Coucou les amis !
On en est déjà au chapitre 10 omg !
Pour l'occasion j'ai quelques petites choses à vous annoncer !
o. J'ai créé un blog Tumblr pour Dance, Dance, où je poste mes dessins en rapport avec l'univers de la fic, et où vous pouvez me montrer les vôtres, poser des questions, suggérer des idées de dessins, et suivre des petites précisions ou idées qui me viennent par rapport à Dance Dance ! J'espère que l'idée vous plaira ! L'adresse est :
o. dance-dance-bokuaka. tumblr .com
o. Ensuite, l'un de vous serait-il intéressé pour traduire Dance, Dance, en anglais, ou en espagnol ? J'ai été très surprise de voir qu'une camarade mexicaine m'avait laissé une review, me disant qu'elle était déçue de ne pas savoir lire le français car elle adore les Dance AU. Sachant que la traduction anglaise/espagnole aurait minimum une lectrice haha, je trouve maintenant l'idée intéressante !
Donc si vous êtes intéressé, ou connaissez quelqu'un qui pourrait l'être, faites le moi savoir !
o. Malheureusement, je vais aussi devoir vous annoncer qu'il n'y aura pas de chapitre la semaine prochaine. Peut être celle d'après ? Mais rien n'est sûr. Mon bac français est vendredi, et je me noie actuellement entre Rimbaud (la poésie c'est pas du tout mon truc) et Rabelais. J'écris donc à mon rythme, mais les révisions d'abord bien sûr. Je vous tiens au courant sur le Tumblr de la fic du coup !
Ce sera tout ! Encore merci à tous pour vos si gentils commentaires ! Je suis longue à répondre car je suis une larve :'0 Mais tous vos retours me font chaud au cœur ! Merci aussi à ceux qui lisent en silence, follow et fav ! *coeurs coeurs coeurs*
Merci encore à Akimitsu N qui fait un bon boulot de correction !
Et sur ce, je vous laisse avec ce chapitre encore lourd de découvertes ! Bonne lecture !
oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooo
- Pour commencer, il y a quelque chose que je dois vous dire.
La déclaration avait atterrie sur la table. Lourde. Sourde.
L'estomac d'Akaashi se tordait en tout sens dans sa cavité, tandis que ses yeux semblaient vissés vers ses mains liées entre elles. Ce ne fut qu'avec un gros effort sur lui qu'Akaashi parvint à regarder Bokuto.
Ses yeux à lui étaient grands ouverts. En fait, il ressemblait à un animal curieux avec cette expression. Un oisillon qui se glissait hors du nid et qui découvrait, incrédule, la vérité derrière ces branchages. Il avait cette petite moue qui lui était si spéciale ; qui malgré ses cheveux salement décolorés, son allure débraillée, lui donnait une étrange candeur. Akaashi déglutit. Ce n'était pas vraiment le moment de penser à ça.
- Ouais bon. Tu te présentes aux présidentielles ou quoi ? grommela Kuroo de l'autre côté.
En face d'Akaashi, Oikawa claqua la langue d'un air agacé, étalant distraitement sa confiture sur son pancake. Et Akaashi ne sut pas si son énervement était dirigé contre Kuroo ou contre lui. Notre danseur classique -pardon ! notre célèbre acteur - ne put s'empêcher malgré tout de rougir. Comment avancer les choses ? Comment présenter la situation pour faire en sorte de ne pas passer pour le dernier des minables ?
- Tu n'es pas acteur, hein ? souffla soudainement Kenma de sa voix feutrée.
Et Akaashi sursauta. Il virevolta la tête vers le plus petit, qui le fixait à nouveau des ses prunelles divinatrices.
Kuroo soupira lourdement.
- J'en étais sûr, gronda-t-il. Kenma, tu ne te trompes jamais.
- Rarement, répondit le plus petit en baissant les yeux dans un mélange étrange entre la honte et la déception.
Et pendant ce temps, Akaashi mourait sur place. Il avait mal au coeur, et il s'étonna de souffrir comme cela. Bokuto baissait la tête et refusa de le regarder, bien qu'Akaashi chercha son regard. Kuroo le fixait avec une colère grandissante dans les yeux. Oikawa, lui, fronçait les sourcils d'un air confus.
- Bon, soupira ce dernier. Alors tu fais quoi dans la vie ?
- Et surtout pourquoi tu as menti ? demanda Kenma.
Son portable était posé sur ses genoux et il tapotait la table du bout des doigts dans un rythme désordonné.
- Pourquoi il a menti ? enchaîna Kuroo, sarcastique. Pour se rendre intéressant nan ? En vrai t'es quoi ? Secrétaire ? Nan, un petit bourge comme toi… Banquier, grâce à ton papa peut être ? Ou alors..
- Kuroo, imposa cependant Kenma. Tais toi, déclara-t-il d'un ton sans équivoque, un regard dur tourné vers son ami.
Et l'intéressé s'exécuta, plongeant un regard différent dans celui du plus petit. Il n'était pas en colère contre lui. Peut-être ne l'était-il jamais ? Akaashi déglutit.
- Alors ? demanda Oikawa en plongeant son regard dans le sien.
Sa voix n'était ni froide, ni déçue, ni en colère. Il se posait sincèrement la question. Alors ? Comment gagnes tu ta vie Akaashi ? Quelle est donc la source de toute cette honte ?
L'intéressé soupira. Puis inspira une dernière fois et, prenant garde à bien poser sa voix, déclara d'un ton sans équivoque :
- Je suis danseur.
Il détourna les yeux. Ne sachant pas où regarder, il baissa simplement les paupières.
- Danseur classique.
