Bonjour, bonjour, me revoilà avec le chapitre 9! Il est beaucoup plus long que d'habitude et j'espère qu'il vous plaira ;)
La fic devrait dépasser largement les 20 chapitres \o/
Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé!
EDIT : chapitre corrigé
Mr Potter et le testament de Serpentard
Chapitre 9
Il sentait sa conscience reprendre possession de lui, son corps reprendre lentement vie. Il ouvrit avec difficulté ses paupières qui lui semblaient peser autant qu'un basilic mort, il ne vu que du blanc, de la lumière blanche, des murs blancs, un plafond blanc, une tête blonde. Il posa son regard sur le jeune homme à côté de lui. Ce dernier leva les yeux vers lui et lui sourit.
- Tu es à l'infirmerie, lui dit-il.
Lentement il se souvenu. De qui était le jeune homme, d'où il était, pourquoi et surtout ce qui s'était passé avant. Son corps lui paraissait si faible, si fragile. Il essaye de se redresser, mais manqua de s'écrouler, et fut rattrapé par Draco.
- Attention, Potter, tu es encore faible.
Il le réinstalla dans le lit et le jeune homme se rendormis en touchant son oreiller. Le Serpentard soupira, Harry dormais depuis déjà un jour entier et il n'avait pas l'air d'aller beaucoup mieux. Si l'on croyait madame Pomfresh, c'était à cause de l'épuisement de sa magie pendant les différents transplanages dans Poudlard, ajouté à la fatigue et sûrement le moral.
Il se leva et quitta l'infirmerie, Harry n'allait pas se réveiller de sitôt. Il était resté auprès de lui une bonne partie de l'après-midi après les cours la veille, puis était retourné le voir ce matin un peu avant son réveil. Il reviendrait ce soir.
Il avait peur, peur des mots prononcés par le Gryffondor, il voulait le questionner quand il aurait repris conscience, c'est pourquoi il était venu le voir si fréquemment au point de rendre Pomfresh suspicieuse. Mais il était malheureusement presque certain de ce qu'il allait lui dire, et il ne voulait pas l'entendre.
Il revint à l'infirmerie dès la fin du cours de soin aux créatures magiques sans même passer poser son manuel, les cachots étaient trop loin de l'infirmerie. Il croisa Ron et Hermione qui en sortaient silencieusement, sans le regarder. Harry était toujours endormi dans le lit au fond de la pièce, près des grandes fenêtres qui donnaient sur le parc. Il était très pâle, et semblait avoir froid, ses lèvres tiraient vers le violacé et il grelotait légèrement. Draco s'approcha de lui et remonta la couverture supplémentaire jusqu'aux épaules du brun, effleurant son épaule par inadvertance.
Harry ouvrit les yeux, réveillé par ce geste qui aurait pu ressembler à une caresse. En glissant son regard autours de lui il tomba sur le visage presque inquiet de Draco. Il se redressa avec difficulté, s'enveloppant dans la couverture et se massa les tempes.
- On est quel jour ? demanda-t-il d'une voix rauque.
Il avait bien l'intuition d'être resté inconscient un long moment.
- Mardi, les cours sont finis. Lui répondit le blond.
Harry paraissait un peu perdu, déboussolé, comme hors du temps. Il papillonnait des yeux comme pour s'éclaircir les idées.
- Tu te souviens ? demanda Draco.
Il hocha la tête en frissonnant à ses souvenirs. Harry s'était assis sur son lit, les jambes sous lui, enroulé dans la couverture chaude, face à Draco. Ils se fixèrent quelques instants en silence, sans oser vraiment parler. Puis, le Gryffondor engagea :
- Malfoy, quand est-ce que tu as vu ton père pour la dernière fois ?
Le Serpentard chancela. Cela ne faisait pas partie de la case « bon souvenir » de son cerveau, comme beaucoup de souvenirs concernant son père par ailleurs. Il parut hésiter, ses sourcils clairs se froncèrent.
- Pendant la bataille finale. Je… O…On s'est battu…
- Et que s'est-il passé ? insista doucement Harry, conscient de ramener de mauvais souvenirs, il ne voulait pas relancer la crise de la dernière fois.
