Ce chapitre qui arrive finalement est pour prouver que nous ne faisons pas nos connes avec les reviews, juste pour dire que tout se mérite, nous faisons en sorte de travailler sur nos fics pour les rendre intéressantes, nous y mettons notre cœur et n'avons pas de retour donc pour celles qui font l'effort nous postons comme il était prévu mais que ce soit pour mes fics Amazones ou le choc des cultures ou bien tu es à moi ou même sept jours pour agir, les suites se méritent aussi, donc même étant écrites ( à part le choc), les suites viendront si vraiment vous nous démontrez que vous les voulez comme nous nous avons fait preuve de bonne foi en postant comme il était prévu. A vous de nous montrer que l'on a tord de penser que vous n'en n'avez plus rien à faire de nos fics. Oui chacun à une vie en dehors du forum, oui le travail passe avant les fics mais il me semble que 5 minutes du précieux temps ne tues personne. Alors ce message est valable pour ma pars pour Amazones, le choc des cultures et Sept jours pour agir après pour tu es à moi je ne peux rien dire mais Iliana fera ce qu'elle veut ! Mais je pense que pour tu es à moi, elle sera de l'avis aussi de supprimer, si personne ne se manifeste !
Merci pour celles qui nous soutiennent encore ça réchauffe notre cœur !
Chapitre 9 :
Durant tout le trajet, Kate lança des regards inquiets vers Joan. Il était d'une telle pâleur, que l'espace d'un instant, alors que le soleil éclairait son visage blafard, elle crut voir à travers lui. Un clignement de paupières plus tard, l'impression s'était estompée, mais elle en conservait une impression diffuse, mélange d'inquiétude et de peur. Et elle n'aimait pas ça. Non pas parce qu'elle s'impliquait trop, c'était en cet instant, le cadet de ses soucis. Mais parce qu'elle savait que cela était présage de catastrophe. Et les paroles de Joan lui revinrent en mémoire, lui faisant violemment serrer le volant entre ses mains. Etait-il malade ? Etait-ce ce qu'il avait tenté de lui faire comprendre en parlant de disparaître dans une semaine ? Etait-ce le temps qu'il lui restait à vivre ? Etait-ce pour cela qu'il était venu à eux pour accomplir une mission qui lui tenait à cœur, parce qu'il savait qu'il allait s'éteindre bientôt ? Se secouant mentalement, elle chassa très loin au fond de sa conscience cette déplaisante pensée. Elle ne devait pas se laisser aller à voir les choses sous cet angle. Joan irait bien, ce n'était qu'un mal de tête, rien de plus, cela arrivait à des milliers de personnes ce genre de chose, aucune raison de s'inquiéter.
« Joan, depuis quand es-tu malade ? » Demanda-t-elle alors qu'un soupir de douleur échappait à l'adolescent, la faisant grimacer.
« Comme si ça t'intéressait ! » Grogna-t-il en ouvrant faiblement les yeux en dardant un regard hostile sur elle.
Il ne voulait pas être aussi agressif avec sa mère, il l'aimait tant mais son état le rendait méchant. La douleur était si lancinante qu'un rien l'agaçait et l'attitude de sa mère n'arrangeait rien, un coup distante, un coup tendre, il ne savait plus sur quel pied danser et cela le fatiguait.
« Joan… » Gronda-t-elle en crispant la mâchoire, blessée malgré elle.
« Depuis mon arrivée, mais ça empire chaque jour un peu plus… » Avoua-t-il d'une voix tremblante.
« C'est pas possible ça, aussi têtu que son père ! » marmonna Kate, sans sembler prendre conscience de ce qu'elle venait de dire.
Joan à qui cela n'avait pas échappé, esquissa un faible sourire, ravi de voir que finalement sa mère n'était pas aussi insensible à ses arguments que ce qu'elle laissait entendre, mais il décida de ne pas pousser son avantage plus loin. Il n'était définitivement pas en état de supporter un nouvel affrontement. Et surtout, il ne voulait pas qu'elle se referme comme une huître, alors qu'elle semblait fléchir petit à petit.
« Dès que nous arrivons, tu me fais le plaisir de te mettre au lit et de ne plus en sortir avant que la fièvre soit tombée » lui ordonna-t-elle d'un ton sans appel.
« A vos ordres lieutenant Beckett » se moqua-t-il faiblement alors que sa tête se faisait plus lourde que jamais comme si une force invisible la tirait en arrière.
Fermant les yeux, il se laissa aller contre l'appuie-tête, gémissant alors que la douleur lui vrillait les tempes, plus forte que jamais, lui donnant l'horrible impression qu'un géant s'amusait à presser son crâne comme il l'aurait fait d'une noix. Et si la pression ne diminuait pas rapidement, il sentait que sa caboche allait vite imploser, et il n'aimerait vraiment pas assister au spectacle. Dans une brume semi comateuse, il crut percevoir la douceur d'une caresse sur son front, et un sourire étira ses lèvres alors que ce simple geste suffit à l'apaiser. La tendresse de sa mère lui faisait plus de bien que tous les médicaments du monde. Il se rappelait enfant lorsqu'il était malade comment sa mère le berçait dans ses bras, lui caressant les cheveux pour le détendre et l'apaiser, cela avait toujours eu un effet bienfaiteur sur lui et encore aujourd'hui malgré ce qui les opposaient rien n'avait changé, sa mère était son médicament, son calmant…
« Maman… » Marmonna-t-il en tournant instinctivement la tête vers cette main, comme à la recherche de plus de contact.
Il tenta de poser sa main sur la sienne mais cette dernière était plus lourde qu'un poids de 10 kilos alors il la laissa retomber sur son siège, en soupirant de frustration. Le cœur de Kate eut un raté, et elle resta quelques instants la main suspendue dans le vide, hésitant sur la conduite à tenir. Elle n'avait pas réfléchi à ce qu'elle faisait, inquiète par la pâleur du jeune homme et par son soudain mutisme. Il gémit dans son délire fiévreux, et chercha à nouveau sa main en avançant la tête et en soupirant, elle recommença à caresser son front du bout des doigts, en une caresse imperceptible. Elle fronça les sourcils d'inquiétude en constatant combien il était brûlant de fièvre, et instinctivement, elle redémarra sur les chapeaux de roue, mettant ainsi fin à ses caresses apaisantes, tirant un gémissement de protestation à Joan qui s'agita sur son siège en grimaçant.
« Maman… » L'appela-t-il d'un ton suppliant et enfantin qui lui serra l'estomac lui faisant monter les larmes sans qu'elle puisse se l'expliquer.
« Chut je suis là bébé, dors… tout ira bien ! » S'entendit-il souffler d'une voix tendre et maternelle.
