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Adenoide : Je ne suis pas vraiment d'accord avec toi. Remus n'est pas lâche en soi. Il faut être courageux pour vivre avec une condition que l'on déteste et que l'on craint par-dessus tout. Remus a toujours détesté être un loup-garou et pourtant il vit avec ... Ce qui le retient, c'est la honte et la culpabilité.
Christine : non ce n'est pas du tout un Cross-over. Mais c'était dans mes objectifs de faire un jour un cross-over avec Loki. Mais ce n'est encore qu'à l'état de projet. J'ai même pas un plan pour tout dire. Non ici, c'est du pur Harry Potter.
Les recherches continuent
Lord Voldemort était dans son bureau. Depuis sa résurrection, il avait été recherché tous ses Horcruxes. Le corps qu'il avait récupéré était affreux et dû à l'état déplorable de son âme. Il avait récupéré la coupe de Pouffsouffle et Drago lui avait fait parvenir le diadème de Serdaigle qu'il avait caché à Poudlard dans la Salle-sur-Demande. Il avait été frustré de ne pas retrouver le médaillon de Serpentard dans la grotte ni la bague des Gaunts dans la maison de son grand-père et d'apprendre que son journal avait été détruit. Il gardait toujours Nagini. Il appréciait beaucoup ce serpent et ne voulait pas le perdre. Il y avait par contre quelque chose qui le tracassait. Il y avait encore un morceau qui manquait et il ne savait pas du tout où il était ni ce que c'était.
Grâce à une potion et à une petite - grosse - touche de magie noire pour ressouder les parties de son âme, Voldemort avait repris l'apparence de Tom Jedusor mais un peu plus vieille que celle qui était dans son journal. Il faisait dans les trente ans maintenant. Mais toujours aussi charismatique qu'il était à l'époque. De jolies boucles brunes, avec quelques poils grisonnant, autour de son visage fin et aristocratique et des yeux noisettes dans lesquels pouvait apparaître un reflet rouge en fonction de ses humeurs.
Il s'occupait de ses papiers et de l'organisation de ses troupes pour la prochaine attaque. Depuis maintenant seize ans, il s'était un peu écarté de son idéologie de base de sa campagne pour se venger du camp de la Lumière. Il le réduirait jusqu'aux cendres pour avoir détruit sa vie et celle de ceux qui lui étaient chers. Sa bien-aimée souffrait depuis des années et sa souffrance l'avait fait petit à petit glisser dans la folie. Une folie vengeresse et meurtrière égale à la sienne. Non, même supérieure à la sienne. Malheureusement, elle avait été envoyée à Azkaban, et la cohabitation longue durée avec les détraqueurs l'avait marquée profondément. Il l'avait envoyé chez plusieurs spécialistes médicomages et attendaient les résultats. Il avait peur d'avoir tout perdu dans cette guerre. Et cela le mettait dans une colère sans nom.
Il s'était juré il y a longtemps qu'il se vengerait. Et par Salazar, il le ferait ! Il commencerait par Harry Potter. Il le torturait et le tuerait lentement, une lente et terrible agonie. Rien que d'y penser, il en jubilait. Et une fois que le garçon serait mort, il prendrait son corps mutilé et le jetterait aux pieds de Dumbledore pour voir le vieil homme s'effondrer, lui ainsi que tous ceux qui le suivaient et qui plaçaient leurs espoirs dans ce jeune homme. Quand il verrait enfin Dumbledore s'effondrer psychologiquement, il n'en serait que plus facile de le battre et ainsi gagner cette guerre par la suite, guerre qui lui avait tant pris, tant volé.
Une larme traîtresse coula sur la joue du Lord Noir. Il l'essuya d'un geste rageur. Non, il ne devait plus pleurer, il ne devait plus penser à ça ! Cette douleur était présente et il devait l'utiliser d'une autre manière qu'en de vain chagrins. Il la transformait en rage. En rage de vaincre !
Il fut interrompu dans son travail par l'arrivée de Lucius Malfoy dans son bureau.
"Tom," fit le blond en inclinant respectueusement la tête.
