Réponses aux reviews !

Salut Alexielos ! Mwahahaha, je suis un génie du mal, j'empêche les gens de bosser et je leur donner des cheveux blancs avec le stress, je saiiiis... Sinon, pour les Réfractaires, oui c'est pas impossible que Star Wars m'ai influencé ! Mais après tout, c'est un classique. Plusieurs méchants sont apparus dans la fic sans être révélés, d'ailleurs... x)

Hey Plume Black ! En plein milieu du repas, très discret x) Mais oui, c'est bien, insulte Faust, ça lui fera siffler les oreilles =D Si ça peut te soulager... XD Ah, décidément Aenor a du succès. Elle est cool, c'est vrai. Mais je garde le mystère sur avec qui elle va finir...

Iphitos : na na na na nère !

Hello petitcoeurfragile x) Oui, je suis sadique, à fond, et j'aime ça xD C'ets vrai quoi, où est le plaisir si je ne peux pas faire hurler mes lecteurs ? MWAHAHAHAHAHA !

Thanks Aomine, tu es la première commentatrice à ne pas me hurler dessus x) Ca change ! Enfi bref, oui, ça va chier des bulles pour Faust. Je demande une minute de silence...

Salut Agathe (et son grand hurlement) xD L'histoire du pigeon t'a plus ? Pour l'anecdote, Aenor est fan de piafs. Et du coup elle s'amuse à perturber les gens avec ses histoires de pigeons. Quand au chapitre 11 (c'est devenu une star, ce chap' ! xD), baaaaaah... Tu verras bien ! Il y aura des trucs fun mais c'est surtout une prouesse d'organisation pour les Rôdeurs...

Hey Hiyoru x) Le truc que l'Ankou a fait, c'est de la magie accidentelle, purement et simplement. Alva va en parler (ou Alyssa ? Sais plus...). En tout cas, et contrairement à ce que tout le monde semble penser, la tentative de meurtre de Faust ne va pas soulever une vive indignation. Déjà parce que les sorciers sont complètement INCONSCIENT, ils ne considèrent jamais les risques. Et ensuite, bah Sirius Black a essayer de tuer de sang-froid Rogue parce qu'il le trouvait moche, alors si Faust fait une blagounette de rien du tout à un Serpentard qui l'a provoqué, on ne va pas en faire un fromage... /ironie/

Oh mon dieu Louve, le pavé que tu m'a écris x) Oui Faust est con, mais eh, comme la plupart des Nés-Moldus, il ne mesure pas la force de ses sorts ni le danger de ses actes. Pas que je l'excuse, c'est juste qu'il a des raisons. Enfin bref ! Pour Carrie par contre, il n'a pas d'excuse, mis à part son ego. Il n'a jamais rencontré une victime qui se défendait. Carrie ne se défend pas. Il est persuadé que ça ne va rien changer. Et puis, si l'Ankou lui saute dessus, il comptait pas mal sur sa bande pour lui prêter main forte... XD

Hey Keloush ! Yep, je suis complètement sadique. Mais j'assume x) Merci et continue à t'accrocher !

Salut AccioDragibus ! Mwahahaha, oui, Pierre Bottero est ma religion, je l'ai découvert vers 12 ans et il a complètement changé ma façon d'écrire, de lire, de rêver... Ca a été une révélation sans doute aussi forte que celle d'Harry Potter, mais beaucoup plus intense ! Si ça te tente je suis sur un forum de RPG tout récent ayant pour thème Gwendalavir quelques siècles plus tard. C'est "EwilanRPG", sans espace, et j'y suis Dana Tahlir x)

Eh oui Miny M, je suis complètement sadique xD Bon, sinon ce commentaire sur Flora m'a fait hurler de rire, Flora c'est une petite blonde gosse de riche qu'on pense assez superficielle, mais eh, c'est pas une Serpentard pour rien après tout xD Et oui si ça avait été Scorpius la victime, ça aurait saigné grave... Bon, ça mis à part oui Harry Potter a subi un lavage de cerveau et j'adore le faire remarquer aux gens, d'ailleurs as-tu lu "les Cicatrices du Temps" ? Tu devrais x)

Salut Lily Romane Fowl ! Wow, quel pavé tu m'a sfait là x) Oui, la famille de l'Ankou est tarée, mais eh, qu'est-ce que j'y peux, c'est Alva quand même ! xD Si tu veux ne savoir plus sur elle, lit "le Parfum des Arums"... 'fin bref. Oui, je suis fan de Sherlock. Et Benedict est meugon (même si je préfère Zachary Quinto, mwahahahaha, et ses SOURCILS de la mort qui TUE), j'admet ! xD Enfin bref, merci, et tiens bon, la suite arrive !

Hey Folite ! J'y peux rien pour la fin, il fallait bien que j'écrive du sérieux au bout d'un moment x)

Salut Iris ! Comment ça les Poufsouffles sont mal représentés ? Et Chiara, alors ? Et Marcus ? Et Cyrius ? Statistiquement, ce sont les Serdaigles qui sont les plus mals lotis, vu que je parle quasiment que de Demy dans leur Maison... J'aime les Poufsouffles moi, ils sont cools ! x)

Merci, Guest qui n'a pas laissé son nom et qui s'est enfilé les trois tomes d'un coup ! La suite est écrite, pas d'inquiétude je ne te laisserai pas sur ta faim. Et bonne lecture =D

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Et l'équipe gagnante du concours est... L'équipe de Serpentard !

Alors, l'équipe de Serpentard a Elena Borgio comme Capitaine et Batteuse. Elle est en septième année, et c'est la grande soeur de Chiara Borgio. Elle est brillante et classe, et très jolie e plus. Comme sa soeur, elle se marre bien avec les Rôdeurs.

Jackson Frost est le deuxième Batteur des Serpentard. Il est en sixième année, baraqué, hyperactif et sympathique. Il a les cheveux bruns décolorés en blonds presque blanc par un produit Moldu (il est Né-Moldu) et adore attirer l'attention.

Roland Rosalius est Poursuiveur. En sixième année, il est ami avec Frost. C'est un Sang-Pur aux cheveux bruns bien coiffés, en contrepoints avec les mèches roses de sa soeur Améthyste, et qui est plus axé stratégie qu'action. C'est un grand fan des théories du complot.

Aenor Castle est Poursuiveuse également. C'ets l'une des plus douées. Vous la connaissez, donc je ne vais pas m'attarder sur elle x)

Naomi Yukino est Poursuiveuse, en 4ème année. D'origine japonaise, plutôt petite, c'est la meilleure amie d'Aenor et elle s'est inscrite dans l'équipe pour lui faire plaisir, à la base. Finalement, elle est restée. Elle est moins forte qu'elle, mais elle se défend pas mal et a un super-lancé.

Conrad Cooper est l'Attrapeur. Sang-Mêlé, il est en sixième année. C'est le fils des patrons du Café Garance, et le frère aîné d'Antoine Cooper qui est chez les Serdaigles. Il n'est pas très doué sur un balai et passe son temps à frôler les carambolage (ou bien à le faire exprès pour foncer sur l'ennemi). Mais une fois le Vif en vue, il est extrèmement concentré et peut sortir un miracle de son chapeau !

Flavia Milligan, enfin, est la Gardienne. Elle n'est qu'en deuxième année : c'est sa première année parmi l'équipe. Elle est Née-Moldue mais elle a un vrai don. Petite et vive, elle fait une mutitude de sports chez elle, comme le foot, le basket, le rudby. C'est une des meilleures amies de Lysandre Condor.

