme des serveuses de l'endroit. Bella la regarda quelques secondes, ne comprenant pas.

« J'ai été serveuse ici, longtemps. C'est le coup de feu alors je donne un coup de main. Je suis Alice, au fait ! L'avantage de m'avoir comme serveuse est que je ne crains plus les remontrances du cuistot, et je peux donc vous dire de ne pas commander un hamburger. Les frites sont excellentes par contre. »

« Et comment sont les sandwichs, Alice ? » demanda Edward, amusé par cette serveuse bénévole.

« Tous sont bons sauf celui au thon. Commandez un milkshake et une part de tarte en dessert ! »

Le couple passa commande et remercièrent Alice de les avoir conseillés. En allant aux toilettes, Edward héla la jeune femme et lui demanda de mettre une bougie sur la part de tarte commandée pour Bella.

« Une bague à cacher dedans ? » plaisanta la serveuse, mais il trouva l'idée parfaite.

« Je vous fais confiance, je peux, n'est-ce pas ? » hésita-t-il, en sortant la bague de sa veste.

La jeune femme le regarda ahurie, il prit peur.

« Je croyais que les femmes aimaient ce genre de surprises ! » se justifia-t-il.

« Oui, euh oui, en général oui. Je m'en occupe. » promit-elle.

Elle lui prit la bague et disparut en cuisine. Edward resta dans le petit couloir, prit d'un doute mais il était trop tard et finalement, il mourrait d'envie de demander à Bella de l'épouser.

Le dessert arriva, Alice avait demandé à une autre serveuse, Amber, d'après le badge qu'elle portait, de chanter « bon anniversaire ». Elles s'attardèrent près de la table, voulant assister à la demande en mariage en restant discrète.

« Qu'est-ce que… » chuchota Bella en sentant sous sa fourchette quelque chose de dur.

Edward sentit la transpiration lui couler dans le dos et sur son front. Il regardait sa vie changer, si elle disait non, la perdrait-il ?

Le visage aimé exprima clairement tour à tour, la fascination, la tentation, l'hésitation et enfin une sorte de révélation.

« C'est trop tôt ! » s'exclama-t-elle.

« Quoi ? » hoquetèrent les serveuses.

Edward se leva pour s'asseoir à coté de Bella sur la banquette.

« Je sais que c'est tôt, mais pas trop tôt. Je t'aime tellement, ma Bella. »

« Moi aussi, je t'aime, Edward… Ca fait seulement quelques mois. Qu'est ce que tes parents diront ? »

« C'est à toi que je pose la question. »

« Alice ? appela Bella. L'addition s'il vous plait. »

Edward la regardait sans plus rien dire, le cœur serré.

« Dis quelque chose. » souffla Bella quand ils furent sortis.

« Il me semble que tu dois me donner une réponse. » répliqua-t-il.

« Pourquoi maintenant ? »

« Ca m'a paru une bonne idée. » expliqua-t-il en se frottant la nuque, gêné.

Elle lui sourit, amusée de sa spontanéité.

« Tu pourrais le regretter. » se moqua-t-elle.

« Non, j'ai cette bague depuis des mois. Je ne peux pas l'expliquer. Je sais que je veux passer ma vie avec toi. Je ne prends pas à la légère le mariage. » conclut-il en la forçant à se stopper face à lui, au milieu du trottoir.

Quelques passants s'énervèrent de ne pas pouvoir continuer leur route, Bella se décala jusqu'à se retrouver le dos au mur.

« Toi si ? » persista Edward.

« Je ne sais pas. »

Elle ne pouvait pas lui expliquer ses réserves, elle avait honte de lui cacher encore des choses sur son passé.

« Je pensais que tu étais toujours attachée à tes valeurs mormones. » lâcha justement son petit-ami.

« Chrétiennes ! Mes valeurs chrétiennes ! » s'emporta-t-elle.

« Ok, mais qu'est ce que ça change ? Nous avons fait l'amour sans être marié. Mais au moins tu n'auras connu que moi. »

« Et toi ? »

« Quoi ? »

« Combien de filles as-tu connu avant moi ? » explicita Bella.

« Trois autres, confessa-t-il, se sentant honteux. Mais j'ai compris depuis que j'aurais du attendre. »

« Je n'ai pas attendu, murmura-t-elle. Je t'ai désiré, je savais que c'était mal de faire ça, de ne pas attendre. Je l'ai fait, comme si je traversais une phase de rébellion. Mais je n'ai jamais rien voulu aussi fort. »

« Juste une phase ? » demanda-t-il, incrédule et blessé.

