Ouah. J'en aurais mis du temps à sortir ce chapitre ! Je suis désolé. Entre les partiels et mes problèmes perso, j'ai eu un peu de mal à trouver le temps de corriger le chapitre pour le publier. Au final, j'avais même oublié que je devais le faire... Heureusement, vous pouvez remercier N. Hook pour m'avoir rappelé que j'avais une histoire en cours ! Allez voir ce qu'elle fait, c'est chouette !
Donc, voilà, c'est parti pour le nouveau chapitre. Des bisous !
CHAPITRE 10 : HURRICAINE
Lorsque Angelo ouvrit les yeux, il eu l'impression qu'on avait obstrué ses sens avec du coton. Sa tête était lourde, son corps lent, il voyait flou, entendait la pluie comme si elle était assourdie. Un instant, il flotta dans une incrédulité collante avant de se souvenir.
La fuite. Les rochers. Les voix. Les chevaliers.
L'enfant se recroquevilla sur lui même. Ils lui avaient retiré son cosmos. Qu'est ce qui allait le protéger des âmes, maintenant ? Qu'est ce qu'il allait devenir, s'il ne pouvait plus être chevalier ?
Une main dans ses cheveux le fit sursauter. Il releva vivement la tête. C'était Aphrodite. Il ne l'avait pas senti approcher.
Il ne voyait plus son âme.
Ses yeux s'humidifièrent et il se mit à pleurer sans bruit.
Aiolos fixait le plafond de la Maison des Gémeaux. La pluie martelait le marbre comme si elle tentait d'y percer une myriade de trous. Il entendait aussi son frère, qui s'affairait dans la cuisine. Il y avait quelqu'un avec lui – Aldébaran. Le Sagittaire n'en avait pas grand-chose à faire.
Il ne ressentait rien. Ou alors si, il ressentait tout, trop fort, comme si on lui avait arraché la peau et exposé à toute la douleur du monde. Mais c'était un peu ça, hein ? On lui avait enlevé un bout de lui. Pas de lui, d'elle. Dalia. Son apprentie, sa petite sœur, sa fille ? Ils ne pouvaient pas comprendre.
Il avait senti son cosmos s'éteindre. Il l'avait pris comme une claque qui l'avait jeté à terre, si bien qu'il lui avait fallu quelques minutes pour se relever, hagard. Il ne voulait pas y croire. Il avait cherché l'étincelle de cosmos dans tout le Sanctuaire. Il n'avait trouvé que le vide.
Il frémit en revoyant le petit corps allongé dans la boue. Ses cheveux détrempés, noirs comme la nuit, poisseux de sang. Ce masque brisé. Il avait vu son visage pour la première fois.
Des joues encore quelque peu rondes de l'enfance, une peau de miel. Un petit nez en trompette, quelques taches de son sur les joues. Des lèvres fines et légèrement craquelées par la chaleur. Des yeux un peu écartés, noirs, vides. Des sourcils épais, une mèche de cheveux collée sur le front par la pluie qui terminait de refroidir son corps.
Elle était belle, elle était morte.
Et Aiolos était mort avec elle.
Deathmask les avait tués tous les deux. Avec son apparence d'enfant, il avait fait oublier à tout le monde quel monstre se cachait réellement sous sa peau hâlée.
Lorsqu'ils étaient revenus à la vie, Aiolos n'avait pas voulu croire les rumeurs. Il était mort depuis quatorze ans, après tout. Les ors n'étaient que des enfants, et même si Deathmask était hargneux et turbulent, il n'était pas cruel ou meurtrier. Le brave Sagittaire voulait se faire une idée par lui même. Après tout, s'il avait été ramené à la vie, l'italien ne pouvait pas être si mauvais.
Il aurait dû croire aux rumeurs.
Il aurait dû croire Aliolia quand il lui avait raconté les visages, les meurtres, la passion morbide pour le sang. Il aurait dû écouter Mû quand il lui avait conseillé de ne pas s'attarder dans le temple du Cancer. Maintenant, Dalia était morte, morte à cause de lui, d'un démon caché sous une apparence d'enfant, qui ne pouvait être satisfait qu'avec du sang sur les mains.
Le Sagittaire aussi avait soif de sang.
Aliolia déposa une tasse de thé fumante devant son camarade. Aldébaran était trempé par la pluie, et son humeur n'était pas plus ensoleillée que le Sanctuaire. Ils avaient sellé Deathmask depuis plus de douze heures, maintenant. Les Ors avaient encore les traits tirés et la mine sombre.
