Note : Ceci est une traduction dont j'ai obtenu l'autorisation de la traduire.
Auteur:Cheryl Dyson
Titre : Chains of Earth
Rating/ Paring :M Slash HD
Disclaimer : Malheureusement tous les personnages appartiennent à J.K Rowling et l'histoire à Cheryl Dyson
Note : Merci à Anabanana94 pour sa correction.
Chapitre Neuf
J'aurais pu naître dans un taudis,
mais j'aurais été déterminé à voyager
avec le vent et les étoiles.
-Jackie Cochran
Harry traversa le long vestibule recouvert d'une moquette épaisse, à peine conscient qu'il était suivit par un elfe de maison mais trop préoccupé pour jouer avec lui en touchant les différents vases et statuettes qui défilaient tout en marchant. Enseigner à Malfoy le charme pour écrire sur une plume avait presque été… amusant. Qu'est-ce qui avait changé ?
Pendant un instant, il eut envie d'appeler par Cheminette Kreattur et d'annuler le dîner mais il savait que l'elfe serait contrarié pendant plusieurs jours si Harry s'excusait de ne pas pouvoir être présent à l'heure du repas. Et la pensée de manger avec Narcissa Malfoy était plutôt un coupe-faim. Elle demanderait sans doute à Harry de relater chaque détail de l'affaire et il n'avait pas grand-chose à dire.
Harry s'arrêta en haut des escaliers et jeta un coup d'œil derrière lui, comme s'il s'attendait à voir Malfoy tapis dans l'ombre. Il grimaça face à son vœu pieux. Le couloir était vide. Même l'elfe était invisible, s'étant sans doute rapidement caché avant que Harry ne se soit retourné.
Il soupira et descendit les longs escaliers, marchant lentement quand il remarqua une grande galerie de photos accrochées sur un mur de la cage d'escalier. La plupart d'entre elles étaient des portraits de Draco plus petit. Harry sourit tout en les regardant attentivement, sachant que Malfoy serait mortifié à l'idée de Harry admirant ses souvenirs d'enfance. Il y avait Malfoy volant joyeusement sur un balai dans la cour; en bébé aussi, roucoulant avec joie tout en secouant un hochet qui avait l'air très Serpentard. Et Malfoy devant le Poudlard Express, probablement lors de son premier jour d'école. Harry fixa ce dernier pendant un moment alors que ses pensées divaguaient vers cette journée. Est-ce que les choses auraient été différentes s'il avait rencontré Draco avant Ron ?
Il fronça les sourcils en se souvenant du jeune Draco lui tendant une main amicale alors que Ron se tenait fermement à côté de lui, le poussant à refuser l'offre du blond. Maintenant, les rôles étaient inversés et c'était Harry qui lui demandait d'être son ami pendant que Ron… et bien, Ron était un peu partit à la dérive. Il se mordit la lèvre, se demandant s'il cherchait simplement un remplacement pour Ron; quelqu'un qui guérirait la blessure laissé par la perte de son meilleur ami.
Ses pensées revinrent vers Draco et une envie subite lui coupa presque la respiration. Bordel, apparemment il n'essayait pas de remplacer Ron. Il voulait le blond d'une manière tout à fait différente —l'amitié n'avait rien à voir.
Harry porta la main à sa robe et sortit la plume tout en continuant de descendre les escaliers. Il l'a caressa doucement, s'émerveillant face à sa douceur. En bas des escaliers, une photo attira son attention et il marqua une pause pour la regarder avec admiration.
Elle avait dû être prise récemment, car Malfoy était comme maintenant —sans les ailes, évidemment. Il était devant une cheminée que Harry n'avait jamais vue auparavant, sculptée d'une façon complexe dans un marbre noir. Les cheveux pâles de Malfoy contrastaient avec le fond sombre, tout comme ses mains qu'il avait mises sur sa cape noire.