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Note de l'auteur 1 : A un moment dans ce chapitre, je dis que la magie sans baguette est intraçable. Pour moi, c'est vrai. C'est la raison pour laquelle le Ministère a été incapable de dire que c'était Dobby qui foutait le souk chez les Dursley dans le tome 2 de la saga ! A mon avis, ce sont les baguettes qui ont "la Trace", ainsi que certains lieux d'habitation (le quartier d'Harry dans cet exemple précis). Pas les personnes.

Note de l'auteur 2 : A l'heure ou j'écris ce chapitre, c'est à dire le 20 octobre 2013 (oui c'est il y a un bail), je regarde avec passion la série Heroes parce que je suis accro au méchant Sylar, joué par Zachary Quinto, qui est juste Graou et qui me fait tomber amoureuse d'un psychopathe. Ahem. D'où la suggestion de Carrie dans ce chap' xD

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Racontage de vie : Hey ! J'ai eu plein de commentaires indignés, ça fait plaisir x) Enfin bref, vous allez en apprendre un peu plus sur Faust dans ce chap'. Et au chapitre prochain, je lui consacre une GIGA note d'auteur, vous allez voir. 'fin bref. Ca mis à part, je suis fatiguééééée à l'heure ou je poste ce chap', parce qu'hier c'était l'exposition de BD Campus, mon club de BD, donc c'était notre heure de gloire devant nos planches. Cherchez BD Campus La Rochelle sur le net, mes planches sont celles qui racontent l'histoire d'Alix =D

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Normalité

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– Comment va Al' ? demanda Alva en versant du sucre dans son thé.

Ce dimanche-là, Alyssa et elle s'étaient retrouvées au Café Garance de la Rue Errante, comme d'habitude. La professeur de Runes haussa les épaules :

– Mieux. Il aurait pu mourir, si ton fils n'avait pas fait ce truc de magie accidentel qui a ralenti sa chute… Lui et Scorpius ont quitté l'infirmerie aujourd'hui.

– Scorpius… ?

– Il a refusé de quitté son chevet. Et quand Pomfresh l'a viré, il est resté assis devant la porte. Il n'a pas bougé de là pendant les neuf heures de coma de son ami.

Alva esquissa un vague sourire. Scorpius et Albus. Al' et l'Ankou. Jamais l'un sans l'autre. Elle était bien placée pour savoir que son fils était du genre à se dévouer pour les gens qu'il aimait, mais une telle abnégation… Elle avait rarement vu ça. Une fois, seulement : entre elle et Astrid. Il y avait longtemps de cela…

– Et Faust Griggs ?

– Salement amoché. Toujours à l'infirmerie.

– Comment des élèves qui n'ont même pas quinze ans ont pu faire ça ? marmonna Alva.

– Oh, pas des élèves. Ton fils. Uniquement ton fils. Heureusement que je sortais de la librairie à ce moment-là. J'ai cru qu'il allait le tuer.

– C'était de la magie accidentelle, plaida Alva.

– Non, contra Alyssa. Il y a d'abord eu une sorte de déflagration qui a ralentit la chute d'Albus et qui a envoyé Faust faire un vol plané, et ça, je suis d'accord, c'était accidentel. Mais ensuite, ton cinglé de fils s'est jeté sur Faust Griggs comme une bête sauvage et il a créé des putains de flammes, Alva ! Des flammes ! Il voulait tuer Griggs, et ça, ce n'était pas du tout accidentel.

– En tout cas c'était justifié, grommela Alva.

– Tu marques un point, admit son amie.

Les deux femmes burent leur thé en silence un moment, plongées dans leurs pensées. Puis Alva demanda d'un ton plat :

– Et quelle est la version officielle qu'ils vont servir à Potter ?

– Rien. Ils ne vont rien lui dire.

– Un élève a tenté de tuer son fils de sang-froid et ils ne vont rien lui dire ? se scandalisa Alva.

– Eh bien, ils ne veulent pas croire que Faust ait agi délibérément. "Ce n'est qu'un enfant", "il n'a pas fait exprès", "il n'a pas réfléchi"… Ce genre de chose.

Alva renifla avec mépris, et Alyssa esquissa un sourire malicieux :

– Oui, c'était ma réaction aussi.

– Vraiment ?

– Non, en fait je leur ai dit "C'est ça, et moi je suis un pingouin". Ils ne m'ont pas trouvé drôle. Quel manque d'humour chez les enseignants de nos jours !

Alva pouffa, puis reprit son sérieux.

– Faust est dangereux.

– Hum. Ton fils aussi. Oui, je sais ce que tu vas me dire, Scorpius ne faisais que défendre Al'. C'est pas faux, c'est d'ailleurs la version que j'ai servi à la vieille McGonagall. Mais…

– Je sentais venir le « mais », soupira Alva.

– … Mais ce comportement ultra-protecteur est un chouïa excessif si tu veux mon avis. Ton fils n'a pas vraiment de notion de limite, dès que ça concerne Albus. Enfin, bref, garde un œil là-dessus, ok ?

Alva hocha la tête, et il y eut un autre silence, avant que la rousse ne lâcha d'un ton obstiné :

– Mais Faust est dangereux. Plus que Scorpius. Il a agit de sang-froid, lui.

Alyssa hocha la tête :

– Oui, je sais. Je t'ai parlé de ma cousine ?

– Celle qui écrit du porno ou la Cracmol nymphomane ? se moqua Alva.

– La Cracmol, fit très sérieusement Alyssa. Je lui ai écrit, envoyé le dossier de Faust, et elle a fait une psychanalyse sauvage en dix minutes. Bon, c'est caricatural mais ça reste alarmant. D'après elle, certains Nés-Moldus se prennent pour des dieux quand ils découvrent l'école de magie. Surtout s'ils ont eu une enfance assez misérable, et une grande arrogance.

– J'ai entendu une histoire du genre au sujet du Seigneur des Ténèbres, fit pensivement Alva. Mais quel rapport avec Griggs ?

– A priori, rien. Famille de classe sociale moyenne, plutôt aisée. Pas de violences. Mais je suis passée chez eux après l'accident. J'étais curieuse de voir leurs réactions à la réception de la lettre de McGonagall.

– Elle leur a écrit ? A eux, des Moldus ?

– Ne réagis pas comme ça, espèce de Puriste. Elle leur écrit juste parce que leur gamin était à l'infirmerie avait une triple fracture du bras, des bleus sur tout le corps, une côte cassée et une brûlure au second degré sur la moitié du torse. Ton fils est un vrai sauvage quand il est en colère. Pas que je le blâme, hein. Mais les flammes, c'était peut-être un peu trop. Je pense que ton fils a des affinités avec l'élément du feu, comme toi.

– Sans blague, marmonna Alva. Alors, la famille Griggs ?

– … Surréaliste. Dès qu'ils ont vu le hibou arrivé ils ont essayé de gazer la pauvre bête avec des bombes insecticides en hurlant de terreur. Ils ont décacheté l'enveloppe comme si c'était une bombe. Et quand ils ont lu la lettre, ils l'ont déchirées et brûlée pour qu'il ne reste aucune trace de cette horreur chez eux. Ils détestent la magie.

