Pour commencer, je suis vraiment désolée du retard! Ce chapitre est le plus long que j'ai écris jusque là, c'est une des raisons pour laquelle ça m'a pris autant de temps pour l'écrire. Les vacances scolaires approches alors je vais pouvoir prendre l'avance et arrêtez d'être en retard quelques temps.
Cette fois on alterne pas le point de vue c'est encore celui de Link, le moment en italique ce n'est pas Link qui parle (au cas où vous ne saisiriez pas), mais je vais pas vous dire de qui il s'agit quand même et ça risque d'arriver de nouveau, vous finirez bien par comprendre (peut-être dès ce chapitre si vous êtes forts).
Sur ce, je ne vous embête pas plus avec mon blabla d'auteure et vous laisse à votre lecture ^^
Zelda leur explique leur mission…
« Link, Aria, j'ai une mission à vous confier.
-Quelle est-elle votre altesse ?
-Kira, venez. »
La jeune Zora s'avança, son casque retiré, je pouvais à présent détailler son visage, elle avait un front moins grand que ses homologues, des pupilles mauve, deux courtes nageoires qui descendaient des hanches jusqu'aux cuisses, si sa peau était principalement bleue comme le commun des Zoras, elle possédait quelques reflets mauve sur le bout de ses nageoires. Celles qui descendaient de son front, faisant office de deux grosses mèches, n'étaient pas percées d'anneaux contrairement aux autres, mais comme pour compenser ce manque de bijou elle portait deux bracelets à chaque bras et un sur sa cheville droite.
« Je suis revenue sous ordre du conseil, je suis tenue de vous donner tout renseignement en ma possession, en ce qui concerne le criminel. »
Elle regarda brièvement Zelda, ne comprenant pas ce qu'elle elle attendait, elle fit simplement un mouvement de tête vers le haut plus lui dire de continuer. Ce qu'elle fit après quelques secondes de réflexion :
« Nous étions en train d'évoquer les possibles endroits où il pourrait de nouveau frapper. Nous en sommes venus à la conclusion que sa plus probable prochaine cible serait les Gorons. »
J'acquiesçai puis demandais :
« Vous voulez donc que nous nous rendions là-bas ?
-Pour constater d'éventuels problèmes, compléta Aria. »
Le chemin allait être très long si nous le faisions à pied, nous en aurions pour une journée au moins. Ils avaient néanmoins de nombreux chevaux, ils pourraient bien nous en prêter un. Je pensais apprendre à la princesse l'état de ma jument, mais je ne sais pas par quels moyens, elle le savait déjà :
« Ne vous inquiétez pas ce qui concerne le déplacement, j'ai déjà demandé à vous préparer une monture. Avez-vous d'autres questions avant votre départ ?
-Votre altesse, nous n'avons pas encore dit oui.
-Mais votre loyauté à la paix, si. Vous ne laisseriez pas le fragile équilibre qui nous permet de vivre ensemble se briser, n'est-ce-pas ? »
Elle avait raison. De toute façon le « encore » laissait bien entendre que même sans avoir encore répondu, nous étions d'accord, du moins j'étais d'accord, je ne connaissais pas l'avis de ma coéquipière. Je pense pouvoir la considérer comme telle étant toute les choses que avons vécus et que nous allons vivre, si elle est partante. Bien sûr, Epona fait partie de la troupe, mais elle a besoin de repos pour l'instant.
« Excusez-moi, j'ai une question.
-Laquelle jeune fille ? demanda gentiment Zelda.
-Il faudrait trouver un petit surnom à ce criminel n'est-ce pas ? »
-Ce n'est pas une idée négligeable, appuya Kira. »
Tout le monde, y compris moi-même se plongea dans une intense réflexion, à la recherche d'un nom pour l'agresseur. Aria énumérait à voix basse ses différentes caractéristiques :
« Masque bleu nuit et blanc, rieur et triste, longue tunique bleu, empoisonneur, imposteur…
-L'empoisonneur masqué ? proposa timidement la Zora.
