Bonjour à toutes !

Un post un peu plus tôt que prévu mais demain je serais indisponible, bon en même temps je ne pense pas que vous vous en plaindrez ^^ !

Je dois vous dire qu'il s'agit d'un de mes chapitres préférés, un de ceux les plus durs à écrire également, énormément retouché mais jamais abandonné et finalement bouclé. Je vous incite vraiment à écouter la playlist qui va avec le chapitre, il a été écrit avec ces deux sons dans les oreilles et je dois dire qu'ils m'ont plus qu'inspirés !

Merci à vous les lectrices annonymes ou non qui m'envoyent reviews et pm, qui me font un plaisir monstre !

Ce chapitre n'aurait pas l'allure qu'il a sans mes deux bêtas de choc à qui je voudrais dédier ce chapitre.

Maddison, merci de tes commentaires et avis qui m'aident à canaliser et organiser mes idées. Merci de ta patience pour la lecture des chapitres qui ont parfois jusqu'à 3 versions différentes et qu'à chaque fois tu prends le temps de commenter sans jamais te lasser. Merci de m'encourager comme tu le fais en pointant des tournures de phrases dont je ne suis pas sûre.

Morgane, merci d'avoir un esprit qui complète si bien le mien. Merci de corriger les trop nombreuses fautes que je fais sans jamais perdre l'envie de me lire. Merci de tes idées lumineuses et de tes propositions pertienentes qui me font dire qu'un écrivain se cache en toi.

Voilà je vous souhaite à toutes une excellente lecture, on se retrouve en bas pour un petit bla bla d'auteur et les rar.

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La bonne conscience est partie,

Les cauchemars mon insomnie.

La nuit j'essaye de rêver, mais je n'y arrive pas.

J'ai froid même en été, j'redoute ce climat.

J'bois à ta santé, des fois j'suis minable.

J'aimerais tant avancer, j'attends un miracle.

Un trop mauvais départ, ici bas je me sens comme un ovni.

Dans ma tête c'est un conflit, j'peux pas freiner mon excès.

Besoin de me confesser, moi je fais ça pour me décomplexer.

Ma vie, il y a des soucis en pagaille, mais on veut pas ce goût amer.

Ma vie tous les jours c'est la bataille, on posera pas le genou à terre.

Swift guad, J'attends un miracle.

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The ashtray says you were up all night,

Le cendrier me dit que t'as été debout toute la nuit,

When you went to bed with your darkest mind,

Quand tu as été te coucher avec ton esprit sombre,

Your pillow wept and covered your eyes,

Ton oreiller pleurait et couvrait tes yeux,

And you finally slept while the sun caught fire,

Et tu t'es finalement endormi alors que le soleil s'embrasait,

(...)

Maybe all i need is a shoot in the arm,

Peut-être que tout ce dont j'ai besoin c'est d'un shoot dans le bras,

Something in my veins bloodier than blood,

Quelque chose dans mes veines de plus sanglant que le sang.

Wilco, Shoot in the arm. (trad. faite par mes soins)

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Chapitre 9 : Au milieu de la nuit

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Manoir Malfoy, 8 Août 1997.

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Seul. Il était seul.

Cette pensée le minait. Au plus profond de lui-même, un sentiment d'abandon, de rejet l'accablait.

Son père était en fuite, peut-être mort... Probablement mort, en tout cas il l'espérait. Sa mère avait disparu pendant la bataille, sa tante aussi, Rabastan était à Azkaban et il ne connaissait pas Andromeda, qui de toute façon s'éteignait sous le poids du chagrin. Il était le dernier de sa famille. Il n'avait aucun contact avec l'extérieur mise à part quelques hiboux de Granger qui l'informait de l'avancée des évènements et bien sûr leurs rencontres en tête à tête. Dumbledore était aux abonnés absents. Voldemort restait dans l'ombre, attendant sagement le moment opportun pour se dévoiler. Et jamais, Drago Malfoy n'aurait cru qu'un jour son univers se résumerait aux quatre murs de sa chambre, dans laquelle il passait toutes ses nuits, les yeux grands ouverts, allongé tel un sacrifié sur son lit attendant le Jugement Dernier.

Il lui était impossible de fermer les yeux sous peine de voir ses fantômes venir le hanter.

Il les revoyait...Tous ! Tous ceux qu'il avait tués de sa main.

Il avait torturé, assassiné, menti, trahi pour sauver sa peau. Maintenant il était en vie et les morts le torturaient à leur tour.

Juste retour des choses, pensa-t-il en tirant sur sa clope.

Le mois d'Août était déjà entamé. Dans deux semaines, il se mariait.

Putain de merde !

Il chassa très vite cette pensée. Les morts lui suffisaient pour ce soir.

Fatigué de ne rien faire, les yeux cernés de noir à cause du manque de sommeil, il n'était à cet instant qu'un déchet, bien loin de sa grandeur d'antan. Il ferma les yeux une seconde pour apprécier pleinement le vent frais de la nuit s'engouffrant par la fenêtre grande ouverte.