Alva resta silencieuse quelques secondes, ruminant ces informations tout en remuant machinalement son thé. Finalement, elle lâcha, pensive :

– Mais ils ne le battent pas…

– Non. Mais ils le rabaissent sans doute. L'ignorent. Le méprisent. Le détestent. Je ne suis pas psychomage, mais quand même, je peux voir que ce gamin est déséquilibré. Il cherche à se rendre supérieur pour se prouver à lui-même qu'il n'est pas cette vermine qu'il voit dans le regard de ses parents. Et dans un environnement Moldu, il ne connait qu'un moyen de se rendre supérieur : la peur et la violence.

– Logique, fit pensivement Alva. Et qu'est-ce que tu en penses ?

– Moi ? Je pense que c'est un taré. Enfin, pour être politiquement correcte, un gamin perturbé, victime d'une grande insécurité, qui se traduit par des tendances névropathes et violentes. C'est encré dans sa tête. Comme un chien qui a appris à mordre. Il ne pourra jamais totalement oublier qu'il a été rabaissé par sa famille, et à quel point ça fait du bien d'écraser sous sa semelle un gamin qui pleurniche.

– Ils devraient le virer de l'école, marmonna Alva.

Alyssa haussa les sourcils :

– Tu plaisantes ! Moi, j'adore les tarés. Les gens normaux sont tellement ennuyeux.

– Tu ne pourrais pas te contenter des gentils tarés ? plaida Alva.

– Ouais, j'avoue que Faust Griggs donne quelques frissons dans le dos. Mais ils ne le vireront pas. Déjà c'est un Gryffondor et McGonagall les favorise. Ensuite parce que ton fils aussi est coupable de tentative de meurtre, et que s'ils virent Griggs, ils devront se pencher sur le cas de Scorpius et qu'ils ne peuvent pas se permettre de se mettre sa famille à dos.

– Les joies de l'aristocratie, sourit Alva.

– Et enfin, continua Alyssa. Faust Griggs est Né-Moldu, et personne n'ose s'en prendre à un Né-Moldu de peur de passer pour un Mangemort.

Personne n'osait s'en prendre à un Né-Moldu… Mis à part un autre Né-Moldu. Alva songea aux quelques allusions que Scorpius avait fait à Carrie, la petite Gryffondor. Elle avait été tyrannisée par James. Scorpius l'avait protégée et James savait ce que ça signifiait, il savait que Scorpius Malefoy engageait son nom avec cette promesse. Mais Faust ? Faust avait cette gamine à disposition dans la tour des Gryffondors. Et lui, il n'était pas suffisamment bête pour s'attaquer à Carrie en public. Ce qui l'intéressait, c'était de terroriser les gens, pas de les humilier. De leur faire mal, pas de leur faire honte.

Ce n'était que de vagues soupçons. Il n'empêche qu'Alva retint un frisson. Faust n'avait que quatorze ans mais c'était un sadique avéré. Que se passerait-il plus tard, quand il aurait quinze, seize ans, avec un corps bouillonnant d'hormones et une fillette terrifiée devant lui ? Que se passerait-il quand brutaliser et menacer ne suffirait plus ?

Alva préférait ne pas y penser. Cette Carrie, pour elle, n'était qu'un nom aperçu deux ou trois fois dans les lettres de Scorpius de Demy. Si ça se trouve, elle se faisait des idées.

– Tu comptes faire quelque chose ? interrogea Alyssa avec curiosité.

A regret, Alva secoua la tête, et repoussa sa tasse de thé :

– Non. Insuffisance de preuves. Je suis sûre qu'à part moi, personne n'a eu écho de l'incident…

– Comme s'il ne s'était rien passé. Les élèves ont reçu l'ordre de ne rien dire, et malgré la fureur –très démonstrative je dois dire– de tes gamins, ils obéiront. Probablement parce qu'ils savent que je t'informerais. Sinon, rien, nada : exactement comme sous la direction de Dumbledore, d'après ce que je sais. Faust aura quelques heures de retenue. Scorpius aussi. Et c'est tout. Tentative de meurtre ? Quelle tentative de meurtre ?

Alva haussa les épaules, fataliste :

– La loi du silence… C'était pareil à Durmstrang.

– Ah bon ?

– Oui. A moins d'une mort d'élève, personne de l'extérieur n'avait à fourrer son nez dans les affaires de l'école. Avec toute la magie noire qui circulait, c'était peut-être tant mieux d'ailleurs…

– Ce n'était pas comme ça à Perséphone, fit pensivement Alyssa. Les profs étaient moins irresponsables.

– Tant mieux pour eux. Et sinon, quoi de neuf ?

Alyssa haussa les épaules, puis se resservit en thé d'un air distrait :

– Pas grand-chose. Je traumatise mes sixièmes années avec une très vieille traduction Runiques d'un amour interdit et homosexuel. Et je pense à me couper les cheveux très courts.

Alva pencha la tête de côté, amusée :

– Ça t'irait bien.

– Merci. Et pour toi, quoi de neuf ?

C'était une bonne question. Nathan en était venu à la conclusion que si les Réfractaires prenaient le pouvoir, ils priveraient les sorciers de leurs droits et de leurs libertés les plus élémentaires en moins d'une décennie. Par peur de la menace –qu'il s'agisse de drogués, de Mangemorts ou de Moldus, l'important était qu'il y aurait une menace–, les sorciers se jetteraient aux pieds du Ministère et renonceraient à tout pour être en sécurité. Le traçage des baguettes, des Transplanages, les mises sur écoute de toutes les communications… Les sorciers l'accepteraient avec joie, si c'était pour se prémunir contre les dangers qui les guettaient.

Être privée de liberté, privée du droit de choisir, voir ses enfants privés de ce droit eux aussi… Alva sentait ses instincts de Gryffondor (ou de Serpentard ? Dur à savoir…) rugir de fureur à cette idée.

Ceux qui ont vécu une fois la guerre sont en général terrifiés pour en faire une autre. Mais lorsque le danger est là, alors… Bizarrement, parfois, on se rend compte qu'on n'a pas perdu les réflexes. Tricher. Mentir. Rester stoïque.

Tirer sur l'autre.

Alva se rendit compte qu'elle mettait peut-être trop de temps à réagir, et haussa les épaules d'un air dégagé :

– Pas grand-chose. Cathy et Nathan ont l'air en froid. J'imagine que c'est depuis qu'on a parlé de mariage… L'idée les tétanise tous les deux.

– Tu m'étonnes, marmonna Alyssa. Rien d'autre ?

Harry avait vendu sa maison, et les transactions successives avaient amené Square Grimmauld dans le patrimoine d'Astrid Koenig, qui avait secrètement fait un contrat de location aux Malefoy. Alva était devenue Gardienne du Secret depuis l'avant-veille. La future Résistance affutait ses armes.

– Bah, des trucs politiques. Je doute que ça t'intéresse.

Alyssa regarda son amie d'un air pensif, puis sourit :

– Si tu le dis. Hey, j'ai vu une librairie Moldu sympa en venant à la Rue Errante. On va y faire un tour ? Si ça se trouve, ils ont de ces films d'action "pan pan t'es mort" dont tu es si fan !

– Je t'interdis de résumer James Bond en "pan pan t'es mort" ! glapit Alva d'un ton outragé.