Elle se maudit instantanément de se montrer si faible, mais elle ne pouvait pas rester insensible à la souffrance de cet adorable adolescent dont le seul véritable tort était de raviver ses peurs de perdre son partenaire. Un soupir la tira de ses pensées, et grâce au rétroviseur, jeta un regard à Joan dont le visage s'était apaisé, un sourire serein et heureux sur les lèvres. Visiblement elle avait choisi les bons mots pour le calmer. Ces mots qui lui étaient venus du cœur et qui lui rappelaient toutes ces fois où sa mère l'avait apaisée de la sorte lorsqu' enfant elle était malade. Et à chaque fois, elle n'avait voulu qu'une seule chose. Sa mère. Elle adorait son père, mais quand elle était malade, sa maman était la seule personne qu'elle voulait à ses côtés. Et apparemment, Joan était pareil. Et cela la fit sourire rien que d'imaginer la tête que ferait Castle en découvrant que son fils ne voulait qu'elle près de lui, certain qu'il afficherait une moue contrariée qui la ferait craquer. Elle se baffa mentalement à la pensée. La fièvre de Joan devait être contagieuse, il n'y avait pas d'autres explications au fait qu'elle ait pensé à eux comme étant une famille.
Ils n'en étaient pas une. Peut-être qu'un jour, lorsque tout cela serait fini, ils en formeraient une, mais pour le moment ce n'était pas le cas et elle ne devait pas l'oublier. Joan deviendrait leur fils officiellement, de façon plus naturelle et moins brutale que maintenant, et enfin elle pourrait se laisser aller à tous ses sentiments maternels qu'elle avait pour lui. Elle secoua la tête à cette pensée absurde. Comment pouvait-elle avoir de tels songes alors que d'une elle ne connaissait ce jeune homme que depuis 2 jours à peine, et de deux sa relation avec Castle était au point mort même si la séduction entre eux était omniprésente. Tentant de se ressaisir, elle se concentra sur la route, et réussit à effectuer le reste du chemin sans céder à la tentation de cajoler Joan. Consciente qu'elle risquait de rester un long moment chez l'écrivain, voire même toute la nuit, elle s'engagea dans le parking souterrain et gagna les emplacements réservés à la famille Castle. Une fois la voiture à l'arrêt, elle détacha sa ceinture avant de se tourner vers Joan qui somnolait à ses côtés. Le paracétamol faisait enfin effet, et il ne s'agitait plus dans son sommeil.
Désirant se rassurer, elle posa une main sur le front de l'adolescent, soupirant de soulagement en constatant que même s'il était encore chaud, il ne l'était plus suffisamment pour faire cuire un œuf sur le plat. Son inquiétude reflua, et elle put remettre en place son masque d'indifférence avant de se retrouver face à son partenaire. Elle savait que s'il percevait la moindre faille dans sa cuirasse, il s'empresserait de s'y engouffrer, ne lui laissant aucun répit avant qu'elle n'admette qu'en dépit de tout, elle croyait de plus en plus à cette folle histoire. Elle Kate Beckett la rationnelle et la terre à terre commençait à croire aux voyages dans le temps ! En grommelant, elle quitta l'habitacle, fit le tour de la voiture, et ouvrit la portière passager, le tout sans tirer Joan de sa torpeur. Elle resta quelques secondes à l'observer, et l'image de son partenaire endormi flotta devant ses yeux, se superposant de manière troublante à celle de Joan. Secouant la tête, elle se pencha sur l'adolescent, et avec des gestes plus brusques que nécessaire, le tira vers elle avant de la caler contre la voiture, pour pouvoir verrouiller celle-ci.
« Où sommes-nous ? » marmonna Joan en dodelinant de la tête, incapable de se concentrer sur son environnement, les yeux mi-clos.
« Chez Castle » répondit-elle sobrement avant de l'entraîner vers l'ascenseur.
« Ok » souffla-t-il en laissant sa tête tomber contre un des panneaux de l'ascenseur dans un son mat qui fit grimacer Kate.
Si elle le ramenait couvert de bleus, Castle serait bien capable de l'accuser de l'avoir frappé pendant son interrogatoire. En roulant des yeux, elle raffermit son emprise autour de la taille de Joan qui avait la fâcheuse tendance à glisser vers le sol.
« Pourquoi est-ce que vous ne m'aimez pas lieutenant Beckett ? » s'enquit-il soudainement, la faisant sursauter.
Surprise, elle se redressa légèrement, plongeant son regard dans celui fiévreux du jeune homme. Et ce qu'elle lut dans ses yeux la fit haleter. Elle avait déjà vu cela chez d'autres enfants avant lui. Des enfants qui avaient été abandonnés par leurs parents et qui cherchaient à comprendre ce qu'ils avaient fait de mal, ce qui clochait chez eux pour que leurs propres parents ne veulent pas d'eux, qu'ils ne les aiment pas. Et voir cette tristesse, ce chagrin dans le regard de Joan lui était insupportable. Pas quand c'était elle qui se retrouvait propulser dans le rôle de la mère indigne. Cela lui faisait si mal qu'elle gémit alors que sa cicatrice la faisait souffrir comme si elle allait se rouvrir, laissant son cœur à découvert. Elle s'apprêtait à lui répondre lorsque les portes s'ouvrirent. Poussant un soupir de soulagement, elle entraîna Joan vers la porte du loft à laquelle elle sonna de façon impérieuse. Elle ne voulait pas avoir l'air de se plaindre, mais Joan commençait à peser son poids, et elle craignait de plus en plus de le laisser tomber, ajoutant à son état des blessures dont il pouvait parfaitement se passer.
« Je vois que la Grande Inquisition a…. » S'exclama Castle en ouvrant la porte en grand avant de s'interrompre net en voyant l'état de Joan.
« Poussez-vous Castle, il a besoin de s'allonger ! » souffla-t-elle en bousculant légèrement son partenaire, entraînant Joan vers le divan sur lequel elle s'empressa de l'allonger en soufflant, soulagée de s'être délestée de son poids.
« Bon sang Beckett qu'avez-vous fait à mon fils ? » s'emporta l'écrivain en se précipitant au chevet de Joan.
« Ça ne se voit pas Castle ? Je l'ai torturé et ensuite je lui ai injecté un poison mortel qui provoque une fièvre de cheval ! » Répliqua furieusement Kate en toisant son partenaire d'un regard noir.
« Papa… » Souffla Joan en tentant de se redresser.
« Reste allongé, je refuse d'avoir des cheveux blancs avant l'âge ! » Le gronda Kate en le repoussant contre les coussins.
« Mais… » protesta Joan en tentant à nouveau de s'asseoir.
« Ne m'oblige pas à te menotter à ce fichu canapé, tu es malade donc tu restes allongé ! » Le rabroua Kate avant de marmonner « Je me suis assez inquiété comme ça alors tiens-toi tranquille ! »
« Vous étiez inquiète lieutenant ? » s'enquit Rick amusé et attendri de voir sa muse dans le rôle de maman poule, se penchant sur elle air, un malicieux peint sur sa face.