-Non, trop long, répondais-je, entre deux pensées, l'index et le pouce posés sur mon menton.
-Mais l'idée du masque est bonne, ajouta Aria.
-Masque théâtral ? Se risqua à son tour Zelda.
- Non, répondîmes-nous tous en cœur, avant de nous replonger dans notre intense réflexion.
-Pourquoi pas tout simplement Le Masque ? »
Nous relevâmes tous la tête vers Aria, Kira tapa son poing dans sa paume en s'exclamant « Très bonne idée, j'aime ça ! » puis rougit s'apercevant de son relâchement face à la princesse, qui n'en tenue néanmoins pas compte, je suis sûr qu'elle aurait réagie de la même manière si l'étiquette ne l'en empêchait. Cette dernière répondit avec son calme habituel :
« Je suis d'accord avec elle, il sied bien au personnage. Qu'en penses-tu Link ?
-Je suis l'avis de tout le monde. »
Elle acquiesça de la tête pour clore le sujet puis continua :
« Etes-vous prêt à partir ?
-Pourrai-je m'entretenir avec ma compagne ?
-Vous ne répondez pas à la question, mais allez-y. Nous restons là pour vous donner les dernières indications, faites vite. »
Je me retirais en entrainant Aria avec moi qui ne devait pas comprendre ce qu'il se passait, au vu de son visage interloqué. J'avais à lui parler, et sérieusement. Je ne lâchais pas son poignet, zigzaguais entre quelques tentes, plus ou moins installées. Je n'eus pas le temps de l'emmener assez à l'écart qu'elle se dégageait d'un coup, les sourcils froncés, elle me lança.
«Qu'est-ce que tu fais ? Tu es vraiment obligé de m'emmener aussi loin juste pour me parler cinq minutes ?
-Oui.
-Pourquoi tu es dans cet état, j'ai fait quelque chose de mal ?
-Pas encore.
-Je ne comprends pas… »
Elle me regardait avec un air interloqué, ses yeux cherchaient une réponse dans les miens, pourquoi est-ce que je réagis encore comme ça, j'en ai assez !
Je respirai un grand coup pour me calmer avant de lui demander :
« Tu es sûre de vouloir venir ? Malgré tous les risques, non tu devrais plutôt rester à l'abri avec les soldats, ils ont des armes, ils seront en mesure de te protéger.
-Et alors ? Je te dois ma liberté, et puis j'ai envie de voir un peu plus d'Hyrule !
-Tu ne l'as pas déjà visité avec tes parents ?
-Oh oui en effet, j'ai pu le voir depuis la caravane, ton royaume, mais je jamais posé le pied sur ces terres. Je viendrai, j'y tiens.
-Et si je refuse ?
-Tu n'oserais pas ? »
Un léger sourire vint soulever un côté de ma bouche, j'expirai d'un coup, bien sûr que j'oserai ! Je suis peut-être étourdi et fait peu attention à ce que peux subir, mais si je le fais c'est bien pour épargner ce mal aux autres ! Ce n'est pas pour rien que les déesses m'ont choisi.
-J'ose.
-Mais…
-Ecoute je fais ça pour ton bien, tu as déjà assez souffert de ta captivité, regardes toi ! Tu as plus que besoin de te reposer et de manger, mais surtout de te faire retirer tes chaînes. »
Elle baissa la tête, vaincue.
« Allons, il faut faire part à la princesse de nos réponses. »
« Donc Link partira et Aria restera avec nous ?
-Tout à fait votre altesse. Elle a grand besoin de repos, si je peux vous la confier.