Alyssa éclata de rire, et le silence gêné s'effaça comme par magie.

oOoOoOo

Lettre de Scorpius Malefoy à Lévine Koenig :

Cher parrain,

Cela faisait longtemps que je n'avais pas pris de tes nouvelles. Comment vas-tu ? Est-ce que Rivka a cessé de faire des quatre-cent coups ? Est-ce que Tante Astrid a tué quelqu'un ? Est-ce qu'Ali arrive à sortir la tête de ses bouquins ?

Il est arrivé quelque chose à Poudlard. Les profs nous ont interdit d'en parler. Néanmoins, je peux te dire que j'ai failli tuer quelqu'un. Pas d'inquiétude, il le méritait largement. Il a blessé Al'. Je regrette juste de ne pas lui avoir fait plus mal.

Bref. Je me demandais si tu avais des conseils pour… Régler un problème avec un camarade. Du genre, avec violence et sans avoir d'ennuis avec le Ministère ou les profs.

Je t'embrasse,

S. Malefoy.

PS : Koriz est au Manoir avec mes parents, mais d'après les quelques échos que j'en ai, elle grandi bien et aime beaucoup son habitat. Remercie encore Tante Astrid pour son cadeau.

oOoOoOo

Lettre de Lévine Koenig à son filleul Scorpius Malefoy :

Cher Scorpius,

Je suis ravi d'avoir des réponses à tes questions. Il se trouve que ta Tante Astrid a dû plusieurs fois faire face à ce genre de problème, étant donné que le Ministère interdit l'usage des Impardonnables sur les loups-garous, et que se retrouver sans défense face à ce genre de bête déchaînée n'est pas une bonne idée. Voilà donc notre conseil : contourner les règles.

Ce que je te conseille, c'est la magie naturelle sans baguette. Elle est enseignée à la fac, mais n'importe quel sorcier peut la maîtriser beaucoup plus jeune s'il s'y exerce quotidiennement. Ce genre de magie est intraçable. L'ennui, c'est que c'est interdit hors de certaines professions (Auror et Langue-de-Plomb), et que si tu te fais attraper, tu auras des ennuis.

(De très gros ennuis).

Mais une fois cette aptitude maîtrisée, tu auras un excellent moyen de défense. Astrid crée des explosions de magie "accidentelle" avec une précision redoutable, et elle est capable de décapiter un loup-garou (elle tient à ce que je te dise cela. Ça doit être bon pour son ego). De plus, tes parents ont développé d'intéressantes techniques de magie sans baguette basées sur les éléments. Inspire-toi d'eux.

Ma famille se porte bien. Rivka envisage d'être Auror ou mercenaire : je renonce définitivement à en faire une diplomate. Aleksei te passe son bonjour et te conseille de lire "la condition humaine". C'est d'un auteur Moldu et français. Kitty et Astrid veulent aller en France pour les vacances, d'ailleurs. Je refuse de mettre un seul pied dans ce pays de mangeurs de grenouilles, mais si ma femme et ma sœur s'allient contre moi, je ne me fais pas d'illusions sur mes chances…

Je ne te demanderai pas ce qui s'est passé à Poudlard. La loi du silence est une chose parfois nécessaire. Si les parents d'élèves avaient su la moitié de ce qui se passait à Durmstrang, ils auraient fui le continent.

Avec affection,

Lévine Koenig.

oOoOoOo

Scorpius percuta Carrie de plein fouet en quittant une allée de la bibliothèque, et tous les livres qu'il avait dans les bras volèrent en tous sens. Carrie, qui était tombée sur les fesses à cause de la collision, afficha un air catastrophé :

– Oh non, je suis désolée !

– Y a pas de mal, la rassura Scorpius en lui tendant la main pour l'aider à se redresser. Tu n'es pas blessée ?

Carrie secoua la tête, puis accepta timidement l'aide de l'Ankou. Elle avait des bleus sur les bras, mais ils commençaient à s'effacer, et tiraient sur le jaune plutôt que sur le violet. Depuis ce combat à la St Valentin, Faust devait avoir cessé de l'embêter, comprit l'Ankou avec satisfaction.

Carrie se mit à l'aider à ramasser ses bouquins. En en empilant quelques-uns, elle déchiffra un titre, et fronça les sourcils :

– "Pouvoir psychiques : une magie accidentelle canalisée et maîtrisée". Les pouvoirs psychiques, c'est Moldu, ça…

– Ce sont les trucs comme la télékinésie et tout ça, expliqua l'Ankou en reprenant ses livres. La téléportation, la régénération cellulaire… Il y a eu des cas réels, et ces gens n'ont jamais reçu de lettre pour Poudlard. D'après l'auteur, ce sont des sorciers qui ont canalisé toute leur magie vers une seule aptitude, et ont supprimé toutes les autres du même coup.

Carrie jeta un œil aux autres livres du Serpentard. Tous parlaient de magie sans baguette. Elle ouvrit la bouche pour lui demander pourquoi il s'intéressait à ça, puis la referma en voyant se plisser les yeux bleus de l'Ankou. Elle préféra changer de sujet :

– Il y a une série américaine pas mal qui s'appelle Heroes et qui parle de gens avec des pouvoirs psychiques. La théorie des Moldus, c'est que c'est l'évolution, la génétique…

Carrie avait gagné en confiance en elle depuis peu. Probablement parce que la rumeur de l'incident de Pré-au-Lard s'était répandu comme une trainée de poudre, et que désormais, les amis de l'Ankou Malefoy étaient traités avec une certaine… Déférence. La petite Carrie n'avait plus à subir de brimades désormais. C'était l'une des raisons pour lesquelles Scorpius ne regrettait absolument pas ce qu'il avait fait.

D'accord, le hurlement de douleur de Faust avait été atroce, et lui donnait encore des sueurs froides. Mais ce type l'avait mérité. Largement.

– C'est vrai dans une certaine mesure, concéda Scorpius. Puisque les sorciers sont le maillon supérieur de l'évolution… Elle est bien, cette série ?

– Elle me faisait peur quand j'étais petite, sourit piteusement Carrie. Le méchant de l'histoire découpe des crânes.

– Glauque. Je vais voir si quelqu'un peut nous procurer le DVD…

– Bonne chance, marmonna Carrie.

L'Ankou pouffa, puis se dirigea vers un rayonnage voisin. Carrie le vit glisser les livres dans son sac, et dans la bourse en peau de Moke qu'il avait depuis l'année dernière. Et lorsqu'il quitta la bibliothèque, Mrs Pince n'enregistra comme seul emprunt qu'un innocent livre de Métamorphose. En quittant la pièce, l'Ankou jeta un regard derrière lui.

Ses yeux croisèrent ceux de Carrie, et la Gryffondor se contenta de sourire, complice.

Que l'Ankou vole des bouquins ou un artefact millénaire, ça lui était bien égal. Il l'avait défendue contre James, protégée contre les autres élèves et, indirectement, sauvée de Faust. Elle l'aiderait jusqu'au bout.

Scorpius, en s'éloignant dans les couloirs, en était bien conscient. Il eut brièvement mauvaise conscience. Il ne devrait pas impliquer Carrie dans ses sombres magouilles. Elle avait déjà assez souffert. Mais en même temps, Scorpius était un Serpentard. Il n'était pas du genre à refuser les opportunités.

– Némésis, dit-il en arrivant devant un pan de mur des cachots.