« Evidemment ! Vous n'avez pas le monopole du syndrome du parent inquiet ! » Grogna-t-elle en couvrant Joan d'une couverture, caressant ses cheveux au passage.
Castle s'apprêtait à taquiner sa muse, ravi de constater qu'elle se rendait enfin à l'évidence, mais s'arrêta net. Et il comprit qu'elle ne s'était même pas rendu compte de ce qu'elle avait dit. Elle s'activait autour de Joan, les sourcils froncés, le dos de la main sur le front de l'adolescent. Elle marmonna quelque chose et sortit une petite bouteille de sa veste avant d'obliger Joan à avaler deux des comprimés qu'elle contenait. Ne quittant pas sa muse du regard, il perçut l'inquiétude qu'elle ressentait, et cela suffit à raviver la sienne.
« Qu'est-ce qu'il a ? » chuchota-t-il pour ne pas déranger le léger sommeil dans lequel Joan semblait avoir plongé.
« Visiblement il a mal à la tête depuis son arrivée, mais a préféré nous le cacher. Résultat son état s'est aggravé. Lanie lui a fait quelques tests et en attendant les résultats, nous devons lui donner du paracétamol toutes les 3 heures et veillez à ce qu'il se repose » Expliqua Kate sans quitter le jeune homme des yeux.
« J'avais bien remarqué qu'il était un peu pâle hier, mais j'ai mis ça sur le compte de la dure journée qu'il avait passé… » Soupira Castle en se reprochant de ne pas avoir été plus vigilant.
« C'est bon Castle, je n'ai pas plus perçu que vous son état, il faut juste le surveiller, ça devrait vite passer » Le rassura-t-elle en remontant la couverture sur le torse de l'adolescent avant de se lever, gênée par le regard insistant de son partenaire ainsi que sa proximité alors qu'il était penché au-dessus d'elle.
« Où allez-vous ? » S'alarma Castle en la voyant se diriger vers la porte.
« Faire quelques courses pour lui préparer de la soupe, dans son état ça ne pourra lui faire que du bien et je suppose qu'il n'y a que cela qui passera de toute façon ! » déclara-t-elle en tournant légèrement la tête dans sa direction.
« Regardez dans mon frigo, mais je pense que je dois avoir tout ce dont vous avez besoin. Cela vous évitera une incursion dans le monde impitoyable de la grande distribution. » lui proposa-t-il peu désireux de la voir quitter le loft, même pour quelques heures seulement.
D'un hochement de tête, Kate acquiesça et d'une démarche assurée, gagna la cuisine de son écrivain qui la suivait du regard, souriant de la voir si à son aise dans son appartement comme si elle y était dans son élément. Bêtement satisfait, il la regarda passer en revue le contenu de ses placards, et sourit un peu plus en la voyant enchaîner plusieurs hochements approbateurs, signe qu'elle avait trouvé tout ce qu'il lui fallait.
« Je vais pouvoir commencer dès maintenant, vous avez tout ce dont j'ai besoin pour faire ma soupe spéciale ! » S'exclama-t-elle en retirant vivement sa veste qu'elle jeta négligemment sur un des tabourets.
« Et qu'a-t-elle de si spéciale ? » s'enquit l'écrivain en venant s'asseoir sur le second tabouret, suivant avec curiosité le moindre geste de sa coéquipière.
« C'est une recette qui me vient de ma mère. Elle ne préparait cette soupe que lorsque j'étais malade et avait une façon bien particulière de me la préparer » lui révéla Kate en remontant les manches de son pull.
« Comment cela ? » demanda de nouveau Castle en la voyant sortir tous les ingrédients nécessaires.
« Vous verrez bien Castle !» soupira Kate en roulant des yeux, agacée d'être à nouveau l'objet de toute l'attention de son partenaire.
Cela la flattait bien sûr mais la mettait aussi mal à l'aise, parfois elle avait l'impression qu'il n'y avait qu'elle au monde pour lui, ne lui en déplaise bien au contraire mais n'étant pas un couple cela était assez bizarre. Elle ne comprenait ce qui pouvait tant le fasciner chez elle.
« Vous n'êtes vraiment pas drôle lieutenant » bouda-t-il en croisant les bras sur son torse.
« Arrêtez de faire l'enfant Castle et allez plutôt veiller sur le nôtre ! » souffla-t-elle en roulant des yeux en sortant le faitout dont elle allait avoir besoin.
« Le nôtre Kate ? » la taquina-t-il, incapable de se retenir.
« Castle, vous avez parfaitement compris ce que je voulais dire… » Grogna-t-elle, se maudissant de ce lapsus plus que révélateur, rougissant de plus belle.
« Absolument, et je savais bien que vous mourriez d'envie d'avoir un enfant avec moi ! » fanfaronna-t-il avant de battre précipitamment en retraite, conscient qu'il risquait de trépasser s'il restait plus longtemps à proximité de sa ravissante partenaire.
Le regard noir, Kate le regarda s'éloigner, soufflant profondément pour ne pas lui hurler dessus. Mais d'un autre côté, il n'avait fait que rebondir sur ce qu'elle avait laissé échapper. Elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même, d'autant que c'était la stricte vérité. Secouant la tête, elle se concentra sur la préparation de sa soupe. Effectuer ces gestes familiers devrait suffire à la calmer. Elle commença par éplucher les légumes un à un qu'elle lava puis coupa finement dans des gestes précis qui témoignaient d'une longue pratique. Ensuite, elle les fit revenir dans du beurre, jusqu'à ce qu'ils rissolent un peu puis les plongea dans l'eau dans laquelle elle avait préalablement fait chauffer des oignons et un cube de bouillon de poule. Elle effectuait ces gestes avec grâce et aisance sous l'œil émerveillé de Castle qui ne ratait pas un seul de ses mouvements.
« Vous avez une façon de faire la soupe assez spéciale ! » constata-t-il ravi d'ajouter un nouveau talent à la liste déjà longue des qualités qui, à ses yeux, paraient sa muse.
« Je vous l'avais dit. » sourit-elle sans interrompre sa tâche « C'est la recette de ma mère, faire revenir ainsi les légumes dans la poêle leur donne un petit goût fumé fort agréable au palais. » ajouta-t-elle en se passant une langue gourmande sur ses lèvres, faisant déglutir l'écrivain alors qu'il était subitement fasciné par les lèvres de sa partenaire.
Cette femme avait un tel pouvoir sur lui qu'il en était sans cesse surpris. Chaque instant à ses côtés était un véritable enchantement pour lui, et il n'aurait échangé sa place pour rien au monde, même s'il désirait plus que tout une évolution non négligeable de leur relation. Mais il saurait se montrer patient, conscient qu'au jeu de l'amour, il fallait avant tout prendre le temps d'étudier ses cartes pour jouer ses atouts avec intelligence. En soupirant, il se concentra à nouveau sur sa partenaire, et gémit intérieurement en constatant que la chaleur des casseroles qu'elle manipulait avait paré ses joues, d'une délicate teinte vermeille. Elle était belle à se damner, sexy en diable et ne s'en rendait même pas compte. Et c'était heureux pour lui, parce que nul doute qu'elle le tuerait si elle savait dans quel état transcendantal il se mettait pour elle. Un délicieux effluve le ramena sur terre, et il se focalisa sur le délectable spectacle qu'elle lui offrait.
