Avant toute chose, je tiens à m'excuser pour la TRES longue attente. Je me suis reprise en main ces derniers mois, mais je dois quand même attendre d'être en vacances pour réellement avancer ;-)

Jour 32...

Cordélia ouvrit les yeux quand une courbature s'éparpilla de son dos jusqu'à son cou, où elle disparut en une étrange sorte d'engourdissement qui la poussa à s'asseoir. Enfin, essayer de s'asseoir. Un bras lourdement musclé enroulé autour de son ventre l'en empêchait et le bras sous sa tête était manifestement la cause de cette sensation engourdie dans son oreille. Heureusement, il lui avait donnée une vieille chemise donc elle n'avait pas eu à souffrir de l'inconfort de dormir dans ses vêtements, mais même ça ne faisait pas de différence lorsqu'on dormait bien trop longtemps.

Combien de temps avait-elle dormi? Si sa colonne vertébrale courbaturée était d'une quelconque indication, elle avait été dans les bras d'Hypnos une éternité et un jour. Elle devait bouger avant que ça ne consume son corps entier. Elle avait des maux de tête quand elle restait au lit ou qu'elle dormait trop longtemps, et pas n'importe quels maux de tête. C'était le genre de maux de tête qui demandaient un tranquillisant pour cheval pour guérir. Horribles.

Malheureusement, ses tranquillisants pour chevaux étaient dans son autre pantalon, et ça voulait dire qu'elle devait se lever.

Elle essaya de soulever son bras de sa taille, mais il était bien plus lourd qu'elle ne le pensait, donc elle essaya de s'extirper sous le petit trou qu'elle avait fait. Cordélia finit à moitié sur son dos et à moitié sur son côté droit avec ses doigts inconfortablement repliés dans sa paume. Parvenant à bouger cette main de sous sa taille incroyablement osseuse, fronçant les sourcils quand Angel vira son bas de sous sa tête pour le poser près de ses fesses.

Ce n'était pas la position la plus agréable, mais au moins elle savait qui faisait le truc du câlin, et ce n'était sûrement pas elle.

Cordélia n'eut pas le temps de jubiler lorsqu'il se tourna pour lui faire face et son autre bras s'éleva de manière malveillante pour s'enrouler autour de ses côtes, et c'est à ce stade-là qu'elle réalisa qu'il ressemblait au corps qu'il était. Sa poitrine ne bougeait pas avec sa respiration, ses narines ne s'évasaient pas et ses lèvres ne bougeaient pas. Sa peau était pale et, mis à part quelques égratignures, toutes ses blessures avaient pratiquement cicatrisé après son agitation avec Spike.

Autant que j'aimerais rester à fixer, je dois me lever.

Elle prit une page de son livre et se décida pour le 'câlin et roule' testé et approuvé. Il fallut des manœuvres ingénieuses de sa part pour lui faire suivre le mouvement mais, alors que son corps bougeait, ses bras suivirent. Maintenant, elle se trouvait dans une situation extrêmement compromettante. Elle avait un genou pratiquement entre ses cuisses, sa bouche était à quelques centimètres de la sienne, et sa poitrine était écrabouillée contre son torse.

S'il se réveillait pour la voir étalée sur lui, qui savait ce qu'il penserait. Il en conclurait probablement qu'elle était une sorte de perverse essayant de profiter de lui.

Elle essaya de glisser vers le bas de sorte qu'elle puisse se baisser sous la boucle faite par ses bras. Remuer le long du corps d'un homme tout en essayant d'ignorer la sensation de sa peau contre sa joue était fichtrement gênant, mais elle donna tout ce qu'elle avait.

Aw mince, pensa Cordélia lorsque son visage se frotta contre son abdomen et elle résista à l'envie de prendre une bouchée d'Angel purement parce que les probabilités pour qu'il la morde en retour, et vachement plus fort, étaient assez élevées. Oh, ew. Elle était en train de baver, réellement baver, sur son ventre, mais elle n'y pouvait rien tandis qu'abdo sur abdo empêchait sa bouche de se fermer.

Un tout petit peu plus bas et elle serait libre.

Elle était à moitié du chemin de ce tout petit peu plus bas, quand une toux attira son attention et ses yeux noisettes se levèrent, son expression amusée déformée par ses cils. Elle essaya de sourire mais ce mouvement mit sa langue sur lui. Ce fût également à ce moment-là qu'elle réalisa à quel point, au juste, elle était basse.

Son menton touchant son pantalon et ses petites mains agrippeuses étaient sur sa ceinture. Dieu seul savait de quoi ceci avait l'air pour lui. Pitié, pitié, faites qu'il ne dise rien.

Malheureusement, le sourire affecté en train de se former était une indication claire qu'il n'avait aucune intention de laisser tomber. "Tu veux de l'aide?"

Cordélia sentit son visage commencer à brûler et secoua la tête.

"Je demande seulement parce que cette ceinture peut être capricieuse..." Angélus fronça les sourcils quand quelque chose de frais et déplaisant dégoulina sur son ventre. "Tu m'as bavé dessus?"

Elle ne fût capable de bouger que lorsqu'il bougea lui-même, et le premier devoir était d'utiliser sa manche pour essuyer sa bouche et sa peau. "Désolée," expliqua-t-elle timidement. "Mais ma bouche était occupée avec ton muscle."

Il arqua un sourcil. "Vraiment?"

"Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je voulais dire que je n'arrivais pas à fermer la bouche et ma langue est sortie et je t'ai léché."

"Donc, ta bouche était ouverte et tu léchais mon muscle?"

C'était elle ou ça allait de mal en pis? "Oui?" Que pouvait-elle dire d'autre?

"Oh." Il pouvait essayer, mais il était impossible de s'éloigner du rire qui s'élevait à la vue de son visage virant à une jolie nuance de pourpre. "Loin de moi l'idée de t'arrêter. Je t'en prie, continue."

"Est-ce qu'on peut simplement faire comme si cette conversation n'avait jamais eu lieu? Super. Merci."

Angélus passa une main sur son visage pour virer le sourire affecté. "Je sais pas, Cor. Ta langue était sur mon muscle. Ça pourrait être dur à oublier."