Le passage s'ouvrit et il pénétra dans sa salle commune. Il salua brièvement d'un geste de la tête Albus, qui terminait un devoir de Soins aux Créatures Magiques avec Gareth, et se dirigea vers son dortoir, où il rangea ses bouquins dans sa valise : mieux valait garder ses amis hors du coup. Il revint rapidement dans la salle commune, où il s'affala dans le canapé en face d'Al' :

– Alors, tu as fini ?

– Presque. Je n'arrive pas à croire qu'Hagrid nous a donné un devoir sur les hippogriffes…

– J'arrive pas à croire qu'on a loupé la première leçon, maugréa Scorpius.

Al' était dans le coma, et lui à son chevet, lorsqu'Hagrid avait montré des hippogriffes à ses élèves pour la première fois, la veille. Naima en avait même monté un.

– Peut-être qu'on aura le droit d'en monter un lors de la deuxième leçon, fit Gareth d'un ton qui laisser clairement comprendre qu'il ne souhaitait pas que ce soit le cas.

– Trouillard !

– Gryffondor !

– Outch ! C'était méchant.

– Mais mérité. Alors, qu'est-ce que tu devais faire de si urgent à la Bibliothèque ?

– Secret de Rôdeur…

– Ok, je ne veux rien savoir.

– Moi, je veux savoir ! fit Al' qui avait suivi l'échange avec intérêt.

Scorpius lui fit un clin d'œil complice, puis changea de sujet :

– Tu es sûr que tu veux aller au cours de karaté, Al' ?

– Mais puisque je te dis que je vais bien !

– De toute façon, la question ne se pose pas, trancha Oscar un peu plus loin. Cyrius m'a dit qu'Inari-sensei t'avais interdit de tatami jusqu'à la semaine prochaine.

Ce qui laissait Scorpius sans binôme. Mais il ne se faisait pas de souci : vu sa toute nouvelle popularité, les tarés feraient la queue pour l'affronter. Il en était impatient d'avance. Rien de tel qu'un match sur les tatamis pour se vider l'esprit !

– Quoi ? geignit Al'. Mais c'est une conspiration !

– Pour des gens qui n'ont eu aucune connaissance d'un éventuel incident, je les trouve bien prévenants, grinça Lysandre un peu plus loin.

Lui et sa fratrie étaient outrés de voir que l'incident allait être effacé aussi simplement. Surtout Leah, la Gryffondor. Scorpius la soupçonnait d'avoir une âme de justicier. Ou de ninja.

– Tais-toi et accompagne-moi à la Bibliothèque, lui lança une de ses camarades de classe. Tu sais bien qu'on ne doit pas en parler.

– Peut-être que si on le taguait sur des murs…

L'Ankou retint un sourire. Il avait une influence géniale –même si d'autres auraient utilisé le mot déplorable– sur ses camarades de Maison. Sur l'intégralité de Poudlard en fait.

Mais Lysandre finit par quitter la salle commune pour la Bibliothèque, râlant à mi-voix et se faisant remonter les bretelles par son amie (Milligan, la Gardienne de l'équipe de Serpentard, reconnut Scorpius un peu tard). Pas de tags, donc.

– Bref, lâcha l'Ankou en se retournant vers ses amis. Pas de karaté pour toi, donc. Tu veux bien faire le devoir de Métamorphose pour moi, vu que tu auras du temps libre ?

– Tyran, plaisanta Al'. Mais d'accord. Laughlin n'y verra que du feu, on est du même niveau depuis que tu as cessé de travailler comme un taré pour décrocher ton Optimal.

– Elle doit regretter cette période…

– A mon avis, Laughlin regrette la période où on n'était pas à Poudlard !

Lucy, qui venait de descendre du dortoir des filles et qui avait entendu la fin de la phrase, traça directement sa route jusqu'à Scorpius, Albus et Gareth, et se planta devant eux, les mains sur les hanches et une expression qui n'augurait rien de bon sur le visage :

– D'ailleurs, l'Ankou, n'oublie pas que tu as une semaine de retenue avec Laughlin !

– Vieille vache, marmonna Scorpius.

– Tu l'avais mérité.

– Eh ! s'indigna le blond. Il venait de fracasser le crâne d'Al' !

– Oui, et on aurait dû le pétrifier puis l'emmener voir un prof, au lieu de lui sauter dessus sauvagement. Tu lui as cassé le bras à mains nues ! Et tu lui as brûlé la moitié du torse, je ne sais même pas comment t'as pu faire ça ! Tu as vraiment disjoncté sur ce coup. On aurait dit que tu étais fou, un vrai fauve !

L'Ankou parut singulièrement mal à l'aise, et ses yeux cherchèrent instinctivement une échappatoire. Albus, lui, eut un reniflement méprisant. Puis il se renversa dans sa chaise et ses pieds atterrirent sur la table basse avec un choc sourd. Lucy n'était pas assez stupide pour ne pas y lire un avertissement, surtout qu'elle n'avait jamais vu Al' poser les pieds sur quelque table que ce soit.

– Quoiqu'il en soit, fit-elle en changeant de sujet. Tu as de la chance de t'en tirer avec quelques heures de colle, parce que c'était quand même une sacrée agression. Tu as eu de la chance Mocking sorte de la librairie à ce moment-là.

– Ouais, si ça avait été un autre prof, la punition aurait été plus lourde, fit gravement Gareth. Vu ce qu'on m'a raconté, ça devait être sacrément impressionnant !

– Non, tu m'as mal comprise, rectifia Lucy. Il a eu de la chance que Mocking l'empêche de terminer ce qu'il avait commencé, parce que sinon…

Un lourd silence plana entre eux. Ils avaient treize ans et ils étaient passé vraiment très près de la catastrophe. Scorpius sentit la honte, comme une vermine insidieuse, lui ronger la poitrine. Il était un Malefoy, il n'avait pas le droit de foutre sa vie en l'air pour un geste de colère. Oh, il ne regrettait pas d'avoir attaqué Faust : il regrettait d'avoir perdu le contrôle. S'il l'avait tué… S'il avait été accusé, condamné, séparé de sa famille, séparé d'Al'…

– Mais il n'est rien arrivé, fit Albus avec fermeté. On pourrait parler d'autre chose maintenant ?

Scorpius hocha la tête avec soulagement, et ouvrait la bouche pour parler de n'importe quoi d'autre –de la Métamorphose, de la future livraison clandestine de feux d'artifices que prévoyaient Cameron et Cyrius, du film qu'ils regarderaient ce soir, des licornes ou même des Nargoles si ça pouvait distraire Al'– lorsqu'il fut coupé par une voix hésitante :

– Salut, vous tous.

– Salut Aenor, fit Lucy après une hésitation.

L'Ankou se racla la gorge, embarrassé. Aenor était là quand il avait sauté à la gorge de Faust avec la ferme intention de le massacrer. Qu'est-ce qu'elle pensait de lui, maintenant, la douce et jolie Aenor qui riait de tout et ne se battait jamais ?

– Je peux m'asseoir ?

– Sûr, fit le blond d'un air dégagé. Quoi de neuf depuis cette sortie pourrie ?

Aenor esquissa un petit sourire en s'asseyant en face de l'Ankou et Al', à côté de Gareth. Lucy roula des yeux et s'éloigna. Il y eut un moment de silence gêné, puis Aenor se pencha vers les Rôdeurs, et murmura doucement :

– Je peux te parler deux minutes, l'Ankou ?