Ses pensées revinrent malgré lui à sa future femme. Il l'avait toujours considérée comme un être inférieur. Il allait devoir s'habituer à l'avoir pour égale. D'une certaine manière, la punition que Voldemort pensait lui imposer lui était bel et bien infligée. Lui, un sang pur, allait épouser une Sang De Bourbe. Il devait reconnaître qu'elle avait changé, il ne voyait plus la Miss-Je-Sais-Tout avec une pile de livres sous le bras. Au contraire. Il ne se souvenait que trop bien de la chaleur et de la douceur de sa peau. Le réconfort qu'il avait ressenti à la tenir contre son corps l'avait surpris, lui qui n'avait connu d'étreinte réconfortante que lorsque sa mère prenait le risque de montrer quelques élans d'affection vite réprimés par un regard noir de Lucius.

Sa mère avait pris d'énormes risques pour lui s'opposant même ouvertement et pour la première fois de sa vie à son mari quand Drago avait été enfermé sur ordre du Lord dans les cachots du Manoir froids et humides qui avaient été son monde pendant deux mois après l'échec de son attentat contre Dumbledore. Elle avait été la seule à contempler son calvaire, en dehors de ses bourreaux, et à l'adoucir avec quelques vivres volés à la cuisine grâce à la complicité d'elfes fidèles.

Attaché au bout d'une chaîne magiquement renforcée, à demi nu, un morceau de pain et un verre d'eau par jour, avec pour seul contact un elfe qui avait pour ordre de ne pas lui parler. Drago était d'une fierté maladive et le Lord avait bien compris qu'en le condamnant à côtoyer un elfe muet, il ferait ravaler son arrogance au Serpentard qui avait échoué. Dans le silence obscur et humide, il avait eu du temps pour réfléchir. Beaucoup trop de temps. Tellement de temps qu'il avait cru en devenir fou. Il avait hurlé des jours entiers en sentant dans l'obscurité les rats et autres nuisibles parcourir son corps brisé par les sortilèges.

Personne ne savait. Personne ne pouvait imaginer...

L'attentat manqué contre Dumbledore en haut de la tour d'astronomie, l'avait conduit tout droit dans les cachots de son propre Manoir après que cette chère tata Bella ait fait son rapport au Maître. Son corps y avait été brisé par la punition infligée par Dolohov, mais le bourreau n'avait pas eu le loisir de lui donner le coup de grâce. Il y avait eu les coups à la moldue et les sortilèges, du sang et de la douleur. Tant de douleur que son esprit était sorti de son corps, il avait vécu toute la scène du dessus. Son corps mutilé et sanglant, les membres cassés, les os apparants au niveau des fractures ouvertes, la peau de son visage arrachée, ses cheveux dégoulinant de son sang. Il avait été au-delà de la douleur. Peut-être avait-il pris la voie d'Avalon pendant quelques minutes.

Avalon, un Paradis qui, avec les crimes qu'il avait commis n'était maintenant plus qu'un fantasme lointain. C'était l'enfer qu'on lui réservait après ce qu'il avait fait...

Mais Severus avait fini par révéler la vérité sur le déroulement des évènements à l'insistance de Narcissa. Son parrain s'était présenté devant le Maître, avouant que Narcissa lui avait demandé son aide. Bella, l'enchanteresse du Serment Inviolable qui avait eu lieu Impasse du Tisseur, cracha le morceau à son tour, corroborant les dires de Severus. En intervenant alors que Drago était face à face avec un Dumbledore désarmé, Severus avait donné au vieil homme l'occasion de sauter de la tour. Son phoenix s'était chargé de le rattraper au vol, lui sauvant ainsi la vie.

Severus avait pris quelques doloris, au même titre que Narcissa et Bella, pour leur manque de confiance. Quand on l'avait finalement sorti, le mal était fait, il avait pratiquement perdu la vue, le noir total avait fait disparaître le bleu glacial de ses yeux. Le gris délavé avait remplacé ses prunelles légendaires et même si, grâce à un sortilège, tout le monde les voyait telles qu'elles étaient auparavant, lui il savait. Tous les matins, son reflet dans la glace se chargeait de le lui rappeler.

Les cicatrices des combats contre les Aurors qui striaient son corps lui évoquaient d'autres souvenirs. Plus sombres, encore plus douloureux...

Une maison perdue au fin fond du Pays de Galles, des hurlements, des corps par dizaines, des murs et des sols imbibés de sang, l'odeur de la mort qui prenait les tripes, vous tordait en deux, vous forçait à vider votre estomac. Des viols collectifs auxquels il avait dû participer pour monter son entière coopération, des orgies entre mangemorts au cours desquelles il avait vu sa mère passer de mains en mains, elle une sang pur, pour cette sous merde mégalomane. Des réunions, où on allait la peur au ventre, avec une chance sur deux de se faire tuer à cause de l'erreur d'un autre, pour l'exemple. Pendant l'une d'elle, il avait vu son père au sol, dans un état proche du coma, à cause des doloris qu'il avait reçus du Maître pour avoir échoué à lui ramener Potter alors qu'il était prisonnier des murs de sa maison...

Il jeta un coup d'oeil à l'horloge, 3h17, il retint un soupir d'agacement. Les nuits étaient toujours trop longues. Fatigué mais incapable de fermer les yeux, il se leva péniblement du lit, se traînant jusqu'à une console où il se servit un verre de Whisky-Pur-Feu et alluma une cigarette. Il allait lui falloir quelque chose de plus fort s'il voulait avoir une chance de fermer les yeux quelques secondes. Il avisa le fauteuil de velours qui lui tendait les bras et s'y affala laissant sa tête basculer en arrière. Il termina sa clope et vida son verre d'un trait avant de laisser tomber son mégot encore fumant dans le verre en cristal.