« La première fois seulement… Je sais, je suis un paradoxe sur pattes. » se désola-t-elle.

« Rentrons à l'hôtel. » proposa-t-il le cœur lourd.

Il comprenait les réticences de sa petite-amie, il s'en voulait d'avoir posé la question trop tôt, d'avoir espéré aussi. Rien ne changerait pourtant, ils continueraient de vivre ensemble et de s'aimer. Il se résolut à être patient.

Dans le lit de leur chambre d'hôtel, les lumières éteintes, la chambre seulement éclairé par la rue, ils firent l'amour et il fut encore plus doux et prévenant qu'avant. Il décrypta le visage fermé de Bella, le même qu'elle avait quelques fois dans ces moments-là et il eut comme une révélation.

« Demande-moi tout ce que tu veux. » susurra-t-il à l'oreille de Bella.

Alors qu'elle allait répondre, il s'enfonça en elle plus fort, elle gémit aussitôt, confirmant les soupçons d'Edward. Elle ne lui en avait pas voulu parce qu'il s'était laissé emporter par son besoin d'être en elle. Elle n'avait pas compris ses intentions alors. Mais elle avait aimé ce rapport plus sauvage.

« Dis-moi la façon dont je dois te faire l'amour. » persista-t-il.

Elle fit non de la tête, à la fois excitée et gênée. Il resta immobile, son sexe au plus profond de celui de Bella et il la fixa.

« Dis-le. »

Elle le regarda, étonnée, appréhensive et toujours aussi excitée, mais surtout frustrée parce qu'il ne bougeait plus. Elle murmura juste « encore », et son amant s'impatienta.

« Dis-le. A voix haute. Dis-le. »

« Comme il y a deux mois…» lâcha-t-elle, sa voix enrouée par le désir.

« Je ne peux pas lire tes pensées. Tu dois me dire ce que tu veux. »

« Fort, profond. » haleta-t-elle.

Et il lui fit l'amour aussi furieusement qu'il en était capable. Quand Bella reconnut les signes de l'orgasme proche de son petit-ami, elle le repoussa, se mit en travers du lit et s'offrit comme autel pour recevoir sa semence.

_oOo_

Alice & Jasper

Samedi 15 Septembre

Alice voulait des choses impossibles, irréalisables, contradictoires. Elle avait enfin réalisé qu'elle avait été attirée par Jasper parce qu'il dégageait une aura de danger. Son goût pour les mauvais garçons lui avait déjà beaucoup coûté. Et donc, aimer Jasper et vouloir protéger son cœur ne lui semblait pas compatible.

Assise sur une banquette de faux cuir, dans le petit restaurant où elle avait longtemps travaillé comme serveuse, elle fit semblant d'être fascinée par son café. Si elle levait les yeux, elle verrait la table 6, la table que le jeune couple avait occupée une semaine plus tôt.

Vivrait-elle un moment aussi romantique que Bella ? Jasper la demanderait-elle un jour en mariage en essayant de rendre le moment mémorable ? Voulait-elle seulement se marier ? Alice se fichait un peu du mariage, la cérémonie et la fête ne l'attiraient pas tant que ça. Ce dont elle rêvait c'était d'une relation stable et sincère avec Jasper, sans avoir peur du lendemain.

« Ton petit-ami a téléphoné, l'interrompit Amber, son ancienne collègue. Il arrive d'ici un quart d'heure. »

« Merci. »

« Ca va mieux entre vous ? »

« Oui et non. On vit au jour le jour. » confia Alice.

« C'est peut-être pas mal. Mon mari a demandé le divorce parce qu'il s'ennuyait, nous nous sommes après le lycée et nous étions trop jeunes. Tu devrais prendre les choses plus légèrement, lui conseilla Amber. Profite avec ton Texan. »

« Je vais l'attendre dehors. A bientôt. »

« Bye, Ali. »

Elle enfila son manteau et avança sur la 7ème Avenue, se demandant de quel côté arriverait son prince charmant. Elle rit toute seule en imaginant Jasper sur un cheval, des fleurs pour elle dans une main.

Alors qu'elle passait devant un salon de tatouage, une main s'enroula autour de sa taille et avant qu'elle n'ait pu crier, une autre se plaqua sur sa bouche.

« T'énerve pas, chérie, lui dit un homme dans son dos. Sinon je vais devoir te faire taire. »

Elle sentit une lame de couteau glisser le long de son cou et la pointe s'enfonça dans la peau fine sous l'oreille sans la percer.

