Bonznour !

Ce chapitre va ravir (ou pas) ceux qui le réclamait un peu de génération des miracles ^^ Ne sautez pas je joie non plus, ce n'est pas ce que vous croyez. Vous verrez bien !

Merci de vos reviews ! Il me font vraiment très plaisir ^^

Merci à Moira-chan qui a corrigé ce chapitre !

Bonne lecture !


Le jour se levait doucement. Le soleil encore orangé entrait par la fenêtre et se glissait dans l'ouverture des rideaux, éclairant nos corps nus encore agrippés l'un à l'autre comme si le reste de nos vies en dépendait.

Les rayons devinrent de plus en plus lumineux, frappant presque violemment nos paupières encore closes et qui avaient grandement envie de le rester. Un grattement contre la porte agressa bientôt nos oreilles.

Le réveil se rapprochait contre notre gré.

-Hum... marmonnai-je.

Akashi, dans mes bras, était dos au soleil et subissait moins son agression. Il dormait toujours à poings fermés, sa bouche très légèrement entrouverte qui laissait passer passer un souffle d'air chaud.

Je le serrai contre mon corps, cet être qui était maintenant le centre de ma vie. Je tentai de me rendormir mais n'y parvins pas, gêné par le soleil.

Anubis miaulait. Je lui aurais bien crié de se taire pour ne pas réveiller Seijuro, mais cela aurait eu l'effet inverse. Je sentais mon amant gesticuler contre moi, luttant contre le réveil qui venait petit à petit. Il était comme moi et voulait encore dormir.

Au bout d'un moment, il ouvrit ses yeux rouges et me fixa.

-Salut, Sei.

-Salut.

Il m'embrassa maladroitement sur le nez avant de se retourner et de chercher de nouveau le sommeil. Mais il n'y avait plus le moindre espoir.

Nous nous levâmes alors. Anubis se précipita sur le lit et s'y roula en boule pour dormir dans le rayon de soleil. Akashi s'attarda un peu dans la chambre pour le caresser pendant que j'allais préparer le petit-déjeuner.

Après être passé par les toilettes pour vomir, comme tous les matins, Akashi descendit et s'allongea dans le canapé. Il avait froid et se réfugia donc sous une couverture.

-Tu vas bien ?

-Comme tous les matins, Shuzo. J'ai mal à la tête et j'ai des nausées. Mais j'ai passé une bonne nuit.

Je posai ma main sur son front, mais il n'avait pas de fièvre, ce qui était une bonne chose.

-Tu ne vas pas manger ?

-Non, je vais attendre un peu que mes nausées soient passées, comme ça je pourrai vraiment savourer ce que tu as préparé.

Il me fit un petit sourire, s'assit dans le canapé et me regarda boire mon café et manger mon omelette.

Le téléphone sonna. Ce bruit strident avait tendance à énerver Seijuro le matin quand il avait mal à la tête. Il décrocha donc le plus vite possible, pour abréger ses souffrances.

-Allô ! dit-il, énervé.

Puis son visage s'illumina d'un petit sourire amusé.

-Oh ! Ça tombe bien !... Et l'installation des fenêtres est comprise dans le prix de la livraison ?... Parfait, parce que figurez-vous qu'un crocodile vient de défoncer notre porte-fenêtre et que maintenant il squatte le rez-de-chaussée, alors c'est... Tiens, il a raccroché !

-Tu m'étonnes.

-Bon, au moins, lui, il ne viendra plus nous embêter.

Il me regarda avec un petit sourire fier de lui et je me mis à rire. Il rit, lui aussi, en s'approchant de moi. Il s'assit sur mes genoux et m'embrassa. Je devais avoir un goût de café dans la bouche mais cela ne semblait pas trop le déranger.

Je regardai l'heure et vis qu'il était déjà tard, plus de onze heures. Heureusement qu'aujourd'hui était un jour férié.

-Que veux-tu qu'on fasse aujourd'hui ?

-Je ne sais pas. Je suis fatigué.

Ça, je le savais. Akashi était maintenant tout le temps fatigué. C'était à cause de son cancer et de son traitement, comme toujours.

Le voir maigrissant me mettait toujours mal à l'aise. Le voir faible, souffrant, fatigué, incapable de pleinement savourer cette dernière année de sa vie parce qu'il était trop malade pour ça m'énervait. Seijuro méritait bien mieux.

Après le petit-déjeuner, nous allâmes nous habiller, chacun dans sa chambre même si la mienne ne me servait plus beaucoup. Je passais mes nuits dans celle de Seijuro désormais.

Nous nous rejoignîmes, tout habillés, sur la mezzanine pour bouquiner avant de préparer le repas du midi, même si nous n'avions pas très faim. Je relisais toujours ce même livre, celui dont l'héroïne était atteinte d'un cancer, en boucle. J'y cherchais tous les indices possibles sur la vie de Seijuro, toutes les impressions qu'il pourrait avoir avec sa maladie, par le biais des impressions de la protagoniste, elle aussi bientôt livrée à la mort.

J'étais vers la moitié de mon livre quand on frappa à la porte. Akashi me regarda : ses yeux m'incitaient à aller voir qui c'était. En soupirant, je me levai, et je descendais les escaliers quand un nouveau coup retentit.

