N/A : Hellooo !

Merci à tous pour tous vos messages et vos reviews pour le dernier chapitre !! Je suis contente de voir que mon stratagème –qui consistait à écrire 10 pages de guimauves- à marcher et que cela a éviter ma mort due à la séparation de nos tourtereaux :p

Alors, chapitre qui est donc plus court, mais je pense qu'ils seront tous de cette taille à présent, sauf immense inspiration passagère :)

Un gros gros merci à NiniZik pour le travail de bêta !!!

Raiting : M

Genre : Angoisse (et oui, désolé), Romance (quand même), drama. Que des bonnes choses.

Pairing : GSR, un peu de Sandle peut-être (j'adooore vous faire flipper héhé)

Disclaimer : Rien ne m'appartient dans CSI, mais la majorité des choses dans cette histoire sort quand même de ma tête lool.

Spoilers : Saison 6 et début de la 7 jusqu'au 7x04 Fannysmackin'


Les larmes de l'Ange


Chapitre 9


Une maladie, un deuil, on en parle…mais un chagrin d'amour scelle les mots au bord des lèvres comme si une incompréhensible pudeur devait les retenir, nous empêchant de les communiquer aux autres. Eve Belisle


2 Février 2007

Quelqu'un frappait à la porte.

Les sons étouffés suffirent à me sortir brusquement du semi sommeil dans lequel je m'étais plongée. Ou plutôt dans lequel mon corps exténué avait fini par me forcer à entrer.

Immédiatement, mon estomac se serra douloureusement alors que la brume s'éloignait bien trop rapidement de mon esprit, et je réalisais très vite que le mal de tête provoqué par mes heures passées à pleurer n'avait pas disparu.

Rien n'avait changé.

Je ne voulais pas ouvrir les yeux.
Je m'étais endormie sur la folle pensée que lorsque je me réveillerais, je réaliserais que les dernières semaines de ma vie, et surtout ses dernières heures, n'avaient été qu'un cauchemar. Peut-être que si je fermais les yeux assez fort, je me rendormirais, et cette fois, ça marcherait.

TOC TOC TOC !!!

J'ouvrais les yeux.

La lumière qui traversait les rideaux était faible. Je serais incapable de dire si c'était l'aube qui naissait dehors ou bien la nuit qui tombait. Mes yeux glissèrent vers le réveil digital qui se trouvait sur la table de nuit, égal à lui-même.

5.30 pm

La nuit.

BOUM BOUM BOUM !

Soupirant, je relâchais l'oreiller que j'avais fermement gardé contre moi, avant de glisser mes jambes hors du lit, m'asseyant.
J'avais mal partout, et mes membres douloureux semblaient peser des tonnes. Sans parler bien sûr de mon état d'esprit. J'avais l'impression qu'un puissant étau m'enserrait, me compressait, cherchant à m'étouffer ; comme si toute la noirceur qui semblait se mouvoir en moi se glissait également hors de mon corps, pour venir m'enrober, m'englober. M'avaler.

Je réalisais alors que le téléphone fixe sonnait également dans la pièce adjacente. Je n'aurais su dire depuis combien de temps. Et les coups pour le moins puissant revenaient régulièrement frapper ma porte.

Il n'y avait qu'une personne à ce point obstinée.

Je finis par me lever. Cela m'avait semblé un geste impossible à réaliser –déplier mes jambes, tenir debout, voir même marcher- mais une fois amorcé, je réussis même à sortir de la chambre. Mes pas me conduisirent d'eux même à la porte. Je jetais un coup d'œil dans l'œillet, confirmant mes soupçons, et je soupirais, avant d'ouvrir.

Si je n'avais pas été aussi déprimée, le changement d'expression qui s'effectua sur ses traits aurait presque pu être comique. Je vis tout d'abord son regard énervé et légèrement inquiet, puis l'inquiétude s'imposa en force, et enfin, la surprise s'afficha sur son visage.

« Avise toi de faire une seule remarque sur la tête que j'ai… » lui dis-je d'un ton catégorique, laissant entendre une note de menace qui n'était que l'ombre de ce que je pouvais faire habituellement.