« Voilà, tout doux, chérie. »

« Qu'est-ce que vous me voulez ? » pesta-t-elle.

L'homme n'eut pas le temps de répondre, Jasper était arrivé et il le repoussa au fond de l'échoppe.

« Va m'attendre au restaurant, ordonna-t-il à son amante. Je te rejoins. »

« Non ! Je ne veux pas que tu- »

Il prit son visage en coupe, comme pour un baiser, mais il la regarda si durement qu'elle cessa de parler, de respirer pour quelques secondes aussi.

« Fais ce que je te dis. » murmura-t-il.

Elle ne put lui obéir, elle avait eu si peur pour elle et était désormais terrifiée pour Jasper. Elle se colla au mur près de la porte du salon et les entendit se disputer.

« Il me fait suivre ?! » s'énerva son amant.

« Tu es difficile à contacter. Et tu passes presque incognito sans ton costume de cowboy. » railla l'autre.

« Comment tu as su que je passerai par là ? » insista la texan.

« On a repéré ta chérie, il y a un mois, pas très loin. Elle portait ton chapeau. On s'est dit qu'elle, au moins, pourrait te faire passer le message. »

Jasper voyait rouge depuis qu'à deux cent mètres de là, il avait vu Alice être happée dans ce salon de tatouage. Il avait couru aussi vite que possible, craignant le pire pour sa femme. Même si ils n'étaient pas mariés, depuis quelques semaines, il ne cessait de penser à elle ainsi.

« C'est juste une fille que je baise de temps en temps. » lâcha-t-il.

« Pas comme Maria, alors. » remarqua l'autre homme, avant de tousser très fort.

« Non, cette fille ne sait même pas comment me joindre ni où je suis. » insista Jasper, espérant duper le mafieux.

« Mais va falloir être joignable maintenant. Le patron t'a pardonné, mais il a besoin de toi une dernière fois. Tiens. »

L'homme toussa encore et grogna, Jasper avait été à deux doigts de l'étrangler quelques instants plus tôt. Il tendit un papier griffonné puis les deux sortirent ensemble du salon. Ils aperçurent Alice, le mafieux lui lança un clin d'œil et lui dit à bientôt. La jeune femme se retint de se cacher derrière son amant pour ne pas trahir leur secret. Elle ne pensait pas que Jasper avait été sincère en parlant d'elle ainsi, elle savait comment le joindre et connaissait désormais son adresse même si elle n'avait pas le droit de s'y rendre.

« Je t'avais dit de m'attendre au restaurant. » lui reprocha doucement Jasper, une fois seuls.

Elle le fixa, encore sous le choc de son agression, incapable de parler. Il l'embrassa tendrement puis la prit dans ses bras et la berça quelques minutes.

« Allons à l'hôtel. » proposa-t-il ensuite.

Alice ne parvint pas à avancer pour autant, il y avait trop à penser et à dire mais aucun son ne voulait sortir de sa bouche parce qu'elle avait peur de la réaction de Jasper.

« N'aie pas peur, je ne les laisserai plus t'approcher. » lui promit-il.

« Mais si tu n'es pas là ? C'est de ma faute. » se lamenta-t-elle, laissant ses larmes couler.

« Non, Alice. Ecoute-moi, ils ont une sorte de code d'honneur. Tu es hors du cercle, ils ne te feront rien. Mais si un jour tu le revois, cet homme, fuis, va dans un endroit public et ne reste pas seule. Appelle la police sous un autre prétexte puis préviens-moi. Tu as compris ? »

« Oui… C'est de ma faute, j'ai porté ton chapeau la fois dernière. »

« Rien n'est de ta faute. » martela-t-il.

Au petit matin, Alice l'admirait alors qu'il dormait encore. Elle cherchait un moyen de ne plus vouloir découvrir ce qu'il lui cachait encore. Sa curiosité lui avait souvent joué des tours dans le passé.

Avant de s'endormir, elle l'avait interrogé sur ce qu'elle avait entendu, notamment au sujet de son l'ex-femme. Maria avait été complice mais pas directement impliquée. Souvent elle avait reçu des ordres à transmettre à Jasper et quelques fois avait touché un peu d'argent en remerciement. Le Texan avait promis de ne pas l'impliquer ainsi mais ensuite, il avait été trop silencieux et même faire l'amour n'avait pu les reconnecter l'un à l'autre.

Elle le sentit s'éveiller peu à peu et attendit sans cesser de l'admirer.

« J'ai rêvé de toi. » murmura-t-il en ouvrant les yeux.

