Chapitre 10 : Autour d'un thé
Résumé du chapitre précédent : Après une première matinée à Poudlard chez les serpentards, Lily Potter a déjà quelques soucis avec les cours et la magie. Angoissée, elle écrit une lettre à sa mère, sans rien lui dire de concret. C'est lors de la pause de midi qu'elle découvre que sa cousine Rose sort avec Scorpius Malefoy, le 6e année serpentard qu'elle avait rencontré la veille en compagnie de Vega Alpheratz.
Une Gryffondor avec un Serpentard ? Et sa classe avait osé l'engueuler parce qu'elle s'était assise avec les rouges et or ! En tout cas Marie comprenait mieux pourquoi sa cousine lui avait fait un discours si sympathique sur les serpentards ! Elle fricotait avec l'un d'entre eux ! Enfin, elle s'en fichait un peu, Marie, au final, elle n'aimait juste pas voir des gens se tripoter et s'embrasser comme ça, sans aucune pudeur, et a fortiori pas sa cousine avec ce gars qui lui avait lancé un regard si froid dans la Salle Commune la veille. Il faudrait qu'elle mette ça au clair avec Albus, il devait être au courant, lui.
La classe de quatrième année était restée une petite demi-heure dans l'herbe, profitant de ces derniers jours de beau temps avant que l'automne ne s'installe brusquement. Marie les avait écoutés sans vraiment s'impliquer elle en profitait pour parfaire sa compréhension de cet anglais beaucoup plus rapide et moins classieux que celui des adultes. Rose et Scorpius étaient partis vers le châteu, main dans la main, après s'être pelotés encore quelques minutes sous le grand chêne.
Elle se retrouvait donc avec le groupe des aristos, assise nonchalamment dans l'herbe, observant sa baguette qui avait fait n'importe quoi durant le cours de sortilège. C'était de sa faute aussi, elle le savait très bien. Mais les mots restaient coincés dans sa gorge dès qu'elle tentait à nouveau de lancer le sort Accio sur les petits cailloux autour d'elle, cailloux qui s'éloignaient, vibraient ou se disloquaient, sans jamais venir à elle. Les autres avaient observé son manège sans mot dire, hormis Audace qui, comme toujours, se mêlait de ce qui ne la regardait pas.
« On croirait que tu n'as jamais fait de magie avant. Pourtant tu l'as réussi à la fin du cours !
- Pas vraiment... »
Mais sa camarade ne put rien tirer de mieux d'elle, car elle s'évertuait de nouveau à rester silencieuse dès lors qu'on lui posait des questions à propos de son passé ou de ses capacités magiques. Marie abandonna rapidement et observa le ciel parsemé de gros nuages. Elle aurait voulu y voir des traces d'avions, pour se rappeler le monde normal d'où elle venait. Cela lui paraissait tellement absurde de se retrouver là, comme une fleur arrachée à son champ et piquée de force dans un pot trop petit. A peine avait-elle été embarquée en Angleterre qu'on lui avait présenté une flopée de famille, à peine commençait-elle à vouloir les connaître, surtout sa mère, qu'on l'avait à nouveau plantée dans un nouvel univers. Déstabilisant. Dire que ça avait été pour sa protection la faisait rire, ou se mettre en colère. Elle ne voyait pas bien comment une école pouvait mieux la protéger qu'une maison ou que des parents sorciers. Et de se retrouver à Poudlard dans la seule maison où il n'y avait aucun membre de sa famille... Non vraiment, le sort s'acharnait sur elle !
Elle revint à la conversation lancée dans le groupe, qui parlait de Quidditch. C'était Ismael Hamal – il lui avait demandé de l'appeler Mael, ici on tenait aux petits surnoms apparemment – qui tenait la discussion, avec l'un des deux garçons dont elle confondait encore les prénoms, Marius ou Orion. Il était à côté de Wei, paraissant petit à côté d'elle, comme frêle, malgré l'expression fière de son visage et ses manières travaillées.
« Mais non, cette année on va réussir ! Même si Malefoy a arrêté, notre équipe est plutôt bonne.
- Tu oublies que le capitaine fait n'importe quoi ! Et avec l'attrapeur qui est parti..., soupira le garçon, comme si c'était la fin de tout.
- Bah ! On va vite savoir qui sera choisi aux sélections de mercredi ! Tu y seras Wei ? T'as toujours pas abandonné l'idée de t'intégrer à l'équipe ? Demanda Mael en se tournant vers elle.
- En effet, répondit la jeune fille d'un air impassible, j'ai bon espoir vu que Garra a été viré de l'équipe, vous vous rappelez ? Juste le jour des buses ! Il était poursuiveur, exactement le poste que je veux.
- Je pense que tu as tes chances, franchement. Et puis ça serait cool, tu serais la première de la classe à intégrer l'équipe ! Parce que pour le moment, on n'a pas trop brillé niveau sélection au Quidditch. Même si White et Strauss avaient l'air pas mal, mais le capitaine est trop...