Je m'étais attendue à une répartie bien particulière, bien à lui, complimenteuse dans un sens, dégoulinante d'humour bien lourd dans l'autre. Mais son air sérieux ne frémit même pas, la surprise de nouveau simplement remplacée par une inquiétude visible, ainsi que par du soulagement.

« J'ai essayé de t'appeler. Une trentaine de fois. » dit-il simplement.

« Et tu as également essayé de défoncer ma porte, Greg. Je m'en suis rendu compte, oui. » fut ma seule réponse, qui n'était ni froide, ni ironique. Ma voix semblait avoir quelques difficultés à prendre une quelconque intonation.

« Je peux rentrer ? » demanda t-il alors.

Sachant pertinemment que cela serait peine perdue d'essayer de le faire partir, je dégageais simplement l'entrée, et il n'hésita pas à s'engouffrer dans l'appartement. Je refermais la porte, avant de m'éloigner, supportant difficilement une quelconque proximité avec n'importe qui, à cet instant.

« Alors, qu'est-ce qui me vaut l'honneur de cette visite ? » demandais-je finalement d'un ton qui essayait affreusement d'être léger.

Il fronça les sourcils, essayant de déterminer si ma question était rhétorique ou non, mais étrangement, comme à chaque fois qu'il posait son regard sur moi, seule l'inquiétude réapparut sur son visage. C'était sans aucun doute dû à la tête que j'avais ; je n'avais même pas envie de m'apercevoir dans un miroir, la réaction de Greg était largement suffisante.

« Et bien, peut-être tout simplement le fait que tu ne sois pas venue au labo la nuit dernière, que tu n'aies pas téléphoné pour prévenir ou quoi que ce soit, que ton portable soit éteint depuis des heures, et que ton fixe sonne dans le vide. » finit-il par répondre, et je pu constater que lui, il n'avait pas perdu ses capacités à paraître ironiquement léger.

Ah oui. Le labo.
Je fronçais violemment les sourcils, réalisant que je n'avais même pas pensé une seule seconde au fait que j'aurais dû travailler la nuit dernière. C'était peut-être simplement dû au fait que j'avais été trop occupée à sangloter, roulée en boule sur mon lit, suppliant une quelconque force supérieure, ou entité, ou que ce soit, de mettre fin à la mise en bouillit continue de mon cœur. Oui, c'était sans doute pour ça.

Ha !Ha !

Le simple fait de tourner mes pensées vers mon comportement désespéré de la nuit dernière me rendit à nouveau légèrement nauséeuse, car cette oppressante douleur était loin d'avoir disparu, au contraire. Réussir à la contrôler plus ou moins efficacement ne changeait rien.

« J'étais…j'étais malade… » finis-je par articuler, avec beaucoup plus de difficulté à présent. Apparemment, le contrôle était de courte durée. Au moins, mon teint de plus en plus pâle devait me rendre encore plus crédible.

Greg fit un pas dans ma direction, plus qu'inquiet à présent, et je secouais la tête, ne voulant pas qu'il m'approche, ne pouvant pas. Pas encore.

« Ca va… » murmurais-je. « Je n'ai rien mangé depuis des heures, et je n'ai presque pas dormi. »

Je savais qu'il n'y avait rien de rassurant dans ce que je venais de dire, et ne fus donc pas étonnée lorsque la mine creusée qu'il affichait s'accentua encore légèrement. Mais au moins, il n'essaya plus de m'atteindre.
Mes yeux ne réussirent pas à soutenir son regard plus d'une ou deux secondes, je les abaissais donc, fixant obstinément le tapis, mon cœur battant toujours un peu trop vite.

Après une longue minute de silence, qui commençait clairement à devenir pesant, il parla à nouveau, d'une voix douce et calme, mais clairement catégorique :

« Je vais te préparer quelque chose à manger, et toi, pendant ce temps, tu vas prendre une bonne douche chaude. »

Dans ma poitrine, la blessure à vif qui ne m'accordait aucun instant de répit saigna un peu plus fort. Actuellement, la douche ne me semblait pas être une bonne idée, étant donné le cataclysme qu'avait déclenché la dernière.
J'avalais avec difficulté, la boule qui grossissait dans ma gorge devenant de plus en plus douloureuse, secouant de nouveau la tête.