- C'est lui, il m'avait attaqué… Et je me suis défendu. J'ai…J'ai lancé un sort de découpe… il l'a touché en plein torse et sur le bas du visage je crois… I…Il se vidait de son sang… J'ai pas envie de repenser à ça, Potter !
- S'il te plait, juste encore un peu, je dois savoir.
- Si tu veux tous savoir, je suis parti. Je l'ai laissé pour mort, à se vider de son sang comme un vulgaire animal. J'ai tué mon père, Potter.
- Je suis désolé… murmura Harry. Mais je ne crois pas qu'il soit mort.
- Il est mort, j'ai tué mon père. Je suis un assassin, rien de changera ça. Pour moi, il est mort et j'en suis responsable.
Harry baissa les yeux, triste et pensif. Voir Draco dans cet état de froid, de néant lui faisait mal. Il lui rappelait trop lui-même après la mort de Sirius mais là tout est différent. Différent car son père a essayé de le tuer alors que Sirius voulait le sauver. Différent car il a pleuré pendant des jours la mort de son parrain et Draco n'avait pas l'air affligé par la mort de son père. Il avait juste la culpabilité d'un meurtre. Même si Lucius n'était pas mort, Draco se sentait assassin : il avait levé la main vers son père dans le but de l'abattre, il l'avait blessé. Le meurtre du père pour devenir un homme, le meurtre d'un père qui voulait tuer son enfant.
Draco se souvenait trop douloureusement de ce jour-là. Son père, il l'avait croisé sur le champ de bataille qu'était devenu Poudlard et lui, son père, celui qu'il avait admiré depuis toujours, l'avait attaqué. Il était devenu un traître. Au tout début, il n'y avait pas cru. Mais il devait vivre, vivre pour enfin connaître un monde en paix. Alors, il avait contre-attaqué il s'était défendu, brisé de l'intérieur.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit en fracas pour laisser passer la professeur McGonagall et Pomfresh, suivit au petit trop par Ron et Hermione.
- Je pensais vous avoir dit, monsieur Malfoy, de venir me chercher immédiatement après le réveil de Mr Potter ! Clama la directrice.
Le Serpentard pris un air quelque peu gêné et répondit avec son snobisme habituel qu'il venait seulement de se réveiller à l'instant. La directrice de Poudlard écouta à peine les excuses du jeune Malfoy, elle avait un masque d'inquiétude inscrit sur son visage qu'elle n'avait pas eu depuis la fin de la guerre. Elle invoqua un tabouret et s'y installa, face au lit d'Harry, assez proche pour l'entendre sans qu'il n'ait à forcer la voix.
- Comment vous sentez-vous ? demanda-t-elle.
- Epuisé mais je vais mieux.
Elle eut l'air indécise subitement.
- De quoi vous souvenez vous ?
- De tout.
- Donc, quel nom avez-vous dis en revenant à Poudlard ?
- Lucius Malfoy. Lui répondit-il.
- Bien, elle soupira. Il y a plusieurs choses qui méritent éclaircissement, Mr Potter. Déjà, commençons par le début, pourquoi cet article vous a mis dans une telle colère ? Ce ne serait pas la première fois qu'un article calomnieux parait sur vous.
- Je… En effet. Mais il y a des sujets plus sensible que d'autre… murmura-t-il.
McGonagall attendit quelques instants, écoutant s'il voulait poursuivre, mais, devant son mutisme, elle continua à poser des questions :
- Un autre point important à éclaircir. Comment avez-vous pu transplaner à l'intérieur de Poudlard ? C'est comme vous le savez complètement impossible aux vus des barrières de protection anti-transplanage conçu par les fondateurs. Si vous avez connaissance d'une faille, vous avez le devoir de nous en parler.
Harry hésita. Il ne savait pas s'il devait dire la vérité ou mentir à la directrice. Sachant qu'il y avait une possibilité assez grande de se faire confisquer sa nouvelle baguette et être interdit de chasse au tombeau s'il parlait. Il hésita encore, puis fit un choix.
- J'… Je n'en ai pas la moindre idée, professeur. Je n'ai pas du tout réfléchis sur le moment, c'était comme une sorte d'instinct. Comme si le château m'avait offert cette possibilité.
