Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistar et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Personnages : Severus Snape, Albus Dumbledore, Minerva McGonagall, OC.
Correctrice : Fantomette34
Voici le dernier chapitre de cette histoire. Il y aura un petit épilogue la semaine prochaine.
Bonne lecture !
Un Enquêteur à quatre pattes - Franchir
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Un silence oppressant régna pendant un souffle, puis :
"SEV, FAIS QUELQUE CHOSE !"
Le cri du Minotaure ébranla les murs et se répercuta jusqu'à la rue, glaçant tous ceux qui l'entendirent.
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Au sixième étage, l'état de la petite s'aggravait. Sa cage thoracique semblait s'effondrer sur elle-même, comme aspirée de l'intérieur. La fin venait.
Sauf que.
Alistair jeta un regard désespéré sur Severus, et ce qu'il vit...
Merlin, qu'est-ce qu'il se passe ?!
Les yeux ordinairement d'obsidienne du Potionniste semblaient coulés dans l'or pur, et la même couleur teintait l'Aura entourant son corps... non, émise par son corps ! Et il avait le flacon du Sang de la Méduse au bout des doigts.
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Tandis que son compagnon restait bouche ouverte, Severus laissa son instinct le guider : de l'objet tiré de sa poche, il fit tomber une ligne rouge sur l'enfant qui traversa le tissu et atteignit la peau.
L'affaissement corporel cessa aussitôt.
Mais la fillette n'était pas sortie d'affaire pour autant. L'œdème avait gagné le fond de sa gorge.
Comprenant que l'Élixir vital ne passerait pas - et sans Magie pour l'aider - le Potionniste usa de sa dernière chance. Il ouvrit la bouche de la fillette et glissa quelques gouttes sous la langue, priant pour que le principe guérisseur puisse s'infiltrer rapidement.
L'enfant hoqueta, ses poumons se remplirent d'air à nouveau.
"T'as réussi, Sev !" sanglota Alistair.
Le sombre Professeur ne l'entendit pas. Comme un pantin coupé de ses fils il s'était écroulé, le visage de marbre, yeux et corps revenus à leur teinte de nuit.
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"Ça y est, il émerge !
- La... la petite ?
- Elle va bien. Grâce à toi. Tu as fait ce qu'il fallait."
Severus souleva ses paupières et grimaça : il se trouvait dans la Salle éclairée du Bar des Louchébems, au milieu d'une foule qui n'arrêtait pas de parler, de rire, de renifler, et tout ce bruit faisait enfler la migraine qui pulsait déjà dans son crâne. L'homme qui avait parlé en dernier dut le comprendre, car il lui tendit une fiole aussitôt :
"Tiens, bois !
- Nemo... qu'est-ce que c'est ? J'y vois à peine.
- Une de tes Potions. Ton mal de tête devrait disparaître en quelques secondes."
Reconnaissant envers le Chef des Enquêteurs, le Potionniste agrippa le contenant de verre et le dirigea tant bien que mal vers sa bouche. Merlin, j'ai un mal fou à coordonner mes gestes, que m'est-il arrivé ?!
"Asclépios m'avait dit que cela s'accomplirait un jour, ajouta le vieil homme, tandis que Severus buvait.
- De quoi parles-tu ?
- De l'usage que tu as fait de ses pouvoirs."
A voir l'air ahuri du concerné, Nemo comprit qu'il n'en avait pas eu conscience, alors il pria Alistair de venir auprès d'eux et de raconter ce qu'il s'était passé. Le minotaure s'exécuta, et plus il déroulait la scène, plus son compagnon blanchissait.
"Ce n'est pas possible, je... je n'ai que le Pouvoir de Diagnostic !
- Eh bien il semblerait que tu aies passé l'exam' de l'année supérieure, mon Sev, tu as ajouté à cette première capacité celle de Guérir. Savoir ce qui cloche chez un patient est une chose, pouvoir le traiter en faisant les bons gestes en est une autre et ce, quelles que soient les circonstances. Perso, je n'aurais jamais pensé à mettre le Sang de la Méduse sous la langue pour que le principe actif puisse passer."
Severus ouvrit la bouche une fois, deux fois... et s'abstint de répondre. Les dires du Minotaure semblaient extravagants, pourtant les faits étaient là : il avait sauvé la gamine en une suite de gestes précis, de doses administrées précises dont il ne se souvenait pas. Et tant qu'il y réfléchissait...
Cela n'était pas la première fois que cela se passait.
Il se rappela de la Potion qu'il préparait pour soulager les rhumatismes de Minerva. Une fois finie, il l'avait immédiatement apportée à la Sorcière qui l'avait bue en toute confiance. Et quand lui était retourné à son laboratoire, il s'était aperçu qu'il avait ajouté certains ingrédients absents de la recette.
Il avait alors sprinté vers le bureau de la Lionne, effrayant les élèves qui se demandaient ce que faisait une Chauve-Souris à Réaction dans les couloirs. Dès qu'il avait ouvert la porte il avait vu...
Minerva , souriante, heureuse, faisant tourner sur lui-même le poignet qui grippait si souvent.
Plus tard, après des examens de Poppy et les siens propres, il en avait conclu que ses innovations avaient été pertinentes : l'essence d'une plante avait remplacé un manque dans le métabolisme de la vieille Dame, une autre avait neutralisé l'effet trop important d'un adjuvant. En bref, il avait concocté un remède hautement personnalisé.
