Chapitre 10 : Enlever
Le regard d'Harry se posa sur les arbres sombres qu'il voyait défiler devant ses yeux. Il avait passé la journée dans une grande ville, accompagné des reines et avait repris la route tard, de ce fait la nuit était déjà tombée. Le prince retint difficilement un bâillement en se réinstallant dans le fond de son siège, il dormait mal en ce moment et le plus étrange était qu'il n'arrivait pas à se souvenir de ses rêves. Habituellement, il s'en souvenait très bien lorsqu'il s'agissait de le prévenir d'un danger, mais là il avait la même sensation de malaise sans les images.
Quelque chose vous traquasse, Harry ? demanda Sulpicia.
Non, je suis juste fatigué. L'inconvénient d'être un faible humain, plaisanta le jeune homme.
Il reporta son attention sur le paysage, essayant de rester éveillé, mais sans résultat. Il sombra dans les bras de Morphée. Se furent des mains fines qui le secouèrent doucement pour le réveiller. Il ouvrit les yeux et croisa aussitôt le regard inquiet de Sulpicia. Inquiet ?
Que se passe-t-il ? demanda Harry et essayant de se réveiller rapidement en cas de danger.
Vous parliez dans votre sommeil, expliqua Anthenodora.
Ah ? c'est un truc qui arrive souvent aux humains. Qu'est-ce que je disais ?
Qui est Dumbledore ?
Harry se détendit légèrement à la question.
Il était le directeur de Poudlard, mon école, il est mort depuis plus de deux ans, maintenant. Pourquoi ?
Vous prononciez son nom… comme s'il vous blessait ou vous menaçait.
Dumbledore n'était pas le genre d'homme à vouloir blesser l'un de ses élèves, marmonna Harry, en se redressant.
Il s'étira de tout son long et se massa la nuque. Une voiture n'était pas vraiment le meilleur endroit pour dormir. Puis il fronça les sourcils, une fois encore il ne se souvenait pas de ce rêve. Étrange.
Le chauffeur se glissa dans le parking et gara la limousine à coté de la Ferrari d'Aro. Harry sortit rapidement et fit le tour de la voiture pour ouvrir la porte aux reines et les aider à sortir. Simple galanterie. Il s'apprêtait à se diriger vers la sortie du garage lorsqu'il se figea, il sentait des résidus de magie dans l'air, or c'était impossible, les sorciers n'étaient pas admis à Voltera.
Remontez en voiture, mes reines, chuchota Harry.
Pourquoi ?
C'est un ordre, répondit le sorcier.
Puis il se tourna vers le chauffeur.
Conduisez-les en lieu sûr.
Oui, mon Prince, répondit le vampire.
Harry observa la voiture quitter de nouveau le garage et s'éloigner du château. Harry fit alors volte face et s'élança vers la porte, il s'arrêta juste à coté et l'entrouvrit, jetant un rapide regard dans le couloir. Ça sentait le brûlé et ça n'était pas bon du tout.
Après s'être assuré que la voix était libre, il s'y engagea et s'arrêta au croisement suivant, il jeta un coup d'œil, mais là aussi le couloir était vide, ou presque, Harry remarqua rapidement un reflet irisé. C'était l'un de ses boucliers. Harry s'approcha alors et reconnut sans mal l'un des gardes personnels d'Aro. Mais s'était étrange, il ne semblait pas avoir subit de dommage, malgré les traces évidentes de feu autour de lui, et pourtant il était comme… évanouit, ce qui était impossible pour un vampire. Qu'est-ce qui s'était passé ici ?
Harry avança dans les différents couloirs et croisa d'autres vampires, tous étant dans le même état que le premier qu'il avait trouvé. Et toujours aucune trace des rois. Harry se figea alors lorsqu'il arriva devant les portes de la salle du trône, elles étaient complètement détruites. Le sorcier s'engagea avec précaution dans la pièce et se figea en voyant Jane à terre entourée de son bouclier. Il s'avança rapidement mais se figea soudainement en entendant un crissement. Le sorcier leva alors son pied. Il avait marché sur des débris de verre. Qu'est-ce qu'ils faisaient là ?