"Alors essaye," râla Cordélia, l'embarras l'atteignant plus qu'elle ne voulait l'admettre. Ou peut-être que ce n'était pas tant l'embarras que l'envie de continuer ce qu'elle avait été en train de faire. En un effort, à la fois, de changer le sujet mais aussi de virer ce sourire de son visage, elle fit tout un spectacle de regarder son horloge murale en acajou et d'haleter avec exagération.

"C'est l'heure?" Des yeux innocents rencontrèrent des yeux bruns et brillants qui étaient remplis d'amusement. "On est définitivement trop tard pour aller en ville. Je n'arrive pas à croire que j'ai dormi aussi longtemps." Elle n'arrivait pas à y croire étant donné que ses heures de sieste heureuse avaient été constamment interrompues par des vampires, mais elle ne dit pas cela.

Il semblait qu'elle n'y était pas obligée. "Je t'ai gardée éveillée au-delà de ton heure pour aller faire dodo," le sourire affecté revint sur son visage à plein régime. "Que dirait papa?"

Elle resta silencieuse un moment, ce qui dit plus que n'importe quel mot ne le pourrait jamais. "Comment tu parviens à faire que tout semble aussi perverti?"

Angélus fit un gracieux haussement des épaules. "Tout le monde a besoin d'un talent. Maintenant, en ce qui concerne notre rendez-vous galant. On peut y aller demain. Tu as mentionné quelque chose à propos de bowling?"

La manière dont il l'avait dit lui fit réaliser à quel point, au juste, cela semblait stupide. Qui diable proposerait d'emmener un vampire vieux de plus de deux cent ans à un jeu de dix quilles et manger des frites? Surtout un vampire qui était manifestement éduqué et qui avait voyagé. Seigneur, elle avait l'impression d'être une enfant stupide et elle n'aimait pas ça du tout. "On pourrait aller au restaurant ou voir un film si tu préfères."

Il fronça les sourcils. Elle ne le regardait plus et l'excitation rougissant ses joues avait disparu, laissant les coins de sa bouche tournés vers le bas et ses doigts tiraillant les draps. "Quoi?"

"Rien, vraiment."

Il ne le croyait clairement pas. "Quoi?" Le ton n'avait pas intérêt à être ignoré.

Cordélia leva la tête haut et rencontra son regard inquisiteur avec dignité. "Du bowling, Angel. C'est un jeu pour enfants. Pas pour les vieilles personnes comme toi."

Les deux sourcils d'Angélus s'élevèrent jusqu'à la naissance de ses cheveux. "Vieux?"

Ooups. "Ouais, parce qu'avoir deux cent cinquante ans fait de toi un perdreau de l'année."

"Deux cent quarante, pas deux cent cinquante, et je ne suis pas vieux." Il fit une pause assez longue pour lui offrir une moue sincère et irritable. "Gueuse effrontée."

L'outrage lava tous les sentiments idiots qu'elle avait concernant son idée de rendez-vous galant. Comment osait-il la traiter de gueuse? "Je ne suis tellement pas une gueuse!" Gueuse effrontée, en effet. Connard.

Il sourit. "Tu essayes seulement de provoquer une réaction."

La mâchoire de Cordélia s'ouvrit largement. "Ce n'est pas vrai."

"Je pense que la dame proteste trop." Angélus ne retint son rire que parce que ça allait la contrarier davantage. "Je reconnais une gueuse quand j'en vois une et, vous, ma chère, êtes une gueuse."

Elle avait deux choix. L'un était de continuer la dispute et de finir mauvaise perdante, et l'autre était de concéder la victoire afin de se racheter. Quiconque ayant une moitié de cerveau choisirait la deuxième option, mais pas elle, et la raison était simple. Son cerveau avait une connexion directe avec une bouche qui ne voulait simplement pas se fermer.

Les lèvres de Cordélia se courbèrent un sourire qui rivalisa avec le sien. "Tu n'as pas encore reçu ta carte de bus gratuite?"

Angélus cligna une ou deux fois des yeux. "Tu réalises que tu viens juste d'insulter un vampire dans sa maison reculée, dans une partie reculée de Sunnydale, n'est-ce pas?"

"Et tu viens juste d'insulter une garce brune dans une maison reculée, dans une partie reculée de Sunnydale. Tu peux peut-être me mordre à mort, mais je peux te faire chanter comme un soprano." La phrase se termina avec une énorme langue tirée qui poussa sa bouche à former une étroite ligne tandis qu'il essayait de ne pas rire.

"Oh ouais?" Elle n'était pas assez forte pour le battre dans un combat de pouce et elle le savait, mais qu'elle l'emmerde était sérieusement excitant, et il le lui dit. "Tu as la moindre idée d'à quoi tu ressembles pour moi?" Lui demanda-t-il avec un sourire.

Cordélia fronça les sourcils avec confusion. "Non?"

Un regard à son joli visage fût assez pour mettre fin à son vaillant effort, et le rire qui s'échappa de sa gorge était profond, rauque, et envoya une vague de chaleur jusqu'à dans l'endroit entre ses cuisses. Ses narines s'évasèrent lorsqu'il capta le doux parfum d'accroissement d'excitation et il ronronna avec délice.

"Oh chérie," ses yeux bruns vacillèrent jusqu'au doré et inversement. "Tu es une poussée d'adrénaline."

Seigneur, il pouvait le sentir, pouvait la sentir, elle.

Cette chaleur se déploya jusqu'à son visage, faisant virer ses joues à un rouge rosé et faisant fondre le noisette en des pupilles dilatées. Il n'y avait pas beaucoup d'intérêt à nier ce qu'il savait déjà. Une poussée d'adrénaline? Etait-ce un compliment ou une autre insulte? Non pas que ça avait de l'importance en ce moment parce que son statut de gueuse prenait une place de choix.

Cordélia laissa Angélus couvrir partiellement son corps, prenant soin de s'assurer qu'il ne la touchait pas du tout, et glissa discrètement ses mains sous l'oreiller le plus proche. "Je suppose que n'importe quel vieux retraité dirait qu'une adolescente est une poussée d'adrénaline," puis l'oreiller fut abaissé sur sa tête.