Sa voix aurait presque résonné dans l'appartement silencieux. Elle tomba dans l'atmosphère froide du mois de décembre ; pas tout à fait juste, mais Akaashi savait qu'il n'aurait jamais su faire mieux. Il avait soudainement arrêté de respirer, et ses yeux étaient rivés vers le sol. Un silence élastique suivit sa déclaration, aussi pensa-t-il utile de préciser à l'avance, de sa voix précipitée, gênée, avant les éclats de rire :
- Et non ! Je ne porte pas de tutu. Je n'en ai jamais porté. En fait, même les filles n'en portent presque jamais. Ce n'est pas…
Il releva alors seulement la tête dans l'entrain de sa tirade. Et soudain il oublia tous ses mots.
- Ce n'est pas... reprit-il.
Et personne ne souriait. Kuroo haussait un sourcil. Oikawa tenait une tasse au bord de ses lèvres, Kenma attendait, la tête reposant dans le creux de sa paume. Quant à Bokuto… Akaashi déglutit, puis se tourna vers lui. Quant à Bokuto, oui, il avait relevé la tête, et ses yeux brillaient à nouveau d'un éclat tourmenté. Il fronçait ses sourcils désordonnés et penchait la tête sur le côté, comme ces volatiles qu'il aimait tant, tandis que ses yeux parlaient pour lui. Ils ne riaient pas, non, ils le fixaient avec un intérêt dévorant. Les paupières d'Akaashi durent perdre quelques fois la raison sous l'anxiété car il cligna fébrilement des yeux, et Bokuto, témoin de son désarroi, pencha sa tête de l'autre côté et souffla :
- Ce n'est pas…?
Et son intérêt, cette curiosité qu'il lui portait fit exploser dans le coeur, dans l'estomac d'Akaashi, une gratitude si lumineuse qu'elle lui brûla les entrailles. Il se mordit la lèvre inférieure, mais ses émotions tachaient son visage, il en était sûr ; alors il baissa la tête.
- Je voulais dire que l'image que vous avez de la danse n'est pas représentative. Ce n'est pas… ce n'est pas ce que vous croyez.
- Ah ouais ? Et donc vas-y, exprime toi, qu'est-ce qu'on croit à ton avis ? lâcha Kuroo.
Son ton était provoquant mais plus en colère. Kenma lui lança un petit regard, les lèvres pincées.
- Non, ce n'est pas ce que…
Akaashi soupira. De toutes façons quoi qu'il dise au sujet de la danse il y aurait toujours quelqu'un pour lui retomber dessus.
- Écoutez, tout le monde à son petit avis sur la danse classique, déjà pour les filles. Mais alors pour les garçons… Je ne suis pas spécial. Et ce n'est pas parce que j'ai honte de la danse, que je vous ai menti, mais j'en ai assez de devoir me justifier auprès de tout le monde par rapport à ce que j'aime. Et puis tout était si rapide, je ne vous connaissais même pas, je me suis dis que ce n'était pas important, que ce serait plus simple…
Il soupira longuement. Il ne savait pas à quoi s'attendre mais au moins, il était soulagé d'avoir avoué. Plus de faux semblants.
- Mais alors… souffla Bokuto. Pourquoi ces types t'ont agressé toi ?
Akaashi sursauta. Un poids s'abattit sur son coeur. Il s'était tant focalisé sur son mensonge qu'il en avait oublié son second récit. Il allait maintenant devoir raconter les évènements de la veille… Il se tourna vers son interlocuteur, un peu fébrile. Pourquoi les mots avaient tant de mal à sortir ?
- En fait, commença le danseur classique, je les connaissais depuis longtemps…
Tous les regards s'agrandirent. Personne ne pipait mot.
- Heum… C'était mes amis au collège. Je leur ai menti aussi… Enfin. Je ne leur ai pas dis que je faisais de la danse et… il y avait ce gars, qu'on appelait Le Gay. Je me rappelle même plus de son prénom. Il l'a découvert et a été le dire aux autres, alors quand ils l'ont appris…
C'était la première fois qu'il racontait cette histoire. À qui d'autres aurait-il pu en parler après tout ? Akaashi ne savait pas comment amener les choses. Les souvenirs étaient encore plus durs lorsqu'on les avouait à haute voix.
- En gros, ils m'ont laissé tomber, et ça les amusait bien de tous se mettre contre moi.
Akaashi marqua une pause.
- Attends, attends, fit Oikawa, perplexe. Tu veux dire que les gars qui t'ont fait ça…
Il désigna les bras couverts de bleus du danseur.
- C'est les même gamins qui te faisaient chier au collège ?
Il semblait éberlué, et le temps d'un instant, Akaashi eut peur que personne ne le croit. Y aurait-il quelque chose de pire que d'avouer vos plus grandes faiblesses et de découvrir que vos confidents les prenaient pour mensonges ?
- Oui, répondit-il clairement, mais sa voix tremblait un peu. J'ai croisé Kenneth hier en sortant du travail et…
- Kenneth ? Kenneth comment ? Le coupa soudain Bokuto, une flamme dans les yeux.
- Heu… hésita le plus petit. Je ne sais plus… Il traîne avec Luke.
Son interlocuteur hocha la tête, visiblement en pleine réflexion. Akaashi ne put réprimer un frisson.
- J'ai croisé Kenneth, reprit-il cependant, un noeud dans la gorge. Et il a commencé à me parler. Rien de terrible. Mais quand Luke est arrivé… Il était en colère, et il s'en est pris à son pote. Sauf que lui l'a redirigé sur moi, et au final celui qui s'est tout pris, c'est moi.