Le sorcier s'agenouilla alors et ramassa prudemment l'un des morceaux les plus gros, il fronça les sourcils en constatant qu'un peu de liquide épais était resté collé au verre. Son regard parcourut la salle et il remarqua aussitôt un autre morceau, plus gros. Il s'en approcha et le prit l'examinant avec soin. Quand soudainement, il se tendit, le verre était gravé d'un symbole qu'il avait déjà vu, c'était un serpent et Harry savait parfaitement qui gravait ses fioles d'un serpent : Rogue.
Bien, au moins il avait maintenant un indice de qui était le responsable. De toute évidence, la vapeur de la potion était responsable de l'état de la garde de Voltera. Les vampires n'avaient pas besoin de respirer, mais tous le faisaient par réflexe ou bien pour connaître son environnement ou encore pour chasser. Ainsi il n'avait pas pu les protéger contre les fumées.
Le sorcier continua alors son parcourt, retrouvant sans mal de nombreux gardes tous neutralisés par la potion. Harry les rassembla tous dans la salle du trône. Quelques heures après son arrivée, il avait fouillé chaque couloir, chaque pièce, il devait se rendre à l'évidence, Marcus et Aro manquaient à l'appel, ainsi que onze gardes. Dix d'entre eux étaient avec Caius à la chasse aux loups dans les montagnes du Tibet et le dernier était avec les reines. Caius n'était pas joignable pour le moment, mais il pouvait au moins prévenir les reines de la situation. Sulpicia n'allait pas aimer les nouvelles. Le sorcier sortit son portable et appela Anthenodora.
Harry ! j'aimerais des explications ! commença la reine, apparemment furieuse.
Le château a été attaqué, répondit Harry. La garde a été totalement neutralisée et… Aro et Marcus ne sont pas là.
Harry…
Écoutez, interrompit le sorcier, j'ai peut être une piste pour les retrouver, mais vous allez devoir rester cachées pendant quelques temps.
Pas question, répondit Sulpicia, mon compagnon est menacé alors je viens.
Non, répondit calmement Harry. Je combattrais plus sereinement en vous sachant en sécurité et Aro et Caius m'en voudraient s'il vous arrivait quelque chose. Restez à l'abri et je ramènerai Aro et Marcus à Voltera.
Harry entendit des murmures colériques et une porte qui claque puis Anthenodora reprit l'appareil.
Excuse là Harry, fit la vampire.
J'aurais agit de la même manière si j'avais été à sa place, répondit le sorcier.
Soit prudent.
Vous aussi. Anthenodora ?
Oui ?
Si j'échoue ça sera à vous de régner à la place d'Aro et de Marcus.
Et toi ? s'étonna la reine.
Seul le silence lui répondit. Harry lui dit au revoir puis raccrocha. Le sorcier observa son téléphone quelques instants, puis reporta son attention sur les vampires qu'il avait regroupés dans la salle. Il allait la sceller, ainsi la garde serait en sécurité.
Harry répara les portes et les scella avant de faire de même avec tout le bâtiment. Par chance on était hors saison, il n'y avait pas de touristes et la ville ne devrait pas trop poser de problème. Le sorcier prit quand même la peine de laisser un panneau indiquant la fermeture pour rénovation sur la porte principale. Son regard se posa alors sur le jour qui commençait à se lever, puis il transplana.