Contrairement à la croyance populaire, les mangemorts n'appelaient pas le Lord Noir maître, mais tout simplement par son prénom. Certains étaient des camarades d'écoles du Seigneur des Ténèbres. Et cela était resté, l'habitude se diffusant chez les nouveaux membres du groupe. Il est vrai qu'il y avait une certaine relation de crainte entre Voldemort et ses mangemorts, crainte qui inspirait le respect, mais cela ne voulait pas dire que le Mage Noir était aussi mauvais et fou qu'on le croyait. C'était le camp de la Lumière qui avait diffusé cette idée et qui avait fait envenimer les choses au point que d'une guerre politique, ils étaient passés à une guerre de vengeance. Vengeance pas seulement pour lui, mais aussi pour beaucoup d'autres mangemorts qui avaient subi les mêmes injustices, les mêmes douleurs, les mêmes affronts que lui. Tous voulaient la chute de Dumbledore qui était la cause de tous leurs malheurs.
"Qu'y a-t-il, Lucius ?" demanda le Lord en posant sa plume et croisant les doigts sous son menton, accordant au blond toute son attention.
Ce dernier faisait partie des mangemorts du Premier Cercle. C'étaient les mangemorts en qui il avait le plus confiance et qui s'apparentaient plus à des amis proches qu'à de simples suivants.
"Vous aviez donné l'ordre de vous avertir si quelqu'un fouillait dans les archives familiales du ministère. Un homme est venu plusieurs fois cette semaine faire des recherches, plus particulièrement sur des familles de mangemorts."
"Sais-tu qui est cet homme ?"
"Oui, Jonathan Bristow, un détective privé."
"Sais-tu pour qui il travaille ?" demanda le Lord Noir qui voulait savoir qui fouillait dans sa vie privée ainsi que dans celle de ses hommes.
"Non, pas encore. Mais je le fais surveiller."
"Très bien, Lucius. Préviens-moi quand tu as du nouveau."
Lucius inclina la tête et, comprenant qu'il venait d'être congédié, il sortit du bureau du Lord Noir.
OoO
Severus était assis dans un coin reculé du Chaudron Baveur et attendait que son rendez-vous n'arrive en buvant son café. Cela faisait une quinzaine de jours maintenant qu'il avait engagé Bristow pour faire des recherches sur la famille d'Harry. Il connaissait la renommée de l'homme et la qualité de son travail. Aucun de ses clients n'avaient été déçus jusqu'à présent. Il l'avait d'ailleurs déjà recontacté pour lui communiquer les premiers résultats. Cela avait été rapide. Le Maître des Potions en était étonné.
Il fut encore plus surpris de ne pas voir arrivé Bristow. A la place, s'installa un grand homme blond, aristocrate, et vieil ami.
"Bonjour, Lucius," dit-il.
"Severus," salua le blond. "Que fais-tu ici ?"
"J'attends quelqu'un," éluda le potioniste. "Et toi ?"
"Je viens voir quelqu'un."
Ils parlèrent de sujets légers, comme Drago dont Severus était le parrain, le temps que Lucius passe commande et qu'elle arrive. Quand l'aubergiste fut reparti, Lord Malfoy sortit sa baguette et traça un cercle autour d'eux pour un peu d'intimité.
"C'est moi que tu es venu voir, n'est-ce pas ?" demanda Severus.
"Oui. Ordre de Tom. Pourquoi t'intéresses-tu archives familiales des mangemorts ?"
"J'aurais dû me douter qu'Il les faisait surveiller." Severus secoua la tête face à sa propre bêtise. "Enfin, cela pourrait être plus rapide comme cela. C'est pour un étudiant de Poudlard. Il a appris dernièrement qu'il a été adopté et il recherche ses vrais parents maintenant."
"Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants," fit Lucius. "Juste que Bristow fouillait précisément dans les archives des familles mangemorts, et presque uniquement ces familles-là. Pourquoi ?"
"A cause d'un tatouage qu'il a sur le dos."
"Vas-tu me dire son nom ?"
"Non, par respect pour le jeune homme, je ne le ferai pas. Du moins pas sans son accord. Est-ce que Tom voudrait l'aider ?"
"Il y a des chances. Beaucoup de mangemorts ont perdus leurs enfants durant la première guerre. Il s'en préoccupe beaucoup. J'ai moi-même perdu mon neveu dans tout cela."
