« « Mais Chem, j'ai donné une Parole de Sang ! » …

Isabella releva les manches de sa robe et écarta ses bracelets. Sur ses deux poignets luisaient deux glyphes rouges en forme de huit couchés. »

Extrait du premier chapitre de Tara Duncan : Les Sortceliers, par Sophie Audouin-Mamikonian

9 : Le Serment du Sang

Ce qu'allait faire Dalila Weasley risquait de la tuer. Elle en était parfaitement consciente.

Après avoir reçu la lettre de Stanislas, Deimos s'était immédiatement mis au travail. Lui-même était pour ainsi dire libre d'aller où il voulait en Angleterre selon son bon plaisir mais ce n'était pas le cas de Ti'lan et d'Eméra. Il leur faudrait une autorisation de Voldemort et pour avoir une chance qu'ils la lui octroient, ils devaient avoir une bonne raison, autre que l'envie de « changer d'air ». Sans oublier qu'attirer l'attention du Seigneur des Ténèbres sur eux maintenant était une très mauvaise idée. La raison ne devait plus être « bonne » mais excellente et crédible.

On ne pouvait pas dire que le loup-garou avait ménagé sa peine. Très discrètement, pratiquement en catimini, il s'était rendu seul à Londres où il avait sollicité un rendez-vous avec le maire. Il était trop important pour qu'on le lui refuse.

Terrence Hawke était un lâche. C'était pourquoi Voldemort l'avait choisi mais il avait négligé les inconvénients de cette faiblesse inhérente au maire de Londres. En effet, Hawke était tout disposé à céder aux pressions extérieures au Seigneur des Ténèbres, sans vraiment parler de trahison. Par exemple, Deimos n'avait eu aucun mal à le convaincre de rédiger un rapport qui parlait du désœuvrement des Londoniens : il était évident qu'après avoir longtemps été les habitants de la capitale, ils avaient souffert de voir le pouvoir déplacé à Poudlard. Ils avaient perdu confiance en ces dirigeants qu'ils ne voyaient plus, et il était vrai que Voldemort n'avait plus quitté Poudlard depuis des années.

Dalila sourit en imaginant Hawke, à moitié caché derrière son bureau, écrire d'une main tremblante les phrases que Deimos lui suggérait, alors que celui-ci l'encourageait avec son légendaire sourire à modifier un peu le rapport pour qu'il corresponde à son style.

Deimos savait très bien que Voldemort ne se déplacerait pas jusqu'à Londres. Il était un souverain, il régnait, il amenait les gens à lui ou envoyait des sous-fifres à sa place en déplacement. Mais comme Londres était une ville importante, la capitale économique alors que Poudlard n'était que la capitale politique, et que le rapport qu'il avait fait rédiger à Hawke suggérait habilement que le cœur des Londoniens avait besoin d'être reconquis, Voldemort n'enverrait pas n'importe quel sous-fifre : il enverrait Ti'lan, le beau Prince qu'il avait créé.

Il suffirait donc de le convaincre d'associer Eméra à cette entreprise. Ti'lan pourrait le lui suggérer habilement et avec raison : un Prince du château, c'était bien, mais un couple romanesque, c'était mieux. Ils étaient jeunes, beaux, fiancés et bientôt mariés ; bref on avait pas vu mieux comme plan communication. Peut-être même Voldemort aurait-il cette idée lui-même, et ce serait encore mieux.

Comment Dalila savait tout cela ? Hé bien Deimos avait fait d'elle son assistante dans cette mission et lui avait confié tous ses plans. Il lui avait même demandé de l'aide.

Elle était celle dont les pouvoirs étaient les plus flous et elle était consciente qu'on la prenait pour la moins forte du groupe. En conséquence, si cette demande était provenue de n'importe qui d'autre, elle aurait dit que c'était de la gentillesse polie, sans doute pour cacher un manque de confiance en ses pouvoirs. Mais c'était Deimos qui lui avait demandé de l'aide, ce qui signifiait qu'il la croyait capable d'apporter une aide réelle. Et donc qu'il considérait qu'elle cachait certaines de ses capacités.

