Chapitre 10 : Un homme, trois femmes, problèmes
Ellie serra le petit un peu plus fort dans ses bras en s'efforçant de garder son calme. La situation devenait catastrophique. Elle craignait de ne pas arriver à protéger le petit Thomas. Les Illumidas allaient les trouver et s'ils découvraient que Thomas était le petit-fils de Sylvidra, ils se feraient un plaisir de le tuer pour faire payer à la reine des Mazones d'avoir préféré Harlock à leur souverain. Elle se colla contre le mur et attendit. Une lumière crue illumina la pièce une fois que le nouvel arrivant eut trouvé le commutateur. Ellie retint sa respiration. En entendant des pas s'approcher, elle ferma les yeux, terrifiée. Thomas était un enfant innocent et il avait toutes les chances de se faire tuer pendant cette attaque. Une larme roula sur sa joue qu'elle essuya rapidement. Les pas continuaient de s'approcher, elle devait se ressaisir, faire face à cet adversaire, pour Thomas, pour lui laisser une chance de s'en sortir.
Harlock avançait prudemment, contrôlant derrière chaque caisse. Il avait envoyé la totalité de son équipage à l'assaut et avait confié à Toshiro la sécurité de l'Arcadia. Il savait que son équipage suivrait ses directives contrairement au baron de Busson qui risquait de s'empresser de massacrer toutes les Mazones, esclaves inclus. Il arrivait au bout de la pièce et n'avait croisé personne. Il entendit des pas s'approcher de lui et reconnut ceux de Yattaran ainsi que ceux de Kei suivis par d'autres. Il se retourna et vit le baron de Busson s'approcher de lui avec le sourire du vainqueur. Le capitaine reprit sa fouille pour détourner son regard de cet être qu'il détestait. Il jaillit brusquement derrière l'ultime rangée de caisses et se figea en voyant Ellie qui tenait dans ses bras un petit garçon. Ellie, le regardait, glacée, prête à frapper s'il s'approchait. En voyant ce regard, il réalisa à quel point elle était meurtrie et son cœur se serra. Ellie plaça le petit Thomas derrière elle qui s'accrocha à sa taille et observa ce grand monsieur habillé bizarrement.
- Il semblerait que les soldates de Sylvidra se soient plantées, ce n'étaient pas les Illumidas finalement, grinça Ellie avec un rictus de colère.
Harlock ne l'avait jamais vue dans cet état là et son cœur reçut ce rictus comme un coup de poignard. Plusieurs personnes se placèrent aux côtés du capitaine et Ellie se retrouva cernée. Elle reconnut Kei, Yattaran ainsi que des élèves de l'académie plus un des représentants du groupe des aristocrates à l'assemblée, le duc de Busson, probablement l'un des plus pervers alliés d'Aristote Zone au moment où celui-ci était au pouvoir.
- Il semblerait que la racaille a la vie dure, se moqua le baron. Dire que je pensais que cette salope était morte ! Et à qui est ce petit bâtard qu'elle cache ?
Harlock observa l'enfant et le regarda dans les yeux. Il reconnut alors son propre sang.
- C'est le fils d'une amie, mentit Ellie. Une esclave Mazone.
- Ça pousse comme du chiendent ces saloperies, railla le duc. Dégage traînée ! Je vais me faire un plaisir de le buter !
Harlock avait envie de faire rendre gorge au baron mais il y avait beaucoup trop de témoins de plus en plus d'élèves et autres membres de l'aristocratie approchaient et il se retrouvait dans l'impasse. Il n'avait plus qu'à jouer le jeu.
- Laissez tomber monsieur le baron, à quoi bon perdre du temps avec des mauvaises herbes. Ils ne sont pas une menace pour nous. Ils ont trouvé le moyen de se faire battre par le peu d'armée dont disposait Sylvidra, se moqua Hans.
- On aurait pu s'en sortir si les aristos nous avaient laissés partir avec le matériel dont on n'avait besoin mais ils devaient avoir la trouille que si les Mazones esclaves trouvaient un endroit où s'installer, qu'elles finissent par revenir plus fortes et plus nombreuses pour leur botter le cul.
- Comment oses-tu crevure ! Hurla le baron en la frappant durement.
Ellie allait se retrouver avec un très bel œil au beurre noir mais elle s'en moquait, ils allaient tous les tuer de toute façon. Elle n'allait pas leur offrir en plus, le plaisir de courber l'échine.
- Ellie, murmura le garçonnet en pleurant.
- Ca va aller mon cœur ne t'inquiètes pas, le rassura Ellie en souriant.
- Décidément tu es stupide Ellie, se moqua Harlock. Ces pauvres idiots ne sont même pas capables de se battre, je ne vois pas en quoi ils seraient une menace pour nous. Ils n'avaient pratiquement aucune chance de s'en sortir. Il n'était donc pas nécessaire de leur fournir du matériel qui aurait été perdu. C'eut été du gaspillage.
Le baron rit bruyamment à cette remarque et Ellie serra les poings de colère.
- Lâche ! Depuis que tu t'es mis de leur côté tu es devenu un toutou qui obéit joyeusement à ses maîtres en remuant la queue ! Le railla Ellie. Faut croire que la poupée russe doit être une sacrée affaire au lit pour que tu aies changé à ce point-là.
Le baron s'apprêtait à la frapper à nouveau mais Harlock lui saisit le poignet et s'approcha d'Ellie. Ce fut lui qui porta le coup suivant, l'âme meurtrie et le cœur en miettes. Il la frappa violemment en bas des côtes ce qui coupa sa respiration et elle s'effondra au sol en ayant du mal à reprendre son souffle. Ce fut le petit qui, en colère, partit à la charge de son grand-père qui se contenta de le repousser. Thomas tomba et Ellie le reprit dans ses bras pour éviter qu'il ne se jette à nouveau sur le capitaine.
- Tu avais raison Harlock, nous ne sommes pas du même monde et je n'ai aucune envie d'entrer dans le tien où on agit de manière aussi lâche, cracha Ellie en se redressant tout en tenant l'enfant.
- Tu trouves que je suis lâche ? Ricana Harlock. Très bien. Je vais les laisser repartir dans ce qu'il reste de leur vaisseau-cité. De toute façon, ils ne tiendront pas longtemps.
Il la saisit ensuite brusquement par la gorge et la plaqua contre le mur sous le regard terrorisé de l'enfant.
- Maintenant tu vas sagement obéir comme la chienne que tu es car pour ce qui est des galipettes au plumard tu n'es pas en reste ! Cracha-t-il méprisant.
Il relâcha la prise et Ellie se massa le cou. Le petit, accroché à son pantalon pleurait. Elle posa sa main sur la tête de l'enfant et respira profondément. Elle remerciait le ciel de lui avoir permis d'avoir pu finir juste à temps les réparations du vaisseau. Sans cela ils eurent probablement été condamnés. Kei était très pâle et recula en tremblant, elle laissa passer Ellie qui ne lui adressa même pas un regard. Elle avançait calmement, si elle croisait les autres membres du vaisseau-cité il ne fallait pas qu'ils puissent voir son inquiétude. Elle passa devant quelques-uns de ses anciens étudiants et s'éloigna en caressant la tête de Thomas pour qu'il se calme. Elle devait à tout prix cacher le fait qu'il était le petit-fils de Sylvidra sans quoi le baron cette fois-ci le descendrait avec l'assentiment d'Harlock. Un des élèves se chargea de la mener jusqu'au aux autres membres du vaisseau-cité et Ellie fut soulagée en les voyant dans le parc, apeurés mais vivants. Elle vit Sandy et lui fit un franc sourire.
- Thomas, va, rejoins ta maman, ordonna Ellie au garçonnet en lui désignant Sandy.
Face au sourire rassurant de sa nourrice, le petit regarda la jeune Mazone et se dirigea vers elle.
- Comme je suis contente qu'Ellie ait réussi à te retrouver mon petit chéri ! S'exclama la jeune Mazone en se précipitant sur le garçonnet pour l'embrasser.