Alors qu'il regardait toujours le tableau, Malfoy tourna sa tête vers l'appareil photo et un sourire se forma sur ses belles lèvres. Harry ne lui avait jamais vu cette expression de joie auparavant. Harry se demanda ce qui avait rendu Malfoy si heureux —il pensa que le blond allait rire mais le mouvement s'arrêta et il regarda au loin comme au début.
Harry le fixa longtemps, le cœur battant à toute vitesse chaque fois que les yeux argentés s'illuminaient. Putain, il était mal. Il s'approcha et retraça les bords de la photo, souhaitant rentrer dedans et souhaitant encore plus fort qu'il soit la cause d'une telle expression sur le visage de Draco Malfoy.
Ses doigts s'égarèrent sur la photo pour retracer le contour du visage de Malfoy, content que les photos soient plus stagnantes que les portraits —il ne devait pas s'inquiéter de voir l'expression de Malfoy devenir glaciale ou s'en aller dans un autre portrait.
"Auror Potter ?" entendit-il et il retira rapidement sa main d'un air coupable. Il avait l'impression d'être un enfant prit la main dans le bocal de sucreries quand ses yeux rencontrèrent ceux de Narcissa Malfoy. Il se força à ne pas bégayer et y réussit —avec peine.
"Mme Malfoy."
"Auror Potter, y a-t-il une raison particulière pour que vous caressiez la photographie de mon fils ?"
Harry essaya d'effacer la rougeur qu'il affichait en essayant vainement de penser à une réponse à sa question. Heureusement, il n'eut pas à le faire car elle se retourna dans un froissement de robe.
"Venez avec moi," ordonna-t-elle.
Harry aurait largement préféré faire un tour d'Azkaban, mais il la suivit docilement. Son esprit marchait à toute vitesse. Avait-il vraiment caressé la photo de Malfoy ?
Elle marcha pendant un moment jusqu'à ce que Harry pensât qu'elle le menait probablement aussi loin que possible de Draco. Quand elle entra finalement dans une pièce faiblement éclairée, il regretta que le manoir ne soit pas plus grand juste pour retarder de quelques minutes cette conversation inévitable. Elle alluma un feu d'un sort murmuré et les flammes vacillèrent. La cheminée était plus grande que celle dans la salle commune de Gryffondor à Poudlard et Harry se demanda combien de temps ça prendrait pour que ce feu gigantesque réchauffe la pièce, qui était vraiment froide. La lumière des flammes n'atteignait pas les bords de la pièce; ce qui faisait froid dans le dos.
"Asseyez-vous s'il vous plaît, Auror Potter," dit-elle aimablement et elle s'assit avec la même grâce qu'il avait souvent admirée chez son fils.
Harry s'assit. Le sofa était noir et il espérait ne pas s'être assis dans un endroit trop sombre.
"Alors. Parlez-moi de votre enquête," continua-t-elle.
Avec soulagement, Harry se lança dans des babillages sur ce qu'il avait fait et ses recherches sur les agresseurs de Draco. Il parla des gens suspectés, des alibis et de l'impasse dans laquelle il s'était retrouvé après avoir vérifié la liste des suspects. Il fut sur le point de raconter les détails de leur découverte des potions de Pokeby mais Harry retint sa langue. Il se souvint que Draco lui avait parlé de l'obsession de Narcissa à trouver la potion afin de faire un remède. Si elle savait sur quoi Draco et Hermione travaillaient, elle mettrait certainement son nez dedans et cela les rendraient complètement fou. Si Draco voulait qu'elle soit au courant, il lui en aurait sûrement parlé, non ?
"On dirait que vous n'ayez rien trouvé."
Harry rougit. Ils avaient trouvé quelque chose et Harry pensait que cette fois ce n'était pas une perte de temps. "C'est assez difficile. Mais je ne renoncerais pas," lui assura-t-il.