Plus tôt dans la soirée, le Lion avait été mis au courant des évènements par Mû, qui passait par son temple. Le Bélier n'était pas resté longtemps. Kiki l'attendait, et avec ce qu'il avait appris, le Tibétain avait besoin de s'assurer que son apprenti allait bien.
Peu d'ors avaient dormi dans leurs temples, cette nuit. Les deux Gémeaux étaient toujours au cinquième. Milo avait quitté la chaleur étouffante et moite de son temple pour aller retrouver la fraîcheur de celui de Camus. Shura n'avait pas non plus passé la nuit chez lui. Le rituel leur avait miné le moral à tous. D'ordinaire, Shion aurait laissé éclater sa colère de voir les Maisons ainsi désertées, alors qu'un potentiel ennemi était à leurs portes. Mais il avait laissé faire. Lui aussi devait réfléchir. Il avait laissé Deathmask aux bons soins d'Aphrodite.
Il ne doutait pas de la capacité du Poisson à gérer une éventuelle crise. Aphrodite était vaniteux, égoïste, et doté d'une perception de la justice bien à lui, mais il semblait avoir pris le petit Cancer sous son aile. Bonne ou mauvaise chose ? Personne ne voulait s'en soucier pour l'instant.
« - Où l'a tu enterrée ? Demanda Aliolia à son frère d'armes.
- A côté du grand olivier. Elle y sera à l'abri, là bas. »
Le grand brésilien avait encore les mains noires de terre, qu'il avait retournée pour recouvrir le petit corps. Il avait érigé une pierre de marbre où était gravé le nom de la petite, comme si elle avait déjà était fait chevalier. La tradition du Sanctuaire voulait qu'elle soit laissée en paix quelques jours avant que d'autres ne viennent se recueillir sur sa tombe.
Avoir enterré la gamine semblait avoir encore plus enfoncé Aldébaran dans la mélancolie. Aliolia posa une main sur son épaule.
« - Merci.
- Vous n'aviez pas la tête à ça. Cette petite méritait un enterrement de Chevalier. »
Le Taureau but une gorgée de thé. La pluie n'avait pas cessé de tomber depuis la mort de Dalia. Coïncidence ? Sans doute. Il avait beau servir une déesse, Aldébaran ne croyais pas au surnaturel. S'il pleuvait, c'était à cause de l'eau emmagasinée par les nuages, elle même causée par l'évaporation des eaux durant les grandes chaleurs de l'été grec… Pas parce que tous les dieux pleuraient sur la mort d'une enfant. Dommage. Ça aurait été beau.
« - Comment va Aiolos ?
- Il… Pas très bien, soupira Aliolia. Il délirait, il y a une heure. Il dort pour le moment… C'est pire que ce que Shion avait prédit. Comment c'est possible ? Je veux dire, Dalia n'était son élève que depuis quelques semaines.
- Il nous en a parlé, en revenant au palais. »
Il posa sa tasse, toute petite dans ses mains de géants.
« - Les liens entre deux chevaliers d'Or du même signe sont très puissant. Ça n'est pas comme Camus qui a enseigné à Hyoga, c'est plus profond que ça. Il le décrit comme si les deux cosmos se mêlaient pour ne faire qu'un, les premiers mois. C'est à ce moment là que la protection de la constellation se transmet.
- C'est pour ça que les chevaliers meurent rapidement après avoir trouvé un élève ?
- Ça n'est pas qu'ils meurent plus rapidement, répondit le brésilien en secouant la tête. Simplement, la protection qu'ils reçoivent de leur constellation s'amenuise peu à peu pour se rattacher au prochain chevalier… Ils deviennent plus sensibles aux accidents. Aux blessures. Entre nous, si nous n'avions pas la protection de nos constellations pendant les guerres, nous serions morts dès le début. Nous restons humains, même avec notre cosmos... »
Le Lion hocha la tête. Évidemment… Au vu de ses informations, il comprenait mieux l'état de son frère. On lui avait arraché une partie de lui même, au final.
« - Il t'a dit comment les chevaliers qui avaient perdu leurs élèves s'en étaient sortis ?
- Avec le temps. Certains ne s'en sortent pas. Tu te souviens de Niklaus ? »
La grimace d'Aliolia lui confirma. Même s'il n'avait que cinq ans lors du départ des Cancers, le nom du Finlandais marquait les esprits.