C'était malin de sa part de la soupçonner. Car il avait totalement raison. Son flair avait plu à Dalila et elle lui avait confié une vérité qu'elle n'avait révélée à personne, pas même à sa meilleure amie. De toute façon, avec le plan qu'ils avaient conçu, les autres membre de Ceux-qui-doivent-ramper seraient bientôt au courant.

Ce n'était même pas sûr que l'intervention de Dalila convainque vraiment Kévin. Pourtant, elle était prête à mettre sa vie en jeu pour réussir simplement parce qu'elle avait cette idée en tête. C'était déraisonnable et risqué mais elle s'en fichait. Au moins, si elle échouait cette fois, les conséquences de son entêtement ne retomberaient pas sur des personnes innocentes mais sur elle seule. Perdre la vie, c'était certes effrayant mais vu que les deux choses qu'elle redoutait le plus s'étaient déjà passées, elle n'avait plus peur de grand chose, à part peut-être de commettre la même erreur que par le passé.

Ti'lan avait bien parlé et obtenu l'accord sans concession de Voldemort. Celui-ci avait décidé d'en profiter pour tester son fils et lui avait « demandé » de séduire les Londoniens comme il l'entendait, sous-entendu qu'il attendrait de voir les résultats. Mais ce n'était pas un souci selon Deimos, qui réussit à faire rire Ti'lan en lui glissant qu'un faux-rapport élogieux sur sa visite à Londres avec Eméra était déjà prêt. Ils avaient donc carte blanche. Dalila accompagnerait Eméra en tant que suivante (les nobles étaient presque toujours accompagnés de quelques serviteurs parmi les plus fidèles) et Deimos serait auprès de Ti'lan en tant qu'ami et « amateur de tourisme » enthousiaste.

Ils allaient à Londres tous ensemble mais encore fallait-il impressionner Kévin Whitebird. Ils disposaient de toutes les ressources que Poudlard pouvait mettre à disposition au pied levé. C'était déjà beaucoup, beaucoup de courtisans, de tenues somptueuses… Mais Dalila et Deimos pensaient qu'on devrait y ajouter une touche d'exotisme. Et il fallait faire vite car Kévin Whitebird ne restait jamais longtemps à Londres…

Dalila reposa ses croquis et sourit, satisfaite.

A quoi allait ressembler l'entrée dans Londres d'un Prince et d'une Princesse ?

§§§

Un tel événement, Londres n'en avait pas vu depuis des siècles.

Le cortège du Prince était tout simplement magnifique. Des Sangs-mêlés en livré kaki le précédaient, jetant des pétales de fleurs pour en couvrir les rues et en répandre l'odeur avant l'arrivée des nobles. Plusieurs jeunes Sangs-de-Bourbe, tous des enfants choisis pour leur beauté angélique, leurs boucles blondes et leur teint blanc qui s'accordaient à leurs habits immaculés, déroulaient un lourd tapis rouge pour qu'ils n'aient pas à fouler la chaussée du pied. Évidemment, toute la circulation avait été arrêtée, aussi bien celle des piétons que des voitures à cheval et des barrières avaient été mises en place. Mais il était évident que personne ne serait assez fou pour essayer de commettre un attentat sachant que le Prince et sa promise étaient protégés par un escadron de Mangemorts.

Les premiers nobles arrivèrent, les moins importants d'abord. Ils étaient vêtus de mauve et on leur avait apparemment permis d'être mieux vêtus qu'à l'ordinaire, sans toutefois risquer de concurrencer les classes supérieures. Comme ils défilaient à pied, ils avaient opté pour la plupart pour des robes aux traînes interminables pour la gente féminine et pour des robes de sorciers pour les hommes, qui ralentissaient leur marche et leur permettaient de se faire admirer plus longtemps. Cependant, ils n'avaient pas le droit d'occuper le devant de la scène et ils marchaient sur les côtés pour que la foule qui se pressait aux barrières puisse apercevoir au loin l'arrivée de la moyenne noblesse.

