Merci de vos réactions toujours si rapides et enthousiaste...C'est un vrai bonheur de vous lire. Je n'ai pas le temps de faire une réponse individuelle cette fois-ci, mais le cœur y est. Sans compter que je commence à être court d'idée pour vous témoigner ma gratitude ! Apparemment vous vous réjouissez toutes -et tous- de voir nos agents préférés touchés au coeur. POur répondre à ta question, Moune, je ne suis pas fleuriste non plus, mais google est mon ami...

PS : Un autre clin do'eil ici, Cris. Mais beaucoup plus facile à identifier !

Chapitre 10: Rien ne va plus

Les ennuis, c'est comme le papier hygiénique: on en tire un, il en vient dix.
Woody Allen

Gibbs rejoignit l'open-space où son équipe continuait d'éplucher les relevés bancaires et l'agenda de Gelfand, sans grand succès vu leurs visages. Alors que ses oreilles tintaient toujours des avertissements de Ducky, le marine se laissa tomber lourdement dans son fauteuil et avala une longue gorgée de café. 'Il se peut que cet homme soit très dangereux'. Oui, mais à quel point? Au point de venir menacer un agent du NCIS sur son lieu de travail? Au point de s'attaquer à lui? 'Il faut que nous soyons prudents. Tous autant que nous sommes.' Il ne pourrait pas les protéger tous, pas seul. Mais s'il ne pouvait pas leur parler… C'était un véritable supplice.

Alors qu'il réfléchissait, son regard fut soudain attiré par quelque chose. Ou plutôt quelqu'un, à l'écran. Le plasma qui diffusait en continu les bulletins d'informations venait d'afficher une photo. Gibbs bondit et tapa sur l'écran, dans l'espoir vain de pouvoir monter le son. «Euh…Boss?

- Comment on change le volume sur ce machin?

- Je vais l'éteindre, s'empressa Tony croyant entendre un reproche. Mais son patron le foudroya du regard. «Non! Monte le son!

- Je…Ok.»

«Un corps a été retrouvé près du Whitmore Hôtel, déclarait le journaliste en désignant le somptueux hôtel de luxe qui se dressait majestueusement derrière lui. Selon toute vraisemblance, il s'agirait du sénateur Robert Sommers. La police se refuse à tout commentaire pour le moment, mais nous vous tiendrons au courant.»

Flash

Cynthia et Gibbs sont dans le bureau de Jenny, vérifiant son emploi du temps. La jeune femme fait défiler les rendez-vous, décryptant les colonnes surchargées pour l'agent.

«…9h00, le G.A.O. 10h30: l'A.T.C.C…» Il n'a qu'une vague idée de qui peuvent être tout ces gens, mais en réalité il s'en moque… Le temps presse et il sait déjà avec qui est Jen. La question est où? Et depuis quand?» Il fronce les sourcils, découvrant un acronyme inconnu. « Et après le déjeuner, rendez-vous avec le… B.O.B.?» Cynthia semble réprimer un sourire. «Euh, c'est le sénateur Bob Sommers. C'est un ami.
- Cela ne dit pas où ils devaient se retrouver.

-Je n'en suis pas sûre. Elle a laissé la voiture à l'hôtel, le Whitmore Hotel, et prit un café à côté. Vous pensez que Bob est impliqué?» Il secoue la tête. Non, il ne l'est pas…

Fin du flash

Il ne l'était pas. Pas cette fois-ci. Mais aujourd'hui, il semblerait que le sénateur soit partie prenante d'une histoire dont il n'avait même pas conscience… 'Vous n'allez pas tarder à découvrir la prochaine…patience, ma chérie.'

«Est-ce que ça a quelque chose à voir avec notre affaire?» S'enquit poliment Ziva, en étudiant la photo du visage souriant de Sommers à l'écran. Gibbs ne répondit pas, sortit son portable et composa un numéro.