« Je n'en doute pas, c'est appétissant et ça sent vraiment divinement bon. » Lui dit l'écrivain en se levant pour venir se pencher au-dessus de la marmite pour en humer l'odeur.
Kate le poussa d'un coup de hanche qui le fit déglutir afin d'ajouter une petite noisette de beurre qui donnerait sans aucun doute une pointe de douceur aux légumes lorsqu'ils s'en imprégneraient. Castle resta planté là juste derrière elle, savourant la proximité du corps de sa muse dont il percevait la chaleur par vague envoûtante. Fermant les yeux alors que l'agitation de la jeune femme laissait percevoir de délicieux effluves de cerise, cette odeur qui était devenue sa préférée depuis qu'il la connaissait, il se retenait de l'attirer à lui pour l'emprisonner dans une étreinte passionnée dont il espérait qu'elle ne voudrait pas sortir. Alors Il restait là, derrière elle comme en transe, la proximité de leur corps le rendant euphorique. Il avait vraiment du mal à se contenir et à garder ses mains en place. Elle était si belle, si sensuelle, tout son être l'appelait, et il luttait de pied ferme avec cet instinct qui le poussait vers elle.
Il fut sorti de sa transe pas un petit jet d'eau qu'il reçut sur le visage. Surpris, il papillonna des yeux et fixa son attention sur Beckett qui le regardait fixement, mi amusée, mi agacée. Penaud, il lui adressa un regard d'excuse, même s'il ne voyait pas de quoi il devrait s'excuser. Et après tout, il n'avait rien fait de mal. Il ne l'avait pas touché et ne l'ennuyait pas. Il se contentait simplement de l'admirer comme la femme extraordinaire qu'elle était.
« Dégagez de cette cuisine, Castle vous me gênez dans mes mouvements à me coller comme mon ombre. » le réprimanda-t-elle en le poussant vers le salon.
« Vous devriez être habituée à ce que je vous colle ainsi ! » Lui dit Castle en la regardant intensément, se rapprochant un peu plus d'elle.
Troublée par ce rapprochement inattendu, elle ne pouvait détacher ses yeux des siens, oscillant entre eux et ses lèvres qui la tentaient tellement. Elle se mordit violemment les siennes pour ne pas céder à ce regard empli de tendresse et d'amour. Par un simple contact visuel, ils avaient une de leurs conversations silencieuses, où les mots n'avaient pas d'importance, où ils étaient même proscrits. Seul, leur regard importait dans ces moments, ils étaient dans leur bulle, leur monde à eux. Mais comme toujours quelque chose perça leur bulle de bonheur. Un gémissement les fit s'éloigner brusquement l'un de l'autre, et dans un synchronisme confondant, ils tournèrent la tête vers Joan qui recommençait à s'agiter sur le divan, à tel point que la couverture tomba sur le sol.
« Maman, crois-moi…je t'aime maman, tout ça c'est pour toi … » Gémit l'adolescent dans son délire.
Kate se figea à ce cri venu du cœur et qui témoignait de la détresse de l'adolescent. Pinçant ses lèvres, elle retint son souffle et ravala sa salive. Non elle ne devait pas craquer et se précipiter au chevet de ce jeune homme pour le rassurer et lui dire qu'elle le croyait. C'était trop pour elle. Ses émotions jouaient au yoyo, et elle avait de plus en plus de mal à garder en place sa muraille qui s'effritait dangereusement. Fermant les yeux, elle prit une profonde inspiration et sans un regard pour Joan ou Castle, elle entreprit de finir sa soupe. Elle avait si finement coupé les légumes qu'ils étaient déjà cuits, et put donc les mouliner sans problème. Castle la regardait faire tristement, parfaitement conscient de la lutte intérieure qu'elle menait. Le cœur lourd, il voyait bien malgré sa poker face habituelle, que les efforts qu'elle faisait pour ne pas se laisser aller à ses sentiments lui faisaient du mal, et la voir souffrir ainsi lui était insupportable. Comme toujours, il faisait sienne la douleur de sa partenaire, et aurait aimé connaître les mots magiques qui lui permettraient d'alléger son chagrin.
Il aurait aimé la prendre dans ses bras et la serrer fort pour lui dire qu'il serait toujours là pour elle, qu'elle ne devait pas avoir peur et cesser de lutter contre elle-même. Mais comme toujours et par respect pour elle il n'en fit rien. Il savait qu'elle n'était pas prête et ne voulait pas la voir mettre une nouvelle couche protectrice sur son mur intérieur. Alors il se contenta de la couver du regard espérant qu'elle sente son amour et que cela l'aide un peu à tenir le coup jusqu'à ce qu'elle soit prête à reconnaître ses sentiments. En soupirant, il se détourna enfin d'elle, sachant combien elle était mal à l'aise chaque fois qu'il se laissait aller à la fixer attentivement. D'un pas mesuré, il retourna auprès de Joan, passa une main sur le front du jeune homme, fronçant des sourcils en découvrant qu'il était encore bien chaud, et remit la couverture en place avant de s'asseoir sur la petite table. Du coin de l'œil, Kate le regarda faire en souriant doucement et se surprit à lui envier cette facilité qu'il avait d'agir selon son cœur plutôt que sa raison. Secouant la tête, elle sortit un bol dans lequel elle déposa deux louches de soupe qu'elle s'empressa d'apporter à Joan, le réveillant délicatement sous le regard attentif de Castle.
« Joan, tu dois manger, tiens je t'ai préparé de la soupe. » souffla-t-elle d'une voix douce.
« Hum, maman… » Grogna Joan en ouvrant difficilement les yeux souriant faiblement en voyant le visage de Kate penché au-dessus du sien.
Gênée, Kate se redressa, attendant qu'il se réveille complètement, les mains crispées autour du bol, indifférente à la chaleur qui s'en dégageait. Son mouvement de recul sembla ramener Joan à la triste réalité qui était la sienne depuis son arrivée dans le passé, et en soupirant, il se redressa avec l'aide de Castle alors que Kate lui tendait le bol afin qu'il mange.
« Je peux en avoir moi aussi parce que cette soupe à l'air d'être une merveille ! » s'enquit Castle en jetant un regard d'envie au bol d'où s'échappait une délicieuse odeur.
« Non Castle je l'ai préparée pour Joan, c'est lui qui est malade, alors pas touche ! » le taquina Kate en se retenant de rire devant la mine déconfite de son partenaire.