« Je suis propre. » fut la seule excuse qui s'échappa dans un souffle de mes lèvres, et qui provoqua un froncement de sourcil légèrement incrédule chez Greg. Je savais que dans ce genre de situation, quand quelqu'un parlait d'une douche il voyait plutôt ça dans un but plus relaxant que nettoyant, mais je ne pourrais jamais lui avouer l'effet inverse que cela risquait de provoquer dans mon cas.

« C'est dommage, » dit-il finalement en haussant les épaules. « J'avais l'intention de te dire de te présenter aux élections de Miss Beauté du labo, mais je suppose que je vais devoir me contenter de Miss Serpillière à la place. »

Remarque complimenteuse dans un sens, dégoulinante d'humour bien lourd dans l'autre. Il lui avait fallu plus de temps qu'habituellement, mais il avait réussi à la caser. Et étrangement, cette simple preuve que certaines choses restaient égales à elles-mêmes fut ma première constatation positive de la journée. C'était déjà ça.

Malgré l'once de légèreté que sa phrase m'avait brièvement apporté, mon ego appréciait peu la comparaison à une serpillière. Je lui lançais donc un regard noir et exaspéré, secouant doucement la tête. Il se contenta d'un léger sourire innocent.

« Okay… » finis-je par soupirer, commençant à me diriger vers la salle de bain. « Je vais voir ce que je peux faire… »

Une dizaine de secondes plus tard, j'étais à nouveau seule, enfermée dans la petite pièce. Je m'avançais jusqu'au lavabo, retirant la pince à cheveux qui s'y trouvait toujours, avant de fermer la cuve et de mettre l'eau chaude en marche. J'avais fait de mon mieux pour ne pas lever les yeux vers le miroir, mais il s'avérait que regarder son reflet était un geste réflexe.
Je me vis grimacer à ma propre vue, alors que ma main se portait par automatisme à ma joue droite. Les plis de l'oreiller y étaient encore clairement visibles, formant une étrange cicatrice sur ma peau pâle. Mes cheveux étaient dans un état déplorable, complètement aplati du côté droit, alors qu'à l'opposé ils avaient retrouvé leur épais entremêlement naturel. Entre les profondes cernes, la rougeur caractéristiques et leur aspect encore gonflé, mes yeux ne faisaient qu'aggraver le tableau, et hurlaient surtout haut et fort que j'avais passé un nombre d'heures beaucoup trop important à pleurer. Miss Serpillière n'était pas si mal trouvée après tout.

Je fis du mieux que je pouvais avec le peu de motivation qui m'habitait. J'attachais mes cheveux en chignon, avant de m'asperger à plusieurs reprises le visage, suivit d'un rapide brossage de dents. Le résultat n'était pas vraiment glorieux non plus, mais je n'aurais pas pu m'en préoccuper moins.

Je déverrouillais la porte, et commençais à l'ouvrir, avant de réaliser que Greg était au téléphone dans l'autre pièce. Je stoppais donc mon mouvement, laissant la porte juste légèrement entrebâillée pour entendre ce qu'il disait.

« …pas dire qu'elle va 'bien', rien de physique en tout cas…Je sais, je vais déjà essayer de la forcer à manger… »

Je soupirais, reposant mon front contre le chambranle de la porte, et fermais brièvement les yeux. Je me doutais très fortement de qui était au bout du fil. Cela signifiait que très bientôt, j'allais devoir supporter une double attitude protectrice de la part des garçons…

« …je ne pense pas, mais tu peux essayer de préparer le terrain avec Cath, au cas où ? Je sais que ses dents risquent de grincer si vous n'êtes que trois cette nuit mais…Okay, merci beaucoup, Nick… »

Je l'entendis finalement raccrocher, et je m'accordais quelques secondes pour avoir l'air 'naturel', si c'était quelque chose de faisable…

Quand je sortais finalement de la salle de bain, il était de retour au niveau de la cuisine, entrain de tartiner des toasts. Il me lança un regard faussement inquisiteur, non pas parce qu'il se doutait que j'avais entendu un bout de sa conversation sur mon pouponnage, mais plutôt pour tenter de détecter une quelconque amélioration dans mon état.