« - Combien ?
- Deux. Il les a tués lui-même, quelques semaines après leur entrée à son service.
- Pas étonnant qu'il soit timbré, soupira le lion. Qui voudrait s'infliger ça ? Et dire que les autres l'on laissé faire...
- Pas ton maître, observa Aldébaran.
- Ah, ça… Agymha n'était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. »
Il sourit un peu en repensant à son maître. Même avec deux doigts et un œil en moins, il restait dans son souvenir une puissance brute, doté d'un sens aigu de la justice. Il était sévère, mais juste. Après la mort d'Aiolos, il avait été un réconfort certain… Avant sa propre mort.
« - Aldé…
- Hm ? »
Le Taureau avait un peu tiqué à l'entente du surnom mais, finalement, il décida qu'il aimait bien. Il n'était pas vraiment proche de ses frères. Ça semblait changer, lentement. Bien.
« - Comment est mort ton maître ?
- En couche. Elle attendait des jumeaux, mais ça s'est mal passé. Pourquoi ?
- Je pensais à la mort d'Agymha. Les Chevaliers meurent jeunes. On est presque des vieux, à notre échelle. »
Il pouffa, mais c'était un peu un rire jaune. Ils avaient moins de 25 ans. A leur âge, les autres garçons sortaient faire la fête, suivaient des cours ou commençaient à travailler, flirtaient gentiment avec les autres jeunes de leur âge. Eux tuaient, avaient été tués, se battaient pour des guerres cycliques qui semblaient sans fin. Il y avait de quoi grincer des dents.
« - Ne fait pas cette tête. Nous nous battons pour ce qui est juste.
- Je sais bien, soupira une nouvelle fois Aliolia. Mais parfois, je me demande ce qui se serais passé si nous n'étions pas chevaliers. »
Aliolia était arrivé au Sanctuaire à ses trois ans, dans les bras d'Aiolos, qui avait tout bonnement refusé d'abandonner son frère, quand bien même il devait devenir le prochain Sagittaire. Il n'avait pas réellement connu le monde extérieur. Ses nourrices faisaient partie du harem, ses camarades de jeux, des futurs apprentis.
Il était plongé dans la Chevalerie depuis sa plus tendre enfance.
« - Je serais sûrement mort, fit Aldébaran sur le ton de la conversation. Les favelas ne sont pas vraiment un bon endroit pour grandir. Aucun de nous n'a de parents, pas vrai ? Des gamins brésiliens, norvégiens, hindous, ils n'ont pas beaucoup de chance de survivre tout seul dans la nature.
- Ouais, je suppose que t'à raison. »
Et eux ? Ils étaient Grecs certes, mais depuis quand ? Les deux frères n'avaient jamais parlé de leur vie d'avant Athéna. Elle remontait à si loin…
« - Je vais apporter une assiette à Aiolos. Sers toi. »
Il accepta le signe de tête et prit une assiette pour se diriger vers la chambre principale des Gémeaux. Quelque chose de simple à avaler – des légumes simples et un morceau de viande. Le Lion n'était pas un cuisinier hors pair, mais ça devrait quand même faire l'affaire.
« - 'iolos? Murmura-t-il en entrant dans la chambre obscure. Tu es réveillé ? »
Pas de réponse. Son aîné devait s'être endormi… Il était tard. Presque trois heures du matin. Mais il devait manger quelque chose. Il n'avait rien avalé depuis… L'incident.
« - 'iolos, insista le lion en allumant une bougie d'une étincelle de cosmos. Tu dois manger quelque chose... »
Il s'interrompit et jura.
Le lit était vide.
Aphrodite jeta un coup d'oeil au gamin allongé sur le canapé. Son coeur de pierre se serra un peu en voyant l'air malheureux qui froissait son joli visage.
La crise de larmes avait laissé le petit Cancer fiévreux. Le Suédois en prierait presque pour le retour de l'adulte. Il était peut être timbré, mais lui au moins ne risquait pas d'essayer de sauter d'une falaise !
Le Poisson avala un peu de son thé glacé. Le jour se levait de quelques minutes, et avec lui la chaleur moite chassait la fraîcheur de la nuit. Le soleil se levait au loin, derrière le Temple du Pope. D'ici quelques heures, il devrait laisser Angelo aux bons soins de Shun, et partir effectuer ses devoirs de chevalier. Il faisait une relative confiance à Andromède pour bien s'occuper du petit Cancer. Enfant bien trop sensible… Dire qu'il serait leur future Pope.