Ravi que sa mère lui ait préparé de la soupe, Joan tendit une main impatiente vers le bol, salivant d'avance à l'idée d'y goûter. Il ne doutait pas qu'elle serait aussi bonne que celle qu'il avait l'habitude de manger. Mais alors qu'il ramenait le bol vers lui, il perdit son sourire et une expression déçue et dégoûtée éclaira son visage, et d'un geste dédaigneux il tendit le bol à son père.
« Tiens, je n'en veux pas, elle est pas faite comme MA mère le ferait ! » Ronchonna-t-il avant de se rallonger tournant le dos à Kate dont les yeux brillaient dangereusement.
« Joan ce n'est pas gentil, elle s'est donné beaucoup de mal pour toi ! » Le gronda Rick, peu satisfait du comportement de son fils.
« Ah oui et bien si elle était MA mère elle saurait comment je l'aime ! » Cracha-t-il en s'enfouissant un peu plus sous la couverture, ignorant les remontrances de son père.
« Joan, tu vas me faire le plaisir de t'excuser sur le champ ! » s'emporta Castle en voyant la peine que l'adolescent venait d'infliger à sa partenaire.
« Laissez tomber Castle, ça m'apprendra à vouloir être gentille ! » répliqua Kate en attrapant brusquement le bol dont le contenu flirta dangereusement avec les bords.
D'une démarche raidie par la colère, elle emporta le bol vers la cuisine, prête à en vider le contenu dans la casserole lorsqu'un flash de son enfance la frappa, la faisant légèrement vaciller. Posant le bol sur le comptoir, elle s'y appuya alors que ses souvenirs l'assaillaient. Comme si la scène se déroulait sous ses yeux, elle se revit enfant, blottie sous un épais édredon alors que sa mère cuisinait pour elle. L'odeur de la soupe raviva un peu plus ses souvenirs, et elle se rappela avoir repoussé le bol de soupe, refusant d'y goûter, reprochant à sa mère d'avoir oublié d'y mettre le plus important, l'élément indispensable à sa guérison aux yeux de l'enfant qu'elle était. Elle sourit en repensant à ce souvenir, et alors que son étourdissement passait, elle se redressa et sans vraiment y penser, encore perdue dans ce souvenir d'un passé heureux, elle entreprit d'ajouter ce qu'il manquait. Ce n'est qu'en mettant la touche finale à sa préparation qu'elle se rendit compte de la stupidité de son geste.
En fronçant les sourcils, elle fixa longuement le bol, se demandant pourquoi elle avait fait une telle chose. Autant qu'elle le sache, sa mère était la seule à préparer la soupe de cette façon. C'était un secret entre elles deux. Même son père n'en avait jamais rien su, ce qui avait rendu ce rituel encore plus précieux à ses yeux. Alors comment Joan pouvait-il avoir envie d'une telle chose ? Il allait encore lui rire au nez lorsqu'elle lui apporterait sa soupe. Pourtant, une part d'elle lui soufflait qu'elle avait eu raison, et que c'était exactement ce que Joan voulait et qui expliquait son refus. Agacée par ses tergiversations, elle mit la touche finale à ses ajouts et revint vers la tête de mule allongée dans le canapé, l'appelant d'une voix qu'elle espérait ferme alors qu'elle sentait son cœur battre la chamade à l'idée qu'il la repousse de nouveau.
« Et comme cela, c'est mieux ? » Demanda-t-elle en tendant le bol.
De mauvaise grâce, Joan daigna relever légèrement la tête et lança un regard méfiant vers le bol que lui tendait la jeune femme. Kate serra les dents, retenant une réplique acerbe, et Castle lui-même fronça les sourcils, trouvant que Joan exagérait vraiment. Mais soudain, le visage de l'adolescent s'illumina, et le regard empli d'excuses et d'amour qu'il adressa à Kate lui fit oublier sa colère. Surpris, l'écrivain laissa son regard passer de l'un à l'autre, tentant de comprendre ce qu'il venait de se passer, mais à l'odeur qui se dégageait doucement du bol, Kate n'avait rien changé à son contenu. Pourtant en voyant le choc et l'incrédulité se peindre sur le visage de sa muse, il comprit qu'elle avait bien fait quelque chose. Silencieux, il assistait à la scène, songeant une fois de plus qu'il aurait aimé pouvoir lire dans les pensées de la jeune femme qui paraissait lutter pour recouvrer son calme tant elle semblait troublée.
Et en effet, Kate était plus que perturbée, plus que jamais en proie à des interrogations de plus en plus nombreuses. Comment Joan avait-il su ? Comment pouvait-il connaître cette façon de faire propre à sa mère ? Et cette fois, il n'avait pas abordé ce point pour tenter de la convaincre. Non, il avait réagi comme l'aurait fait un enfant boudeur qui n'avait pas eu ce qu'il voulait. Sa réaction avait été spontanée et sincère. Il ne jouait pas la comédie, pas plus que le plaisir qu'elle venait de lui faire n'était surfait. Perdue dans ses pensées, elle l'observa saisir le bol avec empressement tout en se léchant les lèvres, et malgré elle, un sourire naquit sur ses propres lèvres alors qu'elle se rappelait faire la même chose lorsqu'elle était petite fille. Joan paraissait subjugué par ce qu'il avait sous les yeux, et les larmes d'émotion qui embuèrent son regard témoignaient de son bonheur. On aurait dit qu'elle venait de lui faire le plus beau cadeau au monde, et elle commençait à en être gênée, d'autant qu'elle percevait le regard interrogateur de Castle peser sur elle. Ce n'était qu'un bol de soupe, mais aux yeux de Joan, il s'agissait là de la meilleure preuve que malgré l'hostilité de la jeune femme, sa maman était bel et bien là, et il en était fou de joie.
Pinçant les lèvres dans une moue d'incompréhension face à la scène qui se jouait devant ses yeux, Castle se pencha vers Joan afin de voir ce qui le mettait dans un tel état d'émotion. Kate lui aurait dit qu'elle le croyait et qu'elle l'aimait qu'il n'aurait pas réagi autrement. Ce velouté était spécial, et il voulait savoir en quoi. Malgré le geste qu'esquissa Joan pour tenir son précieux repas loin des mains de son père, ce qui faillit faire rire Kate, il parvint à voir ce que sa muse avait fait, et il ne put retenir un sourire attendri. Encore une fois, elle venait de le surprendre, et il dut se faire violence pour ne pas se pencher pour l'embrasser. Pas sûr qu'elle aurait apprécié l'initiative. Se concentrant sur Joan, il examina avec plus d'attention l'œuvre de sa muse, souriant un peu plus en voyant avec quelle minutie elle avait œuvré. Il ignorait ce que cela signifiait réellement, mais de toute évidence, c'était important aux yeux de Joan, et par extension à ceux de Kate. D'ailleurs ne lui avait-elle pas dit qu'il s'agissait d'une recette qui lui venait de sa maman ? Et Castle savait bien que lorsque cela concernait la mère de la jeune femme, elle devenait tout de suite nostalgique et vulnérable.
