Chapitre 10 : Premier baiser

Ils avaient vite rejoint l'immense salle à manger. Il était l'heure du souper et quelques mangemorts étaient déjà présents. C'était plutôt étrange pour Harry, il était un peu nerveux. S'ils l'attaquaient, il n'hésiterait pas à riposter ! Le Lord ne semblait pas se soucier de ce genre de chose car il rejoint son siège en bout de table sans adresser un regard à quiconque. Il leva la main en direction du plus jeune pour lui indiquer de s'assoir à sa droite. Tous les mangemorts présents faisaient de grands yeux. Harry Potter ? Ici ? QUOI ?

Harry décida de la jouer comme Voldemort, impassible. Il s'assit à sa droite, le nez pointé en l'air, le visage neutre. Il ne regarda personne si ce n'est son hôte.

Comme le maître des lieux ne disait rien, personne n'osait ajouter un mot. Tous s'assirent pour prendre le repas. Un silence pesant régnait dans la salle. Harry se permit un coup d'œil : c'était une grande salle, avec une longue table de bois sombre, deux grandes fenêtres laissaient passer la lumière du soir et de riches ornements décoraient les murs verts forêt. Harry aimait beaucoup ce genre de décoration. Voldemort dut se rendre compte de ce que pensait son jeune invité car il eut un petit rictus appréciateur. Si son invité se sentait bien, il resterait. C'était une bonne logique, non ?

Une armée d'elfe de maison arriva bientôt avec des plats plus somptueux les uns que les autres. Ca donnait l'eau à la bouche, se dit Harry. Tout le monde attendit que le maître des lieux soit servi avant de l'imiter. Harry se servit un steak saignant, une salade de pomme terre et des haricots. C'était simple mais c'était un des plats préféré du jeune homme. Voldemort avait pris presque pareil au grand étonnement d'Harry.

Le repas bien que silencieux se passa bien. Le dessert était une dame blanche, pour le plus grand régal du jeune homme. Dès qu'il eut fini, le Lord lui fit signe de le suivre. Harry, ignorant les autres le suivit.

Ils allèrent s'installer dans un salon chaleureux du deuxième étage et discutèrent. Voldemort lui apprit qu'il donnerait une grande réunion pour expliquer sa présence dans le manoir Riddle. Il ne se ferait donc pas attaquer au moindre tournant.

Ils discutèrent doucement de tout et de rien sans aborder de sujet sensible, comme un accord tacite pour éviter les sujets tabou. Ils en parleraient un jour mais pas aujourd'hui.

Très tard ce soir-là, le Lord le conduisit dans une magnifique chambre –aussi grande qu'une suite personnelle- juste à côté des quartiers personnels du maître des lieux. Celui-ci avait décidé de faire la cour au jeune homme si puissant qui avait décidé de vivre dans sa demeure.

Harry se promit que le lendemain il parlerait à Severus pour lui expliquer la situation. Il devait se faire un sang d'encre à son propos. Harry s'endormit facilement, fier de lui. Il avait non seulement réussi à s'associer à son « ennemi » mais avait aussi engagé un dialogue qui lui semblait être d'égal à égal. C'était une grande avancée en avant !

Il eut une dernière pensée avant de sombrer dans les limbes, son dos le tiraillait toujours un peu. La vengeance se rapprochait cependant…

Le lendemain, un elfe vint le chercher pour aller manger. Lorsqu'il arriva dans la salle, le lord n'était pas encore arrivé. Il s'assit à la même place que la veille et attendu. Il sursauta lorsqu'une mais s'abattit sur son épaule gauche : Severus se tenait à sa gauche. Harry eut un sourire discret mais sincère en voyant son amant à ses côtés.

Suis moi après le repas Severus, lui chuchota le jeune homme.

L'homme aux longs cheveux noir hocha simplement de la tête, une lueur interrogatrice dans les yeux. La rumeur devait s'être rependue rapidement car aucun mangemort présent ne vint lui adresser la parole bien que tous le regardaient étrangement. Certains souhaitaient clairement sa mort mais Harry n'en avait cure, bientôt tous sauraient où était sa vraie place : aux côtés de leur maître.

Le lord Voldemort arriva dans la salle d'une démarche princière. Tout le monde se tut et s'installa à sa suite. Voldemort leva la main comme s'il réclamait le silence pourtant déjà pesant et dit :

Ce vendredi, j'organise un bal en l'honneur de notre invité, Harry Potter, ici présent. Venez avec vos familles et prévenez l'ensemble des mangemorts. J'aurai une annonce pour vous. Sur ce, bon appétit !