-Accio sac en cuir, murmura-t-il dans le silence.

Le sac en question traversa le salon de ses appartements, il l'attrapa au vol et l'ouvrit. Il se saisit d'un petit sachet en plastique, mit un peu de la poudre blanche qu'il contenait dans une petite cuillère en argent tordue. Il se saisit de son briquet gravé aux armoiries des Malfoy, l'alluma et plaça la flamme sous la petite cuillère.

Il avait beau mépriser le monde moldu, il devait reconnaître qu'au niveau destruction, ils n'avaient rien à envier aux sorciers. Là-dessus ils étaient à égalité.

Au bout de quelques secondes, la poudre commença à chauffer, des bulles se formaient et éclataient une fois la dilatation maximale atteinte, puis elle changea d'état. La poudre laissa place à du liquide, transparent comme de l'eau. Drago lâcha le briquet, saisit sa seringue dans le sac en cuir. Il la remplit du précieux liquide contenu dans la cuillère et reposa le tout sur la table basse. Il ouvrit une potion désinfectante qu'il versa dans le creux de son coude puis tapota sur ses veines pour les faire ressortir avant de placer un garrot sur son biceps qu'il serra avec ses dents.

Son petit rituel nocturne touchait à sa fin, il allait oublier, dans quelques minutes, il serait enfin hors de son corps, laissant son esprit naviguer en eaux troubles. Il serra et desserra son poings plusieurs fois de suite pour pomper le sang et c'est sans hésitation, qu'il enfonça l'aiguille, tirant sur le piston de la seringue pour faire remonter un peu de sang, puis poussant pour faire pénétrer la drogue dans son corps.

Une fois débarrassé du garrot il s'écroula dans le fauteuil, les jambes étendues, les deux bras pendant dans le vide. Il sentait le produit courir dans ses veines, remonter lentement le long de son bras au rythme des pulsations de son coeurqui s'accélérait déjà. La chaleur se répandrait bientôt dans son corps et il pourrait fermer les yeux, les morts seraient partis, les cris et les horreurs aussi.

La paix l'envahit, il était dans un brouillard vide, blanc, chaud, il était bien. Il sentait deux corps chauds contre lui, la sécurité. Aucune peur, juste un bien être total. Un des deux corps se pressa un peu plus contre le sien. Comme à chaque fois, il attendait avec impatience de pouvoir sentir son odeur.

Envoûtante, sucrée, elle lui donnait envie de rester dans cet état second pour l'éternité. Le second corps se faisait au bout de quelques instants plus présent, cette présence était plus dure, il l'aimait moins, mais elle garantissait son état de sécurité. Il pouvait se lover dans cette odeur qu'il aimait tant. Il atteignit Avalon, quand il sentit des mains sur lui, il savait qu'elles n'étaient pas réellement sur lui, ce n'était après tout qu'un trip de toxicomane. Mais les caresses que son rêve lui prodiguait lui semblaient réelles et surtout elles lui semblaient destinées.

Il se retrouvait en dehors de son corps. Son esprit s'évadait, il n'avait aucun moyen de dire s'il passait des heures ou seulement quelques minutes dans cet état. Le temps n'existait pas, aucunes contraintes, aucune limite physique ou psychique...

Son esprit était infini.

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Quand il ouvrit les yeux, le soleil entrait à flot par les fenêtres. Il n'avait pas changé de position. Son dos était douloureux, mais il était bizarrement bien. Une douche s'imposait malgré tout, histoire de se remettre les idées en place. D'autant plus que si ses souvenirs étaient bons, il devait voir Granger aujourd'hui.

La douche chaude fit disparaître ses douleurs musculaires dues à sa nuit sur le fauteuil et la brûlure de l'eau acheva de le remettre sur pied.

Une serviette enroulée autour de la taille, il s'observa dans la glace les deux mains appuyées de part et d'autre du lavabo en marbre. Son visage était marqué par le manque de sommeil, des cernes noirs se dessinaient sous ses yeux, gris. Il se saisit de sa baguette, la pointa vers son visage et murmura quelques mots. Ses yeux ne changèrent pas de couleur pour lui, mais les autres admireraient de magnifiques yeux bleus océan.

Il s'arracha du miroir pour enfiler une robe de sorcier et retint un juron en se rappelant que Granger lui avait donné rendez-vous dans un lieu moldu. À regret il abandonna sa robe pour un jean gris et un t-shirt noir col V. Il laissa ses cheveux sécher seuls comme bon leur semblait, ce qui donna un effet coiffé décoiffé très réussi.

Un sourire étira douloureusement ses lèvres à la pensée qu'il y avait certaines choses immuables, il lui restait au moins sa beauté naturelle.

Puis avisant les manches courtes du t-shirt, il utilisa un sort de dissimulation pour cacher les traces des piqûres au creux de ses bras. Pas la peine que la sang de bourbe connaisse ses petits secrets. Pour la Marque en revanche, aucune dissimulation possible.

Une fois prêt, il frappa dans ses mains et Kinky apparut.

-Apporte-moi un café dans le bureau ainsi que la Gazette.

-Oui Maître Drago.

Elle disparut à nouveau et il quitta la pièce. Il survola les gros titres de la Gazette tout en dégustant son café, noir. Il jeta un coup d'oeil à l'heure et constata qu'il était plus de 13 heures or il avait rendez-vous à 13 heures.

-Et merde.

