Auteur : epilogue08

Traductrice : Hermi-kô


Près des distributeurs de la Bibliothèque, Tezuka s'assit lourdement sur un banc, tenant en main une cannette de bière. Komaki sortit du bureau du GIB et, voyant son subordonné, le rejoignit.

« Tezuka, c'est rare de te voir boire durant la pause, » remarqua Komaki. « Tout va bien ? »

Il ne répondit pas. Deux jours étaient passés depuis l'incident à la Bibliothèque de Murazato. Les deux soldats du MBC étaient actuellement en train de se faire « interroger » à la succursale du Kanto. Après les avoir mis sous les verrous, Iku avait été transférée immédiatement à l'hôpital et ne s'était pas encore réveillée après l'opération.

Komaki prit place à côté de lui sur le banc. « Je suis sûr que Kasahara-san va bien. Elle est du genre à récupérer en un tour de main. »

« Vous avez raison. » Tezuka prit une gorgée de bière après avoir hoché la tête de nouveau. « Mais pour l'Instructeur Dojo… »

Komaki sourit tout en paraissant quelque peu inquiet : « Dojo s'en sortira aussi. Pour le moment il est juste un petit peu… » Sa voix se cassa.

Les deux restèrent assis en silence pendant quelques minutes avant que Komaki ne se lève. « La pause est finie. Nous devrions retourner au travail. »

« Oui, monsieur. » Tezuka finit sa boisson et le suivit.

Lorsqu'ils pénétrèrent dans le bureau du GIB, ils furent surpris de trouver leurs condisciples complètement silencieux. La plupart arboraient une expression gênée tandis que les autres étaient bien trop concentrés sur leur travail.

Komaki s'immobilisa sur le pas de la porte, confus : « Qu'est-ce qu'il… »

« Ce n'est pas une raison valide ! »

Ils vacillèrent tous au cri qui émanait du bureau privé de Genda au fond de la salle.

Komaki soupira : « Dojo. »

Il s'approcha de la porte et allait toquer lorsqu'un autre cri enragé s'éleva :

« Vous n'aviez pas de plans de secours ? »

Pour une fois, la voix de Genda était plus douce que celle de Dojo. « Ecoute, personne ne s'attendait à rencontrer de problèmes. Et Kasahara va bien, alors calme-toi un peu. »

Derrière la porte close, le visage de Dojo était rouge de fureur. « Bien ? En quoi va-t-elle bien ? Jusqu'à ce qu'elle se réveille, elle est toujours dans un état critique ! Comment espérez-vous que je me calme ? » Dojo abattit son poing sur le bureau de Genda. « J'ai quasiment vu ma propre subordonnée se faire abattre sous mes yeux ! »

Genda fronça les sourcils. « Dans cette carrière, tôt ou tard, tu verras des gens se faire abattre, » lui annonça-t-il, pragmatique.

Voyant l'expression de Dojo, il grommela : « Tu es juste en colère parce que tu ne la considères pas uniquement comme une subordonnée. »

Les yeux de Dojo s'écarquillèrent. « Quo… ? »

La porte s'ouvrit soudainement et Komaki entra avec un air grave : « Dojo, tu ne peux pas blâmer le Major Genda. Personne ne pouvait prévoir ce qui allait se passer. »

Ne sachant pas quoi ajouter, Dojo tourna les talons et sortit en trombe du bureau.


Dojo tapa de rage le distributeur, faisant tinter avec force les cannettes à l'intérieur. Les gens présents le regardèrent, choqués. Quelques-uns s'avancèrent pour lui demander si tout allait bien mais retournèrent à leurs petites affaires lorsqu'ils virent l'expression de Dojo.

Il se fichait royalement de ce qu'ils pouvaient penser. Il frotta ses phalanges qui avaient rougies sous l'impact. Dojo soupira et dégaina son portable, composant le numéro de l'hôpital.

« Hôpital Central du Kantô »

« Je voudrais m'informer sur la condition de la patiente en chambre 109… »

« La patiente est toujours inconsciente après l'opération qu'elle a subit il y a deux jours. » Il y eut une pause. « Si vous me permettez de demander… est-ce la même personne qui a appelé il y a une heure de cela ? Pour s'informer de sa condition. »

Dojo fit une pause. « Euh, oui. C'était moi. »

« Et vous avez appelé hier aussi, pas mal de fois… »

« C'est vrai. »

« Si vous voulez, je peux noter votre numéro afin que vous soyez informé dès que la patiente s'éveille. Ce sera mieux que d'appeler toutes les heures. »

Dojo se sentit rougir légèrement. « Ce serait s-super. Merci. »

Après l'appel, il se sentait un peu plus calme. Kasahara va s'en sortir, essaya-t-il de se convaincre.