Ellie lui mima un "merci" du bout des lèvres et Sandy lui sourit. Harlock laissa faire. Il se doutait que l'enfant serait plus en sécurité auprès des Mazones qu'auprès des membres de l'aristocratie qui faisaient partie de cette expédition.
- Montre-moi où sont les appartements de Sylvidra ! Ordonna-t-il.
Ellie obtempéra et l'emmena jusqu'aux lieux où résidait la reine. Il l'écarta brutalement de la porte et détruisit celle-ci d'un tir nourrit de gravity saber. Il saisit Ellie par le bras et la fit entrer dans la pièce où se trouvait Sylvidra accompagnée de ses suivantes. La reine ne bougea même pas mais observa la situation. Harlock se montrait des plus brutal avec Ellie alors qu'auparavant il l'aimait d'une telle passion qu'elle en était presque effrayante. Il poussa Ellie violemment contre le mur. La jeune femme se massait le bras en regardant la reine. Elle pensait qu'Ellie lui avait menti concernant la fin de sa relation avec le capitaine mais à présent elle commençait à la croire. Elle vit le regard triste et blessé de la jeune femme. Harlock eut un petit sourire méprisant. Le baron de Busson entra à son tour ainsi que les autres membres de l'aristocratie et les deux lieutenants qui commençaient à être un peu perdus face à l'attitude brutale de leur capitaine. Certes il devait tenir son rôle mais de là à malmener Ellie comme il le faisait…
Sylvidra se leva et interrogea Ellie du regard. Ellie lui fit un signe positif de la tête et la reine eut un sourire de gratitude envers la jeune femme. Son petit-fils était en sécurité.
- Finissons-en, Harlock ! Je suis prête !
- Crois-tu vraiment que tu vas t'en sortir aussi facilement ? Se moqua Harlock. J'aurais bien aimé pouvoir te régler ton compte mais ces imbéciles de la Résistance te veulent vivante. Je me suis donc engagé à te ramener. Par contre je n'ai pas précisé dans quel état.
Sylvidra eut un mouvement de recul en voyant le regard meurtrier d'Harlock.
- Du calme mon ami, intervint le baron. Nos accords avec ceux de la Résistance sont clairs. On doit la ramener en un seul morceau. Je te laisserais volontiers venger ton fils mais c'est impossible et de toute façon est-ce que tu dois obligatoirement te soucier d'un enfant dont tu n'as pas voulu, fait avec cette créature ?
- Ce n'était pas à cela que je songeais mais au fait qu'elle s'est servie de moi comme esclave sexuel !
- Oh ça ! Se rappela le baron en souriant. C'est vrai que c'est des plus humiliant, cela étant dit c'est tout de même une belle plante.
- Capitaine ? Nous avons reçu un appel du duc de Péhant, indiqua Yattaran. Je crois que vous n'avez pas le temps de vous amusez à cela. Son appel semblait assez pressé.
Harlock se retourna vers son lieutenant et vit son regard glacé derrière ses petites lunettes rondes. Yattaran désapprouvait sa conduite et il comptait bien le lui faire savoir.
- Mettez-la aux arrêts ! Ordonna-t-il. Et toi, prépares le vaisseau-cité au décollage ! Intima-t-il en regardant Ellie.
Ellie le regarda s'éloigner le cœur brisé. Voici donc ce qu'était devenu l'homme qu'elle aimait, un être aussi cruel que le baron de Busson voire peut-être encore plus cruel que son propre père. Ellie s'effondra en larmes. Comment avait-elle pu se tromper à ce point ? Elle qui s'était toujours méfiée des gens, elle qui n'avait donné sa confiance à aucun homme avant lui pourquoi n'avait-elle pas vu qu'il se jouait d'elle. Qu'il l'avait mise dans son lit juste pour passer le temps et qu'il ne ressentait rien pour elle. Elle l'avait volontairement provoqué en espérant voir derrière ce masque méprisant l'homme qu'elle avait connu mais à présent, elle en était certaine, il n'avait jamais existé. C'était elle, trop désireuse de croire à une chimère, qui se retrouvait brisée et sans espoir. Elle serra dans sa main, par réflexe, son pendentif en pleurant à chaudes larmes sous le regard de Sylvidra qui pour la première fois de sa vie ressentait de la pitié. Elle s'approcha de la jeune femme, s'agenouilla et sortit de sa poche un mouchoir brodé pour essuyer ses larmes tout en lui caressant la tête.
- Ca va aller Ellie, respirez à fond, la douleur va passer, conseilla la reine devant le regard abasourdi de Kei.
Kei, bouleversée, quitta la pièce et prit le tube d'arrimage pour retourner à bord de l'Arcadia. Elle alla à la timonerie et lorsqu'elle fut à l'intérieur, Toshiro verrouilla la porte. Il n'y avait là que les deux lieutenants et le capitaine. Il n'y aurait aucun autre témoin de ce qui allait se dire.
- Alors l'appel du duc ? Interrogea Harlock.
- Ce taré attendra cinq minutes ! Cracha Yattaran. Vous pourriez m'expliquer ce qu'il vous a pris de la traiter comme ça ?
- Je n'avais pas le choix, se justifia Harlock.
- Et les coups ? Explosa Kei. Que vous vous montriez froid et distant passe encore mais la frapper ! C'est quand même le comble de voir Ellie s'effondrer en pleurs et que ce soit Sylvidra qui, par pitié, essaye de la consoler !
- Le baron et tous les aristos étaient là, vous vouliez que je me fasse insulter sans rien dire en laissant le baron la frapper à chaque fois qu'elle m'aurait insulté ce qui n'aurait pas fait taire Ellie et elle n'aurait eu de cesse de le faire quitte à se faire descendre ! Vous croyez vraiment que je suis fier de ce que j'ai fait ! Cria-t-il. J'ai frappé la femme que j'aime alors que je n'avais qu'une seule envie c'était de la prendre dans mes bras ! Tout ça pour qu'elle ait confirmation que j'étais devenu un monstre à la solde de ces salopards !
- Dites-lui la vérité ! Hurla Kei. Cette comédie n'a que trop durée et elle va vous détruire tous les deux !
- Et je fais comment avec tous les aristos qui me collent et la russe ! Explosa-t-il. Je ne peux pas la faire monter à bord car Helena tombera dessus !
- Planquez-la dans la cabine dont a fait disparaître la porte ! Tout ce qu'il faut c'est occuper Helena le temps d'emmener Ellie ! Proposa Yattaran.
- Elle ne suivra aucun d'entre nous, soutint Harlock pâle et épuisé, complètement miné par ce qu'il avait fait.
- Laissez-nous essayer capitaine, Insista Kei.
« Quitte à l'emmener de force, pensa le lieutenant en second en voyant la tristesse du capitaine. «
Elle l'avait vu dépérir au fur et à mesure et elle savait qu'il fallait faire vite sinon il serait perdu.