Il n'était même pas si puissant ! Il n'avait réussi à le vaincre qu'avec l'aide d'Athéna, et par surprise. S'ils remettaient ça, le suédois gagnerait haut la main. Même son joli minois n'avait rien d'extraordinaire. Non vraiment, il ne pourrait jamais voir quelqu'un de puissant en Andromède.
Aphrodite était parfois d'une fantastique mauvaise foi.
Le jeune homme continua quelques minutes de casser du sucre sur le dos d'Andromède, avant qu'un bruit à l'entrée de son temple ne le fasse relever la tête. Qui pouvais bien passer par son palier à cette heure-là ? D'un claquement de langue agacé, il enfila son armure et sortit de son appartement.
« - Quitte à passer à cette heure, soyez au moins discret, fit-il d'une voix âpre.
- Il est avec toi ? »
Le Poisson cligna des yeux. Dans la demi pénombre de son temple, Aiolos avait une tête terrible. Déjà qu'il n'était pas un canon de beauté au départ, avec ses yeux rouges et son teint pâle, il ne ressemblait vraiment à rien. Un comble pour le superficiel chevalier des Poissons ! Pas de ça dans sa maison.
« - Sois gentil et sort d'ici. Il est trop tôt pour monter voir le Pope. »
Bon, il aurait peut être pu être moins sec, mais il n'avait pas dormis depuis plus de trente-six heures, son maquillage commençait à faire une triste mine et on l'avait interrompu en plein petit déjeuner. Merde quoi ! Un peu de civilité, ça n'étouffait personne.
Aphrodite n'avait jamais eu d'élève, et il espérait ne pas en avoir avant une éternité. Aussi il ne fit pas attention au teint fiévreux du Sagittaire, ou à son armure qui luisait doucement de cosmos. Il ne remarqua pas le ton sombre qu'il employa à nouveau.
« - Où est Deathmask ?
- Il se repose. »
Peut être que ça n'était pas la bonne chose à dire, lui souffla sa conscience lorsqu'un Lighting Bolt l'envoya s'écraser sur les murs de marbre. Sonné, il mit une seconde à se relever et cracha un filet de sang. Aiolos se précipitait dans ses appartements, l'arc dégainé.
L'armure des Poisson recouvrit son propriétaire en un instant. Aphrodite bondit à la poursuite de son frère d'arme et lança un message télépathique aux autres ors. Il n'y mit pas vraiment de mots, mais l'urgence était palpable.
Il débarqua comme une bombe dans ses appartements. Aiolos pointait sa flèche d'or sur un Angelo terrorisé, recroquevillé dans le canapé.
« - Non ! »
Le Sagittaire se fit plaquer au sol et sa flèche se planta à quelques millimètres de la tête de l'enfant. Il poussa un cri de rage et décocha un coup de poing magistral dans la mâchoire de son agresseur.
Aphrodite vit rouge. Personne n'avait le droit de marquer son visage.
Éjecté du dos du Grec, il lui lança une pluie de roses démoniaques. Aiolos les évita d'un saut souple et lui décocha un nouveau Lightning Bolt.
« - Pourquoi tu le protèges ?! C'est qu'un putain d'assassin ! On sera tous plus en sécurité une fois qu'il sera crevé !
- Aiolos ! »
Un froid polaire souffla brusquement dans le Temple des Poissons. Aphrodite remercia silencieusement le ciel de lui avoir envoyé Camus et Shura. Il ne doutait pas de sa force, mais Aiolos avait l'air tellement enragé… Les jambes emprisonnées dans une épaisse glace, il hurlait à Camus de le laisser partir, qu'il allait tuer ce monstre et que personne ne pourrais l'en empêcher. Le spectacle était glaçant. Le droit Aiolos, prix d'une rage meurtrière… Shura et Camus en avaient du mal à le contenir.
Aphrodite repris ses esprits et invoqua de grandes ronces pour leur prêter main forte.
« - Calme toi bon sang ! Rugis le Capricorne qui s'était prit un méchant coup de poing au visage. Redescends sur terre, Aiolos ! »
Une vague de cosmos enragé faillit les envoyer valser. Les ronces d'Aphrodites furent déchiquetées par la fureur brûlante qui s'attaqua au petit garçon recroquevillé sur le canapé, terrifié.