« Moi aussi. Comme souvent. »

« J'ai rêvé que tu ne venais plus ici avec moi. » ajouta-t-il plus sombre encore.

« Je ne crois pas en être capable. » confessa-t-elle, ressentant aussitôt le soulagement d'être honnête.

« J'ai peur que tu me détestes. Ou que tu te lasses. Que tu ne veuilles pas m'attendre. »

« Pourquoi devrais-je t'attendre ? » le questionna la jeune femme, le cœur serré.

« Peut-être que je n'y arriverai pas. » soupira-t-il, fermant encore les yeux.

« Ta dernière mission ? »

« Oui. »

Elle se pencha vers lui pour l'embrasser et lui cacher ses larmes. Il passa une main sur sa nuque pour qu'elle ne recule pas.

« Je peux t'aider ? » souffla-t-elle ensuite.

« Non. Reste ma fée joyeuse. »

« Je ne veux pas que tu ailles en prison. »

« Alice, ne pense pas à ça. Profitons ensemble. »

Elle se lova contre lui et commença à lui caresser le sexe mais il l'arrêta rapidement. Après s'être soulagé aux toilettes, il revint à elle, plus réveillé et déterminé à faire oublier à sa femme qu'il n'était pas l'homme parfait.

Il la pénétra et commença par des coups de reins langoureux mais Alice exigea d'être prise plus fort, plus vite. Jasper aimait cette facette de son amante, elle ne cherchait pas la romance dans ces moments là. Elle le voulait puissant, dominant, elle accompagnait chaque mouvement pour le sentir au plus profond de son sexe.

Lorsqu'elle était aux commandes, elle décidait des positions, elle lui intimait quand il devait se retirer et retarder sa propre jouissance pour lui lécher la fente. Elle adorait explorer de nouvelles positions, elle si souple et lui si fort, ils pouvaient tout faire. Ce matin-là, elle le voulut pourtant simplement sous elle. Et tandis qu'elle s'empalait sur lui, elle gardait son regard ancré dans le sien.

Les yeux bleus de Jasper, noircis par sa jouissance toute proche, ne lui disaient pas seulement qu'elle lui donnait du plaisir, Alice en était persuadée. Elle voulait encore entendre ce qu'il ressentait pour elle mais ne savait pas comment le lui faire dire. Pourtant, elle ne pouvait plus se taire et attendre.

« Je veux plus, Jasper. » haleta-t-elle.

Elle sentit le sexe de son amant devenir encore plus imposant et elle le laissa imposer un rythme plus lent mais régulier. Elle ralentit tandis qu'il glissait un doigt contre son clitoris sensible. Il jouit en l'entendant crier son plaisir.

« Tout ce que je peux te donner, je te le donnerai. » jura-t-il ensuite en la prenant dans ses bras.

« Pourquoi ? »

« Tu sais pourquoi. » répliqua-t-il, amusé, comprenant ce qu'elle voulait.

« Tu m'aimes ? »

« Je suis fou de toi. » confirma-t-il.

Jasper se dégagea facilement pour la surplomber.

« Je t'aime, Alice. »

« Moi aussi. »

« Alors tout ira bien, ok ? »

« Laisse-moi t'aider, juste un peu. S'il t'arrivait quoique ce soit, je ne m'en remettrais pas. » revint-elle à la charge.

Il ne répondit pas et s'en voulut d'envisager se servir d'elle. Il l'entraina sous la douche pour ne pas rien planifier.

« Dis-moi. » lui demanda-t-elle encore tandis que le soleil se couchait.

« Il faut que je récupère certaines choses, et que je fasse disparaitre quelqu'un. » annonça-t-il, ses yeux fermés parce qu'il avait peur de la réaction d'Alice.

« Seras-tu en danger ? »

« Je suis le meilleur. » se vanta-t-il pour la rassurer.

« Cet homme, hier, a dit qu'on t'avait pardonné. »

Il inspira, cherchant encore un peu de courage. Alice était très perspicace et avait trop bonne mémoire parfois selon lui.

« J'ai foiré ma mission en mai. J'étais mal, à cause de nous, à cause de ce que je t'avais fait. »

« N'y pense plus. J'ai compris. » affirma la jeune femme.

Ils se dirent au revoir peu après, dans leur chambre d'hôtel. Jasper avait surveillé la 23ème rue pendant un quart d'heure depuis la fenêtre avant de laisser Alice partir. Lui emprunta la sortie de secours et retourna dans le Spanish Harlem en empruntant plusieurs détours.