Il sauta de son fauteuil, attrapa une veste en cuir légère et transplana sur le Chemin de Traverse pour aller rejoindre le passage vers le monde moldu. Il n'était que rarement allé au-delà du bar moldu-sorcier qui marquait la frontière. Il le traversa cependant sans hésitation et poussa la porte pour se retrouver dans une ruelle encombrée de poubelles d'où un chat sauta en feulant. Mal à l'aise à l'idée d'arpenter des rues où jamais il n'avait mis les pieds, il prit le temps d'allumer une cigarette avant de remonter l'allée pour rejoindre Leicester Square, une artère grouillante de monde.

L'étonnant fourmillement humain lui donna un coup de chaud, une bouffée de stress, face à l'inconnu qui se dessinait devant lui. On se serait cru sur le Chemin de Traverse la veille du départ du Poudlard Express. Les gens étaient les mêmes que dans son monde. Habillés différemment mais pareils. Pressés, ils marchaient la tête baissée, la plupart des jeunes avaient un truc bizarre sur les oreilles reliés à une boîte accrochée à leurs ceintures.(*)

Au milieu de la foule, son regard fut attiré par une jeune femme adossée contre le mur d'une échoppe indienne vendant des souvenirs de pacotille, un livre à la main visiblement très concentrée sur sa lecture.

C'est l'air concentré qui accrocha son attention. Il détailla plus finement la silhouette, une cascade de cheveux bruns tombait sur ses épaules, un débardeur noir assez large laissait voir quelques centimètres de lingerie. Un short visiblement taillé dans un jean archaïque moulait ses hanches de façon érotique, sa position montrait la cambrure de sa chute de reins.

Son regard descendit le long des jambes bronzées, fines et musclées, il buta sur le tatouage de sa cheville, un lion fait de lignes épurées. Immédiatement, elle baissa dans son estime, puis un doute s'insinua dans son esprit...

Un lion ? Un air concentré ?

Il remonta vers des parties de son corps qu'il avait plus de chance d'identifier en constatant qu'un moldu l'accostait. Un visage fin, mangé au trois quarts par des lunettes de soleil taille XXL, elle mordillait nerveusement sa lèvre inférieure. Elle sourit à l'inconnu et échangea quelques mots avec lui. Tout dans l'attitude du type hurlait "mâle en chasse" : le sourire qu'il affichait tandis que ses yeux reflétaient l'envie primaire qu'il avait pour cette fille, qui semblait-il, n'était pas intéressée et tentait tant bien que mal de le faire comprendre au moldu qui ne la lâchait pas des yeux.

En la voyant tourner la tête de tous les côtés, une sensation de malaise et d'espoir vain l'étreignit et le poussa à se focaliser sur cette fille. Son visage mangé par les lunettes de soleil se figea quand elle buta sur le Serpentard et le soulagement le submergea.

Ces sentiments qui le submergeait n'étaient pas les siens...

La fille adressa un signe de main dans sa direction et la tentation de regarder derrière lui l'envahit. Ses yeux se plissèrent, observant avec attention la fille et le modlu tandis que dans son esprit une pensée toute malfoyenne passait. C'était normal qu'une fille lui fasse des signes, ça aussi ça faisait partie des choses qui ne changeraient jamais.

Il la vit se tourner vers le moldu qui battait déjà en retraite en découvrant qu'il avait pour rival un mec blond, yeux bleus, physique de play-boy mais faciès de bad-boy. Conscient de ne pas faire le poids, il rebroussa chemin sans insister alors que Drago s'avançait instinctivement vers elle tout en marmonnant pour lui-même :

-C'est ça ! Casse-toi sale moldu !

Avec un léger sourire sur les lèvres ne sachant visiblement pas si elle serait bien accueillie par celui qu'elle attendait, elle s'avança à sa rencontre. Il pensa que seul un imbécile enverrait cette fille se faire voir. Elle s'arrêta devant lui et releva ses lunettes de soleil, c'est quand il croisa son regard qu'il la reconnut. Ses yeux marron, chauds et accueillants, vivants. Pas du tout boueux.

-Salut, dit-elle presque amicalement.

Un peu hébété de la reconnaître et de la trouver si différente de la fille qu'elle avait été à Poudlard il répondit par quelque chose qui en temps normal n'aurait jamais franchi la barrière de ses lèvres en ayant pour destinataire Granger :

-Salut. Tu vas bien ?

-Oui. Et toi ?

Il hocha la tête pour lui répondre. Et il fut surpris quand il la vit se mettre sur la pointe des pieds et poser ses lèvres sur chacune de ses joues.

-C'est ainsi que l'on dit bonjour à des amis dans mon monde.

Il la regarda un moment, sans comprendre, encore sous le choc de ce qu'elle parvenait à dégager de féminité. Puis reprenant ses esprits, il considéra son bonjour moldu trop trivial mais étonnement il appréciait le contact humain et la chaleur que pouvait dégager ce type d'échange entre deux personnes.

-Allez, suis-moi on va aller chercher quelque chose de rafraîchissant et après on va aller à Hyde Park pour chercher de l'ombre, dit-elle en remettant ses lunettes de soleil.

Il la suivit, docile, dans ce monde inconnu, les voitures, les taxis, les bruits, tout le surprenait. Ils croisèrent des gens qu'il jugea bon pour le département de psychomagie de Sainte Mangouste : des filles perchées sur des talons vertigineux, des jeunes avec une coupe de cheveux plutôt longue habillés en jean de la tête aux pieds, des hommes à l'allure cadavérique, habillés tout en noir, ils lui firent penser à Rogue, de vrais oiseaux de nuit.

