Chapitre 9 : rencontre fatale

« Je suis foutu. »

-Je crois que l'on doit avoir une très longue discussion, Eren. Pourquoi me l'as-tu caché la dernière fois que je suis venu ?

Le gamin hocha fébrilement la tête. Il ne savait pas quoi lui dire et surtout, il n'aimait pas devoir justifier ses dessins. Il était tellement absorbé à essayer de trouver quoi dire à Livai, qu'il ne vit pas ce dernier arriver près de lui.

Livai passa derrière son amant et l'encercla de ses bras, sa tête reposant sur son épaule, les lèvres contre son cou.

-Alors ? Comment se fait-il qu'il y ait un dessin de nous deux faisant l'amour datant d'avant ton dépucelage ? Ne me dit pas que tu fantasmais déjà sur moi ?

« Non, non, non ce n'est pas ça ! »

Livai amena Eren jusqu'au lit, où il le fit basculer. L'adolescent se retrouva pris au piège sous le corps de Livai. Ce dernier fixa son amant, un sourire se dessinant au coin des lèvres. Une de ses mains descendit sur l'entrejambe d'Eren.

-Si j'en crois ton œuvre, tu t'imaginais au-dessus de moi, insérant ceci dans mon cul, alors que tu n'y connaissais rien ? Ou alors tu m'as caché beaucoup de choses.

Eren serra les dents et ferma les yeux quand Livai appuya sans retenue sur son sexe qui se tendait déjà dans son pantalon par ce simple geste. Il secoua la tête quand Livai lui posa de nouvelles questions. Il voulait lui expliquer, mais ce dernier par ces gestes l'en empêchait.

-Et si je te laissais faire comme tu l'as représenté ?

« Quoi ! T'es sérieux ? »

-Et pourquoi ne le serais-je pas ? Mais dis mois comment t'en ai arrivé à dessiner ce genre de scène.

« C'était un rêve rien de plus. »

-Quand as-tu rêvé de cela ?

« Euh…. »

Eren se mit à rougir et détourna son regard. Livai, aussitôt, accentua la pression sur l'entrejambe du garçon.

-Eren !

« Le soir où tu es revenu me chercher. »

Eren haletait sous les gestes de son amant. Soudain Eren se retrouva libre, mais cela ne dura pas très longtemps. Livai le tira sur lui tout en s'allongeant sur le dos.

-Vas-y, essaye de me dominer. Mais si jamais je trouve cela ennuyant, je te retournerai et te pénétrerais sans préparation.

Eren déglutit face à la menace de son amant. Il douta un instant d'être capable de ce qu'il lui demandait. Son amant le fixait, attendant qu'il se mette enfin à agir.

Livai souriait intérieurement devant la gêne du gamin. Sa première réaction à la vue du dessin avait été de lui montrer qui dominait entre eux, mais devant le regard d'Eren, il avait aussitôt changé d'idée et s'était décidé de le laisser faire.

-J'attends.

Il accentua l'embarras de son amant. Ce dernier ferma les yeux et se mit à rougir encore plus. Il avait perdu tous ses moyens.

-Tu vois ce n'est pas aussi facile que cela. Tu n'as pas la carrure pour dominer.

Eren rouvrit les yeux, une lueur d'envie de meurtre brûlait à l'intérieur. Il n'acceptait pas voir l'écrivain oser lui dire qu'il n'était pas capable. Après l'avoir fixé durement, il se baissa et captura les lèvres de son amant sans ménagement. Il força le passage des lèvres afin d'aller à la rencontre de sa langue. Un ballet endiablé commençait. Au moment d'y mettre fin, Eren mordilla la lèvre inférieure, faisant gémir Livai. Les mains d'Eren s'activèrent autour de la chemise de Livai, ôtant les boutons un par un. Sans s'en rendre compte, ses mains tremblaient. Son amant ne l'aidait pas du tout le regardant avec ses yeux intenses, attendant sûrement le premier faux pas. Quand Eren eut enfin fini de déboutonner la chemise, il ouvrit les pans avec un sourire de victoire. Il essaya de se rappeler de ce qu'il avait fait lors de leur soirée où il avait pris les initiatives. Sauf que cette fois à la fin cela serait différent. Ses mains caressèrent telle une plume le torse de son amant, dessinant des arabesques invisibles. Livai avait fermé les yeux pour apprécier au maximum les gestes d'Eren.

La langue du gamin finit par se balader à la place des mains. Il refaisait ni plus, ni moins les gestes que l'écrivain faisait en temps normal.

Rapidement, les vêtements firent leur chemin jusqu'au sol. La bouche d'Eren continua de descendre le long du torse de Livai. Ce dernier laissait échapper des gémissements de temps en temps. Sa respiration commençait à être saccadée. Pour le moment, il ne regrettait pas son choix, le gamin était vraiment doué. Ce dernier frôla plus ou moins volontairement le sexe de l'écrivain lorsque sa bouche descendit le long de l'aine.