_oOo_

Esmé & Carlisle

Samedi 22 Septembre

« Bonjour M. Cullen. » l'accueillit Carrie à la réception du Chelsea Hotel.

« Bonjour, la chambre est prête ? »

« Oui et nous avons suivi vos instructions. »

« Merci beaucoup. Qu'est-ce qu'il se passe ici ? » la questionna-t-il, amusé.

« Des militants anti-nucléaire, pour la manifestation de demain. On essaie de leur trouver des chambres mais j'ai bien peur que nous soyons complets. » confia-t-elle, en regardant avec inquiétude la vingtaine de personnes, énervées pour la plupart.

Il fila avec la clé et monta deux à deux les escaliers vers la chambre 218. Il posa son sac près de la porte et constata que le champagne était bien au frais dans un seau de glace et qu'un énorme bouquet de roses trônait sur le bureau. Il se précipita vers le téléphone, impatient de parler à Esmé.

« Allo ? » répondit-elle.

« Rejoins-moi, je suis dans notre chambre. » annonça le jeune homme, d'un ton joyeux.

« Je t'avais dit de ne pas venir ! Tu dois économiser ton argent. » s'affola Esmé, depuis son appartement.

« J'avais trop envie de te voir. Je n'ai réussi que deux fois à te joindre par téléphone en un mois. »

Elle comprit qu'elle ne pouvait plus tricher et le laisser espérer. Elle n'aurait pas réussi à lui mentir face à lui, c'était une bonne chose qu'elle fut à l'autre bout de Manhattan.

« Je suis désolée, Carlisle. J'y réfléchis depuis des semaines, depuis que tu es parti. Je n'ai pas la force de vivre de ce genre de relation. » mentit-elle.

« Tu te moques de moi ?! »

« Je t'avais dit de ne pas revenir. » répéta-t-elle un peu plus durement.

« Tu as retrouvé un de tes amants, tu veux dire ! » pesta-t-il.

« En fait, j'ai envie d'être seule. »

« Tu m'as vite oublié. » se désola-t-il, se laissant tomber sur le lit.

« Je n'ai personne. » répéta-t-elle.

Même si cela aurait été plus simple de le lui faire croire, elle n'avait pas le cœur de le blesser ainsi.

« Je suis désolée, Carlisle. Pour tout. »

« Pas autant que moi. »

Il raccrocha et ne put se retenir de fracasser le téléphone contre le mur. Puis se fut la chaise qui subit la rage du jeune homme, et il s'en prit aussi à la télévision. La bouteille de champagne s'éclata au-dessus du lit, les roses furent piétinées.

Il se coupa avec du verre et alla dans la salle de bains mais il ne supporta pas de voir son visage strié de larmes et il frappa de son poing le miroir.

« Mais qu'est-ce qu'il se passe ?! » s'écria Stanley depuis la chambre, un double de la clé en main.

« Je… je vais vous rembourser. » promit Carlisle, en le rejoignant.

« Vous saignez, mon jeune ami ! Je vais chercher un docteur. »

« Inutile, j'en suis un. Enfin j'en serai un. Je n'ai pas besoin d'aide. » grogna Carlisle, agacé par la sollicitude du manager.

« J'envoie quelqu'un pour ramasser les débris. Vous êtes calmé maintenant ? » voulut savoir Stanley.

« Oui. »

Quand deux hommes de l'entretien frappèrent à la porte et furent face aux dégâts, ils ne firent aucun commentaire, ils avaient vu bien pire. Carlisle descendit à la réception, régler par avance sa chambre et assez pour remplacer ce qu'il avait cassé. Il pensa à quitter l'hôtel aussitôt mais il n'avait plus d'endroit où aller puisqu'il s'était fâché avec son père. Il se rendit dans le bar juste en face de l'hôtel.

Vers minuit, il revint dans sa chambre, suffisamment ivre pour se laisser tomber sur le lit et s'endormir comme une masse.

_oOo_

Rosalie & Emmett

Samedi 28 Septembre

La question n'était pas s'il irait ou pas la rejoindre dans leur chambre du Chelsea Hotel. Emmett ne lui avait certes pas répondu le mois précédent quand elle lui avait annoncé son intention de reprendre leur liaison. Il espérait qu'elle souffrirait un peu durant ces quatre longues semaines en se demandant s'il la rejoindrait.

Sa cousine avait appris qu'il y aurait une soirée chez les King et Emmett avait eu l'idée aussitôt de s'y faire engager pour revoir Rosalie. Son objectif était de se dégoûter d'elle pour enfin ne plus ressentir un poignard qui lui crevait le cœur chaque jour. Il avait voulu découvrir son univers hypocrite, décadent, et y coller cette image sur son amante. S'il avait réussi à l'enlaidir rien qu'un peu, il aurait pu oublier sa Rosie et tourner cette page de sa vie.

