Hello ! On enchaîne direct avec le chapitre 9. Je rappelle que ce chapitre est classé M ! Vous vous souvenez de l'épisode où Callen et Sam discutent sur les « agents nés » ? Quand Callen dit que Sam est un agent né « et moi je suis super né » ? Bah ce chapitre, il est super M !
Sur ce : bonne lecture !
Chapitre 9 : Trois mots dans ma tête
- Eh, Kilian, regarde ce qu'on a trouvé sur le quai de la gare…
Cet hiver-là il avait tellement neigé que le pub et le village voisin étaient coupés du monde. Pour éviter de mourir de faim, deux hommes et un camion étaient partis en expédition vers la ville, roulant au ralenti et balisant la route avec du sel. Au retour, ils avaient fait un saut au Target, et pour ravitailler la cuisine, et pour déposer un invité surprise.
- Joyeux Noël ! lança Callen en jetant sac et casquette dans un fauteuil.
- Sacrebleu, on ne t'attendait plus ! rugit Kilian en le serrant dans ses bras.
Jusqu'ici il n'avait eu le petit avec lui pour les fêtes qu'une seule fois. Noël rendait toujours le vieil Irlandais un peu mélancolique, il pensait à sa famille disparue… Voir débarquer Callen lui mettait du baume au cœur, et pour une fois il oublia qu'il désapprouvait quand Angélina se jeta dans ses bras et qu'il l'embrassa à en perdre le souffle en la faisant tourner.
- Ça t'arrive jamais de prévenir ?
- T'as vu le bordel ? Même si j'avais voulu j'aurai pas pu… J'étais dans le Nord en plus, j'ai bien cru que l'avion ne décollerait jamais.
- T'es tout froid, dit-elle en lui attrapant la main.
- Je te préviens, si t'as la crève, je veux pas te voir dans ma cuisine ! s'exclama Isabella en guise de bonjour, avant de le prendre dans ses bras.
Elle était en première ligne pour assister à la petite déprime annuelle de Kilian, donc tout aussi ravie que lui de voir débarquer le baratineur. D'autant que y avait pas que Kilian qui semblait dans la lune, ces temps-ci…
- Justement on allait manger, y a de la soupe, ça va te réchauffer…
Callen se laissa piloter jusqu'à table en les écoutant parler, mais les mots n'atteignaient pas son cerveau. Il avait cru geler sur le quai de la gare, pas moyen de trouver un moyen de transport pour atteindre le pub. Il en était à envisager d'affronter le blizzard et la poudreuse au risque qu'on le retrouve mort gelé le lendemain matin quand le camion de ravitaillement était venu le cueillir. À présent il s'étonnait de se réchauffer si vite. Dans la pièce à vivre du pub, ça sentait la résine de pin, la faute à l'immense sapin fraichement coupé et à moitié décoré qui attendait le réveillon, dans un coin. Il se sentait bien là, chez lui. Angie n'avait pas lâchée sa main, et il entrelaça leurs doigts sous la table en écoutant Kilian dire le bénédicité. Il réalisait qu'ils lui avaient manqué, tous les trois. Que sa chambre du Target lui manquait. Qu'Angie lui manquait. Ça allait être un joyeux Noël…
Par ce temps, personne n'eut la force d'affronter le vent qui hurlait dans les collines pour venir écouter les histoires du baratineur, alors il se contenta de boire une bière en jouant au billard avec Kilian et Angie, sous l'œil vigilant d'Isabella. Il se fit taper sur les doigts parce qu'il emmêlait les guirlandes et faisait le pitre avec les décorations sous prétexte de les aider à finir le sapin. Angie finit par lui passer une guirlande autour du coup, puis l'obligea à danser la valse en promettant du lui apprendre. Finalement il mit du jazz dans le tourne-disque, malgré les cris de protestation de Kilian, qui leur avait joué une valse sur son violon.
- Non, seigneur non ! Pas de jazz dans mon pub ! C'est une hérésie !
Les hérétiques choisirent de l'ignorer quand il s'avéra que si la valse était hors de sa portée, Callen avait le sens du rythme dès lors que l'artiste s'appelait Louis, Ray ou Aretha. Angie avait la tête qui tournait lorsqu'elle se laissa tomber sur le lit de Callen, toute habillée, en riant.
- Mais t'as des talents cachés ?
