Rating M pour ce chapitre. Et un peu de ship aussi.

Bonne lecture

ooOoo

Chapitre 10.

John poussa un profond soupir d'extase tout en intensifiant ses caresses. Rodney roucoulait sous ses mains baladeuses et c'était un plaisir à entendre. Tout comme c'était jouissif de voir son visage rouge, ses lèvres entrouvertes par lesquelles s'échappait un souffle court. Comme à chaque fois qu'ils faisaient l'amour, tous les sens de John participaient à la fête, décuplant encore davantage son excitation. Alors que sa propre érection se faisait douloureuse, il porta la main à celle de Rodney, qui grogna à ce contact.

« - Tu aimes ça bébé, hein ? »

Et tandis que Rodney, les yeux toujours clos, hochait la tête sans répondre, John serra sa main autour de son membre gorgé d'envie et le masturba tranquillement. Sous lui, Rodney n'était plus que respiration haletante et longs râles de plaisir.

Soudain, entendant un bruit qui n'avait rien à voir avec leur corps à corps mais ressemblait plutôt à un grognement de mécontentement lointain, John ouvrit les yeux pour se retrouver finalement seul dans son lit, dans cette petit pièce obscure qui l'oppressait. Rodney n'était pas là et le membre qu'il masturbait était en fait le sien. Alors que son cœur se serrait douloureusement, il décida pourtant de poursuivre sa caresse, espérant naïvement parvenir à se débarrasser de sa peine en se donnant un peu de plaisir. Sans prendre la peine de vérifier si Kolya dormait, il amorça un lent mouvement de va-et-vient autour de lui tout en gémissant doucement. Il n'était pas pressé, il voulait prendre tout son temps. Il ferma les yeux et pensa à Rodney avec toute la hargne qu'il ressentait.

Tout à coup il sentit une main se poser sur la sienne. Rouvrant brusquement les yeux, le peu de lumière provenant de la fenêtre lui permit de reconnaître Kolya qui, penché sur lui, avait glissé sa main dans son caleçon, se joignant à sa caresse.

« - Qu'est-ce que vous faites ? s'écria-t-il en tentant de s'éloigner. »

Mais Kolya, un sourire tranquille sur les lèvres, tenait bon et ne se laissa nullement impressionner par sa réaction.

« - Je fais ce que je dois faire.

- Pardon ?

- Si je ne vous aide pas ça va durer la moitié de la nuit comme d'habitude et cette fois je n'ai pas le courage d'essayer de dormir malgré vos gémissement. Alors je vous donne un coup de main, ensuite nous pourrons nous endormir tous les deux.

- Je n'ai pas besoin de vous, tenta John, que la main du Génii mettait à la torture.

- Non, je sais, c'est de McKay dont vous avez besoin, mais puisqu'il n'est pas là… A présent laissez-vous faire. »

Rendant les armes, John se détendit, autant que la situation le lui permettait tout du moins, et se mordit les lèvres tout en appréciant la rudesse des gestes de l'autre homme. Kolya savait manifestement y faire, à tel point qu'il retira rapidement sa propre main et lui laissa tout le contrôle de la situation. S'imaginant sans difficulté que c'était Rodney qui le surplombait, Rodney qui le caressait, il laissa rageusement le plaisir affluer en lui par vagues successives de plus en plus rapprochées. Son bassin se souleva de plusieurs centimètres alors qu'il jouissait enfin, criant le prénom de son homme. Kolya, manifestement pleinement satisfait de lui, se redressa, essuya sa main poisseuse sur la couverture. Il s'éloigna ensuite tranquillement.

« - Dormez à présent, lança-t-il en se rallongeant dans son lit. »

Mais John, encore tremblant et haletant, sut qu'il n'y arriverait pas si facilement malgré, ou plutôt à cause, de ce qui venait de se passer. Kolya l'avait branlé. Et surtout, Kolya l'avait mené à l'orgasme sans la moindre difficulté. Incompréhensible. Habituellement, lorsqu'il se prêtait à ce genre d'activité sans son Rodney, son aphrodisiaque favori, il lui fallait bien plus de temps pour jouir. Pourtant cette fois cela avait été plus que facile. Et sacrément agréable encore. Presque aussi agréable qu'avec Rodney. A croire que Kolya était un ensorceleur. Mais, même si à cet instant il se sentait mieux que jamais malgré son sentiment de solitude, il se promit que jamais il ne recommencerait ce genre de chose. Kolya et lui étaient devenus de simples alliés pour le temps qu'ils seraient coincés ici pour des raisons censées, mais il était hors de question que ce qui venait de se passer ne devienne une habitude. Il aimait Rodney et personne d'autre n'avait le droit de lui faire du bien. Décidant que cet incident était arrivé uniquement parce qu'il était terriblement en manque, il ne parvint pourtant à se débarrasser de cette sensation de trouble qui continuait à l'étreindre.

