Un petit incident de parcours…

Dédicace aux irremplaçables et fidèles mousquetaires :

Paige0703, (tu vois, il suffisait d'insister !)

Jade181184, (Re-Coucou à ta petite merveille zen)

Coljayjay (pour commencer le week end),

Nourann (un ninja de passage)

Val81, CoolMhouse et Daniela (Vos remarques m'inspirent : )

Merci pour votre intérêt, vos commentaires et vos encouragements !

Et merci à tous les lecteurs

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-« Je suis entré dans le cabinet Finch. Reste à trouver la porte dérobée »

-« Elle doit se trouver à côté du miroir » répondit l'informaticien. Il entendit des bruits de frottements comme John cherchait une entrée ou un mécanisme.

-« Pour l'instant je ne vois rien »

-« Cherchez un objet incongru, une décoration en relief M Reese »

-« J'ai déjà bougé tout ce qui se trouve à proximité » constata ce dernier.

-« Voyons. Si je revois la vidéo… il se lève… et se dirige vers le fond de la pièce près du miroir. Je ne le vois pas manipuler quoi que ce soit. C'est peut être près du miroir ? À côté ? »

-« Je ne remarque rien »

-« Moi non plus il fait trop sombre » Soupira Finch

-« Attendez, vous avez dit qu'il se lève et va vers le miroir sans apparemment faire de manipulation ? »

-« Oui »

-« Donc c'est peut être avant de se lever qu'il exécute une manœuvre » Reese retourna auprès du bureau, bougea quelques objets, puis Finch entendit un déclic.

-« Vous avez trouvé ? »

-« Oui. Il y a un interrupteur caché dans la tablette du bureau et la porte est dissimulée par le miroir. Elle s'entrouvre un peu lorsqu'on enclenche le mécanisme, même ainsi elle reste à peine visible » expliqua t-il « J'y vais. Mais je vais bloquer la porte, j'ignore si elle peut être ouverte de l'intérieur »

-« C'est plus prudent en effet » estima Finch.

L'ex agent bloqua l'entrée avec une statuette descendit quelques marches et s'engagea dans le petit couloir. Une faible lumière s'alluma aussitôt « Détecteur de présence » songea t-il. Après quelques pas il se trouva face à une autre porte.

-« Bon J'ai trouvé un accès mais pour l'ouvrir ça va être compliqué. Il y a un digicode et un lecteur. Je pense qu'il faut d'abord entrer le code puis passer une carte pour pouvoir entrer. Et impossible de forcer la porte, il n'y a pas de serrure et elle est blindée. Je ne sais pas ce qu'il cache derrière mais ça doit être précieux » marmonna Reese frustré.

-« Prenez des photos du boitier. Je pourrais vous préparer un dispositif pour le pirater »

-« Ok Finch » L'informaticien entendit les déclics des clichés puis Reese ajouta « je vais suivre le couloir pour voir où il mène »

-« Probablement à la villa »

-« Oui c'est ce que je pense. Ce passage lui évite de repasser par le cabinet pour rentrer chez lui »

Le couloir était long puisqu'il couvrait la distance entre les deux bâtiments. Arrivé au bout, Reese retrouva un escalier et une autre porte.

-« Elle n'est pas blindée mais elle est munie d'un digicode également » constata t-il « inutile de chercher je ne vais pas entrer dans la villa. Je fais demi tour Finch »

-« Entendu M Reese »

Une demi heure plus tard John était de retour dans sa chambre et il ne fut pas vraiment surprit d'y trouver son compagnon. Il lui tendit son portable.

-« J'ai l'impression que nous touchons au but et c'est assez frustrant de n'avoir pas pu l'atteindre » affirma t-il.