Sylvidra, ses servantes et les officiers Mazones encore en vie furent emmenées en cellules, à bord du Victoire. Les trois vaisseaux s'arrimèrent solidement au vaisseau de Sylvidra pour commencer le remorquage. Les esclaves de la reine Mazone furent autorisés à emmener les réserves de nourriture et d'eau qui se trouvaient à bord du vaisseau de la reine. Ellie, après le départ de la souveraine, prit le temps de respirer pour pouvoir faire le point de la situation et se préparer au pire. Elle le savait, jamais les aristocrates ne les épargneraient, elle en avait la certitude. Elle se leva, puis, d'un pas lourd, elle se rendit dans la salle de bain de Sylvidra. Elle s'épongea les yeux, se regarda dans la glace dans laquelle elle observa son reflet, elle avait les yeux rouges et était très pâle. Cela faisait un moment qu'elle avait commencé à perdre goût à la vie mais la confrontation avec Harlock allait accélérer sa fin. Pourtant, il lui faudrait tenir pour Thomas. Elle devait être là, jusqu'à ce qu'il soit capable de régner. Elle allait fournir aux Mazones qui étaient soi-disant défectueux un grand roi qui ferait perdurer la civilisation Mazone mais de manière positive comme le souhaitait Kurt Wilson. Résolue à agir ainsi qu'à tenir, Ellie respira profondément pour calmer son rythme cardiaque affolé, signe d'un stress et d'une fatigue intense. Harlock et les aristocrates ne gagneraient pas quitte à devoir les tuer. Elle retourna au vaisseau-cité. En la voyant arriver au loin Thomas fonça se réfugier dans ses bras. Sandy s'approcha à son tour mais le sourire d'Ellie ne la trompa pas. L'un de ses yeux avait changé de couleur, elle avait des traces de doigts au niveau de la gorge et son regard en disait plus qu'il ne devrait. Thomas lui avait raconté ce qu'il s'était passé et la jeune Mazone n'arrivait pas à comprendre que le capitaine puisse se comporter d'une manière aussi indigne. Ellie resta un long moment avec l'enfant puis elle lui demanda de l'attendre sagement assis sur le banc de la grand-place. Elle l'emmena jusque-là et le petit s'assit, heureux de retrouver sa nounou. Ellie lui sourit avec tendresse. Le sourire angélique de cet enfant lui faisait toujours beaucoup de bien, sa douceur, sa générosité de cœur était son rayon de soleil. Une fois le petit installé, elle rejoignit Paléande. Celui-ci en la voyant dans cet état fut écœuré. Il n'arrivait pas à croire que le capitaine de l'Arcadia ait pu utiliser sa force sur une femme épuisée moralement et physiquement. Décidément cet homme le décevait énormément.
- Bon sang ! Ellie ! Est-ce que ça va ? L'accueillit-il angoissé.
- Ne vous inquiétez pas je vais bien, mentit-elle en souriant. Où en est la récupération des provisions ?
- On avance bien, indiqua Paléande en lui faisant un franc sourire.
- Il faut accélérer le mouvement. J'ai un mauvais pressentiment, avoua Ellie
- Ils ne peuvent pas nous faire de mal. Lorsqu'ils nous ont dit qu'on devait quitter l'îlot, ils nous ont assuré qu'ils ne nous feraient rien si nous partions volontairement en exil, rappela Paléande, tout sourire ayant disparu de son visage.
- Sauf que là, nous ne sommes plus à proximité d'Amos. Les lois qui régissent le régime interstellaire ne s'appliquent plus, révéla Ellie en plantant son regard inquiet dans celui du chef Mazone.
-Dans ce cas, pourquoi ne nous tuent-ils pas maintenant ? Douta Paléande
- S'il y avait juste Harlock, je pense que nous serions tous déjà morts mais comme le baron Busson est présent, je suis pratiquement certaine que ce sadique tient à nous donner des faux espoirs pour pouvoir mieux savourer le moment où il nous tuera, assura Ellie d'une voix glaciale. C'est pour cela que les aristocrates nous laissent agir à notre guise.
- Personne ne peut être aussi cruel ! S'exclama Paléande tétanisé par une telle affirmation.
- Vous croyez ? Se moqua Ellie tristement. Je connais de Busson, c'est un des anciens collaborateurs de mon père, un de ses plus proches conseillers et je sais exactement de quoi je parle. Croyez-moi, il nous prépare un sale tour. Je vais aller vérifier les circuits pour être certaine qu'ils ne nous lâchent pas au moment du départ.
- Ellie vous êtes à bout de force, vous devriez vous reposer, suggéra le chef Mazone de plus en plus inquiet face à la pâleur de la jeune femme.
- Je vais bien ! Soutint Ellie fermement.
Paléande regarda les personnes qui se trouvaient près d'eux, il ne pouvait parler librement en leur présence. Il devait se trouver seul à seul avec Ellie pour exprimer le fond de sa pensée.
- Vous pourriez nous laisser seul s'il vous plaît ? Souhaita-t-il un peu embarrassé.
Sandy retourna auprès de Thomas. Sœur Marie Nicole, arrivée peu avant, en fit de même. Paléande une fois que les deux femmes furent suffisamment éloignées enlaça Ellie et la tint par la taille.
- Oh Ellie, j'ai longtemps hésité à vous parler car je savais que votre cœur appartenait toujours au capitaine Harlock, commença-t-il son regard devenu brusquement brûlant ce que remarqua immédiatement la jeune maman.
- Paléande je...Tenta-t-elle afin de le calmer tout en tentant de se dégager de son étreinte.
Le chef Mazone la tenait fermement bien qu'il fasse attention à ne pas lui faire mal et, elle dû se résoudre à attendre.
- Laissez-moi finir s'il vous plaît, souhaita-t-il. Cela fait longtemps que nous nous côtoyons vous et moi. Je sais que vous m'appréciez beaucoup, j'ai bien conscience que cela n'a rien à voir avec ce que vous ressentez pour Harlock mais je veux vous dire que je vous aime et qu'une fois que tout ceci sera terminé, j'aimerai tant que vous me laissiez une chance de pouvoir vous prouvez mon amour.
- Je ne peux pas Paléande. Avec ce que j'ai traversé, je préfère éviter de m'engager, avoua Ellie d'une voix triste.
- Je n'exige pas de vous que vous vous engagiez mais que vous m'accordiez le droit de pouvoir essayer d'ouvrir votre cœur, affirma Paléande.
- Paléande je suis toujours...Reconnut-elle embarrassée, rougissant légèrement.
- Je sais, la coupa-t-il. Et ce malgré ce qu'il vous a fait subir aujourd'hui. Je ne nie pas la profondeur des sentiments que vous avez pour cet homme et ce même s'il ne les mérite pas. Mais avec le temps, sur une nouvelle planète, loin de lui, vous arriverez peut-être à revivre.
Ellie ne répondit pas, se contentant de lui sourire tristement. Le chef des Mazones était un homme bon, Ellie ne voulait pas lui donner de faux espoirs. Elle détacha les mains de Paléande avec douceur puis elle partit vérifier la salle des machines sans ajouter un seul mot. Paléande la regarda s'éloigner en soupirant tristement. Il avait eu le courage d'avouer ses sentiments mais sans être certain que sa déclaration d'amour allait porter ses fruits, Harlock était encore très présent dans le cœur d'Ellie.
Hans qui se trouvait avec ses deux lieutenants sur une passerelle au-dessus d'eux avait assisté à toute la scène. Dès qu'il avait vu Ellie parler au chef des Mazones, il avait demandé à Yattaran de déployer son micro longue distance. Il avait tout entendu de la déclaration enflammée de cet homme à celle qu'il aimait, au grand désarroi de Kei et Yattaran qui regardèrent sa main broyer le mini hautparleur, le réduisant en mille morceaux. Harlock bouillait de rage. Il venait à peine de retrouver Ellie et un homme la courtisait ouvertement. Il mit la main sur la poignée de son arme mais il fut retenu de justesse par Kei qui savait qu'il allait tuer cet homme pour avoir essayé de lui enlever Ellie.
- Capitaine, je vous en prie ne faites pas ça, supplia Kei angoissée comme jamais. Si vous le tuez, vous n'aurez plus aucune chance de récupérer Ellie ! On va essayer de l'emmener avec nous, d'accord ?
Harlock tremblait de rage et de haine. Il se jura d'aller lui-même parler à Ellie pour régler cela quitte à la supplier si c'était nécessaire. Le cœur brisé, il retourna à l'Arcadia, attendre qu'Ellie ait fini de vérifier les machines.
Thomas à l'idée de rester avec ses nourrices était très heureux même si la reine lui manquait un peu. Il attendit patiemment le retour d'Ellie en jouant avec Sandy et la religieuse. Il adorait le vaisseau-cité, les gens qui y habitaient étaient très souriants. Cela n'avait rien à voir avec l'ambiance austère du vaisseau de la reine des Mazones. Lorsqu'il vit Ellie arriver, il courut vers elle. Elle lui sourit avec tendresse en le prenant dans ses bras afin de le soulever de terre. Thomas lui fit un long câlin ce qui la réconforta un peu. Après cela, tous les quatre, ils se rendirent au studio de la jeune femme. Thomas, une fois à l'intérieur, curieux, comme tous les enfants, fit le tour du propriétaire qui n'était pas bien grand.
