Bonjour,
Je remercie les personnes qui m'ont laissée des commentaires. Cela me touche beaucoup. Cela m'aide à garder la motivation pour continuer et terminer mon histoire. Je voudrai également vous signaler qu'il existe un bug avec le site. En effet, mon histoire est bloquée sur une mise à jour au 1 mai. Cependant, je rajoute un chapitre généralement tous les deux à trois jours. J'ignore pourquoi le site ne se met pas à jour. N'hésitez pas à me donner votre avis.
Je vous salue bien bas.
Quand... une main prit le verre des mains d'Hitomi et but le contenu à sa place sous les yeux étonnés de la mère de Shion.
"- Ma soeur, que faites-vous ?
- Oh, désolée, j'ai cru que c'était du vin et comme vous n'avez pas le droit d'en boire, j'ai pensé qu'il fallait mieux que ce soit moi de le boire, répondit la responsable de ce geste.
Puis elle se tourna vers sa cousine par alliance et continua sur le ton de la plaisanterie mais ses yeux, s'ils pouvaient tuer, le feraient et sans hésiter une seule seconde.
- Vraiment, je suis désolée et puis vous auriez pu m'inviter à votre petite sauterie.
- Ma soeur, voyons, cela ne se fait pas. Réprimanda Hitomi tout en ayant la main devant la bouche pour cacher un rire.
- Non, non, je suis furieuse contre vous, répliqua-t-elle avec une moue qui finalement fit craquer son aînée. Cette dernière pouffa d'un rire contenu avant de reprendre en s'adressant à sa cadette.
- Oh ma soeur, personne ne pourra pas vous changer. Excusez-moi mais je suis vraiment fatiguée. Je ressens le besoin de m'allonger quelques heures. Pouvez-vous me faire la faveur de vous occupez de la maison pendant ce temps, ma chère.
- Bien sûr, je m'occupe de tout. Reposez-vous. Je vais mettre un esclave devant votre porte pour que personne ne vienne vous déranger." Conclue la veuve de Hizashi en entraînant Shina dans son sillage.
Après l'avoir remerciée de sa diligence, Hitomi referma donc la porte après les avoir vues l'emprunter et se laissa aller vers le pays de Morphée. Pendant ce temps, Hina tira sa cousine jusqu'à une pièce vide et la força à y entrer. Elle la balança sur un sofa sans ménagement. Sa comparse s'étala de tout son long dessus essayant de ne pas tomber au sol sous la force du choc. Shina tourna son visage vers la veuve et y vit la plus grande noirceur qu'elle avait connue. Son regard blanc était aussi froid qu'un iceberg, à vous en glacer le sang. Elle l'entendit ensuite la tutoyer, lui montrant ainsi qu'elle n'avait aucun respect pour elle :
"- Je ne veux pas savoir ce que tu as manigancé... Mais je suis sûre d'une chose, c'est que tu ne voulais rien de bien à Hitomi.
- Mais voyons ma cousine, je ne sais pas ce que vous voulez dire, essaya de nier la mère de Shion jouant l'apeurée.
- Arrête de mentir, rétorqua-t-elle calmement mais avec un ton de plus en plus glacial. Je sais qui tu es. Je sais que tu es une intrigante, une arriviste qui ferait tout ce qui est en son pouvoir pour s'élever ou pour supplanter les autres.
- Je vous assure, vous vous méprenez. Je voulais faire la paix avec elle. Je...
- Je ne veux pas t'entendre. Je ne sais pas comment tu as réussi àl'embobinermais moi, tu ne m'auras pas. Je ne te fais pas confiance, l'interrompit Hina. C'est mon seul et unique avertissement. Je serai moins clémente la prochaine fois. Vas-t-en !... Attend, une dernière chose, tu n'auras pas non plus mon fils."
Après ces mots, Shina se sauva vers ses appartements. Elle fulminait de rage de voir ses plans être contrecarrés ainsi. Elle avait payé une fortune pour ses herbes et cette potion avortives. Elle fut obligée de détruire dans la minute ce qui lui en restait. Elle craignait que sa belle-cousine ne décide de fouiller dans ses affaires pour trouver les poisons. Elle aurait bien voulu la remettre en place mais il fallait qu'elle garde son calme afin de ne pas être découverte. Certes, la soeur d'Hitomi l'accusait mais elle n'avait aucunes preuves. Il fallait que Shina joue plus finement. Pour le moment, elle décida de jouer la femme soumise pour se rapprocher de Hitomi et ainsi se faire oublier pour endormir la vigilance et tel un serpent atteindre sa proie. La jeune mère se pencha sur le berceau de sa fille qui dormait et lui caressant la joue, lui promit de lui donner la place qu'elle mérite : elle sera la femme du futur chef de la famille et qu'importe les sacrifices pour cela. A cause de la colère, elle ne se rendit pas compte qu'elle avait exprimée cette promesse à haute voix et qu'une personne l'avait entendue. Cette dernière ne savait pas quoi faire : ne rien dire ou prévenir Hiashi, à qui allait sa loyauté.
Alors que l'espion involontaire était en pleine interrogation sur son avenir, la soeur d'Hitomi essayait tant bien que mal de calmer sa toux qui s'était déclenchée à cause de sa colère. De plus, elle commençait à avoir mal au ventre. Elle ordonna à un esclave d'aller lui chercher des herbes spécifiques dans le jardin médicinal. Quand cela fut fait, elle la broya et avec un peu de vin, l'avala. L'effet fut pratiquement immédiat car elle se mit à vomir violemment. Quand elle finit de se nettoyer l'estomac, elle s'allongea quelque instant pour se reposer de cette épreuve. La veuve de Hizashi en profita pour réfléchir. Elle savait que sa douleur était due à ce qu'elle avait bu chez sa soeur. Hina en frémit car elle était persuadée que si Hitomi avait bu de cette mixture, un sort funeste aurait touché l'enfant. Elle savait que c'était sa cousine mais on n'accuse pas quelqu'un de meurtre ou de tentative sans un minimum de preuves. Pour l'heure, elle était persuadée que la mère de Shion, loin d'être idiote, était entrain de détruire tout ce qui aurait pu l'accuser. La seule chose que Hina pouvait faire était de la surveiller et de mettre en garde sa soeur ainsi que son fils. Qu'en à Hiashi, c'était un pragmatique et il sera peut-être difficile à convaincre du fait que ce sera sa parole contre celle de Shina. Hina prit alors une résolution, tant pis pour les conséquences. Lorsqu'elle se sentit mieux, elle s'assura que sa soeur dorme encore et se rendit auprès de son beau-frère. Arrivée devant le bureau de celui-ci, elle rentra après avoir toqué pour s'annoncer. Hiashi n'était pas seul, Neji était présent avec lui pour suivre une leçon sur le fonctionnement d'une famille importante.