Mais il ne pouvait pas ignorer ce sentiment d'inconfort qu'il avait dans la poitrine.


Plus tard dans la journée, alors que Dojo allait rentrer au dortoir, son portable sonna. C'était un appel de l'hôpital pour l'informer qu'Iku s'était réveillée. Il poussa un grand soupir de soulagement avant de s'arrêter pour réfléchir sur la conduite à tenir.

Il voulait aller à l'hôpital pour voir de ses propres yeux qu'elle allait bien et tout. Mais en même temps, il hésitait. Et si elle ne voulait pas le voir ?


« At-choum ! »

En grognant, Iku attrapa un autre mouchoir et se couvrit la bouche. Après l'opération, son corps avait été très affaibli et elle avait chopé froid au final. A chaque fois qu'elle éternuait, ses blessures lui faisaient un peu mal.

« Reste bien au chaud : c'est mieux de se soigner rapidement après de telles blessures, » lui conseilla l'infirmière en refaisant le pansement de son bras. « Très bien, j'ai fini. Au fait, tu as des visiteurs dehors qui attendent pour te voir. »

Iku lui adressa un sourire joyeux, ravie de revoir ses amis.

L'infirmière prévint Iku : « Ne tape pas ta tête, d'accord ? Je suis sûre que tu ne veux pas repasser sur le billard. »

Une fois que l'infirmière fut partie, Iku sourit alors que Shibasaki, Tezuka et Komaki entraient. Voyant qu'ils étaient les seuls à être venus, Iku essaya de ne pas paraître trop déçue. Elle avait espéré qu'il viendrait également.

« Kasahara-san, comment te sens-tu ? » Lui demanda Komaki avec un sourire. Iku fit une moue indifférente.

Shibasaki prit place sur la chaise à côté du lit. « Tu as été très chanceuse, tu sais ? Que la deuxième balle effleure à peine ta tête. Tu serais morte sinon. » Comme d'habitude, Shibasaki ne tournait pas autour du pot.

Iku la fixa. « Ne m'en parles pas. Tu ne peux pas savoir comme c'est terrifiant de se retrouver avec un flingue pointé sur toi de si près ! »

Shibasaki hocha la tête. « Je vois que ta tête va bien. Ça aurait été embêtant si tout ça t'avait rendu plus bête que tu ne l'es déjà. »

Iku les regarda avec incrédulité alors que les deux hommes hochaient la tête pour montrer leur accord sur le sujet.

« Est-ce que c'est le genre de choses à dire à une convalescente ? »

« Quoi qu'il en soit, » Shibasaki l'ignora et changea de sujet. « Je suppose que tu veux savoir ce qu'il s'est passé après. » Iku fronça les sourcils avant d'hocher la tête.

« Les huiles gardent toujours au chaud ceux qui t'ont attaqués. Quant aux bouquins, ceux que tu as récupérés ont été ramenés à notre Bibliothèque avec les autres. Je suis sûre qu'ils discutent en ce moment même de la suite des évènements. »

Shibasaki semblait vouloir lui en dire plus mais s'arrêta lorsqu'elle réalisa qu'Iku ne l'écoutait pas vraiment. Elle coula un regard à Komaki et ils hochèrent la tête.

« Je vais chercher de quoi boire et il faut que je passe un coup de fil aussi, » déclara Shibasaki en se levant. En allant à la porte, elle entraîna autoritairement Tezuka à sa suite malgré ses bégaiements.

Iku les regarda sortir, confuse tandis que Komaki s'asseyait dans la chaise que Shibasaki venait de quitter.

« Kasahara-san, comment te sens-tu ? »

Iku était encore plus perplexe. C'était la deuxième fois qu'il lui posait la question.

« Je me sens bien. Le docteur a dit que je n'avais besoin de rester que quelques jours encore. »

« J'en suis ravi mais je ne parlais pas de tes blessures. »

Iku baissa les yeux alors qu'elle se sentait rougir, ressentant le besoin de fondre en larmes. Elle savait qu'il parlait de Dojo.