"Non, j'imagine que non," dit-elle doucement. Il y eut un long silence et Harry essaya de penser à quelque chose pour le combler, mais il avait déjà parlé de tout. "Dites-moi, Auror Potter. Que ressentez-vous pour mon fils ?"
Harry rougit encore une fois et détourna le regard. Il leva une main pour la passer dans ses cheveux mais il la rabaissa d'un air coupable. Il posa ses doigts sur ses cuisses, résolu à les garder là et sentit ses paumes devenir moites. "Je… Et bien, je l'aime bien," dit Harry sans conviction.
"Vraiment ? Il semble que vous l'aimez un peu plus que cela en jugeant par votre expression quand vous regardiez son portrait. Etes-vous tombé amoureux de lui ?" La question était brusque et complètement inattendue. Harry avait toujours cru que les Serpentard étaient incapables d'être direct.
"Bien sûr que non!" répondit-il.
"Qu'est-ce que c'est, alors ? Avez-vous un penchant pour les créatures ? Une faiblesse pour les bizarreries ? J'ai entendu parler d'hommes avec des tendances bizarres, attirés par les sirènes, les centaures ou d'autres espèces." Harry en resta bouche bée, stupéfié par ses mots et le ton calme de sa voix. "Draco m'a dit que vous aviez repoussé ses tentatives d'amitié à l'école. Vos sentiments ont-ils changé maintenant qu'il ressemble à un monstre ?"
Harry se releva alors que la colère s'affichait sur son visage. "Ne l'appelez pas comme ça!" dit-il hargneusement.
Narcissa se leva aussi et se mit devant lui tout en lui lançant des regards noirs. Elle était intimidante en dépit du fait qu'il était plus grand. Il savait qu'elle pouvait rapidement sortir sa baguette car elle devait être quelque part sous sa manche. Sa voix était venimeuse. "C'est un monstre, M. Potter. Il est moins qu'un animal et je ne le tolérerai pas!"
"Je fais tout ce que je peux!" répliqua Harry.
"Bien sûr. En dépit de votre attraction envers mon fils dans son état actuel, M. Potter, vous feriez mieux de faire tout votre possible pour qu'il redevienne normal et que ses agresseurs soient traduit en justice."
Harry se força à desserrer ses poings fermement serrés. "Je ferai mon travail, Mme Malfoy."
Elle se mit bien droite et un masque de froideur sembla s'installer sur ses traits furieux, arborant une expression calme. "Je l'espère, M. Potter. Pour votre bien."
"Que voulez-vous dire?" demanda-t-il, notant que pendant un instant elle avait perdu son contrôle de soi.
Elle haussa les épaules et se dirigea vers la cheminée. "Je vous rappelle simplement que Lucius sortira bientôt d'Azkaban. J'ai réussi, jusqu'ici, à garder secret la condition de Draco. Ca ne le restera pas longtemps. Moi-même je sais que je ne pourrais pas garder Draco enfermé au manoir, en cage comme n'importe quel animal."
Harry ravala une réponse furieuse, pour lui faire remarquer qu'elle traitait Draco d'animal il y a quelques instants.
"Je ne serai pas responsable des actions de Lucius si la nouvelle lui parvient à Azkaban."
Les yeux de Harry se rétrécirent. "Que peut-il faire d'Azkaban ?" demanda-t-il sèchement.
Narcissa Malfoy se retourna et fixa avec fermeté Harry. Elle ressemblait à une flamme devant la lumière vacillante du feu, belle et mortelle. Un sourire orna ses lèvres et un frisson parcourut Harry. Lucius avait-il du pouvoir de sa cellule de prison ? Les yeux de Harry se rétrécirent. La fortune Malfoy n'avait pas du tout souffert pendant l'emprisonnement de l'aîné Malfoy. Harry se promit de faire quelques recherches parmi le personnel d'Azkaban.
"Bonne nuit, Mme Malfoy," dit-il fermement.