"-Hiashi, excusez moi de vous déranger mais j'ai une affaire importante à traiter avec vous et elle ne doit souffrir d'aucun délai. Affirma le plus sérieusement Hina.
Voyant l'attitude grave de sa belle-soeur, Hiashi demanda à Neji de les laisser et qu'il continuera plus tard. Le jeune garçon prit donc congé en saluant son oncle et sa mère. Après s'être assuré d'être seul avec Hina, le chef de famille lui demanda :
"- Que se passe-t-il donc pour que vous permettiez de m'interrompre pendant la leçon de votre fils ? Cela doit être grave.
- En effet, il s'agit du bien être d'Hitomi, commença Hina qui fit une pause lui permettant de voir qu'à l'évocation du prénom de son épouse, Hiashi, assis derrière son bureau, était des plus attentifs.
- Continuez, je vous en prie, invita-t-il.
- Je suis persuadée qu'Hitomi et le bébé à naître sont en danger...
- En danger ! Coupa son interlocuteur inquiet en se levant brusquement. Que voulez-vous dire ? Parlez !
- Je vous en prie, mon cher beau-frère. Reprenez votre calme. Je comprends votre inquiétude et je vais vous raconter ce qui s'est passé tantôt sous votre toit et pourquoi je pense que ma soeur ainsi que votre enfant sont en danger... de mort."
A ces mots, Hiashi blanchit plus qu'il ne l'était déjà par sa nature de Hyuga, se rassit doucement et prit la résolution d'écouter Hina jusqu'au bout de son récit sans l'interrompre. Voyant cela, sa belle-soeur entreprit de lui raconter l'épisode du verre offert et ses réflexions. Après ses explications, Hiashi se leva, se tourna vers la fenêtre et après un moment de silence prit la parole .
"- Vos convictions sont-elles fondées sur la boisson proposée,Hina?
- J'en suis sûre. Comme vous le savez, j'ai une certaine connaissance des plantes. Je puis vous assurer que j'ai reconnu, malgré le jus de raisin, de la mandragore dans la boisson tendue à ma soeur, argumenta la veuve de Hizashi. C'est une racine que beaucoup de faiseuses d'ange utilise pour les avortements. De plus, il est très facile de s'en procurer car à moindre dose, elle peut être utilisée pour soulager le corps de certains maux."
Hiashi garda un instant le silence. Il avait besoin de réfléchir. Sa belle-soeur était une personne sincère jugeant les gens à leur juste valeur. Elle se trompait rarement, si ce n'est jamais. De plus, Hina ne fondait jamais ses jugements sur les ressentiments qu'elle pouvait avoir pour la personne concernée. Elle était foncièrement juste, à croire que la déesse Temari l'avait bénie à la naissance pour rendre la justice. Si elle pensait que quelqu'un en voulait à Hitomi, sa tendre épouse, il ne devait pas faire la sourde oreille. Il ne supportait pas que le conspirateur ou plutôt la conspiratrice vienne de l'intérieur mais surtout que ce soit un proche du plus grand des fidèles de la famille. Hiashi n'avait pas pu empêcher son cousin d'épouser cette femme, tellement il en était amoureux. Il savait qu'elle ne l'avait épousé que pour sa situation.
"-Etes-vous certaine pour Shina? Insista-t-il. Porter des accusations de cette ampleur sans preuve est quelque chose de grave qui risque de vous discréditer si cela s'avère être faux. Je sais qu'elle est arriviste mais de là à attenter à la vie d'autrui pour ses ambitions...
- Sachez, mon cher beau-frère que je me moque comme de ma dernière chemise de ma réputation. Tout ce qui compte pour moi, c'est ma famille et plus précisément mon fils, ma soeur et vous. Renchérit l'accusatrice. En ce qui concerne Shina, auriez-vous oublié la façon dont elle a essayé de vous séduire et de vous séparer d'Hitomi alors que vous étiez déjà fiancés et ensuite mariés avant d'abandonner pour tenter sa chance avec Hizashi? Je la crois capable de tout mais il est vrai que je n'ai rien pour appuyer mes accusations.
- Vous avez surement raison, Hina, répondit Hiashi en se rappelant très bien de cette époque. Il avait failli perdre son amour quand Shina a voulu faire croire à Hitomi qu'il la trompait avec elle. De plus, je ne veux prendre aucun risque pour ma tendre épouse, votre soeur.
- Que comptez-vous faire, maintenant ? Demanda son interlocutrice.
- Nous ne disposons d'aucunes preuves pour l'accuser devant le conseil. Nous ne pouvons que la surveiller afin de déjouer tous ses plans. Pour Hitomi, je..."
Un bruit de coup sur la porte coupa la parole à Hiashi qui commanda à la personne de rentrer. Le chef de famille et Hina virent un vieux esclave, accompagné par un plus jeune, s'introduire dans la bureau. Les deux hommes se mirent à genoux devant le bureau. Le plus âgé prit la parole.
"- Pardonnez-nous, maître, de cette interruption. Je vous demande la faveur de vous parler librement. Si mes propos ne vous semblent pas honorables, nous sommes, mon fils et moi, prêts à en payer le prix avec notre vie.
Après que Hiashi lui en donna la permission, perplexe comme il était après les mots de cet homme.
- Nous étions en route pour prendre nos ordres auprès de dame Hina puisque vous nous avez ordonné de laisser dame Hitomi se reposer au vu de son état, que les Dieux soient bénis pour cela, commença-t-il. Nous avons malencontreusement entendu votre conversation sur les dangers qu'encoure notre maîtresse. Veuillez pardonner notre indiscrétion.
Après que son maître lui ait fait signe que son pardon dépendrait de ses paroles, le vieil homme continua :
- Nous voudrions vous aider, maître. Je suis prêt à goûter tous les plats et les boissons qui seront proposées à votre épouse afin de la préserver des poisons. Mon fils, ici présent, est un ancien soldat, fait prisonnier et vendu comme esclave. Il souhaite mettre à votre service ses compétences en devenant son garde du corps.