Son plan ne s'était pas du tout déroulé comme il l'avait décidé. Rosalie était sublime malgré ses allures sophistiquées, à croire que sa beauté n'avait besoin de rien d'autre que de lumière pour rayonner. Elle avait tenu son rôle et avait souri, elle avait pris soin des invités et discuter avec chacun d'eux. Mais avait-il été le seul à avoir décelé la profondeur de sa détresse ? Il n'avait même pas eu à la regarder dans les yeux pour ressentir le malaise de Rosalie, il la connaissait en fait mieux qu'il ne le croyait.

Mais il avait eu la confirmation qu'elle venait d'un milieu qu'il méprisait et qu'elle était entourée de personnes fausses et intéressées. Il avait subi les avances de la sœur et de la mère de Royce, elles en plaisantèrent face à lui sans gêne, d'autres avaient battu des cils, s'étaient penchées pour dévoiler encore plus leur décolleté.

Rosalie lui avait paru un mouton au milieu des loups et il aurait aimé la sauver, l'emmener loin d'eux et la protéger. Mais elle ne voulait pas être sauvée. Non, elle voulait rester prisonnière, en danger de se perdre elle-même, de devenir une louve.

Non, la question n'était pas s'il irait ou pas la rejoindre dans leur chambre du Chelsea Hotel. A seulement quelques mètres de l'hôtel, son sac de sport avec quelques affaires de rechange sur l'épaule, il aperçut deux hommes s'en prendre à un troisième.

Il lâcha son sac et sauta sur l'un des deux agresseurs. Il le balança contre le mur puis l'homme, le visage en sang, s'affala au sol. Le comparse, surpris, se laissa assommer par celui qu'il avait frappé encore quelques secondes plus tôt.

« Ca va, mec ? » demanda Emmett à celui qu'il avait sauvé.

Sa tête lui sembla vaguement familière, il était certain d'avoir croisé ce blond aux yeux bleus plusieurs fois ces derniers mois.

« Tu as fait une sacrée connerie ! » pesta l'autre en essuyant sa lèvre d'où coulait du sang.

« Quoi ? »

« Déguerpis d'ici avant qu'ils ne reprennent connaissance. » continua le blond.

« T'es malade ?! Tu dois voir un docteur et il faut appeler les flics ! »

Le blond se redressa, le regard noir, et il accula Emmett, pourtant plus imposant que lui, contre le mur, le faisant buter sur le corps d'un des agresseurs.

« Ecoute-moi bien, Emmett Mc Carthy, tu vas retourner chez toi à Brooklyn Heights. Ne monte même pas voir ta copine. Ces types là auront assez de balles dans leurs flingues pour vous deux sinon. »

Horrifié, le jeune homme secoua la tête, espérant comprendre la situation dans laquelle il s'était fourré en l'espace de trois minutes.

« Comment tu me connais ? Et Rosalie ? » l'interrogea-t-il.

« Sérieusement ? C'est ça qui t'inquiète ? s'impatienta l'homme. Barre-toi avant qu'ils ne se réveillent. Je ne les empêcherai pas de s'en prendre à toi parce que je me barre tout de suite ! »

« Tu as voulu ma chambre, en mai dernier, c'est ça ? Le texan énervé ? » se souvint Emmett.

« Oui, et tu ferais mieux de m'oublier aussitôt sinon je raconte tout au mari de ta copine. »

Emmett s'en alla en courant, il se retourna une fois au moment de tourner dans la 7ème avenue pour constater que le blond avait disparu et que les agresseurs étaient en train de se relever. Il descendit dans la station de métro toute proche et monta dans la première rame sans regarder où il allait. Une heure plus tard, il était arrivé près de chez lui, à Brooklyn Heights. Il entra dans un café et attendit un quart d'heure pour vérifier qu'il n'était pas suivi.

Il téléphona au Chelsea Hotel depuis le café, il avait mémorisé depuis des mois le numéro. La réceptionniste lui confirma que Rosalie était arrivée en fin d'après-midi et n'était pas sortie depuis. Il soupira de soulagement, il ne lui était rien arrivé mais il avait tout de même besoin de s'en assurer.

« Rosie ? » dit-il quand elle décrocha.

« Emmett ! Tu ne viens pas. » comprit-elle.

« Il m'est arrivé un truc de fou. J'ai du retourner chez moi. » annonça-t-il.