Personne ne fit de commentaires. Kuroo baissait les yeux depuis son coin de table, les bras croisés. Kenma fixait le vide, Oikawa fronçait les sourcils, le regard braqué sur le danseur classique, et Bokuto semblait perdu en plein réflexion.
Akaashi soupira.
- Enfin bon. Voilà, vous connaissez l'histoire maintenant.
Et tous hochèrent la tête.
Un petit silence suivit. Un silence clair. Au fond de l'appartement, on entendait le grondement d'une machine à laver, et l'écoulement de l'eau depuis les tuyaux du voisin du dessus. Quelques pas précipités un peu partout dans l'immeuble, le vent à l'extérieur, le soupir continu des voitures…
- Règle number one si tu traînes avec nous, Akaashi, reprit soudainement Oikawa d'un ton nouveau.
Akaashi haussa les sourcils, surprit par le changement soudain d'atmosphère.
- Ne mens jamais. Ça ne sert à rien : Kenma voit tout !
Et il souriait d'un petit air malicieux. Akaashi se tourna vers l'intéressé qui haussa un sourcil, l'air amusé.
- Le seul qui sait garder ses secrets ici c'est Iwa, souffla-t-il.
- C'est hyper chiant d'ailleurs ! répliqua Oikawa en se calant en arrière dans sa chaise. Il me fait des cachotteries et même Kenma ne peut pas m'aider, tu te rends compte ?
Akaashi sourit timidement, la mine déconfite. Que signifiait cette discussion ? Il était pardonné ? Kuroo ne disait rien, ce qui avait le don de l'inquiéter, tout comme Bokuto, vers lequel Akaashi n'osait pas se tourner.
- Enfin bref ! reprit vivement Oikawa. J'ai un shoot dans une demie heure moi, je vais vous laisser.
Il se leva, sa tasse et son assiette en main.
- Promettez moi quand même qu'il n'y aura pas de meurtre pendant mon absence hein, cantonna-t-il en empilant sa vaisselle dans l'évier.
Kenma sourit, Kuroo haussa les sourcils d'un air sarcastique.
- Sinon, ce sera sûrement fini vers une heure et demie, je serais au centre ville. Un Mc Do ça vous dit ? Je crois que tout le monde a besoin de se changer les idées.
Akaashi pinça inconsciemment les lèvres, dans l'attente de la réaction des autres garçons.
- Tu veux nous ruiner ? fit Kuroo, un sourcil fronçé. Le mois prochain, oui, mais là on est trop sorti…
- Si toi et Bokuto vous n'aviez pas insisté pour aller voir Zootopie au cinéma aussi, fit remarquer Kenma, un sourire satisfait sur le visage.
- On espérait qu'il y aurait un personnage chat ou hibou… marmonna son interlocuteur, mais il ne put s'empêcher de sourire en plongeant son regard dans les yeux du plus petit.
Akaashi cependant gardait les yeux baissés. Une idée lui vint.
- Je peux payer, moi, s'exclama-t-il avec un regard circulaire sur la pièce. Je vous dois bien ça.
Et en disant cela, il croisa de nouveau le regard de Bokuto qui le fixait, curieux.
- Enfin, se reprit Akaashi en se tournant vers Oikawa. Si vous voulez, quoi.
Un court silence suivit son idée, le temps d'une réflexion.
- Bah moi je vais pas dire non, hein ! clama Kuroo depuis sa place contre le radiateur.
Kenma haussa les épaules.
- Moi non plus, souffla-t-il. Merci, Akaashi.
L'intéressé baissa les yeux.
- Pas de problème, après toutes ces histoires, vous le méritez bien.
Akaashi se tourna vers Bokuto, qui en croisant son regard se mit à sourire en haussant les sourcils.
Un temps passa, une seconde étrange. Elle voulait dire quelque chose, mais Akaashi savait qu'il n'était pas encore temps de savoir quoi. Il se contenta d'esquisser un petit sourire à son tour.
- Ouais, bon. Moi les déclarations pleine d'émotions, je m'en passe… lança Oikawa.
- C'est toi qui dit ça ?! s'exclama Kuroo, visiblement outré.
Son interlocuteur se mit à rire, avant de poser sa capeline sur sa tête et de jeter une besace en bandoulière sur son épaule.
- Bon allez, à tout à l'heure alors !
Il se glissa dehors.
- Et n'oubliez pas : peace ! fit-il, en passant sa tête par l'embrasure de la porte en exhibant son index et son majeur.
Puis il claqua la porte.
Un court silence suivit, mais rapidement, Kuroo se leva, et commença à débarrasser la table. Il attrapa l'assiette devant Akaashi sans le regarder. La tempête les séparant semblait être passée, mais le danseur n'aurait pas parié que la guerre était fini. Kuroo avait décidé depuis le premier jour où ils s'étaient rencontrés qu'il ne l'apprécierait pas. Et sans qu'Akaashi sache pourquoi.
Enfin, après tout, on ne pouvait pas aimer tout le monde.
Notre protagoniste se leva alors, et entreprit de prêter main forte à son rival félin, bientôt suivit de Kenma et Bokuto.
- Bon, s'exclama le plus grand en enfournant une poêle dans le lave-vaisselle. On va pas en concert aujourd'hui alors ?
Il parlait de leurs petites représentations urbaines bien sûr.
Son ton ne semblait pas déçu, mais Akaashi s'en voulut. Il était celui qui avait déboussolé leurs habitudes.
Bokuto haussa les épaules.
- Nan, ça sert à rien d'arriver à cette heure ci. En plus…
Kuroo haussa les épaules à son tour.
- Tu m'étonnes, il fait froid, les gens donnent pas.
