Chapitre 10
Matilde
J'avais une migraine qui me donnait l'impression d'avoir un marteau dans la tête. J'ouvrais les yeux, j'étais allongée sur mon lit. La seule chose dont je me souvenais était d'être allée courir. J'essayais de me lever mais ma tête était tellement lourde que je n'osais pas bouger. Je pris alors mon courage à deux mains et me dirigeais vers la salle de bain. Je pris une aspirine et retourna m'allonger. J'avais encore une heure avant le début des cours. Une demi-heure plus tard, après que mon mal de tête se transforma en douleur discrète, je descendais pour petit-déjeuner. Scott était en train de manger que j'arrivais dans la cuisine, sans lui adresser la parole je pris une tartine que Mélissa m'avais préparé et attrapa mon sac et partis à pied pour aller en cours. Après autant de temps j'avais réussi à vivre en oubliant qu'il était là. En arrivant au lycée je me dirigeais directement dans ma salle pour ma première heure de cours car n'ayant aucun ami j'aurais eu du mal à faire autre chose. C'est alors qu'Isaac apparu au bout du couloir et lorsqu'il m'aperçu il se dirigea dans ma direction. J'essayais de trouver un moyen de l'éviter mais les toilettes des filles étaient dans un autre couloir et la foule m'empêcherais de courir. Alors j'acceptais mon sort quand il arriva à mon niveau :
-Salut ! Dit-il plein d'enthousiasme.
-Salut…
-Ca va ?
-Tu veux quoi ?
-Euh… Juste savoir si tu allais bien après hier.
Quoi ? Il savait ce qu'il m'était arrivé hier ? Savait-il aussi que je n'en avais aucun souvenir ? Je décidais de la jouer le plus finement possible :
-De quoi tu parles ?
-Ben quand tu es rentrée dans l'arbre. Tu tenais presque plus debout, j'ai voulu t'aider à rentrer mais tu n'as pas voulu. Alors comme je t'ai laissé c'était pour savoir si tout allait bien.
-Et bien oui tout vas bien. Au revoir.
Ca avait été un peu trop sec. Mais en même temps je n'avais plus de scrupules envers lui. Par contre j'étais inquiète, comment avais-je pu oublier avoir pris un arbre en pleine tête et être rentrée chez moi ? J'avais dû oublier suite au choc. Ca arrivait souvent à beaucoup de personnes chaque année. La cloche sonna et je me dépêchais de repartir en cours. Arrivé en maths le prof décida de demander à un élève de distribuer les copies. Stiles fut choisit et commença à donner une feuille à chaque élève. Quand il arriva à mon niveau il me tendit une feuille que j'attrapais en évitant son regard, mes doigts rentrèrent en contact avec les siens et je me sentis soudainement tomber :
« -Il est ici !
-Qu'est ce qu'on va faire ! On n'arrive même pas à le trouver !
La fille avait des larmes aux yeux. J'aurais tellement voulu l'aider, tout cela était de ma faute.
-Il faut rejoindre les autres pour les aider ! Allez ! Venez !
Comme je ne bougeais pas le garçon m'attrapa par la main et m'entraina dans un dédale de couloir. Le lycée ressemblait à un labyrinthe la nuit. Les pas et les sanglots de la fille m'indiquaient qu'elle nous suivait.
-Lydia ! Fait moins de bruit ! Sinon il va nous entendre !
-Je fais ce que je peux !
-C'est bon on y est !
La porte du sous sol se trouvait devant nous, les deux, tétanisés, n'arrivaient plus à bouger et retenaient leur respiration. Je tendis une main pleine de sang et poussait la porte. On descendit l'escalier sans un bruit et un autre garçon arriva en courant :
-Courez ! Il arrive !
Une voix masculine sortie de l'obscurité : « Je viens la chercher. Ne m'en empêchez pas. C'est elle que je veux… »
C'était pour moi qu'il était là. »
Tout d'un coup je sentis ma tête tourner et glissa de ma chaise. Stiles me rattrapa avant que je ne touche le sol et demanda au prof s'il pouvait m'emmener à l'infirmerie.Et après ça se fut le noir.
Scott
A l'heure du déjeuner Stiles m'appris l'accident du cours de maths et nous décidions d'aller parler à Matilde à l'infirmerie. Elle était assise sur le lit blanc le regard dans le vide, elle tourna son regard vers nous quand on pénétra dans la salle.
-Ca va ?
-…
-Matilde ? Son regard repartit dans le vide.
-Vous savez ce qu'il y a de drôle ? Ca fait deux fois qu'on me pose la question aujourd'hui, et deux fois que je ne sais pas quoi répondre…
-Qu'est ce qu'il c'est passé tout à l'heure ? Repris Stiles.
-Je ne sais pas…
C'est alors que n'y tenant plus je lâchais ce que j'avais sur le cœur :
- Ecoute Matilde, ce n'est pas en nous évitant que tu vas nous éloigner de toi au contraire. Même si tu as du mal à le croire je tiens à toi et je souhaiterais que tu me dises quand tu as des problèmes. On est les seuls à pouvoir vraiment t'aider. Et c'est tout ce que je demande… A t'aider.
-Je sais…
Des larmes commencèrent à apparaitre aux coins de ces yeux. Je ne voulais pas être à l'origine des ces larmes mais le fait qu'elle réagisse enfin à quelque chose que je lui disais m'indiquait qu'on avait peut être avancé.
-C'est dur pour moi aussi mais quand j'avais le plus besoin de vous vous m'avez rejeté alors j'ai appris à me débrouiller sans vous.
-Je sais et je le regrette sincèrement tu peux en être sûre.
- Alors on oublie tout ?
-Je promets de ne plus jamais te tenir à l'écart et de te dire la vérité.
-Et moi je promets de vous aider aussi et de ne plus rien vous cacher.
Quand maman passa prendre Matilde pour la raccompagner à la maison j'étais pressé de la revoir et que l'on rattrape tout le temps perdu. Je souris à l'idée que pour une fois j'avais une sœur.
Matilde
Le soir Scott me raconta que tout ce que Lydia m'avait dit le soir où il m'avait sorti de l'église était vrai. Mais j'avais fini par me faire à l'idée que mon frère était un loup-garou depuis longtemps. Il m'expliqua plus en détail la nature de chacun des membres de la meute. En échange, comme je l'avais promis, je lui racontais le dessin de l'arbre dans mon carnet, ma rencontre avec un arbre que j'avais oublié et le fait que j'avais fait un « rêve » très bizarre avant de tomber en cours de maths. Je n'en dis pas plus sur ce dernier car je ne savais pas exactement ce que j'avais vu.
On décida d'un commun accord que le lendemain on irai voir Deaton, qui d'après Scott était doué en surnaturelle, pour lui demander si il en savait plus sur ma situation. En attendant je tombais de fatigue après cette journée éprouvante.