- Avec un enfant, il va te falloir un autre logement, remarqua Sandy.
- Mais non, celui-là ira très bien, assura Ellie en souriant.
Elle commença à déballer les affaires de l'enfant qui avaient été transportées en cachette depuis le vaisseau de Sylvidra, les posant sur la table.
- Sandy a raison, il lui faut sa chambre à ce petit, insista sœur Marie Nicole. Tu devrais en parler à Paléande.
- Non ! S'exclama Ellie paniquée.
- Mais pourquoi ? S'étonna la religieuse.
- Il a assez de travail comme ça ! Ce n'est vraiment pas la peine de le déranger pour cela, soutint Ellie un peu angoissée depuis qu'il lui avait fait sa déclaration.
- Je vais lui en parler, décida sœur Marie Nicole.
La religieuse sortit sans qu'Ellie ait le temps de répliquer.
- Pourquoi faut-il qu'elle file toujours comme cela, se lamenta Ellie.
- Elle veille sur toi c'est tout, sourit Sandy.
Harlock arriva à proximité de l'appartement. Il ralentit en voyant la sœur sortir. Il s'approcha le plus près possible de la porte restée ouverte et entendit deux femmes parler à l'intérieur.
- Ca me gêne de demander ce service à Paléande, c'est moi après tout qui ait choisi de m'occuper de Thomas, avoua Ellie inquiète.
Le bout de chou en question une fois qu'il eut tout observé alla s'asseoir sur le canapé pour lire sagement, laissant les deux adultes discuter.
- Tu n'étais pas obligée de t'en occuper tu sais. Je veux dire que n'importe lequel d'entre nous aurait fait l'affaire, soutint Sandy en lui faisant un triste sourire.
- Il s'est attaché à moi et je l'aime beaucoup. Ça ne me gêne pas de le garder, révéla Ellie embarrassée.
- Pourquoi ? Parce qu'il est le petit-fils d'Harlock ? Insista Sandy.
- Je t'assure que non, affirma Ellie gênée par le sujet.
- Tu l'aimes toujours ? L'interrogea Sandy.
- Qui ? S'enquit Ellie pour la forme.
- Ne fais pas l'imbécile s'il te plait ! Harlock, est-ce que tu l'aimes ? Reprit Sandy ne voulant pas changer de sujet.
Ellie se laissa tomber sur la chaise, quelques larmes roulèrent sur ses joues et elle blêmit un peu plus.
- Oui, avoua-t-elle dans un souffle.
Harlock derrière la cloison en entendant ces mots sentit son cœur s'envoler. Ainsi tout n'était pas perdu. Lui et Ellie pouvait encore se retrouver. Il respira profondément pour calmer son rythme cardiaque qui s'était emballé en apprenant cela.
- Avec tout ce qu'il t'a fait ? Se désola sincèrement Sandy.
- Je sais, mais je n'arrive pas à me détacher de lui complètement. Je suis comme toi Sandy, il ne me reste que mes souvenirs, révéla-t-elle en enlevant son collier.
Ellie ouvrit son pendentif et une image trois dimensions d'Harlock avec leurs jumeaux se matérialisa. Harlock rayonnait de bonheur en s'occupant des enfants. La photo avait été prise pendant qu'il faisait la toilette des jumeaux. Il avait pris l'habitude de leur faire prendre leur bain ensemble ce qui simplifiait les choses.
- De quand date-t-elle ? S'enquit Sandy émue.
- A notre retour sur Amos après le long voyage qui nous avait emmenés vers l'ancienne planète des Mazones. Il a toujours refusé que je le prenne en photo. Il disait qu'avec un visage abîmé comme le sien il ferait peur à tout le monde, expliqua Ellie en pleurant. Alors j'ai pris la photo en cachette. Est-ce que tu le trouves effrayant ?
- Non Ellie mais…S'attrista Sandy, elle-même au bord des larmes.
- Je sais, la coupa-t-elle en pleurant. J'ai vécu dans un beau rêve pendant deux ans, avec un an de pur bonheur dans les bras de cet homme et, une fois le rêve terminé, le réveil a été brutal. Sans compter mon rêve rose bonbon qui n'arrivera jamais, maintenant je le sais.
- De quoi parles-tu ? S'étonna la jeune Mazone.
- Quand j'étais dans le coma, j'ai fait un drôle de rêve, Kurt Wilson m'avait demandé si je voulais voir mon avenir et j'ai accepté. Il m'a alors montrée, arrivant dans une rue coquette avec mes jumeaux et leur père. On venait s'y installer un peu avant les fêtes de Noël et j'étais à nouveau enceinte.
Ellie eut un rire triste
- Au vue de la situation c'est plutôt risible. Il me serrait dans ses bras et on paraissait heureux tous les deux. Ensuite est arrivé le soir de Noël, je passais une soirée romantique et agréable avec lui près du sapin, allongée, dans ses bras, sur le canapé du salon. Tu avoueras que c'est idiot ! C'est à cause de ce rêve que je me suis accrochée. Comme une imbécile, j'y ai cru de toutes mes forces et lorsque je me suis réveillée le cauchemar a commencé.
Ellie s'effondra en pleurs sur la table.
- Mon dieu Ellie ! Pardonne-moi, je n'aurais pas dû te demander de me parler de cela, s'excusa Sandy
- Ce n'est pas grave, la rassura Ellie en s'essuyant les yeux. Quand j'y repense je me dis que c'est la poupée russe qui aura droit à cela. Moi j'ai perdu mes enfants et tout ce en quoi je croyais. C'est pour cela que lorsque Paléande est venu me déclarer ses sentiments, je me suis dit qu'il se moquait de moi. Comme si je pouvais envisager de faire confiance à qui que ce soit sur le plan personnel. J'ai assez souffert comme ça !
- Ne dis pas cela. Tu ne dois pas mettre tout le monde dans le même sac. Pour l'instant tu es meurtrie mais tu te relèveras, affirma Sandy.
- Aucune chance, pas après tout cela ! Répliqua Ellie.
Ellie se leva, se rendit près de l'évier où elle se servit un grand verre d'eau accompagné d'une aspirine. Elle avala le tout puis poussa un profond soupir.
- Je vais aller aider sœur Marie Nicole à te trouver un nouveau logement, décida Sandy angoissée
- C'est gentil. Tu n'as qu'à emmener Thomas avec toi. Je dois ranger ses affaires, proposa Ellie en souriant.
- D'accord, accepta Sandy.
Elle tendit la main au garçonnet en lui souriant avec tendresse. Celui-ci mit sa petite menotte dans la sienne et ils partirent tout deux. Harlock s'éloigna prestement, il regarda la jeune Mazone s'éloigner et, alors qu'il espérait pouvoir être seul avec Ellie, il aperçut une femme qui passa devant Sandy sans même la saluer. Il assista impuissant à son entrée dans le logement d'Ellie.
Celle-ci ne se retrouva seule que très peu de temps car elle eut une visite des plus désagréables. Helena Svlotiania, un mouchoir blanc sur le nez, la mine dégoûtée et le regard méprisant vint lui faire face.
- Quelle odeur désagréable, se plaignit-elle.
Ellie eut un geste d'agacement.
- Décidément votre mauvaise foi me surprendra toujours ! Une odeur de lilas est constamment diffusée dans cette zone du vaisseau, vous avez un sacré culot de prétendre que cela sent mauvais, répliqua Ellie déjà fatiguée de la présence de cette femme que Hans avait préférée à elle.
- C'est donc ça cette odeur étrange. Désolée mais je suis habituée à l'odeur des fleurs fraîchement coupées, pas à des ersatz chimiques, minauda la jeune aristocrate avec un sourire méprisant sur les lèvres.
- Qu'est-ce que vous voulez ? S'enquit Ellie qui commençait à perdre patience.
- Rien, je suis venue vous voir pour le plaisir, mentit Helena dédaigneuse.
- Le plaisir de me narguer vous voulez dire, répliqua Ellie, un sourire emplie de colère sur les lèvres.