- Laisse White et Strauss en dehors du Quidditch, ça m'énerverait qu'ils y soient, ils deviendraient encore plus prétentieux qu'ils ne sont ! Ajouta l'autre garçon dont elle ne savait plus le nom.
- Marius ! s'exclama une nouvelle voix féminine et discrète, en Quidditch le plus important c'est la qualité de l'équipe. Tant que l'équipe est forte et qu'on gagne la coupe, on s'en fiche que ces deux idiots en fassent partie et qu'ils s'en vantent, non ? Ils sont serpentards et s'ils nous permettent de gagner, je ne vois pas de quoi me plaindre.
- Opaline, comme toujours, la voix de la raison, railla Marius mais il lui souriait tout en disant cela. »
Marie avait écouté leur échange, se disant que le quidditch semblait avoir la même importance pour les sorciers que le football ou le rugby pour les moldus. Elle se souvenait que White et Strauss étaient les ''nés-moldus'', bien qu'elle ne comprenait pas trop cette expression. Elle ne leur avait pas encore parlé il fallait dire qu'à cause d'Audace elle n'avait approché que les Aristos. Ce nom lui déplaisait fortement, surtout en contraste avec celui des Plébéiens. C'étaient des termes insultants pour les deux camps. Mais la jeune fille savait qu'elle ne pouvait pas y faire grand chose. Dans les classes, cela arrivait très souvent qu'il y ait fission entre plusieurs groupes d'élèves. Et les sorciers ne semblaient pas faire exception, même si elle aurait bien voulu savoir si c'était la même chose dans les autres classes. On lui avait déjà dit plusieurs fois combien sa classe était ''spéciale''...
En tout cas, elle avait hâte de voir ces fameuses sélections, se demandant même si... mais non, elle n'était même jamais montée sur un balai, et n'avait jamais brillé par ses talents sportifs, alors vouloir intégrer subitement un sport inconnu et passablement dangereux tiendrait de l'idiotie ! Mais n'était-elle pas idiote justement ? Ce que lui avait dit son frère James lui resterait longtemps en travers de la gorge. Oh, mais Albus faisait du quidditch ! Elle pourrait le regarder voler – elle qui n'avait vu pour le moment que des mangemorts et des aurors sur des balais – et ça serait un spectacle fabuleux !
Il était temps de retourner en classe, et cette fois-ci, c'était un cours d'histoire de la magie. Marie eut un choc en remarquant que le professeur était un fantôme ! Bien sûr, elle en avait déjà croisé, depuis hier, dans le château même, et sa grand-mère lui en avait déjà parlé, des fantômes attachés à un lieu, mais là... c'était un professeur ! Le cours était avec les gryffondors, et alors qu'elle s'installait avec sa classe, elle sentit combien l'ambiance était plus tendue qu'avec les deux autres maisons. Gryffondor et Serpentard se détestaient... Marie aurait voulu savoir pourquoi il faudrait qu'elle demande à son frère. Le professeur se présenta comme étant Cuthbert Binns, saluant la nouvelle élève, et elle comprit rapidement la raison du soupir profond qui parcourut toute la salle : la voix du professeur était clairement soporifique. Elle tenta vainement de tenir le coup, véritablement curieuse de connaître l'histoire de la magie, mais quand Mr. Binns commença à parler de trolls et de guerres de géants de glace, elle perdit pied, cessa de tout noter méticuleusement sur son parchemin avec cette plume ridicule et regarda le professeur avec des yeux ronds. Puis elle fixa les élèves, avec ce même air éberlué. Qu'est-ce que c'était que ce cours-là ? Ce n'était pas de l'histoire, ça ! La plupart de ses camarades commençaient leur digestion, cachant savamment leur yeux ensommeillés derrière leur main ou derrière le manuel, tandis que certains gryffondors ne se gênaient pas pour s'affaler sur leur bureau. Quel manque de respect ! Enfin, c'était elle qui disait ça... Ses yeux papillonnaient de fatigue, et elle se sentait incapable de tenir plus longtemps. Dire qu'elle avait eu l'espoir d'apprendre des choses intéressantes, d'avoir un vrai cours comme en France. Elle bailla discrètement, la pièce était sombre, la chaleur douillette et cette voix...
Marie eut un hoquet elle avait reçu une boulette de papier roulée sur la tête. Furieuse, elle se retourna et vit un petit groupe de gryffondors pouffer sous cape. La jeune fille plissa les yeux sans vraiment réfléchir et leurs plumes à parchemin s'envolèrent soudainement, sous leur regard ébahi. Elle les fit monter jusqu'au plafond et les laissa là, se contentant de revenir au professeur, comme si elle n'était pas responsable de cet événement, satisfaite. Une minute plus tard, après quelques chuchotis et accio vite étouffés par le professeur - qui, s'il ne faisait pas foncièrement attention à ce que faisaient ses élèves, prenait toujours garde à ce que silence soit durant son cours – elle reçut un nouveau papier, plié avec plus de soin, et sur son bureau cette fois. Prudente voire méfiante, elle le déplia soigneusement, et déchiffra l'écriture difficilement lisible car griffonnée.
