Interdiction

C'est un peu étrange, comme sensation, que de poster un chapitre fait de bonheur et d'amour quand on voit ce qui s'est passé hier. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai retardé d'une journée le post de ce chapitre. Hier, j'étais trop énervée pour bien écrire.

Toutes mes pensées vont aux familles des victimes de l'attentat, aux blessés, et aux morts eux-mêmes qui n'ont rien fait d'autre que d'aller s'amuser. Quant aux deux autres enfoirés qui se sont fait sauter au Stade de France, je les méprise pour m'avoir fait craindre le pire à propos de mon père qui était au match.

Et aujourd'hui, je n'ai pas peur d'eux. Juste une colère sourde et du mépris.

Continuez à vivre, Citoyens du Monde. Vous n'avez pas à vous laisser apeurés par des minables dont l'argumentation se résume à défoncer à un texte religieux prônant l'amour et à mitrailler tout ce qui est différent en ce bas-monde.

Ceci étant dit, je reviens à mon chapitre.

Le dernier oui. C'est triste dans un sens, mais ce sera le début d'une autre histoire, que j'espère pouvoir écrire en entier (dur de trouver du temps).

Merci mille fois pour toutes vos reviews. Elles me font énormément plaisir, vous ne pouvez même pas imaginer.

Bonne lecture !

Pays-de-Galle : Carwyn

Ecosse : Allistor

Irlande du Nord : Edwyn

Irlande du Sud : Lisa


Chapitre X :

Francis en était arrivé à un stade de sa vie où il savait qu'il devait prendre des décisions importantes. Ses retrouvailles nocturnes avec Arthur lui avaient fait comprendre à quel point la situation était urgente. Même si son jeune amant avait littéralement fondu de bonheur entre ses bras, Francis était extrêmement inquiet pour lui. Il n'avait pas osé en parler à Arthur pour ne pas gâcher la magie de leur union charnelle – qui fut absolument délicieuse, d'ailleurs – mais Antonio lui avait parlé des gestes obscènes que certains lycéens lui avaient adressés à la sortie de l'école.

Et Francis n'était pas idiot, il avait bien compris qu'une information sur la sexualité d'Arthur avait filée. Par sa faute, surement.

Maintenant qu'il avait repris confiance en lui, Francis se mit à élaborer une stratégie plus audacieuse pour pouvoir profiter de son amant dans des moments où ils auraient besoins de se voir. Jouer le professeur particulier était bien, mais pas assez.

Il fallait viser plus grand, il fallait oser l'obscénité, le doigt d'honneur au directeur coincé du lycée d'Arthur, l'insulte ultime à leur famille, qu'ils n'aient plus rien à dire, qu'ils ne puissent rien faire, voire qu'ils vivent dans une semi-ignorance. Il fallait qu'ils se voient malgré la répulsion que certains pourraient avoir envers leur couple. Il fallait être discret mais efficace.

Et Francis se dit qu'il avait son plan lorsqu'il commença à appeler son père avec un sourire démoniaque.

O*0~.o.~0*O

Lorsque Ludwig reçut Allistor dans son bureau, il comprit rien qu'en voyant sa tête qu'il en avait gros sur le cœur. Déjà, il avait reçu Arthur la veille mais celui-ci était resté très… flou. Bon, il semblerait qu'Arthur n'ait pas été agressé sexuellement à l'école, sinon il n'aurait pas eu cet air aussi rêveur et satisfait. De plus – mais ça, Ludwig n'était pas supposé le savoir (le problème d'un grand frère bavard, c'est qu'il ne ferme jamais sa gueule) –, Francis avait appris une « bonne » nouvelle, si on peut l'exprimer ainsi.

Du coup, un avenir heureux en commun devait leur apparaitre, à ces deux tourtereaux imbéciles. D'après Gilbert, Francis travaillait d'arrache-pied afin d'obtenir la pleine confiance de son père et le respect de ses salariés. Paraitrait que, depuis que monsieur avait rembarré sa mère, l'aîné Bonnefoy avait acquis une nouvelle force, s'imposant comme un jeune homme empli de projets.

A coup sûr, il était en train de préparer quelque chose. Par expérience, Ludwig savait exactement quand un membre du Bad Touch Trio (surnom les suivant depuis le lycée) prévoyait un plan. Ils avaient des mimiques, des comportements qui les trahissais. Et cette montée en compétence de Francis était une preuve formelle, ou Ludwig n'était plus Allemand !

Quoiqu'il en soit, Allistor tirait une tronche mémorable.

La dernière fois qu'il avait eu une sale gueule, c'était quand il avait appris que son frère voyait quelqu'un.

Qu'avait-il bien pu découvrir cette fois-ci ?

« Mon frère s'est fait sauter par son amant dans un parc en pleine nuit ».

Ludwig eut soudainement envie de démissionner.