Un silence tomba sur l'infirmerie. Draco se tordait les mains dans son dos, mal à l'aise. Minerva McGonagall fixa le Survivant avec perplexité, elle ne savait vraiment pas quoi penser. Elle ne savait pas du tout quoi penser. C'était la première fois qu'elle entendait parler de ce genre de chose, elle ne savait pas cela possible. Seul les directeurs ou directrices successifs avaient le pouvoir de transplaner dans ses murs. La directrice avait peur, peur que la sécurité de Poudlard ne soit plus garantis et qu'elle soit contrainte de fermer l'école. Mais à sa grande surprise, après vérification complète, aucune des barrières de protection du château n'avaient bougé, aucun signe de transplanage. Les barrières étaient intactes, comme si Potter avait la permission de transplaner dans les murs… Un mystère.
- Bien, dit-elle. C'est… perturbant. Venez me voir dès le moindre détail inhabituel, Potter.
Il acquiesça doucement. Elle poursuivit en s'adressant à Draco et Harry.
- Comme vous devez le savoir, Lucius Malfoy est présumé mort, son corps n'a jamais pu être retrouvé après la bataille finale. Que savez-vous Potter ? Pourquoi avoir prononcé son nom ?
Harry reprit sa respiration, les entrailles de Draco se serrèrent, il ne voulait pas savoir…
- Je sais que j'ai vu Lucius Malfoy chez les Dursleys hier, en plus maladif, plus malade, presque mort. Il avait les cheveux blanc je crois…
Draco était livide, il tremblait presque, complètement crispé. « Alors c'était vrai » pensa-t-il. McGonagall l'invita à poursuivre :
- Que faisait-il donc chez votre famille, Potter ?
Elle était inquiète, c'était visible, presque palpable. La sorcière ne savait que trop bien ce dont Lucius Malfoy était capable.
- Je n'en ai pas la moindre idée, professeur. Mais je suis presque sûr qu'il s'est servi d'eux pour m'attirer hors de Poudlard avec l'article de la Gazette…
Harry tournait autour du pot, il ne semblait pas vouloir dire ce qu'il s'était passé, attendant les questions de la directrice. Cette attitude ne faisait que renforcer la tension dans la pièce. Ron et Hermione ne disaient rien, ils étaient tous les deux en retrait de la scène. Ils étaient relativement calme, aussi calme que l'on peut être quand votre meilleur ami est allongé dans un lit à l'infirmerie sans dire ce qu'il lui est arrivé. Ils fixaient tour à tour Draco et Harry. Il se demandait ce que faisait le Serpentard ici. Puis, quand il fut question de Malfoy senior, ils se tendirent, trop de mauvais souvenir autours des Malfoy.
La directrice soupira, les questions lui coutaient.
- Bon sang, Potter, dites-nous ce qu'il s'est passé pour que vous soyez dans cet état-là !
- Il a essayé de me tuer, avec un sort de mort, voilà ce qui s'est passé mais j'ai eu le temps de transplaner avant qu'il ne le lance. Dit-il brusquement, comme s'il avait peur de ne pas finir sa phrase.
Draco tomba. Il perdit l'équilibre, sonné. Ils durent le faire s'assoir sur le lit d'Harry, qui lui fit une place, soutenant son camarade. Il semblait mort de peur. Il ne voulait pas savoir. Il ne voulait pas savoir. Il ne voulait pas savoir mais il savait. Il était vivant. Personne ne compris sa réaction, sauf peut-être Harry. Il n'avait pas tué son père mais le retour de Lucius Malfoy le terrifiait. Le sang-pur n'allait sûrement pas oublier la traîtrise de son héritier. Draco avait peur, peur de son père, peur de son pouvoir de vengeance. La peur d'un père est douloureuse, surtout quand elle fait remonter des souvenirs que l'on aurait préféré oublier.
Au même moment, Ron et Hermione avaient glapit en entendant le récit du Survivant. Et McGonagall s'était décomposée, elle avait encore une fois l'impression d'être plongée dans les tourments de la guerre.
- Bon, dit-elle, les yeux dans le vague, laissons Mr Potter dormir. Sortez.
Elle fit sortir les trois adolescents d'un regard sec, alla glisser quelques mots à madame Pomfresh puis sortie d'un pas vif pour aller siéger dans son bureau. Elle avait des hiboux à envoyer au Ministère d'urgence.
