Auteur : Choupette
Titre : Amour et bonbons.
Disclaimer : Persos pas à moi.
Couples : Trop long de faire le détail. Ron x Draco, George x Andrew, Harry x Ginny, Hermione x Viktor... ... ...
Avertissements : rien de spécial. Il s'agit de l'avant dernier chapitre. Le dernier chapitre sera donc soit plus conséquent que les précédents, soit suivit d'un épilogue. + Arrivée d'un nouveau personnage.
Salut tout le monde,
non je ne suis pas morte, quoique l'on puisse voir le fait de travailler comme quelque chose de mortel mais bon... Je m'excuse du retard et vouq promet qu'il n'y aura pas autant d'attente pour le prochain chapitre que j'ai bien avancé dans l'écriture. Je remercie tous ceux qui m'ont envoyé des reviews, j'ai dépassé mon record je suis trop contente. Merci beaucoup à tout ceux qui me lisent. Bon trève de blabla, je vous laisse lire.
Bisous.
PS : merci à Jess pour sa review à laquelle je n'ai pu répondre.
Chapitre 10
George marchait tranquillement dans les rues animées de Pré au lard. Le sourire aux lèvres, il évitait nonchalamment les gens pressés qui partaient travailler, des écoliers qui couraient dans tous les sens, quelques matinaux qui se dirigeaient vers le marché. Il enfonça un peu plus les mains au fond des poches de sa veste. Son sourire s'intensifia l'espace de quelques secondes et il secoua doucement la tête. Il revoyait Ron sortir de la salle de bain ce matin : à moitié habillé, les cheveux humides dans tous les sens, comme essayant de fuir sa tête, les joues rouges de s'être dépêché. Son frère avait failli dévaler les escaliers en roulant plutôt que sur ses pieds, heureusement qu'il l'avait retenu avant qu'il se prenne pour le premier sorcier à voler sans balais. Ce dernier s'était ensuite empressé de filer chez Draco, plus vite qu'un éclair de feu.
Il espérait que tout irait bien, qu'aucun d'entre eux ne ferait de gaffe. Il ne voulait pas revoir Ron dans un état pareil et, jusqu'à preuve du contraire, il n'était pas conseiller conjugal. Son frère sortit vite de ses pensées alors que ses pas le portaient vers Honeyducks. Ne travaillant pas aujourd'hui et son travail de nounou étant terminé, il avait eu envie de voir Andrew, de lui voler quelques minutes, voire un peu plus et l'emmener déjeuner au restaurant. Alors qu'il allait pousser la porte, il fut violemment bousculé, sa tête manquant de peu le montant de la porte. À quelques centimètres près, le carillon de la boutique aurait également tintinnabulé entre ses deux oreilles.
Il se retourna vers un jeune homme brun qui ne devait pas avoir vingt ans, ce qui ne l'empêchait pas d'être presque aussi grand que lui. Ce dernier s'excusa rapidement et entra dans la boutique sans un regard pour lui. Quelques mots de politesse plus pour la forme que par véritable intérêt. George n'avait même pas eut le temps de desserrer les lèvres et restait figé sur le pas de la porte. Une forte envie de plonger la tête de ce morveux dans un pot de croquant à la réglisse le prit, mais il la réprima à regrets. Il avait bien mieux à faire après tout : première étape, voler un baiser à Andrew entre deux pots multicolores ; deuxième étape, enlever le vendeur de sucreries le plus craquant qui soit.
George s'engouffra à son tour dans le magasin. Il avançait entre les rayons, se dissimulant derrière les rangées de bonbons pour apercevoir Andrew. Ce dernier n'était pas au comptoir et il le chercha longtemps des yeux avant de le trouver tout au fond de la boutique en train de parler à l'impoli qui l'avait percuté. Le jeune homme semblait paniqué et faisait de grands gestes pour accompagner ses paroles. Andrew l'écoutait sans bouger, un pli barrant son front. Il semblait inquiet. Il posa sa main sur l'épaule du brun dans un geste rassurant puis après quelques mots s'éloigna en le laissant seul. George suivit Andrew des yeux avant que son attention ne se reporte sur l'inconnu. Il aurait ben voulu se manifester, ne pas rester caché derrière un pot de choco-grenouille à les espionner, mais il n'était sûrement pas concerné par ce qu'il se passait et ne voulait pas arriver comme un cheveu sur la soupe. De plus, le visage de l'inconnu lui rappelait quelqu'un, il était presque sûr de l'avoir déjà vu. Il détourna la tête, cherchant dans sa mémoire… avant de se rappeler qu'un poisson rouge trouverait la réponse avant lui. Lorsqu'il leva les yeux, il les vit sortir par la porte de service. Il pivota sur lui-même et se rua dehors prêt à piquer un sprint et à faire le tour du magasin.