Allistor raconta sommairement ce qu'il avait vu et fait cette nuit – qui fut mouvementée, osons l'avouer –, passant les détails qu'il n'avait jamais voulu voir (de toute façon, le psy ne voulait rien savoir de la sexualité du meilleur ami de son frère). Ludwig, par son expérience, ne mit pas longtemps à comprendre le déchirement qui s'était opéré en son patient. Allistor se sentait seul de ne plus avoir le pouvoir de contrôler les émotions de son frères. A force de ne vivre qu'à travers leur haine, il en était devenu dépendant. A l'inverse, Arthur cherchait à en sortir, à s'émanciper.

Emanciper.

Ludwig tiqua un instant puis se rendit compte que son patient en avait fini avec sa narration des événements.

« Et Carwyn veut me tirer les vers du nez depuis qu'il a vu Arthur accroché à cette gouttière. Mais quelle vie de merde ! »

Un petit silence s'installa, où tout deux réfléchissaient à la suite des évènements. Sentant que le frère aîné risquait de devenir un problème si on ne lui remettait pas les idées en place, Ludwig se permit d'intervenir en faveur d'Arthur.

« Ecoutez-moi, monsieur Kirkland, je pense qu'il est temps de tirer cette histoire au clair, même si ça ne vous fera pas plaisir. Votre frère se fiche pas mal de ce que vous pensez de lui ou de ce que vous faites. C'est un fait que vous ne changerez pas, quoique vous fassiez. Il est temps de vous dégager de cette prison de rancœur que vous vous êtes créé. A force de haïr, vous ne vivez plus, vous êtes rongé. Et ce qui vous torture en ce moment, ce n'est pas tant de perdre la force et la pression que vous exerciez sur lui, c'est de perdre une chance de pardon parce que votre frère vous quitte.

_ Non, je… !

_ Laissez-moi finir. En principe, je ne suis pas aussi catégorique, mais la situation l'exige : excusez-vous, laissez-lui du temps et il reviendra vers vous. C'est le seul moyen existant pour vous empêcher de vous détruire et vous permettre de rester dans son cercle intime. Et si demander pardon vous semble insurmontable, essayez au moins de vous faire à l'idée que, de toute façon, Arthur ne sera plus jamais votre victime. Vous êtes adulte et vous avez un courage que même votre propre père n'a pas. Si depuis des années vous revendiquez votre haine pour votre cadet, rassurez-vous au moins de savoir que vous êtes le seul dans votre famille à dire les choses en face.

_ Carwyn veut se faire pardonner ! Pas moi !

_ Bien sûr que si, vous voulez qu'il vous pardonne. Votre humanité est plus forte que votre bêtise. Vous savez pertinemment qu'Arthur n'est en rien responsable de la mort de votre mère. Vous culpabilisez de vos agissements.

_ Non ! Je ne regrette rien !

_ Vous ne haïssez plus Arthur. Vous avez changé.

_ C'est pas vrai !

_ Et c'est pour ça que voir votre frère vous être indifférent est une torture. Parce que vous aimeriez qu'il voie que vous avez changé. Vous voudriez qu'il change aussi. Mais vous êtes trop fier pour l'avouer ».

Avec une personnalité comme Allistor, mieux valait le mettre face à la vérité, au risque de le brusquer un peu. Il se remettrait en question et, avec un peu de chance, demanderait pardon à Arthur avant que celui-ci ne « disparaisse » purement et simplement. D'ailleurs, Ludwig allait devoir passer un coup de fil à Francis avant que ce dernier ne fasse n'importe quoi.

Sauf que Francis n'était pas supposé savoir qu'il était le psy de son amant. Et qu'Arthur lui disait tout. Ça le ferait moyens, niveau ambiance, dans les soirées pizzas de son frère.

Quoiqu'après tout, c'était de la faute de Francis. Il n'avait qu'à pas se taper un adolescent dans un lieu public et causer autant de bazar !

Furieux mais troublé, Allistor avait coupé court à la discussion et s'en était allé, mains dans les poches, le nez plissé et les sourcils froncés. Mais Ludwig ne se faisait pas de soucis. Comme il l'avait dit : l'humanité de ce jeune homme était plus poussée que sa bêtise. Tout ce qu'il fallait, c'était attendre.

Il reçut ensuite Carwyn, qui semblait particulièrement détendu, comme d'habitude, et qui s'assit devant lui avec un air plutôt neutre. Du coup, le psy ne sut pas trop dans quel état d'esprit il était, ni quoi lui dire pour éviter de le mettre de mauvaise humeur. Avec ce jeune homme, on ne savait jamais vraiment quelle attitude adopter.

« Je sais tout », lui avait-il dit.

Ludwig se retint de passer une main nerveuse sur son visage. Non mais de quoi parlait-il encore ?

« Pardon ? Qu'est-ce que vous savez, au juste ? demanda le psy.