Étant plus hauts dans la hiérarchie, les moyens nobles avaient droit à un autre moyen de déplacement. Certains d'entre eux étaient à cheval, et ces derniers étaient des Gronian, robe grise et ailes rapides, tristement repliées car les chevaux étaient contraints à rester au sol et à marcher au pas. Les dames montaient en amazone, leurs jupes plus légères et moins longues que celles de leurs prédécesseurs. Le bleu nuit de leur robe s'accordait parfaitement au gris cendre de celle de leur cheval.

Parmi les chevaux ailés du domaine de Poudlard, Ti'lan avait aussi eu l'idée d'ajouter des Thestrals pour tirer les voitures qui transportaient la seconde partie des moyens nobles. Ainsi, la plupart des gens les voyaient se mouvoir sans aucune aide et les quelques autres étaient fortement impressionnés par l'apparence des Thestrals. Et grâce à quelques sortilèges, ils avaient modifié les voitures pour en faire des sortes de tribunes roulantes, dépourvues de toit, pour qu'on puisse admirer leurs occupants.

Mais ce défilé était avant tout destiné à glorifier le Prince et Eméra et il ne devait avoir un spectacle véritablement époustouflant que pour leur apparition. Évidemment, il n'était question pour eux de poser un pied par terre ou même d'utiliser un moyen de transport aussi vulgaire qu'une carriole.

C'était Dalila qui avait dessiné le char. Il était constitué de tiges de métal recourbées pour former une demi-sphère. Évidemment, les tiges n'étaient pas droites mais formaient des arabesques compliquées qui rappelaient les ondulations d'un serpent. En réalité, ce n'était pas du métal mais un matériau bien plus léger, qui avait ensuite été recouvert d'électrum. A l'intérieur du cercle, d'autres courbes de « métal » recouvertes de tentures vertes brodées d'argent servaient de support à des marchepieds sur lesquels se tenaient les hauts-nobles. Plus on était important, plus on se tenait près du Prince et de la Princesse, les derniers étant assis à leurs côtés.

Outre les bijoux et les tenues magnifiques des hauts nobles, Deimos avait voulu un autre genre de séduction. Le char était plein non pas de pierres précieuses mais de fleurs tropicales toutes droit sorties du Pavillon d'Été. On les avait ensorcelées pour qu'elles gardent leur fraîcheur et elles apportaient leur beauté naturelle et leurs parfums tropicaux au défilé. Elles pouvaient avoir un grand charme sur les habitants des villes qui, avec la disparition de la télévision et des autres moyens Moldus de communication rapide d'informations depuis l'autre bout du monde, n'avaient sans doute pas vu de fleurs tropicales hier. Et pour accentuer ce côté, le char était tiré par des animaux exotiques, pour la plupart des léopards, auxquels s'ajoutait la meute de loups de Deimos. Alors que les loups s'agitaient parfois, les autres animaux avançaient placidement, comme des somnambules.

Et puis il y avait Ti'lan et Eméra bien sûr. Ces deux-là possédaient quantité de tenues toutes plus superbes les unes que les autres, d'autant plus qu'une partie de leur garde-robe de mariage était déjà prête. Le rouge que devait forcément porter Eméra était un choix heureux car la plupart des fleurs avait aussi cette couleur et le vert de Ti'lan était aussi celui de la verdure des feuillages.

Pourtant, ni l'un, ni l'autre n'était à son aise. On était en août et il faisait très chaud et très beau. L'arôme délicat que percevaient les gens de la foule était pour eux un parfum trop lourd et entêtant et ils avaient l'impression de suffoquer. Mais tous deux faisaient face avec l'habitude des situations inconfortables. Mais Ti'lan sourit en se disant que Kévin Whitebird devait forcément se trouver dans cette foule, à les observer. Les routes qui sortaient de Londres avaient été coupées pour qu'aucun voyageur ne gêne leur arrivée triomphale et Kévin ne pouvait pas fuir face à lui cette fois. Évidemment, il ne lui ferait aucun mal mais il espérait l'impressionner et lui flanquer une bonne frousse. Après tout, la terreur qu'il inspirait à Kévin était bien la seule chose positive qui avait résulté de leur combat.