-Je croyais que les moldus ne croyaient pas aux vampires ?

-C'est le cas, lui répondit-elle surprise par sa question. Pourquoi ?

Il lui désigna du doigt le groupe de jeunes qui venait de les dépasser et elle comprit.

-Ce ne sont pas des pros-vampires, ce sont des gothiques... Je ne sais pas exactement, ce que signifie leur tenue vestimentaire mais c'est assez normal dans mon monde. Personne ne s'habille pareil. Les tendances sont très différentes suivant les années.

Ils s'arrêtèrent devant une échoppe dans laquelle Hermione disparut après lui avoir dit :

-Ne bouge pas, je reviens.

Elle ressortit avec deux gobelets en plastique remplis d'une substance verte avec une paille plantée dedans. Elle lui en tendit un, tout en aspirant sur sa paille.

Drago eut la malchance de voir son geste. Une brève image d'elle avec une partie bien précise de son anatomie en bouche, les deux même creux sur les joues quand elle aspirerait s'imprima dans son esprit lui causant un frisson incontrôlable qui le fit trembler... Comment parvenait-elle à provoquer ça en lui ? Que Pansy, Astoria ou Daphnée provoquent ce genre de pensées, il y était habitué mais que cette fille-là en soit à l'origine lui donnait des sueurs froides.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda-t-il abruptement.

-Rien qui ne va t'empoisonner. C'est de la glace pilée avec du sirop de menthe, goûte c'est très bon.

Elle avait raison, ce truc était très bon, merveilleusement froid et agréable sous cette chaleur du début d'après-midi. Après plusieurs minutes de marche silencieuse où Drago observa avec une certaine curiosité les moldus. Ils débouchèrent dans une allée piétonne, des arbres au loin leur bouchaient la vue.

-On y est. Bienvenue à Hyde Park, dit-elle joyeusement.

-Que vient-on faire ici ?

-On va profiter du soleil... et discuter.

Dès qu'elle trouva un coin d'herbe disponible, elle saisit son sac en bandouilière, jeta un regard furtif aux alentours et plongea son bras jusqu'au coude dedans pour en ressortir une couverture écossaise qui rappela au Serpentard McGonagall. Elle étala soigneusement la pièce de tissu sans magie au sol et s'y installa, tapotant une place à côté d'elle dans une tentative d'invitation. Malgré son scepticisme, le Serpentard se plia au jeu et s'installa à côté d'elle mais pas sans lui faire remarquer, sarcastique :

-On aurait pu faire ça au Manoir, au moins il y aurait eu moins de monde.

-Tu as raison, mais j'aime cet endroit. C'est plein de vie, des gens insouciants, amoureux, pressés, seuls, heureux, tristes...

Elle reprit après quelques secondes d'arrêt :

-La vie défile devant nos yeux. Je trouve ça apaisant.

Il était sceptique. Le monde l'énervait, il ne s'y sentait pas en sécurité, la menace pouvait venir de partout sans s'en rendre compte. Il n'était pas à l'aise et se demanda comment elle faisait pour être comme un poisson dans l'eau ici, les jambes allongées dans l'herbe, les paumes de mains plaquées au sol en arrière offrant son visage au soleil. Elle-même l'observait à travers ses lunettes noires, il était comme un poisson hors de l'eau, mais si elle voulait le déstabiliser, pour percer plus facilement ses défenses, c'était nécessaire.

Pour se donner quelque chose à faire, il sortit de sa poche son paquet de cigarettes, en sortit une qu'il alluma et proposa d'un geste à la Gryffondor d'en prendre une. Elle refusa d'un simple mouvement de tête mais il sentit malgré ses lunettes noires que son regard restait braqué sur lui.

-Qu'y-a-t-il Granger ? Finit-il par demander.

-Il te faut un témoin pour le mariage.

-Je sais.

-Tu as pensé à quelqu'un ?

-Pas encore.

Ca c'était un mensonge et elle le sentit immédiatement.

-Malfoy, commença-t-elle doucement pour ne pas le braquer, ne me cache pas ce genre de choses...

-Zabini devrait être un choix stratégique, la coupa-t-il immédiatement pour échapper à la leçon de morale qui se profilait. Assez haut placé dans la hiérarchie pour pouvoir faire un rapport et en même temps assez proche de moi pour que ça ne paraisse pas étrange.

-Bien, un Mangemort, témoin d'un autre Mangemort. Quelle réjouissance ! Marmonna-t-elle entre ses dents.

Le regard polaire qui se posa sur elle, la fit frissonner et immédiatement elle ajouta :

-Désolée... Les mauvaises habitudes, s'excusa-t-elle.

Il reprit sans commenter.

-Nott pourrait également faire l'affaire mais il est bien trop perspicace.

-Si tu juges que Zabini conviendra, alors je ne peux qu'approuver. Tu les connais mieux que moi et dans ce cas précis, tu es le mieux placé pour décider.

Après quelques secondes de silence, elle lui demanda :

-Tu as été contacté par Voldemort ?

-Non mais ça ne saurait tarder.

-Tu auras assez de souvenirs à lui fournir ?

-Je pense que oui.