_ J'ai fait des recherches depuis hier. Une sacré nuit blanche mais ô combien instructive. Je me suis toujours demandé pourquoi Arthur avait mis le 14 juillet en code PIN de son téléphone. Mais quand il est rentré de sa fugue nocturne et que j'ai vu Allistor s'intéresser de près à ce mystérieux Francis Bonnefoy, bizarrement né un 14 juillet, il ne m'a pas fallu longtemps pour faire le lien ».

Avec son sourire fier, Carwyn avait quelque chose d'inquiétant. Surtout, on ne savait pas ce qu'il comptait faire de sa découverte, surtout avec un air si menaçant. Ludwig avait l'impression de se faire engueuler, sans vraiment savoir d'où lui venait ce sentiment. Il n'était officiellement que le psychiatre. Personne ne savait à quel point il était impliqué dans l'histoire.

« Le fameux Francis en a fait de belles dans ses années de lycée, continua le britannique en sortant quelques documents de son sac comme s'il était inspecteur de police. De très beaux projets scolaires qui ont fait parler d'eux.

_ Euh… Sans doute…

_ Surtout ce concert organisé par leur école et dont l'argent récolté a été envoyé à une association humanitaire. Magnifique projet que lui et ses amis ont eu.

_ Oui, sans doute…, acquiesça Ludwig tout en se remémorant les longues soirées où son frère lui parlait de ce génialissime projet qu'il organisait avec ses deux meilleurs amis ».

Le psy tiqua.

Non…

« Francis Bonnefoy, Antonio Fernandez Carriedo et… Gilbert Beilschmidt ».

Ludwig allait tuer son frère.

Mais d'abord, il allait falloir percer Carwyn à jour et se sortir de ce merdier.

« Bon, d'accord. Mon frère aîné a fait ce projet avec Bonnefoy. Et alors ? tenta-t-il. Qu'est-ce que ça a à voir avec moi ? Je n'ai rien à en dire.

_ Ce qui m'énerve, c'est que vous étiez au courant de tout depuis longtemps.

_ Je ne peux rien faire, Kirkland. C'est la loi.

_ Je me sens insulté d'avoir parlé de mes états-d'âme à quelqu'un qui connaissait déjà les enjeux de l'histoire.

_ J'étais sous secret professionnel. De toute façon, vous ne devez pas me considérer comme un acteur de votre problème.

_ Vous agissez forcément sur le problème. Parce que vous côtoyer Bonnefoy.

_ Pas tant que ça, croyez-moi. Je vois plus votre père que lui, c'est pour vous dire. Surtout en ce moment, il a des occupations qui l'occupent bien assez.

_ Alors qu'est-ce qu'on va faire pour sauver mon petit frère ?

_ Vous parlez comme si j'avais le pouvoir de faire quoi que ce soit.

_ Vous l'avez, ce pouvoir.

_ Pardon ?

_ Vous pouvez faire quelque chose. N'avez-vous pas vous-même dit que vous voyez mon mère plus souvent que Bonnefoy ?

_ Et alors ? Je ne peux pas donner d'ordres à mes patients, même dans l'intérêt des autres. De toute façon, je serais tout de suite repérer.

_ J'en doute, voyez-vous. Depuis quelques temps, mon père est brisé, tant par son travail que par notre vie de famille. Il est vulnérable. Si on veut décamper cette situation, il faut agir maintenant et efficacement. Et qui mieux que vous peut influencer mon père ? ».

Ludwig n'en revenait. Carwyn était venu jusqu'ici pour lui demander de manipuler son père en faveur d'Arthur. Aussi fraternel puisse être cet acte, c'était aussi incroyablement stupide. Jouer avec les règles n'apportait jamais rien de bon. Surtout pas dans sa profession.

Cependant, il écouta parler Carwyn jusqu'au bout, histoire de voir quel plan ce diablotin avait prévu pour torturer les méninges de son paternel.

Le plus étonnant fut que c'était un plan foireux mais loin d'être stupide.

Les Kirkland étaient de vrais diablotins.

O*0~.o.~0*O

Arthur était en train de réviser pour son contrôle de géographie avec Bella lorsque le directeur lui demanda de le suivre sur le champ, demandant à la jeune fille d'excuser son ami auprès du professeur. Le jeune délégué crut d'abord qu'il allait encore subir des remontrances mais son directeur semblait avoir adopté une attitude très sérieuse.

Ils arrivèrent très vite dans la salle des professeurs où les tables avaient été arrangées de telle façon qu'on pressentait qu'une importante réunion devait avoir lieu. Tous assis en cercle, crayon en main, le corps enseignant attendait, jetant un regard à demi-curieux sur les nouveaux arrivants.

Okay, là, s'il ne se passait pas un truc décisif pour l'avenir de l'école, Arthur ne s'appelait plus Arthur. Mais quel genre d'événement pouvait justifier la réunion entre les enseignants, le directeur et le délégué des élèves ?

On l'invita à s'asseoir, dans une sorte de silence de concentration, avant que le directeur ne commence à parler, seul être encore debout dans toute la pièce.