« Désolé Potter, peux-tu nous les rendre ? S'il te plaît ? David Wood, ton obligé. »
Elle eut un petit rire et se retourna. En effet, un des garçons semblait sincèrement consterné par le fait de ne pouvoir noter le cours à cause de la dizaine de plumes qui flottaient en l'air. Il lui rendit son sourire et haussa les épaules en contemplant ses camarades qui, eux, n'avaient pas du tout l'air désolés. Elle le vit chuchoter une nouvelle supplication muette, et elle accepta avec grandeur de redescendre les plumes sur leur bureau respectif. Le reste du cours se passa sans autre incident hormis un simple autre papier de remerciement de Wood. Alors que tous partaient, gryffondors et serpentards en rang serré et bien séparé, Marie fut, une fois de plus, arrêtée par le professeur. Et alors elle se rappela : elle avait l'heure de rattrapage d'histoire de la magie directement après le cours lui-même ! Quelle horreur ! Cette journée lui semblait sans fin, tandis qu'elle subissait la voix monotone et lente de ce professeur mort depuis des lustres et dont elle ne parvenait pas à comprendre le fonctionnement. Il ne la laissait même pas poser de questions, arguant qu'elle comprendrait tout une fois le cours fini. Mais lorsque cela fut fait, elle n'avait pas plus compris qu'en début de cours, hormis le fait qu'elle était déprimée après ces trois heures enfermée avec un fantôme à l'accent traînant et soporifique.
Traînant dans les couloirs, son sac de cours serré contre elle, elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir faire avec ces dizaines de dates toutes plus inutiles les unes que les autres sur des guerres auxquelles elle ne connaissait rien ni n'y voyait aucun intérêt. En fait, elle se demandait tout court ce qu'elle pouvait bien faire ici. Son altercation avec les gryffondors, malgré les excuses de l'un d'eux, l'avait marquée. Jamais au collège elle n'avait eu à subir ce genre d'attention.
En relevant la tête, elle se retrouva à étudier plus clairement le lieu où elle avait échoué dans ses ruminations : les escaliers mouvants. C'était quelque chose de très impressionnant et auquel elle n'avait pas prêté attention auparavant dans la journée. Mais maintenant qu'elle était seule... La jeune fille resta sur l'un des escaliers, observant le passage des élèves de tout âge et de toute maison. La plupart la regardaient en passant, mais personne ne lui fit de commentaire, aussi elle se contentait de rester là, comptant le nombre de mouvements de chaque escalier, comptant les tableaux vivants sur les murs. Compter l'apaisait, c'était un tic comme un autre, comme celui d'effleurer sans cesse le médaillon qu'elle avait sauvé de l'épisode chaotique qui avait changé sa vie.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
Derrière elle se trouvait James, et elle eut la sérieuse impression qu'il l'avait observée tandis qu'elle observait les autres. L'arroseur arrosé. Elle grimaça, gênée, se souvenant clairement du regard sévère qu'il lui avait lancé la veille, lors de sa répartition. James était un gryffondor, et il avait clairement espéré qu'elle fasse partie de sa maison. Alors qu'elle soit une serpentard...
« Je compte les passages des escaliers, et toi, tu fais quoi ici ?
- Je te regarde compter. »
Elle ne s'attendait pas à cette réponse et cela la laissa coite. Son frère avait les bras croisés, appuyé contre la rambarde de l'escalier en pierre. Elle rougit et se détourna, gênée. Elle ne le comprenait pas. Pourquoi venait-il la voir si c'était juste pour se moquer d'elle ? Elle aurait voulu être aussi à l'aise avec lui qu'avec Albus, oser lui demander pourquoi il était si distant avec elle, pourquoi il la regardait toujours comme si elle était un cas désespéré, toujours les bras croisés, toujours ce regard hautain. Mais elle n'osait pas, et elle s'énervait de ne pas oser. Le silence s'éternisa entre eux deux, quelques élèves passèrent et chuchotèrent, intrigués par cette mise en scène. Cela aurait pu durer très longtemps mais une exclamation termina ce petit jeu.
« Putain, James ! Qu'est-ce que tu fous là ? Ça fait une heure que MacGonagall te cherche ! »
C'était Albus qui arrivait de l'escalier inférieur, essoufflé et accompagné de Leila et d'un autre gryffondor qu'elle ne connaissait pas. Encore une fois Marie fut étonnée de la ressemblance frappante de ses frères entre eux, mais aussi avec leur père. Elle s'était tendue, comme si la colère d'Albus était dirigée sur elle mais il ne la regardait pas, et James, lui, resta droit et imperturbable, se contentant de hausser les épaules. La jeune fille découvrit la confrontation fraternelle avec étonnement. Ils se fusillaient du regard, semblant tout oublier autour d'eux, et elle se demanda qui aurait le dessus. Ce fut Albus qui craqua le premier.