Harry atterrit tant bien que mal sur un petit sentier. Il avait atterrit dans la forêt qui bordait Près-au-lard et pouvait voir au loin Poudlard. Le sorcier s'avança alors, suivant le sentier, il sortit de la forêt et s'engagea sur la petite route qui menait au village, rabattant la capuche de son long manteau il longea la rue principale et s'engagea sur le chemin menant à Poudlard. Il s'arrêta devant les grilles de l'école, celles-ci étaient fermées. Allait-il devoir utiliser l'un des passages secrets pour entrer dans l'école, il préférait éviter. Il avait déjà suffisamment d'ennuis avec la justice, pas la peine d'en rajouter. Le sorcier posa sa main sur la grille et à sa grande surprise, celle-ci s'ouvrit. Harry haussa un sourcil, puis songea que le professeur McGonagall avait du lui autoriser l'accès à son école.
Harry remonta le chemin en direction de la porte principale, faisant fit des murmures des quelques élèves qu'il rencontrait. Il pénétra dans le château et prit aussitôt la direction des cachots. Il croisa de nombreux Serpentards, mais là encore il les ignora, malgré les regards noirs qu'ils lui lançaient. Le sorcier rejoignit alors la salle de classe du professeur sachant qu'il le trouverait là, en train de martyriser ses élèves. Il frappa trois coups secs et entra sans attendre d'y être invité. Le professeur était bien là, à son bureau, le foudroyant du regard pour son impolitesse.
Tout le monde dehors, annonça Harry d'une voix calme, le cours est terminé.
Les élèves échangèrent des regards surpris et incertains.
Dehors, rugit le jeune homme.
Aussitôt tous les élèves prirent leurs affaires et sortirent, faisant prudemment un détour pour éviter de s'approcher trop près du sorcier furieux.
Comment osez-vous, gronda le professeur.
Mais Harry le fit taire en l'obligeant à se rasseoir d'un mouvement du poignet.
Je pensais avoir été assez clair lors de notre dernière entrevue. Et pourtant en rentrant chez moi hier soir, j'ai trouvé mes gardes inconscients à cause de l'une de vos potions.
Harry eut alors le plaisir de voir Rogue pâlir dangereusement.
Pourrais-je avoir une explication sur ce fait ? demanda Harry en s'adossant à la première table.
Elle n'était pas prévue pour ça, lâcha le Serpentard.
Pas prévu pour combattre des vampires ?
Si, mais certainement pas les Volturi. On m'avait dit qu'elle serait utilisée pour stopper les vampires qui sévissaient à Londres.
Qui, vous a dit ça ?
Dumbledore.
Il est mort, répliqua Harry avec un froncement de sourcils.
Cet homme se moquait de lui ou bien le croyait-il si crédule ?
C'est ce que nous pensions aussi, répliqua Rogue, mais il est revenu, il y a quelques semaines.
Comment ?
Selon lui il aurait fait un échange avec un mangemort mis sous polynectar.
Le polynectar ne dure qu'une heure, on aurait du remarquer la supercherie rapidement. Vous êtes sur que c'est lui ?
Oui, nous avons fait tous les tests possibles, il s'est docilement laissé faire avec cette lueur agaçante dans le regard. Il n'y a pas de doute c'est lui.
Harry se laissa tomber sur l'une des chaises dans un état second. Puis il prit une profonde respiration pour se calmer et retrouver ses esprits. Une chose à la fois. Il avait Rogue en face de lui alors autant régler les problèmes lorsqu'une partie de la solution se trouvait devant nous.
La potion. Existe-t-il un antidote ou n'importe quoi qui pourrait annuler les effets ?
Il va me falloir un peu de temps pour vous en faire. J'ai donné tous les antidotes à Dumbledore.
Bien, et où est-il en ce moment ?
Au ministère, il ne rentrera pas avant ce midi.
Et il doit être le seul à savoir où sont Aro et Marcus.
Deux des rois ont été enlevés ? pâlit Rogue.
Oui et j'espère pour vous qu'ils iront bien lorsque j'irais les chercher.