- Pourquoi ? Pourquoi mettriez-vous vos vies en jeu ? demanda Hina aussi étonnée que Hiashi qui garda le silence attendant la suite.
- Nous sommes redevables à dame Hitomi et à vous, maître. Vous nous traitez correctement, avec respect. Vous nous donnez un logement décent au fond de votre propriété. Vous éduquez nos enfants et vous les affranchissez quand ils deviennent adulte s'ils désirent quitter votre service. Nous savons que les esclaves des autres grandes familles ne reçoivent pas un aussi bon traitement. Expliqua le plus jeune, âgé d'une trentaine d'année.
- Je me permets de rajouter que personnellement, ma famille et moi-même avons une dette envers notre maîtresse, renchérit le vieil homme. Voyez-vous, le jour où nous avons été achetés par votre famille, ma femme et moi avons failli être séparés de notre fils et de notre fille. Il est rare que des personnes âgées soient achetées à part pour le Colisée afin d'y être livrés aux lions lors des jeux du cirque. Heureusement, dame Hitomi a entendu les plaintes de mon épouse qui voyait nos enfants partir sans elle. Par pitié, elle nous acheta également nous permettant d'être à nouveau ensemble et pour toujours.
- Seigneur, c'est grâce à notre maîtresse que ma femme peut serrer notre fils dans ses bras. Il lui doit la vie. Lors de l'accouchement, il s'est présenté des complications laissant le bébé comme mort. Nous ignorons comment cela est possible, mais dame Hitomi, présente, l'a sauvé en le frictionnant et en priant la déesse Shizune. J'ai donc aussi une dette envers elle, appuya l'ancien soldat.
- Nous nous offrons nos vies pour payer de nos dettes, maître", dirent-ils en coeur en posant leur front sur le sol en attente de la décision de Hiashi.
Alors que Hina, les yeux brillant par tant de dévotion de la part des deux esclaves, se tourna vers son beau-frère. Celui-ci, les yeux fermés, réfléchissait. C'était une solution pour que Hitomi soit en sécurité. Maintenant, il fallait la convaincre de la présence de ses personnes auprès d'elle mais surtout de se méfier de Shina. Le chef de famille prit alors la parole avec force.
"- Qu'il en soit ainsi. Hina, veuillez conduire celui qui sera à partir d'aujourd'hui son goûteur auprès d'Hitomi pour le lui présenter et la convaincre de l'utilité de son rôle. Qu'en à toi, ancien soldat, je vous autorise à te pourvoir d'armes dans le but de protéger mon épouse de tous dangers. Quand tu seras prêt, revient me voir et je t'introduirai moi-même. Je compte sur vous pour tenir vos engagements.
- Vous pouvez compter sur nous, maître", clamèrent les deux esclaves.
Ils sortirent en compagnie de la veuve de Hizashi qui conduisit le plus vieux auprès de sa soeur alors que le deuxième alla se préparer à la salle d'armes de la demeure. Cependant, avant d'aller rejoindre son maître, il passa part la salle commune des esclaves mise à la disposition des Hyuga pour eux et leur famille. Cette dernière était située en sous sol de la demeure et permettait aux esclaves de se reposer, de manger et de se réunir durant la journée. Il y vit la majorité de ses compagnons de servitude et leur parla.
Après que tout le monde soit parti, Hiashi remercia les Dieux de lui avoir donné des hommes aussi dévoués et une épouse qui aujourd'hui recevait le paiement de sa gentillesse et sa générosité. Cependant, cela ne voulait pas dire que Hitomi était hors de danger. Il faudrait éloigner Shina de la demeure pendant un long moment. A ce moment, il baissa les yeux et aperçu un parchemin et ce fut la révélation. Il se leva et demanda à un esclave d'aller chercher son cousin. Quand ce dernier arriva au bout de quelques minutes, Hiashi prit la parole.
"- Mon cousin, je vous ai convoqué pour vous confier une affaire. Cependant, je suis assez ennuyé et je voudrai votre avis.
- Je vous écoute, Hiashi.
- Voyez-vous, j'ai reçu il y a quelques jours une demande en provenance de la Sicile d'un de nos plus fidèles amis et alliés dans le domaine du commerce et de la banque. Commença le chef de famille.Il désire renforcer encore nos liens en créant une succursale de la famille Hyuga au sein même de sa ville. J'ai besoin d'un homme de confiance et qui connaisse ces domaines.
-...
- Je sais que vous avez été l'assistant de Hizashi et le mien pendant des années et je ne vois pas à qui d'autre confier ce projet. Cependant, je suis assez embêté. Je vous connais et vous êtes attaché à la maison mère et à la ville de Rome. Je ne voudrai pas...continua-t-il.
- Mon cousin, permettez moi de vous interrompre, proclama le père de Shion. Je suis honoré de votre grande confiance en moi et en mes compétences. Il est vrai que j'ai beaucoup d'attachement pour Rome et notre demeure. Cependant, je suis prêt à faire mes preuves et mon devoir envers notre famille. Je vous demanderai qu'une faveur. Comme l'affaire demandera surement plusieurs mois voir années, j'aimerai que ma femme et ma fille m'accompagnent.
- Je vous en remercie, vraiment, déclara Hiashi en lui serrant la main. Il va de soit que votre épouse et votre fille peuvent faire parti du voyage. Je vais vous transmettre tous les documents et les dossiers nécessaires pour notre projet et votre périple.
- Je vais donc prendre congé de vous car il me faut commencer à préparer mon prochain départ.
- Au revoir, cousin. Je vous reverrai au souper", salua Hiashi.