-« C'est vrai mais nous allons remédier à cela » jugea l'informaticien en examinant les photos « Je vais les transférer sur mon ordinateur et je préparerais un dispositif pour neutraliser le code. Par chance j'ai ramené quelques outils de la bibliothèque. Vous pourrez y retourner la nuit prochaine »

-« D'accord. J'ai hâte de découvrir ce qui se cache derrière cette porte. Je pense que si nous le découvrons nous aurons de bonnes chances de trouver la menace qui pèse sur Hamilton »

-« Ou celle qu'il fait peser » répondit Finch

-« Exact. J'espère que la surprise ne sera pas trop désagréable » ironisa Reese.

-« Moi aussi » approuva Finch. Il observait son compagnon qui avait ôté son manteau et sa veste et déposé son arme mais semblait éviter de se rapprocher de lui. Pire : il ne l'avait pas embrassé en entrant dans la pièce.

De son côté John s'efforçait de garder ses distances pour tenir ses bonnes résolutions. Ainsi il préférait ne pas s'approcher de son partenaire certain de ne pas pouvoir se retenir de le garder près de lui s'il le faisait. Surtout après 48H sans l'avoir touché. « Mais c'est pour son bien » se répétait-il et rien de comptait plus à ses yeux.

-« Bien. Il semble que nous devions attendre 24H de plus. A moins qu'il ne se produise un événement demain » jugea l'ex agent. Il se dirigea vers la salle de bains.

-« Vous devrez conserver votre nouvel emploi un peu plus longtemps M Reese » constata Finch d'un ton taquin. Il continuait de l'observer et il était de plus en plus évident qu'il gardait ses distances. Agacé, par son attitude mais ne voulant pas le montrer, Finch décida de faire le premier pas. Il le stoppa comme il allait passer à proximité et se blottit contre lui comme il en avait l'habitude. Il sentit son partenaire étonnement tendu, au point qu'il s'attendait presque à ce qu'il le repousse, mais Reese referma tranquillement ses bras autour de lui affirmant :

-« Ce n'est pas désagréable. Je commence à me faire à mon nouveau patron, même si je préférerais toujours l'ancien »

Finch leva la tête et lui sourit un peu rassuré.

-« Il vous a gardé votre place rassurez vous » Voyant que John ne bougeait pas il glissa une main sur sa nuque pour attirer son visage vers le sien et l'embrasser. Tendrement d'abord, puis plus fiévreusement. Reese lui rendit ses baisers mais Finch le sentait toujours distant, ses mains, simplement réunies dans son dos, ne se faisaient pas aventureuses comme à l'accoutumé. Finch sentit un malaise l'envahir.

-« John tout va bien ? » demanda t-il brusquement

-« Oui pourquoi ? »

-« Vous êtes… distrait » murmura Finch. Il pensait plutôt "distant" mais ne voulu pas employer de mot trop fort. Reese s'efforça de paraître naturel.

-« Excusez-moi. Je suis juste fatigué. Les journées sont longues » mentit l'ex agent qui ne trouvait pas de meilleure excuse mais savait bien que celle là n'était guère crédible venant de lui.

-« Ah ? » demanda Finch surprit. John lui avait toujours paru insensible à la fatigue et voilà deux jours qu'il s'en plaignait. Cela cachait-il autre chose ? « Cela ne vous ressemble pas» ajouta t-il « Avez-vous un problème ? » tenta t-il

-« Non. Je vais bien Finch. Peut être que je me fais vieux ? » Répondit John d'un ton léger qui ne réussi toujours pas à convaincre son partenaire.

-« Je vais vous laisser vous reposer alors ? » suggéra t-il

-« Vous en avez besoin aussi » approuva l'ex agent.

Finch s'attendait à une protestation, un geste… mais John ne faisait rien pour le retenir et il se sentit blessé par son attitude. Ce n'était pas lui. Quelque chose ne collait pas.

A la fois perplexe, déçu et inquiet, l'informaticien quitta la chambre de son agent après un dernier baiser pour rejoindre la sienne.