Rogue acquiesça sèchement, puis d'un mouvement de baguette il afficha une pancarte à la porte indiquant l'annulation de tous ses cours. Il allait avoir besoin de temps pour préparer les antidotes. Harry, pendant ce temps, sortit la carte des maraudeurs et l'ouvrit d'un murmure. Il s'installa sur l'une des tables du fond et chercha minutieusement la présence d'Aro ou de Marcus sur celle-ci. Sans résultat.
Ce fut le bruit d'une porte qui sortit le jeune homme de sa contemplation. Rogue avait fini l'antidote. Il lui remit les fioles, qu'Harry rangea soigneusement dans l'une de ses poches, agrandies magiquement et contenant plusieurs sorts qui lui garantissaient de rentrer avec les fioles intactes, même s'il devait être renversé par le Poudlard Express. Puis le regard d'Harry se posa sur sa montre. Midi, déjà ! Le jeune homme sortit de la salle et prit la direction de la Grande Salle, où il était certain de rencontrer le professeur Dumbledore. Le vieil homme avait des choses à lui expliquer.
Lorsqu'il arriva devant la salle, il eut la surprise de voir que les portes étaient fermées. Depuis quand fermait-on les portes pour le repas de midi ? Mais le sorcier eut un rictus, ce n'était pas plus mal, il allait pouvoir fait une entrée remarquée comme cela. Le sorcier posa ses mains sur chaque battant de la porte et projeta un peu de magie, assez pour que les portes s'ouvrent en grand d'un coup et claquent contre les murs. Puis le Prince de Voltera s'avança dans la salle sous les murmures surpris et apeurés des élèves et sous les regards surpris des professeurs. Mais Harry ne remarqua pas cela bien trop occupé à foudroyer du regard le professeur Dumbledore. Il s'arrêta à quelques pas de la table des professeurs.
Mon garçon, salua chaleureusement Dumbledore. Je suis content de te revoir.
J'ai peur que cela ne soit pas réciproque, répondit Harry d'une voix calme, à l'opposé de ce qu'il ressentait vraiment.
Pourquoi cela ?
J'imagine que l'on vous a appris ce qui est arrivé au dernier homme qui s'était attaqué à ma famille, continua Harry en ignorant la question du vieil homme.
Oui, j'ai apprit que tu avais tué Voldemort, je te félicite, mon garçon.
Et ça ne vous a pas arrêté ?
Harry…, tenta Dumbledore.
Vous vous êtes pointé chez moi, avez neutralisé ma garde et enlevé mon compagnon et son frère.
J'ai jugé préférable d'arrêter cette mascarade maintenant. Tu es un héros Harry, tu as des responsabilités. Et en temps que Héros, il est hors de question que tu fricotes avec un monstre de vampire. Il serait peut être temps que tu arrêtes de te comporter comme un enfant, répliqua Dumbledore agacé.
Des responsabilités, hein ? envers qui ? les sorciers anglais qui demandent maintenant ma mise à mort ? Foutaise, vieil homme ! Je n'ai maintenant de responsabilités qu'envers ma famille, les Volturi.
Dumbledore se tendit, puis se leva avec calme.
Puisque de toute évidence, je ne peux te faire entendre raison, je vais devoir employer la manière forte, se désola le vieil homme.
Et soudainement, il envoya un sortilège dans la direction d'Harry. Celui-ci était bien entendu préparé à cette éventualité. Ainsi il avait mobilisé sa magie pour qu'elle renforce son corps et il put sans problème éviter le sortilège. Puis il bondit sur la table des professeurs et attrapa le professeur Dumbledore par le col, le désarment sans difficulté.
Où sont mes rois ? demanda Harry d'une voix menaçante.
Voyons, Harry…
Las, le jeune homme envoya une décharge au vieil homme. Celui-ci pâlit alors, comprenant que le sorcier en face de lui était sérieux.
A Poudlard, souffla Dumbledore.
J'ai vérifié la carte.
La carte est incomplète, répliqua Dumbledore.