« Tu allais venir ? » demanda-t-elle, sa voix teintée de larmes.

« Bien sûr. Mais tu vas devoir me rejoindre, c'est plus prudent. »

« D'accord. »

« Tu te souviens où j'habite ? » s'enquit-il.

« Oui. Je me… euh… rhabille et je file dans un taxi. A tout à l'heure. »

« Ok. »

Il rejoignit son petit appartement, la peur au ventre à l'idée de mettre en danger sa Rosie si ces malfrats le retrouvaient. Il parvint à se calmer en imaginant ce que Rosalie avait prévu pour tenter de le reconquérir. Mais quand elle arriva, il ne chercha même pas à la déshabiller. Il la regarda longuement, hésitant à prononcer les mots qu'il avait pourtant préparés.

Rosalie sentait que des sous-vêtements sexys ne lui seraient d'aucune aide. Elle devait être honnête avec lui et s'excuser encore. Pourtant, il ne voulut rien entendre, il lui dit qu'il était épuisé et qu'il voulait simplement dormir en la serrant dans ses bras.

Il se souvint qu'elle lui avait dit sortir acheté de quoi manger pour le petit-déjeuner et quand il se réveilla plus tard, Rosalie semblait être en train de ranger sa commode.

« Bonjour, Rosie. » marmonna-t-il tout en se frottant les yeux.

« Bonjour, Em' ! »

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Un peu de rangement, je n'arrivais pas à faire le tour du lit sans marcher sur quelque chose. Tu as beaucoup de journaux, ici. »

« Ne te fais pas de fausses idées, je les garde pour pouvoir lire Garfield. »

« Lire qui ? » le questionna-t-elle, curieuse.

« Tu ne connais pas ? C'est le chat le plus drôle, il est gras, paresseux et sarcastique, il a tout compris à la vie ! »

Rosalie s'exclama de rire et chercha dans les pages d'un journal ce fameux Garfield. Emmett lui fit lire des dizaines d'autres bulles de BD parues chaque jour dans plusieurs journaux du pays depuis un peu plus d'un an.

« Au fait, tu ne t'es pas perdue ce matin ? » la questionna-t-il.

« Non, j'ai fait quelques courses, ton frigo était vide. Viens, tu dois être affamé. »

Il ouvrit son réfrigérateur et déglutit d'appétit et de gêne en le voyant rempli à ras bord. Il y avait du lait, de la bière (sa marque préférée), au moins deux kilos de viande, du beurre, de la crème, des œufs et des yaourts. Sur le petit plan de travail, deux filets étaient remplis des fruits, de conserves, de pâtes, de biscuits.

« Merci, mais tu n'avais pas besoin de faire ça. » lui dit-il en la prenant dans les bras.

Il aperçut alors un poste de télévision, encore emballé, posé sur sa table à manger. Elle le sentit se raidir et suivit son regard.

« Surprise ! » s'écria joyeusement Rosalie.

« Mais… Pourquoi ? Et où as-tu pu acheter une télé un dimanche à huit heures du matin ?! »

« Le vendeur a bien voulu ouvrir sa boutique pour moi. Apparemment, c'est le meilleur modèle en ce moment. Tu es content ? »

Emmett la relâcha brusquement et lui tourna le dos, pour ne pas laisser ses mots dépasser sa pensée.

« Ne me traite pas comme un gigolo ! » s'énerva-t-il.

« Jamais je n'ai voulu faire ça ! s'insurgea-t-elle. Je veux t'aider, je veux que tu sois heureux et tu as beau mépriser les riches, ta vie serait bien meilleure si tu avais un peu plus d'argent ! »

Il resta silencieux et ne se retourna pas, la vue de cette télévision lui donnait la nausée.

« Tu t'épuises à accumuler des emplois et tu vas ruiner ta santé, reprit-elle, radoucie. Je sais que tu tiens à aider ta famille mais qui prend soin de toi ? Pourquoi je ne pourrais pas le faire ? »

« Car ça n'est pas ton rôle ! Tu n'es pas ma femme ! Tu veux rester la sienne ! » s'écria-t-il avant de s'enfuir de sa chambre.

« Je te l'ai dit, c'est compliqué. Je ne peux rien faire. » plaida-t-elle en le suivant.