"Bonne nuit, M. Potter," dit-elle doucement. "Je pense que vous trouverez la sortie ?"
Harry acquiesça brièvement, tourna les talons et quitta le manoir Malfoy aussi vite que possible.
Ce n'était vraiment pas l'une de ses meilleures journées.
~~ O ~~O ~~
Draco n'avait pas grand chose à faire quand Potter et Granger n'était pas là. Il passa la moitié de la journée à transformer un ancien atelier en laboratoire de potions avec l'aide de plusieurs elfes de maison, évidemment, bien qu'il pense que ça aurait été plus facile qu'il place les meubles lui-même, plutôt que de l'ordonner aux elfes en espérant qu'ils les placent aux bons endroits.
Quand la pièce fut prête, il envoya un elfe chez l'Apothicaire pour les ingrédients, les fioles, les bocaux et d'autres ustensiles. Certains articles seraient impossibles à se procurer par les filières normales, d'où la tentative de Granger de les localiser au Ministère ou d'autres endroits. Elle avait régalé Draco avec le récit de la conception du Polynectar durant leur deuxième année à Poudlard —deuxième année! Il avait été impressionné, à contrecœur, mais pas du tout amusé de savoir qu'il était le catalyseur de la réalisation de cette potion. Cependant, si elle avait trouvé les ingrédients pour du Polynectar en tant qu'étudiante de deuxième année, Draco ne doutait pas qu'elle trouverait ce dont ils avaient besoin maintenant qu'elle avait grandie et qu'elle était devenue plus sournoise.
Quelques-unes des potions de Pokeby étaient relativement simples, donc Draco utilisa son temps libre pour les préparer. En vérité, ça lui avait manqué de faire des potions. Le processus de découper les ingrédients, les mesurer soigneusement, les diviser et les aligner selon leur ordre d'utilisation… tout cela était satisfaisant d'une façon ou d'une autre et relaxant. Il ressentit soudainement une pointe de parenté avec Severus Rogue. L'homme avait toujours l'air furieux et tendu, sauf quand il concoctait des potions. Dans ces rares moments, la rage amère semblait complètement fondre et laisser place à une énergie curieuse et magique. Draco pensa que Snape n'avait été heureux qu'en faisant des potions.
Quand une fiole fut remplie et que deux chaudrons attendaient qu'on rajoute les derniers ingrédients, Draco se redressa et se massa le bas du dos. Il prit note d'utiliser des chaises plus confortables. Évidemment, choisir des tabourets en bois était un souvenir subconscient des normes ergonomiques de Poudlard. Après avoir nettoyé ses mains d'un sort rapide, il ferma son nouveau laboratoire et remonta les escaliers en direction de sa chambre.
Un elfe de maison l'informa que Narcissa était sortie, à son grand soulagement. Le dîner d'hier soir avait été très tendu, rendu encore plus insupportable par un interrogatoire poussé sur Potter. Elle avait plusieurs fois demandé à Draco s'il croyait que Potter faisait son travail correctement et elle suggéra même qu'ils trouvent quelqu'un d'autre de plus convenable pour traiter le cas de Draco. Il l'avait fixé complètement stupéfiait.
"Qui peut être plus approprié que l'Elu, Mère ? C'est toute sa vie de réparer les injustices."
"Et s'il ne voit pas ta condition d'un si mauvais œil ?" demanda-t-elle énigmatiquement.
Draco fronça les sourcils, réfléchissant à son commentaire. Était-ce possible qu'il s'en foute ? C'était plus que probable qu'il pense que Draco méritait ce qui lui arrivait, mais est-ce que son besoin d'autosatisfaction l'empêcherait de faire son travail ?