En souriant, Rick visualisa une mini Beckett enrhumée réclamant sa soupe spéciale à une Johanna pleine de patience. Et Rick comprit d'où venait le trouble de la jeune femme. Cette soupe était un secret entre sa mère et elle. Un secret dont personne n'avait connaissance. Et la seule façon pour que Joan le sache, était que Kate ait fait pour lui ce que Johanna faisait pour elle lorsqu'elle était enfant. Il s'agissait donc là d'une preuve irréfutable que Joan disait la vérité. Ne restait plus qu'à Kate de le reconnaître. En grimaçant, il observa Joan se saisir de sa cuillère avant d'hésiter à la plonger dans le bol, comme s'il ne voulait pas détruire le travail de sa mère, comme si cette soupe une fois mangée ne serait rien d'autre que ce qu'elle était vraiment, qu'en la mangeant, toute preuve que sa mère le croyait disparaîtrait comme neige au soleil. Amusé il observa de nouveau le bol de soupe. Kate avait fait griller des croûtons de pain qu'elle avait aillé. Elle en avait ensuite disposé deux gros pour faire des yeux puis des plus petits pour faire un contour de tête sur lesquels elle avait artistiquement déposé du gruyère sur ceux-ci pour imiter les cheveux. Elle avait ensuite dessiné à l'aide de crème fraîche le nez, la bouche souriante ainsi que le pourtour du visage.
Et alors que Joan dévorait sa soupe avec appétit Castle regarda sa partenaire avec un amour infini, touché par le sourire tendre qu'elle avait pour leur fils. Elle avait beau le nier autant qu'elle le pouvait elle sentait ce lien entre eux, indescriptible, ce lien qui déplaçait des montagnes, celui de l'amour entre une mère et son enfant. Rick le voyait dans son regard, et il savait que bientôt, elle se laisserait aller, comme elle l'avait fait avec lui, et il ne pouvait que s'en réjouir. Aussi choisit-il une fois encore de garder le silence, ne voulant pas gâcher l'instant par une taquinerie qui tomberait comme un cheveu sur la soupe et pousserait Kate à se retrancher en terrain miné, empêchant quiconque de l'approcher au risque de se faire atomiser. Un silence paisible uniquement brisé par les soupirs de satisfaction de Joan emplit la pièce, et Castle se cala dans son fauteuil, savourant cette soirée en famille, observant ces deux êtres qu'il aimait plus que tout au monde, ces deux êtres pour qui il donnerait sa vie, sa famille... L'idée le fit sourire un peu plus, et il se surprit à imaginer ce que serait sa vie si cela était réel. Mais en fait ça l'était. Kate était la femme de sa vie, et Joan leur fils. Ensemble ils étaient une famille, même s'ils ne l'étaient pas au sens traditionnel du terme, il ne tenait qu'à eux de le devenir, du moins à sa muse car lui, il n'attendait que cela pour la combler.
« Je peux en avoir encore s'il te plaît mam… s'il vous plaît lieutenant Beckett ? » demanda Joan en lançant un regard timide à Kate.
Du coin de l'œil, Castle la vit se raidir et il sut que c'était le fait que Joan l'ait appelé lieutenant Beckett qui l'avait blessé. Un sourire imperceptible étira ses lèvres lorsqu'elle se leva pour aller resservir l'adolescent, et il adressa un clin d'œil complice à son fils qui afficha un grand sourire goguenard. Visiblement lui non plus n'avait rien perdu de la réaction de sa mère et il semblait s'en réjouir.
« Ne tire pas trop sur la corde, elle risquerait de briser » lui souffla-t-il en se penchant vers lui pour poser une main sur son front afin de masquer leur conversation.
« Je sais, et je déteste lui faire de la peine, mais son entêtement ne me laisse pas d'autre option. » soupira Joan en posant un regard triste sur sa mère qui s'activait dans la cuisine.
Oui il se sentait minable d'agir ainsi, mais elle devait comprendre d'elle-même, comprendre ce lien entre eux, arrêter de nier en bloc, réaliser qu'elle se faisait plus de mal que de bien en agissant comme elle le faisait.
« Elle t'aime Joan, mais elle a appris de la plus cruelle des façons la souffrance qu'engendre la perte d'un être aimé, et depuis elle a du mal à s'ouvrir et à faire confiance » soupira Castle en suivant le regard de son fils
« Je sais papa, mais c'est dur d'être rejeté par celle qui m'a donné la vie » murmura l'adolescent. « Celle que j'aime le plus au monde. » Ajouta-t-il sur un ton à peine perceptible au point qu'il dut se pencher un peu pour l'entendre.
Castle savait ce que cela faisait de se faire rejeter par la femme que l'on aime mais n'osait imaginer ce que cela pouvait être pour son fils même s'il comprenait parfaitement ce qu'il pouvait ressentir.
« Je comprends mais Kate n'est pas encore ta mère. Elle le deviendra, mais pour le moment son esprit cartésien a du mal à accepter l'irrationalité des sentiments que tu lui inspires » déclara Castle en posant une main apaisante sur l'épaule de Joan.
« Comment sais-tu qu'elle tient à moi malgré son attitude ? » voulut savoir Joan qui ressentait le besoin d'être réconforté.
« Rien que cette soupe. Elle ne l'aurait pas faite pour n'importe qui.» expliqua-t-il en lançant un regard éloquent à Kate qui prenait soin de ne rien omettre dans sa préparation.
« Tu as raison. J'étais le seul pour qui elle la préparait quand j'étais enfant » sourit Joan en se redressant pour jeter un regard vers Kate.
« Je crois que je vais devoir attendre qu'elle dorme si je veux y goûter… » Se plaignit l'écrivain en affichant une moue boudeuse alors que Kate revenait vers eux.
Joan éclata de rire en avisant la mine renfrognée de son père, se mordant les lèvres pour tenter de réprimer ses rires, ce qui amena des larmes à ses paupières.
« Castle, il est malade et doit se reposer ! » le réprimanda Kate en roulant des yeux.
« Mais je n'ai rien fait ! » protesta l'écrivain d'un ton outré.
« Mais bien sûr. Vous êtes l'innocence incarnée » raya Kate en passant devant lui pour aller s'asseoir dans l'angle opposé du canapé.
« Absolument lieutenant, je suis une crème ! » rétorqua-t-il en adressant un sourire charmeur à sa partenaire.
« C'est surprenant qu'avec un ego aussi développé que le vôtre, vous arriviez encore à passer les portes ! » se moqua-t-elle en secouant doucement la tête.
« C'est simplement parce que tu sais comment le recadrer maman ! » lança Joan entre deux cuillères de soupe.
Kate se figea à ces mots, et la tête posée sur une main, le coude sur le dossier du canapé, posa un regard scrutateur sur Joan qui subit l'examen sans ciller. Inquiet, Castle attendit qu'elle attaque, qu'elle se mette en colère, mais elle resta là, plongée dans un silence spéculatif.
