Disclaimer : Les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à Mme Rowling.

Couple : Albus Severus Potter/ Scorpius Malfoy

POV : Other Character

Rating : K

Genre : General/Romance

Suggestion musical : « Jingle bells »

NdSs : Bonjour ! J'ai le bonheur de vous faire découvrir mon tout premier ASP/SM ! J'avoue que j'aurais pu en faire un Drarry, mais j'avais envie de tenter l'expérience avec ces personnages, si proches de Harry et Draco et pourtant si mystérieux, à mes yeux.

Bonne lecture ! ^.^


OoOo Christmas is all around oOoO

Fenêtre 10 : A toy story

La première chose dont je me souviens, c'est de l'odeur de coton. Puis un sentiment d'être rempli. J'ai bien cru à un moment que mon ventre allait exploser.

Malgré cela, il me manquait quelque chose.

Un cœur.

En soie.

« C'est ce qu'il y a de mieux » avait dit une femme avec une voix enjouée.

Ce à quoi avait répondu une voix traînante, peu convaincue : « Si vous le dites. »

Puis je sentis qu'on me retournait un peu dans tous les sens pour m'habiller. Je n'avais pas froid, ce n'était pas la peine de me mettre cette chemise blanche et ce pantalon noir. Encore moins de me serrer le cou avec une cravate. J'allais étouffer sous la chaleur de cette longue veste noire. Heureusement, il reposa l'écharpe assortie à la cravate. Ma vue se brouilla quelques instants, alors que j'étais tête en bas et que mes pieds étaient chaussés (Comme si cela me servirait, franchement !)

Lorsque je retrouvai la vue, j'eus juste le temps d'apercevoir deux yeux gris, puis une boîte en carton qui se rabattit. Après, ce fut le trou noir. Pendant un temps infiniment long. J'ai même cru que j'étais enterré vivant. L'homme aux yeux gris n'avait pas l'air commode. Il avait peut-être changé d'avis et s'était débarrassé de moi pour de bon. C'était injuste. Je venais à peine d'être confectionné qu'on m'abandonnait.

L'ennui s'installa. Mais pas longtemps. Je fus violemment secoué dans ma boîte. Un tremblement de terre, peut-être. Je priais pour que ça soit rapide et indolore. Aussi vite qu'elle avait commencé, la secousse s'arrêta. Une lumière vive m'aveugla.

La deuxième chose qui a marqué ma vie, ce fut son odeur à lui : Douce et sucrée.

Lorsqu'il arrêta de me serrer contre lui, je pus admirer son visage. Il ressemblait beaucoup à l'homme du magasin. Même chevelure blonde. Même yeux gris. Mais son regard à lui était bien plus doux, bien plus innocent. Et pour cause, j'avais en face de moi, un enfant. Cinq ans, environ.

Son sourire était la chose la plus belle qu'il m'eut été donné à voir. Il était heureux, et moi aussi.

Un peu plus tard, il m'emmena visiter sa maison. Je ne savais pas si toutes les demeures humaines étaient comme celle-ci, mais je l'ai trouvée très grande et chaleureuse. Après avoir fait le tour de toutes les pièces, nous entrâmes dans ce qu'il m'expliqua être sa chambre… notre chambre corrigea-t-il aussitôt. Je peux vous dire que notre chambre était la chose la plus extraordinaire que j'avais vue de ma courte vie. Il me posa sur son lit, pendant qu'il se préparait pour aller dormir. Il me laissa seul. J'en profitai pour admirer les lieux.

L'homme du magasin entra alors dans la chambre. Il me jeta un drôle de regard, puis soupira. Il me souleva, arrangea ma tenue puis me posa sur une commode en bois de chêne. Lorsque le petit garçon revint, habillé d'un pyjama bleu à carreaux, il tenait un livre en main. Son père se retourna et s'avança jusqu'au lit. Il se tint debout, attendant que son fils s'installe sous les couvertures. C'est ce que ce dernier fit, après m'avoir jeté un regard d'excuse. L'homme s'assit sur le lit, au côté du petit garçon qui se rapprocha de lui. Ce dernier ouvrit le livre et le feuilleta rapidement jusqu'à ce qu'il atteigne la bonne page. L'homme sourit brièvement et fit remarquer à son fils que les autres livres finiraient par prendre la poussière s'il choisissait toujours le même. Ce à quoi répondit l'enfant :

« J'aime les histoires de ce livre, Père, et lui aussi veut les écouter. »

Je me demandais de qui il parlait, lorsque je compris en voyant leurs regards posés sur moi, qu'il me désignait moi.

« Il ne les connaît pas » ajouta le garçon.

L'homme ne répondit rien. Il lut simplement le titre et je vis les lèvres de l'enfant esquisser un bref sourire puis bouger, sans qu'aucun son n'en sortait, en même temps que son père lisait l'histoire.

Après la lecture de l'histoire, l'homme embrassa son fils, à moitié endormi, sur le front et quitta la pièce, éteignant la lumière.