Ils s'étaient vus plusieurs fois depuis la soirée au Manoir, d'abord une ballade sur le Chemin de Traverse qui avait poussé les médias à se demander ce que Miss Granger pouvait bien trouver à cet ancien Mangemort. Puis après une glace partagée quelques jours plus tard chez Florian Fortarôme, la Gazette, grâce à la plume de cette chère Rita, habilement corrompue par le chantage à l'Animagus publia : "L'héroïne et le Repenti, découvrez les photos exclusives en pages 3."

La romance de leur pseudo-amour s'étalait également dans Sorcière-Hebdo qui s'était engouffrée dans la brèche de la Gazette. Le magazine people les avait montrés à une soirée du Ministère en compagnie de Dumbledore, d'Harry et d'Arthur Weasley. Puis une série de photos "volées" par un paparazzi payé par Malfoy avait été publiée, on les voyait en tête à tête au restaurant autour d'une petite table penchés l'un vers l'autre le sourire sur les lèvres. Le photographe les avait suivis chez Madame Guipure où il avait pris des clichés d'Hermione en train de faire des essayages ce qui fit couler beaucoup d'encre puisque le lendemain un nouvel article de Rita paraissait : "Miss Granger à deux doigts de se passer la corde au cou ? La réponse à cette question en page 6."

Volontairement elle avait pris la pose devant les photographes lors d'une levée de fond pour Sainte-Mangouste, sa main gauche ornée d'un rutilant solitaire avait déchaîné les passions. Des lettres de menaces étaient arrivés au Square, à Poudlard ainsi qu'au Manoir, d'autres étaient enthousiastes et félicitaient les tourtereaux. La population était partagée quant à leur relation mais ce qui comptait n'était pas là. Non, l'important c'était que la mise en scène soit crédible. Et puisque toute la société en parlait, leur mise en scène l'était suffisamment.

Albus avait finalement enfoncé le clou en décidant d'employer les grands moyens.

Il avait convoqué une conférence de presse à Poudlard grâce à la complicité de Kingsley. Le Ministre vouait une confiance quasi-aveugle au vieil homme et savait que lui poser des questions n'amenaient jamais la réponse attendue. Il avait donc autorisé l'interview et accrédité à toutes les agences journalistiques présentes en Grande-Bretagne, avec une pleine conscience de ce que pourrait provoquer, une lettre ou un colis piégé sur une personnalité aussi connue que le fils Malfoy. Kingsley ne portait pas ce genre de personne dans son coeur et soupçonnait que son union précipitée avec Granger ne soit une quelconque manipulation du Grand Manitou lui-même, mais il était un homme d'état avant tout, pleinement conscient du tôlé que cela engendrerait dans la Haute. Nombres d'élites financières dotaient généreusement différentes associations caritatives qui remplaçaient l'Etat là où il n'avait pas les fonds nécessaire pour porter assistance à tous ses citoyens.

Après l'aval de la conférence par le Ministre, Harry, au cours d'une réunion dans le bureau de Dumbledore avait nommé l'opération : "Sauvons Malfoy de la vindicte populaire avant qu'il ne se fasse lyncher". La moquerie avait fait son petit effet auprès d'Hermione qui avait laissé échapper un franc sourire alors qu'elle était plus que préoccupée par la mise en scène de son idylle avec le Serpentard.

De fait, quand Dumbledore s'exprimait le monde l'écoutait et la portée de ses paroles était impressionnante. La conférence avait eu lieu dans la Grande Salle de Poudlard, pleine à craquer de journalistes nationaux et internationaux. Albus avait calmement expliqué que les lettres de menaces, contenant des potions explosives ou autres beuglantes reçues à Poudlard ne pourraient être tolérées plus longtemps. Qu'il faisait confiance à la Justice de son pays pour décider si oui ou non un individu était coupable et il avait insisté sur le fait que le Magenmagot lui-même avait blanchi le Serpentard.

Après ça, la tension ambiante se calma quelque peu. Dumbledore avait une autorité considérable, acquise après que ses affirmations concernant le retour de Voldemort aient été confirmées et accrue par sa tentative d'assassinat. Les prises de positions de Dumbledore, que plus de la moitié de la société sorcière avait eu pour professeur ou directeur de Poudlard, impactaient immédiatement l'opinion publique. S'il affirmait que le fils Malfoy était digne de confiance, alors c'est qu'il l'était.

Maintenant que la phase publique touchait à sa fin, leur rencontre en tête à tête, elles aussi, arrivaient à leur terme. Cette entrevue au parc était son idée à elle, elle voulait que Voldemort puisse voir que le Serpentard avait été dans le monde moldu et qu'il y avait été mal à l'aise.

-Maintenant que nous avons fait ce que tu demandais je voudrais savoir pourquoi tu as changé de camp et pourquoi tu as demandé une réhabilitation publique ?

Il se doutait que cette question resurgirait un jour. Granger n'oubliait jamais rien. Et il se devait d'y répondre.

-Je ne suis le larbin de personne, dit-il avec une voix où elle sentit toute la colère qui couvait en lui. Je ne m'abaisse devant personne.

-Crois-tu toujours à la supériorité de ton sang ?

-Oui et Non. Oui parce qu'on m'a élevé dans l'idée que j'étais supérieur aux autres mais non parce que, toi, tu es la preuve vivante que tu m'es supérieure dans au moins un domaine.

-Lequel ? demanda-t-elle surprise.

-Les études.

Et c'était vrai, dans ce domaine, il était le second. Combien de fois avait-il pris des coups et des sorts parce qu'elle, une sang de bourbe, était meilleure que lui ?

