Bonjour/Bonsoir
Rien ne m'appartient.
9
How the God kills, de Danzing
Harry s'appuya contre un des murs, son équilibre étant plus que précaire. Les effets de la drogue que lui avait donné Draco atteignaient leurs points culminants ; l'inactivité, la maison calme, l'attitude de Draco rendaient fou Harry autant qu'il l'exaspérait.
« Qu'est-ce qui se passe ? finit-il par lâcher, faisant un effort énorme pour desserrer les dents – ses mâchoires semblaient soudées l'une à l'autre.
- Mimi, j'arrive, je vais te préparer la chambre, tu peux fumer une clope en attendant si tu veux, Harry viens avec moi. Il a pris un truc, » murmura Draco à l'intention de la jeune fille, pour expliquer son attitude étrange, mais le concerné entendit tout.
Sans douceur, Draco attrapa Harry par le bras et le fit monter à sa suite. Ils s'enfermèrent dans la chambre du blond qui s'assit sur le lit et se prit la tête entre les mains.
Harry se laissa choir au sol, son cœur palpitait dans sa poitrine, il lui semblait que son crâne s'ouvrait cependant cette fois-ci, ce n'est pas de l'harmonie et de l'allégresse qui le remplirent, mais des interrogations et le terrible sentiment d'avoir été trahi.
« Qu'est-ce qui se passe ? répéta Harry, la voix cassée. Putain, Draco, j'deviens dingue, dis-moi. Qu'est-ce qu'elle fiche ici ?
Draco se redressa vivement, se précipita sur Harry et plaqua sa main contre sa bouche. À l'affût, ils écoutèrent des pas traverser le couloir puis une porte se refermer. La main de Draco était glacée contre sa bouche ; vu de haut, Harry put constater à quel point il semblait amaigri et cerné.
« Va dans le placard, Harry, et je t'en supplie, ne bouge pas... Je suis désolé, » rajouta t-il devant l'air ahuri du brun.
Était-ce une mauvaise blague ? Le visage de Draco devint menaçant alors que Harry ne bougeait pas d'un pouce. Lentement, à contrecœur, celui-ci recula dans le placard, tout en regardant Draco dans les yeux. Le blond referma la porte et souffla une autre fois « ne bouge pas » mi suppliant mi hostile. Il éteint la lumière et sortit sur la pointe des pieds.
Caché dans son placard, Harry étouffait. Il ne comprenait rien à ce qui était en train de se dérouler. Pourquoi Draco voulait à tout prix qu'il reste dans ce placard ? Qui était cette fille et pourquoi l'avaient-ils ramené ? Pourquoi Draco s'excusait-il à tout va ? Est-ce qu'il pourrait aller se coucher un jour dans son lit et récupérer de cette soirée éprouvante ?
Il avait le sentiment que quelque chose d'horrible allait se passer et se sentait intimement trahi. Le goût de la jalousie, amère, remplissait sa bouche et enfonçait sa dague au plus profond de son cœur. Draco était à lui... Que venait faire cette fille dans l'histoire ?
Assis dans le noir, les yeux ouverts sur l'obscurité, Harry cherchait à mettre du sens et relier tous les événements de la soirée entre eux mais le sens se dérobait.
Il entendit des gloussements, la porte s'ouvrit, un rai de lumière courut sur le parquet avant de s'évanouir. Deux respirations. La fille s'avança puis s'assit sur le lit, à l'endroit où Draco se tenait quelques minutes auparavant.. Bien qu'elle ne puisse pas le voir, Harry la fusilla du regard et la haït de tout son être. Pourquoi prenait-elle ses aises dans la chambre de son ami ? Il la souhaita morte. Elle paradait devant Draco, essayait de le séduire, alors la seule chose qu'elle méritait, c'était de mourir.
Ce dernier pénétra à son tour dans le champ de vision de Harry. Quand il fit passer son tee-shirt par dessus sa tête, Harry retint un haut-le-cœur en voyant le regard gourmand de la jeune fille. Non... c'était son Draco... D'accord, ils ne s'étaient pas juré une fidélité éternelle mais Harry n'était préparé à ça, il ne voulait pas voir, il ne voulait pas savoir.
Draco jeta un coup d'œil dans sa direction, lui ordonnant d'une œillade de ne pas bouger. Horrifié par la scène qui se déroulait sous ses yeux, Harry retint le cri qui enflait dans gorge en pressant sa main contre ses lèvres. Non ! Ils n'allaient quand même pas... ? Sa poitrine sembla s'écraser sur elle-même et un grand froid l'envahit. Il lui était insupportable de savoir qu'une autre personne que lui pouvait effleurer le corps de son ami.
Il plaqua ses paumes contre ses paupières, obstruant sa vue et tentant par la même occasion de retenir ses larmes. Il ne voulait pas savoir, pas entendre, pas voir. Il cala sa tête entre ses jambes et pria tous les saints du ciel pour disparaître. Il entendait distinctement les halètements de la fille, les bruits des baisers mouillés de Draco, les caresses qu'ils se prodiguaient. Il se mordit la langue de toute ses forces afin de s'empêcher de pleurer – Draco ne méritait pas ses larmes – il mourrait de douleur et de jalousie. A aucun moment, il n'avait signé pour cela, pour souffrir autant ! Malgré tout, les larmes roulaient sur ses joues, brûlantes et douloureuses. Néanmoins, bien qu'absorbé par sa souffrance, il discerna le mot « bondage », ce qui lui fit relever la tête – intrigué, mais aussi pour respirer, il étouffait dans ce placard.