À peine une minute plus tard, je sentis des doigts s'enrouler autour de mon bras et me faire tomber de la commode. Je n'atteignis jamais le sol. À la place, ce fut des bras qui m'enlacèrent contre une épaule. Puis je fus allongé à moitié sous une couverture, l'étreinte plus forte que jamais.

Les années s'écoulèrent paisiblement.

Un jour, Scorpius m'annonça une bien triste nouvelle. Il devait partir. Loin. Il m'expliqua qu'il ne pouvait pas m'emmener avec lui. Il était trop grand pour ça. Il me promit de revenir bientôt. Je ne savais pas ce que ça signifiait « bientôt ». Une semaine ? Un mois ? Plus ?

Il me caressa tendrement la tête, me décoiffant un peu plus, m'adressa un dernier sourire puis quitta la pièce sans se retourner.

Les jours défilèrent, avec monotonie. Chaque matin, sa mère venait dans la chambre pour s'assurer qu'elle était bien en ordre. Les premières semaines, elle resta aussi pour pleurer. Le reste du temps, c'était le calme plat.

Un soir, son père est venu dans la pièce pour y déposer un paquet. Il le changea trois fois de place (dans le placard, sur son bureau, debout à côté du lit) avant de finalement le poser sur le lit, m'assommant presque. Il remarqua alors ma présence, entre les coussins de décoration disposés sur le couvre-lit. Il me jeta un drôle de regard –entre l'agacement et l'amusement – puis après un petit sourire, il s'en alla.

Le lendemain, Scorpius était de retour. Lorsqu'il découvrit sa surprise, il poussa un petit cri de joie et remercia d'avance son père et sa mère, debout près de l'entrée. Il l'ouvrit – moi posé à ses côtés. Il était ravi du cadeau de ses parents (un Astéroïde 3000, le nec plus ultra des balais volants pour jeune sorcier !) et me promit, le soir alors qu'il était seul, de m'emmener avec lui faire une ballade.

Il me raconta tout ce qu'il avait vu et fait pendant son absence, à son école : Poudlard.

Trois ans passèrent.

Il y avait quelque chose de différent dans sa façon de parler. Comme s'il cachait quelque chose.

C'est là qu'il le mentionna pour la première fois. Il m'avait parlé de ses amis, dont ce garçon de sa maison prénommé Albus Severus. Mais lorsqu'il se confia à moi, ce soir-là, c'était pour me demander :

« Tu as déjà été amoureux ? »

Puis il rigola :

« Non, bien sûr puisque tu es un ours en peluche. »

Il soupira et me raconta des choses auxquelles je ne comprenais pas grand-chose, en effet.

Une autre fois, pendant les vacances de Noël, après une véhémente querelle avec son père, il me jeta à travers la pièce. Mon corps s'écrasa au pied du mur lui faisant face. Il regretta son geste car moins de dix secondes plus tard, il me récupéra et arrangea ma tenue, en s'excusant. Il était en colère parce que mes yeux lui rappelaient trop ceux de Al. Il me serra fort contre son torse –celui d'un adolescent en passe de devenir un jeune adulte - et ses larmes coulèrent sur ma fourrure.

Six mois plus tard, je fus placé dans un carton, comme l'ensemble de ses affaires avant moi. Je ne sais pas très bien combien de temps je suis resté à l'intérieur, mais cela me sembla être une éternité.

Jusqu'au jour où…

La dernière chose qui a marqué ma vie, ce fut un regard.

Étonné.

Amusé.

Attendri.

Vert.

Si intense.

« Al, j'espère que tu l'as trouvé, parce que mes parents vont nous attendre. Alors dis-moi… qu'est-ce que tu fais ? »

Scorpius – du moins la version adulte - s'avance vers moi, l'air gêné. L'homme qui me tient en mains m'agite légèrement et explique :

« Lui ? Il était dans le carton avec ton livre. »

Al – comme Albus Severus je présume, heureux de pouvoir enfin le rencontrer - donne ledit livre à Scorpius. Je reconnais la couverture. C'est celui que son père avait lu le premier soir de mon arrivée au Manoir. Un coup d'œil rapide me fait réaliser que je ne suis plus au Manoir. Ou alors, c'est une nouvelle chambre que je ne connaissais pas.

« Il est mignon. Gryffondor hein ? » s'étonne Albus, avec malice.

Je n'ai pas le temps de bien voir la pièce car Scorpius s'est rapproché d'Albus et l'embrasse brièvement pour le remercier d'avoir retrouvé son livre. Il m'attrape ensuite et me pose sur la commode à ses côtés, avant de prendre Albus par la main en lui intimant de se dépêcher car ils vont être en retard. Alors qu'ils s'éloignent, j'entends Albus lui dire avec amusement :

« Faudra quand même que tu m'expliques pourquoi ton ours en peluche ressemble autant à mon père ?! »

FIN