- Ça t'étonne ? demanda-t-il en se couchant dans l'autre sens, de l'autre côté du lit.
Ainsi leurs têtes étaient au même niveau, vers le milieu du matelas, mais ils avaient chacun les pieds par terre, l'un à gauche, l'autre à droite.
- Nan, admit-elle avec un petit sourire amusé.
Elle se redressa sur un coude et passa une main sur sa joue. Comme d'habitude, il avait l'air fatigué, sa barbe datait d'au moins deux jours. Mais ses yeux bleus étaient grands ouverts et il ne clignait pas des paupières.
- Tu sais que tu peux me faire faire n'importe quoi avec ces yeux là ?
- N'importe quoi ?
- N'importe quoi.
C'était une invitation qu'il ne pouvait décemment pas refuser, alors il se redressa à son tour, son visage si près du sien que son souffle faisait voler une plume sur sa joue.
- Je crois que tu te rends pas compte de tout ce qui me passe par la tête quand tu dis ça…, chuchota-t-il, son nez effleurant le sien par intermittence parce qu'il ne pouvait pas rester complètement immobile.
Il vit un éclair d'hésitation passer brièvement dans ses yeux presque noirs. Juste un quart de seconde. Puis, appuyant une main sur sa poitrine, elle le fit se recoucher et reculer pour qu'il s'allonge complètement sur le lit, la tête sur l'oreiller. Elle s'assit à califourchon sur lui, remettant machinalement une mèche derrière son oreille. Il ne bougea pas quand elle commença à défaire les boutons de sa chemise.
- Tu étais où ?
- En Allemagne, répondit-il dans un souffle, parce que ses doigts effleuraient sa peau chaque fois qu'elle détachait un bouton et que ça compliquait tout.
- Froid ?
- Pire qu'ici…
Elle s'arrêta quand sa chemise fut complètement ouverte sur son torse et le regarda dans les yeux en se mordant la lèvre. Là elle devait pas le faire exprès mais elle était incroyablement désirable, comme ça, à tel point que Callen voulut essayer de calculer combien de minutes il pouvait se tenir tranquille, se prêter à son petit jeu sans lui sauter dessus. Il n'était déjà plus assez concentré pour calculer ça.
- T'as froid, là ? demanda-t-elle, les mains posées sur ses côtes.
La seule lumière venait du poêle allumé. Les rideaux étaient tirés devant la fenêtre mais ils entendaient le vent qui hurlait et la faisait grincer.
Comme il ne répondait pas, elle commença à détacher son chemisier, lentement, bouton par bouton, jusqu'à l'enlever. Il voulut se redresser sur les coudes, presque comme un réflexe, mais elle appuya sur sa poitrine, l'obligeant à rester couché.
- Non, s'il-te-plaît. Ne bouge pas.
Ils avaient déjà joué à ça mais d'habitude c'était lui qui disait « Ne bouge pas ». Il obéit sagement, mais il avait le cœur battant et le pire c'était que de là où elle était elle devait s'en apercevoir. Callen n'avait pas pour habitude de s'abandonner. Pas assez confiant pour ça. Jusqu'où pouvait-il repousser ses limites avant d'être obligé de l'arrêter ou de céder à la panique ?
Pendant qu'il pensait elle avait retiré son soutien-gorge. Le poêle était certes allumé mais l'air de la chambre restait relativement froid et fit se dresser presque immédiatement la pointe de ses seins. Callen déglutit.
- Je peux me redresser ?
- Non. Sois sage.
- D'accord…
Elle se pencha et un rideau de cheveux blonds les coupa du monde au moment où elle l'embrassait. Il sentait ses seins frôler sa poitrine. Et comme il voulait lever les bras pour l'enlacer, elle l'attrapa par les poignets et les plaqua au-dessus de sa tête, sur l'oreiller.
- Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans « ne bouge pas » ?