Scorpius sentit son estomac faire un triple salto dans son abdomen, mais garda une expression tranquille, haussant un sourcil :

– Bien sûr. Al', Gareth, est-ce que… ?

– Pas de souci, fit joyeusement Gareth en se levant.

Il s'éloigna, et Al' le suivit, non sans un dernier regard inquiet en direction de son meilleur ami. Scorpius garda les yeux fixés sur Aenor. Elle lui rendit son regard, avant de regarder ses mains, mal-à-l'aise.

– Ahem. J'ai repensé à ce qui s'est passé il y a deux jours.

– Il s'est passé beaucoup de choses il y a deux jours, fit platement l'Ankou. On est allé à Pré-au-Lard, on a passé la journée au village, des ninjas ont détérioré la Cabane Hurlante et Faust a essayé de tuer mon meilleur ami. A quoi tu fais allusion précisément ?

Aenor secoua la tête, amusée, puis reprit son sérieux :

– A ce qui s'est passé quand on est sortis des Trois Balais.

Le visage de Scorpius s'assombrit, et Aenor ajouta précipitamment :

– Écoute-moi juste. Je sais que les profs ont interdit d'en parler alors ça sera la seule fois où j'amènerai ça sur le tapis. Ils étaient plus nombreux que nous, plus vieux que toi, et franchement, ça aurait été dans ton intérêt de reculer. C'est ce que moi j'aurais fait. Mais… James a provoqué Reg, et tu t'es dressé pour le défendre, et même si c'était risqué, c'était la seule chose à faire.

– Attends, attends, la coupa Scorpius. Qu'est-ce que tu veux dire exactement ? Un truc positif ?

– Quoi, tu pensais que j'allais te dire que tu étais un psychopathe et que je ne voulais plus te voir en peinture ? plaisanta la jeune fille.

– Euh, oui ?

Elle reprit son sérieux :

– Eh bien tu pensais mal. Oui, c'était effrayant, quand tu as sauté sur Faust, et oui, j'ai eu peur de toi à ce moment-là. Mais tu l'as fait pour défendre Al', pour nous défendre tous. Pas pour la gloire ou sur un coup de sang, juste parce que… Parce que tu protèges les tiens. Si ça avait été Reg, je… Je n'aurais probablement pas été aussi efficace, mais j'aurais attaqué aussi.

Scorpius cligna des yeux, un peu perdu :

– Et la conclusion est donc… ?

Aenor se pencha vers lui. Elle avait les joues un peu roses, et Scorpius réalisa avec stupeur qu'elle rougissait. Aenor ne rougissait jamais : elle disait que c'était bon pour les cruches gloussantes de Poufsouffle.

– Tu es quelqu'un de bien, Scorpius, chuchota Aenor. Je suis contente de t'avoir rencontré, et si quelqu'un te traite un jour de psychopathe, j'irai lui dire deux mots, parce que c'est totalement faux. Tu es gentil, loyal, courageux et altruiste, et j'espère que tu ne changeras jamais. Et ne me fais pas répéter ça, parce que je nierai en bloc.

Puis elle se leva, et s'éloigna d'un pas rapide, les joues encore plus roses qu'avant. Bouche bée, l'Ankou la regarda disparaitre de la salle commune. Al' rejoignit son ami, curieux :

– Qu'est-ce qu'elle voulait ?

Scorpius dut s'éclaircir la gorge une ou deux fois avant d'émettre d'un ton qu'il espérait neutre :

– Elle voulait me dire qu'elle savait que je n'étais pas un psychopathe.

– C'est plutôt bien, non ?

L'Ankou hocha la tête, les yeux toujours tournés vers la porte qui venait de se fermer derrière l'aînée des Castle. Il repensait aux joues rosies d'Aenor-qui-ne-rougissait-jamais, à ses boucles couleur chocolat, à la détermination dans sa voix, et à son sourire en coin quand elle avait soutiré le livre à James Potter. Et il sentit que cette fois, c'était cuit.

Il était amoureux de cette fille.

oOoOoOo

Lettre d'Albus Potter à son père :

Cher Papa,

Le mois de février a été plutôt animé ! Désolé de ne pas t'avoir écrit plus souvent, mais j'ai été plutôt occupé. Mes notes en Métamorphoses se sont beaucoup améliorées et Arnold Goodhand et moi, on se partage désormais la tête de la classe, même si l'Ankou me dépasse une fois sur trois. Il s'acharne pour pouvoir devenir Animagus plus tard. Je me demande si je pourrais faire ça aussi… Je n'ose pas demander à Laughlin si j'en serai capable, elle est fichue de me rembarrer au bout de deux phrases.

Je suis de moins en moins une buse en Runes, même si je dois toujours m'incliner devant Reg et l'Ankou. Surtout Reg. D'ailleurs l'Ankou a l'air d'en être très vexé. Mocking semble s'attendre à ce qu'il excelle en Runes, à cause de Demy, qui est un vrai petit génie, et de Dylan, qui est… Ben, Dylan : un genre de Tante Hermione en plus Serdaigle. Mais bref, sinon, on s'amuse vraiment bien en cours de Runes. Mocking n'est pas si tyrannique. Elle est même plutôt sympa. Un peu frappée, certes (une fois, pour punir Owen de ne pas avoir fait ses devoirs, elle lui a fait traduire un récit Runique d'une histoire d'amour limite cochonne devant toute la classe, et depuis, Owen n'oublie JAMAIS ses devoirs !), mais elle est drôle, et si les Rôdeurs ont un problème, c'est elle qu'on va voir.

On devrait se tourner vers Feylack, normalement, vu qu'il est notre directeur de Maison, mais… Bah, il est trop distant. Il n'a pas l'air d'aimer ses élèves. Je me demande s'il a été à Serpentard d'ailleurs. Il me fait plus penser à un Serdaigle, hautain et solitaire comme ça.

On a vu des hippogriffes, en Soins aux Créatures Magiques ! Hagrid ne m'a pas laissé monter (je commence à en avoir assez qu'ils me traitent tous comme si j'étais en sucre), mais Naima, Devon et Alan ont fait un tour, et l'Ankou aussi. Je suis jaloux. J'espère que j'aurais l'occasion de monter un hippogriffe (ou un griffon, je ne suis pas difficile) un jour…

Enfin voilà. James et Lily vont bien, je pense. Je ne parle plus beaucoup à James en ce moment. L'atmosphère est explosive chez les Gryffondors, d'après les rumeurs. Certains de nos amis (Reg, Naima, Eva, Carrie, Devon, Alan, Roxanne, Leah…) cherchent refuge chez les autres Maisons certains soirs. J'espère qu'il n'y aura pas un meurtre d'ici la fin de l'année !

Je t'embrasse,

Al'.

oOoOoOo

– Salut tout le monde ! lança Scorpius en s'asseyant à la table des Poufsouffles.

Al' et Lucy, qui le suivaient, prirent place en face de lui. Chiara leur adressa un sourire éblouissant et Marcus asséna un coup de coude taquin dans les côtes de l'Ankou :

– Salut, ça faisait longtemps que tu n'étais pas venu par ici !

– Le jaune et noir me manquait, il faut croire.

– Les Poufsouffles sont un élément essentiel du Club après tout, fit gravement Lucy.

– Ben voyons. Tu as arrêté d'harceler ta sœur ?

