Bonsoir! Voici le chapitre 10. J'en profite pour vous remercier de lire cette fiction, j'espère qu'elle vous plait toujours. Il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, dans le sens où le temps n'avance pas, mais les émotions évoluent. Vous allez voir que Myungsoo a ses propres méthodes pour calmer les crises... Je n'en dis pas plus, et je vous laisse lire. Je vous conseille d'écouter Shine, de Sunggyu. Pourquoi repasser à de la k-pop maintenant? Aucune idée, mais je n'en écoute plus beaucoup en ce moment. Sur ce, bonne lecture.
Réponse aux reviews:
KL, je crois que tu as compris que tu avais ma reconnaissance! Merci encore~
Chapitre 10
A grand peine, je bloquai ma colère qui m'ordonnait de ne pas bouger et étendit le bras pour faire tourner la clé dans la serrure. Celle-ci chuinta, et la porte se déverrouilla. J'étais trop à l'ouest pour me rendre compte que ce son était bizarre venant d'une serrure. J'abaissai ensuite la poignée et la porte s'ouvrit. Myungsoo était allongé sur le flanc, un tantinet en retrait derrière la porte. Je le fixai, et me laissai tomber lourdement sur le sol. Mes os protestèrent, à croire qu'ils ne savaient faire que ça. Tous des traîtres…
Approximativement deux mètres nous séparaient, et je tentai de ramper dans sa direction, chose qui était loin d'être aisée. Un pâle sourire s'esquissa sur ses lèvres et il tendit la main dans ma direction. Mon regard passa de sa main à son visage, puis je fermai les yeux quelques instants. Même allongé, j'avais la tête qui tournait, et je ne voyais plus clair. Quand je pus rouvrir les paupières, Myungsoo me fixait, la main toujours tendue vers moi. J'en ressentis un nouvel élancement.
Je savais qu'il ne m'aimait pas. Je l'avais compris. Il avait juste besoin de moi. Etait-ce parce qu'à mon image, il refusait d'admettre certains sentiments? Non, ce n'était pas comparable, puisque leur nature n'était déjà pas équivalente. Mais curieusement, malgré toute cette ambiguïté, tous les sous-entendus et les incompréhensions qui régnaient entre nous, pour l'instant ça m'allait.
J'étais le seul à lui permettre de se sentir vivant. Ça m'apportait déjà une certaine fierté, qui compensait celle que je n'avais plus. Et puis, je n'avais plus rien à perdre depuis longtemps; s'il me quittait je n'aurais qu'à en finir. J'étais persuadé d'en trouver la force cette fois, puisque je ne mourrais pas en pensant qu'il était indifférent à ma présence. Je n'aurais certainement pas de regrets, à part celui d'être né, évidemment. J'aurais connu autre chose que la chute constante.
Je tordis mon corps dans tous les sens pour parvenir à saisir sa main. Elle se referma solidement mes doigts. Contrairement à la mienne, elle était brûlante, et il me tira vers lui, avec force mais néanmoins en étant attentif à mes blessures. Aussitôt que je fus près de lui, nos bras s'entremêlèrent et nos corps se collèrent comme si notre mort en dépendait. Avait-il besoin de me sentir près de lui autant que moi ? J'inspirai profondément son odeur et nichai ma tête dans le creux de son cou. L'un de ses bras passa sous mon flanc, me rapprochant le plus près possible de lui. Je sentais son souffle chaud et irrégulier dans ma nuque, mon cœur semblait être sur le point d'imploser. Je n'avais jamais été préparé à ça, à endurer tant de choses d'un coup.
Dans ses bras, à l'abri, entouré par sa chaleur, je baissais peu à peu toutes les barrières que j'avais édifiées jusqu'à ce jour. Je ne savais pas quoi privilégier, entre la peur de ce qui m'attendait, l'apaisement d'être enfin proche de lui et l'extrême lassitude qui s'emparait de moi. J'avais terriblement sommeil, mais jamais je n'avais été si attentif à moi-même.