« Bien ! Les personnes les plus importantes de cette école étant présent, je vais pouvoir vous annoncer une surprenante nouvelle qui va fortement modifier notre instruction. Voyez-vous, notre établissement a reçu une demande de partenariat, dans le cadre d'un projet national visant à développer l'appétence intellectuelle des jeunes ».

Les professeurs se regardèrent entre eux, pas certains de savoir quoi faire ou dire face à ce genre de nouveauté. En fait, ils ne voyaient pas encore ce qui allait changer, mais ils se turent pour laisser leur patron finir son discours.

« Deux heures par semaines, un employé du domaine littéraire viendra voir les élèves de chaque classe pour parler de littérature, proposer des œuvres et venter leurs mérites. Notre partenaire a même tenu à faire des dons à la bibliothèque pour que nos étudiants puissent avoir continuellement accès à… disons… une riche documentation. Si le projet fonctionne, il sera proposé dans d'autres écoles. C'est une aubaine pour le milieu intellectuel et le meilleur moyen de montrer une bonne image de notre lycée ».

A partir de cette dernière phrase, les professeurs comprirent que, ce qu'on attendait d'eux, c'était de véhiculer une bonne ambiance et de mobiliser les élèves. Il y avait un sérieux enjeu pour le directeur : une publicité en or.

« Arthur Kirkland, en tant que délégué des élèves, a été demandé par l'entreprise partenaire pour faire le lien entre eux et les classes. Et ne me regardez pas comme ça, Kirkland, je n'y suis pour rien ! C'est eux qui vous ont jugés à même de remplir cette fonction. Quoiqu'il en soit, vous aurez une réunion de deux heures, toutes les semaines, sauf exceptions indépendante de ma volonté, avec un de nos partenaires pour planifier les rencontres et évènements.

_ Excusez-moi, monsieur…, interrogea une des enseignantes, mais quelle est le nom de l'entreprise nous proposant ce partenariat ?

_ La maison d'édition Vergas ».

Arthur arrêta d'écrire, les sourcils froncés. Il était sûr d'avoir entendu quelque chose de… bizarre… Ou alors, il avait mal entendu… Non, c'était impossible que… puis pourquoi ?

« Et figurez-vous, poursuivit le directeur sans remarquer l'interrogation silencieuse du délégué, que le futur directeur en personne sera le fameux membre qui fera des interventions en classe. Comme il est sur le point de succéder à son père, il tient à mener son premier gros projet en tant que nouveau patron. Il est fort probable que les médias en parlent, rien que pour le côté altruiste de cette proposition. Après tout, c'est un sacré investissement, même si on ne sait pas trop d'où lui est venue cette idée. Enfin bref, plutôt que moi, je le laisserais se présenter personnellement lorsqu'il sera là ».

Pour la seconde fois, Arthur ne bougea plus, trop ébahit par ce qu'il était en train d'entendre.

« Quand il sera là ? parvint-il à murmurer.

_ Oui, nous avons rendez-vous dans cinq minutes ici-même pour que vous fassiez tous sa connaissance. Et surtout vous, Kirkland, puisque vous allez passer deux heures par semaine avec lui pour travailler ».

Aucun mot ne pouvait traduire le choc d'Arthur. C'était à n'y rien comprendre et, malgré le fait que son cerveau carburait à plein régime, il n'arrivait pas à penser efficacement. Et il ne comprenait pas ce qui avait pris à Francis pour proposer pareille idée.

Ce n'était tout de même pas juste pour le voir, lui ?

Non, Francis n'allait pas investir une grosse somme dans un projet sans bénéfice financier, avec l'avenir de plusieurs employés dont il avait la charge, juste pour voir son amant deux heures par semaine. C'était… impensable. Quel genre de tordu ferait ça ?

Un amoureux transi, lui chuchotait une petite voix dans sa tête mais, devant son début de rougeurs aux joues, il préféra l'ignorer et prendre des notes inutiles jusqu'à ce que trois coups francs ne se fassent entendre, en rythme avec les battements de cœur du délégué qui en perdit son stylo de surprise.

L'instant d'après, d'une démarche souple et élégante, Francis Bonnefoy, paré d'un costume impeccable, proprement coiffé, fit son entrée dans la salle, faisant rougir les célibataires et les femmes mariées et soupirer Arthur qui le camoufla derrière un faux bâillement.

Ils se regardèrent dans les yeux si intensément que le délégué se détourna pour ne pas littéralement mourir de bonheur. Ça ne le ferait pas trop. Surtout devant le corps enseignant. Et son directeur qui ne l'aimait déjà pas.

Mais merde, Francis s'était parfumé aux phéromones ou quoi ?!

De son allure cordiale, avec toutes les plus nobles formules de politesses qui existent en ce monde, le bel héritier se présenta aux adultes, accentuant son côté charmant pour rentrer immédiatement dans leurs bonnes grâces. Cela fait, il alla se planter devant Arthur, un sourire infiniment doux et chaleureux plaqué aux lèvres, tant et si bien qu'Arthur resta bloqué sur ce visage qu'il aurait voulu embrasser sans gêne devant tous.