Et là aussi, il ne s'était souvenu de rien.
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Un effleurement le ramena au présent.
"Massacre ?"
Oui, il était là, l'autre héros du jour, qui devait sa célébrité au rapport qu'avait fait le Lieutenant Rivière sur ses actions dans l'appartement des malfrats. Le Chien des Enfers lui en vouait une reconnaissance éternelle... surtout parce que le jeune homme avait oublié de narrer la partie d'avant la bagarre, où la Créature s'était - il faut bien le dire - ridiculisée.
"Ouah ?
- Tu me demandes si je vais bien ? C'est le cas. Je suis juste fatigué."
Massacre pencha alors la tête jusqu'à l'horizontale, posa ses oreilles l'une sur l'autre et ferma les yeux, comme pour dire :
Hé, si tu le veux, pour dormir, je peux te servir de matelas, de drap et de couverture chauffante. Du vrai Trois-En-Un ! C'est pas chez tes Moldus que tu trouveras ça, alors, ça roule ?
Severus regarda ceux qui étaient dans la Salle du Bar. Personne n'avait besoin de son aide, ni ne faisait attention à lui. Les agents d'Interpol, enfin réveillés, buvaient dans leur coin un café bienvenu, les cousins Chassebois discutaient à n'en plus finir avec le chef de ces derniers, Rivière, celui-ci à moitié écrasé sous les quatre-vingts kilos affectueux de Flûtiau. Grimoire, derrière le comptoir, s'en sortait relativement bien avec les bouteilles, et les regards noirs de Nemo ne l'affectaient pas. Ou plus. Albus et Minerva somnolaient contre le mur. Quand à Lydie et Elspeth...
elles étaient au chevet d'un des lits de camp, parlant doucement à la petite miraculée et lui consacrant toute leur attention.
Alors il hocha la tête et suivit Massacre jusqu'à un autre lit de camp que la Créature recouvrit en s'étirant de plusieurs fois sa hauteur et sa largeur : sa chair souple était devenue matelas, sa tête oreiller et la douce fourrure couverture la plus chaude qui soit. Severus se déchaussa et s'y glissa.
En moins d'une minute il s'était endormi, l'esprit en paix,
en ayant pris soin, quand même, d'éloigner la gueule du Chien des Enfers de son visage,
au cas où celui-ci se mettrait à baver.
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Quand il s'éveilla à nouveau, les gens étaient partis, ne restait dans les lieux que Nemo... Massacre... lui-même, bien sûr...
l'enfant.
Et près d'elle une femme aux traits fatigués qu'il reconnu sans peine. Séraphine Pickery, l'ancienne Présidente du MACUSA dans les années vingt.
En se redressant il l'alerta, et elle vint à sa rencontre.
"Comment avez-vous fait ? fut la première chose qu'elle dit.
- Fais quoi ?
- La guérir ! Totalement !... Les Médicomages étaient formels, elle ne pourrait jamais rester à proximité de la Magie, selon eux, cela aurait pu redéclencher des crises. Elle... elle avait ce que les No-Maj appellent une maladie auto-immune, ses propres Pouvoirs l'attaquaient. On avait été obligé de les lui enlever, mais... mais ils se reconstituaient, et il fallait les ôter à nouveau."
Ah , c'est donc pour cela qu'il ne fallait pas user de Magie dans cette histoire !
"Nous avions cru qu'en la mettant dans une école No-Maj, elle pourrait avoir une scolarité normale, poursuivit-elle, mais les ennemis de ma famille l'ont su, et elle a été enlevée.
- Nous l'avons retrouvée.
- Vous avez fait bien plus, vous lui avez sauvé la vie. Vous l'avez guérie ! Elle peut dorénavant vivre avec nous sans risques et sa Magie reviendra définitivement. Comment - avez-vous - fait ?"
Le Potionniste sourit :
"Grâce à mon Héritage. Je suis le descendant du Dieu de la Guérison Asclépios."
La Sorcière hoqueta. Se reprit.
"Alors remercions le Hasard qui vous a fait croiser la route de ma petite-fille, sourit-elle à son tour.
- Plutôt le Destin, Madame. S'il y a une chose que j'ai apprise en ce Monde, c'est que, pour nous, le Hasard n'existe pas."
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La vieille Dame hocha la tête sans mot dire.
Quand elle eut disparu avec la fillette, Severus vint au comptoir. Un café fumant l'attendait déjà.
"Des nouvelles de Madame Kostic ? demanda-t-il au Capitaine.
- Hmm, non !... Elle a l'habitude de nous laisser du temps pour nous calmer, quand elle nous a fourrés dans les ennuis sans rien nous dire. Et là, il y a de quoi !"
Entièrement d'accord.
"A propos de nouvelles... reprit Nemo, quelqu'un est venu pendant que tu dormais.
Il a laissé un message."
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Le Potionniste avisa la lettre soigneusement cachetée qui occupait le centre de la table, et maintenant celui de ses pensées.
L'enveloppe fut déchirée.
"Mon cher petit..."
...
Bon, je suppose que tout le monde a deviné qui est l'auteur de la lettre. Le contenu de cette dernière constituera la majorité de l'épilogue.