- Où sont vos gamins ? L'interrogea la princesse russe brusquement. Vous n'avez pas arrêté de geindre auprès de Hans pour qu'il les reconnaisse et voilà que je découvre qu'ils ne sont finalement pas partis en exil avec vous.
- Ne vous inquiétez pas, vous n'entendrez plus parler d'eux. J'ai été obligée de les abandonner. A l'heure qu'il est ils ont disparu de la circulation, affirma Ellie.
- J'espère que Hans ne fera pas la bêtise de les rechercher, hasarda Helena guettant la réaction d'Ellie à cette suggestion.
- Vous avez vu mon œil et ma gorge ? Je suis certaine que le baron de Busson s'est régalé en vous donnant les moindres détails de ce qui s'est passé. Dites-vous bien une chose, il ne les reconnaîtra jamais, pour lui ils sont juste une erreur qu'il aimerait effacer. Je l'ai fait pour lui. Maintenant quittez le vaisseau ! Ordonna sèchement Ellie.
- Vous n'êtes même pas surprise de me voir à bord ! S'étonna Helena.
- Je pense que vous avez voulu veiller sur votre investissement et prendre du bon temps avec un mâle magnifique, la nargua Ellie.
- Que racontez-vous ! S'indigna la princesse russe en gloussant. Je suis une femme de l'aristocratie ! J'attends le mariage pour ce genre de choses !
- Alors vu l'appétit de Hans, il doit aller aux putes pour se soulager, révéla crûment Ellie.
- Merci pour la publicité Ellie, intervint le capitaine. Tu me tailles un joli costume pendant mon absence.
Ellie soupira de lassitude. Elle était épuisée. Helena allait prendre un malin plaisir à la torturer et Harlock allait l'y aider. Il ne manquait plus que ça. La journée avait été longue et elle sentait ses forces diminuer.
- Tu avoueras que certains arguments sont risibles, rétorqua Ellie avec de la colère dans la voix.
Helena s'approcha d'elle et la gifla.
- Je vous interdis de le tutoyer ! Ne croyez pas que parce qu'il a eu la faiblesse de partager votre couche que cela vous octroie des droits ! Pour vous il est "monsieur le duc" ! Exigea la princesse russe en colère.
Ellie regarda du côté d'Harlock, elle nota immédiatement son regard glacial et dur.
- Veuillez m'excuser monsieur le duc, s'inclina-t-elle en reprenant le rangement des affaires de Thomas.
Helena eut un sourire de contentement.
- Tu vois, il faut savoir faire preuve de dureté avec les gens du peuple sinon ils ne respectent plus ceux qui leur sont supérieurs.
Helena eut un petit gloussement qui fit tiquer Ellie. Elle regarda Helena qui était de profil minaudant auprès d'Harlock. Un souvenir lui revint brutalement et un sourire de vengeance inonda son visage. Elle se rappela qu'elle avait déjà vue cette femme par le passé. A l'époque, elle avait des cheveux bouclés. Harlock face à ce sourire de la victoire fut surpris. Helena voyant l'air intrigué de son fiancé se tourna vers Ellie et comprit immédiatement que quelque chose qui ne lui plaisait pas allait se produire.
- Veuillez cesser de sourire de cette façon ! Ordonna la princesse russe.
- Et vous cessez vos grands airs ! Se moqua Ellie.
- Je vous demande pardon ? S'offusqua-t-elle.
- Oh, je vous en prie c'est fatiguant à la longue, mademoiselle Helen Westerfield ! Vous n'êtes pas plus russe que moi et pas plus princesse non plus d'ailleurs ! La railla Ellie.
Helena face à cette réminiscence de souvenir pâlit de terreur. Elle pensait qu'Eliza Zone avait oublié jusqu'à son ancien nom. En voyant la panique dans les yeux d' Helena un sourire cruel s'afficha sur les lèvres de la victime qui avait décidé de se rebiffer face à ses bourreaux.
- Helen Westerfield, cela doit bien remonter à six ans la dernière fois que je vous ai vu ! Vous êtes la fille d'un comte anglais ruiné. Votre mère vous a mis dans le lit de mon père pour être présenté au prince Svlotiania qu'elle a séduit puis épousé. Et vous prétendez être innocente et pure ? Ironisa Ellie. Une femme qui a participé dès ses dix-huit ans à toutes les partouzes organisées par mon père ! Qui attendrait soi-disant le mariage pour coucher ! En somme la parfaite hypocrite issue de la haute société comme il se doit !
Ellie éclata de rire. Un rire de désespérée face à tant d'hypocrisie. Voilà pourquoi les aristos voulaient tant se débarrasser des familles des politiciens corrompus et de leurs collaborateurs. Ils avaient peur de leur mémoire, de la mine d'informations dont la Résistance aurait pu disposer pour faire le grand nettoyage. Et Ellie en connaissait des centaines, enfouies dans son cerveau malmené. Son coma et les nanos avaient perturbé sa mémoire pendant des mois et voilà qu'elle se manifestait cruellement à elle. Elle lui revenait alors qu'elle avait tout perdu et qu'elle ne lui servait plus à rien. Mais elle allait quand même s'offrir le droit de se venger et de faire payer à Harlock l'humiliation qu'il lui avait fait subir.
- Je suis certaine que monsieur le duc au moment de la nuit de noce va s'éclater avec une putain formée par mon père ! Je suis certaine que vous connaissez plus de trucs que lui ! Finalement vous allez former le couple parfait, un vieux pirate libidineux avec une pute de luxe ! Ricana Ellie en riant.
- Hans je t'assure qu'elle ment ! Soutint Helena en se jetant au cou du capitaine.
Elle vit le regard glacé de Harlock qui la repoussa doucement.
- Sors, je vais régler cela ! Personne n'entendra parler de cette affaire ! Affirma celui-ci.
- De toute façon je ne vois pas comment je pourrais en parler. Je suis coincée ici, se désola Ellie faussement. C'est dommage. Uns scoop pareil, j'avais de quoi me faire beaucoup d'argent. Et avec l'argent on obtient le respect et une virginité toute neuve n'est-ce pas Helen ?
Harlock observa Ellie. Si elle disposait de nombreuses données sur les anciens collaborateurs de son père et que la mémoire lui revenait enfin, il devenait urgent de la ramener à Ryo et de la protéger. Sa vie serait certainement menacée dès que le vaisseau-cité repartirait.
- Je te dis de sortir Helena ! Je ne veux pas que tu assistes à cela ! Ordonna-t-il brutalement.
- Tu vas... ? S'horrifia Helena.
- Oui. Je vais la faire taire à tout jamais. Elle emportera son secret dans la tombe. Maintenant sort en fermant la porte ! Exigea-t-il.
