Auteur : Luinil Azurétoile
Base : Hikaru no Go Xover réalité
Genre : Heuuuu… Vous êtes vraiment sûr d'en vouloir un ? Bon, ok ! Délire total, alors ! Total et hystérique. -
Disclaimer : ( Haaaan… Qu'est-ce que je peux détester ce truc… Mais bon, quand y faut, y faut ! )
Luinil, voix ânonnante :
Les-persos-de-HikaGo-ne-sont-pas-à-moi… ( Ayé, c'est fait. T-T )
C'est dommage quand même, j'aimerais beaucoup en
avoir certains sous la main… # bave copieusement #
En revanche, étant donné que Rin est à moi, on touche pas sans permission ! Hin hin hin !
Avertissement : Pour ceux qui ont pas vu toute la série, SPOILERS ! Et pour les fans, désolée de décevoir : pas une trace de yaoi prévue, là dedans. -.-;;;
Résumé : Mieux vaut éviter les pensées "se serait bien, si...". Ce genre de chose se retourne systématiquement contre vous ! C'est ce qu'à découvert Rin à ses dépends. Elle qui s'était dit qu'avoir l'aide d'un fantôme tel que Saï, pour progresser au Go, pouvait être amusant, la voilà propulsée dans l'univers de HikaGo. Et hantée par ledit fantôme, par-dessus le marché ! Si encore, l'un comme l'autre, ils avaient une toute petite idée de ce qu'on attend d'eux...
Notes techniques : Les paroles en italique,
c'est virtuellement "en français dans le texte", mdr.
Et celles entre #…#, correspondent aux conversations
mentales avec Saï. Valà, maintenant, vous êtes parés, yerk, yerk, yerk !
Reviews : Tsssss ! ffnet a encore changé des trucs qu me bousille ma mise en page. Y'a plus moyen de mettre des lignes à vide avec juste des points. COMMENT JE FAIS POUR RENDRE LES BLOCAGES DES PERSOS MOI ! Enfin bon... Je m'égare... v.v;
(Edité depuis... )
S.L.I.A : Bon, chuis sauvée ! Ouf ! Heuuu… Rin reste très dubitative devant son prix. Elle me dit te demander si elle doit aller se pendre tout de suite ou pas… Mais t'as fini de faire déprimer mes OC ! C'est un truc que je peux très bien faire toute seule ! Mdr ! Biz !
Naera : Heu… magnifique ? Je sais pas si le terme est très juste. "Franchement atteint", là oui, je serais plus d'accord. XD Contente que ça t'amuse toujours autant. Bisous !
Emilie : Je serais toi, je voudrais pas trop la voir la tête d'Ogata. Dans le genre dangereux, heu… il se pose là, mdr. C'est pas le genre de gars que j'aimerais mettre en colère. Mais Rin est suicidaire. -.- ;;; Je te promet l'arrivée d'Akira pour le chap suivant, alors va falloir être patiente. ;) Kissu !
Rynn : Nan nan, elle est pas folle. Mais le stress a des effets bizarres sur elle. C'est rigolo ! ( Le savant fou face à une nouvelle expérience. ) Mdr ! Biz !
Anima : Lol, j'étais inquiète dans l'attente du verdict. Mais en fait non. Ouf ! Ben oui : l'abus de fics débiles est dangereux pour la santé. Il paraît qu'on devient trop vite dépendant à ces petites bêtes. ;) Kiss !
Chapitre 9 : Concordance
– Et ça, je te le range où ?
– L'étagère à gauche. Tout en haut.
Je tire l'escabeau à l'endroit correspondant, avant d'y grimper avec un carton rempli de boîtes de conserve. Je cale le carton entre moi et l'étagère, avant de ranger soigneusement les boîtes, une à une.
Un peu plus loin, Lia achève de checker sa dernière livraison, tout en servant les clients qui entrent.