-Il n'y a pas de problème à cela. Je vais en avertir mes soldats, ils vous guideront dans le campement. »
Je savais qu'Aria m'en voudrait à coup sûr, de la laisser au milieu d'inconnus, au moins elle pouvait faire confiance à Zelda, Kira m'avait l'air d'être elle aussi une personne à qui la jeune fille pourrait se référer, après, ça ne restait qu'une impression…
A l'extérieur nous attendait le capitaine barbu, ils étaient décidément très bien organisés ! Il était toujours aussi souriant, son casque sous le bras, il ne devait vraiment pas aimer le porter. Il me donna une petite tape amicale dans le dos.
« On dirait bien que je suis votre guide, il sera peut-être temps que je me présente : je suis le Capitaine Cabrère, chargé d'une portion non négligeable de l'armée d'Hyrule ! »
Amusé par son discours, je me présentai à mon tour :
« Link, venu tout droit du village de Toal et la princesse m'a chargé d'une importante tâche.
-Aria, née à Cocorico, il y a encore peu tenue esclave des bublins dont Link m'a sauvée.
- Quel histoire! »
Il avait bien raison, elle en avait vu de toutes les couleurs et c'est principalement pour cette raison que je ne voulais pas qu'elle soit de nouveau mise en danger. Je voyais bien que le sujet plombait l'ambiance, il fallait que je le change pour que la conversation retrouve une note plus joyeuse.
« Hé bien qu'attendez-vous pour nous faire la visite ?
-Eh bien… Rien ! Suivez-moi ! »
Il nous présenta chaque coin du campement, avec son lot de détails futiles dont je me serai bien passé, mais aussi quelques anecdotes qui enlevaient bien du prestige à nombre de soldat, ce qui avait le don de froisser ces derniers. Comme rien ne se passait depuis quelques heures, mon corps avait relâché toute pression et je commençais vraiment à ressentir la fatigue, Aria s'accrochais à ma tunique pour ne pas tomber de sommeil et j'explicitais ma fatigue à l'aide de quelques bâillements et en laissant mes paupières se refermer doucement puis se rouvrir d'un coup. J'exagérais, c'était pour bien faire comprendre à cet inépuisable homme que nous avions tout deux grand besoin de repos, mais pas en le disant directement, là était toute la finesse.
« Vous m'avez l'air bien fatigué ! J'espère que vous n'avez pas oublié où sont vos tentes.
-Mmmmm, non *baille* c'est bon, je me frottai les yeux pour ne pas m'endormir debout, et ce n'était pas fait exprès cette fois, nous y allons *baille* …tout seul… Viens Aria…
-Je n'ai plus qu'as vous souhaitez une bonne nuit ! »
Je le saluais mollement de la main et trainait ma compagne à moitié dans le pays des songes qui failli de nombreuses fois trébucher, j'aurais dû la forcer à au moins se laver les pieds mais bon, les déesses me font défaut et je ne m'en sens absolument pas le courage…
Kira la pris en charge en chemin, nous ne dormions pas ensemble bien sûr, fille et garçon étaient séparés. Je parcourais lentement mais sûrement la distance restante.
Je ne me changeais même pas et m'écroulais sur les pauvres couvertures qui me faisaient office de matelas improvisé avant de me laisser emporter par la fatigue…
Qui m'appelle ? On me secoue, j'entends une voix m'appeler, je ne veux pas y prêter attention, juste continuer à dormir… Encore des secousses ? Plus violentes, on me tire par la manche…
Je reconnaissais la voix féminine et visiblement agacée qui m'appelait :
« Liiiiiiiink ! Debout ! Tu es en retard, tout le monde t'attends ! »
Elle a bien mieux récupéré que moi… Je ne doutais pas qu'elle allait utiliser une grande partie de son énergie pour jouer avec mes nerfs. Je pouvais déjà ajouter ce réveil à la liste des pires : les gobelins restaient rois du classement. Je décidai finalement de me lever après quelques minutes supplémentaires de secouage intensif, et je regrettai rapidement le fait de ne pas mettre changé avant de me coucher, en plus des cottes de mailles qui avaient rendu mon sommeil plus qu'insupportable, des courbatures transcendaient mes muscles martyrisés par les efforts de la veille. Mon épaule me lançait de nouveau, l'odeur du sang qui avait mariné sous le bandage était insupportable, il fallait que je me nettoie avant que la plaie s'infecte, je m'étonnai d'ailleurs du fait que ce ne soit pas le cas. Je m'échauffais un peu, j'avais horriblement soif, ma bouche était pâteuse, l'air était humide et chaud.