Hermione s'était caché dans le couloir en attendant que la directrice parte et fit demi-tour pour retourner à l'infirmerie au galop en échappant à la vigilance de l'intransigeante infirmière. Harry vit la jeune femme foncé sur lui, un air furieux sur le visage.
- Harry James Potter ! Je peux savoir ce qu'il t'a pris ?! Comment peux-tu avoir été aussi stupide de ne pas avoir pensé que ça pouvait être un piège ? Quand arrêteras-tu de foncer comme un Hippogriffe ?
- Je ne vois pas très bien en quoi ça te concerne, Hermione. Je prends la responsabilité de mes actes, pas besoins de venir me faire la morale. Plus besoins de me surprotéger, je ne suis plus le précieux petit Horcruxe qui doit mourir de la main de Voldemort, je n'ai plus autant d'importance. J'en ai ras le bol de cette surdose de protection, je ne suis pas aussi fragile que tu le penses !
Hermione laissa échapper un sanglot et donna un violent coup sur la joue du brun, sa main claqua avec force et résonna dans la pièce. Harry la regarda sonné.
- Tais-toi, imbécile ! Tu penses vraiment que c'est pour cela que je m'inquiétais pour toi, et que je m'inquiète maintenant pour toi ? J'étais comme toi, dans l'ignorance des manigances de Dumbledore. Tu es mon meilleur ami, Harry et je pensais que c'était pareil de ton côté. Tu nous caches des choses, tu nous évites, tu ne nous parles presque plus. On ne sait plus rien de toi ! Est-ce qu'on est encore vraiment tes meilleurs amis, Ron et moi ? Et puis, pourquoi tu ne nous as pas parlé de ta nouvelle baguette ? Est-ce qu'on mérite d'être mis de côté de la sorte ?
- Non, vous ne méritez pas, lâcha Harry, plus calme. C'est moi qui ai quelque chose qui cloche… Je n'ai plus envie d'aller vers les gens que j'ai connus avant. Je vous aime toujours autant mais je n'arrive plus à avoir envie de partir à vos côté comme avant, de parler de choses. Je rattache trop de souvenir douloureux à cette époque, je n'y arrive pas… C'est… Je… Je ne sais pas…
- Tu vas vers les gens, Harry, tu vas vers Malfoy, tu ne vas que vers lui depuis la rentrée ! Dit-elle avec douleur.
- Je…Je ne sais pas… C'est différent…
Il baissa la tête, la tristesse et la douleur dans les yeux d'Hermione lui faisait mal dans la poitrine. Il en voulait de lui faire du mal. Elle était en colère, et blessée, et Harry ne pouvait pas lui donner tort… Elle lui en voulait de la rejeter de cette manière.
Hermione s'écarta du lit, en fixant Harry et elle quitta l'infirmerie sans se retourner. Harry resta immobile, à fixer le vide, lui aussi était vide. Il doutait de tout et surtout de lui-même. Il doutait de ses choix, de ses mots, de ses pensées, de tout. Il avait eu tort sûrement de parler si durement à Hermione, mais il s'était senti obligé d'être honnête, de dire ce qu'il avait sur le cœur, mais il ne l'avait pas fait de la meilleure manière qui soit en effet. Il ne savait pas comment expliquer ce vide qui emplissait tout son être depuis la fin de la guerre, depuis les Dursleys, depuis tout… Toutes ces personnes qu'il avait côtoyées pendant ces années de guerre lui étaient précieuses mais maintenant que tout était fini, il avait du mal à les regarder dans les yeux sans revoir les horreurs qu'il avait vécu. Etrangement, il ne ressentait pas cela avec Draco, ils avaient un passif moins loin et un poil moins violent. Il avait perdu la force de combattre, mais il plongea à nouveau en plein milieu d'aventures inespérées pour tenter de combler ce vide, en faisant ce qu'il avait toujours fait.
Madame Pomfresh venu lui faire une série d'examen avant de lui signifier sèchement que plus rien ne le retenait à l'infirmerie. Harry quitta donc cette aile du château pour son dortoir, mais en chemin pour la tour Gryffondor, il pensa à Draco et voulu parler avec lui. Ils n'avaient pas réellement eu le temps parlé de tous ce qui s'étaient passé, et ils avaient besoins. Et aussi, il ne voulait plus laisser le Serpentard se morfondre dans son coin, il aurait dû aller le voir bien plus tôt et ne pas le laisser une semaine sans comprendre.
