Les vacances signent enfin le temps de l'écriture et après vous avoir fait attendre, voici le nouveau chapitre de Return it in Black. Cette fois-ci c'est Hermione qui raconte...
Petit topo sur les lieux de l'action :
Le ministry of Défense, doit l'équivalent du ministère de la Défense en France situé à Westminster.
Il est divisé en secrétariats qui ont chacun une spécialité.
Celui où se déroule ce chapitre est le Secrétariat aux armées et aux anciens combattants qui gère les ressources humaines et l'information à l'armée.
Récapitulatif des personnages non canon :
Manson : ancien militaire à la rue, aidé par Harry
Frank Onorder : collaborateur au Secrétariat aux armées et aux anciens militaires. Il est à la tête du service anti-terroriste dans le Secretariat
Marpel Stronghold : membre du gouvernement et conservatrice notoire, elle a reçu le portefeuille de secrétaire aux armées et aux anciens combattants
Maryse : secrétaire particulière d'Hermione au ministère de l'économie et de l'innovation. Elle est avec Judy l'une des deux petites mains du service.
Monsieur Whiteness : Il n'a aucun prénom. Cracmol discret, c'est le directeur de l'innovation au ministère de l'économie.
Chapitre 9 : Paying the price (Hermione)
Après mon esclandre et ma prise de position contre Marpel Stronghold, je me suis retrouvée ballottée en taxi jusqu'à Londres où le chauffeur m'a jetée comme une malpropre sur le premier trottoir venu. Désemparée, j'ai dû me résoudre à retourner voir Mr Whiteness pour en savoir plus sur la suite des événements. C'était avec soulagement que j'avais pu transmettre un rapport à charge contre l'emprisonnement arbitraire de Dean.
J'ai beaucoup hésité sur la manière de présenter les choses : devais-je être accusatrice? Ou plutôt présenter mes observations comme des améliorations? Le cynisme de cette question m'avait désespérée. J'avais changé avec ma réussite au ministère. Me rendre compte aussi brutalement de cette transformation m'avait donné envie de pleurer et je m'étais décidée à appeler ma secrétaire, Maryse, d'un ton tremblant. J'avais eu besoin d'aide pour une des premières fois de la vie.
Heureusement, la calme et méthodique Maryse, m'avait beaucoup aidée. J'avais bien senti son étonnement mais elle n'avait fait aucune remarque. Elle semblait même contente que je lui délègue enfin des tâches plus importantes que des simples relectures et envoi de courriers. Elle ne s'était même pas offusquée quand je lui avais dit que je voulais détruire les services de Stronghold dans ce rapport. Elle avait hochée la tête et m'avait rassemblé tous les textes protecteurs des libertés des personnes, comme si elle avait eu le rôle d'une juriste toute sa vie. Ensuite elle m'avait proposé de décrire mon expérience et de confier la rédaction du rapport à un de mes collaborateurs, Paul. J'étais septique mais elle avait encore eu raison : cela avait ramené tout mon service qui m'avait alors assisté comme jamais encore pendant l'après-midi de travail la plus intense menée jusqu'à lors. Ils m'avaient aidé à détailler mes souvenirs, à les présenter de manière organisée.
Leurs propositions de solutions avaient amélioré les miennes et pour la première fois depuis ma nomination au poste de chef de service, j'avais l'impression d'être pleinement dans mon rôle et non dans celui de la chef de service tyrannique qui les faisait trembler. J'avais aussi lu le rapport de mon homologue de la justice qui était passé "visiter les services secrets" le jour d'avant. Il avait transmis pendant mon absence un mémoire presque aussi accablant. Les choses semblaient s'arranger.
Mais j'avais oublié un détail : ma nomination auprès du Secrétariat aux armées et aux anciens combattants comme "Conseiller spécial" sur les questions de nouvelles technologie et de liberté. Après mon rapport, le Premier ministre avait décidé que l'affaire justifiait notre maintien à cette nouvelle fonction, pour éviter que de tels actes contre les droits humains ne se reproduisent. Mr Whiteness l'avait approuvé et m'avait gentiment mise dehors. Il m'avait promis d'essayer de me récupérer mais s'était montré ferme : en attendant, un retour dans mon ancien service était devenu impossible. J'avais pris l'adresse transmise par le Secrétariat aux armées et aux anciens combattants et dit au revoir à mes collègues.