Sur ce, le père de Shion prit congé du chef de famille. Ce dernier aurait pensé qu'il serait plus difficile de le convaincre. Il se demandait pourquoi il avait accepté aussi vite. Ne poussant pas plus en avant sa réflexion et satisfait d'avoir atteint son objectif, Hiashi se dirigea vers les appartements de son épouse, accompagné du nouveau garde du corps qui venait juste de revenir de la salle commune des esclaves. Arrivé à destination, le futur père put voir le vieil esclave sur le pas de la porte en attendant que les deux soeurs finissent leur conversations. D'ailleurs, il pouvait les entendre à travers de la cloison. Il entra à son tour après avoir ordonné à celui qui le suivait de patienter. Hiashi put voir une Hitomi assisse dans un fauteuil qui semblait ne pas croire sa soeur et une Hina debout les poings sur les hanches qui essayait de la convaincre de la nécessité du goûteur et du garde du corps. Elles se retournèrent vers lui. Au regard que lui lançait sa belle-soeur, il comprit qu'elle le sollicitait afin d'appuyer ses dires. En effet, Hitomi avait du mal à se rendre compte que la scène avec Shina avait été de la pure comédie, que cette dernière avait pu attenter à la vie de l'enfant qu'elle portait, étant mère elle-même. Pour elle, ses larmes étaient vraies. Elle avait entendu des regrets dans sa voix. Hina s'est donc sentie obliger de lui rappeler que la mère de Shion avait été à bonne école. A ses moments perdus, elle avait été comédienne au théâtre romain. Elle lui rafraîchit la mémoire sur le comportement de Shina avec les esclaves avant la loi interdisant de les maltraiter ou encore sur ses manœuvres pour lui prendre Hiashi. La mère de Neji lui décrit son état après avoir bu le verre que Shina lui avait tendu tantôt. Hitomi, à ses mots, baissa les yeux mais ce fut l'argument de Hiashi qui termina de la convaincre.
"- Hitomi, veux-tu vraiment prendre le risque de mettre la vie de notre enfant en danger à cause de cette femme ? Je sais que tu as bon coeur mais tu n'es plus seule. Tu as la responsabilité d'une petite vie en toi."
Après ces mots, Hitomi, la main sur le ventre, se rendit compte qu'ils avaient tous les deux raisons et consentit à rencontrer les esclaves volontaires pour la maintenir en vie. Dès qu'ils rentrèrent, elle les reconnut et les remercia de leur dévouement. Depuis ce jour, tous les Hyuga purent voir un vieil homme goûtant tous les plats de la maîtresse des lieux et un plus jeune ne quittant plus ses côtés ou le devant de sa chambre, armé de la tête au pied. Personne ne doutait qu'il était près à tuer le responsable de toutes menaces. Par contre, aucuns membres de la famille n'étaient au courant qu'Hitomi disposait d'autres protecteurs, plus furtifs. Celle qui fut la plus contrariée fut Shina. Son mari lui avait apprise qu'il avait accepté une mission de Hiashi qui l'amènera jusqu'en Sicile. Il l'informa qu'il l'emmenait avec lui ainsi que Shion. Elle avait protesté en le suppliant de revenir sur sa parole. Voyant qu'il refusait, elle le pria de la laisser à Rome avec sa fille et de partir sans elles. Là encore, il refusa. Elle se mit en colère et le menaça de le quitter. Après cette affirmation, Shina avait pensé avoir gagné mais elle fut plus qu'étonner par son mari. Ce dernier lui avait tenu tête en affirmant:
" - Madame, cela suffit ! Il est temps que vous compreniez que vous avez des devoirs à remplir envers la famille Hyuga et envers moi. J'ai décidé d'accepter la mission dont mon cousin m'a honorée... Je refuse d'être séparé de ma fille pendant des mois, voir des années... L'affaire confiée est importante et me permettra de me distinguer en tant que chef d'une succursale Hyuga en Sicile, pays allié. C'est ce que vous aviez toujours espéré pour moi, non !... Que je me distingue...Nous partirons donc dans une semaine. Préparez-vous ainsi que les affaires de Shion."
Maintenant, tout avait été décidé et bientôt, elle sera en Sicile. Si elle devait faire quelque chose, c'était pendant la semaine qui précédait son départ. Cependant, aucune possibilité ne semblait être possible pour mener à bien ses funestes projets. De plus, si le goûteur tombait malade ou mourrait, Hina l'accuserait et ferait tout pour le prouver. D'ailleurs, elle le lui rappela au détour d'un couloir en lui soufflant à l'oreille qu'elle ne la lâchera pas d'une semelle. Le garde du corps ne quittait pas sa cousine par alliance des yeux sauf pour surveiller les alentours et semblait expérimenter. Il faut dire que c'était un des rares esclaves de la famille a possédé un physique de combattant et possédait des cicatrices prouvant son passé guerrier. La seule solution qui se présentait était de faire croire à des petits accidents en espérant qu'une marche. Ainsi, Shina avait mis un fil au travers du chemin de Hitomi juste avant la première marche de l'escalier. Bizarrement, dès que cette dernière arrivait, rien ne se passait. Elle ne tombait pas et passait sans trébucher. La mère de Shion aurait pu la pousser elle-même du haut des marches mais sans qu'elle arrive à comprendre, à chaque fois, elle ne se trouvait jamais seule avec Hitomi. Une personne présente se mettait toujours entre les deux femmes. Et puis, le garde du corps la verrait. Shina essaya quelques stratagèmes mais rien ne se déroulait comme prévu à son grand étonnement. Ce que tout le monde ignorait, c'était l'initiative de l'ancien soldat. Il avait été parlé à ses compagnons et leur avait expliqué la situation. Tous aimaient leur maîtresse et lui étaient reconnaissants. Ils furent tous volontaire pour surveiller Shina discrètement et à déjouer ses manigances sans que personne ne soit au courant. Ils faisaient en sorte qu'au moins un d'entre eux se trouvaient avec leur lady lorsque cette dernière était en présence de la mère de Shion. Ils étaient devenus ses anges gardiens.
Les choses se déroulèrent ainsi jusqu'au départ de Shion et de ses parents en présence de toute la famille. Shina les ignora alors que les adieux de et pour son mari furent plus émouvants et remplient de prière pour la réussite de son entreprise. Les jours et les mois passèrent tranquillement pour les Hyuga. La grossesse de Hitomi se déroulait tranquillement. Bien sur, elle subissait les maux de son état et les accueillait avec le sourire et courage. Neji continuait à faire la fierté de ses instructeurs et de ses parents. Cependant, elle était extrêmement fatiguée mais surtout préoccupée sans en connaître la raison. Son pressentiment trouva écho à son septième mois de grossesse.