« Dépêche-toi ! » Elle sortait la tente, je sortais à mon tour, je pu enfin me dresser de toute ma hauteur sous la protestation de mon corps, je faisais quelques étirements supplémentaires.
« Pouah ! Tu as vraiment besoin de te laver toi ! »
-Tu aurais quand même pu commencer par me dire bonjour.
-Premiers mots de la journée et c'est pour se plaindre !
-Tu n'as pas vraiment fait d'effort pour bien la faire débuter. »
Je remarquai que elle avait eu le temps de se laver, elle avait aussi changé de tenue, des vêtements trop grand pour elle, un bout de tissus serait le pantalon à la taille pour ne pas qu'il tombe, elle portait toujours sa vieille robe rapiécée.
« Tu as toujours tes chaînes ?
-Ah ça oui, ils ont essayé bien des choses pour me les retirer, j'ai même failli y laisser une main, c'est un métal vachement résistant. Ils n'ont jamais vu une matière semblable selon eux.
-Laisse-moi donc voir.
-Je ne vois pas en quoi ça nous avancerai… »
Je prenais le poignet qu'elle me tendait pour inspecter le lourd bracelet de métal. Il me rappelait quelques chose, je compris quand je pu reconnaitre des gravures bien particulière dans le métal usé. La dernière fois que je les avaient vus étaient…
Mon réveil dans les cachots du château d'Hyrule, oui c'est cela, ma première transformation en loup, ma rencontre avec Midona, elle avait usée de sa magie pour briser les chaînes, mais la partie autour de ma patte était toujours restée. Le bruit du métal trainant sur la pierre humide des égouts résonnait encore dans ma tête.
« Qui t'as mis ces chaînes ?
-Les bublins, qui d'autre ?
-Je ne crois pas. Je veux… »
Le gargouillement de mon ventre me coupa, me faisant perdre une grande partie de ma crédibilité. Le capitaine qui passait par là m'attrapa joyeusement l'épaule pour traîner.
« Suis-moi ! Je vois bien que tu es affamé ! »
Je ne savais pas si il avait agi pour sauver Aria de mes questions où s'il était simplement arrivé à ce moment-là. Elle me cachait des choses, et pas des plus sympathiques. J'en étais sûr maintenant. Elle nous suivit d'un pas tranquille, comme si notre conversation n'avait été. L'homme à l'importante pilosité faciale nous emmena au principal feu du camp, il n'y avait personne.
« T'es le dernier mon gaillard, va falloir se contenter des restes ! »
Les « restes » n'avaient rien de très appétissant, déjà les couvertures miteuses et ensuite ça ? C'était donc de cette manière qu'ils traitaient leurs invités ? Enfin, nous n'étions pas vraiment des invités, on avait surtout croisé leur route…
Je regardais le bol métallique cabossé ci et là, bien plus attrayant que ce qu'il y avait dedans, un mélange tellement peu appétissant, même un rat n'en voudrait pas. J'étais vraiment obligé de manger ça ? Ils n'avaient pas autre chose à me proposer ?... Je fermais les yeux avant de porter un morceau à ma bouche, pas de couvert bien sûr.
« Tu comptes vraiment manger ça ?