« Je suppose que tu es le fameux délégué des élèves, commença l'adulte. C'est un réel… plaisir que de te rencontrer. J'ai eu de bons échos sur ton travail et je dois avouer que je… bous d'impatience à l'idée de travailler avec toi… »

Si Francis ne venait pas de lui faire du charme par des expressions tendancieuses à double-sens, Arthur ne s'appelait définitivement plus Arthur.

« Tout le plaisir est pour moi, répondit-il cependant avec un léger sourire espiègle. Pour ma part, je n'ai jamais entendu parler de vous ».

La réplique claqua si brusquement qu'à part Francis, tout le monde fut choqué de ce manque de tact qui, ne savait-on jamais, allait peut-être mettre leur partenaire dans de mauvaises dispositions. Cependant, Francis avait compris qu'Arthur était rentré dans son petit jeu en lui offrant de la résistance.

« Tant mieux, nous allons pouvoir faire plus ample connaissance. Monsieur votre directeur m'a promis que vous me feriez visiter les lieux, et principalement la salle des délégués où nous travaillerons souvent ainsi que la bibliothèque ».

Arthur fit l'effort de passer outre le fait que le vieux coincé avait encore essayé de le baiser en lui foutant du travail supplémentaire. Pour une fois, ça serait bénéfique.

Avec son habituel sourire cordial, Francis demanda au jeune délégué de lui faire visiter, prétextant une « forte curiosité » et un une enthousiaste « envie de revoir les locaux d'un lycée » parce que « ça faisait longtemps » qu'il disait. Arthur le traita vaguement de vieux, sans que les autres d'adultes n'entendent, puis lui demanda de le suivre hors de la salle.

« J'espère que tu vas m'expliquer ton petit manège, avertit le plus jeune alors qu'ils marchaient dans les couloirs vides de l'école.

_ Quel petit manège ? Je suis en plein projet professionnel, mon amour. Une entreprise qui s'associe à un établissement scolaire se fait forcément de la pub, surtout avec le départ imminent de mon père, il y a fort à parier que le milieu littéraire va réagir, en bien comme en mal. Bien sûr… le fait de t'avoir pour moi seul deux heures par semaines est un bonus que je saurais apprécier.

_ T'es tordu, Francis.

_ Ose me dire que ça ne te plait pas.

_ Et ton père a accepté cette idée aussi vite ? demanda le jeunot pour ne pas avoir à répondre à la question.

_ D'abord, il a été sceptique, puis il m'a dit que puisque c'était en passe de devenir mon entreprise, c'était à moi de juger ce qui était bon ou pas. En tout cas, l'Education Nationale m'a déjà envoyé un mail de félicitation pour mon altruisme ».

Ils arrivèrent dans la salle des délégués où Francis entra le premier, très curieux de voir dans quel milieu son fiancé travaillait tout ce temps.

Arthur jeta un dernier coup d'œil dans le couloir par acquis de conscience et ferma leur dernier accès. Lorsqu'il se retourna pour parler à l'adulte, ses lèvres furent prises d'assaut, le plaquant contre la porte. Par réflexe, il porta ses bras autour du cou de son assaillant et ouvrit la bouche, débutant la danse érotique de leurs langues.

Arthur aurait aimé lui dire « pas ici », pas dans une école catholique de balais dans le cul où les rumeurs l'assiégeaient, mais faire pareil crasse à une institution qui le haïssait lui donna un plaisir sadique, et ce fut donc avec une joie odieuse qu'il laissa Francis le soulever par les cuisses pour le prendre à même le mur.

Retenant ses cris d'extase, le délégué se jeta avidement sur ses lèvres, infiniment heureux que leur couple soit sauvé par cette initiative. Deux heures par semaine en pleine journée, c'était toujours mieux qu'une fois de temps en temps, à l'arrache dans un parc à une heure du matin.

C'était une petite victoire, mais une victoire tout de même.

O*0~.o.~0*O

La salle paraissait sombre, un peu déprimante. Il y avait quelque chose dans l'air d'inquiétant. Ou bien ce n'étaient que les pensées noires et déprimantes d'un père usé et impuissant. En tout cas, le père Kirkland était là, devant le bureau de son psychiatre qui, beaucoup plus menaçant que d'habitude, lisait un rapport devant lui pour le faire patienter. C'était stressant, mais le patient ne pouvait plus se séparer de l'oreille attentive de cet homme, il avait besoin d'être écouté, et ce même si le docteur Beilschmidt l'intimidait par sa carrure et son allure secrète.

« Bien, merci de votre patience, monsieur Kirkland. Je suis à vous.