Depuis le départ de Shina, la vie se déroulait normalement entre les affaires et les réunions du conseil de famille pour Hiashi. Il était des plus attentionnés. Il lui arrivait d'éponger le front d'Hitomi lorsque le couple se trouvait dans leur chambre après une série de vomissement dû à la grossesse. Il admirait le courage de son épouse car à chaque fois, elle se relevait de cette épreuve avec le sourire. Pour elle, ces nausées et tous les maux de la grossesse, bien que pénibles, lui prouvaient chaque jour qu'elle abritait une vie en son sein et que bientôt, elle réalisera son rêve d'être mère. Tout le monde pouvait voir que le bonheur émanait de la jeune femme. Elle se déplaçait toujours une main sur son ventre qui s'arrondissait au fil des mois. L'épouse du chef de famille aimait sentir son bébé bougé en elle. C'était magique pour elle et essayait de deviner si c'était un coup de pied ou une main qui se posait sur la sienne. Hitomi avait commencé à sentir les mouvements de l'enfant à partir du cinquième mois de grossesse, un matin d'été. Toute la maison avait pu voir la silhouette de la jeune femme avancée à grande enjambée vers le bureau de son époux. Elle était rentrée sans frapper alarmant Hiashi. Lorsque Hitomi lui avait pris la main pour la poser sur son ventre, il se détendit et se mit à sourire, heureux de sentir la vie sous ses doigts. Elle était maintenant à sept mois de grossesse et les nausées avaient disparues. La future mère était cependant très fatiguée et ressentait souvent le besoin d'aller se reposer.
Hiashi se félicitait d'avoir accepté la proposition des deux esclaves car ainsi il savait la future mère de son enfant en sécurité. Le goûteur dissuadait l'empoisonnement alors que le garde du corps, de par sa stature et son expérience, empêchait toute tentative d'approche et donc d'attaque. D'ailleurs, à chaque fois, Hina se mettait à sourire ou à rire quand elle voyait les visiteurs faire un écart ou mettre une certaine distance entre eux et Hitomi sous le regard glacial de l'esclave armé. Tout le monde savait que si son aimée était seulement blessée, le chef de famille ferait tout pour trouver le coupable et lui faire payer personnellement la perte de ses espoirs. Personne ne voulait voir Hiashi au summum de sa colère. Il était calme en toute circonstance mais quand la colère le guidait et explosait, il était capable de faire trembler la demeure tel un coup de foudre de Jiraya.
Neji continuait à mettre tous ses efforts dans ses études pour faire honneur à sa nouvelle place de fils du chef de la famille Hyuga. Tous ses précepteurs ne faisaient que des éloges de lui auprès de son nouveau père le rendant fier de lui. Bientôt, il sera un puits de sciences et de savoir. De plus, il excellait dans les exercices physiques renforçant son corps. Hiashi pourra dans peu de temps le laisser participer à ses chasses ou de le laisser accompagner les jeunes hommes de la maison Hyuga dans cette activité. Neji devait également subir les assauts des membres de la famille et surtout des anciens du conseil. Ces derniers, conscients maintenant du potentiel du jeune garçon, voulaient se lier avec lui pour l'influencer ou pour être dans les bonnes grâces de Hiashi et peut-être du futur héritier si Hitomi accouchait d'une fille. Le jeune Hyuga, stoïque et froid, se voyait recevoir des révérences et des présents. Même si certains étaient sincères et ne lui demandaient rien en retour, il savait que pour les autres, ils espéraient un retour sur investissement par un mariage ou en voyant leurs demandes exaucées. Bien qu'il en était persuadé, toutes ces attentions augmentèrent son caractère hautain et son orgueil. Son père adoptif et Hina essayaient de le garder humble mais cela s'avéra difficile. La seule chose qui inquiétait Neji était l'état de sa mère. Il l'avait plus d'une fois surprise à tousser violemment et elle devenait de plus en plus pâle.
Hina, dans le souci de soulager sa soeur des tâches quotidiennes, avait redoublé d'efforts malgré la douleur et les toux qui la fatiguaient et la paralysaient pendant plusieurs minutes. Elle était allée voir un guérisseur sans avertir sa famille. Il lui avait prescrit des herbes curatives mais malheureusement sans effet notable. Elle respirait un peu mieux, c'est tout. Actuellement, Hitomi était à sept mois de grossesse. Ne se sentant pas capable d'aller offrir de vieux vêtements aux pauvres de la ville, elle avait demandé à sa soeur de la remplacer. Bien sur cette dernière avait accepté malgré la fraîcheur de cette journée d'automne et partit avec des esclaves réaliser sa mission. Malheureusement, à son retour, épuisée d'avoir autant marché, Hina fut prise d'une très grande crise de toux. Malgré sa main au niveau de la bouche, elle ne put empêcher le sang de couler entre ses doigts. Une douleur la foudroya au niveau de la poitrine et elle s'évanouit. Alarmés, les membres de la famille présents se précipitèrent auprès d'elle alors qu'un esclave alla chercher les maîtres de la demeure. Voyant cela, Hitomi se paralysa d'horreur et de peur. Hiashi, bien qu'inquiet pour sa belle soeur, resta calme et ordonna à ce qu'on la ramène à sa chambre pendant qu'un esclave courrait chercher un guérisseur. C'est le cri de Neji, voyant sa mère la bouche en sang, qui sortit Hitomi de sa stupeur. Elle réalisa alors qu'elle n'avait pas le droit de flancher, que son neveu avait besoin d'elle. La future mère s'approcha de lui et le serra dans ses bras avant de l'accompagner jusqu'au salon adjacent la pièce où se trouvait Hina. Elle força Neji à s'asseoir et attendit avec lui le verdict du soignant. Hiashi les rejoignit après avoir conduit ce dernier auprès de la malade. Quand il sortit de la chambre, son visage exprimait tristesse et désolation. Il prit la parole.
"- Je suis navré, mais je ne peux rien faire pour dame Hina. Le mal a envahi les poumons et le coeur. Ce n'est qu'une question de jours maintenant avant que les Parques coupent son fil de vie."
Les adultes comprirent que bientôt le dieu Saï allait accueillir l'âme de leur soeur. Neji ne réalisa pas tout de suite que sa mère était visiblement condamnée. Il tourna la tête vers sa tante et son père adoptif. Les voyant accablés et les yeux brillant de larmes, il prit conscience qu'il est sur le point de perdre celle qui l'a mis au monde. Il se mit à crier alors qu'il pleurait.
"- Non ! Non ! Vous mentez ! Ce n'est juste qu'un malaise... Elle va...
A ce moment-là, il tomba sur les genoux alors que sa tante l'entoura de ses bras. Le guérisseur termina en ces termes avant de prendre congé.
- Je suis navré, seigneur Neji. Elle était venue me voir il y a quelques mois. Je lui avais prescrit du repos et des herbes. Malheureusement, cela n'a pas suffit pour autant... Elle souhaite vous parler à tous.