-J'ai bien l'impression que oui, quel courage ! »
Ils étaient tous les deux mort de rire. Ne me dites pas que…
« Ba quoi ? Non, non, vous n'avez pas intérêt à ce que ce soit…
-Une blague ! Dirent-ils ensemble avant de repartir de plus belle. »
C'en était assez ! Je n'en pouvais plus, j'avais l'urgente envie d'envoyer mon poing dans leurs figures, mais je me retenais, je n'oserai pas vraiment esquinter Aria, mais le capitaine…
« Link, baisse ton bras, doucement. »
J'étais en position, prêt à lui mettre un coup dont il se souviendra un bout de temps.
« Link, s'il-te-plait, tu fais vraiment peur à voir. Ajoute-t-elle sur un ton suppliant »
J'abandonnai l'idée de passer mes nerfs sur lui, ce n'était pas dans mon éthique de frapper pour si peu, non. Elle m'attrapa le bras avant de me traîner vers la tente de la princesse laissant le barbu les yeux grand ouvert, cloué sur place par ma réaction qu'il ne devait pas prévoir. En attendant, j'avais toujours faim et mon estomac ne manqua pas de faire un deuxième rappel. De plus, je n'avais pas nettoyé ma plaie ni bu un peu d'eau.
« Je préfèrerai boire un peu et me nettoyer, au moins la plaie, je meurs de soif.
-Comme si il n'y avait pas assez d'eau !
-Je n'irai pas la boire…
-Je plaisantai, on va faire un petit détour par le stock de nourriture. »
Elle changea brutalement de direction, elle connaissait déjà le campement par cœur !
Les provisions étaient rangées sous une simple toile tendue entre quatre poteaux de bois. Elle prit un gobelet avant de le remplir en faisait couler l'eau de la petite citerne, je doutais que cela puisse garder l'eau complètement saine, je n'avais néanmoins pas le choix. L'eau avait un goût qui n'avait rien de rassurant. Elle prit un petit flacon dans le fond d'un coffre.
« Qu'est-ce que c'est ?
-De l'alcool.
-Non, ne fais surtout pas ça, tu es beaucoup trop jeune pour…
-C'est pour la plaie imbécile, aller, enlève ta tunique. »
Elle m'avait encore fait peur, mais comment est-ce qu'elle connait son emplacement d'ailleurs ?
« Dépêche-toi ! »
Ce fut plus facile à dire qu'à faire, je ne pouvais pas faire de trop grand mouvements sans que mon épaule me lance violemment, sans oublier les courbatures, ma cotte de maille resta coincée dans mes mèches, m'arrachant quelques cheveux au passage. Le plus dur fut encore de retirer le bandage, le sang séché l'avait collé à ma peau, ce qui m'arracha divers plaintes. Cela fait, je me nettoyai rapidement le visage et les mains avant de m'occuper de la blessure à moitié cicatrisée. Aria dut me forcer à continuer, a peine avait touché la plaie que j'avais retiré ma main et n'arrivais à m'auto-convaincre de la toucher une deuxième fois. Au bout de longues minutes éprouvantes arrivait l'ultime épreuve : l'alcool pour désinfecter. Elle tapotait légèrement le membre blessé avec un bout de tissus imbibé. Je n'avais jamais crispé mon visage de douleur aussi longtemps de ma vie. Ceci fait je remettais ma tunique, non sans avoir préalablement nettoyé les taches de sang, enfin, mon corps se trouvait récompensé de toute cette douleur et attente par un petit-déjeuner bien mérité.
Ceci fait, nous pouvions enfin aller voir la princesse.
Elle devait nous attendre depuis un bon moment. Kira était toujours à ses côtés, elle ne semblait pas avoir remarquée notre présence, occupée à étudier une grande carte d'Hyrule pour y poser ses pions et ensuite demander l'avis de son informatrice qui avait pris, semblais-t-il, la place de conseillère.
« Link, Aria vous êtes en retard.
-Pardonnez-nous, votre altesse, mon compagnon a nécessité de plus de repos que vos troupes.