Elle m'a embauchée officiellement, même si j'ai tout fait pour que mon aide au magasin reste au stade "service".
– Je veux pas d'ennuis, et puis de toute façon, j'avais déjà prévu de prendre un employé, avait-elle dit. Alors autant que ça soit toi. De toute façon, même quand tu seras pro, il te faudra un autre job en parallèle, au moins au début, non ?
J'avoue, j'ai trouvé mon maître, niveau entêtement. J'ai cédé : une fois officiellement pro, je laisserai mon "baïto" de serveuse, mais je garderai celui d'aide chez Lia. Etant donné que je passe pratiquement ma vie chez elle quand j'ai du temps libre… ça va pas me changer grand chose…
J'en fini avec mon carton, et redescend en chercher un nouveau. Lia en attrape un second, profitant d'une accalmie entre les clients, pour accélérer le rythme de rangement.
– Quand est-ce qu'on se refait une sortie "boîte" avec Asumi ? me demande t-elle tout à coup, deux présentoirs plus loin.
– Attend voir… Elle est en tournoi pour l'instant. Elle a pas trop de temps libre…
– Zut… Me serais bien défoulée un peu, moi… ( Elle laisse passer un temps de silence qui n'augure rien de bon. ) Pourquoi on embarquerait pas tes supers copains ?
– Heuuuu… Nan.
– Pourquoi pas ?
– On va dire que pour la sécurité morale et physique d'Isumi, c'est un mauvais plan.
– Aaaaaah ! Le FAMEUX Isumi… Quand est-ce que tu me le présentes ? Depuis le temps que tu m'en parles, j'ai bien envie de voir de quoi il a l'air. Pis les autres aussi tant qu'à faire.
Looool. M'aurait étonné, aussi.
– Quelque chose d'autre à proposer, qu'une sortie en boite ? je lui demande.
– Mmmh… Un repas typiquement français, un de ces quatre ?
– Y'aurait moyen de s'amuser.
– N'est-ce pas.
On éclate de rire en chœur.
C'est le moment que mon portable choisi pour sonner. Les premières notes d'"Hitomi no Chikara" résonnent. Oui, au risque de vous surprendre, cette chanson existe toujours dans cette dimension. Sauf qu'il s'agit juste d'un single comme un autre, et non plus le générique d'un certain Anime sur le Go.
Et celle-là, c'est la sonnerie que j'ai réservée à Isumi.
J'attrape mon portable en quatrième vitesse, sous le regard goguenard de Lia.
Keskimveuuut !
– Moshi moshi ! Rin desu !
« – Isumi des'. Ça va ?
– Heu… oui. Qu'est-ce qui t'arrive ?
« – Tu es où, là ? »
– Ben heu… chez une copine, pourquoi ?
« – Je suis devant chez toi. Et je m'inquiétais un peu de pas avoir de réponse quand je sonnais. »
– Hein ? Mais, on avait rendez-vous qu'à… ( coup d'œil rapide à ma montre. ) cinq heures ! OH MISERE, CHUIS A LA BOURRE ! CHUIS DESOLEE, J'AI PAS FAIT GAFFE A L'HEURE !
Il éclate de rire à l'autre bout du fil.
– J'arrive ! Chuis là dans dix minutes ! Scuse-moua !
« – C'est si près que ça ? Je peux passer te chercher, au point ou j'en suis. »
– Maismais, mais non !
« – Mais si, ça m'occupera. Où c'est ? »
La mort dans l'âme, je lui explique où trouver "Un p'tit bout de France".
« – A tout de suite ! » conclut-il en raccrochant.
Je me tourne vers Lia en soupirant :
– Je suis la dernière des connes. J'ai pas de cervelle : j'ai complètement zappé que je devais aider Isumi sur son Français, à cinq heures tapante.
– Ah ouais. Il est pas loin de vingt. Pas mal comme retard stratégique.
– Va chier.
– Et du coup ?