Elle l'embrassa encore sans le laisser répondre, et sa langue dans sa bouche lui fit de toute façon oublier ce qu'il avait voulu dire. Il aurait pu facilement échapper à son emprise et reprendre le dessus. Pourtant, sans savoir pourquoi, il n'en ressentait pas le besoin. Il la laissait faire comme elle voulait, parce qu'après tout c'était vraiment très loin d'être désagréable…
Un gémissement lui échappa lorsqu'elle abandonna sa bouche pour mordiller son menton, pour embrasser son cou, plusieurs fois, lentement. Il allait avoir un suçon le lendemain. Un suçon, bordel de Dieu ! Et il aimait ça, en plus…
Elle avait lâché ses poignets mais il n'avait plus assez de concentration pour penser à bouger ses mains, et puis il voulait voir ce qu'elle allait faire d'autre… Elle connaissait bien les diverses cicatrices qui dessinaient comme une carte sur son torse, à présent. Elle allait de l'une à l'autre, en suivait les contours de la pointe de la langue. Il ouvrit la bouche pour pouvoir continuer à respirer. Ses cheveux et ses plumes lui chatouillaient les côtes tandis qu'elle glissait la langue dans son nombril, le faisant presque sursauter.
- Ange…
- J'aime bien quand tu m'appelles comme ça…
Elle profitait toujours qu'il était dans un état second pour dire ce genre de choses. Dans une autre situation, ça aurait semblé trop sincère, trop empreint de sentiments pour qu'ils puissent passer outre et continuer sans gêne. Là ça faisait juste remonter des frissons le long de sa colonne vertébrale tandis qu'il gémissait son prénom et qu'elle suivait de la langue une fine ligne de poils jusqu'à la ceinture de son pantalon.
- Aaaaange…
Elle se sentit particulièrement fière d'elle en contemplant la bosse qui déformait son pantalon. Elle releva la tête pour voir son visage. Il avait les yeux fermés, la tête en arrière, les bras au-dessus de la tête, la bouche entr'ouverte. Elle grava cette vision d'un Callen alangui dans sa mémoire, pour le dessiner plus tard. Elle le voyait rarement comme ça. Pour ne pas dire jamais. Elle savait qu'il allait finir par la stopper, mais peut-être que si elle arrivait à le rendre suffisamment fou il oublierait de le faire… Ou juste n'en aurait pas la volonté.
Elle le toucha à travers son pantalon, ce qui eut pour effet de le faire sursauter encore une fois avec un petit gémissement qu'il ne parvint presque pas à étouffer. Une de ses mains s'était agrippée à l'oreiller. Une petite voix dans sa tête lui hurlait de la faire arrêter ça tout de suite, mais tout son corps en voulait plus et la voix fut étouffée par le reste. Sa bouche vint bientôt remplacer sa main, toujours à travers son jean, et rien qu'avec ça il aurait pu exploser tout de suite.
- Ange !
Il fallait qu'elle se dépêche maintenant, car si elle le laissait retrouver ses esprits ne serait-ce qu'un tout petit peu elle savait qu'il ne la laisserait pas faire ce qu'elle avait l'intention de faire. Alors, tout en continuant son traitement, elle commença à déboucler son pantalon, le plus discrètement possible. Perdu dans les vagues de plaisir qui allaient et refluaient en lui, il ne s'en rendit compte que lorsqu'il sentit la pression diminuer sur son sexe dur…
- Ange… Qu…
- Shhhhhh ! Laisse-toi faire…
Là encore, il se fit la réflexion qu'il aurait dû dire stop et reprendre la situation en main. Mais la situation était somme toute très bien entre celles d'Angélina, et il se trouvait des excuses en songeant qu'il pouvait bien attendre encore un peu avant de l'arrêter… En s'efforçant de faire taire la voix qui parlait toujours, qui disait que oui mais s'il attendait encore il ne serait bientôt plus en état de l'arrêter, il serait d'ailleurs trop tard pour arrêter quoique ce soit, d'ailleurs il était déjà en bon chemin…
La voix se tut toute seule lorsqu'il sentit la chaleur de sa bouche sur son membre, à travers son caleçon. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit. Il devait se faire violence pour rester immobile sur le matelas. Ses mains agrippaient l'oreiller, sa respiration était complètement ératique et oh Ange n'arrête pas n'arrête pas n'arrête pas…
- T'arrête pas…
Une sonnette d'alarme se mit à hurler dans sa tête lorsqu'elle lui retira son caleçon et cette fois, s'arrachant au plaisir intense qu'elle lui procurait, il se redressa sur les coudes.
- Attend, ne…
- Chut ! Sage !