Le lundi matin, je m'installe donc dans ma petite voiture en tremblant. J'ai rendez vous à Westminster même, à Whitehall, au cœur du Ministry of Defense, ministère de rattachement du Secrétariat aux armées et aux anciens combattants.
Quand je me présente à l'accueil, je dois me forcer pour arriver à me présenter d'une voix ferme et assurée. L'agent d'accueil me répond les lèvres pincées qu'elle va appeler mon référent et que je dois attendre ici. Elle passe son coup de fil puis m'ignore. Après cela je patiente. Je passe toute la matinée sur la petite chaise inconfortable avant d'être appelée. Les fonctionnaires passent et ne s'arrêtent pas. Je cherche à repérer mon homologue du Ministry of Justice mais j'échoue. Midi sonne. Je suis sur le point de piquer du nez, ou de mourir de faim au choix, quand on vient enfin me chercher.
L'homme qui est surement mon référent ressemble comme deux gouttes d'eau à Frank Onorder. Il est grand, a un visage grossier et brutal et une carrure de lutteur. Une question existentielle me frappe : sont-ils tous sur le même modèle? J'ai du mal à caler mon pas sur le sien tellement il va vite et quand j'en suis réduire à trottiner derrière lui pour me maintenir à sa hauteur je reçois tout juste regard méprisant. Il passe dans une kyrielle de couloirs sans s'arrêter ni me présenter qui que ce soit et finit par me mener au bout d'une allée secondaire, devant une porte opaque. Je découvre quand il l'ouvre un tout petit bureau qui doit faire moins de 9 mètres carrés, sans fenêtre et plus que spartiate. Il contient un bureau, une chaise et une étagère. Je n'ai ni tableau, ni prise internet, ni téléphone. Voilà qui rend tangible l'expression "être mise au placard".
"Voilà votre bureau, m'assène l'énergumène en tournant déjà les talons.
-Attendez! Comment vous appelez vous? Quelles sont mes prérogatives en matière de contrôle des gardes à vue et de la récolte des informations sur internet?
-Gary Onorder, mais ne comptez pas que je vous facilite les choses, Mademoiselle. Ici référent ne veut pas dire Nounou.
-Très bien. Je vais donc devoir aller dans tous les bureaux pour me rendre compte de ce que chacun fait et décider de la manière dont je ferais mon job. Parfait! Je rétorque.
Il y a encore quelques années, j'aurais fondu en larme ou je serais restée tétanisée face à tant de méchanceté. Mais je me suis endurcie, surtout lors des moments noirs qui ont suivi mon départ du monde sorcier.
-Mais faites donc, avoue mon vis-à-vis avec un petit sourire. Je suis sûr que vous aurez la pleine coopération de tous."
Après cela, forte de ma décision, je passe mon après-midi à rencontrer des fonctionnaires qui me jettent milles regards noirs malgré toutes mes précautions. Je décide de respecter la hiérarchie et me présente d'abord aux chefs de service. 8 sur 9 des chefs de services sont des hommes grisonnants dont la moitié m'accueillent comme si j'étais une petite fille faisant une crise d'adolescence et prennent mes requêtes avec un petit sourire paternaliste de bon ton avant de me dire que "Non, mais ne vous inquiétez pas mademoiselle, nous ne sommes pas des tyrans vous savez, il a été relâché, le type bizarre."L'autre moitié m'accueille avec une aura polaire et n'ont "rien à déclarer. Voyez vous, nos services ne sont pas en charge de la remise en liberté des citoyens blanchis après une accusation de terrorisme".
La dernière chef de service, une petite bonne femme musclée et dynamique m'offre un regard désolé avant de m'avouer qu'elle a ordre de ne pas perdre son temps avec moi. J'apprécie l'euphémisme. Elle m'apprend tout de même que oui, Dean a bien été relâché. Elle ajoute qu'elle ne peut réellement pas grand-chose pour moi puisqu'elle s'occupe de l'aide sociale aux anciens combattants. Son service est tellement spécialisé qu'elle n'a pas de lien avec les autres. J'apprends aussi que le premier des chefs de services à m'avoir éconduit est celui chargé de la relation avec les autres ministères. Il doit donc être l'homme qui me serait le plus utile avec ce cher Gary qui est chef du service Information Stratégique au sein du ministère. Je soupire. Il semblerait que je doive bientôt revoir mon ami Gary. Cependant, c'est la dernière des informations qu'elle me donne qui m'aide vraiment : il n'y a pas d'intranet, aucune page web pour expliquer le fonctionnement du Ministry of Defense, c'est la secrétaire de l'accueil qui a tout les plans de localisation des services, les organigrammes et les contacts directs de tous.