– Il passe me chercher. … Achetez moi un cerveau, pitié.
– Un réveil ça sera aussi utile, et vachement moins onéreux. ( Je lui lance une grimace de remerciement face à ce joyeux "enfonçage de clou". ) N'empêche, rit-elle, ça se fait pas de laisser l'homme de ses rêves poireauter sur son pallier.
– Va mourir. C'était pas voulu.
– Bon côté des choses : je vais enfin voir la tête qu'il a.
– Ben tiens.
– Allez ! Dix minutes, ça laisse juste le temps de boucler le rangement !
Et elle me refile un nouveau carton en rigolant. Je retourne m'immerger dans les rayons, notant au passage que mon amie prend deux secondes pour lancer la bouilloire électrique derrière le comptoir, et préparer deux mugs.
Finalement, au bout de quelques minutes, ( le temps de ranger ces fichus paquets de gâteaux ), on se retrouve à papoter tranquillement, en plongeant régulièrement le nez dans un cappuccino fumant.
Je fais à peine attention au carillon de l'entrée, trop occupée à raconter je ne sais plus quelle histoire stupide. Mais le sourire rêveur de Lia m'interromps rapidement.
– Te retourne pas tout de suite, y'a un mec top canon, qui vient de passer la porte, murmure t-elle, avant de boire une gorgée de liquide brun.
En général, on parle japonais entre nous, pour que Saï puisse profiter de nos délires. Ou donner son avis, si jamais il en a envie. Le seul cas où on revient au français, c'est quand on veut faire des commentaires à ne pas mettre à portée de toutes les oreilles.
En général, c'est quand ça tombe au niveau des "conversation bishôs".
"Mec top canon"… Ça serait pas Isumi, ça ?
Je me retourne discrètement. Un sourire idiot naît aussitôt sur mes lèvres. ( Va vraiment falloir que je fasse quelque chose contre ça, un de ces jours. )
Contre toute attente, Isumi Shinichiro a réussi à trouver notre antre !
Il fouille lentement le magasin du regard.
– Waouh… Classe, les petites lunettes à verres violets…
Oui, je trouve aussi. Ça lui va carrément bien.
– Je vais faire très simple, Lia : je l'ai vu la première. Pas touche.
– Aaaaah, c'est lui le fameux… Je comprend bien des trucs maintenant…
– Hn. … Isumi ! Par ici !
Il tourne la tête vers nous, et sourit, avant de nous rejoindre. Il faut dire que le comptoir a tendance à passer facilement inaperçu derrière les rayons surchargés.
– Isumi, je te présente Lia. Lia, Isumi.
Il la salue à la japonaise.
– Konnichiwa.
– Salut, répond Lia avec malice.
Isumi sursaute, et esquisse un petit sourire gêné. Je gronde plus ou moins la blondinette :
– Me l'embête pas.
Elle me tire effrontément la langue.
– T'es sûre qu'il a pas besoin d'une seconde prof pour le français ? glisse t-elle avant de se planquer derrière son mug.
– T'es sûre que t'as pas un magasin à gérer, des fois ?
Lia glousse sans plus de commentaire.
– Bon je file, à demain.
Je me penche par-dessus le comptoir, pour lui faire la bise.
– A demain. Profites en bien, ajoute t-elle avec un petit air narquois.
– Va mourir, je répond avec un sourire angélique.
Elle me tire à nouveau la langue, et éclate de rire. A sa tête, Isumi a pas tout suivi. Et c'est tant mieux. L'attrapant par le bras, je lui fais reprendre la direction de la sortie.
– Heu… Au revoir, a t-il juste le temps de bafouiller.
– A un de ces jours, Isumi-kun, rit Lia en agitant une main.
– C'est donc là que tu travailles ?
– Ouais entre-autres. J'ai aussi un emploi de serveuse à côté… Raaaah ! Foutue serrure de merde !