Ce n'était qu'un bref instant de répit, je ne devais pas l'oublier. Sinon, la chute n'en serait que plus brutale. Bientôt tout serait fini, et la situation redeviendrait telle quelle était avant que je ne tombe dans les escaliers. Je recommencerais à me souler au yakju, attendant la mort. Ça ne devrait pas être trop long, non ? J'étais déjà bien affaibli, au point plus réussir à me lever. Pourtant… Toute cette chaleur… Rien, pas même l'alcool, ne pouvait me l'apporter. Mon cœur n'était jamais aussi apaisé que dans les bras de Myungsoo. Bon, paradoxalement c'est aussi dans ces moments-là que je me sentais le plus mal puisque je savais que ça ne durerait pas éternellement. Pour la première fois, peut-être, j'étais perdu. Je ne savais plus quoi faire, comment agir, dans quel but. Myungsoo bouleversait mes résolutions aussi simplement que s'il s'agissait de fétus de pailles.
Je senti l'une de ses mains se poser sur ma taille, caressant avec douceur l'os saillant à l'aide de son pouce. Ce geste me fit frissonner, et ce n'était pas dû au courant d'air que je sentais sur ma peau nue. Un simple contact avec sa peau… Malgré la chaleur et le bien-être qui me calmaient, je sentais que l'angoisse attendait le meilleur moment pour ressortir. La crise était toute proche, les brûlures dans ma poitrine récidivèrent, ainsi que mes yeux. Les muscles de mes jambes se crispèrent, je voulu dire quelque chose mais les mots restèrent coincés dans ma gorge. Myungsoo continua de flatter ma hanche avec son pouce, sans remarquer mon changement d'attitude. Il fallait à tout prix que je me contrôle. Le poison prenait son temps, allant et venant dans mon corps, puis se retirant, avant d'attaquer plus fort encore. Je subissais ses assauts avec autant de stoïcisme que je le pouvais, pourtant je savais que je ne tiendrais pas longtemps. Je finissais toujours par lui céder, jamais je n'avais réussi à la faire battre en retraite, ce serait-ce que pour quelques secondes. C'était elle qui décidait, je n'étais que son misérable jouet, incapable de se défendre convenablement.
Effectivement, elle attaqua quand j'eus arrêté d'y prêter attention. La sournoise… Je ne sais pas depuis combien de temps j'étais allongé par terre contre Myungsoo mais l'engourdissement dû à la dureté du sol commençait à se faire sentir. Un éclair me transperça la poitrine, et une boule de chaleur me brûla la gorge. Je me mis à suffoquer, incapable de respirer convenablement. Je croisai le regard de Myungsoo, interdit. Il semblait ne pas comprendre. Mes doigts se crispèrent sur son tee-shirt, et il caressa ma joue, en me conseillant de bien respirer. Devinait-il que je faisais une crise ? En temps normal, ça cessait au bout d'une heure, les brûlures mettant du temps à s'estomper. Avec sa présence à mes côtés serait-ce plus, ou moins long ? Je me le demandais. J'arrivais à être curieux dans un moment pareil.
Je me laissai tomber en arrière, mon dos heurta violemment le sol. Myungsoo bascula lui aussi et se retrouva sur le flanc, collé à moi. Ses bras vinrent de nouveau m'entourer. J'avais envie de crier pour me libérer, hurler pour que ça s'arrête, mais je n'avais même plus l'impression de pouvoir me servir de mes cordes vocales. Je tapai du poing dans le sol, criant silencieusement. Une étincelle noire passa dans le regard de Myungsoo, puis une douleur cuisante me brûla la joue. Je le regardais, hébété. Il avait l'air inquiet.
« _Myung… Soo… »
Je mis du temps à réagir qu'il venait de me gifler. Et encore plus à comprendre que j'avais retrouvé l'usage de la parole. C'était un soulagement, dans un sens, la crise passait, et Myungsoo essayait de m'aider à redevenir moi-même. Si tant est que j'eusse une identité propre.
« _Sungyeol, ça va mieux ? S'enquit-il, visiblement soucieux de savoir si son geste avait eu un effet bénéfique ou non. »
Je hochai la tête faiblement, oui, je me sentais moins mal que quelques minutes auparavant. Soudain mes poings se crispèrent, et mes yeux piquèrent. Je lâchai alors un son étranglé, puis toute une série de cris incompréhensibles qui me déchirèrent la gorge. Myungsoo me serrait la main du plus fort qu'il pouvait. Sans doute avait-il comprit qu'on ne pouvait qu'attendre que ça passe.