- Merci à vous... Je conseille de lui rendre visite un à la fois. Hitomi, je serai le premier. Pendant ce temps essayer de calmer Neji." Proposa Hiashi qui rentra dans la chambre de sa belle-soeur.
En ce lieu, il la vit allonger sur son lit, le teint pâle montrant que le voile de la mort était sur son visage. Cela l'attrista car il appréciait sa belle-soeur. Elle était devenue une amie sincère sur qui il avait toujours pu compter. Il s'approcha et lui fit connaître sa présence en lui prenant la main. La mère de Neji ouvrit doucement les yeux et tourna sa tête vers lui.
"- Hina, je suis navré pour vous... Que puis-je faire pour vous ?
- Vous ne pouvez rien faire pour moi... Répondit péniblement la jeune femme.
- Pourquoi ne pas nous avoir prévenus de votre état ? Nous aurions pu faire quelque chose, vous soulagez de certaines tâches pour votre repos. Demanda Hiashi.
- Lorsque je suis venue vous voir... au sujet de Shina..., souvenez-vous, je vous avais dit que... je ne me souciai pas de ma réputation... En fait, je n'avais plus rien à perdre... Je me savais déjà condamner... Mon seul but était de préserver ceux que j'aimais avant de rejoindre le monde des Enfers ...
Elle fit une pause pour reprendre son souffle et laisser passer une quinte de toux avant de reprendre.
- Hiashi, même au moment de l'adoption... de Neji,... je me savais mourante... Je vous remercie de l'avoir reconnu... Promettez-moi, Hiashi,... promettez-moi de le protéger...et de l'aimer comme votre propre fils... Il va avoir besoin de vous...
- Je vous en fais le serment, Hina, sur mon honneur", affirma son beau-frère avec force.
- Hiashi,... je vous demanderai une dernière faveur... Quand mon temps sera définitivement écoulé... je voudrai que mon corps... repose au sein du temple que vous... avez construit près de Pompéi... Je veux être enterrée... auprès de la sépulture que le Vésuve... à créer à Hizashi. Demanda la mourante.
- Je m'y engage." Répondit le chef de famille.
C'est sur cette promesse que Hiashi prit congé de sa belle-soeur afin qu'elle puisse accueillir Neji. Ce dernier, accablé, supplia silencieusement sa tante de l'accompagner. Le comprenant, la future mère le suivit dans la chambre de sa mère. Voyant son fils rentré, Hina ouvrit les bras pour qu'il puisse s'y réfugier. Neji ne se fit pas prier et se jeta contre sa poitrine, ses bras autour de sa taille. La malade serra son garçon aussi fort que son état lui permit et lui embrassa les cheveux alors qu'une larme coulait sur sa joue. Elle ne voulait pas mourir en le laissant derrière elle. Malheureusement, les Dieux n'étaient pas du même avis. La seule chose qu'elle pouvait faire était de donner du courage à son fils pour surmonter cette épreuve.
" - Maman, je ne veux pas... Ne me laisse pas tout seul, supplia l'enfant de huit ans en larmes.
- Oh ! Neji, je suis tellement désolée de ne plus pouvoir être avec toi... J'aurai tellement aimé... te voir devenir un beau jeune homme... te voir tomber amoureux, te marier et avoir des enfants... mais les Dieux ont décidé de m'appeler vers eux..."
En entendant ses paroles, Hitomi, les mains sur sa bouche, les larmes coulant sur son visage de porcelaine, éclata en sanglots. Hina posa alors ses yeux sur sa soeur. Elle lui tendit une main pour l'inviter à les rejoindre. L'épouse de Hiashi la lui prit avant de s'asseoir près d'elle sur le lit et la serra dans ses bras avant de lui demander.
" - Ma soeur, pourquoi ne nous avoir rien dit ?
- Cela n'a plus d'importance, Hitomi...
- Je suis désolée... Si j'avais su, jamais je me serai autant appuyée sur toi... C'est ma faute... Si je n'étais pas aussi fatiguée par mon état, je ne serai pas entrain de te perdre...Culpabilisa cette dernière en pleurs.
- Ne dis pas ça,... c'est la faute de personne... Ne regrette pas de réaliser ton rêve... Je suis heureuse que mon fils ait bientôt un compagnon de jeu... ou une petite cousine à protéger...
-...
- Tu feras une merveilleuse mère,rassura Hina... Je suis juste triste de ne pas le ou la connaître... Je suis sûre que j'aurai été une tante gaga..."
Hitomi sourit légèrement car elle comprenait que sa soeur voulait la soulager de sa peine en plaisantant. Elle voyait bien qu'elle cachait sa douleur et sa tristesse derrière son sourire. Cependant, ne voulant pas en rajouter, elle lui embrassa le front. Les jeunes femmes et Neji restèrent encore quelques minutes ainsi, s'enlaçant avant qu'Hina reprenne la parole.
" Hitomi, j'aimerai te confier mon fils... Promets-moi d'en prendre soin... et de l'aimer comme j'aurai aimé continuer à le faire.
- Bien sûr, je prendrai soin de lui, je te le promets." Affirma-t-elle avec tendresse en caressant la tête du jeune garçon.
Après avoir rassuré sa soeur, la maîtresse de maison laissa Hina et Neji seuls pour qu'ils profitent d'un temps ensemble. Neji leva son regard blanc vers sa tendre mère qui lui caressa la joue tendrement.
" - Neji, deviens un homme fort, fidèle et sincère... Ne te laisse pas embobiner par les beaux parleurs... Reste droit... Rend fier Hiashi pour le remercier de ses bienfaits... Ne renferme pas ton coeur à l'affection et à l'amour...
- Tu as ma parole, maman.
- Je vais bientôt rejoindre ton père... Souviens-toi que nous t'aimons... et que nous te regarderons de là où nous serons... Quand tu sentiras de la joie et de la tristesse... dis-toi que nous sommes là près de toi, dans ton coeur... Si tu te sens décourager, tourne ton regard vers le ciel et sois sûre que nous y serons... et que nous te soutenons de nos prières... Je suis fière d'avoir un fils tel que toi... Continua sa mère.
- Maman..." répondit Neji, les larmes continuant à couler.