"Ulysse. Oui, je me souviens de lui. Lui et Drago étaient inséparables."
"Si tu ne donnes pas son nom, comment le Lord peut-il le contacter pour l'aider dans ses recherches ?"
"Il ne connait absolument rien de ses parents. Rien du tout," répondit Severus. "Il ignore même jusqu'à son nom de naissance. Discuter avec le Lord ne servirait à rien. Le seul indice qu'il a c'est son tatouage. Mais je lui ferais part de la proposition, sois-en sûr."
"As-tu une représentation du tatouage sur toi ?"
"Non. Je peux juste te dire que cela représente un serpent qui se mord la queue avec une étoile bizarre à l'intérieur. Tout est dans le dossier de Bristow."
"Très bien, Severus. Passe le bonjour à Drago de ma part," fit Lord Malfoy en se levant.
"Je le ferai. Au revoir, Lucius."
OoO
"Tu plaisantes là, Severus ?" fit Harry, les yeux écarquillés.
Ils étaient tous les deux dans le salon de la salle Va-et-Vient et dégustaient un délicieux thé indien. Severus venait de lui rapporter sa rencontre avec Lucius Malfoy. Le jeune Lord en avait renversé sa tasse tellement il était choqué.
"Ca, c'est la meilleure," rit-il. Un rire forcé et sans une once de joie. Il était plus nerveux qu'autre chose. "Voldemort qui voudrait m'aider. Ah ah. La bonne blague. Je me demande ce qu'il dira ou fera quand il apprendra que c'est Harry foutu Potter qui recherche ses parents."
"Harry," fit Severus. "Sincèrement, je n'en sais rien. Tu sais que j'étais de son coté à l'époque. Ses idées n'étaient pas aussi noire. Bien au contraire, il avait de bonnes idées pour un avenir meilleur pour le monde sorcier. Et j'étais d'accord avec ses idéaux. Mais beaucoup de choses ont changé dans les années 70' et début 80'. Beaucoup de mangemorts ont perdus leurs enfants, souvent ils venaient à peine de naître qu'ils étaient arrachés à leurs familles. Ils n'ont jamais été retrouvés. Et on n'a jamais su qui était coupable. Le Seigneur des Ténèbres lui-même a perdu son fils. Cela a été la goutte qui a fait déborder le vase. Il est entré dans une rage sanguinaire, ainsi que son épouse. Il a renoncé à ses points de vue politique et en a fait une affaire personnelle. Il a accusé le camp de la lumière. A l'époque on n'avait pas de preuve que c'était le cas. C'est à ce moment là que j'ai commencé à m'écarter de la guerre. Ses objectifs avaient changés."
Severus but une gorgée avant de reprendre. "Quand il a tué Lily et que Dumbledore m'a annoncé que tu avais survécu, j'ai décidé de le trahir pour te protéger."
"En m'humiliant dès la première année à Poudlard ?" fit Harry avec un sourcil levé, un sourire moqueur sur les lèvres. "Il y a meilleure façon de faire."
"Oui, bon, j'admets avoir abusé de mon statut de professeur. Mais tu me le rendais bien au change. Tu étais le portrait craché de Potter, déjà à l'époque. Mais cela ne m'a pas empêché de te protéger tout du long de ta scolarité." Il resta quelques secondes silencieux. "Pour en revenir au Seigneur des Ténèbres, il tenait beaucoup à son fils, ainsi que tous les autres mangemort tenaient aux leurs. Qu'un enfant revienne après avoir disparu tout ce temps, c'est juste inouï. Cela relève du miracle pour lui. Je te laisse le choix d'accepter ou de refuser sa proposition, Harry. Sache juste que je suis avec toi quelle que soit ta décision et que je serais toujours là pour te protéger que ce soit de lui ou de Dumbledore. Le fait que ce vieux fou t'ai confié aux Potter prouve que le camp de la lumière est responsable de toutes ces familles brisées et de la mauvaise tournure de la guerre. Il est responsable de tout ce sang versé. Je n'ai jamais eu d'enfant mais je peux imaginer la douleur qu'ils ont ressenti. Quand j'ai su la mort de Lily, j'étais effondré. Plus qu'une coquille vide errant sans but attendant que la mort l'appelle. Oui, Potter," fit Severus en voyant la réaction de James dans le cadre posé sur la table. "J'étais et je suis toujours amoureux de Lily. Rien ne changera jamais cet état de fait. Et si j'avais pas fait cette grossière erreur en cinquième, elle aurait peut-être été ma femme et non la tienne. Enfin, le passé, c'est le passé."