La seule chose que George avait oublié est qu'un Weasley, reste un Weasley quoiqu'il arrive. Et qu'un Weasley qui court dans la foule va forcément foncer dans quelqu'un. Et ce n'est pas aujourd'hui qu'il ferait exception à la règle. Assit par terre, Geroge reprenait lentement ses esprits. La personne qu'il avait renversé s'était déjà relevée et lui tendait la main.
« Je suis vraiment désolé…
- Bonjour, George.
- Oh… Euh… Bonjour… Euh...
- Ariane.
- Oui, bien sûr, je me rappelle encore de ton prénom. »
Geroge regarda la jeune femme des pieds à la tête, ne croyant pas vraiment qu'une telle malchance pouvait s'abattre sur lui. Il en profita pour jeter un coup d'œil par-dessus son épaule, fixant le coin de rue par laquelle Andrew devait sortir. Quelques petits mètres et quelques secondes l'auraient fait éviter son ex petite amie. Monde cruel.
« Écoute, Ariane, je n'ai pas vraiment le temps…
- Tu vas devoir le prendre. J'ai des choses à te dire et une ou deux petites questions à te poser. »
Du coin de l'œil, George aperçut Andrew et le jeune homme s'éloigner et se fondre à la foule. Il soupira, résigné. Après tout, il avait le temps maintenant.
« D'accord, tout ce que tu voudras. Je t'offre un café ?
- Non, pas la peine, je n'en ai pas pour longtemps.
- Qu'est-ce que tu veux donc me dire de si important ? Je ne pensais pas qu'il y avait quelque chose à ajouter, à moins que tu ne veuilles m'enfoncer un petit peu plus.
- George, lorsque je t'ai quitté parce que je pensais que tu étais gay et que tu m'as assuré que ce n'était pas le cas, que tu m'aimais, que j'étais tout pour toi… Combien de temps de réflexion t'a-t-il fallu pour décider d'aller te faire sauter par le vendeur de bonbons qui te faisait du charme depuis des semaines ?
- Ariane…
- Je n'ai pas fini ! Est-ce que tu as vraiment eu des sentiments pour moi où je n'étais qu'un faire-valoir pour te prouver que tu étais vraiment un homme ?! »
Il y a des répliques qui vous laissent sur le cul et à ce moment-là, George aurait rêvé d'une chaise pour le réceptionner. Il avait rarement vu Ariane aussi furax et il se demandait si elle pourrait l'énucléer avec ses ongles s'il lui donnait la mauvaise réponse.
« Tu viens me demander des comptes alors que c'est toi qui m'a laissé tomber sans même me laisser une chance ?
- S'il te plait George, ne joue pas la victime. C'est vrai que je n'ai pas été juste avec toi, mais lorsque vos amies vous apprennent que votre ex sort avec un mec, ça refroidi un petit peu et je veux savoir… j'ai le droit de savoir si tu t'es moqué de moi ou pas.
- Bien sûr que je t'ai aimé, mais tu ne m'as pas laisser le temps de te le prouver.
- George, ne me mens pas. À qui tu veux faire croire ça ? Sois honnête ! Tu me dois bien ça !
- Je ne te dois rien ! Lorsque tu es parti… J'étais dans un état pitoyable. Tu m'as plaqué en me laissant avec, en plus de ma peine, des doutes monstrueux quant à ma sexualité. Je t'en ai voulu à mort, après je me suis mis en colère contre moi-même de t'avoir fait subir cette situation. Tu peux penser ce que tu veux, mais j'étais bien avec toi, je n'avais jamais pris conscience… Il ne m'était jamais venu à l'idée que je puisse être homosexuel…
- Tu l'es donc vraiment ?! Et tu veux me faire croire que tu m'as aimé… Tu t'es foutu de moi !
- Non, tu n'as même pas pensé que je puisse aimer également les femmes, que je t'aimais sincèrement… C'était juste une question de choix. Toi ou lui. Tu as choisi pour moi.
- Ça va être de ma faute en plus !
- Je ne dis pas ça, mais si on en avait parlé, si tu m'avais laisser m'expliquer ou tout simplement réfléchir… Tout aurait été différent, je me serais posé des milliers de questions, mais au bout du compte, je serais resté avec toi.