Il se blottit encore plus contre elle et c'est ainsi qu'ils s'endormirent l'un serrant l'autre. Hitomi, constatant le tableau qui s'offrait à elle quand elle rouvrit la porte, décida de les laisser et demanda à ce que personne ne les dérange. Au court des jours suivant, l'état de la malade se détériora inexorablement malgré les efforts de ses proches. Hiashi avait autorisé son fils adoptif à arrêter ses cours. Neji et Hitomi restèrent au chevet de Hina essayant de la soulager de ses douleurs avec de l'opium et des bains de plantes médicinales. La veuve de Hizashi s'affaiblissait de plus en plus jusqu'à tomber dans le coma. Lors d'une nuit d'automne, une petite chouette entra par une fenêtre non close et s'envola vers la chambre de la soeur de Hitomi. Arrivée, elle y entra et se posant sur l'oreiller de la mourante, posa son regard sur elle. L'animal préféré de Sakura se pencha jusqu'à presque toucher ses lèvres. A ce moment précis, Hina poussa son dernier soupir comme si elle l'avait confiée à la chouette qui s'envola dans le ciel étoilé. La mère de Neji venait de rejoindre le bord du Styx, le sourire aux lèvres.
Le lendemain, alors que le soleil commençait à se lever, une esclave, voulant surveiller son état, constata le décès de Hina. Elle courra prévenir le couple encore endormi. Après les avoir réveillés, elle leur apprit la malheureuse nouvelle. Hiashi, fort de son expérience, cacha ses émotions. Hitomi laissa court à sa détresse en éclatant en sanglots et sous le coup de l'émotion s'évanouie dans leur lit. Son époux la couvrit des draps de soie et la confiant à sa suivante se leva et se prépara à sortir. Il tenait à prévenir lui-même son fils adoptif. Il entra dans sa chambre et le réveilla.
" - Neji, j'ai le triste devoir de t'annoncer que ta mère, ma chère belle-soeur, vient de nous quitter durant la nuit... Je suis désolé pour toi."
A ces mots, Neji, les yeux écartés, se leva brusquement, courra jusqu'à la chambre de sa mère et y entra en claquant la porte sous la force de l'émotion. Il y constata la triste vérité. Le jeune garçon se jeta au pied du lit et pleura tout son sou. L'ayant suivi, Hiashi se dirigea vers lui et posa une main sur son épaule avant de déclarer.
"- Neji, je connais ta souffrance. Après avoir perdu ton père, mon frère, c'est maintenant ta mère. Mon coeur saigne mais je me dois de garder les apparences en tant que chef. Tu es maintenant mon fils et tu as un devoir à accomplir... Pleure maintenant, vide ta tristesse de ton coeur car malheureusement, demain, tu devras porter un masque comme moi devant les anciens du conseil et le reste de la famille."
Son fils adoptif leva alors sa tête vers lui et y vit une unique larme coulée de sa joue. Ce jour là, il comprit que la place de chef de famille était plus un fardeau qu'un privilège. C'était plus une vie de responsabilité et de devoir que de plaisir et d'avantages. Hiashi le laissa donc vider son coeur avant de partir vers la grande salle où il annonça au reste de la famille la perte qu'elle venait de vivre. Tout le monde en fut attristé mais ne put s'apitoyer sur leur sort car ils devaient organiser les obsèques. Des esclaves prirent en charge le corps, le nettoya et le parât des plus beaux atours avec des bijoux entourant son cou et égayant sa coiffure.
Les dernières volontés de Hina furent respecté. Hiashi organisa un cortège qui l'amènera à Pompéi pour s'y faire inhumer au sein du temple construit en face du flan du Vésuve. Ainsi, on mit le corps de la défunte dans un chariot richement décoré, tiré par des bœufs. Neji, monté sur son cheval ainsi que Hiashi, le suivait silencieusement. Il avait tenu à accompagner sa mère jusqu'à sa dernière demeure. Certains membres de la famille les accompagnèrent. Arrivé au temple, les prêtres les accueillirent et prirent en charge Hina sous les prières des Vestales. Pendant la cérémonie, Neji s'approcha du corps de sa mère et lui fit un dernier baiser sur le front. Avant que les prêtres condamnent l'alcôve qui sera désormais sa demeure, Hiashi installa sur chaque yeux clos de sa belle-soeur un denier afin qu'elle puisse les donner au passeur Oroshimaru. En effet, le Styx est une rivière aux eaux sombres qui sépare les limbes des Enfers. Pour passer cette frontière, les défunts doivent payer ce noir personnage encapuchonné afin d'atteindre les rives du royaume de Saï. Si par malheur, ils ne possédaient pas l'argent, leur âme était destinée à errer à jamais dans les limbes. Hina rejoignit Hizashi et pour l'éternité.
De retour à Rome, Hiashi et Neji furent accueillis par Hitomi qui se jeta au coup de son époux malgré l'étiquette de la famille Huyga. Elle était tellement triste d'avoir perdu sa soeur, son amie sa confidente. Elle aurait tant voulu accompagner le corps de Hina. Malheureusement, étant à sept mois de grossesse, son mari avait peur qu'à cause de l'état chaotique des routes, elle fasse un accouchement prématuré mettant sa santé et celle de l'enfant en danger. L'épouse de Hiashi désira serrer son neveu dans ses bras. Malheureusement celui-ci l'ignora et partit rentrer son cheval aux écuries pour s'en occuper. Son père adoptif, par ce geste, savait qu'il n'allait pas bien. Hitomi fut attristée car elle aurait tant voulu lui montrer son soutien mais il le lui refusait. Cependant, elle ne voulait pas le forcer et attendrait qu'il soit prêt à de nouveau lui ouvrir son coeur. Hitomi ne savait plus comment se comporter. Son coeur était divisé. D'un côté, elle se sentait vide et malheureuse sans sa soeur. De l'autre, porter en elle la vie et bientôt pouvoir porter son bébé dans les bras la remplissait d'allégresse. Un jour, elle pleurait. Un autre jour, elle riait avec ses suivantes et ses amies.
Les journées se suivaient et se ressemblaient. Neji s'enfermait sur lui-même de plus en plus et n'arrivait pas regarder sa tante en face. Il était dévenu encore plus froid qu'avant le décès de sa mère. Sa mère lui manquait, c'est certain mais un autre sentiment commençait à abriter son coeur. Il décida donc de se concentrer sur ses études. Un jour, alors que Hiashi venait encore une fois de consoler Hitomi de l'indifférence de Neji, il décida d'avoir une discussion avec ce dernier.