Il fit demi-tour et dégringola vers les cachots à pleine vitesse, faisant râler les tableaux sur son passage. Il ressentait un surplus d'énergie à avoir dormis si longtemps, il se dépensait en cavalant dans Poudlard, priant Merlin pour ne pas tomber sur un professeur pendant sa course folle. Il arriva très vite devant le tableau gardant les appartements de Draco Malfoy et freina à moins d'un mètre du serpent qui lui siffla des insanités.
- Puis-je entrer ? demanda-t-il en fourchelangue sur un ton digne d'un charmeur de serpent.
La peinture sembla réfléchir puis inclina sa tête et ouvrit le tableau dans un grincement digne du château hanté qu'est Poudlard. Il pénétra dans le salon, vide.
- Y'a quelqu'un ?
Le silence lui répondit. Il jura contre le serpent qui ne lui avait pas dit que le blond était absent. Il poussa la porte de la chambre, elle aussi vide.
- Malfoy ? tenta-t-il, Draco ?
- Mais toujours le silence.
Il rentra malgré tout dans la chambre, espérant peut-être trouver le devoir de potion à faire pour le lendemain, laissé par mégarde sur son bureau. Avec toutes ces histoires, il n'avait pas eu le temps de faire ses devoirs à la dernière minute comme d'habitude. Il jeta un coup d'œil aux papiers étalés sur son bureau, des brouillons, des cours et une lettre qui attira l'attention d'Harry. Mais ce fut réellement la date et la signature qui le firent bondir. Elle datait d'une semaine auparavant, et comportait un élégant « Lucius Abraxas Malfoy » calligraphié au bas de la lettre.
Harry sentit son sang se glacer, immédiatement il pensa à une traitrise de Draco avant de se fustiger en se rappelant la réaction du blond à l'annonce de la présence de Lucius chez les Dursleys et son histoire en générale. Il se repencha sur la lettre et la lut en diagonale. Et là, il comprit. On pouvait la résumer en un mot : des menaces. Le père de Draco lui annonçait sobrement qu'il avait survécus. Il décrivait avec une application chirurgicale toutes les manières dont il allait le torturer, le réduire au néant, le faire disparaître de la pire des manières. Mais il déclarait aussi qu'il savait. Il savait qu'Harry était l'héritier de Serpentard, et qu'il comptait prendre sa place.
Tout pris soudain sens. Il comprit le comportement étrange de Draco cette semaine, pourquoi il s'était refermé sur lui-même. Et il comprenait encore mieux la réaction qu'il avait eue quand il avait annoncé que son père avait essayé de le tuer. Et il comprenait aussi pourquoi le vieux Lucius voulait le tuer…
- Qu'est-ce que tu fais là, Potter ?
Une voix retenti à l'entrée de la chambre : Draco était revenu de la salle de bain des préfets, ses affaires sous la main. Harry se retourna violement et s'exclama :
- Draco !
Le blond sursauta en entendant son prénom. Mais il fonça vers le bureau et essaya de cacher la lettre en espérant qu'Harry ne l'ai pas lu.
- Je l'ai déjà lu, désolé, je cherchais juste le devoir de potion. Je ne pensais pas… je… Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?
Draco était mortifié, il hésitait entre hurler de rage et fondre en larme. Il ne voulait pas qu'Harry sache, ni Harry ni personne. Il avait peur, trop peur de son père.
La semaine dernière, après le départ d'Harry de sa chambre, un hibou avait toqué à la fenêtre, apportant la lettre. Il avait d'abord cru à un canular, puis il avait vérifié, c'était bel et bien l'écriture de son père. Par ailleurs, personne à part lui, et maintenant Harry, n'était au courant pour leur combat. Ça ne pouvait être que lui. Draco avait eu la pire réaction du monde : se refermer sur lui-même, nier complètement cette lettre et se cacher. Il aurait pu aller voir McGonagall ou même Harry mais il est lâche et l'assume relativement bien. Mais s'il disait cela à Harry, il monterait immédiatement sur ses grands chevaux en lui clamant qu'il n'était pas lâche. Lui-même n'avait pas compris sa réaction, son enfermement.
- J'aurais pu, je crois… j'avais peur…
- Peur de quoi ? le questionna Harry.
