Crédits : Bleach appartiens à Tite Kubo, Claymore et Sacha sont mon entière propriété ainsi que tout la trame. Melody appartiens à Kamizu83 qui l'a spécialement crée pour cette histoire. T'y touche, j'te bouffe.


Chapitre Huit

Stay Strong

« Le cœur n'a pas de rides, il n'a que des cicatrices. » - Victor Hugo


Chansons incluses : The Catalyst - Linkin Park

La groupie du pianiste - Michel Berger


Le Vendredi soir arriva à grand pas et Claymore n'eut une seconde à elle que pour se changer avant de se rendre dans la salle de concert où les garçons étaient déjà.

Isshin l'accueillit rapidement sur place et elle fut stupéfaite du nombre de personnes qui attendaient devant l'édifice, qui scandaient leurs prénoms et leurs chansons. Elle se rendit alors compte du nombre de journalistes qui tournaient aux alentours. Heureusement pour elle, Isshin la cacha grâce à sa carrure et lui permit de passer inaperçue.

Claymore rejoignit les garçons dans leur salle d'attente. Le show commençait dans moins d'une heure et ils étaient dans tous leurs états, elle ne les avait jamais vu dans un état de stress aussi avancé durant ce mois passé en leur compagnie. Claymore s'assit à côté de Renji.

-On dirait que vous allez à la guerre ..

Renji se mit à rire, et dut avouer qu'elle n'avait pas vraiment tort. Tôshirô vint s'asseoir près d'elle. Le bassiste saisit son avant bras, il ne put s'empêcher de passer et repasser les contours du poignard encré dans sa peau.

-Calme-toi, Renji. Pourquoi vous avez l'air aussi tendus?

-On a pas jouer devant un public depuis genre ..

-Trois mois. Compléta Ichigo. Tu vois pourquoi on est tendu comme ça.

-Je suis sûre que ça va bien se passer. J'en suis convaincue.

-Qu'est ce qui te fais dire ça?! Grimaça Grimmjow, encore plus agressif que d'habitude.

-Intuition féminine.

Elle suivit les doigts de Renji le long de son tatouage. Il s'arrêta soudain pensant que ça la dérangeait qu'ils soient aussi prêt physiquement l'un de l'autre mais Claymore posa sa main sur la sienne et replaça ses doigts sur sa peau.

-J'ai toujours pensé que ce tatouage me portait bonheur. Donc continue, il te portera sûrement chance toi aussi. Je serai dans les coulisses à vous regarder, je suis sûre que vous aller tous leurs mettre le feu ! S'exclama-t-elle.

Sa joie de vivre se répandit comme une traînée de poudre et leur stress baissa d'un bon cran. Quand l'heure arriva, Claymore les suivit, Renji toujours accroché à son avant bras. Une fois leurs instruments enfilés, et leurs micros mis en place on leur fit signe de s'avancer. Tôshirô toucha discrètement le tatouage de la jeune fille et cette dernière envoya un baiser à Ichigo qui montait déjà sur scène. Elle voulut se reculer dans l'ombre et heurta Grimmjow, dont la guitare tinta. Il passa devant elle et lui jeta un regard, une esquisse de sourire puis revint sur ses pas. Elle se mit à trembler sans vraiment comprendre, remontant ses mains vers son plexus. Il attrapa délicatement son poignet et embrassa du bout des lèvres son tatouage. En se redressant son souffle frôla son visage.

-Porte nous chance Clay.

Et il entra sur scène, faisant gémir sa guitare ainsi que tout le public.

Claymore resta tétanisée tout le spectacle. Elle était figée, en transe, autant à cause du baiser qui brûlait encore sa peau mais aussi par le concert qui se déroulait sous ses yeux. Les garçons étaient tout bonnement fantastiques, elle ne savait pas d'où leur venait une telle énergie. Elle voyait à quel point ils aimaient ce qu'ils faisaient, elle voyait leurs sourires si sincères, si explosifs. Leurs visages en sueur révélaient leur niveau d'extase. Oui ils aimaient ce qu'ils faisaient, c'était pur et jouissif. Ils enflammaient la salle, même Claymore avait chaud là où elle était.