Mon cœur battait plus vite que de coutume, et j'avais l'impression désagréable de transpirer au visage. Ma voix se brisait tandis que je continuais de crier. Je ne m'étais jamais laissé aller à ce point, mais c'était rarement aussi violent. J'avais l'impression d'être au centre d'un immense brasier, sans rien pour m'apaiser. La présence de Myungsoo n'était plus suffisante. Il me releva soudain, me prenant par les épaules. Je le regardai, perdu. J'avais l'impression que je pouvais tourner de l'œil à n'importe quel moment. Si c'était le cas au moins je ne souffrirai plus…
Mais Myungsoo n'avait pas l'intention de me regarder partir sans rien faire. Et je le compris quand son visage se rapprocha du mien, nos bouches suffisamment proches pour que nous sentions respectivement le souffle de l'autre. Un autre sentiment monta en moi, bien loin de ce calvaire qui me dévorait. Etait-ce du désir, dû à la proximité de celui qui me faisait perdre la tête ?
Ses lèvres se collèrent soudainement aux miennes, plutôt brutalement, et mon cœur implosa. Une larme coula de mon œil, bien vite suivie par d'autres, à mesure que nos lèvres se mouvaient ensemble. Myungsoo se retrouva assis sur mes cuisses, les mains toujours sur mes épaules, tandis que les miennes étaient crispées sur ses hanches. La chaleur qu'il me procurait m'apaisait, mais n'empêchait pas mes larmes de couler. Ça faisait des années, il fallait bien qu'elles ressortent un jour. L'émotion, j'imagine. Il m'embrassait farouchement, agrippant mes épaules de toutes ses forces, comme pour me donner la force de vaincre la crise. Celle-ci s'éloignait déjà, mais je n'allais pas briser le baiser pour le lui faire remarquer. Je devais être en train de vivre un rêve. Comment tout ceci pouvait-il être réel ?
Myungsoo lui-même m'avait affirmé être en couple avec quelqu'un, alors pourquoi ? Faisait-il cela juste pour m'aider, ou pour ressentir quelque chose ? Je ne savais pas, et au final je n'étais pas sûr d'avoir envie de savoir. Mon rythme cardiaque atteignait des sommets, et je sentais que le sien également. Je devais lui faire de l'effet. Quelque part c'était rassurant.
Ses lèvres se décollèrent posément des miennes, et il me regarda dans les yeux avant de me serrer dans ses bras. Pas de mots, c'était inutile. Je profitai simplement de l'étreinte qu'il m'offrait. Si j'avais pu deviner que la situation deviendrait telle qu'elle était en cet instant…
A son contact, mon corps finit par se calmer tout à fait, et je me laissai aller contre lui, privé de force et presque apaisé. La douleur partait en laissant un grand vide, sa chaleur le comblant en partie. Je ne ressentais pas ça habituellement, je n'avais pas non plus de manque. A part éventuellement de yakju, ce qui était un autre problème.
J'observai attentivement ma pièce à vivre tout en essayant de déterminer si le canapé était plus loin que le lit. Par la faute du hasard ou non, nous devions être pile au milieu, ce qui ne rendait pas la décision facile. J'avais besoin de dormir, et je voulais qu'il reste près de moi. De toute façon, c'est lui qui l'avait cherché à vouloir me sauver, alors maintenant qu'il assume. Pourtant j'hésitai à le faire dormir dans mon lit. C'était bête, j'en étais conscient, mais j'aurais plus de problèmes à reprendre pieds après si nous dormions ensemble dans ma chambre.
Mes yeux se fermaient tous seuls, sous l'effet de l'intense fatigue. J'avais toujours eu besoin de dormir plus que la moyenne, et les évènements de ces dernières heures ne m'avaient pas épargné. Myungsoo s'en aperçut, et dut lire dans mes pensées car il se décolla de moi, me prit dans ses bras et me porta jusqu'au canapé. J'étais toujours accroché à lui, et il s'étendit à mes côtés.
« _Merci… Soufflai-je, à peine perceptiblement.
_Dors Sungyeol, je ne bougerais pas, répondit-il sur le même ton. »
Il eut un faible sourire et déposa un léger baiser sur ma joue avant de fermer les yeux. J'avais l'air d'un amoureux en manque, et ça m'énervait. Mais comment pouvais-je rester énervé alors qu'il dormait à mes côtés, de son plein grès je l'espérais. Même si, au final, peu importe les moyens, c'est la fin qui compte. Je ne tardai pas l'imiter et fermai les paupières à mon tour, fatigué et impatient de savoir si le Myungsoo de mes rêves viendrait me visiter alors que j'avais l'original à mes côtés.
Alors, qu'en avez-vous pensé? A mercredi pour la suite!