John le suivit des yeux, à la fois soulagé de voir disparaître la tentation et frustré de ne pas y avoir cédé. Mais il devait attendre la fin de la mission. Lorsqu'ils auraient un peu de repos avant la suivante il pourrait se laisser aller. Toutefois il allait devoir trouver une meilleure excuse, il voyait bien que Finch n'était pas dupe et il se promit de redoubler d'attention pour ne pas risquer de lui donner des soupçons ou, pire, de le vexer.

Finch passa les heures suivantes à réfléchir. Reese alternait moments tendres et instants complices le jour, avec une distance, presque une froideur, la nuit. Il lui rendait chaque baiser mais sans rien rechercher de plus…Incapable de trouver le sommeil, Finch retourna le problème en tout sens et finalement en vint à la seule conclusion possible selon lui : les sentiments de John avait dû changer et il ne savait pas comment le lui dire. Sans doute voulait-il le lui faire comprendre en douceur ? La seule solution était encore une bonne explication. Cette méthode avait fait ses preuves pour eux. Et Finch se promit de la provoquer sans tarder. Il ne voulait pas rester dans cette incertitude.

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Au matin Reese rejoignit son associé pour le petit déjeuner. Il le trouva occupé à préparer un petit boitier, sans doute l'appareil nécessaire pour sa prochaine expédition.

-« Bonjour Harold » dit-il en l'interrompant un instant pour l'embrasser. Il remarqua aussitôt ses traits tirés, son air las. « Ne me dites pas que vous avez travaillé sur ce boitier au lieu de dormir ? » demanda t-il contrarié.

« Cela aurait eu le mérite de m'occuper l'esprit » songea spontanément l'informaticien.

-« Non M Reese » répondit-il simplement « Je me suis levé il y a une heure »

-« Dans ce cas quelque chose vous perturbe ? » insista l'ex agent.

« Oui ! vous ! » Pensa aussitôt Finch

-« Non » répondit-il cependant, jugeant que le moment était mal choisit.

Reese le sentit fermé sur lui-même et préféra ne pas trop insister. Il tenta une autre approche :

-« C'est ce matin que le docteur Oblin passe pour la dernière visite ? »

-« Oui »

-« Espérons que tout ira bien »

-« Espérons-le » répéta Finch platement.

-« Avez-vous toujours mal ? » demanda John

-« Beaucoup moins »

L'ex agent attendit un instant puis enchaina.

-« Vous allez continuer les recherches pour Lionel ? »

-« Oui » répondit à nouveau l'informaticien toujours sans lui accorder un regard.

-« Vous n'êtes pas bavard ce matin Harold » constata John nerveux.

Finch leva enfin les yeux vers lui. Il le fixa un instant puis repris ses manipulations sans rien dire et Reese se sentit plus mal à l'aise de ce regard que d'un long discours. Il se décidait à l'interroger lorsque le serveur frappa à la porte. Il déposa le chariot comme d'habitude et Reese s'occupa du service dans un silence toujours aussi pesant.

-« Vous venez déjeuner ? »

-« J'arrive M Reese » L'informaticien lâcha le boitier et vint s'installer à la table.

-« Il est prêt ? » interrogea John.

-« Presque. Je dois le configurer pour neutraliser les deux contrôles »

-« Il faudra me fournir le mode d'emploi » ironisa Reese.

A nouveau Finch resta muet. Il savait que son attitude était puérile et allait attirer l'attention de son compagnon mais il était trop angoissé pour agir autrement. A la fois pressé de connaître la vérité et en même temps voulant repousser l'échéance le plus possible, certain de souffrir. « Cela ne fait que neuf mois !» songea t-il, amer.

John se sentait de plus en plus tendu devant l'attitude de son compagnon. Que se passait-il ? Avait-il un reproche à lui faire ? Il ne pensait pas avoir fait quelque chose de mal. Ou était-ce les soins ? Est ce que cela ne fonctionnait pas ? Dans ce cas il trouverait une autre solution. En tout cas il n'avait pas l'intention de laisser les choses s'enliser !