- Et puis vu ce qu'il a plu hier, le sol doit être encore trempé, on aurait pas été bien, renchérit Kenma.
Et de concert, ils soupirèrent tous les trois. D'un soupir soulagé, fatigué.
Dans leur coin, Kenma et Kuroo entamèrent une discussion visiblement secrète. Akaashi entreprit d'enfourner les verres dans le lave vaisselle. Il constata avec un regard glacial que ses bras étaient couverts de bleus, notamment aux poignets et aux milieu des avant-bras. La douleur ressurgit, vive. Mais il avait l'habitude. La danse classique était une véritable torture pour les pieds par exemple. Et Akaashi n'était plus du genre à sangloter à la première escarmouche. Il s'était senti suffisamment faible la veille. Maintenant il ignorerait ses blessures.
Alors qu'il rinçait quelques couverts dans l'évier, Bokuto s'approcha de lui. Posté à sa gauche, il fit mine de déposer des verres là, les retournant bêtement les uns à côté des autres. Akaashi tourna la tête vers lui avec un regard interrogateur. Bokuto fit de même, puis, après un instant d'hésitation, il souffla :
- Hey, dis tu me montreras comment tu danses hein ? S't'euplé ?
Ses yeux brillaient de curiosité, et un sourire difficilement maîtrisé illuminait son visage. Akaashi ne put s'empêcher de sourire à son tour.
- Oui, si tu veux, souffla-t-il en retour.
- Tu sais faire des pointes alors ? l'interrogea encore le plus grand comme si cela fut le plus grand exploit au monde.
Akaashi laissa échapper un éclat de rire.
- Bien sûr ! répondit-il et son coeur dansait dans sa poitrine. Par contre…
Il repensa soudainement à ses chaussons maltraités de la veille.
- Mes pointes ont prises la pluie hier… Je ne sais pas dans quel état elles sont maintenant…
- C'est grave ? fit Bokuto d'un air concerné.
Akaashi haussa les épaules.
- Ça dépend. On ne les lave même pas normalement. C'est fait pour rester rigide. En même temps elles n'ont pas trempé dans l'eau là… Elles ont juste subies la pluie. Faut voir…
- Faisons ça tout de suite alors ! Je pourrais les essayer ? s'exclama Bokuto avec entrain.
Et jamais Akaashi n'avait vu quelqu'un d'aussi enthousiaste à l'idée de voir des chaussons de danse. Il ne put s'empêcher de rire.
- Je ne pense pas que tu réussisses à rentrer tes pieds. Elles sont faites aux miens maintenant. Et si tu espères essayer de faire des pointes, c'est mort. Tu vas te casser les chevilles ! s'exclama Akaashi en riant.
Bokuto souriait mais afficha une petite mine faussement déçue. Il glissa ses index le long de ses joues pour imiter des larmes, mais rapidement se faufila hors de la cuisine.
Akaashi le suivait, et là enfin il se sentait respirer.
Ensemble, ils rejoignirent la chambre de Bokuto où Akaashi avait dormi cette nuit là. Akaashi se dirigea vers son sac de sport.
- Aah ! s'exclama Bokuto comme s'il venait d'avoir une révélation. C'est pour ça que tu te trimballais un sac pareil ! J'osais pas poser la question ! avoua-t-il en se passant une main dans le cou.
Akaashi sourit.
- J'avais remarqué ! D'ailleurs j'avais peur que tu me poses des questions à ce sujet. Qu'est-ce que j'aurai pû répondre à ça ?!
Il se retourna vers Bokuto, et les deux garçons s'observèrent un instant avant de se mettre à rire face à face. C'était étrange comme ce secret engourdissait notre danseur auparavant. Il se sentait complètement différent désormais face à Bokuto. Plus libre. Plus vrai. Et il riait aux éclats avec lui dans un sentiment de plénitude qu'il n'avait jamais connu avant cela. Il avait l'impression d'avoir soudain laissé tomber tout ses poids, tout ce qu'il avait accumulé depuis toujours. N'était-ce pas étrange comme on se sent directement bien avec certaines personnes et pas d'autres ? Il devait y avoir des choses dans la vie que l'on ne comprendrait jamais.
Après quelques instants, il finit par sortir ses chaussons de danses de son sac.
- Ils n'ont pas l'air si mal en point finalement, murmura-t-il.
Bokuto s'approcha vivement et vint s'asseoir juste en face d'Akaashi, le visage tout proche de cette nouvelle découverte.
- Trop cool, souffla-t-il.
- Tiens ! lui fit Akaashi en lui tendant ses pointes. Prends les !
Bokuto afficha un grand sourire et hocha la tête en s'emparant des chaussons. Akaashi l'observa alors qu'il était concentré sur ce nouveau trésor. Il les retourna dans tous les sens, les examina avec précision, concentré, émerveillé par quelque chose de pourtant si simple. Et Akaashi l'observait et il songea qu'il n'avait jamais vu d'humain si passionné, si curieux de la vie, si artistique. Et pourtant. Lui même de l'aurait pas cru au premier regard.
- Allez Akaashi ! s'exclama soudain le sujet de ses pensées, le sortant brutalement de sa rêverie. Fais quelques pas ! Danses, danses !
Et porté par sa folie, l'intéressé enfila ses chaussons. Les deux garçons se dirigèrent vers le séjour, là où il y aurait plus de place. Bokuto chercha sur son téléphone une musique classique qu'Akaashi lui lança au hasard.
Bokuto se jeta dans le canapé, les genoux ramenés contre lui, les yeux grands ouverts sur son ami. Et Akaashi dansa.