- Ce que tu peux être hypocrite ! Vu le peu de temps qu'il ta fallu pour te jeter dans ses bras, on sait très bien l'un comme l'autre que tu aurais fini par le choisir.
- On ne sait rien du tout ! J'aurais certainement eu trop peur de cette attirance, trop peur de te quitter et de te perdre. La seule chose qui est sûre, c'est qu'à l'heure actuelle, il est évident que je serais plus heureux avec lui, que je ne l'ai jamais été avec toi. »
Le bruit de la claque fit se retourner tous les gens autour d'eux. George toucha sa joue du bout des doigts. De la colère, de la haine, du mépris, c'est tout ce qu'il voyait dans les yeux d'Ariane… Aucune tristesse, aucune douleur. Même sans Andrew, ils auraient fini par se séparer, par manque de sentiments.
« Je pense que tu viens de clore notre discussion.
- Oui, tu ferais mieux d'aller rejoindre ce… cet... »
De la colère, de la haine, du mépris…
« J'y vais. Au revoir, Ariane. »
George tourna les talons et se fraya un chemin dans la foule, sans même un regard en arrière. Il devait voir Andrew. Il accéléra le mouvement. Son cœur était soudain plus léger, toutes ses questions, tous ses doutes s'étaient envolés avec Ariane. Plus de regrets. Il devait le rejoindre, lui parler. Il se mit à courir, bousculant les personnes qu'il croisait, se moquant de ce qui l'entourait. Il devait le prendre dans ses bras, l'embrasser. Le visage radieux, il slalomait, évitant les obstacles, allant toujours plus vite, tellement heureux qu'il ne sentait pas la douleur affluer dans ses muscles, peu habitués à ce rythme soutenu, ni ses poumons le brûler. Il devait lui dire ce qu'il ressentait. Arrivé devant l'immeuble, il se précipita à l'intérieur et se mit à grimper les escaliers quatre à quatre. Une fois devant la porte, il inspira à fond avant de frapper. Des pas retentirent de l'autre côté de l'autre côté du panneau de bois et la porte s'ouvrit à toute volée.
« Andrew, je t'ai… me. Euh, qui êtes-vous ? »
George dévisagea le jeune homme de Honeyducks qu'il avait totalement oublié.
« Andrew ! Y a un crétin devant ta porte ! Qu'est-ce que j'en fais ?!
- Comment ça « un crétin » ?!
- Je ne suis pas…
- Un grand roux mécontent, qui t'aime apparemment ! »
Un bruit de casse se fit entendre, suivi d'une bordée de jurons, empêchant George de sauter à la gorge du jeune homme. Andrew arriva derrière l'espèce de morveux mono neuronale en se frottant la tête.
« George ! Je ne m'attendais pas à te voir. Tu voulais quelque chose ?
- Juste te parler et être un peu avec toi, mais vu à quel point ma présence à l'air de te faire plaisir, je repasserai.
- Ouais, c'est ça, casse toi !
- Espèce de sale mioche.
- Tu sais ce qu'il te dit le mioche ?!
- Riley, ça suffit. George, je suis vraiment content de te voir, mais tu tombes un peu mal.
- Tu tombes même vraiment mal, alors si tu pouvais nous oublier.
- Andrew fais-le taire où je le tue.
- Je me tais si…
- Riley, tu veux nous laisser deux minutes. »
Ce dernier lança un regard noir à George avant de s'éclipser. Andrew soupira. Il passa une main sur son visage, l'air las. Le roux s'approcha, posant ses mains à la base de sa nuque, accrochant son regard.
« Ça n'a pas l'air d'aller. Andrew… Si tu as un problème, tu sais que je suis là. Je t'aiderai quoiqu'il arrive et j'irai jusqu'à te débarrasser de cette vermine rampante qui semble avoir prit possession de chez toi. »
Andrew esquissa un sourire.
« Merci, George… Je ne sais pas trop… Il y a des choses que tu ignores sur moi et il est peut-être trop tôt. C'est compliqué.
- Je comprends. Et puis, on a le temps. Andrew, en fait, je n'étais pas juste venu te voir. J'ai quelque chose à te dire. Tu vas sûrement trouver ça ridicule, mais je me suis aperçu d'une chose en venant et je voulais te dire que je t'aime. »
Un silence gêné s'installa, George observait Andrew dont le regard était fixé sur le plancher. . Il hésitait, comme tiraillé.