A bout de patience il allait reprendre la parole lorsque la sonnerie de son portable l'interrompit. Il consultât l'écran et vit le nom de Fusco. Il refusa l'appel « je le rappellerais » songea t-il, « j'ai plus urgent » Mais le téléphone vibra de nouveau.

-« Vous devriez décrocher, c'est peut être urgent M Reese » l'incita Finch d'un ton neutre.

L'ex agent soupira

-« Oui Lionel ? »

Il écouta les explications de l'inspecteur, émettant quelques vagues réponses, puis le salua avant de raccrocher.

-« Lionel a trouvé un dossier contre Hamilton. Il est fiché dans un autre Etat. Il essaie de récupérer les infos et va nous le transmettre » annonça t-il d'un ton bref, pressé de revenir au sujet qui l'intéressait le plus.

-« Très bien » approuva Finch sans autre commentaire.

-« Harold, je crois que nous devrions parler… » Commença Reese, mais un coup frappé contre la porte l'interrompit à nouveau. Il ouvrit brusquement d'un geste agacé.

-« Oui ? » demanda t-il sèchement.

-« Bonjour M Randall. Je dérange peut être ? » Demanda le docteur Oblin, surprise par son accueil.

-« Heu non, entrez docteur »

-« Je suis en avance, je sais, mais j'ai dû changer mon planning. Bonjour M Wren. J'espère que cela ne vous dérange pas si la séance a lieu plus tôt ? »

-« Bonjour Docteur » salua Finch « Pas du tout. Je suis prêt » ajouta t-il en se levant pour se diriger vers la chambre.

-« J'attends à côté » lui affirma Reese lorsqu'il passa près de lui. L'informaticien se contenta de hocher la tête. L'arrivée du docteur Oblin avait coupé court aux interrogations de son agent mais il savait que celui-ci reviendrait à la charge dès la fin de la séance. Il aurait préféré attendre la fin de la mission mais cela ne serait peut être pas possible finalement.

-« Oh vous êtes tendu M Wren ! Que se passe t-il ? Vous avez un problème ? Une contrariété ? »

-« Pas spécialement docteur. J'ai juste mal dormi »

-« Vous êtes sur ? Vous avez plusieurs points de tension qui sont réapparus… vous devriez vous ménager M Wren. Je vous l'ai dit. Le stress est mauvais. Mais ne vous inquiétez pas. Cela ne m'empêchera pas de régler votre principal problème »

-« Il n'est pas toujours facile d'être raisonnable » estima Finch « Parfois c'est même impossible »

-« Je sais. Nous avons tous des contraintes. Mais il faut savoir ralentir parfois »

-« Je tacherais de suivre vos conseils docteur »

La séance se déroula normalement.

-« C'est bien. Je pense que vous en avez terminé avec ce problème. Dans quelques jours il ne sera plus qu'un mauvais souvenir » affirma la jeune femme en rangeant sa trousse. « Toutefois il serait bon que je puisse vous revoir de temps en temps pour ôter un peu toute cette tension en vous. Votre corps en a besoin »

-« D'accord docteur. Je vous recontacterais »

-« Entendu. Au revoir M Wren et prenez soin de vous » le salua la doctoresse.

-« Au revoir docteur et merci pour tout »

Harold resta assis sur le bord de la table, observant le médecin quitter la chambre. Il allait devoir retourner dans la pièce principale et probablement avoir une explication avec son agent. « Pas le genre de chose qui va me faire obéir aux ordres du docteur Oblin » ironisa t-il. Il s'apprêtait à se lever lorsqu'il perçu une conversation. Il s'approcha silencieusement de la porte.

-« …et l'on peut raisonnablement estimer que ce problème est résolu. Il ne devrait plus connaître de douleur pour ce syndrome »

-« Et reprendre une activité normale ? » demanda Reese.