Bizarrement, le souvenir où il tenait fermement Potter dans ses bras revint, le faisant rougir quand il se rappela de l'Auror dormant sur ses genoux. Les cheveux de Potter avaient été très doux quand ils avaient glissé contre la gorge de Draco. Il s'était senti étonnamment bien de s'occuper de Potter. Il sourit face à la pensée de l'Auror passant sa main dans ses plumes. Ce conard semblait être obsédé par le fait de toucher ses ailes. Peut-être que sa mère avait raison —Potter semblait l'aimer beaucoup plus en tant que créature.
Draco se débarrassa de ses pensées ennuyeuses. Il avait confiance envers l'Auror pour faire son travail, malgré tout, surtout avec l'aide de Granger. Elle s'était lancée dans ce projet avec tout l'enthousiasme d'une Serdaigle obsédée par la recherche. Draco ne doutait pas qu'elle aurait atterrit dans cette Maison si elle n'avait pas eu de penchant à se lancer dans le danger comme chaque Gryffondor. Comme Potter.
Arrête de penser à Potter, s'admonesta-t-il brusquement.
Un coup d'œil par la fenêtre lui indiqua qu'il neigeait de nouveau. Cette vue ne le déprimait pas, pour une fois. Ca voulait dire qu'il pourrait voler sans être vu. Avec un peu de chance, l'air froid l'aiderait à s'éclaircir les idées et enlever de son esprit la personne à laquelle il ne voulait pas penser plus longtemps.
~~ O ~~O ~~
Harry regarda l'épais dossier devant lui et soupira. Il était posé sur son bureau en arrivant, ce qui n'était jamais un bon signe, parce que cela signifiait que Kingsley était arrivé tôt. Ca signifiait aussi qu'une note de service arriverait… maintenant. Un papier rouge passa la porte de Harry, la couleur annonçant l'urgence du message.
Dans mon bureau. Apportez le dossier.
Harry regarda avec envie la tasse de thé qu'il n'aurait pas la chance de finir. Kingsley était très carré. Et impatient. Il était très impatient. Harry but rapidement une gorgée de thé, attrapa le dossier et se dirigea vers le bureau du Ministre.
Une fois là-bas, Kingsley voulait l'envoyer en mission à Oxford où plusieurs voleurs avaient cambriolés des magasins Moldu. Ca avait pris du temps au Département de Maintien de l'ordre Magique pour comprendre que les voleurs étaient sorciers, mais c'était devenu évident après qu'un sort d'Oubli raté eut pour résultat qu'un Moldu déclama que des extraterrestres habillés en robe étaient entrés de force dans son magasin et l'avaient menacé avec "un bâton rayonnant".
Malheureusement, les voleurs avaient été rapides et imprévisibles. Les Aurors les avaient cherchés pendant plusieurs heures, revenant toujours les mains vides.
"Les Oubliators essaient déjà de nettoyer ce désordre, mais ça se passe au Marché de Covent Garden. Nous devenons fou à essayer de maîtriser les Moldus; plus j'envoie de personnes et plus ils deviennent méfiant. J'ai besoin de quelqu'un connaissant les Moldus et toutes les personnes aptes sont déjà sur le terrain."
Harry se retint de se plaindre. C'était le genre de mission qu'il détestait. Les Moldus seraient nerveux, les sorciers feraient tout leur possible pour se fondre dans la masse, ils en ressortiraient complètement lessivé et tous les indices seraient perdus dans la confusion.
Et par-dessus le marché, Harry avait passé la moitié de la nuit à réfléchir à la conversation qu'il avait eu avec Narcissa Malfoy. Il avait vraiment besoin de sommeil et tout ce qu'il voulait faire c'était vérifier s'il n'y avait pas des choses louches à Azkaban. Il voulait voir Malfoy aussi. Il n'était pas sûr s'il devait lui parler ou pas de la confrontation avec sa mère. Bon, il ne lui raconterait pas tout, évidemment, mais il était possible que Malfoy soit conscient que le bras droit de son père puisse atteindre la prison…
"Écoutez-vous, Potter ?"