Je bataille ferme avec ma clé, et je parviens enfin à ouvrir la porte de mon appart'. Suffit de leur parler gentiment à ces petites bêtes, niark !
– Et quand est-ce que tu trouves le temps de jouer au Go ? me taquine Isumi.
– Tu connais Internet ? C'est fou le nombre d'excellents joueurs qu'on peut trouver… ( Je constate, avec une grimace, que mon appart' est un bordel sans nom. Merde ! J'avais prévu de faire du rangement avant qu'il arrive. ) Ahem… Fais pas gaffe au désordre.
Il a un sourire indulgent, et retire ses chaussures. J'en profite pour débarrasser un peu la table japonaise au milieu du salon, et mettre le tout dans ma chambre.
C'est décidé, la chambre est déclarée zone sinistrée et inaccessible, tout le temps où Isumi est là !
Quand je reviens, la table que j'avais dégagée est à nouveau encombrée, par des bouquins et des cahiers.
Wow ! C'est un pressé quand il s'agit du boulot, lui.
Légèrement déçue, je me laisse tomber à côté de lui.
En même temps, tu t'attendais à quoi ? ricane ma partie réaliste.
Pas à grand chose heureusement. Mais à un peu de papotage avant de s'y mettre, quand même.
Raté.
On s'attaque donc à la révision de la grammaire française, de suite. Enfin… Plutôt, je case Isumi là-dedans, et moi je jette un œil aux devoirs qu'il est censé rendre pour la prochaine fois.
Mes aïeux… ! Il se relit, des fois ?
Ma partie logique me fiche une claque mentale : Tu te rappelles ? Il A-PPREND ! Forcément qu'il y a des fautes ! signale t-elle.
Ouais, mais à ce point, quand même ? …… C'est quoi ces concordances de teeeeemps !
Le système de conjugaison japonaise est beaucoup plus simple, fait ma partie logique, l'air de rien.
Je vais finir par lui tordre le cou à celle-là !
– Alors ?
Aïe ! Parce qu'il veut mon avis en plus ?
– Heu… Y'a du boulot ?
– Ah… ( Il a l'air déçu. ) A ce point ?
– Ben… Disons que pour ce qui est des accords des verbes, ça va, rien à signaler. ( Note à moi-même : Met des gants pour la suite. ) Par contre, tu zappes les accents presque à tout les coups. Bon encore, ça c'est pas trop grave. En fait, ton problème majeur, c'est la concordance des temps. Tu passes de l'un à l'autre sans logique. Là c'est dur de te suivre. … Bon plus quelques fautes d'orthographe, mais ça…
Il enfoui son visage dans ses bras repliés sur la table, avec un long soupir fatigué.
– Conjugaison ? conclut-il.
– A fond, je répond.
Il émet un vague grognement démoralisé.
– Vous pouvez pas avoir plus simple comme système ?
Je le dévisage avec une certaine surprise, puis je sens une expression taquine envahir mon visage :
– Whoa ! Tu serais pas un peu râleur sur les bords, des fois ? ( J'appuie le bout du stylo que j'ai en main, au milieu de son front, le faisant loucher légèrement. ) T'as signé pour en chier, faut que t'assumes, maintenant.
Il repousse mon stylo d'un geste négligeant.
– Gna gna gna, marmonne t-il vaguement, en se replongeant de mauvaise grâce dans ses cours de conjugaison.
Terrible ! Si je l'osais, je crois bien que je m'écroulerais de rire, là, tout de suite. Il me fait délirer ce mec ! Il a l'air tout gentil, tout raisonnable, mais en fait, NON ! C'est une foutue tête de mule ! Mwahahaha !
– Montre voir ces cours, que je vois comment on t'a expliqué les concordances.
………
Bon. D'un point de vue logique, les explications sont claires. Quand on sait déjà comment ça marche, évidemment. Pas sûr que pour lui ce soit si évident… Comment je reprend ça moi ?