-« Tout à fait. D'ici une semaine ou deux il sera de nouveau comme avant avec la même dextérité. Mais cela ne devra pas être une excuse pour en faire trop »

-« Non bien sur »

-« Je vous l'ai expliqué M Randall. Il est bon que votre ami se ménage physiquement. Cela ne peut que lui être bénéfique. Une vie saine, du repos, un sommeil tranquille »

-« Je fais tout pour cela docteur. Tout ce qui peut le ménager et lui éviter toute fatigue inutile » « Même si c'est parfois difficile » songea t-il pour lui-même « Il se repose ici et je veille à ce qu'il n'en fasse pas trop et dorme bien »

-« Je m'en doute. Je compte sur vous M Randall »

Reese raccompagna la jeune femme à la porte et les voix s'atténuèrent mais Finch n'écoutait plus de toute façon. Il en avait assez entendu. Et il sentait la colère l'envahir.

L'ex agent revint dans la pièce et s'étonna que son associé n'ai pas encore quitté la chambre. Il avança et poussa prudemment la porte

-« Finch ? Est-ce que ça va ? » Demanda t-il. Il eut envie de reculer devant le regard dur que lui adressa son compagnon. Il semblait furieux. « Harold… » Commença t-il incertain.

-« Alors comme ça vous me "ménagez" M Reese ? Du repos ? Et de bonnes nuits de sommeil ? » L'interrompit l'informaticien.

-« Je… » Murmura John surprit. Il comprit qu'il avait dû entendre sa conversation avec la doctoresse et qu'elle ne lui avait pas plû.

Finch s'avança vers lui

-« Est-ce pour m'éviter toute fatigue que vous me repoussez depuis deux nuits ? Ou y a-t-il autre chose ? » Demanda t-il les yeux fixés dans les siens.

-« Non Finch, ce n'est pas…je ne vous repoussais pas » bredouilla John ne sachant comme lui répondre sans risquer de le vexer plus encore.

-« Non ? Dans ce cas comment appelez vous la distance que vous mettez chaque nuit entre nous? »

-« Je ne voulais pas »

-« Alors il y a autre chose ? Quelqu'un peut être ? »

-« Non ! » répliqua aussitôt l'ex agent et Finch retint un soupir de soulagement « Il n'y aura jamais personne d'autre que vous ! »

-« Donc vous me "ménagez" ? » insista l'informaticien.

-« Vous avez entendu les recommandations du docteur Oblin » plaida l'ex agent

-« Et ? Selon vous il vous faut désormais m'épargner toute fatigue physique ? »

-« Pas toute… » Commença John

-« Je vous avais demandé de ne jamais agir ainsi » le coupa Finch « et vous m'aviez promis que jamais vous ne feriez de différence ! » s'emporta t-il « Vous ne deviez jamais me faire sentir différent » murmura t-il plus bas d'un ton douloureux.

Ses mots frappèrent son compagnon. John réalisa alors son erreur. A vouloir trop bien faire il avait agit exactement comme il s'était toujours promis de ne pas réagir. Cette fois il était allé trop loin dans son désir de protéger son partenaire.

-« Je suis désolé » murmura t-il

-« Pas autant que moi » estima Finch

-« Je ne voulais que votre bien » plaida l'ex agent posant une main sur son bras. Finch s'écarta brusquement.

-« Ce n'est pas en me traitant comme un infirme trop fragile que vous ferez mon bien M Reese ! Je suis encore capable de décider de ce qui est bon pour moi et quelles sont mes limites »répliqua t-il

-« Je sais. Je le sais bien et je suis désolé d'être allé trop loin » il voulu s'avancer à nouveau et le prendre dans ses bras mais Finch le repoussa.

-« Vous devriez aller assurer la surveillance du professeur Hamilton. Il doit déjà avoir commencé ses consultations » affirma t-il en s'écartant pour retourner dans la pièce principale.