Le coup le prit par surprise et il se prit à fixer une paire d'yeux espiègles qui clignaient de manière innocente vers lui. "Quoi?" demanda-t-elle, ses lèvres charnues souriant maintenant.

"On te donnerait le bon Dieu sans confession, pas vrai?" interrogea Angélus en se redressant, ôtant l'oreiller d'une main tandis que l'autre était utilisée pour garder l'équilibre. "Je ne suis pas le bon Dieu." L'oreiller entra doucement en collision avec son visage.

Il devait penser avoir gagné, si son gloussement était d'un quelconque indice, mais en ce qui la concernait, il n'avait rien gagné d'autre qu'une condamnation à mort. Elle agrippa l'autre oreiller sur le lit et le prit au dépourvu, il tomba sur le dos et elle rit avec délectation. "Ha!" Cria-t-elle, sa voix remplie de joie. "Si tu te frottes à la meilleure, tu mourras comme les autres."

L'oreiller de Cordélia le frappa trois fois de plus avant qu'il ne réagisse, mais quand il le fit, ce fut avec assez de force pour l'envoyer valser sur le matelas, visage en premier. S'il avait été un homme humain, elle aurait pris ses jambes à son cou, par peur de violences conjugales, mais il n'était pas humain. L'expression sur son visage servait à lui rappeler qu'elle n'avait pas à faire à son âme ou un garçon du lycée, elle avait à faire à Angélus.

Angélus était un vampire sans âme qui jouait simplement et il, ou ça, ne lui faisait pas peur du tout. C'aurait dû, mais ce n'était pas le cas.

Son rire augmenta son envie de chahuter et l'encouragea à ajouter un peu plus de violence à sa riposte de sorte qu'il reçoive un peu de ce qu'il donnait, et son oreiller claqua contre sa tête. Avant qu'il n'ait l'occasion de répondre, elle lui donna un autre coup costaud, et cette fois, ce fut contre son torse.

"Qu'est-ce qu'il y a, vieil homme?" nargua Cordélia. "Fatigué?"

"Espèce de chipie," gronda-t-il à moitié. "Sale petite chipie!" Il fit claquer son oreiller contre sa tête et reçu un coup similaire en retour, donc il recommença, mais elle bloqua le deuxième assaut avec le sien.

"Nanananère! Tu ne m'as pas touchée!" Chanta-t-elle, utilisant sa distraction momentanée pour flanquer son arme dans son dos, forçant son peignoir à se relâcher un peu, mais elle s'en fichait. Elle vit le coup arriver et le bloqua avec son oreiller, gloussant devant l'expression surprise sur son visage.

Cette fois ce fut Angélus qui utilisa la distraction momentanée à son avantage, et il fut capable de donner un coup, mais il n'était pas préparé pour la riposte soudaine, que sa mâchoire subit. Son oreiller s'abaissa, encore et encore, sur son visage, l'obligeant à utiliser le contact physique pour arrêter ses attaques. Ses jambes s'enroulèrent autour de sa taille et ses hanches se soulevèrent du lit pour qu'elle puisse utiliser le poids et l'élan pour le faire rouler sur le dos.

Elle était en train de gagner, de vraiment gagner contre un vampire. A quel point était-elle cool?

Cordélia écrasa son oreiller sur toutes les parties de son corps auxquelles elle avait accès. Visage, tête et torse reçurent le même traitement jusqu'à ce qu'il en ait assez. Deux grandes mains s'enroulèrent fermement autour de ses poignets, des doigts épais serrèrent d'une façon qui lui fit lâcher l'arme, et Angélus lui mit ses vilaines petites mains derrière son dos. Elle ne s'avoua pas vaincue pour autant, et lutta et gigota sur lui, ses jambes se balançant de chacun de ses côtés.

Il rit simplement, sachant que savourer autant quelque chose allait à l'encontre de toutes les règles, mais merde. Il se redressa et bloqua de manière experte ses poignets dans une grande paume, laissant l'autre libre pour balancer un oreiller à l'arrière de sa tête. Elle hurla avec frustration, ses pieds poussèrent plus fort sur le matelas, leur faisant perdre l'équilibre à tous les deux. Les oreillers volèrent dans la pièce, les draps étaient au-delà de froissés et il était totalement au-dessus d'elle alors que ses bras étaient douloureusement bloqués sous leurs poids combinés.

Ce ne fut que par un quelconque miracle qu'elle parvint à les faire rouler sur le côté, mais malheureusement, il n'y avait plus de lit pour amortir leur chute.

Angélus grogna quand le coin de sa table de nuit cogna contre l'os de sa cheville, laissant de sales éraflures rouges dans son sillage, et elle siffla un ouille quand sa tête entra durement en collision avec le sol. Malgré l'incommodité de voir ce qui ressemblait à un camion trois tonnes atterrir sur ses côtes et une batte de baseball sur son crâne, Cordélia rit.

Seigneur, elle n'avait plus fait de bataille d'oreiller depuis son enfance. Comment avait-elle pu oublier à quel point c'était amusant?

Lui, d'un autre côté, souffrait des effets de deux seins amples et doux et de mamelons durcissant pressés contre son torse. Il regarda dans ses yeux noisettes et brillants, et remua oh-si-légèrement, juste pour qu'elle sache ce que leur petite bataille lui avait fait. Lentement, son rire s'atténua en un hoquet occasionnel, et ses mains formèrent des poings relâchés qui virent se poser sur ses épaules.

"Déjà vu," murmura Angélus, remarquant que c'était une réplique exacte de l'année dernière, dans le cimetière.

Cordélia fixa le visage vampirique. "Je suis assez d'accord."

"Du temps et des occasions manquées," dit-il, répondant à son sourire par le sien.

Elle se mordit la lèvre tandis que ses doigts s'étalaient sur les larges épaules, le mouvement fit glisser son peignoir et lui permis de toucher sa gorge. Elle était épaisse de muscles et immobile avec la mort, pourtant elle aurait pu jurer qu'elle sentait un pouls sous la peau. Ses ongles tracèrent un lent chemin sur les parties visibles du torse, les pectoraux se tendant sous le petit contact explorateur.

"A quoi tu penses?"