Je passe mon début d'après-midi à errer sous le regard indifférent des autres fonctionnaires. Cela me permet de repérer les lieux importants et de deviner grossièrement la répartition des services. Je repère la cantine, la machine à café et une petite pièce dont je ne sais pas vraiment si elle va me servir : les archives. J'ai fait un plan, en indiquant le nom et les fonctions de chacun.
Je regarde ma montre : 15 heures. Ce n'est pas vraiment temps de partir. Je soupire. Depuis ce matin, je suis passée quatre fois devant le bureau de Gary pour prendre rendez-vous. J'ai besoin de savoir sur quoi ils travaillent et quels projets de loi ils envisagent au service Information Stratégique. A chaque fois, il était déjà en pleine session de travail. Quel hasard!
Je n'ai plus que deux choix : soit aller à la machine à café pour tenter d'écouter les conversations, soit aller du côté des archives. Ce n'est pas la peine d'entretenir la paranoïa de mes collaborateurs - contraints et forcés, faut-il le rappeler. Aller fouiller dans les archives, on va attendre un peu. Direction la machine à café donc. A cette heure, le bruit des conversations rebondit sur les antiques boiseries des couloirs. Parfait, on en apprend toujours beaucoup en écoutant. Je vais prendre un café et je me cale dans un coin en espérant qu'on m'oublie. La tonalité des discussions baissent immédiatement, j'ai l'impression d'évoluer sous l'eau. J'ai l'impression d'être un prédateur face à un banc de poissons : cinq minutes plus tard, tout le monde est a déserté la machine à café. Énervée je lance mon gobelet dans la poubelle. Un applaudissement résonne dernière moi. Je manque de tomber à cause de la vitesse avec laquelle je me retourne. Mes vertèbres craquent toutes.
"Joli tir.
-Bonjour.
-Bonjour, je suis Michael.
-Moi, c'est Hermione.
Je lui répond en souriant légèrement, un peu rassurée de voir que je ne suis pas totalement indésirable.
-Il ne faut pas leur en vouloir. Ils ont été sévèrement briffés.
-Mais pas vous.
-Non pas moi. Il faut dire qu'ils n'aiment pas trop les juristes spécialisés en droit civil (NB : qui sont donc les juges chargés de défendre les droits des citoyens) par ici.
-Vous êtes le nouveau du Ministry of Justice!
Il me sourit d'un air ironique. Oui, évidemment. Puis son sourire s'élargit encore plus.
-Je vous ai suivi dans votre petit tour du propriétaire. Il y a quelques endroits intéressants, non? J'adorerai faire un petit tour dans la salle des archives. Quand j'ai voulu y aller ce matin, l'archiviste ne m'a pas laissé rentré mais il me semble que ce brave homme garde ses enfants cette après-midi. Oh, aller, ne faites pas cette moue, les murs ont des oreilles. Si seulement ils me parlaient, je ne serais pas obligé d'espionner. Vous m'accompagnez?
Je manque de m'étouffer. Oh, le culot! Pourtant je le suis pendant qu'il se dirige vers la salle des archives aussi assuré que s'il était en terrain conquis. Arrivé devant la salle, il jette un coup d'œil à droite puis à gauche avec des airs de conspirateur. Il sort une épingle à cheveux, satisfait de n'avoir vu personne. Après quelques minutes d'acharnement, j'entends un cliquètement et la porte s'ouvre.
"Après vous, Hermione. Allons nous imprégner de ces dossiers qui n'attendent que nous."
Devant moi se dresse des monceaux de dossiers, des piles bringuebalantes de pochettes de couleur. Je hume la bonne odeur de papier et me détend enfin : je suis dans mon élément. Aucune information ne m'échappera.
Alors, que va-t-elle pouvoir découvrir? J'attends vos suppositions. Cependant, il va vous falloir un peu de patience car le prochain chapitre c'est Harry qui reprend la main. Avec les intrigues qui commencent à l'encercler, il sera un peu comme dans Master of cards.