« C'est à peine le premier jour et tu sèches déjà ?! Qu'est-ce qu'elle va dire Maman ? Tu lui avais promis ! Tous le monde ne parle déjà que de ça !
- Qu'est-ce que tu veux que je te dise, j'avais déjà validé l'ASPIC en métamorphose, ça sert à rien que j'y retourne, répondit calmement James, avec le ton de l'indifférence.
- On s'en fout de ça, grandis un peu !
- T'as rien à me dire, c'est pas ton rôle il me semble. J'irai voir la directrice ce soir si ça te rassure.
- Tu fais chier, soupira-t-il en battant en retraite, alors même qu'il remarquait enfin sa sœur, Lily ? Qu'est-ce que tu fais là ?
L'incongruité de la question face à la dispute à laquelle elle venait fortuitement d'assister l'aurait faite rire si elle n'avait pas été si intimidée par ladite dispute. Mais avant qu'elle ne trouve une réponse à cette question, ne sachant d'ailleurs pas ce qu'elle faisait vraiment là, James répondit à sa place :
« Elle compte les mouvements des escaliers.
- Pardon ?
- Les changements de direction, tu sais ? Bref. Tel frère telle sœur il faut croire, affirma-t-il avec un sourire que Marie ne sut interpréter.
- J'espère pas ! répondit Albus avec hargne.
- Quoi, tu préférerais qu'elle tienne de toi ? Le petit Albus Potter, toujours sage, calme, parfait, toujours à vouloir plaire à tout le monde ? Le parfait cadet Potter, à l'inverse de l'aîné Potter qui foire sans cesse alors qu'il a tout pour réussir ? »
Un ange passa de nouveau, et Marie était profondément mal à l'aise. Si ses deux frères s'entendaient si mal, comment pouvait-elle espérer être rassurée par sa nouvelle famille ?
« Je... je crois que je vais y aller, osa-t-elle enfin dire, son accent revenant comme un indice de sa nervosité grandissante.
Lily... ! »
Elle ne sut pas lequel des deux garçons l'appela, car elle partait déjà, son sac tenu fermement contre elle, le regard baissé. Elle se dépêcha de s'enfuir sans se retourner, mais elle entendit clairement que la dispute recommençait. Des larmes lui montèrent aux yeux, rudes et brûlantes, dont elle ne comprenait pas la raison. Pourquoi pleurait-elle, au juste ? Elle s'en savait rien, mais cela lui faisait mal, beaucoup plus que durant tous ces jours où elle avait simplement laissé les événements se passer, sans vraiment la toucher. Elle courait presque à travers les couloirs, ignorant les autres élèves, ne sachant pas où aller pour laisser libre cours à ses pleurs incontrôlables et invraisemblables. Mais sa recherche allait être de courte durée, car elle heurta de plein fouet une personne. Reconnaissant ladite personne, elle ne put qu'éclater d'un petit rire nerveux, comme soudainement apaisée, avant de dire :
« Tu le fais exprès, avoue ?
- Oh non, je te jure que non ! C'est toi qui me fonces dessus à chaque fois ! S'exclama Melopoïa en se relevant, époussetant sa jupe et remettant sa cravate bien en place, on a juste le chic pour se croiser de manière non conventionnelle il faut croire. Oh, mais tu pleures ?
- Ce n'est rien, je... »
Sa voix se tut, et elle renifla piteusement, se frottant les yeux avec rage. Melopoïa la fixa quelques secondes, avant de lui tendre la main, impérieuse.
« Viens, je vais t'emmener dans mon coin secret. Finalement tu n'auras pas à attendre mercredi pour me poser des tas de questions, ou autre, si tu préfères. »
Marie hésita presque, mais le visage soudain très doux de la jeune grecque la réconforta. Elle lui faisait confiance, malgré ses façons étranges, et surtout car elle n'avait rien dit pour Nagisa. Elle attrapa sa main et se laissa entraîner à travers le château, vers un endroit où elle n'avait pas encore été, près de la grande horloge qui surplombait Poudlard, à plusieurs étages au-dessus du sol.
« Où sommes-nous ?
- Près de l'infirmerie, mais ce n'est pas là que nous allons. Sophia me laisse toujours entrer quand j'en ai envie ou besoin. Regarde. »
Elle désigna une porte toute à fait banale, placée en retrait des arcades lumineuses où elles se trouvaient, ainsi que de deux grandes portes ouvragées. Melopoïa ouvrit la porte, alors que Marie aurait cru que celle-ci serait fermée, et elle la fit entrer à l'intérieur. C'était un petit salon adorable, à l'anglaise, bien sûr, mais accueillant et charmant. Deux petits canapés formaient un angle délimitant l'espace, avec un tapis plus russe que persan, une belle fenêtre aux voilages blancs laissait entrer la lumière de l'après-midi tandis que des bibliothèques surchargées menaçaient de s'écrouler sur l'ensemble et cachaient l'intégralité des murs. Deux portes fermées se trouvaient au fond. Sur la table basse au milieu étaient posés une théière et deux petites tasses d'inspiration japonaise, ainsi qu'un bol de gâteaux craquants, et une odeur de thé vert emplit les narines de Marie.