Cordélia haussa les épaules. "Au temps et aux occasions manquées, je suppose, mais ça ne sert à rien de ressasser les choses, pas vrai? Laisse-moi me lever." Elle poussa sur son corps sans succès, en un effort pour l'éloigner d'un sternum légèrement douloureux.

Angélus sourit vilainement alors qu'il lisait entre les lignes. "La réponse est oui et le sexe n'aurait pas été requis pour y arriver."


Pourquoi est-ce que c'était lui qui parvenait à la rendre sans voix en une seule phrase?

Cordélia cligna des yeux vers lui, ses lèvres et son cerveau n'étant pas sûrs de quoi dire en réponse, donc elle resta simplement couchée là, ayant à nouveau l'impression d'être une biche prise dans les lumières des phares, jusqu'à ce que les mots lui viennent enfin. "Je ne vois pas ce que tu veux dire. Tu aurais perdu quoi? Ta santé mentale? J'ai une nouvelle pour toi, vieil homme..."

Angélus rit, coupant efficacement l'insulte avant qu'elle n'ait l'occasion de finir. Il se releva et lui tendit une main tandis qu'il accrochait un pouce dans la ceinture du peignoir, tirant délibérément dessus pour attirer ses yeux là où une ligne ferme était cachée par la soie. "Tu vois exactement ce que je veux dire, Cor. Si on avait été ensemble, alors mon âme se serait envolée en quelques semaines, pas l'année et le rut rapide dans le noir avec elle."

Ses joues déjà rougies devinrent encore plus rouges et ses yeux tentèrent de regarder n'importe où sauf . Des doigts fins chipotèrent avec le bord de sa, à lui, pas elle, chemise, tandis que des orteils s'enroulaient dans l'épaisse carpette alors qu'elle se relevait difficilement. Ce n'était pas de la nervosité qu'elle ressentait, mais ses propres sentiments.

Une partie d'elle voulait qu'il ne lui dise pas des choses comme ça, mais une autre partie d'elle voulait les entendre. Seigneur, à quel point une fille pouvait-elle être jalouse, se demanda-t-elle. "Pourquoi? Je veux dire, comment tu peux dire ça, sans le savoir avec certitude?"

"Je le sais avec certitude," répondit-il avec un sourire qui disait tout. "Pense à cette dernière semaine, Cordélia." Il observa son visage et chaque expression qui l'inondait, puis observa un regard coquet venir à sa rencontre. "Maintenant imagine toute une année comme ça. Même pas un an. J'aurais connu l'extase après un mois."

"Tu peux dire ça maintenant," fit-elle remarquer. "Mais est-ce que tu pourrais le dire avec une âme?"

"Si je pouvais interrompre le périple de la culpabilité assez longtemps pour former une phrase entière, tu veux dire?" Angélus haussa les épaules, appréciant de prolonger sa curiosité. "Il n'y aurait pas assez de temps pour le dire. L'âme disparaîtrait comme ça." Il claqua des doigts.

Cordélia fronça les sourcils avec confusion. "Je ne comprends pas. C'est sûr, elle et toi aviez une relation misérable, mais elle vous rendait tous les deux heureux. Alors pourquoi moi et pas elle?"

"Tu aimes mon club, non?" Elle acquiesça. "Buffy ne savait pas que j'avais un club. Je n'y allais jamais, mais il était là, et c'est juste un exemple. Comment j'aurais pu connaître l'extase en étant avec quelqu'un qui me cachait et qui se cachait de moi? Elle se fichait de me connaître, se fichait de voir au-delà de ce qui était le Roméo de sa Juliette."

"C'est vrai qu'elle aime le drame," dit-elle avec un sourire. "Ça ne veut pas dire que tu l'aurais perdue avec moi."

Il devint concéder que c'était un argument valide. "D'accord, autre exemple, un que ton cerveau pourra absorber."

"Salaud."

"J'essaye," Angélus lui fit un clin d'œil. "Elle a crié quand elle a découvert que j'étais un vampire. Toi, d'un autre côté, tu as dit 'ew' et tu es partie. Pas la réaction la plus géniale, mais mieux qu'un cri terrifié." Il fit une pause. "Ew, Cordélia. Tu m'as qualifié de 'ew'. Pourquoi tu m'as qualifié de 'ew'?"

Le regard qu'elle lança était rempli d'incrédibilité. "Duh. Mort vivant ambulant." Elle s'arrêta et frissonna. "Ew, et ça n'explique toujours pas pourquoi le sexe serait requis avec elle et pas avec moi."

Il se frotta le front tandis qu'il soupirait avec exaspération. "Essayons de cette façon, d'accord? Je n'ai pas d'âme mais tu es dans ma maison, dans ma chambre, tu as dormi dans mon lit et est restée indemne. Tu t'es déjà demandé pourquoi? Plus précisément, y as-tu même déjà réfléchi?"

Sa confusion fit place à une perplexité sincère qui le fit ricaner et secouer la tête. "Oui et non," Cordélia commença à trier les nombreuses pensées bourdonnant dans son cerveau. "Je me suis interrogée sur le sujet, sur toi, au début, mais ensuite j'ai arrêté parce que je t'aime bien... Oh."

"Une semaine, c'est tout ce qu'il a fallu. Je répète, imagine toute une année comme ça."

Angélus observa une nouvelle fois le spectacle des émotions éclairer son visage, lui faisant ouvrir la bouche et la laissant silencieuse. Cela servit uniquement à lui rappeler à quel point, au juste, il était doué lorsqu'il était question de manipulation mentale, surtout lorsque cela concernant une femme comme Mme Chase, sa propre femme fatale.

"Donc," dit Cordélia quand le silence entre eux commença à lui taper sur les nerfs. "Comme on ne peut pas sortir avant demain, maintenant, qu'est-ce qu'on va faire pour tuer le temps?"


"Je n'arrive pas à croire que je t'ai laissé me convaincre de faire ça."

"Je ne t'ai convaincue de rien du tout. Ce n'est pas moi qui suit fanatiquement curieux."

Il y eut une pause. "Est-ce que tu viens de me traiter de folle?"

"C'est toi qui voulait monter ici juste pour voir la," sa voix se transforma en une imitation aigüe d'une fillette de huit ans, "Grande tour de princesse."