Il n'avait pas peur. Il dansait, simplement. Et soudain la vie parut plus simple. Parce qu'il dansait, assurément. Et soudain plus rien n'avait vraiment de sens, plus rien n'avait d'importance, si ce n'est le soulagement d'être ici et pas seul chez lui ou couvert de bleus sous la pluie. Il abusa de positions en pointes, puisque son unique spectateur était là pour ça ; et tout à coup il comprit quelque chose. À propos de la danse, de sa passion depuis toujours.
Car Akaashi, le petit garçon qui depuis qu'il avait enfilé ses chaussons le premier jour, avait toujours dansé pour lui-même, aujourd'hui dansait pour Bokuto. Akaashi qui dansait pour s'exprimer, pour se sauver de la folie qu'est la vraie vie, pour soigner un peu son coeur blessé, aujourd'hui s'était un peu oublié, et il dansait sans fond de drame. Il dansait parce que Bokuto lui avait demandé. Il dansait parce qu'il avait voulu lui faire plaisir, et ce simple fait de penser à quelqu'un d'autre pour une fois, en quelques secondes pança ses plus vieilles cicatrices. Il dansait avec plaisir et sans désespoir. Il dansait parce qu'il aimait cela, et parce qu'il savait qu'en ce moment même son spectateur solitaire appréciait le spectacle. Il dansait pour l'image qu'il renvoyait, pour l'art qu'il créait, et pas pour la terreur qu'il cherchait à expulser hors de lui.
Il dansait et souriait.
La musique s'emportait et Akaashi tournoyait une dernière fois.
Il savait pertinemment que la dernière note allait sonner.
Maintenant.
Il se plia sur lui-même dans un mouvement théâtrale, et son spectacle était fini. Il releva la tête vers Bokuto et sourit. Mais c'est dans son dos que des applaudissements résonnèrent.
- Impressionnant, il faut bien l'avouer, déclara Kuroo avec un sourire en coin, le plus sincère qu'il lui ait jamais donné la chance de voir.
- C'est beau, dit seulement Kenma.
Akaashi haletait, son coeur battait fort.
- Merci, répondit-il.
- Omg c'était super cool ! s'exclama soudain la dernière voix.
Et Akaashi fit volte-face. Bokuto était là, juste face à lui, bondissant d'engouement. Son grand sourire lumineux était collé sur son visage.
- Ça rends trop cool omg comment ça se fait que tu joues pas dans un truc connu ?!
Sa remarque fit rire le plus petit. Il avait l'impression d'avoir un soleil à l'intérieur de lui, qui l'empêchait un peu de respirer mais qui le portait au dessus du sol.
- Je ne suis pas si bon que ça, tu sais, déclara-t-il en toute sincérité.
- Mais alors qu'est-ce que ce sera quand tu seras devenu super bon ?! s'exclama-t-il en posant ses mains sur les épaules d'Akaashi, le secouant presque d'excitation.
Akaashi se mit à rire, touché.
- J'ai trop hâte que votre spectacle soit fini, et que je puisse venir te voir !
- Merci pour ton enthousiasme, Bokuto, souffla Akaashi, et il ne pouvait plus s'empêcher de sourire.
Après cela, les quatre garçons se préparèrent. Akaashi remarqua que plus aucune gêne n'encombrait ces drôles d'énergumènes. Kuroo prenait alors sa douche, et pendant ce temps Kenma allait et venait dans la salle de bain, tandis que Bokuto se trimballait en caleçon - horné de hiboux. Akaashi n'avait pu s'empêcher de cerner ce détail - aux quatre coins de l'appartement en criant après ses vêtements égarés.
Akaashi, quant à lui, était plutôt gêné. Personne ne semblait comprendre son malaise, aussi il attendit que les trois autres furent occupés plus loin pour se changer le plus vite possible dans la chambre de Bokuto. Ce dernier s'était proposé de lui prêter un jean, et avait été lui voler une chemise d'Oikawa.
- Mes fringues te vont pas. Oikawa c'est déjà plus toi, avait-il expliqué en lui tendant un chemise à carreau en flanelle verte assez Hipster.
Et Akaashi ne s'était pas senti plus à l'aise dans ces vêtements étrangers, mais il n'avait rien dit. Il fut cependant soulagé qu'après son aveu il ne lui apporte pas un haut rose bonbon ou décoré de dentelles, qui aurait grossièrement, outreusement sous entendu "le style pédé ça te ressemble plus".
Akaashi fut ainsi soulagé d'apprendre que Bokuto n'était pas de ces gens qui mélangent tous les clichés et qui associent rose, féminité, homosexualité, danse classique et faiblesse.
Ces préparations, cependant, amenèrent le petit groupe au moment de sortir, afin d'être à l'heure au rendez vous avec Oikawa. Il était une heure.
Kenma était tout de noir vétu. Il portait un jean slim, un t-shirt uni et un gilet dont les manches trop longues lui couvrait les mains. Aux pieds, il portait une paire de chaussures à lacets discrètes, tandis qu'il recouvrait le tout d'un long manteau et d'une épaisse écharpe. Kuroo et Bokuto, quant à eux, arboraient le même style que d'habitude, les même vêtements accordés à leur art que ceux dans lesquels Akaashi avait l'habitude de les voir chaque matin.
Notre danseur classique, quant à lui, récupéra ce qui lui appartenait, et fourra ses affaires encore humides de la veille dans son sac de danse.
Ils quittèrent tous l'appartement.