-Cela peut se comprendre. Je ne sais pas si vous avez été averti des tout derniers changements.
-Quels sont-ils ?
-Aria viendra avec vous, je vous fais confiance à ce sujet.
-Mais votre altesse…
-Pas de mais, vous aurez simplement à l'amener au village de Toal. »
C'était bien l'endroit que je voulais éviter, tiens ! Comment était censé me justifier une fois là-bas, ils ne me laisseraient pas partir sans réponses, je ne pouvais pas leur dire la vérité, je devrais encore inventer un mensonge, je détestais ça. Et si la jeune brune me contredisait lorsque que je leur déballerai un scénario bien loin de la réalité ? Il faudrait donc que je lui demande de mentir avec moi ?
« Rendez-vous au Nord du campement, le Capitaine Cabrère vous y attends, il vous fournira quelques armes et un cheval. Votre jument devrait être guérie à votre retour, vous n'avez pas à vous inquiéter là-dessus.
-Si je peux me permettre, quelle stratégie devront-ils adopter si les Gorons se montrent hostiles ? demanda Kira.
-Je sais déjà quoi faire dans cette situation, quelqu'un ayant rivalisé avec eux plus jeune m'a déjà fait part de ses techniques. »
Les leçons de Bohdan allaient me servir une seconde fois, les bottes de plombs rendaient la victoire contre ses géants de pierres tout à fait possible. Il m'avait avoué que sans ces lourdes chaussures, lui non plus ne pouvait les stopper. Nous nous rendrions directement dans la région d'Ordinn, la source se trouvait juste à l'entrée du village Cocorico, une fois la source vérifiée, nous pourrions poser quelques questions puis je déposerai Aria à Toal. En cas de problème avec les Gorons, nous irions directement chez moi, je l'y déposerai avant de récupérer mon matériel, dont les bottes de plombs bien sûr. Tout était planifié, en espérant que Le Masque ne décide pas de nous mettre des bâtons dans les roues.
« Des questions ? Demanda calmement cette dernière.
« Non votre altesse.
-Très bien, je vous souhaite Sagesse, Force et Courage dans votre mission.
-Nous vous en remercions infiniment, votre altesse. »
Sur ces mots, nous nous courbèrent avant de tourner le dos aux deux femmes qui, je le devinais, reprenaient déjà leur travail, aux bruits des papiers et des murmures studieux.
Une fois de plus, ma compagne me guida sans hésiter une seule fois là où nous attendait le capitaine. Il tenait les rênes du cheval avec qui nous allions effectuer ce voyage, il était magnifique, mais n'atteignait sûrement pas le niveau de ma belle Epona. L'équidé possédait un éclatant pelage blanc, sa crinière et sa queue entre le châtain et le blond, des yeux marron, il était plus élancé que ma jument. C'était celui de Zelda. Je me sentais un peu flatté qu'elle nous accorde tant de confiance au point de nous prêter sa monture, je me demandais quels critères fallait-il qu'un cheval remplisse pour être monté par les membres de la famille royale, mais autant dire que j'attendais une très bonne performance de sa part.
« Je n'ai même pas pu dire au revoir à Epona, s'apitoya la jeune brune.
-Une fois que toute cette histoire sera terminée, je rentrerai et tu pourras pleinement profiter d'elle, la rassurai-je. »
J'en oublie la raison pour laquelle je suis parti, trouver un moyen de retrouver Midona. Depuis que je suis parti, je n'ai fait que m'encombrer de contretemps, je ne dis pas que j'aurais préféré laisser Aria mourir aux mains des gobelins, bien sûr que non ! Mais ce mystérieux agresseur avait décidé de déranger la paix, voulait-il qu'une nouvelle guerre nous fasse nous massacrer entre anciens alliés pour ensuite gouverner sur les ruines encore fumantes du royaume ? Je ne pouvais que retarder les recherches au sujet du monde des Ombres et au moyen d'y accéder sans utiliser le Miroir des Ombres. J'espérai qu'une fois ma mission accomplie Zelda voudrait bien m'en dire un peu plus sur le Crépuscule, ou du moins me prêter quelques ouvrages traitant sur ce sujet.