« George, je…
- Bon, Andrew, tu viens ! J'te signale qu'on a un problème à régler. »
Le parasite, le retour. George poussa un hurlement intérieur, se fustigeant mentalement pour ne pas lui sauter à la gorge et faire manger le mur à cet empêcheur de tourner en rond et surtout de se déclarer en paix. Avec un peu de chance, il aurait également le temps de lui faire avaler la porte d'entrée avant qu'Andrew ne fasse un seul geste.
« Je crois qu'il peut nous aider.
- Hors de question ! Il te laissera tomber comme les autres. Pourquoi ferait-il exception à la règle ?
- Mais qu'est-ce que tu en sais espèce de sale mioche ? De quoi tu te mêles ?
- Je suis également concerné, crétin. C'est toi qui ramènes ta fraise, sans qu'on en t'ait rien demandé !
- Ce n'est pas une raison pour me bousculer et m'insulter !
- Stop !!! Je n'ai pas la vocation nounou, donc calmez-vous. George entre, je vais tout t'expliquer.
- Mais Andrew…
- Riley, c'est bon. »
Andrew s'effaça pour laisser entrer le roux. Il l'embrassa rapidement sur le pas de la porte, avant de la refermer derrière lui et de le mener jusqu'à la pièce principale où le morveux les attendait, assis sur un fauteuil, les bras croisés sur la poitrine. Andrew regarda amusé, les deux hommes se jauger, sans décrocher un seul mot.
« On va commencer par le début… Riley, je te présente George, mon petit ami…
- Celui dont tu m'as parlé ?
- Oui, c'est ça. George, voici Riley, mon petit frère.
- Enchanté.
- Ouais, moi aussi.
- Vraiment convaincant.
- Je fais le minimum politesse, si tu n'es pas content c'est pareil.
- Charmant bambin.
- Je soutiens que c'est une mauvaise idée… On se demande même ce qui t'est passé par la tête le jour où tu as décidé de sortir avec un sorcier. On ne devrait rien lui dire.
- On a besoin d'aide. De toute façon, il l'aurait su un jour.
- Et il t'aurait largué, comme il va le faire maintenant.
- Hé ho, ce n'est pas que je n'aime pas qu'on parle de moi, mais ça devient gênant. Des explications seraient bienvenues au lieu de faire des hypothèses totalement « absurdes » sur une supposée rupture. »
George insista bien sur les derniers mots en regardant Riley. Andrew prit une profonde inspiration.
« Je ne sais pas trop comment aborder ça… George, depuis que tu es avec moi, combien de fois m'as-tu vu faire de la magie, lancer un sort, transplaner, etc. ? »
L'interrogé haussa un sourcil et en réfléchissant une foule de détails lui revinrent en mémoire, des petites choses qui l'avait intrigué.
« Rarement. À notre premier rendez-vous, tu as utilisé un sort pour te sécher de la pluie, mais ce n'était pas très réussi.
- On ne peut pas dire que je sois un bon sorcier et pour cause, je n'ai jamais mis les pieds à Poudlard.
- Tu m'as pourtant dis que tu n'avais jamais quitté l'Angleterre.
- C'est vrai, je n'ai jamais étudié dans une école de sorcellerie.
- C'est impossible. Tous les enfants sont inscrits automatiquement soit parce qu'ils sont issus de famille sorcières, soit dès l'éveil de leurs pouvoirs si ce sont des enfants moldus.
- Sauf que les miens se sont réveillés lorsque j'avais dix-sept ans et que le ministère avait d'autres préoccupations à ce moment-là.
- C'était peu avant la guerre, alors que le retour de Voldemort venait d'être découvert.
- Exactement. De plus, je suis issu d'une famille moldue, je suis donc passé inaperçu.
- Pourquoi ne pas avoir fait de demande à Poudlard pour intégrer l'école et combler ton retard ?
- C'est très compliqué. Mes parents n'avaient aucune connaissance du monde magique. Lorsque j'ai montré mes premiers signes de magie, ils m'ont pris pour un monstre et m'ont jeté à la porte.
- Mais c'est n'importe quoi ! On ne met pas ses enfants à la rue sous prétexte qu'ils sont…
- Homosexuels et qu'en plus ils font voler le chat à travers le salon. Si, je t'assure que ça se fait. On n'est pas dans le monde de Oui-oui.
- On t'a pas sonné le mioche, reste silencieux, c'était très bien jusque là.
- George, ce n'est pas la peine de t'en prendre à mon frère, même si tu es en colère. Et toi Riley, soit plus agréable sinon tu finiras cette conversation seul dans la cuisine.
- Je suis désolé, pardon Riley.
- Pas grave, ça me fout en rogne également.
