Voici donc la suite, je vais malheureusement paspouvoir mettre à jour avant lundi, désolé pour l'attente.

Je vous souhaite une agréable lecture!


Au réveil, le corps d'Arizona lui rappela la longue journée qu'elle avait eue la veille. La tension se faisait ressentir dans tous ses muscles. Elle s'étira douloureusement, grommelant sa frustration. C'est de mauvaise humeur, qu'elle descendit prendre son petit déjeuner en cuisine avec l'espoir de ne croiser personne. Son souhait fut anéanti lorsqu'elle entendit Miranda chantonner avant même d'entrer dans la pièce. Elle soupira de plus belle. Sans un mot elle s'installa à table se servant un café.

-Bonjour à toi aussi !

-Bonjour ! Répondit-elle sèchement.

-Et bien, je vois que l'humeur est bonne ce matin.

-Excuses moi je suis juste fatiguée.

-Tu seras donc heureuse d'apprendre que tu n'as pas besoin d'aller nourrir les chevaux. Callie est en train de s'en charger.

-Quoi ? Dit-elle tout en se levant d'un bon.

Bailley n'eut pas le temps de répondre que la demoiselle était déjà dehors, courant vers les écuries. Miranda alla à sa suite ne comprenant pas se qu'il se passait.

Arizona s'arrêta nette devant la porte ouverte des écuries, elle reprit son souffle, se maudissant d'avoir couru lorsqu'elle sentie ses jambes lui brûler. Puis elle entra.

Callie allait nourrir Saphir, lorsqu'elle entendit quelqu'un entrer. Elle se tourna vers la nouvelle personne. Elle fut surprise de trouver une Arizona visiblement en colère s'approcher d'elle à grands pas. La blonde lui prit le seau des mains sans ménagement et lui dit d'un ton sec « Dehors ».

Choquée Callie ne fit pas un geste. C'est alors que Miranda arriva.

-On peut savoir ce qu'il te prend. Demanda la petite femme.

-Il me prend que j'ai passé un nombre d'heures incalculables à m'occuper de ses chevaux. Commença-t-elle en se tournant vers Bailley.

-Plus particulièrement de Diamant et qu'il a fallut que deux putain de minutes pour foutre en l'air mon travail.

Elle commençait à trembler, elle ne sut si c'était dû à la colère, à la frustration ou à la douleur.

-Tu sais ce qu'il va se passer si personne ne peut s'approcher de ce cheval Miranda ? S'il n'a pas fait de progrès ?

Bailley ne répondit pas, sachant qu'Arizona ne posait la question que pour la forme.

-A partir d'aujourd'hui plus personne ne s'approche de ces chevaux.

-Arizona. Fit doucement Miranda.

-Non, tu n'essayes même pas de discuter ce fait.

Son ton était déterminé et son regard en disait long sur sa pensée. La jeune femme lui reprochait d'avoir laissé Madame Capry s'occuper des chevaux. Elle décida donc de battre en retraite.

-Je suis désolée. Lui dit-elle en partant.

-Qu'est-ce que tu fais encore là ? Cracha la blonde à la Latina restée sur place.

Callie était choquée par l'attitude de sa patronne. Elle qui croyait que ça allait s'arranger entre elles. Elle ravala sa déception et fit son chemin vers la sortie. Avant de quitter définitivement les lieux, elle fit volte face. Arizona se dirigeait alors vers le box de Diamant.

-Je voulais juste vous aider. Je pensais que vous seriez fatiguée de votre journée d'hier. Je voulais juste vous soulager un peu. C'était un accident. Bailley et moi savons comment se comporter avec les chevaux, pas Madame Capry. Si vous aviez prit le temps de lui parler, peut être qu'elle n'aurait pas eu besoin de trouver un moyen de se rapprocher de vous. Elle ne serait sans doute jamais venue voir les chevaux. Et tous ça, ne serait jamais arrivé.