Le visage du barbu se crispa légèrement lorsque qu'il me vit, il n'avait pas oublié mon emportement de tout à l'heure.
« Voici votre monture, il s'appelle Joyaux, il s'agit du cheval de notre chère princesse Zelda, le chemin se trouve dans cette direction, voici aussi quelques armes pour vous, messire. »
Messire ? Mais que s'était-il donc passé pour qu'il m'appelle ainsi ? Je lui faisais aussi peur que ça ?
« Et moi, je n'ai pas d'armes ? demanda Aria, visiblement vexée d'être mis de côté sur ce point-là.
« Mademoiselle, vous êtes bien trop jeune pour avoir en votre-
-Et alors ?
-Donner lui au moins une petite lame pour qu'elle puisse se défendre.
-Bien sûr, messire. »
Il ne semblait plus être le même, lui qui était si familier et chaleureux il y a encore quelques heures… Il me désigna d'un doigt tremblant les armes posées sur la table, Aria se saisi d'un petit poignard pointu sous le regard horrifié du capitaine tandis que je soupesais et examinais le matériel fourni : une simple épée qui n'avait pas encore servie, un arc et des flèches, le bois était un peu rigide mais je m'en contenterai. Restait à convaincre l'équidé de coopérer avec nous.
Peur, il a eu tellement peur, c'est parfait, un parfait petit pantin oui. Maintenant, maintenant il faut que je la retrouve, que je lui ouvre les yeux, qu'elle connaisse la vérité, oui, la vérité, et ainsi nous vengerons père et mère, ainsi que tous ceux qui sont tombés. Ils ont été si indifférents au massacre qu'ils menaient, tellement indifférents, ces meurtriers de la Lumière et de l'Ombre, tous deux réunis pour tuer, oui, tuer… Mais maintenant le pantin à peur, peur jusqu'au fond de son âme. Quand ce sanguinaire, oui, sanguinaire homme sera désarmé, il fera ce qui lui brûle de faire, il le tuera…
Ce fut moins dur que ce que pensais, il s'était montré très docile et ne m'avait pas fallu de plus de quelques minutes pour monter sur son dos sans qu'il ne s'agite, il n'avait même pas réagi quand Aria était montée à son tour.
Nous avions beau remonter la pente, la brume faiblissait à peine, comme si elle avait commencée à monter pour engloutir Hyrule tout entier, nous empruntâmes le pont qui passait au-dessus du lac, mieux ne fallait pas avoir le vertige pour regarder en bas. Je dis ça mais moi et Midona avions bien été forcé de sauter alors que des bublins nous avaient coincés en mettant le feu à chaque extrémités du pont, nous avions été chanceux de tomber dans un des derniers endroits contenant encore de l'eau alors que la source était gelée.
« Ecoute, il y a risque que des bublins nous attendent à de l'autre côté, il va falloir que tu t'accroche, on va faire piquer un sprint à notre nouveau compagnon.
-Et si l'un de nous deux est blessé ?
-J'ai retenu la leçon, ça ne se reproduira pas deux fois.
-Je te fais confiance. »
Elle resserra ses bras autour de mon torse, anticipant toute accélération brusque.
J'avais vu juste, à peine arrivé à l'autre bout de la construction de pierre que des flèches enflammées fusaient autour de nous. Je n'eus même pas besoin de donner l'ordre à Joyaux qu'il accélérait comme un fou. Bien vite, les gobelins ne furent plus que de vagues silhouettes, disparurent de notre champ de vision et nous du leur.
« Tu vois ? Une fois mais pas deux, lançai-je fièrement.