- Là, c'est mieux, peut-être que je vais arriver à faire quelque chose de vous. Donc, mes parents ont eu du mal à avaler la pilule, à vrai dire ils ne le feront jamais. Je me suis donc retrouvé dehors, sans argent ni aucun endroit où aller. Je ne savais pas que le monde magique existait et je croyais réellement être une erreur de la nature. J'ai essayé de trouver du travail, mais sans diplôme c'était peine perdue.
- Pourquoi n'as-tu pas demandé de l'aide au reste de ta famille ?
- Mes parents se sont arrangés pour que je devienne indésirable. Enfin bref, j'ai vivoté et quelques mois plus tard, j'ai commencé à remarquer des choses bizarres, des gens portant des capes, des hiboux volant un peu partout… J'ai suivi un sorcier jusqu'à un bar, d'où peu de gens ressortaient. J'ai réussi à passer dans le monde magique. Personne ne m'a remarqué, à cause de la guerre qui était imminente, c'était peu avant l'attaque de Poudlard… J'ai commencé à faire des petits boulots, mais mes employeurs me renvoyaient dès qu'ils s'apercevaient que je ne savais pas utiliser la magie… Honeyducks est le premier endroit où l'on m'a accepté. J'ai pu me prendre un appartement et au bout de quelques temps m'acheter ma baguette, mais sans cours, il est difficile d'apprendre les sorts. Je n'ai même pas les bases. En résumé, je suis un « presque » sorcier, dont la seule ambition est de conserver son travail de vendeur dans une boutique de bonbons. »
Andrew s'arrêta, à la fois soulagé et anxieux. Cela n'avait pas été si difficile de parler à George, mais attendre sa réaction était beaucoup plus éprouvant. Il ne voulait pas être repoussé de nouveau. De plus, le fait que George ait l'air de s'être mis en mode veille, les yeux bien ouverts, aurait inquiété n'importe qui.
« George, ça va ?
- Oui, je digère toutes les informations.
- Écoute, si tu ne veux plus me voir…
- Ne dis pas n'importe quoi, ça te fait ressembler à ton frère. Ce que je t'ai dit tout à l'heure n'étaient pas des mots en l'air. Je t'aime et même si tu étais un troll, ça ne changerait rien. Enfin si, sûrement, mais c'est pas le cas, donc tout va bien.
- Merci, si tu savais à quel point je suis soulagé de t'entendre dire ça. J'ai beaucoup de sentiments pour toi et je ne voulais pas que tu sortes de ma vie. »
George s'était légèrement figé devant l'air timide et adorable d'Andrew, bien conscient qu'il devait vraiment paraître idiot. Heureusement qu'il avait la bouche fermée. Baver devant son petit ami n'avait rien de distingué, encore moins quand ce dernier vous regardez tendrement.
« Oh, mais qu'ils sont mignons ! Vous allez me faire vomir tous les deux, alors par pitié on arrête de se prendre pour la belle et le clochard et on revient sur terre.
- Jamais il s'arrête le morveux, ce n'est pas ton frère, c'est l'envoyé du diable.
- Il est gentil quand on le connaît et puis, si j'ai besoin de toi, c'est pour lui.
- On va enfin parler de mon problème…
- Riley, soit sympa… Mon frère a également développé ses pouvoirs il y a quelques mois. On a fait en sorte que mes parents ne le sachent pas, pour qu'il puisse finir ses études, mais il y a eu un accident.
- Un accident ?
- Maman a piqué une crise de nerfs lorsque son four a essayé de la manger.
- Je suppose que tu adores ta mère.
- Je lui préfère le four.
- Nos parents l'ont mis dehors et Riley va devoir venir s'installer avec moi le temps de finir ses études. Pour le moment, il est chez un ami, mais il ne peut pas y rester indéfiniment. Le problème c'est que toutes ses affaires sont restées à la maison et je n'ai pas les moyens de tout racheter… On voudrait que tu nous aides à les récupérer.
- Les récupérer ? Vous ne pouvez par les leur demander ?
- J'ai déjà essayé. Ils refusent d'avoir le moindre contact avec nous, ils ne veulent même pas répondre au téléphone et lorsqu'on y va, ils ferment tout et s'enferment dans la maison. Par conséquent, on doit prendre les affaires de Riley sans leur accord.
- Vous voulez cambrioler votre propre maison ? Et me mettre dans le coup ? Je ne vois pas en quoi le fait de me transformer en voleur peut vous aider.
- Nos parents sont des maniaques de la sécurité et la sorcellerie pourrait nous être utile. George, si tu ne veux pas nous aider…
- Tu ne seras qu'un lâche.