" - Neji, j'aimerai savoir pourquoi tu traites aussi mal ta tante ?
-...
- Neji,... Insista son père adoptif. Tu as perdu ta mère mais n'oublie pas qu'Hitomi a perdu sa soeur jumelle. Elle a vécu tous les moments de sa vie avec Hina depuis leur naissance. Toutes deux ont pleuré et ri de la même chose. Ta tante souffre autant que toi. Ton comportement redouble cette souffrance car elle t'aime comme t'aimait ta mère. Je souhaiterai que tu comprennes cela.
Après avoir dit cela, Hiashi se leva et s'apprêta à sortir de la pièce quand il entendit la voix de son fils adoptif.
- ... Elle lui ressemble tellement... Chaque fois que je la voie,... Je vois le visage de ma mère... Cela me fait encore plus mal.
- Neji, je comprends et je ne te forcerai pas à reprendre une relation avec Hitomi comme si rien n'était arrivé mais... ne ferme pas ton coeur à son affection."
A ces paroles, le jeune garçon se rappela les mots de sa mère avant sa mort. Elle lui avait demandé la même chose. Il promit donc à Hiashi d'y réfléchir. Oui, il allait le faire mais pas tout de suite. Il lui fallait un peu plus de temps surtout qu'il ressentait un sentiment de peur qu'il n'arrivait pas à définir vraiment. Là-dessus, Neji prit congé et partit à sa leçon d'escrime sous les révérences et les saluts de son entourage. Après cette discussion, il resalua sa tante, sans pour autant montrer un geste d'affections. C'était encore trop difficile pour le moment. Hitomi ne s'en attristait plus, résolue à être patiente car son mari lui avait reporté l'entretien d'avec Neji.
Les deux derniers mois de grossesse se déroulèrent sans soir de décembre, alors que le soleil venait de se coucher, la future mère ressentit une tension dans son bas-ventre. Bien que plus violente que la normale, elle pensa que c'était une contraction ordinaire, une fausse alerte, comme cela lui était déjà arrivé dans les mois précédents. Cependant, au fil de la nuit, cette tension augmenta en intensité avant de se transformer en douleur. Lorsque les contractions arrivèrent toutes les cinq minutes, elle réveilla Hiashi et lui demanda d'aller chercher les sages-femmes. Son époux quelque peu affolé donna les ordres et s'apprêta à attendre de longues heures alors que son épouse souffrait pour lui donner un enfant. Après observation, Hitomi apprit qu'elle n'était qu'à quatre centimètres de dilatation. Sa nuit s'annonçait longue. Comme c'était son premier enfant, il fallait compter une heure pour un centimètre. De plus, la douleur augmentait au fur à mesure que l'enfant descendait dans son bassin et que son col s'ouvrait. Hiashi entendant ses cris interpella une des sages femmes.
"- N'existe-t-il pas un moyen pour diminuer la douleur de ma femme ?
- Malheureusement, à part lui faire respirer un peu d'opium, on ne peut rien y faire, seigneur. Les Dieux en ont décidé ainsi.
-Alors ne pouvez-vous pas accélérer les choses.
- Je pourrai toujours percer la poche amniotique pour accélérer les contractions mais cela augmentera la douleur, expliqua la femme de science.
- Je vois, il n'existe pas vraiment de solutions... Faites au mieux." Se résigna le futur père.
C'est ainsi qu'Hitomi passa les prochaines heures à lutter contre la douleur. La poche se rompit lorsqu'elle était à huit centimètres. Hiashi commençait à perdre son sang froid et ne supportant pas l'attente, décida de poser son oreille contre la porte qui le séparait de son aimée. Il put entendre alors la sage-femme dire
" - Dame Hitomi, je vois la tête arrivée... C'est pour bientôt... Ne relâchez pas vos efforts... Une dernière poussée, et il est là... Ça y est, ne poussez plus pour que dégage sa tête... Une dernière petite poussée pour libérer l'épaule... Et voilà, le petit trésor..."
Alors que Kakashi levait le soleil derrière la colline de Rome, Hiashi perçut le cri d'un nouveau né provenant de sa chambre à coucher. Après quinze heures de souffrance, Hitomi venait de mettre au monde son enfant, la preuve de leur amour. D'un coup, il entendit les battants de la porte s'ouvrirent. Il se recula pour accueillir une des sages-femmes qui l'invita à rentrer. En s'introduisant dans le pièce, il se dirigea vers son épouse, fatiguée et pâle à cause des efforts fournis mais tellement belle et rayonnante de bonheur. Il lui prit la main et attendit qu'on lui apporte le bébé qui se faisait baigner à ce moment-là. Dès que ce fut fait, une femme d'âge mûr ramena à ses parents leur petit miracle emmailloté dans un linge en fine laine blanche. Hitomi tendit ses bras pour l'accueillir sur son sein.
" - Toutes mes félicitations, Dame Hitomi, seigneur Hiashi... Vous avez une magnifique petite fille... Elle est en parfaite santé." Leur annonça-t-elle avant de sortir.
A ces mots, Hitomi pleura de bonheur. Elle venait de réaliser son plus grand rêve. Malgré le vide laissé par sa soeur, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être heureuse. Elle pencha son regard sur ce petit être qui lui avait volé son coeur en quelques secondes. Elle vit des petites mains serrées blotties contre son menton, un visage fin et des petits cheveux noirs aux reflets bleutés parsemés sur sa tête. Ses yeux étaient pour le moment fermés mais en tant que Hyuga, elle allait surement hériter de ceux de ses parents. Hiashi se pencha sur sa fille et la trouva la plus belle du monde. Une voix le sortit de sa contemplation.
"- Nous venons d'être informée par les sages-femmes. Toutes nos félicitations, mon fils ainsi qu'à vous Hitomi.
- Je vous en remercie, père. Répondit le nouveau papa en se redressant en face de l'homme accompagné de la matriarche.
- Elle est vraiment mignonne. Quel est le prénom de cette petite princesse ? Demanda la nouvelle grand-mère regardant le bébé.
A cette question, le couple se regarda et voyant le consentement de son époux, la nouvelle mère s'apprêtât à répondre. A ce moment là, Neji rentra également dans la chambre.
- Oh Neji, merci d'être venu, cela me fait vraiment plaisir, s'exprima Hitomi. Vient que je te présente ta soeur... Voici Hinata."