Arizona s'était tournée lorsque la voix de la brune s'était élevée. Callie était sûre que si un regard pouvait tuer, à ce moment là, elle serait étendue sur le sol.

-Bordel ! T'es quoi ? Ma bonne conscience ? Tu n'as pas à me faire la morale. Tu ne me connais pas.

Callie savait qu'elle allait regretter ses actions mais elle ne pouvait pas s'arrêter. Elle refusait que ça se passe comme cela, qu'elle régresse dans sa relation avec cette femme.

-Pas besoin de bien vous connaitre pour vous cerner. Vous êtes une fille de bonne famille, qui refuse de se plier aux règles. Vous êtes le centre de l'attention de cette famille et ça vous plait. Vous avez peur que cette femme prenne cette place ou celle de votre mère.

Aussitôt que les mots furent sortis, elle les regretta.

-Je suis désolée, je ne voulais pas…

-Non, continues c'est très intéressant ! Dit Arizona d'une voix grinçante.

Callie se mordit la langue, l'issue de cette situation était introuvable. Elle chercha les bons mots mais ils ne vinrent pas.

-Ok, je vais continuer pour toi. En temps que fille de bonne famille, pourrie, il faut dire le mot. Je profite de la vie en dépensant les sous de mon papa en alcool et dans le jeu. En plus je suis caractérielle, donc mon bon petit papa cède à tous mes caprices. Peut être qu'avec un peu de chance à force d'insister et avec deux ou trois larmes il acceptera de laisser cette femme !

Elle secoua légèrement la tête, fermant les yeux fatiguée par toutes ses conneries. Elle savait que Callie n'y était pour rien, qu'il était injuste de lui parler de la sorte. Mais l'impudence de cette femme, la déstabilisait.

-Calliope, tu ne devrais pas te fier aux apparences. Jamais. Elles sont souvent trompeuses. Elle le dit calmement, se qui étonna la demoiselle.

-Je suis désolée vraiment. Je n'ai pas à vous parler comme sa. Vous êtes ma patronne et …

-Une fois de plus je ne suis pas ta patronne. Et une chose que j'ai voulu te dire depuis le début, lorsqu'une personne te tutoie, sauf si elle est âgée, renvoie lui la faveur.

Callie était confuse.

-Je ne peux pas, ce serait bizarre.

-Ça n'as pas eut l'air de te déranger l'autre soir chez Adèle. Dit-elle avec un sourire sournois.

Callie rougit fortement, ne se souvenant pas vraiment avoir usé du tutoiement avec Arizona.

-C'est une règle Calliope. Certaine personne te tutoies par irrespect, tu n'as pas à les vouvoyer. D'autres le font au contraire pour lever une barrière. C'est une invitation à laquelle tu te dois de répondre.

La brunette hocha la tête se demandant, si l'emploie du tutoiement d'Arizona était de l'irrespect ou une invitation. Sans doute un peu des deux suivant le moment.

-Bon maintenant, sors d'ici et n'y reviens plus.

C'est sans discuter qu'elle quitta cette fois les lieux. Elle était finalement assez satisfaite de cette petite interaction. Cette femme la troublait de plus en plus. Elle était curieuse de savoir ce qu'elle entendait par le fait que les apparences soient trompeuses. Callie avait encore beaucoup à apprendre sur cette femme.

Alex gagna son paris, Arizona n'adressa pas la parole à sa belle-mère. C'est Madame Capry qui au bout de trois jours de stresse alla à sa rencontre. Elle la trouva dehors fumant sur la balustrade du porche. Etant de dos, Arizona ne la vit pas arriver.

-Je suis désolée !

La demoiselle sursauta, surprise. Helena approcha prudemment s'appuyant sur la balustrade. Elle trouva encourageant que sa belle fille n'aie pas encore prit la fuite.