- Je ne sais pas… murmura Draco. Je n'en sais rien…
- Je comprends que tu ais peur de ton père, mais pour avoir peur d'en parler ? insista-t-il
- Mais j'en sais rien, merde, Potter ! s'énerva le blond, les larmes aux yeux. J'avais peur… peur… peur de devoir dire que j'avais tué mon père, et qu'il voulait se venger ! Peur que tu ne veuilles plus jamais me fréquenter à cause de lui ! Je… je…
Et il fondit en larme, se rattrapant au bureau, toute la pression qu'il avait accumulé pendant plusieurs jours s'échappait enfin. Ses épaules tressautaient légèrement, ses larmes tombaient une à une sur les parchemins étalés sur son bureau. Harry sentit son cœur se serrer. Il ne voulait pas le faire pleurer. Il posa une main sur son épaule, et la serra pour essayer de le réconforter. Draco tremblait, il se retourna et s'accrocha à la robe d'Harry, la tête contre son torse. Il n'était pas coutumier de ce genre de démonstration mais il en avait plus que besoin aujourd'hui. Harry fut surprit, mais il passa ses bras autours des épaules du blond pour le bercer doucement, en rythme avec la pluie qui battait contre la vitre.
- Tu n'as pas tué ton père, Draco, et tu as réussis à m'en parler tout à l'heure et jamais je cesserais de fréquenter quelqu'un pour une raison pareil, calme toi…
- Je suis désolé, Potter, c'est toi qui devrait avoir besoin de réconfort, on a essayé de te tuer… Et ta famille t'a trahit… Et là c'est moi qui chiale comme un gamin… murmura Draco la voix tremblante.
Harry trouvait très émouvant ce Draco là, plus humain que celui qu'il avait connu les années précédentes.
- Ne t'excuses pas, c'est normal de réagir comme ça. Et puis, je commence à avoir l'habitude qu'on essaye de me tuer, je ne suis pas vraiment un bon exemple de réaction émotionnelle normale.
Draco hocha la tête et s'écarta du brun doucement, pour s'assoir sur son lit, face à Harry.
- Pourquoi ont-ils fais ça ? demanda le blond.
- Je… Je pense que j'ai compris ! tu sais, je t'avais dit que les Dursleys m'avaient payé en Gallion.
- Oui, et alors ? Tu penses que c'est Lucius qui le leur a donné ?
- Ça me semble assez logique, en effet, lâcha Harry.
Ils ne parlèrent plus pendant quelques instants, et le brun s'assit à côté de Draco sur le lit. Il était pensif.
- Dis, Potter, tu pourrais rester cette nuit ? demanda le Serpentard au bout d'un moment. Je n'ai pas vraiment envie de rester seul ce soir…
Harry tourna la tête vers lui, surprit.
- Euh, oui… si tu veux, mais je vais dormir où ? répondit-il.
Draco n'avait pas pensé à la question à vrai dire, il avait juste proposé cela en l'air, sans réfléchir, instinctivement. Il n'avait même pas pensé qu'Harry pouvait accepter. Mais il ressentait soudainement un besoin de compagnie qu'il n'avait pas ressenti depuis longtemps.
- On peut métamorphoser mon lit en deux, proposa Draco
Le brun acquiesça.
- Laisse-moi juste retourner à la tour Gryffondor pour chercher un pyjama.
- Pas besoin, je te prête ce dont tu as besoin, tu ne vas quand même pas remonter jusque-là haut à cette heure-ci, après le couvre-feu…
Draco passa un bas de pyjama en soie à Harry pendant que lui-même se changeait pour enfiler le sien. Ils dormaient tous les deux torses nus. Le blond enleva sa chemise, le regard d'Harry bloqua sur son torse pâle où se déchiraient de longues lignes blanches, derniers vestiges de sa douloureuse sixième année avec la marque noir à son avant-bras qui était presque effacé maintenant. Le brun fit une grimace d'excuse au Serpentard et détourna le regard, gêné.
C'est Harry qui sorti sa baguette pour séparer le lit en deux lits jumeaux, et ils se couchèrent en silence.
- On a vraiment des vies bizarres, pas vrai, Potter ?
- Ça, tu l'as dit… répondit le Gryffondor en souriant.
A suivre...