Harry fronça les sourcils et repoussa le vieil homme dans le fond de son siège tout en réfléchissant à ses propos. Le bruit du bois contre la chair le sortit de ses réflexions. Il se retourna alors pour voir le professeur McGonagall se tenir la baguette prête à frapper à nouveau en cas de récidive de la part du professeur Dumbledore. Le jeune prince eut un sourire à cette vue. Puis ça fit tilt, il n'y a que deux pièces qui n'étaient pas inscrites sur la carte : la Chambre des Secrets et la Salle sur Demande. Il se tourna vers la table des Griffondor.
Collin ! appela le jeune homme.
Le Griffondor se leva, attendant la demande d'Harry.
Prends plusieurs Griffons avec toi et vas vérifier la Salle sur Demande. Soit prudent.
Ok.
Le jeune sorcier sortit, entraînant avec lui plusieurs camarades.
J'espère pour vous et pour cette école qu'ils vont bien, vieil homme.
C'est une menace.
Vous avez attaqué la famille Volturi, pire vous avez attaqué les rois. S'ils sont blessés je ne donne pas cher de votre peau lorsque les vampires envahiront cet endroit.
La tension fut à son comble alors que tous attendaient l'arrivée des Griffondors sortis de la salle. Lorsque la porte s'ouvrit finalement, tous retenaient leurs souffles. Marcus pénétra dans la salle le premier, soutenu par deux griffons. Il avait l'air d'aller bien et Harry pouvait sentir à travers le lien que c'était le cas, hormis une grande fatigue. Mais ce ne fut pas le cas d'Aro. Le roi entra soutenu par deux griffons, il semblait inconscient et à la grande horreur d'Harry ses deux bras avaient été arrachés et on pouvait voir sur le torse nu du roi des fissures. Harry n'osa imaginer la force qu'il avait fallu utiliser pour faire de telles marques. Harry fit se lever les Griffondors près de lui et débarrassa la table d'un mouvement de la main. Marcus fut installé sur le banc de la table Serdaigle à coté.
On a aussi récupéré les morceaux, fit Collin en montrant un sac contenant les bras d'Aro.
Vous avez bien fait, répondit Harry.
Il souleva doucement Aro, l'asseyant avant de faire apparaître une craie d'un mouvement de la main. Puis il commença à tracer un cercle de runes. Une chance qu'Hermione les lui avait appris pendant leur cavale en septième année. Il finit de tracer son cercle, puis rallongea doucement Aro au centre. Il déballa chacun des morceaux des bras d'Aro et les plaça aussi dans le cercle. Par chance, il était à Poudlard, un lieu chargé de magie, ça allait l'aider à maintenir le sortilège le temps que les bras d'Aro guérissent. Caius n'avait pas eut cette chance, Voltera étant dépourvu de toute magie. Il se piqua le bout du doigt avec un couteau qui traînait par là et activa le cercle avec une goutte de sang. Il fut rassuré en constatant que le cercle s'activait bien. Ainsi se tourna-t-il vers Marcus.
Comment vas-tu ? demanda Harry dans un murmure.
J'ai connu mieux, répondit Marcus dans un murmure fatigué.
Harry eut un sourire tendre, puis il s'approcha de la table des Serdaigle et commença à ôter son long manteau et sa tunique, se mettant torse nu devant son roi.
Luna ? tu pourrais aller chercher des potions de régénération sanguine à l'infirmerie, je vais en avoir besoin.
La jeune fille qui était assise juste à coté acquiesça doucement, se leva et prit la direction de l'infirmerie, ces boucles d'oreille en forme de radis se balançant en même temps que ses pas.
Harry eut un sourire amusé en voyant cela, puis il s'approcha de son roi et attira son visage contre sa gorge.
Vas-y, murmura Harry, maintenant son compagnon contre lui.
Le sorcier se tendit en sentant la morsure, mais se calma presque aussitôt en sentant son sang être aspiré par Marcus. Le jeune homme caressa doucement les longs cheveux de son roi, sous le regard incrédule des autres élèves.