"Tu aurais pu dire non. C'est ta maison, tu te souviens?"

"Et puis quoi? T'entendre pleurnicher dans mon oreille jusqu'à ce que je meure d'ennui?"

"Pleurnicher? Je ne pleurniche pas."

"Tu es une femme, pas vrai? Ça fait partie de la description de ton travail."

"Excuse-moi!"

"Ce n'est pas moi qui devrais dire ça? Après tout, c'est toi qui n'avance pas sur cet escalier vers l'enfer."

Cordélia lança un regard noir à la silhouette du vampire, ses yeux noisettes crachant de la haine causée par des pieds en feu et des talons stupidement hauts. "Tu veux que j'avance? Très bien. Je vais avancer." Elle commença à monter plus d'escaliers en tapant des pieds, ses talons ressemblant à du tonnerre pour ses oreilles alors qu'ils s'écrasaient contre le sol. "J'avance assez pour toi?"

"Seigneur, tu es vraiment une pleurnicheuse."

"Tu as dit quelque chose? Je n'arrive pas à t'entendre par-dessus mon avancée." Elle ignora la douleur piquante afin de claquer ses pieds encore plus fort contre le sol. Malheureusement, des chevilles et des pieds douloureux mirent rapidement fin au spectacle bruyant de défi, à son plus grand soulagement, et elle fit une pause pour reprendre son souffle. Sa bouche s'ouvrit en préparation pour parler, mais elle fut interrompue.

"Avant que tu ne le dises, je ne t'ai pas mis une arme contre la tempe pour te forcer à mettre ces chaussures."

"Ce n'est pas ce que j'allais dire." D'accord, alors peut-être que c'est ce qu'elle allait dire, mais ça ne signifiait pas qu'il devait le savoir.

Il ne faisait pas assez sombre dans la cage d'escaliers pour qu'elle rate le sourcil arqué. "Alors qu'est-ce que tu allais dire?"

Les chaussures en question claquèrent une ou deux fois de plus alors qu'elle remuait en un effort de faire démarrer la partie vive d'esprit de son cerveau. "J'allais dire que c'est de ta faute si tu as choisi ce stupide trou de l'enfer rempli de courants d'air qu'est ce château pour vivre."

"Ce n'est pas parce que j'ai choisi de vivre ici que tu devais exiger une visite guidée de la fichue tour la plus haute!"

Il marquait un point. Maudit soit-il, et ses capacités à lancer des arguments pertinents. "Je répète, tu aurais pu dire non. Tu sais ce que ce mot veut dire, n'est-ce pas?"

Angélus résista à l'envier de s'arracher les cheveux à mains nues. "Je sais exactement ce que ça veut dire. Ce n'est pas moi qui suis lunatique."

"Ouais, hé bien. Je suis une gomme, tu es de la colle." L'insulte mesquine se termina avec un gros soupire qui vint avec un 'urgh' pour un effet complémentaire. Elle croisa les bras, pinça les lèvres et attendit sa prochaine réponse, qui était quelque chose de similaire à la sienne, sauf que son regard était bien plus meurtrier.

Ils restèrent à là, à se fixer, chacun voulant que l'autre abdique et admette qui était responsable du fait qu'ils étaient à là, à mi-chemin de tomber morts. Des secondes, peut-être minutes, passèrent avant qu'ils ne détournent simultanément le regard, l'une grognant un soupir et l'autre grinçant des crocs en formation. Seigneur, il n'avait jamais eu autant envie de mordre quelqu'un de toute son existence vampirique.

Le silence lui tapait sur les nerfs plus que la montée des escaliers raides et en colimaçon. Elle laissa sortir un souffle et décida que c'était à elle de limiter les dégâts puisqu'il était trop têtu.

"Tu m'aides à bouger mes chaussures?" demanda-t-elle, se faisant délibérément passer pour une demoiselle en détresse.

"Est-ce qu'elles ne vont pas rester collées à moi?" Alors, il ressemblait à gamin irrité, allez porter plainte contre lui.

"Je ne voulais pas te traiter de colle. Honnêtement. Tu es plus comme une grosse boule de chewing gum... Ou quelque chose d'aussi collant et amusant à jouer avec."

Ca provoqua le début d'un sourire. "Amusant à quel point, exactement?"

Cordélia fit distraitement tournoyer une mèche volante de ses cheveux alors qu'elle regardait le vampire, sentant son visage chauffer sous son attention intense. Il avait été quelques pas derrière elle, mais était maintenant tout près, dans sa zone personnelle. Il était si près qu'elle pouvait voir des mouchetures dorées éclairer ses vilains yeux et entendre le souffle expiré en un profond ronronnement. Ses lèvres étaient incroyablement pales, même dans le noir, et ses dents étaient blanches et pointues.

Il ne portait pas d'eau de Cologne et tout ce qu'elle pouvait sentir était la délicieuse combinaison du cuir, de minuit et de quelque chose qu'elle ne parvenait pas vraiment à remettre. C'était un étrange mélange de chaleur musquée et de masculinité naturelle, et c'était oh-si-bon. Elle se pencha un peu plus près, ses yeux clignotant lorsque de la barbe naissante lui chatouilla le nez et les lèvres. Elle pouvait presque le goûter.

"Je ne sais pas." Parvint-elle à dire, son effort pour se reculer arrêté par un mur courbé derrière elle. "Je n'ai jamais joué."

Angélus sourit un sourire de requin et s'abaissa. "Tiens mon épaule," dit-il, ne détournant jamais son regard de son visage. "Pied droit."

Cordélia souleva docilement son pied droit, sentant ses doigts frôler sa peau pour détacher la fine lanière, puis le sentit lui ôter sa chaussure. A la seconde où elle fut mise sur le côté, il profita de l'occasion pour faire trainer un ongle de son orteil à son talon, dessinant des motifs aléatoires jusqu'à ce qu'il atteigne sa cheville.

"Tu sais," commença-t-il avec désinvolture. "A l'époque, voir le pied nu d'une femme était assez pour causer un scandale des pires qui soient. Elles avaient ces bas blancs qui couvraient chaque centimètre de peau imaginable."