« Je savais bien qu'il y avait une Sara Sidle cachée quelque part sous tes cheveux… » dit-il simplement, reportant son intention sur son tartinage.

A ma grande surprise, je sentis malgré moi le coin de mes lèvres s'étirer doucement. Ce n'était qu'une ombre de sourire, mais qu'il arrive à simplement en provoquer la formation était un exploit en soit. Mais je restais muette, allant simplement m'asseoir sur le canapé, mon corps toujours lourd de fatigue n'appréciant pas de rester debout.
Si Greg semblait tellement à l'aise dans la cuisine, c'était parce qu'il avait déjà eu plusieurs fois l'occasion de l'explorer lors de nos soirées DVD, durant lesquelles il passait la majorité du film à faire des allers retours pour prendre quelques choses à grignoter. Ou à sortir une bière du frigo, comme c'était le cas à présent.
Il se tourna vers moi, bière en main :

« J'ai trouvé le parfait remède. Comme dirais Papa Olaf, rien ne vaut une bonne bière pour remonter le moral. Quoi que je ne puisse pas te certifier qu'il fasse allusion à une Heineken mais… »

Je n'écoutais que d'une oreille distraite son nouveau monologue sur les alcools Scandinaves que lui avait fait goûter son ancêtre. Quand le silence retomba enfin, je relevais finalement les yeux vers lui, qui attendait visiblement une réponse.

« Pas de bière pour moi, merci… » dis-je doucement. « J'ai appris à ne plus utiliser l'alcool dans ce genre de situation… »

Et surtout, je lui en avais fait la promesse.
Je pouvais encore le revoir, se tenant dans l'encadrement de la porte, refusant d'entrer, mais n'étant pas non plus capable de partir...

« Je veux que tu me promettes de ne plus utiliser l'alcool comme échappatoire, Sara…Ce n'est pas la solution… »

Il n'y avait pas eu de déception dans sa voix, pas de condescendance. Seulement de l'inquiétude calme. Ce soir là, trois ans plus tôt, à aucun moment il ne m'avait fait sentir un quelconque reproche. Pour la première fois depuis des mois, j'avais eu l'impression d'avoir en face de moi l'ami qu'il avait un jour été, et non pas le superviseur froid qu'il était depuis trop longtemps. Quelle est la solution alors ? avais-je eu envie de lui demander.

Oui, quelle était notre solution, Griss ? pensais-je douloureusement.

Jusqu'à présent, j'avais plutôt bien réussi à ne pas reporter mes pensées sur lui, mais j'étais incapable d'empêcher ce flot de souvenirs, suivit immédiatement par la peine bien sûr.
Je prenais une respiration tremblante, alors que Greg s'asseyait en face de moi, sur la table basse, et ne regardant pas son visage, je fixais l'assiette de toasts qu'il tenait.

Mon estomac était beaucoup trop serré pour que j'aie la moindre envie de manger. Mais je n'avais aucunement l'intention de laisser Greg me 'forcer à manger', comme il l'avait dit à Nick. J'avais encore une certaine fierté. Alors, j'attrapais un toast, avant d'en grignoter le coin.
Je pouvais sentir le malaise de Greg. Comme s'il devait me dire quelque chose de particulièrement désagréable, et qu'il cherchait les bons mots pour le faire. Il allait me demander de lui expliquer la raison de mon chagrin, et je me sentais tout sauf prête à le lui dire.

« Grissom est parti hier. » dit-il soudain. « Pour son enquête. » Précisa t-il.

Je ne m'étais pas attendu à ça.
Il n'avait aucune idée du fait qu'il avait trouvé mon point douloureux, et qu'il venait d'appuyer fortement dessus. Ce n'était rien. Je pouvais jouer le jeu. Je jouais le jeu depuis des mois. Il suffisait juste que je parvienne à adopter un air surpris. Ou une expression autre que la peine que je sentais apparaître à toute vitesse sur mon visage, n'importe quoi. Je prenais une profonde respiration qui avait pour but de me calmer, mais le résultat fut un bruyant reniflement qui m'étonna moi-même, suivit d'une buée caractéristique qui envahit mes yeux. Difficile d'avoir l'air neutre à présent.
Je savais que c'était le fait d'entendre son nom qui provoquait une telle réaction en moi. Après tout, le simple fait de penser à lui me donnait déjà l'impression que mon cœur se faisait cruellement compresser.