-Je n'aurais pas dut m'approcher de vos chevaux. Je n'y connais pas grand-chose. Mais je vous ai observée plusieurs fois et ça avait l'air si simple de les toucher en vous voyant faire. J'ai voulu essayer. Je sais aujourd'hui à quel point je me suis trompée. Je vous ai fait perdre beaucoup de temps avec ma bêtise. Je suis sincèrement désolée.

Arizona la regarda attentivement, les traits de la femme était tirés, ses yeux fatigués. Elle savait qu'elle était surement à l'origine de son état, soudainement la culpabilité l'inonda. Elle avait beaucoup repensé à ce que Callie lui avait dit. Même si ça la rendait malade de l'admettre, la jeune femme avait surement raison. Elle aurait dû ne serais ce qu'une fois adresser la parole à Madame Capry. Ça ne l'aurait engagé à rien.

Helena retint son souffle, lorsqu'elle sentie les yeux bleus de la demoiselle la scruter avec insistance. Elle était incapable de dire si c'était de la colère, de l'indifférence ou autre chose qu'ils exprimaient. Elle attendit patiemment qu'Arizona se prononce. Ça lui parut une éternité avant que ça n'arrive. Mais elle le fit.

-Il n'y a rien de simple dans ce que je fais. Se sont des années d'expériences et de savoir faire. Je tiens cela de mon grand père, qui le tenait de son père et ainsi de suite. Si c'était aussi simple, on ne me paierait pas pour le faire.

-Je ne voulais pas dévaloriser votre travail. Je vous assure. Ce que je voulais dire c'est que quand vous êtes avec les chevaux, rien ne semble impossible. Ça parait naturel. C'est en fait beau. Je suis tout à fait admirative de votre travail. Encore plus aujourd'hui qu'il y a quelques jours.

Arizona accepta le compliment d'un hochement de tête. Elle devait avouer que cette femme ne manquait pas de courage. Mise à part Callie, personne n'était venu lui faire face après l'incident. Même pas son père. Miranda se sentant, un peu coupable de cette situation avait fait profile bas. Mise à par Alex personne n'était vraiment venue la voir ces derniers jours.

-C'est passé maintenant, il est inutile de s'étaler sur le sujet. Mais ne vous faites pas de faux espoirs. Le fait que je vous pardonne ne veut pas dire que je vous accepte.

C'est avec un large sourire qu'elle lui répondit : « Ça va de soit ».

Suite à cette discussion, l'ambiance de la maison c'était allégée. Tout était redevenu comme avant, en mieux même. Arizona s'adoucissait avec Callie. Elle avait de plus en plus de mal à tenir la promesse qu'elle c'était faite de ne pas s'attacher à la jeune femme. Il faut dire que cette dernière se donnait du mal pour parvenir à attirer l'attention de sa patronne. Ayant remarqué que lui dire le fond de sa penser sans trop de ménagement portait ces fruits avec cette femme, elle n'hésitait plus à lui parler comme à son égale. Bien que parfois le ton montait ça se finissait généralement bien.

Alex était plus qu'heureux de la tournure des événements. Suite à l'incident avec Diamant, Arizona avait eut plus de travail et avait donc moins eu le temps d'aller jouer. Surtout qu'avec sa nouvelle règle interdisant à toute personne de s'occuper des chevaux, il fallait qu'elle soit présente tous les matins chez elle. Ce qui la forçait à écourter ces parties. Il n'était pas rare que fatiguée elle préférait aller se détendre chez Adèle plus tôt que d'aller jouer. Si sa continuait ainsi, elle ne pourrait pas partir aussi vite que prévu. Ce qui lui laisserait le temps de se rapprocher de la belle Latina. Le jeune homme avait bien vue comment la demoiselle était parvenue petit à petit à faire tomber les barrières de la blonde. Celle-ci était de moins en moins réticente à son égare. Il avait même surpris des échanges de sourires entre les deux femmes. Il ne lui restait plus qu'à parler à Callie.

Un évènement des plus attendu précipita son plan.