Demy ne voulait toujours pas parler de son entraînement pour devenir Animagus. Scorpius ne savait même pas si Demy avait découvert son animal, déjà. Par contre, elle avait transformé son caleçon en glace la dernière fois qu'il avait demandé… L'Ankou grimaça :

– Je pense que je vais arrêter de l'embêter.

– Sage décision, approuva Al'. Et tu ne veux toujours pas me dire pourquoi tu la saoules comme ça ?

Personne d'autre que les Malefoy n'étaient au courant pour cet apprentissage. Scorpius afficha un sourire mystérieux :

– Nan. Hey, pas de Gryffondors aujourd'hui ?

– Ils ne sont sans doute pas encore levés, lança Dylan en arrivant. Faites-nous une place. Bonjour, au fait.

Rose lui suivait, les yeux encore à demi-fermés par le sommeil et les cheveux en pétard. Les deux Serdaigles s'installèrent près de Lucy, et entamèrent leur petit-déjeuner sans attendre. Scorpius, lui, garda les yeux fixés sur la porte de la Grande Salle, et n'eut qu'à patienter quelques secondes avant que Reg n'arrive, suivit par Carrie. La Née-Moldue accrocha immédiatement son regard, et ce fut elle qui guida Reg vers la table qui accueillait les Rôdeurs.

Carrie n'avait pas d'amis dans sa promotion –l'Ankou ne se voilait pas la face : il n'était pas assez proche d'elle pour être un ami, il n'était que son protecteur–, mais ces derniers temps, elle passait pas mal de temps avec Reg. Scorpius espérait qu'ils ne sortaient pas ensemble. Une Née-Moldue ! Les parents de Reg n'avaient pas l'air du genre à accepter ce genre de chose, et ni Reg ni Carrie ne méritaient un coup comme celui que les Greengrass avaient fait subir à Abby et Cyrius.

Du coup, voilà. Scorpius espérait qu'ils ne sortaient pas ensemble. Et sérieusement, ils n'avaient pas l'air de sortir ensemble. Ils avaient l'air de deux personnes solitaires, qui se distinguaient du groupe, et qui par fatalité finissaient par traîner ensemble.

Enfin, ça non plus, les Castle risquaient de ne pas aimer. Heureusement que Scorpius, et le nom des Malefoy qu'il portait, leur barraient la route.

– Al' ! L'Ankou ! s'exclama Reg en se laissant tomber en face d'eux. Dites-moi que vous avez une distraction de prévue.

– Une distraction ? répéta Chiara.

– Les Gryffondors sont au bord de l'explosion, expliqua timidement Carrie. Si rien ne les distrait, ça va finir en bain de sang entre les pro-Al' et les pro-Faust.

– Je pensais que personne ne savait ce qui s'était passé à Pré-au-Lard ! s'indigna Marcus. Même moi, j'ai pas eu droit à l'histoire !

– Mais tout le monde sait que James, Faust, Al' et Scorpius se sont battus, pointa Carrie. Et vu que Faust est…

Elle hésita, et l'Ankou renifla avec colère :

– Qu'il fait semblant d'être un être humain décent et n'agresse plus les élèves plus jeunes que lui pour se distraire ? Oh, il a du lui falloir un sacré traumatisme, oui !

Carrie lui jeta un regard alarmé et ramena instinctivement ses bras, toujours couverts des marques des coups de Faust, vers elle. L'Ankou fut prit de remord et posa doucement la main sur le poignet de la Gryffondor :

– Désolé.

Mis à part lui, il doutait que quiconque ait fait le lien entre les sous-entendus de Faust et l'attitude de Carrie ces derniers mois. Et il comprenait tout à fait que l'adolescente ne veuille pas ébruiter ses malheurs…

Il changea donc de sujet d'un ton dégagé :

– Quant à James, c'est pas mieux. Il se terre dans un coin tellement il est mort de honte de ne pas arriver à choisir entre le frère sympa qui a failli mourir ou l'ami psychopathe.

– Al' a failli mourir ? s'étrangla Rose.

– C'est très exagéré, se défendit Albus.

Reg et Scorpius haussèrent tous les deux un sourcil, mais ne dirent rien, et Carrie reprit :

– Vu que James se cache, les Gryffondors ne savent pas comment agir. Il est plus ou moins leur chef, vous savez. Sans lui, c'est l'anarchie. C'est pour ça qu'on a besoin d'une bonne blague de ninjas, histoire de redonner un peu de normalité à l'atmosphère.

– C'est ça, approuva Reg. Et James pourra faire comme si tout allait bien, se plaindre, et organiser une autre blague en guide de revanche.

– Les Gryffondors n'ont pas une mémoire de poisson rouge à ce point, quand même ! soupira Rose. On parle quand même d'un sacré chaos…

– Tu serais surprise de voir à quel point la plupart des Gryffondors sont bêtes, marmonna Carrie.

Sept regards surpris se posèrent sur elle. Carrie était toujours la gentillesse incarnée, elle ne disait jamais rien de méchant, et encore moins au sujet de sa Maison. En voyant tous ces yeux incrédules posés sur elle, Carrie rougit, blanchit, ouvrit la bouche, la referma, rougit à nouveau, et finalement Reg la prit en pitié et posa une main sur son épaule (sans remarquer qu'elle se tendait automatiquement, comme si le moindre contact appelait un réflexe défensif, ce que Scorpius nota, et ce qui le décida d'autant plus à trouver un moyen d'éliminer Faust un jour) :

– Elle a raison. Remettez un schéma de routine en branle et les Gryffondors le suivront sans poser de question. Ça ne veut pas dire qu'ils ne verront pas qu'ils se font manipuler : mais les Gryffondors adorent ça. Ça leur évite de réfléchir.

– C'est ça, renchérit Carrie en se forçant à sourire. Nous, on est intelligent, mais le Gryffondor moyen n'aime pas réfléchir. Manque d'habitude.

L'Ankou hocha la tête, puis se tourna vers Albus :

– Qu'est-ce que tu en dis ?

– Hum. On devrait effectivement quelque chose. Qu'est-ce que tu dirais d'un sabotage de cours ?

– Ça sonne bien, fit pensivement le blond. On est quel jour, mardi ? Demain, on a Botanique et Sortilèges. On pourrait faire un combo…

– Pas bête. Tu prends le cours de Neville ou celui de Flitwick ?

Scorpius sortit une Mornille de sa poche, et la lança. Quand elle retomba sur sa main, il plaqua sa paume libre dessus et expliqua :

– Face je prends Londubat, pile je prends Flitwick, ça te va ?

Al' hocha la tête, et l'Ankou ouvrit la main, montrant la pièce et révélant une silhouette de sorcier voûté gravée dans l'argent. Côté face. Comme quoi c'était utile d'avoir une pièce truquée, merci Lucy !

– Je me charge du cours de Flitwick, sourit Al' en se servant. J'aurais pas besoin de beaucoup de matériel, juste un peu d'assistance. Rose, Chiara, Marcus, vous êtes avec moi ?

– S'il le faut, soupira sa cousine.

L'Ankou sourit jusqu'aux oreilles, puis se tourna vers leurs autres amis :

– Et moi je prends le cours de Londubat. J'ai même une super-idée ! Reg, Carrie, Dylan… ?

– On marche, soupira le Gryffondor brun d'un air faussement blasé. On a droit à un indice ?

Scorpius fit mine de réfléchir, puis sourit :

– Onibi.