°°°OOO°°°

Tobias Fornell s'essuya le front, et jeta un regard anxieux aux journalistes qui rôdaient autour de la scène de crime, comme des vautours. Ce qu'il pouvait détester ces gens. Le meurtre d'un sénateur… forcément, la presse allait se régaler pendant des semaines. Des semaines d'enquête 'sensible', des semaines de déclarations à la presse, des semaines à se frotter aux politicards et à cirer des pompes. Tout ça pour, au bout du compte, leur lâcher un nom –effectivement coupable, s'il avait de la chance – et voir tout ce petit monde le réduire en pièces. On allait le presser en haut lieu. Le harceler, jour et nuit, jusqu'à l'arrestation parce que la mort d'un sénateur ne resterait pas impunie. Et, finalement, se retrouver à faire des tonnes de paperasserie… L'agent soupira profondément. Ce n'était pas pour ça qu'il était entré au FBI. Tobias Fornell n'avait pas toujours été cet homme désabusé, il avait eu des idéaux. L'intime conviction qu'il pourrait rendre service à son pays, en arrêtant les 'méchants'. Aujourd'hui, on l'avait relégué dans un petit bureau sans fenêtre, dont il ne sortait quasiment jamais. Sa seule consolation, en réalité, c'était la fierté d'Emily lorsqu'elle racontait à sa classe que son papa travaillait au FBI. Et qu'il avait un pistolet, comme Lucky Luke.

Emily…Ce week-end il devait passer la prendre et l'emmener au bord du lac, dans la cabane de pêche. Fornell rêvait à la fraîcheur qu'il devait faire là-bas, à l'ombre des chênes centenaires. Et à l'eau transparente. Emily adorait sauter du ponton, en éclaboussant tout autour d'elle. Mais avec toute cette affaire… Leurs plans paraissaient fort compromis.

Dans sa poche, le portable se mit soudain à vibrer furieusement. Sûrement, le grand chef, songea-t-il en décrochant sans même prendre le temps de lire l'identifiant. «Fornell.»

«Ici, Gibbs.» La voix amie le réconforta brièvement. «Ah, ah. Jethro, je parie que vous êtes devant votre télé en train de vous réjouir de me voir galérer avec la presse.

- Comment est-il mort?

- Comme tous les politiques, son karma peut-être…

- Fornell. C'est important.» A son ton, il aurait pu le parier. «Je ne suis pas censé discuter de cela avec vous au téléphone, vous le savez.

- Dites-moi simplement s'il a été battu à mort.» L'agent du FBI regarda autour de lui, s'attendant à trouver Gibbs en train de l'observer. «Comment le savez-vous?

- Et il a reçu des coups de couteau?» Il avait un agent infiltré, ou quoi? « Encore une fois, comment le savez-vous?

- Il faut que vous fassiez transférer le corps au NCIS.

- Je ne crois pas, non. Corrigez-moi si je me trompe mais Sommers n'est pas un marine. Et vous détestez les politiques, alors je ne vois pas pourquoi…

- Le directeur est en danger.» Tobias laissa passer un silence. A quelques mètres, le légiste faisait glisser la fermeture éclair de la housse contenant le corps de Sommers. «Gibbs. Vous savez que j'apprécie beaucoup Jenny… Si jamais c'est une tentative de manipulation…

- Je ne plaisante pas avec la sécurité de mes agents, Tobias.» Il songea à lui faire remarquer que Jenny Shepard n'était plus son agent depuis un moment, mais il doutait que Gibbs ne comprenne. Pour lui, elle serait toujours un membre de son équipe. De sa famille. Et il ferait tout pour la protéger, au même titre qu'il tuerait quiconque approcherait Abby d'un peu trop près. Fornell se frotta furieusement le front, et fit signe aux légistes de stopper. «On se retrouve au NCIS.» Il raccrocha, soupira avant de héler les agents qui escortaient le corps. «Changement de plan, les gars. On l'emmène au NCIS.»

°°°OOO°°°

«Où est-il?» Passablement énervé, Fornell déboula dans l'open-space comme une tornade, faisant sursauter DiNozzo et Ziva. La hiérarchie allait avoir sa peau cette fois-ci, depuis le temps qu'ils en rêvaient; il venait tout juste de leur offrir une superbe occasion sur un plateau. Tout cela pour quoi? Pour qui, plutôt? Leroy Jethro Gibbs. Cet homme était diabolique. Il avait une façon absolument imparable de vous empêcher de lui dire 'non': il avait toujours raison.