C'était une façon polie de l'éconduire et Reese ne s'y trompa pas. Il fut tenté d'insister mais finalement renonça. Connaissant l'entêtement de son compagnon il savait qu'il devait laisser passer sa colère. Sauf que cette fois c'était une des pires qu'il ait connu depuis qu'ils étaient en couple et il se demanda combien de temps cela prendrait. Il quitta la pièce à contrecœur tandis que Finch détournait les yeux.

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A midi, John guetta un appel. D'ordinaire c'était l'heure à laquelle Finch l'appelait pour faire le point. Mais son téléphone resta muet, ce qui n'était pas bon signe. Vers 15H enfin son portable vibra et il s'empressa de décrocher mais c'est la voix de Lionel qui résonna dans l'appareil.

-« Salut John. Ca avance ton enquête ? »

-« Pas vraiment »

-« Dommage que c'était un homonyme »

-« Pardon ? » demanda t-il étonné.

-« Ouais. Le dossier que je vous ai envoyé avec le vague cousin du professeur »

-« Ah oui » émit John sans conviction.

-« T'es sur ? T'as pas l'air très au courant ? »

-« Excuse moi j'étais distrait »

-« Sinon je viens de transmettre mon nouveau dossier à Finch. Mais c'est toujours pareil : pas de trace, pas d'indice, de vrais fantômes ces types. Mon boss râle et moi je commence à en avoir assez de cette affaire »

John essaya de traduire rapidement les informations et en déduisit que le gang de cambrioleurs que poursuivait Fusco devait avoir frappé à nouveau et qu'il avait transmis les informations à son associé pour compléter le dossier.

-« Je pourrais bientôt t'aider. Nous trouverons le lien. Il existe forcement un dénominateur commun »

-« Je le pense aussi mais j'ai beau éplucher la vie des victimes je ne trouve rien. Ou alors des trucs communs mais seulement à deux ou trois couples, jamais à l'ensemble »

-« Peut être que chaque cambrioleur à sa façon de cibler ? »

-« Tiens Finch m'a dit la même chose. Vous êtes vraiment en connexion vous deux » ricana Fusco.

« Enfin là je crois que nous sommes déconnectés » songea Reese contrarié.

-« Bon à plus, on garde le contact » salua Fusco.

-« A plus tard Lionel »

John raccrocha et soupira de frustration. Finch avait obtenu des informations sur leur enquête, et même pour celle de Fusco, et il ne l'avait même pas tenu au courant ! Il se sentait à la fois vexé de cette mise à l'écart et inquiet des conséquences « Mais aussi en colère soit-il, il finira bien par se calmer et je pourrais toujours me rattraper à ce moment là » songea t-il, prêt à tout pour se faire pardonner.

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Finch se laissa aller en arrière dans son fauteuil pour s'accorder quelques minutes de repos. Il avait terminé de calibrer le boitier juste avant le déjeuner, auquel il n'avait pas fait honneur d'ailleurs, trop contrarié pour avaler la moindre bouchée. Il avait ensuite reçu l'appel de Fusco et son mail sur le dernier cambriolage qui avait eu lieu pendant la nuit. Il jeta un coup d'œil vers son portable. Reese n'avait pas cherché à le joindre. « Il attends que je me calme sans doute. Et bien je crains qu'il n'attende plus longtemps qu'il ne l'imagine ! » songea t-il vexé. Bon. Il avait tout de même un peu mauvaise conscience de s'être emporté comme il l'avait fait. Mais Reese n'avait pas tenu sa promesse. L'une des plus importantes pour lui. Et même s'il savait qu'il n'avait agit qu'avec de bonnes intentions il ne pouvait pas laisser passer cela. Son regard se posa sur le boitier. Cette nuit Reese prendrait encore des risques et lui serait encore inquiet. Sauf que cette fois il était décidé à ne pas le montrer. Comme autrefois. Avant la soirée de mariage des Salvez et son issue aussi folle qu'inattendue. Et pourtant bienvenue. Ils avaient traversés quelques passages difficiles depuis mais surtout apprit à se connaître mieux encore. Et justement à cause de cela Finch ne pouvait comprendre comment il avait pu agir comme il l'avait fait. « Par amour » lui soufflait une petite voix. Il soupira une énième fois en se rendant compte que sa colère devenait de moins en moins évidente à chaque heure alors qu'il aurait dû continuer à lui en vouloir ! « Mais pas question de lui pardonner trop vite ! » songea t-il têtu « sinon il recommencera ! »