Harry sortit de sa rêverie et se mit debout. "J'y vais immédiatement."
"Courage, Potter, au moins ça vous changera un peu de l'affaire Malfoy."
Harry ravala un commentaire. S'il disait qu'il voulait vraiment être en charge du dossier Malfoy, ça engendrerait certainement des questions auxquelles il n'était pas prêt à répondre. Il sortit du bureau du Ministre sans dire un mot.
Quand Harry revint, il était presque neuf heures du soir et il était complètement épuisé, affamé, contusionné et irrité. Ca avait été pire qu'il s'y était attendu. Il y avait eut des sorciers partout, certains d'entre eux étaient envoyés par le Ministère mais en particulier il y avait eu beaucoup de reporters peu scrupuleux qui avaient récemment harcelé le Ministère et le Bureau des Aurors. Ils s'en étaient donnés à cœur joie quand Harry était arrivé, l'entourant et rendant son travail encore plus difficile.
Les Oubliators énervés n'avaient pas été mieux, fixant continuellement sa cicatrice et babillant de façon incohérente. Harry s'était demandé pourquoi ce damné Kingsley n'avait pas envoyé des personnes plus âgés avant qu'il se souvienne que plusieurs d'entre eux avaient pris des congés maintenant pour être présents lors des vacances —une période très intense pour le Département de la Justice Magique. Évidemment, ça signifiait que Harry était coincé avec ses subordonnés et ceux avec qui il ne travaillait rarement avec, pour dire jamais. Entre les reporters, les sorciers bouche bée et les Moldus perturbé, Harry avait été tenté de Stupéfier la plupart d'entre eux et de les emmener au quartier général pour faire le tri.
Naturellement, il n'avait pas fait une telle chose et avait passé huit heures à agir de la manière la plus diplomatique possible. Tout ça lui avait donné un terrible mal de tête. Il avait passé la dernière heure à regarder la sécurité Moldu prendre des dépositions pour essayer d'avoir avec un peu de chance des informations sur les voleurs, quelque chose dont les sorciers n'avaient pas penser. Même si certains d'entre eux étaient nés de Moldu, ceux qui travaillaient au Ministère semblaient avoir complètement oublié leurs racines dès qu'ils avaient passé les portes de l'école à onze ans.
Cette tentative avait été payante, tout du moins. Harry avait une bonne description de deux des coupables. C'étaient des adolescents, ce qui n'était pas surprenant —la plupart des sorciers adultes restaient fermement loin des habitations Moldus et ne penseraient même pas à rentrer dans un centre commercial Moldu, même pour voler. L'un des garçons avait un air très familier. Harry avait imprimé plusieurs dessins des coupables avec l'intention de les faire circuler dans le Ministère. Malgré le fait que les images ne bougeaient pas, avec un peu de chance quelqu'un reconnaîtrait les garçons. Apparemment, ils avaient volé de l'argent Moldu. Les autres sorciers s'étaient moqués de cette idée, mais Harry pensa que les garçons utilisaient l'argent pour acheter des marchandises et la revendre au peuple sorcier. Plusieurs objets Moldu étaient de grande valeur dans le monde sorcier, même des choses banales comme le papier. Bien que les sorciers louaient la vertu du parchemin, rien ne valait un morceau bien lisse de papier de fabrication Moldu, surtout en considérant la variété des couleurs et des formes.
Harry laissa les portraits à une secrétaire et fit le point ensuite avec Kingsley, qui était encore dans son bureau, ce qui agaça grandement Harry. Ce dernier s'affala dans une chaise et fit un rapport verbal, même s'il passerait la moitié de la nuit debout pour en faire un par écrit. Il regrettait de ne pas avoir l'intérêt de Hermione pour écrire les rapports. C'était vraiment une perte de temps ennuyeuse. Malheureusement, Kingsley ne le voyait pas de cette façon.