« Tu as fini ta soupe ? » finit-elle par demander lorsque Joan reposa son bol avec un soupir de pur contentement.
« Oui, elle était encore meilleure que dans mon souvenir. Probablement parce que la dernière fois tu étais pressée par le temps et que tu n'avais pas fait revenir les légumes à la poêle » déclara Joan en se lovant sous sa couverture.
« Peut-être…. » Répondit distraitement Kate.
Elle était à nouveau déstabilisée. Joan connaissait même la façon dont elle préparait sa soupe. Décidément, si ce jeune garçon mentait, il savait être convaincant, et ceux qui l'envoyaient avaient réalisé un travail de fourmi dans l'enquête qu'ils avaient menée sur elle. Perdue dans ses pensées, elle se mordilla pensivement la lèvre. Elle tentait de se raccrocher à ses convictions, aux faits, mais plus elle apprenait à connaître Joan, et plus son cœur lui criait de lui faire confiance, qu'il était bel et bien ce qu'il prétendait être, et plus le temps s'écoulait, plus, elle était tentée d'écouter cette petite voix entêtante, celle qui lui disait tu sais qu'il est ton fils, tu ne peux le nier.
Un mouvement sur sa gauche attira son attention, et elle tourna la tête pour voir Rick dans la cuisine, faisant la vaisselle tout en jetant des regards envieux à sa soupe qui continuait de mijoter à feux doux.
« Pas touche Castle. Rendez-vous utile puisque vous ne savez pas être agréable et montez Joan dans sa chambre, il sera mieux dans son lit » s'exclama-t-elle avec un plaisir non dissimulé en voyant Castle sursauter comme un gosse pris en faute.
«Mais j'ai pas sommeil » protesta Joan en étouffant un bâillement retentissant alors que ses yeux papillonnaient tout seuls, contredisant manifestement ses dires.
« Chef ! Oui chef ! » Approuva Rick en se figeant dans un salut impeccable.
« Grandissez un peu Castle » soupira Kate en secouant la tête excédée.
Se contentant d'un sourire effronté, Castle revint près du canapé et souleva Joan dans ses bras sous le regard attentif de Kate. En voyant les muscles de son partenaire jouer sous le tissu de sa chemise, elle se mordit la lèvre alors qu'une chaleur familière naissait au creux de ses reins. Dans un soupir discret, elle se leva et souplement passa devant Castle, effleurant son bras de sa poitrine, les faisant frémir à l'unisson. Elle le précéda dans l'escalier, et gagna la chambre de Joan, ouvrant le lit pour qu'il y dépose l'adolescent qui dormait déjà profondément.
« Je vais le mettre en pyjama » déclara Castle en commençant à le déshabiller avec des gestes efficaces et rapides.
« D'accord, je vous attends en bas » approuva Kate avant de quitter silencieusement la pièce.
Elle se retourna un instant, en regardant Castle et sourit devant le tableau qui s'offrait à elle, un tableau magnifique d'un père prenant soin de son enfant… Elle se secoua la tête et sortit de la chambre avec hâte. Lorsque Rick redescendit dix minutes plus tard, la table était mise pour deux personnes, et il sourit en constatant que Kate leur avait servi de la soupe dans des assiettes creuses. En souriant il la rejoignit au moment où elle revenait une corbeille pleine de croûtons dans une main.
« Je n'ai pas le droit au visage souriant moi ? » fit-il semblant de bouder en l'aidant à s'asseoir avant d'en faire autant.
« Vous n'avez pas été suffisamment sage pour ça Castle » répliqua-t-elle en commençant à manger de bon appétit faisant s'étirer de plus belle les lèvres de son partenaire.
Le repas se déroula dans la bonne humeur, et pour la première fois depuis le début de cette affaire, ils passèrent une soirée paisible. Castle flirta, elle le renvoya gentiment dans ses cordes tout en lui adressant un sourire séducteur qui faillit à plusieurs reprises le faire défaillir. Toujours en se taquinant, ils débarrassèrent la table puis vinrent s'installer sur le canapé, continuant à discuter à bâton rompu, comme l'aurait fait un vieux couple après une journée de travail.
« Vous savez ce qui serait vraiment cool ? » s'enquit-il alors qu'ils abordaient les enquêtes les plus étranges qu'ils aient eues.
« Non mais je sens que vous allez me le dire » déclara-t-elle avec un petit sourire indulgent, s'attendant déjà au pire.
« Et bien on a eu le droit à une momie, à une sorcière, à un esprit frappeur, à un super héros, à un vampire et son ennemi le loup-garou et enfin à un zombie. Je me disais qu'il ne manquait plus que les trolls ou encore les satyres ou même une sirène et nous aurions fait le tour de la foire aux monstres. » Expliqua Castle en s'animant.
« Castle, vous savez que ces créatures n'existent pas ? » souffla-t-elle en roulant des yeux, grimaçant en s'imaginant confrontée à un satyre.
« Hummm…. Dommage, je vous imagine bien en sirène » murmura rêveusement Castle.
« Continuez de rêver Castle, mais faites-le en silence ! » grogna Kate en se levant du canapé, tirant Castle de son fantasme.
« Où allez-vous ? » s'alarma-t-il, peu désireux de la voir le quitter.
« Au lit Castle, et vous feriez bien d'en faire autant » sourit-elle avant de se pencher pour déposer ses lèvres sur sa joue dans un geste spontané qui les prit tous deux au dépourvu.
Gênée, Kate se détourna rapidement et s'empressa de rejoindre la chambre de Rick avant que celui-ci ne recouvre ses esprits et ne sorte une blague douteuse.
« Bonne nuit Kate » entendit-elle au moment où elle refermait la porte.
Et le timbre délicieusement rauque de Castle faillit la faire rebrousser chemin pour passer le reste de la nuit dans les bras de son partenaire. Mais au prix d'un effort titanesque, elle poursuivit son chemin et se prépara pour la nuit. Elle savait reconnaître lorsqu'une bataille était perdue d'avance, et celle qu'elle menait contre elle-même l'était. Elle n'avait plus ni la force ni l'envie de résister plus longtemps à cette force d'attraction qui l'attirait inéluctablement vers son partenaire. Mais elle savait aussi que tant que cette histoire ne serait pas élucidée, elle ne devait pas encore s'ouvrir à lui. Maudissant le sort qui s'acharnait sur eux, elle se changea pour la nuit et s'allongea, souriant lorsque l'odeur boisée de son écrivain l'entoura. Elle adorait l'intimité que le fait de dormir dans sa chambre engendrait, même s'il n'était pas dans son lit avec elle. Mais ce n'était que partie remise, elle n'en était que trop consciente. Fermant les yeux dans un soupir d'aise, elle ne mit que quelques minutes à rejoindre les bras de Morphée, imaginant ceux de Castle autour d'elle.