"Si on se faisait prendre, tu devrais m'épouser pour sauver ma réputation," fut la réponse et elle vint avec un joli petit sourire qui se transforma en un sourire rempli de curiosité. "Tu t'es déjà marié?" Elle espérait que non et puis eut l'impression d'être une gueuse jalouse, mais le retirer ne fit qu'empirer ce qu'elle ressentait. Juste parce qu'il ne la connaissait pas à l'époque ne signifiait pas qu'Angel ne méritait pas d'avoir une épouse s'il le choisissait. Tout de même, la pensée de lui et ça lui fit faire la moue.

Angélus vit son expression et lui fit un clin d'œil racoleur. "Je n'étais pas assez bête pour me faire prendre. Pied gauche."

"Tu es un salaud." Elle obéit et offrit son pied gauche. Ses yeux scintillèrent lorsqu'elle l'observa prodiguer la même quantité d'affection sur ses orteils, les tortillant quand son doigt explorateur atteint un endroit sensible. Devant son regard, "Les norteils chatouillent sur celui-là."

Un fou rire résonna dans la cage d'escaliers. "Norteils?"

Cordélia haussa les épaules. "Norteils sonne mieux que doigts de pieds ou orteils." Son pied fut replacé sur la marche et maintenant qu'elle était sans talon, elle était plus petite de quelques centimètres et son souffle resta coincé dans sa gorge. Ses mains étaient maintenant sur ses mollets et sa jupe s'éventait autour de ses épaules, de sorte que, tout ce qu'il devait faire était se mettre debout pour lui relever la jupe jusqu'à la taille. Ce fut suffisant pour la frapper là où ça faisait mal, même assez pour que ses fantasmes prennent leur envol.

Elle était sûre que ça ne l'embêterait pas trop d'arrêter sa fichue taquinerie et d'en finir. Oh, attendez. C'était Angélus. La torture lui faisait prendre son pied.

Ses yeux s'assombrirent, ses lèvres se serrèrent en un demi-sourire alors qu'il se relevait lentement, laissant ses doigts glisser le long de ses jambes. Angélus grinça des dents quand un fort parfum d'excitation remplaça l'air moisi du hall, et il ronronna. Comme il serait facile de continuer à la toucher, encore plus facile de déflorer la putain vierge juste ici, sur les marches. Il savait qu'elle était prête. Diable, il pouvait fichtrement goûter qu'elle était prête et ça le tuait de penser qu'il se refusait un doux plaisir à cause de sa fierté.

Cordélia trouva que sa bouche ne fonctionnait pas et elle cligna des yeux en réponse à sa question. "Tu veux continuer?"

Y avait-il quoi ce que soit de mieux que de rendre une femme sans voix? "Bien sûr," coassa-t-elle. Seigneur, tout ce qu'il avait fait, c'était ôter ses chaussures et elle était devenue toute excitée. Tu parles d'être désespérée.

Angélus la poussa un petit peu et souleva ses chaussures, les faisant pendre sur son index. "Tu sais qu'il n'y a rien là-haut, n'est-ce pas?"

"Peut-être, mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien à voir."

Il secoua la tête. "Allez alors, Fouineuse. Plus que quelques marches."

Elle reprit la marche, maintenant un peu moins douloureuse, et grommela un soupir. "La prochaine fois que je décide de partir en randonnée..."

"Je te remets les idées en place en t'assommant. Je le ferais avec plaisir, crois-moi."

"Tu n'étais pas oblige de venir avec."

Il ricana. "Et te laisser fouiller chaque coin et recoin de ma maison?"

Des yeux noisettes se levèrent au ciel. "Je n'irais pas dans l'aile ouest."

"Pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a dans l'aile ouest?"

Cordélia s'arrêta si soudainement qu'Angélus fut à quelques centimètres de la déséquilibrer. "Tu connais la Belleet la Bête, n'est-ce pas?"

Il railla. "Evidemment que je connais la Belle et la Bête. La fille échange sa liberté contre celle de son père. Elle va vivre avec un prince transformé en bête à cause de son arrogance et ils vécurent heureux pour toujours... Tu me traites de bête?"

"Oh mon Dieu! Tu n'as jamais vu la Belle et la Bête! Et non, je ne te traite pas de bête. Je faisais référence au dessin animé de Disney, où la Bête interdit à Belle d'aller dans l'aile ouest?" Il n'y eut absolument aucune reconnaissance sur son visage, ni dans sa réponse. "C'est bon. Toi et moi? On va se faire un marathon de films, en commençant avec La Belle et La Bête."

Angélus commença à rire de manière incrédule. "Tu crois que je vais regarder Disney? Tu es vraiment folle."

"Pourquoi pas?" défia-t-elle, et elle reprit la montée des marches. "Tu as peur d'aimer? Ou peut-être de pleurer? Oh, désolée. Les hommes ne pleurent pas. Ils ont juste quelque chose dans l'œil."

"Je m'insurge contre ça. J'ai pleuré, une fois."

Ce morceau d'information stoppa Cordélia net pour la deuxième fois. "Tu as pleuré? Comme dans de vraies larmes? Quand et, encore plus important, pourquoi?"

"Demande encore, sans la surprise."

Son visage se renfrogna et elle réalisa l'impression que cela avait dû donner. "Je ne voulais pas sous-entendre que tu es un salaud sans cœur et sans émotion, c'est juste... Je ne comprends pas ce qu'il a fallu pour te faire pleurer. Alors, c'était quoi?" Ce devait être quelque chose de majeur.

Ses pensées étaient représentées sur son visage et Angélus sourit. "Un ballet."

Elle aurait ri si elle n'avait pas été aussi choquée. "Un ballet?" demanda Cordélia, sa voix remplie d'incrédibilité, et elle fut obligée de le fixer pour trouver une quelconque trace de mensonge. Il n'y en avait aucune et ça voulait dire qu'il était vraiment et follement sérieux là-dessus. "Tu as pleuré devant un ballet?"

Angélus courba un sourcil. "Je croyais que tu aimais les garçons sensibles."
Le sourire qu'elle fit était victorieux et complaisant. "Tu l'as dit toi-même, Angel. Il y a une différence entre la sensibilité et être une grosse tapette."