"Je suis sûr que j'aurais un rapport sur mon bureau avant demain midi. À propos, j'ai reçu une demande de vous retirer d'un certain dossier pendant que vous n'étiez pas là."
Harry se frotta les yeux. "Quel dossier ?" demanda-t-il. "Je n'en ai qu'un…" Il releva brusquement la tête et regarda Kingsley, sa vision un peu floue. Il remit ses lunettes et lança un regard furieux au Ministre, qui acquiesça.
"Narcissa Malfoy s'inquiète du manque de résultat sur le dossier de son fils."
"Ca ne fait qu'une semaine!" protesta Harry.
"C'est ce que je lui ai expliqué et je l'ai informée que ce genre de situation prenait du temps. Elle a accepté de ne pas vous retirer du dossier, mais elle a exigé que vous trouviez quelque chose de concret sinon elle déposera une plainte au Magenmagot."
Harry pâlit. Il n'avait aucun doute qu'elle le ferait. Il se demanda à quel point elle serait impitoyable à propos de Harry "caressant" la photographie de son fils. Même une brève mention de cela provoquerait une véritable avalanche de spéculation dans la presse. Serait-elle prête à mettre Draco dans cette situation ? Cette pensée le détendit légèrement. Il doutait qu'elle fasse quelque chose qui entacherait le nom de Draco.
"Nous sommes sur une piste," dit Harry à contrecœur. "Je n'en ai tout simplement pas parlé à Mme Malfoy. Draco est au courant de ce que nous avons découvert. Je crois que la décision finale de si je dois rester ou pas sur le dossier est sienne."
"Nous ?" demanda brusquement Kingsley. " S'il vous plaît, dites-moi que vous n'avez entraîné personne d'autre dans ce cauchemar ? Je parlerais de votre grande confidentialité à Narcissa Malfoy."
"Bien sûr que non!" répondit rapidement Harry et maudit son incapacité de mentir alors que ses joues chauffaient légèrement. "Je voulais dire Draco et moi. Lui et moi. Nous." Harry passa une main dans ses cheveux et Kingsley le regarda comme un hibou.
"Tout cela ne doit en aucun cas devenir un total foutoir, Harry. Et vous devrez me fournir quelque chose de béton dans les deux jours qui viennent ou je vous retire moi-même le dossier."
Ainsi congédié, Harry retourna dans son bureau, complètement abattu. Il jeta un coup d'œil à l'horloge et se rendit compte qu'il devait être probablement trop tard pour appeler Malfoy, même s'il pourrait donner une bonne raison. En vérité, il devrait probablement rester loin du blond ailé avant que son étrange attraction ne lui cause plus de problème.
Quand il fut finalement chez lui, tard dans la nuit, un hibou l'attendait. Après avoir cajolé le méchant hibou de Hermione — et gagner une morsure douloureuse — il ouvrit le message et le déroula pour le lire.
H, j'ai trouvé plusieurs ingrédients dont nous avons besoin. Je serai avec notre ami commun demain pour essayer de reproduire "tu sais quoi". Envoie-moi un hibou si tu as besoin de moi. H
Harry froissa le message dans sa main et chassa Curie par la fenêtre après lui avoir donné une friandise pour hibou. Il se rappela de la façon enjouée dont Hermione et Draco avaient collaboré la dernière fois qu'il les avait vus. Il ne voulait pas les laisser passer un autre moment seul tous les deux.
Tout en se mettant en pyjama, Harry se dit qu'il était vraiment stupide. Hermione ne tomberait jamais amoureuse de Draco et même si c'était le cas, ça n'était pas ses affaires. Ce n'était pas comme si Malfoy s'intéresserait un jour à lui. Bordel, Hermione avait plus de chance que lui. Harry devait être un bon ami, prendre du recul et oublier sa jalousie irrationnelle.
Avec cette pensée joyeuse, Harry rampa entre les draps et s'endormit rapidement de fatigue.
~~ O ~~O ~~
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