« Et quand je ferme mes yeux ce soir, aux symphonies de lumière aveuglante. Que dieu nous bénisse tous, nous sommes un peuple brisé vivant sous l'emprise d'une arme chargée. Comme des souvenirs décomposés par le froid, des transmissions faisant échos à l'écart, Loin de notre monde, Où les océans saignent dans le ciel. »

D'où elle était la silhouette d'Ichigo se découpait en ombres chinoises, il frappait la batterie si forte qu'elle avait l'impression que ses bras allaient se détacher. Ses muscles saillaient à chaque coup, elle voyait ses genoux se soulever à une vitesse affolante. Ses yeux brillaient, sa peau luisait, il paraissait tellement heureux, elle n'avait jamais vu quelqu'un rayonner comme ça. La caisse claire encaissait les chocs, Renji posa son pied dessus et Ichigo lui lança un clin d'œil. Claymore passa son regard sur le bassiste qui se penchait sur son instrument qui descendait très bas sur ses cuisses. Ses longs cheveux rouges lâchés cachaient son visage sérieux qui était lui aussi en sueur. Il retourna sur l'avant de la scène secouant frénétiquement la tête, sautant dans tout les sens. La jeune femme craignait à chaque instant qu'il se prenne les fils sur le sol et qu'il tombe. Mais apparemment rien ne pouvait le distraire de sa musique. Il approcha sa bouche du micro et souffla le bridge derrière la voix de Tôshirô.

« Que Dieu nous sauve tous. Allons-nous être brûler par le feu intérieur d'un millier de soleil ? Pour les péchés que nous avons commis, Les péchés que nous avons dis, Les péchés de notre père, Les péchés de nos enfants. »

Tôshirô lui tournait le dos, elle voyait la large marque de sueur sur son tee shirt blanc. Il tenait son micro haut devant sa bouche pendant que ses paroles coulaient naturellement de ses lèvres. Ses yeux scrutaient farouchement la foule, la maîtrisant, la faisant se soulever d'un seul mouvement de main. Il se plia en deux pour mieux prendre son souffle.

« Comme des souvenirs décomposés par le froid, des transmissions faisant échos à l'écart, Loin de notre monde, Où les océans saignent dans le ciel. »

Il toucha du bout des doigts le clavier près de lui et le son électronique fusa dans la musique, les cris de la foule augmentèrent. Il se mit à sauter partout. Mais d'où tirait-il une telle énergie? Comment était-ce possible qu'il ai l'air aussi dingue alors qu'il était si calme dans la vie de tous les jours?

Pendant le solo de clavier que Tôshirô joua avec brio épaulé par Renji à la basse elle passa sur Grimmjow. Celui-ci appuya sur la pédale près de son pied et laissa traîner ses doigts sur les cordes brûlantes. Ce fut enfin à son tour de faire un solo. Claymore resta subjuguée. Elle avait l'impression qu'il était en plein rêve comateux, une sorte de transe post-orgasmique qui le faisait se pencher en arrière, ouvrir la bouche en grand et laisser partir ses yeux dans ses orbites. Il ne jouait pas sa musique, il la vivait pleinement. Comme les trois autres à vrai dire, mais elle devait avouer que chez lui c'était très flagrant. Il reprit une position plus stable et accompagna le chant de Tôshirô, y mettant une dimension un peu plus grave.

« Soulevez moi, laissez moi partir. Que Dieu nous bénisse tous. Nous sommes un peuple brisé vivant sous l'emprise d'une arme chargée. Et elle ne peut être combattue, Elle ne peut être surpassée, Elle ne peut être en retrait, Elle ne peut être distancée. Non. »

La jeune fille sautillait sur place quand ils revinrent dans les coulisses attendant le rappel. Ils souriaient à s'en démettre la mâchoire, elle avait envie de hurler de joie, leur bonheur était hautement communicatif.