Il voulut protester, il voulut vraiment vraiment protester parce que là c'était limite un ordre, quand même… Mais la seconde d'après elle le prenait dans sa bouche et ses bras ne pouvaient même plus le soutenir, il retomba d'un coup sur l'oreiller en haletant, cerveau sur off, sans plus savoir où était le haut ni le bas ni la droite ni la gauche ni…
- Ange… Ange !
Il s'agrippa aux draps pour résister à la tentation de poser les mains sur sa tête pour la faire aller plus vite… Sa bouche chaude l'enserrait si fort qu'il aurait pu crier, et c'était tellement bon, seigneur, n'arrête pas, n'arrête jamais, ne…
- Ange… J'vais… Arrête… S'il-te-plaît… Ah ! S'il-te-plaît… Vraiment… J'préfère pas…
Il en aurait crié de frustration lorsqu'elle arrêta, même si dans le fond il était soulagé, parce qu'il voulait vraiment pas faire ça, pas que l'idée en elle-même était désagréable, juste que c'était Ange et il savait pas pourquoi l'idée qu'Ange l'avale ne lui plaisait pas, il voulait lui éviter ça…
Il ne cria pas de frustration parce que l'instant d'après elle remontait sur lui et il entendit le zip de sa jupe qui sonnait à ses oreilles comme un coup de gong tellement il était étourdi, et ensuite il la sentit autour de lui, chaude et humide et étroite et oh putain !
- Attend… Bouge pas… Tout de suite…
Il fallait qu'elle lui laisse quelques secondes pour se calmer sinon ils allaient pas aller loin… Mais elle était pressée aussi, maintenant, alors elle commença à bouger lentement au-dessus de lui. Elle allait le rendre complètement fou, c'était juste impossible qu'il devienne pas fou après ça, parce qu'il était vraiment en train de voir des étoiles, au sens littéral du terme, c'était bien la preuve qu'il avait grillé une durite, non ?
- An… Ange…
À travers les brumes qui étourdissaient son esprit il l'entendit gémir aussi, et il sentit qu'elle accélérait. Il allait venir vite maintenant, il espérait juste qu'elle vienne avec lui… Il allait se venger après de toute façon, ça l'excitait davantage si c'était possible rien que de penser à ce qu'il allait lui faire dès qu'il aurait un peu récupéré, pour ça…
- Ouvre les yeux…
De ?
- J'veux voir… Tes yeux… Regarde-moi…
Alors il releva la tête et ouvrit les yeux, et il fut complètement subjugué par la vision qu'il avait d'elle le dominant complètement. Elle était tellement belle comme ça, les seins dressés, le regard assombri, ses cheveux et ses plumes volants autour de son visage. Qu'est-ce qui s'était passé ? Comment… Pourquoi est-ce qu'il l'avait rencontré, ce jour-là, ici, est-ce que c'était un cadeau ? Une mise à l'épreuve ? Une saloperie de piège ? Parce que c'était juste impossible que ça soit réel, putain…
Elle se mordit la lèvre et rejeta la tête en arrière en gémissant sous l'assaut d'une première vague de plaisir, et il la sentit se contracter autour de lui si fort que cette fois il cria tellement c'était bon. L'orgasme les emporta en même temps quelques instants plus tard, et elle bascula en avant, étourdie, la tête sur sa poitrine. Il s'aperçut qu'il tremblait. Il passa un bras autour d'elle et enfouit son autre main dans ses cheveux, la serrant très fort contre lui alors qu'il essayait de retrouver sa respiration. Il était toujours en elle mais aucun d'eux n'avait la force ni la volonté de bouger pour le moment. Il dessinait des cercles sur ses omoplates, du bout des doigts, pour l'aider à retrouver son souffle. Lui-même avait encore du mal à redescendre.
Il s'était jamais laissé posséder comme ça… Et il se souvenait pas avoir jamais ressenti ça comme ça. Il avait l'impression que son sang brûlait un peu, diffusant des vagues de chaleur en lui à chaque battement de cœur. La tête contre son torse, elle se laissait bercer par le tam-tam encore un peu irrégulier. Il remonta la couverture sur eux et appuya les lèvres sur son front, longtemps. Il y avait de nouveau une voix dans sa tête, mais ça n'était plus la petite voix de la raison chuchotant à son oreille… C'était sa voix à lui qui hurlait trois mots qu'il ne prononcerait jamais.
Putain, il était pas dans la merde…
A suivre…