Tony se reprit rapidement, et se redressa «Bonjour, Agent Fornell.Vous auriez dû mettre de la crème solaire… Vous êtes rouge pivoine. Peut-être est-ce une insolation… ce n'est pas très prudent de rester au soleil sans casquette à votre âge.

- Agent DiNozzo. » La voix de basse se fit menaçante. «Arrêtez de faire le mariole et dites-moi immédiatement où il est, ou bien je vous assure que la prochaine fois qu'on vous tend un piège, je laisse l'agent Sacks vous envoyer directement dans le couloir de la mort sans passer par la case procès!» Le jeune italien déglutit avec difficulté, en songeant à ce mauvais moment qu'il avait passé entre les mains du FBI. Apparemment la chaleur portait tout le monde à ébullition et la planète allait bientôt exploser. Gibbs lui-même était complètement à côté de ses pompes, il avait appelé le FBI de son plein gré avant de disparaître dans le bureau de Jenny. Sans prendre la peine de leur expliquer ce qui se passait. «Il est avec le directeur… Mais je ne suis pas certain que vous soyez le bienvenu.» Etant donné qu'on leur avait quasiment claqué la porte au nez, lorsque Ziva et lui avaient tenté de le suivre. Pourquoi dire 'quasiment', d'ailleurs? On leur avait effectivement claqué la porte au nez. Mais Fornell ne sembla pas s'en soucier et grimpa les escaliers menant à l'étage, quatre à quatre.

Les deux agents échangèrent un regard et décidèrent de lui emboiter le pas. Si le FBI s'en mêlait, il n'était pas question qu'ils restent sur la touche.

°°°OOO°°°

D'elle, il ne voyait plus que son dos depuis dix minutes, depuis le moment où il avait allumé la télévision pour lui apprendre la tragique nouvelle. Elle était d'abord restée de marbre, pâlissant à peine, et puis s'était relevée pour se planter devant le mini-bar. Sa main tremblait lorsqu'elle avait essayé de se servir un verre. Et l'alcool s'était répandu un peu partout sur la tablette de bois. Il y aurait désormais une marque indélébile à cet endroit, songea-t-il. Il aurait fallu essuyer immédiatement. Eponger les débordements. Mais, Gibbs ne bougea pas. Retenant son souffle, il regarda ses épaules qui se soulevaient trop vite, au rythme de sa respiration hachée. Il lui avait laissé tout le temps possible… Maintenant, il fallait se reprendre.

Jenny regardait la flaque ambrée qui s'élargissait sous son verre, distillant l'odeur douceâtre de l'alcool. Elle songea quelques secondes à nettoyer les dégâts, sans pour autant esquisser le moindre geste. Cynthia s'en occuperait plus tard… Puis elle se souvint que son assistante avait filé au bord de la mer, il y avait moins d'une heure. Et ce fut comme de recevoir un violent uppercut dans l'estomac. Il ne restait plus personne. Todd d'abord, et maintenant Bob.

Le monde s'écroulait autour d'elle, perfidement, par petits bouts.

«Fornell ne va pas tarder.» Sous-entendu, il est temps de te reprendre, Jenny. Tête haute, jeune fille, comme disait son père. La directrice essuya furtivement le coin de ses yeux où les larmes menaçaient et releva la tête. «Très bien, je suis prête.»Lâcha-t-elle.

Tobias Fornell passa devant le bureau vide de Cynthia, David et DiNozzo toujours sur les talons. Ignora son portable qui sonnait. Frappa deux coups secs, et, sans attendre de réponse, entra dans le bureau.

Ils étaient là tous les deux, debout côte à côte, immobiles et avec sur le visage ce sourire figé qu'on réserve habituellement aux étrangers. Ils l'attendaient. «Est-ce que l'un d'entre vous aurait l'obligeance de m'expliquer ce qui se passe, nom d'un chien?»