_ … Eh bien… Je ne sais toujours pas quoi faire vis-à-vis d'Arthur… Ça ne va pas du tout…. Il me cache des choses et j'ai beau le menacer, il ne laisse rien passer. Cet enfant est encore plus imperméable que sa mère… Je ne savais même pas que c'était possible. Je ne vois pas comment lui faire entendre raison !

_ Lui faire entendre raison sur quoi ? provoqua le psy.

_ Et bien… ! Sur… Sur ses agissements ! Sur ses… relations !

_ Vous pensez que ce sont ses relations avec cet homme inconnu qui lui portent préjudice ?

_ Bien sûr ! Quoi d'autre ?!

_ Et vous ?

_ Pardon ? Comment ça « et moi » ?

_ Vous ne lui portez pas préjudice, peut-être ? »

Le père Kirkland écarquilla les yeux puis sembla se sentir très mal à l'aise, son visage venait de perdre quelques tontes de couleur. Son regard tremblant n'osa pas rencontrer celui de son vis-à-vis, préférant plutôt se glisser sur le sol. Il semblait même transpirer un peu.

« C'est lui qui vous a dit ça… ?

_ Non, c'est moi qui vous pose la question, monsieur Kirkland. Etant extérieur à la situation, je ne suis pas le plus à même de vous juger, mais il me semblait plutôt que le problème de votre fils, c'était sa mésentente avec ses frères. Il n'a jamais été question d'un amour malheureux qui lui ferait tourner la tête. Et les rares fois où nous parlons de ça, votre fils semble totalement détendu et heureux. Alors désolé de briser votre théorie, mais ce n'est pas cet homme qui rend Arthur malheureux… C'est vous ».

Avec un tressautement incontrôlé, le père Kirkland releva la tête, choqué, pour chercher si ce qu'il entendait n'était pas le fruit de son imagination. Mais le regard dur et sérieux du psy lui fit ravaler précipitamment sa salive, avec laquelle il manqua de s'étouffer.

« Moi ?! reprit-il ensuite, les yeux cernés de tristesse. Mais vous avez dit que c'était sa relation avec ses frères qui…

_ Vous êtes aveugle ou bien ?

_ P-Pardon ?

_ Vos fils sont en train d'enterrer la hache de guerre à petits pas et vous êtes le seul à ne rien remarquer. Le dernier rempart au bonheur d'Arthur, c'est vous. Vous êtes la seule personne qui l'empêche de sortir, de respirer et d'être heureux. Vous l'enfermez comme un condamné à mort et lui avez retiré son seul soutient moral : son petit-ami. Si vous voulez que votre fils aille mieux, vous allez devoir faire des efforts, aussi dur cela puisse-t-il paraitre.

_ M-Mais…

_ Et si vos fils se sont auto-persuadés qu'Arthur était le meurtrier de leur mère, c'est aussi parce que vous n'avez pas su leur retirer cette idée de la tête. C'était votre rôle que de leur faire comprendre qu'ils se fourvoyaient. Vous auriez dû les prendre à part dès leur plus juene âge pour leur faire comprendre que c'était un accident et qu'Arthur était innocent ».

Ludwig était intérieurement très mal à l'aise. C'était la première fois qu'il manipulait l'esprit d'un de ses patients. Il avait la détestable impression d'utiliser sa faiblesse contre lui-même, et il comprenait soudainement comment des êtres aussi minables que des terroristes arrivaient à laver le cerveau d'innocents. Il avait la sensation d'être le même genre d'ordure qu'eux, sauf qu'au lieu de convaincre son patient de se faire poser une bombe sur la poitrine, il essayait juste de le convaincre de laisser vivre son fils. C'était déjà plus noble.

Plus jamais il ne recommencerait ça.

« Mais… Mais que dois-je faire ?! implora le père. Je suis perdu ! Qu'est-ce que je… ?!

_ Chuuuut… Calmez-vous, je vous en prie. J'ai bien une solution qui vous arrangerait et qui est tout à fait légale. Puis elle laissera le temps à votre fils de vous pardonnez, vous et ses frères. Il faudra juste un peu de temps ?

_ Et… quelle est-elle, cette solution miracle ?

_ L'émancipation ».

O*0~.o.~0*O

C'était la situation la plus abracadabrantesque que Francis ait jamais vécu.

Quelques jours après ses retrouvailles passionnées dans la salle des délégués avec son jeune fiancé, celui-ci l'avait contacté avec un certain empressement dans la voix, lui expliquant que son père avait convoqué toute la fratrie pour leur annoncer qu'Arthur allait quitter la maison.

Ce n'était pas qu'il était mis à la porte, mais plutôt que son père avait soudainement jugé bon de le laisser vivre loin de toute frustration. Il était question de lui louer un appartement, sauf si « une âme charitable » acceptait de l'héberger. Il ne fallut pas longtemps à Francis pour comprendre ce qu'Arthur attendait de lui.

« Putain ».

Il avait dit ça parce que c'était le moment idéal.