– Onibi ? répéta Reg sans comprendre.

Mais l'Ankou l'ignora, parcourant ses complices du regard :

– On se retrouve à dix heures et demi ce soir dans le hall. Les Serdaigles et les Serpentards ont Astronomie alors on ne pourra pas faire plus tôt. Je me charge du matériel.

Des sourires réjouis s'échangèrent tout autour de la table. La vie normale reprenait son cours. Évidemment, personne d'autre que les complices des Rôdeurs ne surent ce qui était prévus pour ces deux cours. Comme c'étaient des cours communs entre Poufsouffle et Serpentard, nombreux furent les membres de ces deux Maisons à se frotter les mains avec impatience.

Et le lendemain…

En arrivant en cours de Sortilèges, il y eu un moment de flottement parmi les élèves. Les tables avaient changées de place. Certaines étaient même renversées. En gros, c'était le bazar. Flitwick émit un claquement de langue agacé, puis agita sa baguette, et les meubles se remirent en position, formant deux rangées parfaitement alignées. Lorsque les élèves de Poufsouffle et Serpentard –c'était un cours commun– s'assirent, nombreux furent cependant à remarquer le sourire satisfait de Chiara, Marcus et Albus.

Ils n'eurent pas longtemps à attendre. Ils étudiaient le Sortilège d'Allégresse. Au bout de quelques minutes d'explications théoriques, Flitwick leur ordonna de s'exercer et, avec un bel ensemble, les élèves se mirent par paire et prononcèrent sagement la formule.

L'enfer se déchaîna.

Les tables bondirent, ruèrent, se cabrèrent comme un troupeau de chevaux paniqués. Il y eut un concert de cris effarés, puis un torrent de rire, tandis que les tables se mettaient à galoper en rond dans la classe. A chaque fois que Flitwick lançait un sort, elles s'arrêtaient, bien sûr, mais repartaient aussitôt dans leur gambade effrénée.

– Elles réagissent au niveau de bruit de la classe, chuchota Al' à Scorpius qui se tordait de rire.

– Où tu as trouvé ce sort ? hoqueta son meilleur ami. Il est génial !

– Trouvé par Oscar, arrangé par Gaby, jeté par Chiara, Rosa, Marcus et moi. C'est un travail de groupe, je rends à César ce qui est à César.

– N'empêche, c'est brillant !

Al' sourit jusqu'aux oreilles :

– Venant d'un pro des Sortilèges doublé d'un génie du mal très inventif… Je suis flatté.

L'Ankou éclata de rire.

– Il dure longtemps, ce sort ?

– Environ deux heures. Il est super-simple, c'est juste pas évident à deviner. Il faut être créatif.

– Ouais, gloussa l'Ankou. Et les profs ne brillent pas par leur créativité…

Puis, attrapant une feuille de parchemin, il la froissa et l'envoya sur la tête de Dominique Weasley, déclenchant une bataille qui ajouta encore au chaos général. Le cours fut totalement annulé… L'ironie étant que, dès que les élèves quittèrent la salle, les tables cessèrent de courir en tous sens et reprirent leur apparence de meubles inoffensifs et immobiles.

A en juger par l'expression de Flitwick –qui écarquilla brièvement les yeux avant de poser un regard méfiant sur les Rôdeurs–, le prof venait de comprendre l'astuce.

– En tous cas, c'était cool, fit joyeusement Owen en se portant à la hauteur d'Albus et de Scorpius. Bravo, les mecs, j'ai jamais autant rigolé de ma vie !

– Mis à part lors de leurs précédentes blagues, glissa Flora d'un ton moqueur.

– Euh, ouais, peut-être…

Au cours suivant, ils avaient Botanique, aussi avec les Poufsouffles. Tandis que le groupe de vert, jaune, argent et noir traversait le château, ils riaient comme des idiots et se lançaient des commentaires excités à propos du cours de Sortilèges. Même si Scorpius n'avait rien fait, lui et Albus (ainsi que Chiara et Marcus, leurs habituels complices à Poufsouffle), furent chaudement félicités. Et lorsqu'ils entrèrent dans les serres, Neville Londubat plissa immédiatement les yeux d'un air méfiant en voyant à quel point ses élèves étaient agités…

– Bien, aujourd'hui nous allons rempoter les pousses d'if. Soyez prudents, des Botrucs commencent à s'y installer pour les protéger.

En voyant le sourire de Scorpius s'élargir, Al' lui jeta un regard alarmé. Mais déjà le Serpentard blond l'entraînait avec lui à une des tables au centre de la classe, pour se cacher dans la masse des élèves.

– Qu'est-ce que tu as prévu ? souffla Al' quand ils furent assis.

– Un petit spectacle son et lumière, répondit Scorpius d'un ton dégagé.

Et il ouvrit son sac de cours, révélant une vingtaine de fioles en verre qui semblaient contenir des feux d'artifices en pleine combustion. Les yeux d'Al' s'ouvrirent en grand, et l'Ankou se rengorgea fièrement. Le jeune Potter n'en revenait pas :

– Je n'ai jamais vu ça. Tu les as fabriqués ?!

– Quelques sortilèges et un peu de métamorphose, rien du difficile.

Mais malgré son ton modeste, Al' devina que Scorpius était fier de lui. Ses yeux pétillaient comme des étoiles. Les deux Rôdeurs échangèrent un large sourire, les yeux brillants, et l'Ankou tendit la première fiole à Al' :

– A toi l'honneur. Il suffit de la casser.

Ce que le jeune Potter fit avec enthousiasme en balançant le tube de verre à l'autre bout de la classe dès que Neville Londubat ait le dos tourné. Avec un bruit de verre brisé, un immense tigre orange et or apparut comme un feu d'artifice, fait d'étincelles et de flammèches crépitantes, et poussa un rugissement qui fit hurler la moitié de la classe. L'Ankou brisa discrètement une autre fiole contre le pied de leur table, et ce fut une licorne blanche et argentée qui apparu, hennissant et se cabrant avant de courir dans la serre avec le tigre. Puis ce fut un aigle, puis un requin, puis un loup, puis un chat, puis un renard…

Finalement Neville fit évacuer la salle, et les élèves tordus de rire revinrent au château en se tenant les côtes tandis que les feux d'artifices animaux continuaient à gambader dans le domaine du professeur de Botanique.

– Vous êtes ma nouvelle religion ! s'exclama joyeusement Gareth.

Jo ricana et fit semblant de se prosterner devant les deux Rôdeurs, ce qui fit qu'Owen se mit à rire de manière hystérique, tout comme la moitié des Poufsouffles. Lucy et Dominique Weasley, qui avaient profité de l'agitation pour entamer une bataille de terre, se contentèrent de rouler des yeux en continuant à ôter les morceaux de terreau et de gravier dans leurs cheveux.

– Je vous présente les Onibi, fit l'Ankou avec fierté. Pas mal, non ?

– Brillant, commenta Al' en riant. Absolument brillant !

– Retour à la normalité, fit Marcus avec satisfaction. Eh, vous voulez pas passer aux cuisines pour fêter ça autour d'une montagne de pâtisseries ?

Et c'est ce qu'ils firent, remplaçant l'heure du déjeuner par un pique-nique impromptu dans les cuisines, où ils furent rejoints plus tard par leurs camarades de Gryffondor et de Serdaigle. Et en fin de compte, ce fut un excellent après-midi.

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A suivre...

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