« Chez qui sommes-nous ?
- Chez Sophia Alpheratz, c'est l'assistante de l'infirmière. Là elle travaille, mais elle laisse toujours un petit quelque chose pour les rares élèves ayant l'autorisation de venir. Moi par exemple. Et toi aussi maintenant. Allez, va t'asseoir. »
La jeune fille brune lui tendit un mouchoir en tissu mais Marie n'osa pas l'utiliser, se contentant de renifler le plus discrètement possible, ses larmes taries à présent, sa curiosité mise en branle.
« Sophia Alpheratz... Elle a un rapport avec Vega Alpheratz, le garçon de serpentard ?
- C'est sa grande sœur. Mais ils ne se connaissent pas vraiment. C'est une cracmole.
- Cracmole ?
- C'est une personne née de parents sorciers mais sans aucun pouvoir magique. Sa famille l'a rejetée pour ça, quand elle n'a pas reçu sa lettre à l'âge de 11 ans.
- Quelle horreur ! Pourquoi faire ça ? »
Melopoïa lui sourit, d'un sourire triste qui expliquait mieux que n'importe quel discours. Sang-pur. Honte d'avoir une ''handicapée'' dans la famille. Ce genre d'idiotie... Marie s'assit finalement, profitant de la pièce chaleureuse. Cela lui faisait beaucoup de bien de ne plus avoir ces dizaines de regards toujours posés sur elle, de ne plus avoir à vérifier que personne ne la suivait du regard quand elle marchait dans un couloir. Ou qu'aucune boulette de papier ne viendrait rencontrer sa tête. Même la Salle Commune, ou le dortoir, ne risquaient pas d'être des retraites paisibles le soir, elle s'en doutait. Alors la possibilité d'avoir un tel lieu de repos... cela lui plaisait. Et le fait que cette serdaigle lui en ait offert la possibilité...
« Merci beaucoup, vraiment. C'est tellement gentil de ta part que je ne comprends même pas pourquoi tu le fais.
- Pourquoi je ne le ferais pas ? Tu m'as promis ton amitié, mais la mienne aussi t'est donnée. Ça marche comme ça. Ça va mieux ? lui demanda-t-elle tout en lui servant une tasse de thé, qui, étonnement, était toujours brûlant dans la théière.
- Oui, merci, répondit-elle chaudement tout en acceptant la tasse sans anse, faite d'une espèce de porcelaine noire et mate, rugueuse au toucher. C'était beau et particulier à la fois. Comme Melopoïa.
- Tu veux me dire pourquoi tu pleurais ? demanda celle-ci avec douceur.
- Je veux pas t'ennuyer...
- Je t'ai amenée ici, c'est pour que tu sois bien, alors c'est toi qui vois. On peut aussi juste rester comme ça, en silence, jusqu'à l'heure du dîner, dit-elle de sa voix toujours un peu grave, lente, simplement apaisante.
- Tu viens de Grèce, c'est ça ? l'interrogea-t-elle, préférant éviter le sujet des larmes.
- Oui et non. Je suis née en Grèce mais je n'y ai pas vécu du tout. Mon frère est né en Angleterre mais il n'y a jamais vécu. Oui, je sais, c'est bizarre. C'était un arrangement entre mes parents, arrangement qui n'a pas bien fini quand mon père a compris qu'il avait été floué, avoua-t-elle avec un sourire qui contrastait avec ses dires. Bref, je suis anglo-grecque, mais tu ne m'as posée cette question que pour me faire oublier la mienne. C'est pas grave si tu ne réponds pas, je pense simplement que tu en as envie et que tu ne sais pas par où commencer.
- Tu fais un peu peur tu sais... on dirait que tu devines tout...
- Toi tu dis ça parce que quelqu'un t'a dit que ma mère était une sibylle ! Lucy Weasley, ta cousine, j'en suis sûre.
- Tu vois ! Tu sais tout !
- C'est ultra facile quand tu sais qui et quand regarder. Il suffit d'être observateur.
- Tu n'as pas du tout de pouvoirs de divination ?
- Je n'ai pas dit ça, mais ce n'est pas important, affirma-t-elle avec ce grand sourire désarmant, le plus important c'est de savoir qui on est, et si ça ne nous plaît pas, de savoir qui on pourrait devenir. C'est de vouloir être ce que l'on souhaite être.
- Je sais même pas qui je suis ! S'énerva Marie, gênée par ce méli-mélo de belles paroles peu compréhensibles pour elle.