Il s'était plus ou moins débarrassé de sa mère, il commençait à s'installer pleinement dans la vie active, il avait sa propre maison… il avait tout. C'était le moment idéal… Tellement que c'en était suspect.

Mais ne pensant à rien d'autre qu'à son bonheur, il avait tout de suite accepté d'héberger son fiancé.

Mais bien sûr, il allait devoir l'aider à amener ses affaires. Il allait donc devoir aller le chercher chez lui.

Chez lui.

Genre, devant sa famille.

Ce qui nous amène à cette délicieuse journée de printemps.

Francis venait de descendre de sa voiture (empruntée à Lovino, précisons-le) et faisait face à une scène assez cocasse.

Bien que l'idée de l'émancipation vienne du père – semblait-il –, il ne semblait que moyennement convaincu par cette conclusion. Avec un air très sceptique, son regard faisait des va-et-vient entre son fils et ce qu'il supposait être son amant mystérieux. Impossible de savoir à quoi il pensait. Mais il avait déjà signé les papiers et, avec l'accord d'un membre d'une association bizarre qui avait dû en toucher deux mots à Ludwig juste avant, Arthur pouvait désormais s'en aller librement.

Mais son père avait tout de même demandé à ce qu'il lui donne régulièrement de ses nouvelles, au moins pour la rassurer, ce qui était complètement compréhensible.

Francis assistait donc à la scène d'au revoir avec la légère sensation d'être un peu de trop. Pour ne pas s'incruster, il restait accoudé à la voiture, très heureux d'avoir réussi à la conduire sans accident, et attendait avec un air doux sur le visage.

Le père Kirkland serra son fils dans ses bras. Et même si cela allait être dur au début, il présentait que les choses s'arrangeraient. Arthur avait la rancune tenace mais cet acte de confiance devait avoir eu un impact sur lui. Comme l'avait dit le docteur Beilschmidt, il y avait une chance de pardon.

Les jumeaux rougirent lorsqu'Arthur alla devant eux pour leur dire au revoir.

Eux n'avaient rien fait dans cette histoire mais ne pouvait que lui souhaiter le meilleur. Ils restaient frères et sœurs. Lisa posa donc ses lèvres sur sa tempe, mais les retira rapidement après, comme s'il ne s'était rien passé. Elle était assez orgueilleuse, comme tous Kirkland qui se respecte, et se contenta de regarder ailleurs en croisant les bras, les joues cependant toutes chaudes.

Quant à Edwyn, il lui serra la main doucement puis soupira en un sourire tranquille, pas déçu que cette histoire finisse bien. Les conséquences auraient pu être graves, autrement.

Puis vint le tour de Carwyn, qui prit Arthur à part en l'éloignant des autres, ce qui étonna à peu près tout le monde.

« Bon, écoute-moi bien, petite tête de mule. Tu vas trouver ça con mais… bon… enfin… ça va faire un vide quoi… Et puis… euh… Ouais bah… Prend soin de toi, quoi… Même si l'autre grande perche de Bonnefoy va sûrement le faire à ta place.

_ Tu essayes de te faire pardonner, Carwyn ? demanda suspicieusement Arthur en croisant les bras. Voilà qui m'étonne de toi.

_ Ouais bah, crois-moi, je suis pas le seul à être gêné. On s'est tous rendu compte qu'on avait merdé avec toi. Et même si on ne te le dit pas clairement, parce que tu connais la famille et notre malédiction de la mauvaise foi, on est… désolé… Ouais… T'es mon frère malgré tout. Alors si un jour t'as besoin… Bah… Je sais garder un secret, quoi.

_ Toi ? Tu sais garder un secret ?

_ Il y a tant de choses que tu ignores, Arthur. Tant de choses~ ! »

Avec cette mystérieuse dernière réplique, Carwyn retourna vers le reste de sa famille puis jeta un regard inquisiteur à Allistor, qui fumait un cigare en regardant ailleurs, se croyant peut-être discret.

Carwyn se glissa derrière lui et le poussa vers Arthur.

« Putain, Carwyn, merde !

_ Te fais pas désirer, Al. Va lui parler avant qu'il ne soit trop tard ».

Arthur haussa un sourcil, toujours à l'écart, puis observa avec suspicion son frère aîné se diriger vers lui avec un air gêné. Allistor avec un air gêné ? C'était la fin du monde, peut-être ?

« Bon écoute, microbe… Ok, j'ai fait le con. Ok, j'ai été un enfoiré. Ok, t'as pas tué maman, façon c'était con d'imaginer qu'un truc aussi petit que toi pouvait venir à bout d'une femme aussi forte. Ok, tu m'en veux et ça me fait chier parce que je suis plus comme ça. Mais… bref… Je suis désolé… un peu… »

Un peu parce que la malédiction des Kirkland était trop forte pour eux.

« Puis bon, bref… Si ça te plait de vivre avec ce fils à papa, c'est comme tu veux. Mais fait gaffe, il a tête bizarre.