- Riley ! George, tu n'es pas obligé.
- Bien sûr que si. La confiance, ça n'a pas l'air d'être votre fort.
- Manque d'habitude.
- Va falloir changer ça. Je vais vous aider. Je n'ai encore jamais cambriolé des moldus, ça a l'air marrant. Je dirais même, ça doit être génial ! Heureusement que je suis venu, sinon j'aurais pu rater une belle occasion de m'amuser. Faut que je dise ça à Fred ! »
Andrew et Riley se regardèrent, inquiets face à l'enthousiasme quelque peu exacerbé du roux. Alors que George se parlait à lui-même, échafaudant du plan A jusqu'au plan Z, Riley attrapait un coussin pour l'étouffer. Deux bras entourèrent sa taille avec force.
« Riley, qu'est-ce que tu fais ?
- Il est fou, il faut l'achever. Où tu l'as trouvé ce taré, dans un asile ?
- Il est concepteur de farces et attrapes magiques.
- Ouais, ça explique certaines choses, mais arrête son délire. Et puis, c'est qui ce Fred ?
- Son frère jumeau.
- Tu veux dire qu'en plus y a en deux, mais à quoi ils pensaient ses parents, il fallait en noyer un à la naissance !
- Ça pourrait être pire…
- Pourquoi ?
- En tout, il a cinq frères et une sœur.
- Andrew, laisse tomber pour mes valises, je vivrai comme un SDF c'est pas grave…
- Alors on y va quand ? Ce soir ? Par balais ou magicobus. On peut transplaner aussi…
- Euh…
- Dites, je peux amener mon frère ? »
Andrew retint fortement son frère qui avait décidé de se jeter par la fenêtre.
« On y va ce soir.
- C'est parfait.
- Riley lâche cette fenêtre.
- On n'y arrivera jamais.
- T'inquiète le gnome, tout ira comme sur des roulettes.
- Andrew, retire tes bras, c'est lui que je vais jeter par la fenêtre. Il est hors de question qu'on se tape un double maléfique en plus de celui-ci ! »
-//-
Le magicobus les jeta dans une rue tranquille de Londres. De jolies maisons, entourées de jardinets bien entretenus, bordaient les rues éclairées par des dizaines de lampadaires. Un quartier résidentiels tout ce qu'il y a de plus calme. George regarda autour de lui, curieux. Il avait une vague impression de déjà vu. Andrew et Riley s'étiraient, vérifiant que rien n'avait été brisé à l'atterrissage. George donna un coup de coude à la personne la plus proche.
« Fred, ça te rappelle rien ?
- De quoi ?
- Cet endroit. On ne serait pas déjà venus ?
- Pourquoi est-ce qu'on aurait mis les pieds du côté moldu ?
- C'est vrai. Ça doit être de la faute de papa, à force de nous raconter toutes ses histoires.
- Oh, les bouffons, on n'est pas là pour papoter, ni pour regarder le paysage, alors on se dépêche. Autant être ridicule en marchant, au moins ça sert à quelque chose.
- Qui est-ce que tu traites de ridicule ?
- Les deux crétins, ultra chics, tout vêtus de noir avec leurs ravissant bonnets assortis.
- C'est pour passer inaperçus, on a vu ça dans le télévisionneur d'Hermione.
- Un téléviseur tu veux dire ?
- Oui, c'était un documentaire en trois parties. George, c'était quoi le titre ?
- Mission impossible.
- Bande de débiles, je ne vois même pas l'intérêt de vous expliquer. Aller, on bouge ses fesses avant que vos costume virent au gris. »
Riley prit les devant suivit de Fred et d'Andrew. George était resté en retrait, mettant de la distance entre lui et le morveux.
« « On bouge ses fesses. » Gnagnagna. Qu'est-ce qu'elles ont mes fesses ?
- Elles sont adorables, surtout moulées dans ce pantalon noir. Il faudra le garder. J'adorerais que tu rentres chez moi par effraction. »
Un sourire en coin vint fleurir sur les lèvres du rouquin.
« J'aurai le droit de ligoter et de bâillonner ton frère pour que cela soit plus réaliste ?
- Malheureusement non, mais je trouverai bien un moyen de m'en débarrasser.
- J'espère, sinon ce sera à toi de passer par ma fenêtre pour…
- Oh, les deux pervers, nous on ne veut rien savoir de vos petits jeux salaces. Beurk.
- Mais si, moi je veux savoir, ça me donne des idées. George, tu crois que ça plairait à Alicia ?