« - C'est toi que j'aime Rodney, chuchota-t-il, comme s'il avait besoin de se rassurer lui-même. »

Se redressant silencieusement, il regarda Kolya, qui s'était allongé de façon à lui tourner le dos. Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour qu'il vienne le rejoindre comme il l'avait fait ? C'était décidément incompréhensible. Mais cela n'arriverait plus ! pensa-t-il en s'allongeant à nouveau. Il ferma les yeux et tenta de se détendre, même s'il savait déjà qu'il lui faudrait plus de temps que d'habitude pour parvenir à s'endormir.

ooOoo

Cela faisait déjà plusieurs jours que Rodney avait tenté de se suicider. Carson, comme il le lui avait promis, passait presque tout son temps avec lui, même s'il devenait de bien mauvaise compagnie à mesure que le temps passait. Cet évènement n'avait d'ailleurs pas uniquement des conséquences sur Carson, mais également sur l'équipe chargée de retrouver John. Réalisant que le temps pressait plus qu'il ne le croyait au début, Evan avait insisté auprès d'Elizabeth afin que d'autres équipes se joignent à la sienne. Mais la dirigeante avait beau être l'amie de John et Rodney, sa priorité restait malgré tout l'expédition, elle ne pouvait se permettre de retirer d'autres effectifs aux missions habituelles. Alors la seule chose que pouvaient faire les trois équipiers était de procéder à des fouilles rapides des différentes planètes, afin de tenter d'en visiter deux dans la même journée, ce qui n'était malheureusement que trop rarement possible.

La bonne nouvelle – en était-ce vraiment une ? – c'était que la connexion avec trois planètes était impossible. Pour ces planètes là c'était le Dédale qui serait dépêché sur place. Lorne ne pouvait s'empêcher de se dire que s'il ne retrouvait pas John, celui-ci pouvait toujours être sur l'une d'elles, une façon comme une autre de garder espoir. La mauvaise nouvelle en revanche – et cette fois c'était vraiment le cas – c'était que le Dédale ne serait pas là avant un mois. Autant dire une éternité. Surtout pour Rodney. Pour ce qu'il était parvenu à apprendre de Carson, le Canadien n'était pas au mieux de sa forme et Lorne craignait qu'un mois ne soit trop long pour lui. Evidement, il pourrait y avoir pire. John pouvait avoir été emmené plus tard sur une autre planète dont ils ne retrouveraient jamais la trace. Où, pire encore – comme quoi tout était possible – il pouvait être mort. Ceci dit, le major refusait cette option. Il ne connaissait Sheppard que depuis quelques mois, mais il l'appréciait énormément, et surtout il savait que c'était un homme de ressources. Pas le genre en tout cas à se faire tuer au hasard d'une mission banale. Bref, les choses étaient loin d'être réglées malgré tous ses efforts. Tous leurs efforts à tous.

Ce soir là, ne parvenant à s'endormir et en ayant surtout assez d'essayer, Lorne s'était rendu sur un petit balcon généralement désert. Appuyé à la rambarde il admirait la Cité brillant de mille feux sous son éclairage nocturne. Il aimait ce spectacle. Il faudrait d'ailleurs qu'il pense lors d'un prochain voyage sur Terre à ramener des toiles et de la peinture. Ici il ne doutait pas un instant qu'il pourrait trouver l'occasion de se remettre à la peinture. Se consacrer à cette passion lui manquait. Pourtant il en aurait eu sacrément besoin en ce moment.

Une main se posa soudain sur son épaule, le faisant sursauter. Se retournant, il tomba nez à nez avec son autre passion.

« -Teyla, bonsoir.

- Major Lorne.

- Je vous l'ai déjà dit Teyla, appelez-moi Evan. »

La jeune femme acquiesça en lui adressant un sourire charmant, que lui-même qualifiait d'ailleurs de totalement ravageur.

