La nuit tombe sur Champignac en Cambrousse, petit village paisible où rien ne se passe jamais.

La lune est pleine dans le ciel bordé d'étoiles toutes plus scintillantes les unes que les autres et les nuages sont très éparses ce qui permet à la lumière du satellite naturel d'illuminer chaque fenêtre du château du Comte où désormais, à cette heure tardive, tous ses occupants dorment paisiblement.

Dans une chambre, trois jeunes hommes sont paisiblement aux prises avec les bras de Morphée. Dans le premier lit double, Spirou et Fantasio respirent doucement, perdus dans les bras de l'autre. Et dans le lit juste à côté, d'une personne, Zantafio y est calme. La respiration tranquille, allongé sur le dos, la couverture tombant sur ses hanches laissant son torse à découvert que la lune illumine de toute sa blancheur, rendant l'effet quasi irréel mais pourtant bien vrai.

Se rendant à sa propre chambre afin d'aller se coucher à son tour, Le Comte passe devant la porte de celle de ses invités. Voulant s'assurer que tout va bien pour eux, il s'arrête devant et jette un coup d'œil à l'intérieur.

Ce qu'il voit ne peut que lui arrachait ne serait-ce qu'un petit sourire discret quand il remarque la situation sous son nez. Bien qu'endormis profondément, les trois individus étaient dans des positions assez... drôle mais qui rendait la scène mignonne comme le dirait les jeunes filles.

En effet, bien que séparés car dans deux lits différents, les jeunes gens tentent inconsciemment de se rapprocher des autres. Pour être plus précis, déjà à deux dans le grand lit, cela n'empêche pas Fantasio et Spirou – dans leur sommeil – de chacun tendre la main vers le lit où se trouve Zantafio qui lui-même – toujours dans un sommeil profond – leur tend également la seule main qu'il lui reste... comme s'il n'attendait que ça qu'ils la lui prennent pour l'amener avec eux.

Champignac ne peut s'empêcher de sourire doucement en voyant cela, il sait ce que c'est que d'aimer et d'être aimer et il voit bien qu'il se passe quelque chose entre ces jeunes gens. Bien que cela l'étonne encore que ces trois là s'entendent aussi bien après tout ce qu'il s'est passé entre eux... mais à quoi bon ressasser le passé. Visiblement, le cousin de Fantasio avait assez chèrement payé son dû à en juger par le bras qui lui manque et avait tourné la page d'un passé difficile et sûrement douloureux.

Si Spirou et Fantasio lui accorde leur confiance, qui est-il pour lui refuser la sienne ? Le jeune homme était même venu lui présenter ses excuses pour ses actions et comportements passés à son égard alors que rien ne le forcer. Il cherchait simplement à faire table rase du passé afin de se construire un nouvel avenir... avenir qu'il aimerait, apparemment, partagé avec ses deux comparses bien qu'il ne se l'avouera pas.

Sortant discrètement comme il était entré, Le Comte part se coucher... tout en ne pouvant s'empêcher d'élaborer quelques plans divers pour permettre de réunir... discrètement cela va sans dire, les trois jeunes gens. Quelques champignons bien préparés devraient pouvoir faire l'affaire...

-Ah mes chers amis, j'espère que votre nuit aura été bien reposante ?

-Tout à fait Monsieur le Comte, tout à fait. Dit Fantasio en s'installant à table alors que Spirou tire la chaise pour Zantafio avant de s'installer à son tour.

-Elle nous a été très réparatrice également, je dois avouer que la route d'hier a pris son péage sur moi. Avoue le rouquin en se servant de café.

-Et vous Zantafio, votre nuit s'est-elle bien passée ?

-Euh, oui... oui très bien M'sieur L'Comte. Répond ce dernier en soulevant sa tasse pour boire son café.

-Tant mieux alors, je suis content que vous soyez tous trois bien reposé car aujourd'hui, j'ai prévu de passer la journée à vous montrer mon dernier projet.

-La journée ? S'étonne Fantasio.

-Oui mon cher, car il se trouve que ce dernier projet est d'une taille imposante et qu'il va nous falloir du temps pour en faire le tour mais, ne vous en faites pas, je suis sûr que cela devrait vous intéresser.

-Si vous le dites...

-Je le dis et je l'affirme ! Maintenant, restaurez-vous, je m'occupe de préparer notre petite escapade. Dit le Comte en sortant de table après avoir avalé sa dernière lampé de café.

Tous trois le regardent partir avant de se jeter un coup d'oeil.

-Je trouve que Le Comte agit assez... étrangement ce matin non ? Demande Spirou.

-Hmm... meuh non, il est juste bien réveillé, c'est tout. Tu vois le mal partout Spi.

-Si tu le dis Fantasio. Tu en penses quoi Zantafio ?

-Hm ? Euh... je ne sais pas trop, je ne le connais pas assez pour savoir quel est son comportement habituel ou non.

-Ah oui c'est vrai. Je me fais peut-être des idées. Enfin, hâtons-nous tout de même, je ne pense pas que le Comte va nous attendre éternellement.

Sur ce, les trois finissent leur petit déjeuner et s'apprêtent à quitter la table afin d'aller se préparer pour sortir.