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A 19H le serveur apporta le dîner. Reese revint en même temps que lui.

-« Je m'en occupe » affirma t-il en s'emparant du chariot et en le poussant jusqu'à la table. L'homme salua et sortit. John ôta son manteau et entreprit d'installer les plats. Finch vint s'asseoir à sa place sans un mot. L'ex agent le guettait du coin de l'œil et retint un soupir devant son visage fermé. Il décida de s'asseoir sans rien tenter. Le silence était pesant. Il se décida à le briser.

-« Lionel m'a appelé. Il m'a dit que son dossier n'avait rien donné ? »

-« Le Hamilton qui avait fait l'objet de la condamnation était un homonyme, un lointain cousin de notre numéro »

-« Il m'a dit aussi qu'il vous avait envoyé un nouveau dossier. Encore ses cambrioleurs fantômes »

-« Il n'y a pas plus d'indice que pour les autre » commenta Finch « Il serait vraiment utile d'approfondir les recherches. Je m'en occuperais dès que possible »

Reese fixa ses mains et pensa aussitôt qu'il ne devait pas trop en faire mais il s'abstint de tout commentaire. Le moment aurait été vraiment mal choisit.

Il tenta d'entretenir encore la conversation mais il n'avait pas grand-chose à dire sur sa surveillance aussi paisible que les jours précédents. Il songea que leur complicité lui manquait cruellement « et cela ne fait même pas une journée ! » songea t-il conscient de sa dépendance.

A la fin du repas John se leva et rangea les couverts sur le plateau avant d'aller l'abandonner dans le couloir.

Finch se leva et s'installa devant le bureau. Reese avança près de lui.

-« Vous me faite une démonstration ? » demanda t-il en saisissant le boitier.

L'informaticien se tourna et reprit l'appareil. Il lui montra un petit capteur relié à l'appareil par un câble.

-« Ce capteur devra être posé sur le boitier. Ensuite vous enclenchez le bouton rouge, ici. Lorsque le code sera décrypté vous devrez le composer. Puis vous enclencherez le second bouton, il neutralisera la piste sans qu'il soit nécessaire d'utiliser une carte. Dès que ce voyant passera au vert » précisa t-il en désignant la diode « la porte sera déverrouillée »

John reprit le boitier.

-« Ok. Capteur, bouton rouge, code, second bouton. Je devrais pouvoir m'en tirer »

-« Je n'en doute pas M Reese » répondit son associé sans lever les yeux.

-« J'irais vers minuit. Hamilton sera certainement rentré chez lui »

-« Entendu »

L'ex agent patienta un instant puis devant le manque de réaction évident de son compagnon il décida de retourner mener sa surveillance plutôt que de rester dans cette ambiance trop lourde à son goût. Au même instant Finch se leva pour se rendre à la salle de bains. John en profita. Il l'enlaça au moment où il passait près de lui et l'embrassa avec impatience. Finch se raidit mais n'eut pas la force de le repousser.

-« Juste pour m'encourager. Je pense que votre soutien me reste acquis ? »

-« Soyez prudent » répondit l'informaticien. Reese le lâcha à contrecœur puis quitta la pièce, frustré, sans réaliser que Finch l'était au moins autant que lui.