Ils allaient faire le tour de Londres et le lendemain, participer à une cérémonie avec le maire. Lui, Eméra et une partie des courtisans resteraient donc pour la nuit. Ce que la foule ne savait pas, c'est où tout ce petit monde logerait. Les nobles dormiraient dans plusieurs endroits différents mais pour lui, Eméra, Dalila et Deimos, ils avaient réquisitionné une maison, pour des raisons officielles de sécurité. Officiellement, la seule condition était que la bâtisse se trouve dans un quartier sorcier et le hasard faisait le reste.

Mais bien sûr, officieusement, ce n'était pas du tout le hasard qui avait choisi où ils dormiraient. Stanislas, grâce à sa ruse, avait réussi à garder son sens de l'orientation et un simple plan lui avait permis de savoir l'adresse de l'endroit où se cachait Kévin en refaisant l'itinéraire depuis chez Mrs Tanaka. Il la leur avait ensuite communiquée.

La maison appartenait à une coopérative qui s'appelait Proserpine's Garden et elle allait accueillir Ceux-qui-doivent-ramper ce soir-là.

Mais le plus réjouissant était que Kévin Whitebird ne savait rien de tout cela.

§§§

Justement, Kévin avait subi un choc. Il n'avait appris que trop tard la venue de Ti'lan et d'Eméra à Londres. Il fallait dire qu'il ne pouvait sortir que pour des raisons importantes, pas tous les jours pour se mettre au courant des dernières nouvelles. Et Rosemary, qui d'ordinaire le prévenait des événements importants, avait tenu sa langue jusqu'au dernier moment. Il savait bien qu'elle désirait le voir confronter à Ti'lan. Mais elle serait déçue car il n'irait jamais à la rencontre de Ti'lan et celui-ci ignorait où il se cachait, et d'ailleurs cela ne l'intéressait probablement pas de le rencontrer à nouveau.

Malgré tout, sa curiosité avait été forte vis à vis du défilé. Il n'avait pas eu beaucoup de contacts avec l'univers de Voldemort hormis son combat avec le Prince. Il voyageait à Londres et en province mais il n'y avait rien de semblable ni même de comparable à Poudlard là-bas. De plus, le tout Poudlard ne sortait presque jamais du château (et il ne pouvait s'y risquer) hormis pour de rares exceptions, l'événement qui se déroulait en ce moment en faisait partie. S'il voulait observer le monde de Poudlard avec sa beauté, ses codes, il devait saisir sa chance maintenant.

C'était pourquoi il s'était glissé parmi la foule qui attendait le cortège. Il y avait tellement de monde qu'il ne risquait pas d'être repéré.

Le défilé des nobles l'avait impressionné. Il connaissait les codes couleurs bien sûr mais jamais il n'avait vu des gens habillés… de cette manière. Leurs habits et leurs bijoux représentaient une petite fortune à eux seuls ! Kévin avait passé son enfance sur une île isolée, les Cavaliers du Chaos y formaient une communauté où l'argent n'avait pas de valeur, et il n'avait jamais vu autant de richesses de sa vie. Même si sa famille était la plus respectée et que sa mère était le chef incontesté, ils n'éprouvaient pas le besoin de se couvrir de choses précieuses comme cela. Leurs vêtements distinctifs n'avaient pas plus de valeur que ceux de leurs subordonnés. Même les sorciers Londoniens, s'ils respectaient les couleurs imposées, portaient des habits moins somptueux et plus pratiques. Il n'y avait que les nobles de Poudlard pour se vêtir de cette façon !

Absorbé par l'observation des nobles, Kévin oublia que le Prince allait aussi apparaître et qu'il avait l'intention de filer avant. Il n'attendait que les hauts nobles, qui devaient surclasser tout ce qu'il avait vu.