Harry était choqué. Un bal ? Pour lui ? Mais ! Il ne savait même pas danser ! Il jeta un coup d'œil à Severus et vit qu'il semblait se dire la même chose. Il était impatient de parler à son amant. Le silence était encore plus lourd si ça pouvait être possible. Dès qu'il put, Harry se leva et suivit Severus, sous le regard lourd du maître du manoir.

Ils marchèrent rapidement, en silence, jusqu'à ce que Severus ne le pousse dans une pièce qui se révéla être un salon simple mais sympa.

Harry se retrouva dans une étreinte serrée et agréable. Il lui rendit son câlin sans un mot. Ils restèrent un long moment dans les bras de l'autre. Ils se rassuraient de tous les évènements survenus. Cela faisait du bien.

Tout va bien Harry ? Souffla le plus grand dans son cou.

Ça va. Très bien même. Et toi ? Répondit-il sur le même ton, comme pour ne pas casser l'ambiance.

Tu m'as fait peur quand tu n'es pas revenu mais ca va maintenant.

Ils se reculèrent et Severus posa son front contre celui du plus petit. Il se sentait appaisé.

J'ai obtenu un futur accord et il m'a cru. Tout va bien. Je sens que la guerre est bientôt finie Severus.

J'ai hâte…

Ils ne purent continuer leur discussion car la porte s'ouvrit sur un Lord Voldemort à la mine patibulaire. Ils tournèrent la tête dans sa direction sans pour autant s'éloigner de l'autre.

Je vous dérange peut-être ? demanda le Lord d'une voix polaire. Severus s'éloigna prudemment de son amant devant le regard de son supérieur.

Bonjour, comment allez-vous ? Demanda Harry comme s'il n'y avait pas la moindre tension dans l'air.

Vous venez avec moi, Harry ? Nous avons à parler.

Je vous suis, monseigneur.

Harry s'était habillé d'une robe sorcière vert foncé tout à fait au goût du Seigneur des Ténèbres. Ils allèrent dans le salon privé du plus vieux. Harry était un peu mal à l'aise de la position dans laquelle le plus vieux l'avait trouvé avec Severus mais décida de faire tout pour ne pas le montrer.

Alors Harry, j'ai un peu de temps de temps devant moi. Je pensais que nous pourrions régler les modalités de notre accord.

Il se leva et marcha jusqu'au buffet à droite et sorti une bouteille de bourbon.

Bourbon, Harry ?

Juste un doigt*, merci.

Le plus vieux servis deux verres et en tendis un au brun.

Je me demandais une chose avant tout. Qu'ont fait vos moldus pour que vous rejoigniez le camp des « méchants » ?

Harry était gêné. Il ne voulait pas répondre mais en même temps c'était la moindre des choses que l'homme en face de lui saches ses motivations réelles. Il hésita mais en voyant le regard sincère en face de lui, il craqua.

Mes moldus sont des monstres qui m'ont maltraité. Mon cousin m'a battu, ma tante m'a affamé, mon oncle m'a scarifié et à eut des gestes…déplacés. Je ne leur souhaite pas la mort. Non je veux pouvoir les faire souffrir le plus longtemps possible et qu'ils me supplient pour que je leur accorde la mort.

Voldemort eut un rictus appréciateur. Tout cela lui plaisait énormément. Alors comme ça son petit griffon n'était pas si blanc ? C'était parfait !

Il se leva, contourna la petite table de salon d'une démarche féline et s'assit à côté de son invité tant convoité. Harry sentit sa chaleur corporelle prendre quelques degrés de plus. Il trouvait l'homme très beau et le sentir si près de lui, le rendait toute chose.

Harry….souffla-t-il d'une voix rauque. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu ais la vengeance que tu mérites.

Harry avait le souffle court lorsqu'il tourna la tête pour être en face du plus vieux. Sa voix avait été d'une sensualité quasi illégale. Ils étaient plongés dans le regard de l'autre, l'un le souffle coupé, l'autre le regard de braise. Harry ne bougea pas d'un pouce lorsqu'il vit une main lui attraper la nuque et le rapprocher d'une bouche tentante à souhait.

Ils s'embrassaient d'abord chastement, doucement. Le plus vieux rendait fou Harry en n'approfondissant pas plus l'instant. Le brun plongea ses mains dans la chevelure soyeuse et ouvrit la bouche en léchant la langue voisine dans un balai langoureux.

Ils se reculèrent à bout de souffle, le regard flou de plaisir. Ça avait été intense comme jamais au paravent. De la magie crépitait encore dans l'air. Et là Voldemort compris. Oui il comprit la prophétie, comprit pourquoi le jeune homme en face de lui était son égal et pourquoi ce baiser avait été merveilleux.

Car le jeune homme en face de lui était son âme sœur.