« Tu me dis que tu t'inquiètes pour moi, tu veux que je vive plus confortablement, que je ne m'épuise pas. Mais tu crois que je ne suis pas fou d'inquiétude pour toi ?! Chaque matin, je me demande si tu t'es réveillée sans hématomes, si tu as dû prendre des drogues pour t'endormir, si tu as du boire pour oublier que tu n'es pas heureuse avec lui ! Ca me tue de ne pas pouvoir être auprès de toi chaque jour, de ne pas pouvoir m'occuper de toi et m'assurer que tu es heureuse. »

« Tu ne devrais pas. Je ne mérite pas que tu te soucies de moi. » renifla-t-elle, émue par sa tirade.

« Le mérite n'a rien à voir. Bon sang, tu ne comprends pas. A ton avis, pourquoi je ressens ça ? J'ai peur que tu disparaisses, ou que tu deviennes comme eux, ou encore qu'il te tue par colère. »

« Je suis assez grande pour me défendre. » tenta-t-elle sans conviction.

« Quand je t'ai vue sortir de cette voiture en juin, c'était comme voir quelqu'un d'autre. Tu dois mentir en permanence pour préserver ce mariage horrible. »

« Pour protéger mes parents. J'ai épousé Royce parce que je me croyais amoureuse de lui. Je n'avais que dix-neuf ans, j'étais naïve et gâtée par la vie. J'ai cru que j'avais cessé de l'aimer parce qu'il n'était pas celui qu'il prétendait être. Mais je sais aujourd'hui que, pas un seul instant, je n'ai été amoureuse de lui. »

Emmett s'assit sur son lit, pensif. Il ne comprenait pas l'obstination de Rosalie à rester liée à un homme détestable.

« C'est ridicule, Rosie ! lâcha-t-il. Nous nous aimons toi et moi, nous avons mis nos sentiments sur la table, il n'y a plus de secrets entre nous. Alors pourquoi tu ne le quittes pas pour moi ? Parce que je suis pauvre ? »

« Non. » répondit-elle sincèrement.

« Je ne te crois pas. »

« Je te le jure. Je n'ai connu qu'une vie sans souci d'argent mais je n'ai jamais cherché à en avoir plus. Je sais que je n'ai pas besoin de beaucoup. »

« Moi j'ai besoin de toi. »

« Moi aussi. Mais en me mariant, j'ai aussi lié toute ma famille à celle de Royce. Si je le quittais et demandais le divorce, mes parents perdraient leur compagnie et se retrouveraient sans un sou. »

« Et alors ? De ce que je comprends, ils t'ont mis entre les pattes de King pour justement s'en rapprocher et profiter de son argent. A mes yeux, c'est comme s'ils t'avaient vendue à lui ! »

« C'est ainsi dans mon monde, Emmett. Les familles s'associent par des mariages et l'amour importe peu. Mes parents m'ont certes poussée vers Royce, mais je me suis laissée séduire volontairement, j'ai accepté de l'épouser. C'est de ma faute, pas celle de mes parents. J'aurais du écouter Vera. »

« Qui ça ? »

« C'était ma meilleure amie, la fille de notre cuisinière. Elle a épousé son petit-ami le jour de ses dix-huit ans. Je l'ai tellement enviée, même si son mari était pauvre, même si ils vivaient dans un petit appartement. Je l'ai enviée et je l'ai détestée d'avoir trouvé l'amour avant moi. Elle a eu un bébé rapidement, en le voyant, j'étais rongée par la jalousie et Royce est arrivé à ce moment. Je n'ai pas invité Véra à mon mariage, je lui ai tourné le dos. Je suis horrible. »

« Tu as grandi depuis. » la défendit-il même s'il était déçu de ses actions passées.

« Depuis toi. Tu m'as ouvert les yeux, tu m'as faite découvrir l'amour et le bonheur. Mais c'est si dur de ne pas te voir chaque jour, de ne pas me réveiller à tes côtés. Je n'ai pas de solution pour nous, juste ces instants volés. Et tu ne mérites pas ça. Tu mérites tellement plus. »

« Arrête de parler de mériter ou non. Je te veux, je t'aime. »

« Je t'aime aussi. »


Quel couple vous a plu cette fois-ci ? Qu'avez-vous pensé de la demande en mariage d'Edward et de la réaction de Bella ? Quels secrets cache-t-elle encore à Edward ? Alice comprend un peu plus ce que fait Jasper, mais va-t-elle rester malgré le danger ? Que pensez-vous de la rupture d'Esmé et de Carlisle ? Ces deux-là seront-ils un jour heureux ? Emmett et Rosalie se sont retrouvés mais ne sont pour autant pas vraiment ensemble. Rosalie se sortira-t-elle de ce mariage avec Royce ? J'attends vos avis avec impatience !