Avant de retourner sur scène ils effleurèrent l'avant bras de la jeune femme. Son portable se mit soudain à vibrer et elle vit que Ggio l'appelait. Elle dut s'enfuir dans les couloirs pour répondre.

Après un rappel plein d'émotions les garçons retournèrent dans leur loge, ils furent surpris de ne trouver que Gin et Isshin la bas. Ils s'affaissèrent sur les canapés confortables et firent un débriefing.

-Elle est où Clay? Demanda Ichigo en tentant de défaire les sparadraps autour de ses doigts douloureux.

-Son téléphone a sonner au début du rappel. Les renseigna Isshin. Je pense que c'était soit Sacha soit Ggio.

-Qui veux tu que ce sois d'autre? S'amusa Renji.

Ils parlèrent un peu puis Renji et Grimmjow s'esquivèrent pour aller se doucher.


Claymore était encore dans les coulisses, elle avait mal au crâne, la salle était vide et encore surchauffée. La scène était vide elle aussi, seulement parsemées de fils et des instruments que les techniciens avaient placés en vue de la balance du lundi. Elle s'avança les jambes tremblantes sur ses hauts talons. Elle effleura du bout des doigts la guitare de Grimmjow au passage. Elle s'arrêta caressant les cordes coupantes, le bois poli.

Ses larmes lui brûlèrent les paupières, elle hoqueta mais les retint. Ça faisait si mal. Claymore se dirigea vers le piano encore en place et s'assit devant. Elle posa ses doigts légers sur le clavier, elle pouvait presque sentir la chaleur des doigts de Grimmjow.

Elle ferma les yeux et posa les seuls accords qu'elle connaissait. Les seules notes qui chaque fois lui brisaient le cœur, lui déchiraient l'âme pour la réduire en morceaux. Elle n'était que ça, un miroir fissuré, plein d'éclats altérables et destructibles.

Quelqu'un fut attiré par les notes qui se suivaient, qui flottaient dans l'air. Il trouva Claymore jouant sur le piano. Elle fermait les yeux, ses doigts appuyaient durement sur les blanches, coulissaient sur les noires. Il voulut avancer mais une main le retint, Isshin le tenait fermement par l'épaule.

La voix de Claymore l'atteint soudain, il sentit sans mal les sanglots coincés dans sa gorge. Sa voix un peu trop rauque, pas assez bien placée lui soulevait pourtant l'estomac. Son cœur se broya entre ses poumons, il ne comprenait pas pourquoi.

-Qu'est-ce qu'elle dit? Murmura Grimmjow.

-Je vais te traduire, écoutes ce qu'elle dit.

Il se fixa sur son visage, crispé, douloureux, sur ses doigts frêles mais fermes, sur son corps gracieux qui oscillait, sur son pied appuyé sur la pédale.

« Dieu que cette fille à l'air triste, amoureuse d'un égoïste. La groupie du pianiste. Elle fout toute sa vie en l'air, mais toute sa vie c'est pas grand chose. Qu'est-ce qu'elle aurait bien pu faire à part rêver seule dans son lit, le soir entre ses draps roses. »

Une larme coula, puis une autre, puis tant d'autres. Sa voix se brisa distinctement, il voulut faire un pas en avant mais Isshin le tenait trop bien. Son ventre se retourna en comprenant ce qu'elle racontait. Ses doigts se firent plus hésitants sur les touches d'émail.

« Elle passe sa vie à l'attendre pour un mot pour un geste tendre. La groupie du pianiste. Devant l'hôtel, dans les coulisses elle rêve de la vie d'artiste. La groupie du pianiste. Elle le suivrait jusqu'en enfer, et même l'enfer c'est pas grand chose, à côté d'être seule sur terre. »

Ses poings se serrèrent, il vit une nouvelle larme franchirent ses cils clairs. Pourquoi fallait-il que ça fasse mal?