- Ouais, ça c'est un peu plus dur. On trouvera ensemble, qu'en dis-tu ? »
Cette simple offre menaça à nouveau de faire fondre en larmes la jeune fille. Mais elle se retint et lui sourit, buvant et appréciant le breuvage chaud malgré l'absence de sucre. Marie resta silencieuse quelques secondes, admirant cette fille qui semblait tellement plus mature et vieille qu'elle. Elle posa la tasse et frotta ses mains l'une sur l'autre, encore rougies du suc de botanique. Et elle lui raconta. Elle lui raconta ce qu'il s'était passé en Normandie, ce dont elle se souvenait, elle lui parla de sa grand-mère qui avait disparu dans des cendres dorées, de son père qui était si agressif avec elle, des flammes de la maison qui la hantaient, elle lui parla de cette sensation d'avoir été enlevée à tout ce qu'elle aimait pour lui faire accepter de force une nouvelle situation grotesque. De se retrouver comme ça du jour au lendemain dans un monde nouveau dont elle ne connaissait pas les règles. Et Melopoïa l'écouta en silence tout en buvant son thé, elle l'écouta en gardant ses yeux bleu vif fixés sur Lily. C'est lorsqu'elle n'eut plus rien à sortir que la jeune serdaigle posa sa tasse et parla à son tour.
« Tu devrais voir un adulte pour parler de tout ça. Vraiment. Ça m'étonne qu'ils n'y aient pas pensé.
- Je ne suis pas folle !
- Oh non, au contraire, tu réagis bien ! Mais tu en as besoin, et je pense pas être la bonne personne pour ça, je veux être ton amie, pas ta psychologue.
- Oh... Désolée, je m'excuse vraiment si je t'ai ennuyée.
- Pas le moins du monde, répondit la jeune fille avec un grand sourire, mais en tout cas, ça t'a fait du bien. Bon, on va y aller, ça va être l'heure de manger et je pressens... murmura-t-elle en fermant les yeux, soudain figée.
- Quoi, tu vois quelque chose ? Tu as une vision ?! S'exclama Marie en s'approchant d'elle, affreusement curieuse.
- Ahaha ! Non ! Enfin si ! J'avais la vision que tu allais te faire chatouiller ! » répondit-elle en ouvrant les yeux et en attaquant Marie soudainement de ses longues mains agiles.
Surprise, la jeune fille hurla et courut, poursuivie par sa nouvelle amie à travers le couloir, laissant le salon de l'assistante de l'infirmière en plan. Elle ne se souvenait pas d'avoir ri depuis son arrivée en Angleterre, ni d'avoir autant ri, presque jusqu'à l'étouffement, depuis des lustres. Elles continuèrent leur jeu, Marie se défendant à merveille, tout en courant dans les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée, bruyantes et très peu discrètes, sous les yeux des élèves qui se rendaient à la Grande Salle. Se calmant petit à petit, un sourire rayonnant accroché à son visage, Marie reprenait son souffle, admirant la chevelure si épaisse, ondulée et sombre de Melopoïa. Elle aurait bien aimé avoir des cheveux comme ça ! Sa tignasse rebelle et à la couleur indéfinissable ne lui semblait pas tenir la comparaison. En parlant de tignasse, son regard accrocha celle de sa cousine Rose, si rousse et visible de loin. Celle-ci se tenait avec un groupe de filles de gryffondor dont elle se sépara en quelques mots pour venir vers les deux quatrième année. Elle avait pour une fois une mine agréable et son teint éclatant de tâches de rousseur illuminait ses yeux noirs. Marie songea qu'elle était de très bonne humeur et elle en devinait bien la cause.
« Je te cherchais Lily ! Albus m'a dit de te dire qu'il était désolé, il ne m'a pas dit de quoi mais que tu comprendrais. Il doit être trop fier pour le faire lui-même je suppose... Bref, et aussi on a trouvé avec les cousins un horaire où tout le monde est libre, reste à voir ton emploi du temps à toi ! Tu as quelque chose de 16 à 18 le mardi ?
- Je... attends, je regarde, répondit Marie tout en cherchant rapidement son emploi du temps griffonné dans son sac de cours, non... Non je n'ai rien ! Même si j'ai un rattrapage tout de suite après, c'est bon.
- C'est parfait... affirma Rose avec toujours ce même sourire, tu vas pouvoir découvrir quelques petits secrets de Poudlard comme ça ! Tu vas entrer dans le cercle sélectif des Weasley... Enfin, tu t'en doutes je reste sceptique, je suis franche, mais tout le monde a droit à une chance, et j'ai pas forcément été sympathique avec toi au début. Oh non je ne vais pas te demander pardon, crois-moi ! Mais Hugo m'a convaincue. Tu es de la famille. »
Sa voix était douce, et elle rappela à Marie celle de sa tante Hermione, la mère de Rose. Mais déjà le visage si différent que d'ordinaire recomposa une mine plus habituelle et distante, accentuée par une posture plus hautaine.