Puis une voix.

-Oï, Akashi ! C'est Aomine.

-Eh ! Ne nous oublie pas, Aominecchi !

Je jetai un coup d'œil vers Seijuro – il s'était levé, et son visage était paniqué. Il semblait en état de choc et incapable de parler.

Je me dirigeai vers la porte et m'apprêtai à ouvrir.

-Shuzo, non !

-Mais, Sei...

-NON !

Je me figeai en voyant son expression. Il semblait presque brisé, la tête baissée.

-Sei...

-N'ouvre pas cette porte. C'est un ordre, Shuzo.

-Sei, ils veulent te voir.

-Ils veulent voir celui que j'étais avant. Pas le moi de maintenant.

-Tu es toujours le même.

-Non. Regarde-moi !

-Je te regarde.

J'entendais les autres protester derrière la porte. Mais je m'en fichais, ils pouvaient attendre encore un peu.

-Regarde-moi.

Mes yeux se posèrent sur lui. Et là, je le vis. Je le vis à travers les yeux d'une personne qui ne l'aimait pas. Je le vis, maigre, fatigué, des cernes sous les yeux, le teint affreusement pâle. Je le vis, malade.

L'amour rendait aveugle.

-Akashi ! Nijimura ! On sait que vous êtes là !

-N'ouvre pas.

-Tu dois les voir.

-Non ! M'as-tu vraiment bien regardé ? Ils auraient pitié de moi maintenant. Je ne veux pas de leur pitié. Je veux qu'ils partent, je ne veux plus jamais les revoir ! Plus jamais ! Jamais !

Je voyais Akashi se briser une nouvelle fois, à cause de sa nouvelle condition, à cause de l'idée d'avoir changé. Il tirait sur ses cheveux, s'arrachant des mèches entières. Il se bouchait les oreilles en continuant à hurler qu'il ne voulait pas les voir.

Mais là, c'était à moi qu'il faisait pitié.

Je courus dans les escaliers, puis je le pris dans mes bras en agrippant ses mains pour qu'il laisse tranquille sa chevelure encore épaisse. Il n'avait pas besoin de ça.

Les coups contre la porte semblaient avoir cessé. Ils avaient dû abandonner, ou bien un voisin leur avait dit de se taire. Sei semblait plus calme.

-Tu devrais aller dormir, je vais m'occuper de faire à manger.

J'embrassai sa chevelure avant de desserrer mon étreinte sur lui. Il se leva et partit dans sa chambre. Je le vis s'allonger sur le lit et prendre Anubis dans ses bras.

Je fermai la porte et partis dans ma chambre, où j'attrapai mon portable et appelai Midorima.

-Nijimura ?

-Salut.

-Akashi est donc si mal que ça pour ne pas avoir ouvert ?

-Je suis désolé. Il refuse catégoriquement de vous voir. Mais si tu le voyais... Tu comprendrais pourquoi. Il a vraiment trop maigri. S'il n'y avait pas ses yeux, on aurait du mal à le reconnaître. Il ne voulait pas vous imposer de le voir comme ça.

Un léger rire se fit entendre de l'autre côté.

-Tu penses vraiment qu'il a voulu nous épargner une vision d'horreur ? Non, il cherche à se préserver, il veut se donner l'illusion d'être encore fort. Surveille-le. Mon oncle m'a dit que son état était plus grave qu'on pourrait le penser. La tumeur a détruit beaucoup de tissus sains autour du fornix et risque de bientôt atteindre une zone gérant le comportement. Il pourrait changer radicalement. Empêche-le de faire des choses trop physiques. Son corps est affaibli à cause des traitements, mais tu le connais sans doute mieux que moi, tu sais qu'il ne va rien montrer.

-Je m'en doute. Je vais faire attention.

-Oui. Mais ne lui demande pas non plus toutes les cinq secondes s'il va bien, parce que ça va l'énerver.

Je me mis à rire et j'entendis Midorima faire de même. Nous devions tous les deux penser à ce jour où, à Teiko, Akashi s'était fait mal au poignet et où nous étions tous autour de lui à lui demander s'il allait bien. Il s'était alors énervé, avait fait, sans s'en rendre compte, un moue adorable d'enfant, et avait ordonné que nous courions des tours de terrain supplémentaires. Heureusement, il n'était pas encore capitaine à cette époque et c'était moi qui décidais. Akashi s'était vengé, quand son poignet avait été guéri, en nous envoyant des ballons dans la figure pendant les entraînements puis il venait nous voir et nous demandait si ça allait.

-Je te tiendrai au courant de son évolution. Je compte sur toi pour ne rien dire aux autres.

-Oui.

Je raccrochai, le cœur peut-être un peu plus léger après ce petit fou rire.

Je retournai ensuite dans la chambre d'Akashi. Il ne semblait pas dormir. Sans faire de bruit, je me collai contre lui et attendis qu'il s'endorme paisiblement.


Et voilà ! Au prochain chapitre !

Un petit review ?

Ps : Je poste mes poèmes sur FictionPress si cela vous intéresse, mon pseudo est ShinyShadow88 (88 parce que le 8 est mon chiffre porte bonheur, donc je met deux 8 pour avoir plus de chance ^^ le 66 de mon pseudo sur FanFiction vient du chiffre du diable).