Il remarqua alors le silence de la pièce. A contrecœur, il ouvrit les yeux et découvrit Draco, penché sur Mimi, occupé à la ligoter. Pardon, à lui faire des nœuds de bondage, ou quelque soit l'expression. Elle portait un bandeau sur les yeux ainsi qu'un bâillon. Aussi dégoûté qu'interloqué, Harry observa son ami attacher ensemble les deux poignets de Mimi, immobiliser ses bras et coller ses jambes l'une à l'autre grâce à une corde. Draco lançait de fréquents regards en direction de sa porte mais aussi du placard. Prudemment, malgré les consignes de Draco, Harry s'extirpa de sa cachette exiguë. Le blond fit asseoir Mimi sur son lit, elle paraissait si calme et sereine...
« Tu... Tu peux m'expliquer ? demanda Harry d'une voix aiguë, se fichant royalement que Mimi entende.
Ne pas savoir, ne pas comprendre le rendait fou, il commençait à perdre patience. Le silence de Draco ne faisait que rajouter à sa colère.
« Va baiser avec ta pute alors ! siffla t-il, surpris de sa vulgarité. Je rentre chez moi !
- C'est pas ce que tu crois, répondit Draco à voix basse.
- Tu te fous de moi ? Y a un nana à moitié nue dans ton lit, je vous ai vu vous embrasser et c'est pas ce que je crois ?
- Je suis désolé que tu ais été là... j'ai pas eu le choix.
- Q-quoi ? Et pourquoi elle est attachée comme ça ? Explique moi ! »
En ouvrant de grand yeux, Draco posa son index en travers de sa bouche et regarda en direction de sa porte.
« Ne bouge pas, ne fais pas de bruit. Je suis très sérieux. Je reviens. »
Il repoussa Harry, referma les portes du placard puis se releva. Il entendit la porte s'ouvrir.
Et Lucius Malfoy fit son apparition.
Harry s'arrachait les cheveux. Un trio ? Le père et le fils se partageant la même fille ? Tout ceci n'était qu'un vaste plan cul organisé de façon machiavélique ? Ok, là, il allait vraiment vomir, c'était malsain au possible. Pourtant, caché dans son placard, Harry assista à un autre genre de scène surréaliste.
Lucius Malfoy jaugea la jeune fille, l'examina sous toute les coutures puis tapota l'épaule de son fils. Puis il fit demi tour et sortit de la pièce. Draco souleva la fille et prit la même direction que son père. Draco la portait-il jusqu'à la chambre de son père pour qu'il puisse coucher avec elle pendant qu'elle était attachée ? Est-ce que Mimi était d'accord ? Ou au moins, au courant ? Ils allaient la violer ? Avec Narcissa ? Ils accomplissaient leurs sales affaires en famille ? Harry allait se manifester, empêcher cet acte infâme, mais Draco lui jeta un regard qui le glaça et il resta sagement à sa place.
Il attendit cinq bonnes minutes avant de sortir de sa cachette. Peu importait ce que lui avait dit Draco, il allait partir de cette maison de fous et ne plus jamais sortir de chez lui ! Il jeta un coup d'œil par la fenêtre et fut scotché de découvrir Lucius qui refermait la porte du garage derrière lui et son fils.
Le choc lui scia les jambes. Il aurait dû s'enfuir tant qu'il était encore temps pourtant il était incapable du moindre mouvement. L'accablement s'abattit sur lui, il avait si mal, il sentait trompé, sali. Utilisé. Son visage se tordit alors qu'un spasme le secoua, les larmes dévalèrent ses joues. Il se prit la tête entre les mains. Il avait si mal. Il était certain que Draco ne l'avait jamais aimé et utilisé de bout en bout. Sa peine le faisait suffoquer, il sentait un trou se creuser dans sa poitrine sous le poids de la douleur. Il se concentrait tant sur sa respiration qu'il entendit à peine Draco rentrer et fermer la porte. Ce dernier s'assit près de lui.
« Je suis désolé.
- Tu peux, sanglota Harry à travers ses larmes. Tu m'as jamais aimé c'est ça ? J'étais qu'un jeu, une distraction ? Tu fais des orgies avec ton père et comme ça te suffit pas, tu veux aussi tester avec les mecs et j'étais le premier disponible ?
- C'est pas du tout ça, Harry !
- Je te déteste.
- Harry...
- Je te déteste. Je vais rentrer chez moi et je ne veux jamais plus te voir. »
Draco s'agenouilla devant harry, il le força à le regarder.
« Je te promets que c'est pas ce que tu crois.
- C'est quoi alors ?
- Pire que ce que tu peux imaginer.
- Vous allez la... violer ?
- Quoi ? Non !
- Je vois pas ce qu'il peut y avoir de pire alors, » ricana Harry.
Il se sentait étrangement vide. Comme si tous ses sentiments avaient été aspirés, créant un vide à l'intérieur de lui. Il reprenait une respiration normale.
« J'amène des filles à mon père pour qu'il les tue.
- Quoi ? »
J'en suis enfin arrivée au point culminant de mon intrigue ! Quasiment tous les chapitres qui vont suivre vont être LOURDS.
Je devais pas publier avant janvier mais je voulais te laisser sur cette méga révélation haha, et là, c'est sûr je publie pas avant 2018 :D Bonnes fêtes, et si comme moi t'aimes pas ça, courage mamène.
Des bisous, Mello