………
Y'avait bien un truc au primaire-collège… La "ligne des temps", ou un truc comme ça… Ça marchait comment déjà ? Ah oui ! Ayé ! Faut juste le temps de la refaire.
Et du coup, me voilà à griffonner dans un coin de feuille, sous l'œil curieux d'Isumi, avant de reprendre tout son cours en m'appuyant sur mon espèce d'échelle. Et tout se passe bien jusqu'à la question fatidique : "Comment tu sais quand te servir de tel ou tel temps ?".
Beuh ! Ce que j'en sais, moi ! C'est instinctif, et puis c'est tout !
Ça va vachement le satisfaire comme réponse, je sens…
Je me remet à feuilleter ses cours. M'étonnerait qu'il ait pas eu un cours sur l'emploi des temps… TIENS ! Qu'est-ce que je disais !
Je lui colle ledit cours sous le nez.
– C'est tout là.
– Oh… fait-il avec un air mortifié.
– Et oui, "oh…". C'est pas interdit de potasser ses cours de temps à autre.
– J'ai pas souvent le temps, se défend t-il.
– Je risque pas de les apprendre à ta place, tu sais.
– Non, c'est sûr, soupire t-il.
On s'absorbe pendant une bonne heure et demie à la correction de ses devoirs. En tout cas, Isumi est beaucoup plus assidu que moi, lorsqu'il s'agit de s'immerger dans le boulot.
Une fois la rédac' bouclée, je m'étire avec soulagement. Il fait de même.
– Merci beaucoup pour ton aide.
– Bah ! Tu parles. Ça m'amuse… Et puis ça ravit mon petit côté sadique.
Et je lui tire légèrement la langue histoire de mieux faire passer la pilule.
– Oh toi… gronde t-il pour la forme.
– Niéhéhéhé ! fis-je dans un ricanement diabolique.
Et il fait un truc qui m'assoie là : il se met à me chatouiller sans aucun ménagement. Je tente de protester plus ou moins entre deux hoquets de rire :
– Héééé ! Naaaaan ! C'est pas du jeu ! RANGE TES MAINS TOUT DE SUITE !
Il m'obéit en rigolant.
– L'hypothèse de Waya est confirmée, m'annonce t-il en se levant.
– … Penser à tuer Waya, la prochaine fois que je le vois.
Son rire résonne de plus belle alors qu'il se dirige vers mon frigo.
… Kesskimfélà ?
Il y récupère un sac plastique.
D'où ça sort, ce machin ?
– Heu… Qu'est-ce que c'est que ça, et t'as l'intention de faire quoi avec ?
– Oh ! J'ai rangé ça en arrivant, pendant que tu débarrassais la table. C'était pour te remercier : je voulais te faire un riz au curry maison.
Riz au curry façon japonaise ? Miam !
Mais, fidèle à moi-même, je n'arrive pas à résister à la tentation de le taquiner :
– Tu sais cuisiner ?
– Par la force des choses, répond t-il en farfouillant dans mes placards. Faut bien manger, et la restauration à domicile, ça va bien cinq minutes…
Il a pas l'air de se douter de l'énormité que je vais balancer ensuite :
– Bon à marier, alors…
Un bruit de casseroles plus fort que les autres résonne, me faisant protester :
– Hey ! Ma vaisselle ! ( Il me jette un regard de reproche désabusé. ) Le prend pas mal, c'est ce qu'on dit traditionnellement pour les filles, chez moi. C'était tentant de retourner les choses, désolée.
Grand sourire, moyennement convaincant de repentir.
– Hn. Pareil ici. …… T'as pas d'autocuiseur ? (¤1)
– Nani desu ka ? (¤2)
– Pour le riz. Comment tu le fais cuire ?
– Ben, comme tout le monde : avec de l'eau et une casserole.
Silence.
C'était une connerie ?
– Vous faites encore comme ça en Europe ?
– Heu… ouais. Comme pour les nouilles quoi.