_ Al…

_ Ouais bah quoi ? C'est sa faute !

_ Thank you.

_ Ah, mais arrête de me… Hein ?

_ 'Thank you' j'ai dit, espèce de crétin à moitié sourd.

_ Si je te dis que je t'emmerde, tu fais quoi ?

_ Je te réponds que tu as entièrement raison.

_ Ouais, c'est ça. Sal petit hamster, va.

_ Et toi, tu vas crever à force de fumer ces merdes.

_ C'est mon problème.

_ Eh bah dans ce cas, je m'en vais. A plus, imbécile ».

Avant qu'il ne s'en aille, Arthur reçu une pression sur la tête qu'il n'identifia pas. Clignant des yeux et faisant face au regard franchement choqué de son père, il comprit qu'Allistor était en train de lui frotter la tête.

De lui frotter la tête ?

« J'ai hâte de te revoir, sale gosse. Juste pour qu'on puisse de nouveau se foutre sur la gueule ».

Puis Allistor s'était détourné pour aller s'asseoir sur le perron de leur maison, lançant un regard sceptique à Francis qui lui répondit par un grand sourire complaisant et un tirage de langue peu mature.

Le frère aîné des Kirkland se fit la réflexion que les repas de Noël allaient dorénavant être absolument hilarants. Et qu'il allait un jour cogner ce voleur de petit frère.

Un jour.

O*0~.o.~0*O

Francis gara la voiture dans un angle bizarre.

« Tu as eu ton permis ? demanda Arthur.

_ Non, pourquoi ?

_ … C'est bien ce qui me semblait.

_ Bah j'ai pas eu le temps depuis que j'ai commencé mes études. Et comme mon boulot et sur une ligne de Metro qui passe pas loin d'ici, je m'en suis toujours sorti.

_ Oui mais, en attendant, la personne à qui tu as emprunté cette voiture ne va pas être contente lorsqu'elle va voir les rayures sur la portière.

_ Lovino ne le saura jamais, j'ai déjà appelé un garagiste.

_ Quand ?

_ Avant de venir te chercher, mon amour !

_ Euh… Tu avais déjà prévu de la bousiller ?

_ Allons, je me connais un minimum. Bien sûr que j'avais prévu le coup ! »

Ebahit, Arthur quitta son siège, suivit de près par son fiancé. Ensembles, ils déchargèrent la voiture et rangèrent les bagages dans le salon, un peu n'importe où, alors que le chiot était déjà sur eux pour les saluer.

Libre.

Arthur était libre.

Ça lui faisait un bien fou.

« Tu penses que ça ira avec tes frères ? Vous m'avez semblé… bien plus proches, aujourd'hui.

_ Qui sait ? Peut-être qu'avec le temps, ça ira mieux.

_ Menteur, tu leur as déjà pardonné.

_ Non ! C'est faux !

_ Si, c'est vrai~ !

_ Tsss ! Idiot ! »

Francis lui tira le bras pour le coller à lui, puis déposa une série de baiser sur son cou.

« Et dire que je vais t'avoir rien que pour moi, c'est un rêve éveillé.

_ Tes parents ne risquent pas de trouver ça bizarre ?

_ Quoi donc ?

_ Que tu héberge un ado sorti de nulle part ?

_ De quoi parles-tu ? Quel ado ?

_ Bah… moi ?

_ De quoi tu parles ? Allons, Arthur. Il n'y a « aucun » ado chez moi. Je vis seul avec un petit chiot et mes frères à deux pâtés de maison. C'est tout.

_ … Tu… tu ne leur as rien dit ?

_ Ils sont à la retraite, laissons-les tranquille~ ! »

Donc concrètement, rien n'était censé les faire chier dans leur nouvelle vie de couple.

Un petit désir se mit à naître dans les reins d'Arthur et il s'accrocha à la chemise de Francis avec un regard langoureux.

« Monsieur Kirkland souhaiterait-il fêter ses dix-huit ans en avance~ ?

_ Tais-toi et baise-moi ».

Là, c'était clair. Arthur était à point et allait être exaucé. Nuit de noce en avance.

De toute façon, dans leur histoire, tout avait été précoce. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

Dans leur étreinte adoucie d'amour, ils glissèrent sur le parquet, s'embrassant d'un même élan, les bras emmêlés dans le dos de l'autre. Ils se goutèrent, s'apprécièrent avec passion, arrêtant le temps pour la journée, pour profiter de la tendresse d'une vie de couple et de la présence de l'autre.

Et lorsqu'ils s'unirent, les seuls mots qu'ils purent prononcer furent de fougueux « je t'aime ». Et cet amour, ils le chériraient jusqu'au bout.


Merci d'avoir tenu jusqu'au bout et suivi cette fiction (quel que soit le pays dont vous venez).

N'oublions pas que la fin de quelque chose est le début d'une autre ! D

Je vous embrasse fort ! Fort ! Fort !

Et vous dis à bientôt !

Biz' !