- Fred, tais-toi et marche. »
Le jumeau fit une mine dépitée, mais écouta son frère. George était heureux que Fred soit là. Il y avait bien longtemps qu'ils n'avaient pas fait les quatre cents coups tous les deux et ça lui avait manqué. Et puis, il lui avait expliqué la situation d'Andrew et Riley. Sa seule réaction avait alors été : « Tu crois qu'on pourra faire exploser l'un des murs de la maison ? ». Certes, c'était une réaction assez désespérante, mais cela prouvait que tous les sorciers ne se préoccupaient pas uniquement des pouvoirs et qu'ils seraient accueillis au sein de la famille sans problèmes. George pensait déjà présenter Andrew et contrairement à d'habitude, chacune de ses anciennes copines devant passer l'épreuve « Molly Weasley », il n'était pas du tout stressé. Rien ne pourrait jamais égaler l'arrivée de Draco au Terrier.
Il ne fallut que quelques minutes pour qu'ils arrivent devant une maison de briques rouges, aux volets presque noirs, entourées d'une haie trop bien taillée pour être vraie.
« C'est quoi cette maison, on dirait la déco de Serpentard sans le vert ?
- Ce n'est pas une maison, mais une prison.
- Vos parents sont des détraqueurs ?
- Des quoi ?
- Fred arrête de dire n'importe quoi. Alors c'est quoi le plan ?
- Toutes les portes et les fenêtres sont sous alarme, sauf la lucarne du deuxième étage. Je ne sais pas ce dont vous êtes capables avec la sorcellerie, donc qu'est-ce que vous proposez ?
- On peut transplaner à l'intérieur.
- Non, ça va faire trop de bruit. Le chat est devenu très craintif et hystérique depuis son baptême de l'air et il miaule à s'en faire péter les cordes vocales dès qu'il sent quelque chose d'anormal.
- Ce n'est pas si grave, on devrait pouvoir s'occuper des alarmes et du chat…
- Attend George, j'ai une idée. L'un de nous va faire voler le petit frère, pendant que l'autre ouvre la fenêtre. »
Riley dévisagea George dont le regard devenait inquiétant. L'idée le séduisait beaucoup trop à son goût.
« Excellente idée Fred. Je me charge de notre nouvel Icare, pendant qu'Andrew fait le guet.
- Andrew ne les laisse pas faire, ils vont m'abandonner sur un lampadaire.
- Riley, tu exagères…
- C'est vrai… Je te vois plutôt planté sur un sapin. »
Riley commençait réellement à être inquiet alors que Fred se bidonnait de rire. Il y avait sûrement des dizaines de façons d'entrer dans cette maison, mais celle-ci laissait beaucoup plus de possibilités pour transformer le brun en souffre douleur.
« Alors, on y va ! »
Andrew acquiesça. Dissimulés dans la haie, George lança un sort et Riley se mit doucement à flotter à dix centimètres du sol. Andrew jeta un coup d'œil de chaque côté de la rue, faisant signe que tout allait bien. Riley s'éleva de plus en plus haut, son visage prenant une teinte livide. Apparemment, Icare avait le vertige. George se hâta de lui faire atteindre le bord de la lucarne, lui cognant la tête au passage. Riley retint un juron et s'engouffra dès que Fred eut prononcé la formule. Quelques minutes passèrent dans un silence total, avant que le visage de Riley réapparaisse. Il fit signe à George qui s'avança sous la lucarne. Il regarda autour de lui et alors qu'il levait la tête, un énorme sac s'écrasa sur lui, suivit d'un chuchotement.
« Ça c'était pour le rebord de la fenêtre.
- P'tit con.
- Je ne suis pas petit. »
S'en suivit un va et vient de sacs que George prit soin d'éviter, préférant les laisser s'écraser au sol.
« Riley, George planquez-vous. »
Riley disparut aussitôt et George s'étala sur le sol avant de rejoindre, en rampant, Fred et Andrew qui se prenaient pour des arbustes au milieu de la haie.
« Qu'est-ce qui se passe ?
- La bande à Dud qui vient faire des siennes. S'ils nous voient, ils ne vont pas se gêner pour faire un maximum de bruit et nous griller.
- Qui est-ce ?
- Une bande de larves qui se prennent pour des caïds. Ils cassent quelques cabines téléphoniques, des vitrines, ils vont racketter les élèves du collège et du lycée. La plupart ne bossent pas ou n'ont pas fini leurs études. De vrais crétins.
- C'est quoi la grosse baleine devant ?