Dehors, l'ambiance avait changée par rapport à la nuit dernière. Peut être Akaashi portait-il aussi son coeur d'une autre façon cela dit. Il y avait des gens qui passait ça et là. Des mamans avec leurs poussettes et dont le ventre à nouveau gonflé faisait onduler leur vêtements. Des grands pères recourbés, le nez parallèle au sol, qui progressaient lentement, méthodiquement, sur leurs canes fatiguées. Des grands mères solidaires qui bavardaient posément en ramenant dans leurs multiples sacs leurs courses du marché. Des pleurs d'enfants s'échappaient d'une fenêtre, des aboiements, des bruits de pas de pattes griffues résonnaient depuis une autre. Et puis des jeunes, comme Akaashi. Pas beaucoup, mais quelques uns. Certains qui à bord d'une voiture postière faisaient halte à chaque tournant pour délivrer des colis, certains qui tenaient par la main leur petit frère, leur neveu, leur enfant peut être ? D'autres qui avançaient seuls, une quête bien en tête, un chien à leurs côtés, et quelques regards si jeunes et pourtant si fatigués qui se regroupaient en cercle et discutaient, secrets.
De nombreuses têtes circulaient donc ici, et portaient sur leur crâne bourdonnants chacun leur couvre-chef. Chapeau cloche ou gavroche, casquette Nike ou de facteur, hijab noir ou de couleur, des fleurs dans les cheveux, des tresses, du gel, des pinces, vite ! Des élastiques multicolores ! Ou bien juste un reflet éblouissant sur un crâne dénudé.
Il faisait frais. Il faisait froid. Une brume un peu humide envahissait la ville, mais il ne pleuvait plus. Les caniveaux étaient encore gorgés d'eau par endroit, aussi les voitures en roulant tout près d'eux faisaient exploser ces flaques en de grandes vagues brunes.
Akaashi observait les alentours. Cela ne ressemblait en rien à chez lui, et il se sentait un peu mal d'être ici. Comme s'il n'avait pas le droit de traîner près de là. Comme s'il était un imposteur.
Cependant, les garçons avaient commencé à marcher, aussi Akaashi suivit la troupe, Bokuto à sa droite. Ils avancèrent quelques minutes, jusqu'à ce qu'un cri se fasse entendre, et que Bokuto face volte-face.
- Hey, Koutarou ! s'exclamait une jeune fille au regard déterminé.
Bokuto s'avança vers elle, tandis qu'Akaashi restait en retrait.
- Salut Mishimiya, répondit l'intéressé. Ça va ?
- Ça passe. J'ai pas le temps de traîner, je dois ramener ma soeur à l'école. T'as parlé avec Aone ?
La nouvelle venue avait l'air préoccupée. Elle plissait les lèvres, et fixait Bokuto d'un air pressé. Son interlocuteur haussa les épaules.
- Nan. Pourquoi ? Il t'a parlé de moi ?
- Non, mais je l'ai vu tout à l'heure, il parlait avec Ushijima. Quand je suis arrivée je les ai trouvé bizarre. Ils ont pas voulu me dire de quoi ils parlaient. C'est chelou. Tu devrais peut être leur parler toi. J'ai pas envie qu'on retombe encore dans une embrouille. J'ai pas que ça à faire en ce moment, et si eux sont dans la merde, nous aussi.
Elle fit une petite pause, durant laquelle elle haussa un sourcil et lança un regard appuyé à Bokuto, comme pour s'échanger un secret. Bokuto hocha la tête.
- Voilà, c'est tout ce que je voulais dire. J'y vais maintenant. Salut Kuroo ! Kenma !
Elle se pencha un peu sur le côté pour apercevoir les deux garçons qui levèrent la main en guise de salut.
- Dites bonjour à Oikawa de ma part, s'exclama-t-elle en tournant les talons.
Et comme un petit animal, un écureuil curieux, elle disparut aussi vite qu'elle était apparue.
Alors les quatre garçons reprirent leur route. Akaashi était un peu confus. Il avait bien sûr porté attention à toute la conversation, mais il n'avait pas compris grand chose. Qui était cette fille pour commencer ? Que représentait-elle pour Bokuto et les autres ? De quelles embrouilles parlait-elle ? Il aurait bien posé des questions, mais il eut le sentiment que ses interrogations n'étaient pas les bienvenues. Aussi restait-il coi.
Heureusement, sur le chemin, la conversation reprit. Des charabias banales, qui d'habitude auraient agacés Akaashi, mais qui en cette situation étaient changeants, rafraîchissants.
Kenma avançait qu'il allait encore pleuvoir le lendemain, et Bokuto sous-entendait qu'aller se mettre en scène sous la pluie n'était pas utile. Kuroo haussait les épaules.
- C'est pas trois gouttes de pluie qui va vous tuez, vous abusez là. Ça nous donnera l'air dark, répliqua-t-il avec un sourire en coin.
Akaashi surprit un petit sourire amusé, discret, sur le visage de Kenma, tandis que Bokuto prenait une pose supposémment mystérieuse. Akaashi baissa les yeux, souriant.
Sur le coup d'une heure et demie, la joyeuse troupe arriva au centre ville. Bokuto appela Oikawa.
- Ouais… Bah t'es où là ? demandait-il, le téléphone à l'oreille, en errant aux alentours.
Kenma pianotait sur son téléphone. Kuroo et Akaashi observaient Bokuto.
Ce dernier se mordillait la lèvre inférieur, et écoutait attentif. Il haussa un sourcil le temps d'une seconde, puis d'une main distraite vint replacer ses mèches bicolores dans leur tenue particulière.
- Il fait ça tout le temps quand il est concentré, affirma soudain Kuroo, les bras croisés.
Akaashi se tourna vers lui, curieux.
Ils étaient tous plantés devant le McDonalds du centre ville. Simples, immobiles parmi la foule mouvante.