"Tu n'es pas drôle, Cordélia. Tu penses l'être, mais tu ne l'es pas."

"Je sais. Je suis hilarante."

Il la gracia d'un regard de pur dégoût. "Tu as pris des cours pour me casser les burnes?"

"Non. C'est un cadeau de Dieu."

C'était une telle petite chipie. Si qui que ce soit d'autre lui parlait ainsi, ils seraient morts plus vite qu'ils ne pourraient cligner des yeux. Huh. Peut-être que c'était pour ça qu'elle pouvait le taquiner sans en subir les conséquences. Parce qu'elle n'avait plus peur de lui. Enfin, plus trop en tout cas. Ou peut-être qu'il aimait simplement être insulté. Après tout, les vampires étaient des masochistes notoires et il était l'un des plus grands.

Ou peut-être qu'il aimait simplement la manière dont sa langue se faisait pincer par ses dents, la manière dont ses yeux et son sourire devenaient effrontés, la manière dont ses épaules allaient d'avant en arrière. Aw mince. Il aimait simplement ses maniérismes sarcastiques, point. Il n'y avait pas de doute là-dessus, Cordélia Chase était un problème de la meilleure espèce, et afin de garder son genre de problème, il fallait donner un problème en retour. Evidemment, il allait devoir l'habituer lentement quand il était question de ses jeux, mais il avait le temps et il avait définitivement l'énergie.

Maintenant, tout ce dont il avait besoin était le bon moment pour mettre son plan en action.

Angélus leva les yeux au ciel pour une aide quelconque. "D'abord elle veut une visite guidée, ensuite elle se plaint, puis elle insulte. Les femmes," grogna-t-il avec une frustration exagérée. "Je ne les comprendrais jamais."

Cordélia le regarda, sachant que le spectacle était pour elle, et se sentit un peu suffisante en conséquence. Elle aurait parié vingt gros billets que Buffy n'avait jamais eu l'occasion de voir son côté abruti. "Tu pourrais être un peu plus andouille?"

"Tu veux vomir?"

La raillerie conversationnelle cessa assez longtemps pour qu'ils partagent un sourire. Il soutint son regard jusqu'à ce qu'elle rougisse et détourne les yeux. Oh ouais. Ça ne serait pas une corvée de la convertir à sa manière de penser.

"Pas vraiment. On peut aller voir la tour maintenant? Mes pieds attrapent froid à rester ici sans bouger."

"J'ai le remède contre les pieds froids."

Il grimaça quand son cri de surprise le traversa, faisant crépiter ses deux oreilles sensibles. Il fallut une ou deux secondes pour que les vibrations cessent et il réussit à la faire s'installer dans sa nouvelle position contre son torse. "Ça va?"

Pour sa part, c'est tout ce qu'elle pouvait faire pour ne pas fixer derrière lui, le très long et très dur sol en béton. S'il tombait...

Cordélia déglutit et s'agrippa un peu plus fort. "Bien. Je vais bien," et elle irait bien tant qu'elle ne regarderait pas en bas. Focalisant toute son attention sur Angélus et essayant de garder l'instinct de se blottir bien enterré, elle offrit un joli sourire. Il la portait comme si elle pesait moins que rien. Impressionnant et assez séduisant si elle le disait elle-même.

"Est-ce que ton nom a toujours été Angel?"

"Liam," répondit-il, sa voix semblant un peu bizarre. "Mon nom humain était Liam. J'avais vingt-sept ans quand je suis mort."

"Si tu n'es pas à l'aise de parler de ça, on n'est pas obligé..."

Angélus rit tout bas. "Je ne suis pas mal à l'aise. Je profite simplement de l'occasion de te peloter." Dieu savait qu'il en avait besoin. Toute la situation commençait à l'atteindre, à vraiment l'atteindre. Il avait été éveillé toutes les heures de la nuit, à se tourner et se retourner dans tous les sens, alors qu'il était couvert de son parfum, et ces massages qu'elle faisait étaient la cerise sur le gâteau qu'était son érection permanente.

Elle n'était peut-être pas en période de menstruations, mais ça ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas le sentir sur elle, parce qu'il le pouvait. C'était mélangé avec du sexe piquant et savoureux, et de la lotion pour bébé, et il n'y avait aucune échappatoire pour lui et ça faisait son chemin à coup de griffes jusqu'à sa santé mentale comme des ongles sur un tableau noir. Tout ce qu'il voulait faire, c'était la faire payer pour ce qu'elle lui faisait.

La question ne se posait pas qu'elle allait payer, et payer cher, mais pas encore.

Le reste de la montée se passa dans un silence confortable, avec seulement les sons de son cœur et de sa respiration pour le briser. De temps en temps, Cordélia bougeait la tête pour qu'elle se repose soit sur son épaule, soit sur sa joue, lui permettant de perdre un peu plus de ce qui lui restait de santé mentale et de volonté.

Ses doigts frôlèrent le doux dessous de son sein et il sourit comme un fou quand elle aspira un profond souffle tremblant. Ce n'était pas un contact sexuel, il réajustait simplement sa prise, mais c'était assez pour voir des ongles entrer dans sa peau.

Angélus le refit, cette fois ajoutant la plus légère des pressions, qui fit clignoter ses paupières et serrer ses doigts autour de son cou. Il sentit quelque chose tirer dans son ventre quand ses lèvres posèrent un bisou chaud et presque imperceptible contre sa mâchoire, et sa main serra involontairement un peu plus fort en guise de récompense.

Merde si elle n'était pas douce et ronde, parfaitement adaptée à sa main et il aurait parié n'importe quoi qu'elle était surmontée de minuscules petits boutons roses. Ils goûtaient probablement la framboise ou la fraise. Il avait du mal à garder patience.

"Cordélia," sa voix, comme de fins grains de sable, brisa l'intensité qui l'entourait, et des iris brillants regardèrent au travers de cils sombres.

"Uh-huh?"

"On est arrivé."

De la déception inonda son visage, faisant baiser les coins de sa jolie bouche. "Oh. Je suppose que ça veut dire que tu dois me reposer par terre maintenant."