Je recommençais à rationaliser. Et cela ne marchait toujours pas.

Greg ne semblait même pas surpris par cette soudaine émotion. Je réalisais alors que sa phrase n'avait peut-être pas été si innocente que cela. Est-ce qu'il savait ?

« Je sais… » murmurais-je finalement, fixant toujours mes genoux.

« Je sais que tu sais. » dit-il doucement.

Je relevais finalement les yeux à cette remarque. Son expression était clairement empathique et peinée, et cela m'apparut soudain comme une certitude qu'il était au courant, et l'absence d'un quelconque choc laissait comprendre que la découverte n'était pas récente.

Un rire fatigué et blasé m'échappa, alors que je fermais brièvement les yeux, et ce faisant, une larme roula sur ma joue.

« Je suppose que vous étiez tous au courant… » chuchotais-je.

Il soupira, et je rouvrais les yeux. Il haussa légèrement des épaules, avant de me répondre doucement : « Je ne sais pas qui exactement est au courant, ce n'est pas vraiment le genre de sujet que nous évoquons régulièrement…Enfin, à une époque, si, les propositions fusaient. Ensuite…je crois que vous nous avez tous bien eu ; assez ironique pour une équipe de CSI, non ? » Sa question était clairement rhétorique, alors je restais silencieuse. Il finit par reprendre : « C'est triste de comprendre le degré d'intimité qui lie deux personnes en les regardants souffrir de plus en plus chacun de leur côté. Au bout d'un moment, les conclusions s'imposent d'elles-mêmes. »

Il n'y avait pas d'accusation dans sa voix, pas de reproche, seulement une triste constatation. Et je ne pouvais que partager son sentiment, qui se décuplait en moi. J'aurais voulu lui dire combien de fois j'avais souhaité pouvoir le crier, pouvoir faire une annonce, pouvoir simplement leur dire à tous que j'étais finalement heureuse. Que malgré les obstacles, nous nous étions finalement trouvés…Et voilà qu'à présent, il n'y avait plus d'annonce à faire. Plus de bonheur, seulement une douleur insupportable. Mais c'était comme si je devais à Greg une quelconque explication, une raison qui lui ferait comprendre pourquoi son amie avait gardé caché la partie la plus importante de sa vie.

« Nous ne pouvions rien…dévoiler. » dis-je finalement d'une voix éteinte, le regard dans le vide. « Il y avait un nombre beaucoup trop important de complications qui en aurait résulté… »

Il demeura silencieux quelques secondes, avant de demander : « Depuis quand ? »

Une nouvelle larme roula sur ma joue. « L'enlèvement de Nick. » Et encore une autre. Puis une autre. Je fermais les yeux, tentant de contrôler l'émotion forte qui m'envahissait à nouveau, mais je savais que cela était perdu d'avance de toute façon.

« C'est un imbécile, Sara… » dit-il alors. La surprise me fit rouvrir les yeux et les poser sur son visage sérieux. Son ton n'avait été ni coléreux ni déçu. Non, il avait dit ça comme si c'était la chose la plus évidente qu'il existe au monde.

« C'est plus compliqué que ça, Greg… » murmurais-je, secouant doucement la tête. Même à cet instant, je ne pouvais m'empêcher de le défendre.