« - JE VAIS LUI ARRACHER LES YEUX !
- AIOLOS ! »
Sonné, Camus plaqua son frère d'arme sur le sol. Il avait réussir à briser ses entraves de glace, bon sang ! S'ils n'arrivaient pas à le maîtriser, il n'aurait pas d'autres choix que de l'enfermer dans un cercueil de glace. Mais ça reviendrais à le tuer.
Aiolos ou Deaathmask ? Le choix était vite fait. Ou, il aurait dû l'être. Camus hésita une seconde. Une seconde salvatrice.
La Restriction de Milo immobilisa pour de bon le Sagittaire devenu fou. Le Grec s'accroupit auprès de ses frères, légèrement affolé par la situation. Shura avec le nez en sang, Camus encore plus pâle qu'à son habitude, Aphrodite avec un hématome à la mâchoire…
Un pied vêtu d'or s'écrasa sur le visage du Sagittaire et Milo faillit s'étouffer.
« - APHRODITE PUTAIN MAIS QU'EST CE QUE TU FOUS !
- IL A OSE TOUCHER A MON VISAGE ! JE VAIS LE TUER !
- LÂCHEZ-MOI, ENFOIRÉS ! JE VAIS LE BUTER, JE VAIS LE CHARCUTER !
- PERSONNE NE VA TUER PERSONNE ! Rugit Camus »
Milo tentait tant bien que mal de contenir Aphrodite, qui semblait résolu à réduire Aiolos en tas de viande sanguinolent. Shura maintenait les jambes du Sagittaire, Camus hurlait à tout le monde de se calmer, Aiolos continuait de déverser des menaces de mort des coups à qui il pouvait atteindre. Si d'autres n'arrivaient pas très bientôt, la situation allait définitivement devenir dramatique.
Une lumière aveuglante empli la Maison des Poisson. Les chevaliers poussèrent un soupir incontrôlé en sentant le cosmos divin emplir la pièce.
Athéna observa la situation d'un œil critique. Il ne lui fallut pas une seconde pour assembler deux et deux, et comprendre la situation.
D'un pas vif, elle se dirigea vers Aiolos. Camus et Shura s'écartèrent aussitôt, et virent avec stupeur leur déesse tomber à genoux pour prendre le Sagittaire dans ses bras.
Aiolos lutta un instant mais la puissance du cosmos de sa déesse englouti le sien et souffla la rage qui le consumait.
« - Tout va bien, Chevalier, murmura la déesse.
- Il l'a tué, sanglota le Sagittaire, les mains serrées sur la robe blanche. Il l'a tuée…
- Je sais, répondit Athéna d'une voix douce. Ton apprentie est en Elysion, à présent. Elle est en paix. »
Milo relâcha Aphrodite. La scène lui déchirait le coeur. Il n'avait jamais été aussi heureux de voir sa déesse. Une part de lui espérait que maintenant, tout allait se régler. Athéna pouvait tout arranger, n'est ce pas ? Il faillit lui aussi fondre en larmes, baigné dans le cosmos de la déesse. Mais il se secoua. Ses frères arrivaient un à un, attirés par le cosmos divin. Chaque âme du Sanctuaire avait pu sentir le retour de la déesse. Le Scorpion n'avait pas réalisé à quel point ce cosmos lui manquait jusque là.
« - Chevalier du Capricone, reprit la voix posée d'Athéna. »
D'un coup d'oeil, elle lui désigna l'enfant qui n'avait pas bougé du canapé, tétanisé. Shura hocha la tête et s'abaissa à la hauteur de l'enfant. Il ne semblait pas blessé. La flèche d'or était plantée à quelques millimètres de son visage. Une mèche de cheveux était tranchée en deux. Des larmes de terreur roulaient sur ses joues, sans le moindre bruit. Shura retint un soupire.
« - Deathmask ? Est ce que ça va ?
- Pousse toi de là, abruti. »
Aphrodite repoussa son collègue d'un mouvement d'épaule. Shura lui abandonna gracieusement le petit Cancer. Milo lui tendit un mouchoir pour éponger le sang qui coulait de son nez.
Les autres ors affluèrent en quelques minutes. La tension monstrueuse se délia peu à peu, remplacée par une tristesse commune.
La pluie s'arrêta peu à peu de marteler le marbre.
ATHENA EST DE RETOUUUUUR.
Enfin xD
N'oubliez pas que la review nourri l'auteur !