Seigneur, être un salaud n'avait jamais été aussi bon. Un énorme sourire illumina son visage alors qu'il la posait par terre, s'assurant qu'elle n'allait pas s'effondrer avant de la lâcher complètement. "Bouge-toi une seconde. La porte est un peu dure."

"Ce n'est pas la seule chose," maugréa Cordélia, se fichant qu'il l'ait entendue ou non. Elle fit ce qu'on lui demandait et se tint sur le côté, ses yeux s'écarquillant avec l'empressement de voir la pièce.

Angélus utilisa une large épaule pour pousser la porte, et quand elle s'ouvrit, la puanteur de la pièce moisie et renfermée les frappa de manière égale. C'était ignoble, leur faisant penser, elle, à des pieds en sueur, et lui, à des corps vieux de plusieurs semaines.

Il lui lança un regard antipathique, "On y va?"

"Oui," vint le coassement toussé. "On y va, et demain on va aller à la recherche d'un désodorisant… Ou peut-être d'une équipe de démolition."

Il fit une pause avant d'entrer dans la pièce, cachant son sourire derrière un regard malveillant. "Tu réalises que tu es dans une partie reculée d'une maison reculée, dans une partie reculée de Sunnydale avec un vampire sans âme, n'est-ce pas?"

Cordélia releva le défi cinglant. "Totalement," répondit-elle, rencontrant son regard avec des yeux remplis d'humour. "Et tu réalises que tu es dans une partie reculée d'une maison reculée, dans une partie reculée de Sunnydale avec une fille qui va botter ton petit popotin luisant si tu ne la laisses pas passer?"

Il y avait beaucoup de raisons au pourquoi il voulait coucher avec elle, et ceci était juste l'une d'entre elles.


Il fallut quelques bonnes minutes à Angélus pour trouver un interrupteur et quelques bonnes secondes pour voir qu'il n'y en avait pas. Il y avait une minuscule fenêtre rectangulaire, laissant entrer assez de lumière de lune pour que Cordélia se déplace confortablement et qu'elle voit ce qu'il y avait ici. Quelques boîtes se trouvaient près du mur du fond et un ou deux coffres, ou quelque chose du style, plus près d'elle.

La pièce en elle-même était grande et ronde, avec des murs en béton gris et froids qui montaient jusqu'à un point très haut. Probablement la flèche, supposa-t-elle, sa tête roulant en arrière pour qu'elle puisse regarder vers le haut. En tournant sur elle-même, elle suivit le travail des briques tournoyantes, et décida finalement que la pièce, dans son ensemble, était cool. Au sens littéral comme figuré. "C'est la pièce avec les gargouilles dehors?"

"Non," répondit-il. "C'est deux portes sur la gauche."

Il reçut un ricanement pour sa peine sarcastique. "Très drôle."

"Je trouvais aussi."

Un sourire fut échangé et tint jusqu'à ce qu'elle se détourne lorsque quelque chose de pointu lui rentra dans le tibia. "Ow!" Cordélia lança un regard noir au vampire, une main frottant la plaie douloureuse. Pourquoi les petites coupures faisaient toujours plus mal que les grosses ? "Je croyais que tu avais dit qu'il n'y avait rien ici."

Angélus haussa les épaules. "Parce qu'il n'y a rien." Enfin, rien qu'il n'ait déjà vu.

"Ca ressemble à rien pour toi?" Son petit sourire était assez apologétique, mais ne fit rien pour apaiser son irritation. "T'as déjà entendu les mots fais attention, Cor, il y a quelque chose devant toi? Ou que dirais-tu de la version plus courte, regarde où tu vas? Purée."

Elle se froissa d'une manière qui lui fit ravaler le ricanement. "J'aurais pu me retrouver avec quelque chose coincé en moi."

"Si tu es tellement obsédée par le fait d'être percée, j'ai deux choix pour toi." Le sourire révélateur de crocs dit tout et des yeux noisettes roulèrent, mais ses lèvres se courbèrent sur les bords.

"Tu es vraiment un pervers, tu le sais ça?"

"Il n'y a pas d'autre façon d'être."

Angélus observa Cordélia s'agenouiller sur le sol sale et poussiéreux, et essayer de toutes ses forces d'ouvrir la malle. Il l'entendit souffler et haleter, vit son visage se froisser quand elle continua à échouer dans sa tâche, puis entendit les jurons maugréés. Environ une minute passa avant qu'elle ne ravale sa fierté.

"Tu vas m'aider à ouvrir ce truc ou tu vas juste rester là, à ne rien faire?"

Un soupir accompagna ses pas tandis qu'il couvrait la distance entre eux, tout en grommelant sur les brunettes autoritaires et leurs idées cinglées de divertissement. Il s'agenouilla à côté d'elle et, avec une main, tira sur le couvercle d'un coup sec, ouvrant la malle qui lui avait donné tant de mal.

Cordélia aurait commenté son esbroufe, mais elle était trop éprise de son nouveau jouet. Sans perdre de temps ni s'inquiéter de ce qui pourrait ou ne pourrait pas être à l'intérieur, elle plongea ses deux mains et fouilla dedans comme un chasseur de bonnes affaires dans une foire d'antiquités.

"Qu'est-ce que tu, euh, cherches?" demanda Angélus, ne pouvant s'empêcher de jeter un œil dans la malle.

Elle s'arrêta une seconde. "Je te ferais savoir quand je l'aurais trouvé," puis reprit sa fouille, le laissant avec rien d'autre à faire que de la regarder.

La lumière de la lune enfilait ses cheveux de platine, un magnifique contraste avec les mèches sombres couleur marron, et son visage ressemblait à de la porcelaine d'argent délicate. Ses cils créaient de fines ombres sous ses yeux et ses joues revêtaient un éclat immatériel, qui ne faisait que s'ajouter à l'effet.

Puis il y avait son parfum. Son doux parfum intoxiquant. Excitation, restants de sang et sueur. Tout était en synchronisation parfaite, et c'était délicieux.

Il n'était pas sûr du temps qui passa avant qu'il ne parle. "Cordélia."

"Ouais?" Elle leva les yeux de sa chasse au trésor, ne s'attendant pas à ce qu'elle vit.

"Tu es une poussée d'adrénaline."