Ce fut l'infirmière qui entrait dans la salle qui sortit les élèves de leur torpeur. Elle s'approcha d'Harry avec inquiétude.
M. Potter ?
Tout va bien, rassura Harry. Mon compagnon ne peut pas me tuer.
Votre compagnon ?
Harry eut un sourire amusé en voyant l'état de choc de la vieille femme. Puis lorsqu'elle se reprit, elle se contenta de soupirer doucement en marmonnant sur les élèves qui étaient incapables de rester loin de tout danger. Harry sentit les crocs de Marcus quitter sa gorge et sa langue lécher la plaie pour la refermer. Le sorcier s'écarta alors doucement tout en restant appuyé contre son roi. Mme Pomfresh s'avança alors et tendit une fiole au jeune prince. Harry la prit et la but sans hésitation, malgré le goût horrible.
Puis il reporta son attention sur Aro, les bras du roi finissaient tout juste de se reconstituer, les fissures disparaissant lentement.
Marcus ?
Oui ?
Je vais devoir nourrir Aro.
Ton sang m'appartient, répondit le roi de manière possessif.
Harry s'approcha alors de Marcus et prit son visage dans ses mains, posant son front contre celui de son compagnon.
Aro a besoin de sang, Marcus. Et dans l'état actuel des choses, je suis le seul qui peut lui fournir sans crainte.
Il y a beaucoup de proies ici.
Et les professeurs les protégeront et moi aussi.
Harry ?
J'ai beaucoup d'amis ici, Marcus. Je te l'ai dit, ça ne me gêne pas que tu te nourrisses de sang humain, mais pas du sang d'un innocent. De plus la plupart des élèves ici ont survécu à une guerre terrible, je t'en voudrais toute ma vie si tu venais à leur faire du mal et il en est de même avec Aro. S'il te plaît, Marcus.
Très bien, soupira le roi, mais je suis le seul à pouvoir te mordre.
Harry eut un sourire tendre et tendit son bras à Marcus, celui-ci le prit et mordit le poignet de son compagnon. Harry se dépêcha alors de rejoindre Aro et plaça son bras juste au dessus de la bouche d'Aro, des gouttes de sang coulant dans celle-ci. Aro ouvrit un œil et attrapa le bras d'Harry pour l'approcher de sa bouche et coller ses lèvres sur la blessure, aspirant le sang en de lentes gorgées. Une fois rassasié, il lâcha le bras et Marcus s'en empara, léchant la nouvelle plaie pour la refermer. Harry but une nouvelle potion, puis se détendit en la laissant faire effet.
Puis il s'écarta de Marcus pour s'approcher de nouveau de Dumbledore.
C'est lui ? gronda Marcus.
C'est lui, approuva Harry.
Le roi lâcha alors un grondement clairement menaçant, mais une main posée sur son épaule détourna son attention. Harry lui tendit alors un bout de corde.
C'est un portoloin, il vous mènera vers un ami.
Marcus remarqua alors qu'Aro en tenait un autre bout.
Vous serez en sécurité là-bas, le temps que je règle mes affaires ici.
Mais ça n'était pas de l'avis du roi, un nouveau grondement sortit de sa gorge.
Marcus ! Laisse-moi m'en occuper, s'il te plaît. J'en fais une affaire personnelle.
Le vampire plongea son regard dans celui du jeune sorcier et vit la colère chez son compagnon.
Très bien, abdiqua Marcus. Soit prudent, rajouta-t-il dans un murmure.
Promis, répondit Harry en l'embrassant chastement.
Il activa le portoloin et observa son compagnon et Aro quitter la salle et le château. Espérons seulement qu'ils se souvenaient de Remus et ne chercheraient pas à le tuer. L'attention d'Harry se posa alors sur le professeur Dumbledore qui avait tout observé sans rien dire.
A nous deux, vieil homme !