Ça allait faire plus d'une semaine que Madame Capry avait parlé à Arizona. Elle était plus que ravis de cette discussion. Ça avait été la première fois que la jeune fille lui adressait la parole et depuis il lui semblait qu'elle l'évitait un peu moins. Encourager par cette nouvelle situation, elle décida de partir à la conquête de la petite ville. Helena était une femme timide et peu aventureuse. Elle n'était jamais allée en ville jusqu'à ce jour, trop préoccupée par ses écrits et par sa relation houleuse avec sa belle fille, elle était restée dans la propriété de son futur époux. Elle se sentie une envie de découvrir les lieux. Elle invita Callie à l'accompagner. Celle-ci n'ayant pas non plus vue beaucoup des lieux, mise à part le bar d'Adèle elle accepta avec enthousiasme.

Elles partirent vers les dix sept heures. N'ayant personne à la maison à ce moment là, Helena laissa un mot sur la table prévenant Miranda qu'elle avait prit la voiture et que Callie était en sa compagnie.

Les deux femmes laissèrent leur voiture à l'entrée de la ville, elles remontèrent la rue principale à pied. Il n'y avait pas grand monde dans les rues. Quelques hommes chiquant du tabac sur un banc devant le bar, quelques femmes discutant à la sortie du magasin principal. Callie se souvint de se que lui avait dit Tim. C'était le seul de la ville. Elles y entrèrent, saluant le patron, qui resta les regarder d'un air peu sympathique. Si Callie le remarqua, Helena, elle, semblait n'y porter aucune attention. Il fallut plus d'une demi heure aux deux femmes pour faire le tour du magasin, non pas qu'il soit si grand mais Madame Capry recherchait du papier et cette femme était très exigeante sur ses fournitures de travail. Une fois les emplettes faites, elles retournèrent tranquillement à la voiture. Ce qui n'était pas pour déplaire à Callie l'ambiance de cette ville la mettait vraiment mal à l'aise. Une fois en voiture Helena la regarda avec un grand sourire.

-J'aimerai beaucoup voir ce lieu où Arizona va souvent.

-Chez Adèle ?

-Oui, vous pourriez m'indiquer la route ?

-Bien sûre !

Dix minutes plus tard elles se retrouvèrent devant le fameux bar. Adèle les accueillit chaleureusement.

-Vous êtes donc Madame Capry ! Je vais vous mentir en vous disant qu'Arizona m'a beaucoup parlé de vous !

Elles rirent toutes les trois. Après avoir but deux verres et discuter de tout et de rien avec la patronne, elles décidèrent de prendre le chemin du retour. Dehors il faisait entre chien et loup, Helena ronchonna un peu. Elle n'était pas une grande conductrice et aurait préféré rentrer avant que la nuit commence à tomber.

Elles marchaient vers la voiture lorsqu'elles virent quatre hommes s'approcher d'elles. Ils portaient de grandes tuniques blanches, tombant jusqu'à leurs chaussures et un masque de la même couleur. Les femmes n'eurent pas le temps de réagir que déjà deux d'entre eux empoignèrent Callie sans ménagement, elle cria de douleur et d'effroi.

-Qu'est-ce que vous faites ? Lâchez là ! Cria Helena.

L'un des hommes lui asséna un coup de poing dans le ventre avant de la gifler au visage, la projetant violement au sol. Ponctué d'un : « Fermes la salope ! »

Callie se débattue autant qu'elle le put mais elle fut vite maitrisé, par quelques coups visant son visage. Ils la jetèrent dans le coffre de leur voiture, avant de partir en trombe. Callie crut entendre des coups de feux mais elle en n'était pas sûre. Les larmes inondèrent son visage, la peur paralysait son corps. Qu'allaient-ils faire d'elle. Elle savait qui ils étaient du moins ce qu'ils représentaient. Un des gangs les plus dangereux, présent sur tout le pays, le Ku Klux Klan.