J'ai l'impression de pouvoir ressentir jusqu'ici son désespoir face à mon ignorance. C'est là que je réalise LE truc :
– Dis voir… Me dit pas que tu sais pas faire du riz sans autocuiseur.
Il ne répond rien, se contentant de me regarder en silence avec son expression du mec "pris au piège, mais qui osera pas l'admettre, et qui attend avec anxiété et fatalisme, que sa copine française, complètement irrécupérable, éclate de rire dans la seconde."
– Sérieux ?
– … Ma mère saurait le faire aussi bien… avoue t-il finalement.
Ce qui sous-entend que lui, non. Merde. La fin d'un mythe.
– Je te proposerais bien de le faire, mais vu comme mes quelques copains asiat' se fichaient de nous chaque fois qu'on faisaient des trucs à base de riz, et qu'ils finissaient toujours par se charger de la cuisson eux-mêmes... je préfère m'abstenir.
– J'imagine.…
Je lève les yeux au plafond avec un soupir résigné. Isumi fixe le sac plastique avec un petit air contrarié.
Dommage. J'aurais bien voulu tester ses talents de cuisinier. Juste pour voir…
Finalement, il plonge sa main dans sa poche, et en sort son téléphone portable. Il compose rapidement un numéro.
Erf ! Le sauvetage par "livraison de traiteur à domicile". C'est vachement moins classe, d'un coup… ( Long soupir déçu. )
Oui, je sais, faut que j'arrête… Fais ce que je peux...
– Konbanwa. Est-ce qu'il serait possible de faire une réservation ? …… Une table pour deux… d'ici une heure ? …… Oui ? Parfait, merci. ……. Isumi Shinichiro. ……Hai. …… Hai. …… Arigatô.
AGRU ? Est-ce que j'ai bien compris ce qu'il y avait à comprendre ?
– Tu attrapes un manteau ? me fait-il.
Ah ouais ? Comme ça ? Direct ?
– Et tu comptes m'emmener où ?
– Un de mes restos favoris.
– Ça m'avance vachement...
– C'est un restaurant pour les sumos.
………
………
A votre avis… chuis censée le prendre comment, ça ?
A mon regard méfiant, Isumi comprend que y'a un truc qui cloche. Et je suppose qu'il prend une seconde pour réfléchir à ce qu'il vient de dire.
– Ah ! réalise t-il, avec embarras. Non ! C'est pas ce que tu crois ! C'est juste que c'est une manière de cuisiner très particulière. Je me disais que tu devais pas connaître…
Sous-entendu : et vu ta réaction, c'est le cas.
Il le repassera, l'examen de tact, le p'tit…
– Non effectivement. Ma connaissance de la cuisine japonaise se limite aux nouilles sautées, aux ramens, aux sushis et au Mac Do'.
Isumi échappe un petit soupir fataliste, style "Et ben, y'a du boulot."
Et je l'emmerde… C'est pas moi l'accro aux fast-food.
C'est pas forcément lui non plus, vous me direz...
Je ferme donc ma porte à clé, un peu inquiète de l'endroit où il va me faire atterrir… Il m'attrape par le poignet, à peine mes clés au fond de ma poche.
– Allons, dépêche toi, c'est un peu loin, quand même.
C'est seulement à ce moment que je réalise : ma soirée, c'est… resto en tête à tête avec Isumi.
… On peut pas faire plus bêtement heureuse que moi…
A suivre...
Luinil : Et nan ! Je mettrais pas le détail de ce repas. D'abord par flemme, et ensuite... faut bien le dire, il se passe rien d'intéressant. Promis, la prochaine fois je prend des persos un peu plus dégourdis. -.-;;;;
(¤1) : Y'a un terme précis, mais je l'ai zappé. Alors si quelqu'un à l'appellation technique, je suis preneuse :) (¤2) : Qu'est-ce que c'est / C'est quoi ?
Reviews onegaï :3