Ellie n'en espérait pas tant. Harlock allait donc la libérer de son malheur, la perte de ses enfants et l'océan de solitude qu'était sa vie. Elle savait qu'il ne faisait pas cela par bonté d'âme mais si c'était lui qui devait prendre sa vie, elle l'acceptait. Il lui avait tout pris, il n'avait plus qu'à achever ce qu'il avait commencé mais elle ne rendrait pas les armes sans se battre. Elle n'avait plus beaucoup de forces à cause de son manque d'appétit mais elle tiendrait quelques secondes face à lui. Des secondes qu'elle utiliserait pour lui faire mal par tous les moyens possibles et imaginables tout comme il s'était acharné à la faire souffrir des mois durant. Elle recula afin de s'approcher du plan de travail où se trouvaient les couteaux de cuisine. Harlock regarda Ellie, il eut l'impression d'avoir en face de lui sa propre image alors qu'il était dans le hangar face au corps sans vie de Mimée, à bout, sans espoir, blessé au-delà de tout ce qui était possible et c'était ce petit bout de femme qui l'avait aidé alors qu'à présent c'était elle qui se trouvait dans ce triste état. Il l'avait vue s'approcher des couteaux, aussi attendit-il qu'Helena soit sortie et qu'elle eut refermé la porte derrière elle pour essayer de sauver Ellie. Il avait peur qu'elle retourne le couteau contre elle-même et de loin il souhaitait que ce soit vers lui qu'elle le tourne. Il aurait une chance de la désarmer et de la sauver. Ils se jaugèrent de longues minutes, chacun attendant que l'autre fasse le premier geste d'agressivité. Ellie était patiente, elle était prête à y passer le reste de la journée. Harlock savait que les mots ne serviraient à rien. Elle ne le croirait jamais, pas après tout cela. Il fit un pas en avant. Ellie ne bougea pas serrant, un peu plus fort la poignée du couteau, attendant que son ex amant se jette sur elle. Harlock la regardait très attentivement, elle portait des vêtements larges mais elle flottait beaucoup trop dedans. Ellie avait toujours eu des rondeurs agréables qui soulignaient sa féminité et celles-ci semblaient avoir totalement disparues. Ellie n'était même pas mince, elle était dangereusement amaigrie ce qui inquiéta fortement le capitaine. Il allait devoir faire très attention avec sa propre force. Il se rappela amèrement le coup qui lui avait porté et, au moment où il se jeta sur Ellie il fit preuve d'inattention, la jeune femme réussit à le toucher au bras. Sa veste épaisse de pirate supporta le choc. Il bascula Ellie sur le lit. Il lui bloqua les jambes et tint ses poignets d'une seule main, utilisant l'autre pour la bâillonner. Ce fut à ce moment-là qu'il reçut une casserole lancée par Thomas qui se jeta sur lui pour qu'il relâche sa nourrice.
- Relâchez-la immédiatement ! Hurla Sandy en braquant une arme vers lui.
- Je te conseille de ne pas te mêler de ça Sandy ! Ordonna le capitaine en envoyant valser au loin Thomas de la main qui bâillonnait Ellie quelques secondes avant.
- Espèce de lâche ! Tu n'as pas honte de maltraiter comme cela un petit de cinq ans ! Cracha Ellie en colère.
- Capitaine, je vous ordonne de la lâcher ou je vous descends ! Insista-t-elle.
De sa botte, elle appuya sur le système d'alarme qui se trouvait près de la porte. Celle-ci retentit dans tout le vaisseau, alarmant les anciens esclaves de Sylvidra qui se précipitèrent vers le logement d'Ellie pour voir ce qui se passait. Harlock n'avait plus le choix. Paléande entra dans l'appartement et par réflexe Harlock serra plus fort les poignets d'Ellie qui cria de douleur. En entendant la jeune femme, il la relâcha et se releva.
Il quitta le logement sous les regards ahuris des esclaves Mazones. Ellie se massa le poignet. Thomas apeuré vint se jeter en pleurs dans ses bras.
- Ce n'est rien mon poussin, je vais bien, le rassura Ellie en souriant. Tu es un petit bonhomme très courageux tu sais ?
Elle serra fort le petit contre elle puis elle se releva. Paléande regarda les poignets d'Ellie marqués par la poigne du capitaine. Sans dire un mot, en colère, il se rendit au centre de communications. Il appela directement le baron de Busson. Celui-ci prit la communication d'un air goguenard s'amusant du culot d'un simple esclave qui osait déranger un membre de la haute société sans savoir ce qui l'attendait d'ici quelques heures.
- Qu'est-ce qu'il vous arrive ? Se moqua le baron.
- Un des membres de notre communauté a été victime d'une agression de la part du capitaine de l'Arcadia, révéla froidement le chef Mazone.
- Dans quel état est-elle ? S'enquit le baron pour la forme songeant que le capitaine avait procédé à l'élimination de cette petite gêneuse.
- Elle est en vie. Blessée, secouée mais vivante. Heureusement Sandy est arrivée à temps, indiqua Paléande.
Le baron se tourna vers Helena qui lui avait tout raconté du petit problème que représentait Eliza Zone. Celle-ci catastrophée comprit que son fiancé avait échoué à régler ce petit souci.
- Tout va bien alors, affirma le baron.
- Non. Je vous demande d'accepter une seule requête de ma part, révéla Paléande.
- Laquelle ? S'agaça l'aristocrate qui n'arrivait pas à croire qu'un esclave puisse avoir des exigences.
- Je veux que vous interdisiez au capitaine de l'Arcadia et à ses hommes de monter à bord de notre appareil, souhaita le chef Mazone.
- Accordé. Ce sera tout ? Ricana le baron.
- Oui, monsieur le baron, se contenta Paléande avec d'éteindre son communicateur.
La communication fut coupée. En voyant le regard paniqué d'Helena, il s'empressa de la rassurer.
- Retourne sur le vaisseau de ton fiancé, conseilla-t-il. Une fois qu'ils s'éloigneront de nous à bord de leur poubelle on les descendra c'est tout. Ne t'inquiète pas ma belle, tout ira bien.
Harlock fut averti de l'interdiction et dû s'incliner. Il désarrima son vaisseau de celui de Sylvidra, il dû se contenter des tubes d'arrimages reliés au Victoire. Il comprit qu'il n'arriverait pas à récupérer Ellie cette fois-ci mais il décida de prendre certaines précautions avec Paléande. Il demanda à avoir un entretien avec le chef des Mazones pour s'expliquer avec lui. Celui-ci accepta et se rendit à bord de l'Arcadia. Il fut directement emmené à la cabine du capitaine. Les hommes restèrent seuls, isolés du reste du vaisseau. Harlock était assis dans son fauteuil à fixer intensément le vaisseau-cité qui gardait éloignée de lui la femme qu'il aimait. Paléande s'approcha de lui, Hans le regarda. Le chef ne détecta rien dans son regard et pourtant Harlock bouillait de colère
- De quel droit un petit chef Mazone se permet d'exiger que le capitaine de l'Arcadia s'incline devant lui ? Gronda Harlock.
- Je dois protéger ma communauté, affirma le chef Mazone.
- Ellie n'est pas l'une des vôtres, rétorqua Hans.
- Elle ne fait plus partie des vôtres et nous l'avons accueillie. Désormais, elle fait partie du peuple Mazone, répliqua Paléande.
- Jamais, je n'accepterai cela, menaça le capitaine.
- Vous êtes un animal lubrique ! Cracha Paléande. Je sais ce que vous avez essayé de la prendre de force.
- Pourquoi faire ? Vous avez vu la créature de rêve à qui je suis fiancé, se défendit Harlock en riant.
- Oui, mais vous n'avez pas supporté le fait qu'Ellie vous repousse. Pour vous c'était une question de pouvoir. De quel droit une fille du peuple pouvait elle repousser un aristocrate qui l'honorait de sa semence, le railla Paléande avec un sourire méprisant.
Harlock était au bord de l'explosion. Il devait se retenir et surtout ne pas le tuer sous peine qu'Ellie le prenne en plus pour un tueur psychopathe.
- Vous devriez modérer vos propos, menaça Harlock.
- Je compte aider Ellie à vous oublier et quand cela sera fait je lui donnerai des enfants.
Paléande vit l'éclair de haine dans le regard d'Harlock mais il n'eut pas le temps d'esquiver le coup. Le capitaine le frappa violemment dans l'estomac, il empoigna ensuite sa gorge. Il le plaqua contre la cloison puis il le souleva du sol pour mettre Paléande à sa hauteur. Celui-ci était terrorisé. Il ne s'attendait pas à une réaction aussi violente.
- Je vous interdits de la toucher ! Gronda Harlock haineux. Ellie est à moi et je ne vous laisserai jamais mélanger votre ADN au sien. Je vous conseille de garder vos distances avec elle car je saurai vous retrouver quoi qu'il advienne et je vous massacrerai.
Il le jeta au sol. Le chef Mazone terrorisé se releva et se précipita vers la porte. Il s'enfuit sans demander son reste, Harlock enragé respirait bruyamment. C'était lui l'animal lubrique alors que c'était ce Mazone en manque qui voulait toucher à la jeune femme ? Lui tout ce qu'il voulait, c'était la ramener et la mettre en sécurité !
- Bravo ! Tu lui as fait une trouille bleue, Intervint Toshiro tristement.
- Au moins il ne la touchera pas, se défendit Hans.