« Par contre si tu nous refais des idioties comme James... Je serais pas la plus douce ni la plus prompte à te pardonner !
- Euh... merci de ta franchise... osa répondre Marie sans trop savoir comment gérer cette cousine.
- J'ai toujours été franche. Bon. Je te laisse. Et ne reviens pas à la table des gryffondors, tu as fait assez de dégâts et de ragots comme ça en une demi-journée » affirma-t-elle tout en partant.
Parle pour toi ! songea Marie très fort en se rappelant les quelques commentaires railleurs que ses camarades de classe avaient offerts à la vision du couple Rose/ Scorpius.
« Tu as gagné une sacrée famille aussi, commenta Melopoïa, qui avait été ignorée tout le temps de cette conversation. Je crois savoir ce qu'ils vont te faire découvrir...
- Rah mais comment tu sais tout comme ça ?
- De l'observation et de la mémoire... tout est là, se moqua la jeune grecque tout en la poussant vers la Grande Salle, allez, en piste ! »
Elles rentrèrent toutes deux et durent se séparer, l'une à serdaigle, l'autre chez les serpentards, qui l'accueillirent en lui demandant où elle avait été depuis le cours d'histoire. Marie laissa le mystère planer mais son sourire ne s'était pas départi et l'ambiance était beaucoup moins tendue qu'en début de journée. Audace fut d'une compagnie plus agréable, tout comme Ismael et Justin, qui se trouvait juste à côté d'elle. Elle eut pour la première fois une vraie conversation avec sa classe, une conversation d'adolescents normaux, à base de plaintes au sujet des premiers devoirs, d'hypothèses de mise en couple, de la passion qu'Audace vouait à Alpheratz, de plaintes sur les professeurs, sur les autres maisons, sur les querelles de quidditch et les possibles choix lors des sélections... Bref, une conversation où Marie s'était impliquée, sans se sentir spectatrice. Une conversation banale mais si rassurante !
A la fin du repas, alors qu'elle suivait le groupe des aristos, accompagnée d'Audace toujours à son bras, elle s'éclipsa aux toilettes des cachots, rarement utilisées il semblait, et attendit que Nagisa ne se présente. Bien sûr à présent elle pourrait lui montrer d'autres caches où se croiser, et lorsque le serpent vint à elle Marie s'accroupit et profita pleinement de l'étreinte de l'animal pourtant glacé contre elle. C'était si agréable de l'avoir tout contre elle ! Elles restèrent un moment comme ça, sans rien dire, puis Marie se renseigna sur la première journée de l'animal, qui l'informa du plaisir de se trouver dans un lieu regorgeant de tant de nourritures et de cachettes. La jeune fille proposa ensuite à sa compagne à sang froid de tenter de se retrouver directement dans le dortoir dans les mois qui viendraient. En effet les tentures du lit à baldaquin la cacheraient efficacement et - Marie y avait songé dès qu'elle avait lu les nombreux sortilèges qu'il était possible d'apprendre – elle pourrait lancer un sort d'insonorisation sur son lit pour converser tranquillement avec le reptile. Elle y avait songé comme ça, comme souvent chez elle, alors même que plus tôt dans la journée elle s'était affirmée à elle-même qu'elle ne voulait plus rien avoir à faire avec la magie. Mais se donner un but la motivait plus qu'un quelconque cours ou un manuel incompréhensible. Elle allait devoir apprendre à faire le sort d'insonorisation ! Donc à utiliser sa baguette correctement, et à ré-apprivoiser ce qu'elle ne connaissait pas, cette magie à voix haute, cette magie contrôlée qui faisait autre chose que voler des avions en papier.
« Tu as raison, Marie... Tu dois apprendre... »
Cette simple constatation la rassurait, ainsi que l'accord de son serpent. Si elle pouvait apprendre, elle pouvait maîtriser sa vie. Elle pourrait comprendre et mieux réfléchir à ce qui se passait. Mais c'était déjà l'heure de se quitter, elles se donnèrent rendez-vous même heure même endroit pour le lendemain, et Marie rejoignit sa Salle Commune en communiquant le bon mot de passe. La salle était à nouveau remplie d'une foule d'élèves, comme tous les soirs certainement, des dizaines de petits groupes conversaient de-ci de-là, confortablement installés sur les fauteuils et canapés de cuir noirs, certains sur les tapis, d'autres plus proches des cheminées encore éteintes à cette période de l'année. Il n'était pas si tard que ça, mais avec le couvre-feu de 20h (hormis pour les préfets et certains cours), il était assez évident que les rapatriements vers la Salle Commune se fassent rapidement après le repas.
Marie retrouva Ismael, qui était le seul à se trouver avec un livre ouvert, en pleine réflexion, loin de toute personne de la classe, ce qui ne déplaisait pas à la jeune fille. Elle s'installa à côté de lui sur le dossier du canapé et regarda par dessus son épaule.