« Je t'ai observé, Sara. » répliqua t-il alors. « Ce n'étais même pas volontaire, je n'ai jamais eu l'intention de le faire…Mais le simple fait de te voir arriver, nuit après nuit, de plus en plus fatiguée, de plus en plus creusée, alors que nous avions tous pu insister au processus inverse, l'an dernier…Lui, il avait la chance de t'avoir. Et il t'a rendu malheureuse. C'est un imbécile. »

Je savais qu'il y avait quelque chose de plus profond dans l'accusation de Greg. Depuis des années, je me doutais que Greg ressentait un peu plus que de l'amitié pour moi, même si je n'avais jamais vraiment porté attention à ses légers flirts ou avances, qui s'étaient d'ailleurs fait de plus en plus rares au fils des ans. Mais l'amertume qui avait sonné, même de façon diffuse, dans sa remarque me fit réaliser que les choses étaient peut-être beaucoup plus complexes que ce que je pensais.
Je faisais de nouveau souffrir quelqu'un, sans le vouloir, mais le résultat était le même.

« Je suis désolé, Greg… » arrivais-je à articuler d'une voix serrée, ne pouvant plus soutenir son regard.

« Tu n'y ai pour rien… » répondit-il doucement. « Je sais bien qu'on ne choisit pas la personne dont on tombe amoureux… »

Je me sentais à nouveau complètement saturée par les sentiments contradictoires qui me traversaient. Ce qu'il insinuait dans sa phrase était plus que ce que mon esprit pouvait supporter. Je ne pouvais pas assimiler tout ce qui me tombait dessus. Ce n'était pas gérable, je voulais juste que cela s'arrête, que l'on me laisse tranquille.
Quand il voulut prendre mes mains dans les siennes, je les retirais vivement, me reculant par réflexe sur le canapé. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas supporter tout ça. Ma tête allait exploser, et l'abysse qui se creusait en moi semblait de plus en plus imposante. Je n'en pouvais plus.
De nouveau un sanglot m'échappa, et je portais une main à mon visage, cachant mes yeux.

« Je ne peux pas… » articulais-je entre mes pleurs. « Je ne peux pas… » Qu'est-ce que je ne pouvais pas, exactement ? Je ne pouvais pas le laisser m'approcher ? Je ne pouvais pas accepter le fait que Grissom soit parti ? Je ne pouvais supporter le fait qu'à présent, je devrais vivre jour après jour, tout en sachant ce que j'avais perdu ? Tout en sachant ce que nous aurions pu être ?

Tout ce que nous ne serions jamais.

Quand Greg s'assit à mes côtés, je ne bougeais même pas, bien incapable de me déplacer, mais mon esprit lui hurlait de s'éloigner, même si c'était inutile.

« Sara… » dit-il doucement. « Jamais je ne profiterais de toi, d'une quelconque façon. Je me suis fait une raison depuis des années, et mon deuil est fait depuis longtemps. Je me haïrais pour tenter quoi que ce soit alors que tu es complètement vulnérable et désespérée ; tu n'as rien à craindre de moi. »

Venant de n'importe qui d'autre, cela aurait pu être un brillant stratagème pour au final obtenir ce qu'il disait ne pas vouloir. Mais à cet instant, je compris avec certitude qu'il disait la vérité, que tout ce qu'il voulait, c'était me prouver qu'il y avait quelqu'un de présent à mes côtés. Que je n'étais pas encore complètement abandonnée.

Alors, sans un mot de plus, je me nichais contre lui, trempant son t-shirt de mes larmes, tendit qu'il me serrait contre lui.
Tout était différent, oui. Il n'avait pas la même carrure. Son odeur n'était pas la sienne. Aucun frisson ne me traversa lorsqu'il glissa sa main dans mes cheveux. Mais le réconfort était là.

Simple et innocent.

Quand mes pleurs finirent par s'épuiser, mon corps exténué entraînant mon esprit dans le sommeil, je sus que lorsque je me réveillerai, je ne serai pas seule.


N/A : Quoi ?
Vous ne saviez pas que j'étais Sandle ?? Ah booon, je croyais l'avoir écrit, non, que j'en avais assez du GSR et que j'avais changé le pairing de cette fic ? NIAK NIAAAAAK. Roh, ça va, hein, vous stressez pas, je rigoleuh :-p Je sympathise Sandle, c'est tout hihi.

Bon, pas de guimauve ni de GSR tout court d'ailleurs, dans celui là, mais j'espère que vous êtes toujours là, et que vous viendrez quand même lire la suite ;-)

Une tite review, pour ranimez mon âme de GSR ?

Poutous poutous !

Elialys