- Tu sais ce qui me fait peur ? Avoua Toshiro.
- Quoi ? S'agaça Hans
- L'idée que tu arrives à la récupérer et que tu restes seul avec elle, glissa Toshiro. Je crois que tu perdrais le contrôle. Je ne pensais jamais te dire cela un jour mais je pense que tu devrais calmer tes pulsions sur la russe.
- Jamais ! Cracha Harlock avec une mine de dégoût. Pas après la manière dont elle a traité Ellie ! Sans compter que je l'ai assez trahi comme ça sans en rajouter une couche en me tapant l'ancienne pute de son père !
Quelques heures plus tard, Ellie remise de ses émotions, demanda à parler à la reine des Mazones, emprisonnée à bord du Victoire. Paléande refusa qu'elle y aille seule et la fit accompagner de plusieurs Mazones chargés de sa sécurité. Harlock en apprenant cela enragea derechef. Apparemment la menace n'avait pas fonctionnée et il avait toujours des vues sur Ellie. La visite fut accordée. La jeune femme prit alors le tunnel d'arrimage et fut emmenée dans la zone des cellules. Ellie en voyant le sourire hypocrite du baron qui la salua eut confirmation que quelque chose se préparait dans leur dos et sourit intérieurement en pensant à la leçon qu'elle allait donner à ces imbéciles. C'était une bonne chose qu'ils soient venus avec des vaisseaux conçus par elle, la leçon n'allait être que plus écrasante. Elle lui rendit son salut de la manière la plus servile possible puis elle continua son chemin vers les prisons. Les Mazones restèrent à l'entrée et Ellie ne vit pas le capitaine de l'Arcadia qui la regarda passer, assis sur une banquette dans une cellule non éclairée. Ellie arriva en face de celle de la reine. Sylvidra, même en prison, gardait son élégance et sa distinction. Elle était assise sur la banquette comme s'il fut s'agit de son trône ses deux mains posées sur ses cuisses. Ellie la salua puis elle s'assit sur la chaise placée devant les lasers bleus.
- Ravie de vous voir Ellie, la salua la reine.
- Moi de même votre altesse. Je n'ai pas amené votre petit-fils. Je ne voulais pas qu'il voit sa grand-mère dans cette situation, avoua Ellie.
- C'est humain comme réaction, commenta la reine.
- Et donc méprisable, s'attrista Ellie.
- Non. Je trouve cela très attentionné et je vous remercie de prendre soin de Thomas, sourit Sylvidra.
- Je vous en prie. Je ne peux pas laisser un enfant innocent payer pour les erreurs de ses parents.
- Pourquoi n'avez-vous pas dit qu'il était mon petit-fils ? L'interrogea la reine.
- Pour que le baron de Busson le tue ? Hors de question. Il n'est pas que votre petit-fils Sylvidra, il est le fils de Mark et c'est à son père que je pense surtout ! Avoua Ellie.
- Pourtant tout comme son père il ne l'a pas fait avec la femme qu'il aimait, répliqua Sylvidra tristement.
- Je sais votre altesse.
- Je ne comprends pas… Pourquoi Harlock vous traite-t-il de cette façon ? S'étonna Sylvidra.
- Il ne m'aime pas Sylvidra et il ne m'a jamais aimé, affirma Ellie calmement.
- Mais vous, vous l'aimez toujours ! Depuis qu'il s'est éloigné de vous, vous dépérissez ! Vous êtes de plus en plus faible Ellie. Vous croyez vraiment que les pulls trop larges peuvent cacher votre maigreur ? Rétorqua Sylvidra qui semblait inquiète.
- Ne vous inquiétez pas. Je tiendrai le temps qu'il faudra pour Thomas et ensuite je m'éteindrai dignement, soutint Ellie d'une voix calme.
- Pourquoi vouloir partir si vite ? S'indigna Sylvidra. Thomas vous adore et il aurait besoin de quelqu'un comme vous à ses côtés pour faire renaître la civilisation Mazone !
- Parce qu'à chaque fois que je vois Thomas je ne peux pas m'empêcher de penser à mes propres enfants que je ne reverrai jamais ! Lâcha Ellie douloureusement.
- Vos enfants ? S'étonna Sylvidra.
- Mes jumeaux Frank et Marie. Et quand je vois Thomas qui ressemble de plus en plus à son grand-père, cela me fait tellement mal que la douleur est parfois insupportable, reconnut Ellie d'une voix blanche. Je n'arrête pas de me demander si Frank lui ressemblera aussi. Je suis sans arrêt en train de prier pour qu'ils aillent bien et qu'ils soient en sécurité, heureux, choyés comme je les aurai choyés et c'est un calvaire !
- Je suis désolée Ellie. Faites selon votre conscience. C'est toujours comme cela que vous avez fonctionné, la soutint la reine.
Ellie la salua puis elle retourna vers ses amis Mazone. Au moment où elle arrivait à leur hauteur, un des esclaves lui annonça que les moteurs du vaisseau-cité étaient en train de chauffer. Le départ était imminent. Harlock la regarda partir en laissant couler ses larmes en silence. Une fois qu'elle fut suffisamment éloignée, ses larmes essuyées et son âme calmée il se rendit auprès du baron de Busson dans sa cabine de commandant.
- Que se passe-t-il capitaine Harlock ? L'interrogea celui-ci qui ne s'attendait pas à une visite de contrôle du capitaine de l'Arcadia. Je sais que vous en avez assez d'attendre, mais voyez par vous-même, ils vont partir et nous allons pouvoir ramener notre précieux butin sur Amos.
- Je vous demande de transférer la totalité des prisonnières sur mon vaisseau. Mon équipage a d'ores et déjà préparé les cellules, ordonna Harlock calmement.
- Pourquoi ? S'étonna le duc.
- Les Mazones sont des sirènes de l'espace. Elles envoûtent les hommes par leurs charmes et votre équipage est principalement composé de gamins dont les hormones guident la réflexion, ricana Hans.
- Je vous en prie ce n'est pas parce qu'ils passent un peu de temps devant les vidéos des caméras de surveillance qu'ils vont coucher avec ! S'insurgea le baron.
- Vraiment ? Ricana le capitaine. Je vous propose de regarder la vidéo montrant leur installation dans les cellules, notamment celle de Vénus.
Le baron transféra les images. Il ne peut que constater que les jeunes hommes la courtisaient tout en glissant leurs mains dans le décolleté de la Mazone qui faisait tout pour les aguicher tout en les encourageant à poursuivre.
- Et dites-vous bien une chose, là elles viennent à peine d'arriver, prévint le capitaine. Imaginez ce que cela va donner d'ici deux, trois jours de voyage. Elles prendront rapidement le commandement et je ne peux les laisser filer avec deux de nos meilleurs vaisseaux.
- Je vois, se désola le baron. Je vais ordonner le transfert capitaine.
Harlock retourna à bord de l'Arcadia où il rendit visite à Toshiro.
- Ta décision est prise je suppose ? S'enquit celui-ci pour la forme.
- Oui Toshiro. Si le baron attaque le vaisseau-cité je me retournerai contre lui et détruirai les deux vaisseaux. Et je ne laisserai aucun témoin, décida Hans froidement.
- Donc Helena...Réalisa l'ordinateur.
- Elle aura le même sort que le baron, assura le capitaine en laissant son ami pour se rendre à la timonerie.
Le décrochage des tunnels d'arrimage était prévu pour se faire une heure après la mise en route des moteurs. Ellie était au poste de commandement prête à intervenir en cas de problème. Sylvidra et ses Mazones furent installées à bord de l'Arcadia. Harlock s'assura lui-même du bon fonctionnement des cellules. Seuls, Yattaran, Kei, Mazu et lui-même étaient autorisés à approcher des Mazones, tout le reste de l'équipage devait rester à l'écart. Helena surprise par ce luxe de précautions, intriguée par la reine des Mazones sans compter des nuits qu'elle avait passée avec son fiancé, descendit aux cellules en ayant au préalable emprunté son badge au capitaine. Elle reconnut rapidement la reine des Mazones qui la regarda d'un air dédaigneux que la jeune aristocrate lui rendit avec le sourire.