« ''De l'importance du lien social et de l'appartenance à un groupe pour les sorciers.'' Drôle de titre, je ne m'attendais pas à ça, commenta-t-elle, penchée vers lui.
- Hey ! Ça se fait pas de lire par dessus comme ça ! S'indigna le jeune garçon, en renfermant le livre.
- Désolée, je voulais pas te fâcher... Tu l'as eu à la bibliothèque ?
- Non, il fait partie de mes affaires, ma mère veut que je le lise. Mais c'est un ramassis d'idées toutes faites, c'est nul.
- Tu aimes lire ?
- - Yep ! Je sais lire trois langues, ça facilite, se vanta-t-il d'un sourire pourtant peu assuré, comme si le sujet ne lui convenait pas, mais Marie l'ignora pour continuer.
- Tu viens d'où ?
- Et toi ? la coupa-t-il pour la faire taire, certain qu'elle ne répondrait pas.
- De France, de Normandie, et toi ?
- Je dois forcément venir de quelque part ? On va dire d'Iran alors.
- Mais Gaunt c'est très anglais...
- Mon père est anglais, ma mère iranienne. Je t'avais déjà dit que cette classe était un vrai mélange, non ? »
Cette fois il souriait, charmeur, et Marie le trouva mignon, avec ses yeux en amande noirs et ses bouclettes disciplinées, sa peau sombre et ses fossettes aux joues. Il était déjà grand et paraissait plus vieux que son âge, et c'était sans doute le plus calme et le plus sérieux des garçons de sa classe, du moins c'est ce qu'elle pensait pour le moment. Elle ne répondit pas et le regarda, avant de rougir, se demandant ce qu'elle faisait là, à parler à un garçon tout naturellement pour discuter de tout et de rien. Mais Ismael continua, n'ayant pas remarqué la gêne de sa camarade de classe.
« Je te passerai des trucs à lire si tu veux, des ouvrages en français. Je ne sais pas lire le français, mais ma mère pourra m'envoyer des livres sympas. Il suffit de me dire ce que tu cherches !
- J'aimerais bien, merci. Des livres sur la magie, ça m'aiderait. Les manuels sont trop durs pour moi, j'ai du mal avec l'anglais écrit.
- Vu ton accent, ton vocabulaire et ta grammaire déficiente, on s'en doutait un peu.
- Dis tout de suite que je suis nulle !
- Mais non, tu es charmante, et cet accent français est... adorable, se moqua-t-il d'une voix mielleuse.
Marie bouda et s'éloigna dans un soupir travaillé, faussement fâchée. Elle savait bien que son anglais était loin d'être parfait, mais elle s'améliorait déjà si vite ! Elle se retourna et remercia d'avance Ismael pour les livres puis elle s'avança pour aller dans son dortoir. Dans un piaillement, elle manqua de tomber à cause d'une chose qui s'était mise entre ses jambes. Une chose poilue et souple. Le chat de la volière !
« Qu'est-ce que tu fais là, toi ? demanda-t-elle au chat tout en se penchant pour le caresser.
Elle le prit dans ses bras et profita de sa fourrure douce et courte, du ronronnement rapide et si agréable. Mais déjà elle comprit pourquoi l'animal était là et de qui il était la propriété. Scorpius Malefoy la regardait fixement, froidement, dans un coin de salon, l'air de dire : on ne touche pas aux affaires des autres sans leur permission. Cependant il ne vint pas à elle, et Marie continua à câliner le chat sans se soucier de l'avis du petit ami de sa cousine. Elle croisa le regard de Vega Alpheratz aux côtés de Scorpius et se rappela ce que Melopoïa avait dit au sujet de sa grande sœur, Sophia. Marie relâcha le chat tout en se demandant ce que ce garçon de sixième année aurait à dire sur sa sœur et comment il avait pu laisser faire ça. C'était horrible et injuste !
Elle regarda le chat noir se faufiler vers les dortoirs des garçons, se demandant comment il pouvait passer la barrière magique. Sans doute y avait-il un système particulier pour les animaux domestiques en balade dans le château. Elle avait déjà croisé des chats, des rats, des furets et autre rongeurs en totale liberté dans l'enceinte de l'édifice. Comment faisaient-ils pour ne pas s'attaquer mutuellement ou ne pas se reproduire ? C'était étrange... Un truc magique sûrement. Marie bailla, observa cette Salle Commune qui devenait son salon à elle. L'année serait longue. Mais peut-être pas si horrible que ça, finalement. Elle croisa Audace qui venait de se disputer avec Elisabeth et la suivit dans le dortoir pour la consoler et se coucher. Une nouvelle journée de cours l'attendait. De nouvelles choses à découvrir, des trucs à faire et à inventer, des sorts à apprendre, des jeux avec Melo, des discussions avec ses frères, une entente à créer avec sa famille...
Une nouvelle vie commençait. Une vie qu'elle pourrait peut-être aimer.