- Ah oui ? fit-il, plus surpris par le fait que le jeune homme félin lui confit quelque chose que par la confession en elle même.
- Ouais, répondit l'intéressé en haussant les épaules. Depuis qu'il se fait sa coupe comme ça, il a prit ce tic.
Akaashi écoutait, le laissait parler. Bokuto cligna des yeux puis se tourna vers eux, plongea son regard doré dans les prunelles du plus petit.
- Au début cette coupe là c'était juste pour rigoler. On s'était déguisé une fois, il était un hibou, tu vois ? Et moi j'étais un chat. Ou une panthère, je sais plus. Peu importe. Mais il a tellement aimé sa tête comme ça que maintenant il a pris l'habitude et on le voit plus jamais les cheveux autrement.
Akaashi hocha la tête, silencieux. Il regarda de nouveau l'intéressé. C'était rigolo comme histoire, plutôt mignon en fait. Il apprécia d'être au courant de cette information.
- On se connaît depuis longtemps tu sais, reprit soudain Kuroo, impénétrable.
Et Akaashi pivota vers lui, un sourcil haussé.
- Je sais. Il me l'a dit. Depuis que vous êtes petits.
Kuroo hocha lentement la tête, le regard au loin.
- Oui. Depuis la sixième quoi. Je vois qu'il t'a déjà tout dit, c'est vrai…
Son ton était amer. Déçu. Il pinça les lèvres et fronça les sourcils. Akaashi aurait aimé dire quelque chose d'autre, mais il fut coupé par une voix :
- Bon les gars ! Oikawa arrive, on va chercher une table ! s'exclama Bokuto en revenant.
Et vêtus tous deux d'un sourire surpris, Kuroo et Akaashi suivirent leurs deux amis à l'intérieur.
Quelques minutes plus tard, ils avaient commandé de quoi manger. Akaashi paya, comme prévu. Puis une fois à leur table, Oikawa déboula à son tour, un peu décoiffé.
Le repas se passa bien.
Akaashi se sentait inhabituellement à l'aise.
Kuroo et Bokuto se lançaient des blagues idiotes, Kenma soupirait mais riait doucement quand d'un mouvement pas si discret son éternel acolyte se glissait tout proche de lui. Oikawa raconta sa matinée. Un shooting normal, un peu de retard sur la fin pour cause de modèle assez bavard. Mais rien à signaler.
Un sentiment hors du commun se dégageait de cet instant. Quelque chose avait changé, et l'air frais, neuf qui envahissait Akaashi parvint à le séduire.
Akaashi ne dansait pas, et pourtant, pourtant ! Il était heureux d'être là. Akaashi ne dansait pas, et pourtant, il se sentait à sa place.
Bientôt Oikawa dû repartir. Il jeta son foulard autour de son cou et fit volte-face tandis que les quatre amis laissés à leur sort se retrouvaient face à face.
- Bon. Bah je vais pas tarder à aller bosser, moi, fit remarquer Kuroo en jetant un coup d'oeil à son téléphone.
Akaashi ignorait qu'il travaillait, et sa surprise quant à cette annonce le surprit elle aussi. C'était logique pourtant. Ces garçons ne parlaient jamais de leurs parents et ils devaient se tenir en vie tout en louant deux appartements. L'argent ne tombait pas du ciel.
Bokuto imita son ami.
- Woah ! Moi aussi, j'avais pas vu le temps passer…
Une petite pause s'en suivit.
- Pis moi je vais bosser un peu mes cours, hein… ajouta Kenma, tête basse.
Un soupir général souffla sur le groupe. Tout le monde était fatigué, mais tout le monde avait encore à faire. Akaashi traînait son sac à bout de bras. Et lui alors ? Il allait rentrer. Dormir, sans doute. Désinfecter quelques égratignures ici et là. Préparer son excuse pour demain. Après tout la vie reprendrait son cour sans un soubresaut dès le lendemain matin.
- Bon, du coup je vais vous laisser, introduit-il, un peu maussade.
Akaashi fut soudain inquiet à l'idée de se retrouver seul et sans occupation, et songea qu'il aurait besoin d'être distrait constamment. Mais distrait de quoi au juste ? Quels problèmes l'embarrassaient tant qu'il ne pouvait plus se permettre une seconde de vide ?
- Bah je vais te raccompagner quand même, s'exclama Bokuto en se postant à ses côtés.
Et le coeur d'Akaashi fit un petit bond.
- Tu es sûr ? Tu risques pas d'être en retard ?
Kuroo et Kenma discutaient dans le fond. Kuroo lui souriait d'un rictus adouci qu'il n'offrait à personne d'autre.
- Nan, nan, t'inquiètes ! T'façons le Starbucks où je travaille est sur la route !
Alors Akaashi hocha la tête avec un petit sourire.
- D'accord. Merci.
Le groupe se scinda alors en deux, et les amis se saluèrent.
Akaashi et Bokuto marchaient côte à côte tandis qu'ils s'éloignaient doucement du centre ville.
- Ça ira chez toi ? demanda Bokuto au cour de la conversation.
Sa voix était plus douce, plus calme qu'à l'accoutumé.
- Oui, mentit le plus petit. C'est gentil de me raccompagner d'ailleurs.
Il était sincère. Il songea que s'il avait dû se retrouver tout seul dans la rue en cet instant, il aurait été beaucoup moins paisible. Il était fatigué, et il avait l'impression que tout les regards étaient tournés vers lui. Il avait l'impression que tous savaient, il avait l'impression que tous le traquaient. Il frissonna.
- C'est normal. J'allais pas te laisser tout seul dehors après… Ce qui s'est passé.