- Voici donc la fameuse reine des Mazones en cage comme un animal, la railla-t-elle.
- Voici donc la femelle qui a remplacé Eliza Zone dans le lit d'Harlock. Une pâle copie de Maya Von Paltz, se moqua à son tour la reine.
- Dites-moi, quand il vous a fait Mark en pensant faire l'amour à cette fameuse Maya, c'était comment ? S'enquit Helena gourmande.
- Si je comprends bien, vous n'avez pas pu goûter à ses charmes. Il vous laisse poireauter, sourit la reine.
- Disons que c'est un gentleman qui respecte les femmes, se justifia Helena.
- Il les respecte aussi au lit, révéla la reine. Je peux vous garantir que côté performance il est exceptionnel et très attentionné avec sa partenaire. C'est le Nirvana.
- Je m'en doutais...Il devait être dingue de cette Maya, s'amusa Helena qui se dit que sa ressemblance avec la défunte fiancée du capitaine allait lui garantir une nuit de noces exceptionnelle.
Elle se préparait à s'en aller mais la reine désireuse de river son clou à cette pimbêche avait l'intention de lui révéler un secret d'alcôve que le capitaine devait probablement garder jalousement secret.
- Par contre la deuxième fois où je l'ai eu sous ma domination c'était très différent, glissa la reine avec un sourire en coin.
- Comment cela ? S'étonna Helena.
- La deuxième fois, il avait des sentiments très forts pour une autre femme. Ils étaient encore plus forts qu'avec Maya, alors j'ai demandé au médecin de programmer les nanos en fonction de cela, avoua Sylvidra d'une voix suave.
- Et ? S'inquiéta Helena.
- Il ne m'avait jamais fait l'amour comme cela. Il y mit une telle passion et une telle fougue que nos ébats pouvaient durer la nuit entière. Il était insatiable et j'avais l'impression qu'il voulait posséder cette femme complètement, la rendre ivre de plaisir. Et croyez-moi, il me laissait épuisée sur le lit alors que ce n'était jamais arrivé auparavant. Avant c'était exceptionnel mais là c'était divin ! Affirma la reine le regard luisant de désir.
Helena déglutit difficilement. Ce genre de passion était difficilement imaginable.
- Vous mentez, soutint-elle.
- A quoi bon ? Je suis prisonnière, je ne vois pas l'intérêt de vous mentir, ricana la reine.
- Pour que je me retourne contre mon fiancé et que je lui pourrisse la vie ! La soupçonna la princesse russe.
- Vous croyez qu'il vous laisserait faire ? Il lui suffirait de vous coller une gifle pour vous calmer, se moqua la reine des Mazones.
- De qui s'agissait-il ? L'interrogea Helena.
- Lorsqu'il arrivait au point de non-retour, il arrivait qu'il murmurasse des mots tendres à mon oreille, comme « Ellie mon amour, je suis fou de toi »
- Espèce de garce ! Explosa Helena. Tout ceci n'est que mensonge !
- J'ai quelques vidéos de ses exploits dans l'ordinateur central de mon vaisseau. Si vous voulez, je vous donne les codes qui vous permettront d'atteindre les fichiers, proposa la reine narquoise.
Helena vexée, choquée quitta les lieux rapidement. Harlock n'avait pas installé de caméras vidéo pour que les Mazones ne puissent détourner l'attention de son équipage, aussi, Toshiro ne sut pas qui était allé voir les prisonnières. De plus il était occupé à surveiller les communications entre le Victoire et le Liberté. Harlock avait raison, les deux vaisseaux préparaient un mauvais coup. Les tubes d'arrimage furent enlevés sous le regard attentif d'Ellie qui suivait l'opération. Elle attendit d'être éloignée de quelques mètres du tunnel qui se repliait puis elle ordonna la mise en route du bouclier principal. Elle constata avec joie qu'il avait retrouvé toutes ses capacités. Elle savait que sa mise en place était passée inaperçu car les équipages étaient occupés à ranger leur matériel.
- Reculez lentement ! Ordonna-t-elle au pilote.
Le vaisseau-cité s'éloigna du vaisseau amiral de Sylvidra et commença à prendre ses distances. Pendant cette opération, Ellie prépara les canons du vaisseau. Elle programma la zone de tir, les arma, fin prête à se battre pour que le vaisseau des anciens esclaves Mazones puissent emmener ses occupants en sécurité. Elle sortirait les canons au tout dernier moment. Elle disposait de deux canons de puissance égale qui équivalait chacun à la puissance de celui de Sylvidra. Elle attendit la première preuve d'hostilité qui se manifesta des deux anciens vaisseaux de la Résistance.
Le baron du Busson regardait d'un air moqueur le vaisseau-cité qui ressemblait à une épave et ordonna le tir de toutes les batteries. Son visage se marqua d'un sourire cruel mêlé à de la barbarie qui s'effaça lorsque les tirs manquèrent leur but car le bouclier de son adversaire était en place. Il était abasourdi par ce qu'il voyait. Ellie quant à elle sourit de contentement et Paléande admiratif face à cette femme, la dévorait des yeux.
- Aucun tir au but monsieur le baron, indiqua l'officier artilleur.
- Comment est-ce possible ? S'étonna le baron les yeux ronds. Les Mazones nous ont assuré que ce vaisseau était une épave !
Harlock passa un appel forcé au Victoire et son visage bascula sur l'écran principal.
- Cessez le tir c'est un ordre ! Intima Harlock glacial.
- Hors de question de laisser ces saloperies s'en sortir capitaine et je vous conseille de nous aider ! Hurla le baron.
Ellie attendit calmement la deuxième salve qui fut envoyée par les trois vaisseaux cette fois-ci. Harlock avait ordonné de tirer mais avec le coup était d'une puissance des plus faibles. Il contourna le vaisseau-cité, se plaça derrière lui pour pouvoir le protéger et tirer à pleine puissance sur les appareils commandés par le baron tout en se protégeant derrière des astéroïdes. Ellie observa la manœuvre. Elle supposa qu'Harlock voulait prendre le vaisseau-cité à revers en espérant trouver une faiblesse dans le bouclier. Ellie lança une analyse et elle trouva bien un point faible. Elle ouvrit les portes alors que les canons se déployaient à la grande surprise du baron.
- Poussez les boucliers au maximum ! Hurla-t-il.
Harlock de sa position ne vit pas les canons. Ellie entra les coordonnées des points faibles de ses vaisseaux et lança les tirs. Les deux vaisseaux virent les rayons destructeurs bleutés se jeter sur eux et au lieu de les frapper de face, ils les prirent de côté au point vulnérable des appareils. Une surcharge électrique provoqua des étincelles dans les consoles des commandes, électrocutant plusieurs personnes, puis les explosions se succédèrent en partant de l'arrière pour remonter vers la timonerie. En quelques secondes, les deux vaisseaux se désintégrèrent, ne laissant derrière eux qu'une mer de débris fondus, déchiquetés ou brûlés. Harlock comprit ce qui l'attendait. Il vira de quatre-vingt-dix degrés et commença à prendre ses distances avec le vaisseau-cité. Celui-ci pivota comme une toupie. Ellie qui connaissait l'Arcadia pour l'avoir visiter de fond en comble connaissait son point faible. De plus Harlock dans cette mer d'astéroïdes ne pouvait zigzaguer à sa guise aussi programma-t-elle le tir. Elle savait que celui-ci ne suffirait pas à détruire l'Arcadia car la génératrice était presque à sec, Ellie se devait de garder de l'énergie pour le bouclier de camouflage mais cela l'endommagerait suffisamment pour qu'il ne puisse envisager de les poursuivre. Elle appuya sur la gâchette et le tir fila vers Harlock qui poussa les moteurs à pleine puissance. Il devait gagner le plus de distance possible pour que le tir au moment de frapper ait perdu un maximum de puissance. Il suivait par écran interposé le faisceau foncer sur lui et, au moment de l'impact, il se cramponna sur la barre de toutes ses forces.