- Il se prend pour leur chef. Il est un peu plus jeune que nous, donc je n'ai jamais eu à faire avec lui, mais Riley a eu des problèmes avec ce mec. Il s'appelle Dudley Dursley, il habite à quelques rues d'ici. »
George et Fred se regardèrent de coin de l'œil. Dudley Dursley… Dudley Dursley… Deux petites ampoules se mirent à clignoter furieusement dans l'esprit des jumeaux.
« George, c'est…
- Le cousin d'Harry. Maintenant, je comprend pour le quartier ne m'était pas inconnu, nous sommes déjà venus.
- Pour chercher Harry avec la voiture volante de papa.
- Exact.
- Si on aller lui adresser nos salutations. »
Andrew voulut les en empêcher. Deux sorciers face à dix voyous qui avaient envoyé plus d'une personne au service des urgences, pouvoirs ou pas, il y allait y avoir de la casse. Il regarda les deux frères s'avancer vers le groupe et échanger quelques paroles qui avaient l'air de faire rire Dudley et par conséquent les caniches qui l'entouraient. Puis le regard de ce « leader d'exception » commença à changer. Alors que ses amis riaient, prenant manifestement Fred et George pour des bouffons, Dudley commençait doucement à virer de couleur, le vert n'étant pas sa couleur d'origine ni de prédilection. De loin, Andrew vit George adresser un clin d'œil à son frère, puis il se tourna vers Dudley et quelques mots à peine passèrent ses lèvres. Le chef de la bande se figea, le visage décomposé, on aurait cru qu'il allait s'évanouir. Il commença à reculer devant les regards curieux de ses amis. Soudain, il tourna les talons et partit en courant, bientôt suivit de ses petits chiens. George et Fred se retenaient à grand peine de s'écrouler de rire à même l'asphalte. Andrew sortit de la haie.
« Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Ce cher Dudley est une vieille connaissance si l'on peut dire, n'est-ce pas Fred ?
- Absolument… C'est le cousin d'un très bon ami.
- Un sorcier ?
- Oui. À vrai dire, Dudley a subi quelques sorts et il s'en souvient très bien.
- Je n'aurais jamais imaginé qu'il ait connaissance de monde magique. Je le connais cet ami ?
- C'est Harry Potter, il est ami avec notre petit frère et nous a permis de monter notre magasin de farces et attrapes. Tu l'as aperçu dans les brumes de l'alcool lorsque que tu as débarqué chez Ron et Draco.
- Je m'en souviens vaguement… Et j'ai entendu un peu parler de lui, il a l'air important pour la communauté sorcière, même si je ne sais pas pourquoi…
- Oh, les pipelettes, je suis toujours là, descendez-moi. »
Trois têtes se levèrent.
« Je l'avais oublié celui-là. Tu n'as qu'à sauter, on sera débarrassés.
- Si je meurs, Andrew te haïra à jamais et plus de partie de jambes en l'air… Mais bon, c'est toi qui vois. »
George se tourna vers Andrew et passa les bras autour de son cou.
« C'est vrai ce que dit cette vermine ?
- Malheureusement pour toi, oui.
- Pff. La vie est parfois vraiment cruelle. Fred, tu peux le faire revenir sur terre.
- Dans quel état ?
- Bon.
- Pas de problème. »
Pendant que Fred rassurait Riley sur l'impossibilité d'une chute ou d'un accrochage avec un arbre quelconque, George et Andrew regroupaient les affaires. Le blond soupira en voyant la quantité de sacs.
« Qu'est-ce que tu vas faire de tout ça ? Ton appartement est minuscule.
- Je ne sais pas encore. Il y a tellement de choses à régler. Il faut que Riley retourne à l'école et je n'ai pas l'argent pour.
- École moldue ou de sorciers ?
- Il veut rester du côté sorcier, il ne veut plus avoir affaire à des gens comme nos parents, ni cacher ses pouvoirs.
- Dans ce cas-là, il n'y a pas de problèmes. Je vais t'arranger tout ça. On va l'inscrire à Poudlard et la rentrée n'étant que dans cinq mois, on va essayer de le remettre à niveau et toi aussi par la même occasion. De plus, j'ai même un endroit pour le loger.
- Où ça ? »
Un sourire sadique éclaira le visage de George.
« Ne t'inquiète pas, c'est un endroit où il sera choyé, bien plus que tu ne peux l'espérer. »
Voilà, certains doivent être frustrés de ne pas avoir de nouvelles de Ron et Draco, mais le prochain chapitre sera centré sur eux, pas exclusivement, mais presque. J'espère que cela vous a plu. Gros bisous à tout le monde. Et à bientôt je vous le promet.
