« Flash info : Peter Jackson dément la relation "Pircé" entre son fils et l'actrice ! »
Percy regardait son père à la télévision, impressionné par l'aura imposante qui se dégageait de celui qu'il considérait comme son modèle. Peter Jackson, froid et implacable, fixait la caméra d'un regard pénétrant dans son costume sur mesure bleu nuit qui mettait en valeur ses yeux et ses cheveux. À ses côtés, droite comme un i et aussi impressionnante que terrifiante, Clarisse LaRue jaugeait du regard les personnes présentes, son tailleur noir aux coutures d'or lui donnant une certaine prestance.
« Monsieur Jackson et la manageuse de son fils, Clarisse LaRue, sont ici avec nous en direct pour démentir au sujet d'une certaine relation entre Percy et Circé. Monsieur Jackson ? Qu'avez-vous à dire ?
— Rien. Il n'y a rien à dire, répondit Peter d'un ton si calme qu'on imaginait bien la tempête qui allait arriver par la suite.
— Comment ça ? demanda le journaliste surexcité.
— Il n'y a rien à dire parce que Circé n'a aucune relation, ni de près, ni de loin, avec mon fils. Le supposé contrat qu'elle a mentionné à été mit de côté il y a des mois par Clarisse ici présente, trouvant le projet absurde et complètement hors de sujet concernant la carrière de Percy.
— De quel contrat s'agissait-il, Mademoiselle LaRue ?
— Un contrat de mannequinat. Et je profite de cette interview pour annoncer qu'à aucun moment mon client ne posera pour une marque de luxe. Percy Jackson est un sportif, s'il doit être l'égérie d'une marque, elle sera en rapport avec son métier.
— Alors Circé a bien été en contact avec Percy avant ces dernières semaines ?
— Non, singla Peter. Le contrat a été proposé par mail, la réponse a été par mail. Aucune rencontre jusqu'à la toute première il y a deux semaines.
— Alors Circé aurait menti sur sa rencontre avec votre fils ?
— Sur sa rencontre et sur sa relation.
— Mais ils se sont bien embrassés, non ?
— Quelqu'un vous a-t-il déjà embrassé par surprise, mon cher ?
— Et bien… Oui une fois.
— Avez-vous eu le temps de réagir ?
— Non, souffla le journaliste.
— Je suppose qu'une explication n'est plus de mise, cependant, si ce genre comportement n'est pas toléré chez le gente masculine, il ne l'est pas non plus chez nos comparses. La prochaine fois, nous porterons plainte pour agression sexuelle. Cette interview est terminé. »
Peter se détourna sans attendre, Clarisse sur les talons et les journalistes aux alentours se mirent à déblatérer à une vitesse incroyable. La télévision s'éteignit soudainement, Percy se retrouvant face à son propre reflet et l'espoir dans son regard ne laissait pas de doute à ce qu'il se passait dans sa tête. Annabeth allait voir ça, elle allait comprendre et elle allait lui pardonner.
« Peter est un monstre, sourit Léo. Je l'aime.
— Il est déjà prit, s'amusa Sally.
— Léo, ton téléphone, dit Will.
— Oh, c'est Calypso. Je reviens.
— Il l'aime toujours ?
— Hum, non, je crois qu'il l'apprécie vraiment en tant qu'amie. Elle doit avoir entendu parler de l'histoire. »
Percy n'écoutait déjà plus. Son esprit était toujours porté sur cette interview qui démontait point par point chaque choses dites par Circé plus tôt. Son père avait fait les choses en grand, une conférence de presse avec Clarisse pour l'épauler, de quoi mettre les points sur les i et les barres sur les t.
« Chéri ? Tu es un peu pale, tu devrais aller te coucher, chuchota Sally près de son oreille.
— D'accord. »
C'est vrai qu'il était fatigué, très fatigué même. Trop peut-être. Il monta les escaliers jusqu'à sa chambre et se laissa tomber dans son lit, attrapant l'un des t-shirt d'Annabeth pour venir le coller contre son nez. Il n'arrivait à s'endormir qu'avec son odeur près de lui, imaginant toujours qu'elle était là, avec lui.
« Je pense que c'est pour le mieux. »
Annabeth.
« Pour moi mais aussi pour toi. Tu seras libre. »
Je ne veux pas ! Je te veux toi.
« Percy je t'en pris. »
« Tu ne peux pas dire ça après lui avoir dit… »
« C'est mieux comme ça. Je demanderais à Grover de venir chercher mes affaires d'ici peu. »
Percy se réveilla en sursaut, les mots d'Annabeth encore encré dans son crâne alors qu'il tentait d'allumer la lumière de sa chambre. Deux jours que son père avait donné son interview et aucunes nouvelles, ni de lui, ni d'elle, ni de personne d'ailleurs. Sally avait appelé Perséphone mais cette dernière était occupée au Canada avec un patient important, impossible de se déplacer. Percy était donc seul avec sa mère, restant silencieux la plupart du temps, dormant quand il n'était pas immobile dans le salon à fixer la fenêtre.
Se levant pour rejoindre la cuisine, Percy tenta de rester silencieux alors que le jour se levait à peine sur New York, du moins, il en avait l'impression. Cependant, lorsqu'il tomba nez à nez avec le four, il se rendit compte qu'il était sérieusement décalé puisque midi n'allait pas tarder à sonner.
« Annabeth. »
Percy sursauta et se tourna vers le son de la voix, une voix qu'il connaissait bien. Pieds nus, il marchait en silence jusqu'au bureau de son père qui était dos à lui, son téléphone portable collé à l'oreille et une main posé sur son bureau, tapotant le bois avec impatience.
« Je sais. … Je le sais. Vous êtes autant en tord l'un que l'autre, siffla Peter. Lui parce qu'il n'a pas réagit de la bonne façon et qu'il s'est laissé faire comme un idiot, toi parce que tu n'as pas pensé une seule seconde à prendre le recul nécessaire pour comprendre. J'ai mis cinq ans à t'accepter comme ma future belle-fille alors on ne va mettre autant d'effort à la poubelle à cause d'une greluche un peu trop collante. … Bon sang, vous devriez être les premiers à savoir qu'il faut communiquer avec ce qu'il s'est passé entre vous. … Si tu me passes ta mère je raccroches, grogna le brun. Je ne te demandes pas la lune, je veux juste que tu viennes discuter avec lui. … Oui. Ici et maintenant. … Et bien je vais venir te chercher si ce n'est que ça le problème. J'arrive dans vingt minutes. »
Peter raccrocha et se tourna vers Percy qui le fixait la bouche ouverte, incapable de réagir face à ce qu'il se passait sous ses yeux.
« Tu as vingt minutes pour te préparer, je vais chercher ta copine.
— Je… D'accord.
— Percy !
— Oui ?
— Ne l'énerve pas. »
Percy fronça des sourcils, regardant son père passer devant lui sans comprendre. Comment ça ? Depuis quand les états d'âmes d'Annabeth étaient devenus la priorité de Peter Jackson ? Nico avait raison, il savait quelque chose.