Le serpentard soupira et but à nouveau une gorgée de son thé. Pendant ce temps-là, Harry réfléchissait sur ce qu'il venait d'apprendre. Voldemort serait devenu vraiment sanguinaire parce qu'il avait perdu un enfant, un fils. Dumbledore ainsi que tous les membres de l'ordre et tous ceux qui parlaient de lui - quand ils ne tremblaient pas de peur sous leur couette - présentaient l'homme comme le pire mage noir du siècle, un meurtrier raciste prônant la pureté du sang, qui avait un penchant sadique, qui était le descendant direct de Salazar Serpentard et était lui-même un serpentard, maison d'où sortaient la plupart des mages noirs. C'était la maison du mal à l'état pur. La maison de l'ennemi.
Mais qu'est-ce qui était vrai ? Qu'est-ce qui était faux ? Il avait vu la réaction de ses parents adoptifs quand ils avaient appris le comportement des Dursley, de Severus et de Remus. Ils étaient très remontés et s'étaient fait entendre. Il se doutait que s'il lui était arrivé quelque chose et qu'ils en avaient les moyens, ils pourchasseraient les coupables de son malheur et le leur feraient payer lourdement. Et en soi, c'est ce que Voldemort faisait. D'une certaine manière, il trouvait cela ... légitime.
Il soupira face à l'injustice.
"Severus," dit-il au bout d'un moment où il était resté silencieux à contempler les flammes alors qu'il entendait le serpentard discuter avec le portrait de ses parents. "Dis m'en plus sur les idéaux de Voldemort. Quelle était sa politique d'origine ?"
Le serpentard resta silencieux et plongea son regard dans les yeux d'émeraude. Harry voulait la vérité sur le début des mangemorts et non sur la fin que tout le monde connaissait. Il servit leurs deux tasses, prit une gorgée de la sienne et inspira profondément, le temps de mettre ses idées en place avant de commencer à parler.
Le programme politique de Voldemort comportait les points suivants :
- une tolérance et une meilleure compréhension de toutes les créatures magiques ainsi qu'un statut égalitaire entre elles et les sorciers. Tous étaient des enfants de Magia et devaient vivre égaux devant elle.
- Retour aux anciens rites sorciers qui étaient délaissés de plus en plus avec l'afflux de plus en plus important de sang-mêlés et né-de-moldus. Ces rites avaient été petit à petit interdits par le ministère et seuls quelques familles sang-purs les pratiquaient encore aujourd'hui en Angleterre. La connexion avec Magia se faisait de plus en plus faible dans ce pays à cause de cela. Les enfants sorciers se faisaient de plus en plus faibles et il y avait de plus en plus de Cracmols justement à cause de l'irrespect envers Magia. Elle ne faisait que se venger à sa manière.
- Faire en sorte que les nés-moldus soient repérés le plus tôt possible pour qu'ils puissent être initiés au plus tôt à la magie et puissent rattrapés toute la culture sorcière que leur congénères sang-purs ou sang-mêlés vivant dans le monde sorcier connaissent.
- Assurer un suivi de la famille des né-moldus pour s'assurer qu'ils étaient bien traités car c'est en étant maltraité à cause de sa magie qu'un enfant peut devenir un obscurus à force de réprimer sa magie. Et un obscurus pouvait s'avérer être très dangereux.
- réinstaurer l'étude d'anciennes pratiques de la magie qui étaient aujourd'hui tombées en désuétudes ou totalement oubliées.
Quand Harry alla dormir cette nuit-là, il médita longuement ce qu'il venait d'apprendre. Mais il voulait d'abord avoir une bonne nuit de sommeil avant de prendre une décision et d'accepter l'aide de Voldemort. Parce que, par Gryffondor, il cherchait à le tuer depuis une petite quinzaine d'années, lui faire confiance était quand même jouer avec sa propre vie. Il devait faire très attention sur ce coup-là.