Eren avait décidé de jouer un peu en torturant lentement son amant. Il évita à plusieurs reprises l'objet de sa convoitise, mais n'hésita pas à s'y frotter avec son propre sexe lorsqu'il remonta vers les lèvres de son amant. Ils échangèrent un long et doux baiser.

Voyant qu'Eren se retenait à aller plus loin, sans doute ne sachant comment faire sans lubrifiant, Livai prit l'une des mains de son amant, et captura dans sa bouche trois de ses doigts. Il se mit à les sucer avidement, faisant rougir et gémir Eren. Il les lâcha au bout de quelques minutes. Dans ses yeux brillaient toute la luxure.

Eren redescendit, non sans quitter du regard l'écrivain, vers l'entrejambe. Ce dernier se mit un peu plus à l'aise. L'étudiant saisit délicatement le sexe tendu au même moment qu'un premier doigt se posa sur l'intimité de son amant. Il massa quelques instants l'entrée avant de la faire entrer lentement. Tout en faisant ce geste, il donna un long coup de langue sur le trophée tendu tout en fixant son aîné. Ce dernier se cambra sous l'intensité des sensations. Douleur et plaisir se mélangeaient allègrement dans sa tête. Il soutint le regard émeraude au fond duquel il vit un sourire rempli de luxure.

Eren bougea lentement son doigt à l'intérieur de la cavité serrée et chaude. Quand il sentit les muscles se détendre un peu, il présenta un deuxième doigt.

L'intrusion pour Livai fut un peu plus douloureuse, malgré le fait qu'Eren s'occupait à lui prodiguer d'autres plaisirs ailleurs. Cependant, il essaya de ne rien montrer à son amant, de peur de l'effrayer et de le bloquer.

Quand le troisième doigt entra, il se raidit aussitôt. Eren s'arrêta et regarda son amant les yeux remplis d'inquiétude. Il fit un geste afin de retirer ses doigts de l'intimité de son amant, mais ce dernier se redressa légèrement et attrapa le poignet du plus jeune.

-Ne t'arrête pas maintenant.

Eren fit non de la tête. Il venait de perdre toute envie, ne voulant pas faire de mal à son amant.

-Écoutes Eren, quand c'est moi qui le fais, je ne m'arrête pas malgré l'inconfort que cela te procure au début.

« Oui »

-Alors continu. Ça ira mieux après.

« OK ».

Eren reprit où il s'était arrêté scrutant tout de même la moindre réaction de son amant. Au bout de quelques minutes, il le sentit se détendre et à bouger de lui-même ses hanches. Eren retira ses doigts et se positionna correctement. Il déglutit au moment de le pénétrer.

La sensation qu'il ressentit était indescriptible. Ses yeux étaient grand ouvert devant la vague de plaisir qu'il ressentit quand il fut entièrement entré. Il se demandait si Livai ressentait aussi les mêmes décharges dans son corps quand il le pénétrait.

Il bougea lentement le bassin, avant d'accélérer le rythme. Il lui suffit de quelques coups pour atteindre la prostate de l'écrivain. Ce dernier ne put retenir un cri. Ses muscles commencèrent à se contracter sans qu'il puisse garder le contrôle. Il ne fallut pas très longtemps pour que les deux amants ne viennent. Eren s'effondra sur son amant dont le torse était collant par la semence de ce dernier.

Ils mirent plusieurs minutes à reprendre leur souffle. Livai s'occupa de son jeune amant en le portant jusqu'à la salle de bains. Eren s'était blotti contre l'épaule de Livai, complètement épuisé. Ils prirent une douche rapidement et se séchèrent. Ils devaient terminer de descendre tous les cartons à la voiture.

Livai fut le premier à être complètement habillé. Il prit le carton près de la porte et le déposa dans le salon. Il fit demi-tour pour aller en chercher un autre et vérifier qu'Eren ne s'était pas rendormi. Une violente douleur lui frappa le bas du dos. Ses jambes lâchèrent. Il eut le temps de retourner sa tête avant de tomber et de perdre connaissance. Il aperçut un homme avec des lunettes, un couteau de cuisine ensanglanté à la main.

-Espèce de sale chien en rute. Qu'as-tu fait à mon fils ?

L'homme ne resta pas et partit aussitôt, après un dernier regard assassin sur Livai qui gisait inerte au sol.

Eren arriva quelques instants après avec un carton. Il entendit la porte d'entrée claquer.

Il leva les yeux et aperçut son amant allongé dans une mare de sang. Son sang ne fit qu'un tour et son carton tomba au sol.

« LIVAIIIIII ! »