« Elle l'aime, elle l'adore. C'est fou comme elle l'aime, c'est beau comme elle l'aime. »

Oui putain elle l'aimait. Elle pleurait contre cet amour qu'elle avait perdu et celui qui lui déchirait de nouveau le cœur. Elle ne voulait plus rien ressentir, juste sombrer, ne plus être personne. Ça faisait trop mal, encore, toujours. Elle passait du rire aux larmes. Dieu que ça faisait mal ! Ça lui rongeait le corps, chaque seconde qui passait. Elle ne voulait plus avoir à réfléchir, elle voulait quelque chose de simple de lumineux. Mais elle savait que tout ça ce n'était pas pour elle.

« Il a des droits sur son sourire, elle à des droits sur ses désirs. La groupie du pianiste. Elle sait rester là sans rien dire pendant que lui joue ses délires. La groupie du pianiste. Quand le concert est terminé elle met ses mains sur le clavier en rêvant qu'il va l'emmener passer le reste de sa vie tout simplement à l'écouter. Elle sait comprendre sa musique elle sait oublier qu'elle existe. La groupie du pianiste. Mais dieu que cette fille prend des risques, amoureuse d'un égoïste. »

Grimmjow ne put en entendre plus il coupa Isshin et s'avança vers Claymore qui tentait de finir sa chanson. Il ne voulait plus la voir comme ça, ça lui faisait trop de mal, ça le foutait trop en l'air.

Les mains de la jeune fille ripèrent quand Grimmjow la saisit par la taille pour l'enfermer dans ses bras puissants, elle se laissa faire hébétée. Elle glissa soudain contre son torse brûlant, contre cette force contre laquelle elle pouvait se reposer. Putain. Pas maintenant. Elle ne pouvait pas. Pas de lui. Pas alors que c'était aussi douloureux.

Claymore se retourna et il la serra plus fort, la laissant déverser ses larmes sur son tee shirt. Elle frappa soudain du poing sur son bras.

-Pourquoi rien n'est jamais simple?! Pourquoi faut toujours qu'on se fasse du mal?

-Calme-toi .. Murmura Grimmjow en posant son menton sur son crane.

-J'en peux plus de tout ça, de cette relation qui mène à rien. Je veux être heureuse, je veux juste qu'on me foute la paix. Je ne veux plus aimer quelqu'un qui se fout de ma gueule.

Elle redressa son visage en larmes vers lui et il reçut un coup au cœur. Ses yeux transparents sourdaient la colère et la tristesse, et le maquillage qui en avait coulé accentuait ces sentiments brutaux. Il attrapa son visage en coupe et l'obligea à le regarder. Mais qu'est-ce qu'il foutait? Pourquoi il faisait ça?

-Arrête .. Arrête cette relation qui te détruit. Arrête de le laisser te faire du mal.

-Jure-moi que tout ça rime à quelque chose. Jure-moi qu'on va arrêter de me faire du mal. J'en peux plus. Hoqueta la jeune femme.

-Clay, cette chanson c'est pour qui?

Une dernière larme passa la barrière de ses cils alors qu'elle resserrait ses mains sur son torse. Elle se haussa un peu plus sur ses talons et dans le même mouvement effleura ses lèvres chaudes. L'estomac de Grimmjow fit un vol plané alors qu'il se baissait pour que leurs bouches se lient plus facilement. Elle eut soudain très chaud et cette bouffée de chaleur sembla se propager chez Grimmjow aussi. Elle agrippa sa nuque et posa son front contre le sien, cassant leur baiser. Claymore avait le souffle court, celui de Grimmjow heurtait sa bouche lui envoyant des milliers de frissons.

-Pardonne moi. Murmura-t-elle.

Claymore délaissa son étreinte et partit rapidement vers les coulisses, le laissant seul, le vide que sa présence créait sur son corps le tétanisa. Il resta là, plusieurs minutes à se demander si tout cela c'était réellement passé. Puis quand il passa sa langue sur ses lèvres et sentit la saveur de la jeune fille il comprit qu'il n'avait rien rêvé de tout ça. L'arôme de pamplemousse lui resta longtemps dans la bouche.


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Pim's