-Alors c'est ta fierté qui t'as poussé à trahir ?

-Un peu. Mais il n'y a pas que ça.

-Explique-toi.

-Ce qu'Il nous fait subir, ce qu'Il nous force à faire, ce que j'ai vu, ce que j'ai fait. Voilà ce qui m'a poussé à trahir. Aucun des deux camps n'avait ma préférence. Si j'avais eu le choix, je n'aurais pris parti pour aucun des deux, j'aurais fait mes valises et je serai parti. On m'a imposé un choix que je ne voulais pas faire. C'est pour tout ça que j'ai quitté mon camp. Je fais plus confiance à Dumbeldore pour nous construire un monde en paix qu'à Tu-Sais-Qui.

Hermione riva son regard sur lui. Comme précédemment, elle sentait qu'il ne lui disait pas l'entière vérité. Le sentiment premier que cela faisait émerger en elle, c'était la colère. Le Serpentard l'agaçait tant son comportement lui rappelait celui d'Harry et ses doutes perpétuels. Mais au-delà de la colère, il y avait aussi la conscience d'avoir un passé difficile qui n'aidait pas à installer la confiance :

-Malfoy, permets-moi d'être honnête avec toi, souffla-t-elle indécise.

-Je t'en prie Granger.

-Je crois qu'il y a une raison plus profonde à ta trahison, et je crois que...

Bordel ! Mais comment avait-elle deviné ça ?

-Ne crois rien. Tu te tromperais à coup sûr, siffla-t-il.

Elle baissa ses yeux, croyant avoir dépassé une limite et rebroussant chemin immédiatement. Mais le Serpentard, s'il s'était étonné de sa perspicacité, n'en demeurait pas moins étrangement enclin à lui révéler la même chose qu'à Dumbledore. Granger, par son attitude soumise lui donnait envie de se confier, de se libérer d'un poids qui le rongeait chaque jour un peu plus... Par réflexe, pour s'occuper les mains mais aussi pour dresser une sorte de barrière, il chercha ses cigarettes et son briquet, en alluma une et garda son feu entre ses doigts avant de se lancer, sans lâcher des yeux les armoiries des Malfoy qui le narguaient en brillant dans le rayonnement du soleil.

-Ma mère a été tuée par Dolohov pendant la bataille... Et c'est à cet instant précis que j'ai compris que je n'avais rien à faire là. Je n'ai pas pu la sauver... Et j'ai la rage Granger, avoua-t-il. Une putain de rage qui me bouffe, qui m'aveugle mais qui me guide aussi. Voldemort doit mourir. Il a trop pris, à trop de gens pour ne pas payer l'addition. Je suis un Malfoy et ça il l'a oublié, mais moi ce statut est gravé dans ma chair et dans mon sang. C'est ce que je suis. Un Sang-Pur fier de ses origines et prêt à toutes les folies pour se venger.

Elle resta de longues minutes silencieuse avant de relever ses yeux sur lui, le regardant comme si elle voyait le vrai Drago pour la première fois. Découvrant qu'il était un homme comme les autres et que derrière ce masque de froideur et d'arrogance elle sentait parfois des choses plus profondes. Il portait une carapace qui lui servait ni plus ni moins de bouclier. Plus dure et plus résistante que de la glace, mais cette protection avait commencé à se fissurer au moment où il avait décidé de trahir. Poussée par un réflexe de déjà-vu, elle fit la même chose que ce qu'elle aurait fait avec Harry après ce genre de confidences. Elle l'attira à elle et enroula ses bras autour de son corps, sans réfléchir plus avant à ce que son geste signifiait.

Surpris par son geste, il commença par se contracter et prit sur lui pour ne pas la repousser. Mais quand le corps féminin épousa le sien, la barrière céda, la chaleur envahit son corps. Le réconfort qu'elle lui prodigua par ce simple geste l'apaisa bien plus que la cocaïne et l'héroïne qu'il s'injectait toutes les nuits.

Elle se détacha finalement de lui en prenant brusquement conscience de la personne qu'elle étreignait ainsi et murmura maladroitement :

-Malfoy...

-C'est rien Granger. Celui-là fera un excellent souvenir.

Elle esquissa un sourire contrit et enchaîna :

-Merci de m'avoir expliqué. Tu n'étais pas obligé de le faire et... je... je suis contente que tu m'aies fait confiance. J'espère vraiment ne pas m'être trompée sur toi.

-Moi aussi j'espère ne pas m'être trompé.

Un nouveau silence s'installa entre eux. Aucun d'eux ne savait comment relancer une discussion qu'ils n'auraient habituellement pas partagée. Le regard d'Hermione tomba brutalement sur son avant-bras dénudé. La Marque y luisait, noire, brillante, immobile mais menaçante.

-Je peux la toucher ? Demanda-t-elle soudainement en désignant son bras.

Surpris par sa demande, il hocha simplement la tête en tendant son bras vers elle. Les doigts de la Gryffondor effleurèrent sa peau, touchant l'horreur en relief qui s'étalait. Un frisson incontrôlable le parcourut à son toucher. Un picotement, agréable et chaleureux lui traversait le corps. Et comme à chaque fois qu'ils se touchaient il se sentit plus léger, plus libre que jamais. Quelque chose se passait, s'imposait à eux, sans qu'ils ne puissent encore mettre des mots dessus mais chacun sentait que cette décharge électrique qui les traversait annonçait quelque chose de plus fort.