« - Comment allez-vous Evan ?

- Très bien. Pourquoi me demander une chose pareille. »

La jeune femme s'adossa à la rambarde près du major.

« - J'ai remarqué combien vous sembliez préoccupé ces derniers jours.

- Je suis simplement inquiet pour le colonel Sheppard. Comme nous tous j'imagine.

- C'est vrai. Mais vous semblez plus soucieux encore depuis…

- La tentative de suicide de McKay, oui vous pouvez le dire. C'est le cas. Je me sens responsable de ça.

- Voyons Evan, personne n'est responsable des actes de Rodney. Pas même lui j'imagine.

- Et pourtant. C'est moi qui vous ai entraînés sur Valaria, là où tout a commencé.

- Vous ne pouviez pas le savoir, tenta Teyla. D'ailleurs voyez le bon côté des choses, au moins les Valariens sont des alliés désormais.

- C'est une bien maigre consolation, dit Evan avec un petit rire dépité.

- Bien sûr, mais… Comme le répète sans cesse Carson à Rodney, vous devez garder espoir.

- Ce n'est pas si simple.

- Non, en effet. »

Evan se retourna pour se plonger à nouveau dans la contemplation de la Cité. Teyla fit de même et ils restèrent un moment silencieux côte à côte.

« - C'est beau, n'est-ce pas ? demanda subitement la jeune femme. »

Evan se tourna vers elle et la fixa intensément en répondant.

« - C'est sublime. »

Parlait-il d'elle ou de la Cité ? Des deux probablement. Pris sur le fait, il rougit lorsque Teyla se tourna vers lui, surprenant son regard sur elle. Elle ne sembla pourtant nullement impressionnée et lui adressa au contraire un sourire épanoui.

« - A présent Evan, si nous parlions de nous.

- Parce qu'il y a un nous ? s'étonna le jeune homme en déglutissant avec difficulté.

- J'ai l'impression que vous ne seriez pas contre, reprit doucement Teyla, et je dois avouer que j'y ai moi-même déjà pensé.

- Oh. Eh bien je dois dire que je suis assez surpris, balbutia Evan. »

Généralement il n'avait aucun mal à prendre les devants avec les femmes qui lui plaisaient, mais Teyla justement n'était pas une femme comme les autres. Il craignait de ne pas être capable de dire ou de faire ce qu'elle attendait de lui.

« - Du fait que vous me plaisiez ? s'amusa Teyla. Je ne me doutais pas vous puissiez avoir si peu confiance en vous. »

Tandis que Lorne, mal à l'aise, baissait les yeux, Teyla posa sa main sur la sienne.

« - Alors qu'en dites vous ? reprit-t-elle. Vous voulez me parler de vos sentiments ? »

Levant les yeux, Lorne croisa le plus beau, le plus doux des regards et il comprit qu'il n'avait plus de craintes à avoir.

« - Eh bien je pense qu'il n'y a pas grand-chose à dire Teyla. Vous semblez avoir parfaitement compris ce que je ressentais. Je suis terriblement attiré par vous et je serais honoré si vous acceptiez de… je ne sais pas trop comment le formuler, disons faire un petit bout de route avec moi. Pour commencer cela va se soit. Ensuite…

- L'avenir nous le dira.

- Exactement. Je sais que le moment est peut-être mal choisi étant donné les circonstances. Mais c'est probablement aussi à cause d'elles justement que je ne veux plus prendre le temps de laisser les choses évoluer par elles-mêmes. Teyla, accepteriez vous de venir dîner dans mes quartiers demain soir ?

- Ce sera avec plaisir Evan.

- Merci, murmura le jeune homme.

- Bien, maintenant que je suis parvenue à vous rendre le sourire, je vais aller me coucher. Vous devriez faire de même, nous partons tôt demain.

- Je vais y aller dans un instant.

- Parfait. Bonsoir Evan. »

Alors qu'elle s'éloignait, Evan la rattrapa brusquement et l'attira à lui pour l'embrasser doucement. Un simple baiser chaste, sa façon de lui faire comprendre qu'il ne lui mettrait aucune pression.

« - Bonsoir Teyla, souffla-t-il lorsqu'ils se séparèrent. »

Teyla lui adressa un grand sourire puis s'éloigna tranquillement, heureuse de constater que même lors des pires moments, des choses bien pouvaient se produire.

TBC…