Akaashi haussa les épaules. Il préférait ne pas y repenser.
- J'espère que je ne vous ai pas dérangé, reprit le plus petit. Je crois que Kuroo ne m'apprécie pas beaucoup, confia-t-il.
Bokuto roula des yeux, mais un air de déception avait prit place sur son visage.
- C'est pas ça… je ne sais pas ce qui lui prend, il est pas comme ça d'habitude, hein. Je te jure, c'est un mec génial, il est grave sympa, et drôle, et il ferait tout pour nous… Il est très ouvert avec les gens, mais là…
Akaashi baissa les yeux. Il se sentait un peu mal à l'aise d'entendre tous ces compliments sur Kuroo alors que l'intéressé ne lui montrait que de l'amertume.
- Il va pas trop bien je crois en ce moment, mais à moi il n'en pas parle pas, reprit Bokuto. D'habitude on se dit tout en plus. Peut être à Kenma ? Mais alors lui, une fois qu'il a décidé qu'il gardait un secret, même en le torturant, il dirait rien !
Le danseur classique n'en doutait pas. Kenma était lui aussi un peu félin. Il avait le côté mystérieux, sage, mais silencieux du chat. Akaashi se tourna vers Bokuto. Ils s'observèrent un instant, et comme guidés par une force supérieur, ils se mirent à rire. Et Akaashi était sincère dans cet éclat, il était soulagé de libérer une tension commune.
Éventuellement, ils passèrent devant un Starbucks.
- Tiens ! s'exclama Bokuto. C'est là que je travaille !
Akaashi sourit. Ils étaient à quelques rues de chez lui.
- Je passe devant quelques fois, déclara-t-il.
- Rentre et passe me voir si tu as le temps alors, répondit Bokuto.
Ils échangèrent un regard complice et hochèrent la tête.
Il ne leur fallut qu'une dizaine de minutes pour rallier ainsi le job de Bokuto à l'appartement d'Akaashi. Il serait bientôt quinze heures.
Arrivés à leur destination, Bokuto déclara :
- Bon. Bah c'était cool que tu viennes.
Il marqua une pause, et ouvrit de grands yeux, l'air surpris.
- Enfin, se reprit-il. Je veux dire, bien sûr, les raisons pour lesquelles t'as dû venir sont grave merdiques mais, heu… Une fois chez nous, c'était bien, enfin, même si…
Il se coupa brusquement dans sa phrase et soupira lourdement, tête basse, une main triturant ses racines dans son cou. Akaashi se mit à rire doucement en l'observant.
Cette importance, cette attention qu'il lui portait le toucha.
- J'ai compris, déclara-t-il en souriant pour rassurer son compagnon.
L'intéressé releva la tête et leurs regards se rencontrèrent. Ils se sourirent.
- De toutes façons, on se reverra, déclara Bokuto.
Et cette fois sans lâcher son interlocuteur du regard, Akaashi hocha la tête.
Bokuto s'approcha et, comme les fois précédentes, l'entraîna dans une étreinte convenue en guise d'au revoir.
- À plus alors, fit Akaashi.
- Oui, à plus, réitéra Bokuto.
Et avec un dernier regard, un dernier sourire, fit volte-face pour reprendre la route du travail.
Akaashi resta là une seconde, puis quand son interlocuteur eut disparu au coin de la rue, il s'engouffra dans le hall de son immeuble, son lourd bagage toujours sur l'épaule.
Il souriait en montant les escaliers, en déverrouillant la porte, en pénétrant dans son appartement vide, même en faisant face à la porte de Lev, fermée depuis un bon moment.
Il souriait car son coeur qui avait été tant malmené, aujourd'hui rayonnait à travers ses plaies. Il souriait car une vague chaleureuse virevoltait dans son ventre, il souriait car son esprit n'était plus morne, il souriait car quelque chose de nouveau l'emportait.
Il souriait parce qu'il était heureux.
Bizarre. Mais pourquoi se casser la tête ? Les faits étaient là.
Et si pour la première fois de sa vie, Akaashi pouvait se permettre de déterrer ses rêves perdus ? Ses espoirs d'enfants, ses espoirs d'être humain. Et si pour la première fois depuis si longtemps, Akaashi pouvait croire en l'impossible ?
Et si Akaashi avait finalement trouvé une âme avec qui partager une sincère amitié ?
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Voilà ! J'espère donc que ce chapitre vous aura plu ! Vous remarquerez que j'ai casé "Danses, danses", en référence au titre, et vous n'imaginez pas comme je suis satisfaite !
Vous êtes soulagés de voir que Kuroo/Bokuto/Kenma/Oikawa ont bien réagis par rapport au secret ? Ça vous a plus quand Akaashi à dansé ? Vous êtes contents d'avoir aperçut Mishimiya ? Quelles relations entre quels perso vous intriguent le plus ?
Mercredi je vous demandais quels objets appartenaient à qui dans l'appartement ! En l'écrivant, j'imaginais que :
o. Les jeux vidéos sont à Kenma bien sûr !
o. Les chaussettes qui traînent sont à Kuroo (mais honnêtement ça pourrait tout aussi bien être Bokuto, vous avez raison XD)
o. Oikawa expose ses bouteilles d'Arizona !
o. Et enfin c'est notre Iwa-chan national qui dessine près du téléphone !
Merci de vous être prit au jeu hahaha c'était rigolo ces petites devinettes !
A bientôt en tous cas, et n'oubliez pas de passer sur le blog de Dance Dance : dance-dance-bokuaka. tumblr .com !
Merci d'avoir lu, et on se retrouve au prochain chapitre !
Bisous !