Quand elle posait ses mains sur lui, Voldemort disparaissait de son corps, balayé par une sensation de bien-être qu'il avait rarement éprouvé au cours de son existence. Il ferma les yeux en sentant les doigts frais et légers remonter jusqu'au creux de son coude où ils stoppèrent leur course, restant à cet endroit précis de son corps, là où le mal entrait dans son corps toutes les nuits, se contentant d'effleurer sans jugement le granité de sa peau abîmée par les nombreuses piqûres. Si elle vit les bleus et les trâces malgré son sort de dissimulation, elle n'en dit rien.

Quand sa main entière épousa avec douceur cette partie de lui, il ouvrit brusquement les yeux, causant la fin immédiate de leur contact physique. Mais il était hors de question qu'elle cesse de le toucher. Il y prenait un trop grand plaisir pour qu'il y renonce aussi vite. Cette addiction là était bien plus profonde que les autres et guidait son instinct. Il saisit sa main au vol et laissa ses prunelles accrocher le regard chocolat qui n'exprimait que surprise et curiosité. Le sentiment de malaise les enveloppa tous les deux, chacun se rendant compte qu'il se passait quelque chose qui n'était pas censé se produire. Prendre conscience du fait que le contact physique était agréable, était déstabilisant. Ils se regardèrent un long moment, détaillant l'autre, cherchant des réponses à leurs questions. Finalement, Drago, porta délicatement les doigts de la Gryffondor à ses lèvres et les y pressa.

Hermione ne savait pas comment réagir. Le comportement du Serpentard était désarçonnant. Cependant un détail lui fit froncer le nez alors qu'il terminait son baise-main.

-Malfoy, l'appela-t-elle doucement, pourquoi tes yeux sont-ils gris ?

Il se figea telle une statue et brusquement sa main resserra sa prise autour d'elle. Ses yeux se plissèrent et son regard se fit perçant. Mais étonnamment la vérité qu'il n'avait pas eu l'intention de lui dévoiler franchit en partie la barrière de ses lèvres.

-Un sortilège les fait paraître bleus.

Elle fronça les sourcils et le dévisagea sans vergogne.

-Je ne pense pas qu'il soit uniquement question d'esthétique, cependant si tu m'assures que connaître les origines de ce détail n'est pas utile à notre mission alors je n'insisterai pas.

Il hocha la tête, le moment de grâce au cours duquel l'envie de lui parler des cachots l'avait envahi était passé. Il n'irait pas plus loin.

-Ce n'est pas utile que tu saches le pourquoi. Mais tes pouvoirs sont capables de briser mes sortilèges, je n'aime pas beaucoup ça Granger, finit-il légèrement menaçant.

Elle soupira en retrouvant l'ancien Malfoy, celui qu'elle connaissait bien et qu'elle n'arrivait pas à gérer.

Ils se séparèrent peu après sans avoir prononcé d'autres paroles. Ils repartirent en direction du Chaudron Baveur et se quittèrent devant l'établissement. Le soleil commençait à décliner quand Drago rentra chez lui.

Il avait la tête pleine, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il ne savait pas mettre de mots sur ce qu'il ressentait et ça le perturbait. Elle n'était plus inférieure, elle était dangereuse, pour lui, pour son esprit. Il s'enferma dans sa chambre, prévenant les elfes de ne pas le déranger et se dirigea vers le bar. La bouteille de Whisky-Pur-Feu empêcherait son esprit de chercher des réponses qu'il ne trouverait pas.

L'effet escompté ne se produisit pas. Affalé dans un canapé, il assistait impuissant à la débâcle de sa vie. Il pensait sans cesse à elle, ressassant ses souvenirs depuis Poudlard, cherchant le moment où ça avait dérapé. Les yeux braqués sur l'horloge, il regardait le temps s'écoulait attendant avec impatience le milieu de la nuit.

Quand trois heures sonnèrent, il recommença son rituel avec un certain soulagement, il savait qu'il serait en paix dans peu de temps. Il retrouva les deux corps chauds, l'odeur qui lui manquait et aperçu pour la première fois une masse de cheveux bruns, une peau dorée et un serpent qui s'enroulait autour d'une rose tatoué sur une peau lisse dans le creux d'une hanche féminine.

NA :

(*) Il faut voir ici ce que l'on appelait dans les 90's un walkman, l'ancêtre des MP3 actuels.

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Voilà mesdames !

J'espère que vous l'avez aimé parce que j'ai vraiment pris du plaisir à l'écrire celui-là !

Bonne semaine à toutes, rendez-vous mercredi prochain pour de nouvelles aventures !

En attendant, bon vent, et pensez à laisser un pti mot !

Amicalement VC.

RAR :

Fan 2 : Merci beaucoup de ton message, j'espère que la suite te plaira tout autant ! Et j'espère que ce chapitre contenant (enfin !) du dramione t'as convenu ! A bientôt !

joggingForSale : De 1 : Merci pour ton message et tes compliments ! De 2 : Voilà du Drago et de l'Hermione, j'espère que tu as aimé ! De 3 : Merci de me suivre et de me faire confiance dans le pairing Harry-Hermione-Drago, j'espère être à la hauteur de tes attentes !

Alicia : Ah je suis contente de te voir de retour ! Je m'inquiétais ... Où étais-donc passée ma plus fidèle revieweuse ?! Contente que ça te plaise toujours autant ! Et merci de ton message !