Dans un sursaut, Kate se redressa vivement, tous ses sens en alerte. La flic en elle avait perçu une menace, et elle s'était instantanément réveillée. Les sens aux aguets, elle écoutait les bruits de la nuit, cherchant à déterminer ce qui l'avait tiré de son sommeil. Mais seul le silence de la nuit se fit entendre, et elle se décida à quitter son lit, bien décidée à savoir si elle avait rêvé ou pas cette menace. Délaissant son arme, ne voulant pas courir le risque de tirer sur un membre de la famille Castle, elle se faufila dans le salon, et sourit en découvrant Rick profondément endormi sur le confortable canapé. Et immédiatement, elle se détendit. S'il y avait eu le moindre intrus, Castle ne dormirait pas comme un bienheureux. Elle avait encore dû faire un mauvais rêve, et c'était ce qui l'avait réveillé, la laissant avec une impression de danger au creux de l'estomac. Ce n'était pas la première fois que cela arrivait, et ce ne serait très certainement pas la dernière. Un grognement attira son attention, et elle sourit en voyant Castle repousser sa couverture qui s'échoua à terre.
Doucement, sans faire de bruit, elle ramassa la fuyarde et la reposa sur le torse dénudé de son écrivain, frissonnant alors que sa main effleurait sa peau, le faisant soupirer dans son sommeil.
« Kate… » L'appela-t-il dans un marmonnement qui la fit se figer.
Inquiète d'avoir été prise en flagrant délit, elle cessa de respirer et lentement, elle s'écarta de lui. Ce n'est que lorsque ses pieds heurtèrent les marches de l'escalier et que ses poumons la brûlèrent, qu'elle s'autorisa enfin à accueillir à nouveau de l'air dans son corps, et elle se maudit de sa réaction. Elle ne faisait rien de mal pour l'amour du ciel, et être prise en train d'avoir un geste tendre pour Castle n'aurait pas été la fin du monde. Au pire, elle lui aurait hurlé dessus en le menaçant des pires sévices pour faire diversion. Agacée de se comporter comme une adolescente boutonneuse qui découvrait les premiers émois amoureux, elle lança un regard noir à celui qui parvenait à la mettre dans un tel état, même endormi. Bien éveillée à présent, elle hésita à rejoindre sa chambre pour se recoucher lorsque son regard se posa sur les escaliers. Maintenant qu'elle était là, elle décida de monter voir comment allait Joan. Même si elle préfèrerait être crucifiée sur place plutôt que de le reconnaître ouvertement, elle était inquiète pour lui.
Elle sentait que son état n'était pas normal, et elle voulait s'assurer que sa fièvre avait chuté. Dans le cas contraire, elle en profiterait pour lui faire avaler une nouvelle dose de médicaments. Cela faisait largement plus de trois heures qu'il n'en avait pas pris, et Lanie lui avait bien recommandé de lui en administrer jusqu'à disparition totale de la fièvre. S'accrochant à cette idée pour ne pas faire demi-tour, après tout elle était responsable de lui et devait veiller à ce qu'il prenne ses cachets correctement, elle gagna la chambre de Joan dans laquelle elle pénétra avec une discrétion impressionnante. Et elle comprit qu'elle avait bien fait de venir en voyant le lit ravagé par les mouvements convulsifs de l'adolescent. Il s'agitait dans son sommeil, visiblement sous l'emprise d'une forte fièvre, ses gémissements plaintifs la mirent en alerte. Sans plus se poser de question, elle s'approcha vivement de lui, et étouffa un juron en constatant qu'il était à nouveau brûlant comme un four. Avec des gestes efficaces et rapides, elle attrapa le paracétamol et tenta de faire avaler les cachets à Joan qui se débattit faiblement, détournant la tête chaque fois qu'elle tentait de lui faire prendre les comprimés.
« Allez mon cœur, tu dois les prendre, tu te sentiras mieux après » souffla-t-elle en lui écartant tendrement les quelques mèches qui s'étaient collées à son front trempé de sueur.
« Maman…. Maman… » L'appela Joan dans un faible râle alors qu'il consentait enfin à prendre les médicaments.
« Je suis là, repose-toi » soupira-t-elle en le rallongeant contre ses oreillers humides.
En fronçant les sourcils, elle constata qu'il était trempé et qu'elle ne pouvait pas le laisser passer la nuit ainsi, sinon cela empirerait son état lorsque la fièvre retomberait et que la fraîcheur du matin envahirait l'espace. Alors avec les mêmes gestes précis et rapides, elle se rua dans la salle de bain, revenant avec un gant humide et une serviette, puis ouvrant l'armoire, elle en sortit un T-shirt propre ainsi que de nouveaux draps. Aussi rapidement que possible et en parvenant à ne pas réveiller Joan malgré le fait qu'elle dut le déplacer au fur et à mesure qu'elle changeait la literie comme l'aurait fait une aide-soignante dans un hôpital pour changer les draps d'un malade alité, elle réussit à accomplir sa tâche. Une fois les draps souillés roulés en boule au pied du lit, elle s'empressa de rafraîchir Joan avant de lui enfiler le T-shirt propre. Et enfin, elle le borda soigneusement, satisfaite de constater qu'il était déjà bien moins agité.
« Je t'aime maman… » Marmonna Joan en lui attrapant la main qu'elle avait laissée se perdre sur le visage du jeune homme.
Sentant une vive émotion l'étreindre, Kate se pencha vers lui et délicatement, lui déposa un tendre baiser sur le front. Se redressant, un sourire étira ses lèvres en constatant que Joan souriait, de ce sourire heureux et confiant qu'arborent parfois les enfants lorsqu'ils se sentent en totale sécurité. Dans une dernière précaution, elle remonta la couette, caressa la joue de Joan avant de s'écarter, consciente qu'elle n'avait plus d'excuse pour rester plus longtemps à ses côtés sans paraître suspecte. Mais alors qu'elle se détournait pour regagner la porte, un gémissement se fit entendre, et instantanément, elle posa un regard inquiet sur l'adolescent qui s'agitait de nouveau, comme s'il avait eu conscience de son éloignement.
« Maman… reste… » Marmonna-t-il dans son sommeil.
Se mordillant la lèvre, Kate pesa le pour et le contre. Si elle le laissait, il risquait de faire un nouvel accès de fièvre, et elle culpabiliserait de ne pas être restée à ses côtés pour veiller sur lui. Après tout, il était sous sa responsabilité, elle avait donc encore une fois le devoir de veiller sur lui. Sans plus hésiter, elle fit le tour du lit et s'adossa au montant, avant de finalement s'allonger sur le flanc, son bras droit soutenant sa tête alors que de sa propre initiative, sa main gauche recommença ses caresses apaisantes dans les cheveux de Joan. Comme par magie, il se calma instantanément, et le silence emplit à nouveau la chambre.