-Moui, tu peux remercier la vivacité de Joyaux. »
Il semblait l'avoir compris et secoua joyeusement la tête, elle le flattait pour me rabaisser, je le savais bien.
La brume m'empêchait de me repérer, mais si nous arrivions à rejoindre l'étang il suffirait de le longer et de continuer tout droit pour rejoindre le village. Se rendre dans la région de Latouane serait une toute autre histoire… De toute façon, je n'étais pas pressé d'y retourner. Je fis légèrement tourner Joyaux dans l'espoir de trouver l'étang. J'y pense, et s'il lui aussi s'était desséché ? Non, de toute façon je saurai le reconnaitre, même vide.
Tandis que je commençais à imaginer une histoire un minimum rationnelle qui saurait cacher les détails désirés, comme mon véritable départ, je me garderais bien aussi de leur faire part de que j'avais remarqué sur les chaînes d'Aria, je vis quelque chose se déplacer dans la brume l'espace de quelques secondes. Une deuxième fois, une troisième, le cheval s'agita.
« Link, je n'aime pas ça.
-Moi non plus. »
Je prends mon arc et une flèche, je me mets en position, prêt à tirer à la prochaine apparition, l'équidé piétine, j'entends Aria sortir sa lame de son étui. Tout à coup, Joyaux se cabre, nous sommes éjectés, j'ai le temps le décocher ma flèche qui se fiche dans l'ombre juste avant de heurter le sol. Des yeux rouge, un détail marquant, très marquant, c'est lui, c'est Le Masque. J'essayai de me relever mais une force me clouait au sol. Je pu voir Aria se faire embarquer avant que mes paupières soient closes par la même entité qui m'empêchais de bouger, j'entendais encore ma compagne se débattre et hurler. Je me sentais si impuissant, moi qui étais si sûr de pouvoir faire face à n'importe quoi avec mes armes… Je n'étais qu'un imbécile et j'avais échoué, une fois de plus…
Un bruit de métal lacérant de la chair, je sentis un liquide tomber sur mon visage, les cris cessèrent, je pus me relever. Ni Aria ni son agresseur n'étaient là, je l'appelai, seul le silence me répondit. Joyaux était toujours à mes côtés, mon épaule avait recommencée à saigner. Je pleurai, je n'avais pas su la protéger, un criminel l'avait enlevé et moi, Héros du peuple Twili, Héros de tous les peuples d'Hyrule, n'avait su la sauver… Où le Courage que m'avaient donné les déesses était-il passé ? Pourquoi m'avaient-elles abandonnés dans ce moment crucial ?
Je passai ma main sur mon visage pour essuyer les larmes qui balayaient l'étrange liquide que j'avais reçu sur le visage, le liquide était d'une étrange couleur bleutée, elle me rappelait les signes sur les mains et les oreilles de la petite démone aux airs de chats, ces souvenirs me déprimaient encore plus… Il fallait que je le montre à Zelda, elle saurait sûrement savoir ce que c'est, en espérant que sa Sagesse, elle, ne l'ai pas abandonné. Je pris un des flacons qui m'avaient été fourni avec les armes pour y mettre le liquide bleu tandis que mes pleurs lavaient le reste et marcha sur une lame, le poignard d'Aria ! Il était enduis du même fluide… Elle l'avait poignardé, du moins c'est ce que j'avais compris, il s'agirait donc du sang de son agresseur ? Ma tête se secoua frénétiquement comme pour enlever la moindre goutte de ce sang inconnu.
Je regardai autour de moi l'environnement d'un blanc immaculé, comme si rien ne s'était déroulé, et pourtant…
Où aller à présent ? Que faire ?
Voilà, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre avec enfin un changement de zone ! Le prochain devrait normalement pas être en retard ( bon je dis à chaque fois je sais) et on repassera au point de vue d'Aria.
N'hésitez pas à laisser une review, à dans deux semaines ! ^w^