Il vit d'abord la foule des animaux et ils retinrent son attention car il n'en avait jamais vu de pareils. Mais ils servaient uniquement à tirer le gigantesque char. Kévin l'aima immédiatement : son aspect futuriste lui plaisait ainsi que son éclat métallique sous le soleil. Et il émanait de lui une délicieuse odeur, même de loin. En plissant les yeux, Kévin pouvait apercevoir des fleurs.

Alors il resta car il voulait savoir précisément ce que contenait le char. Cependant, il n'eut jamais le temps de le détailler complètement. Car dès qu'il fut assez près pour distinguer un visage, la présence de Ti'lan lui sauta aux yeux.

On ne pouvait pas dire qu'il avait vraiment changé en deux ans. Ses traits avaient mûris, s'étaient encore durcis et il avait grandi. L'adolescence ne subsistait plus chez lui que par lambeaux. Et il avait à ses côtés une jolie jeune fille aux cheveux écarlates que Kévin devina comme étant sa fiancée, Eméra. Ils allaient parfaitement ensemble tous les deux.

Kévin eut soudain une impression tellement forte qu'il ne put mettre en doute sa véracité. Tout ce qu'il avait vu jusqu'ici, du premier Sang-de-Bourbe dérouleur de tapis au trône sur lequel se tenait le Prince, en comptant même la présence d'Eméra dans son rôle de fiancée parfaite, tout était pour Ti'lan. Le défilé tout entier n'était qu'une ode à la gloire du Prince.

Assis sur son trône d'argent, Ti'lan eut un léger sourire à l'adresse de la foule. Jusqu'alors, aucun membre du cortège ne lui avait adressé un regard, ils regardaient tous droit devant eux d'un air orgueilleux. Ti'lan essayait d'avoir l'air plus proche d'eux autant qu'il pouvait se le permettre. C'était trop léger pour que Voldemort le lui reproche mais c'était tout de même une marque d'intérêt de sa part pour le peuple et quand ils rentreraient chez eux ce soir, les Londoniens trouveraient le Prince plus « réel » et plus sympathique que le matin-même. Très habile de sa part.

Kévin craignait toujours Ti'lan mais il avait désormais un fort sentiment de jalousie à son égard. Voir son rival, drapé dans sa magnificence et toujours potentiellement dangereux pour lui, recueillir tous les suffrages lui était insupportable. Écœuré, il se dépêcha de rentrer chez lui pour échapper à la vision du triomphe de Ti'lan.

Hélas, il n'allait pas être tranquille pour autant…

§§§

« On frappe ? », demanda Lucy.

« Non, on attend toute la nuit qu'il nous ouvre ! », dit Deimos.

Les retrouvailles entre les membres de Ceux-qui-doivent-ramper venaient de se dérouler. Lucy avait été ravie de retrouver ses amies Eméra et Dalila et même l'humour si particulier de Deimos lui avait manqué. Stanislas avait ronchonné que les ennuis commençaient mais elle était sûre qu'il était aussi ravi.

Après la fin du défilé, Eméra et Ti'lan s'étaient changés pour des habits plus discrets au Slithering Snake, qui accueillait une partie des nobles du cortège. Dalila et Deimos les y attendaient. Ils n'avaient pas participé à la cérémonie mais avaient voyagé avec eux jusqu'à Londres. Les quatre avaient retrouvé Stanislas et Lucy devant chez Mrs Tanaka et ils avaient rallié tous ensembles la maison de Kévin.

« Rosemary est déjà à l'intérieur. Je lui ai tout expliqué et elle doit nous ouvrir. », dit Stanislas.

Deimos frappa trois coups bien nets. A l'intérieur, Kévin sursauta et se précipita pour regarder qui était à la porte mais Rosemary le devança. Comme elle était au courant, elle s'était placée près de l'entrée. En deux bonds légers, elle fut à la porte et l'ouvrit en grand.

L'ancien bar qui servait de living-room n'avait pas vu entrer autant de personnes d'un coup depuis bien longtemps.

Kévin était proprement stupéfait. Ti'lan et Eméra s'invitaient chez lui ainsi que ceux qui lui avaient proposé d'entrer dans Ceux-qui-doivent-ramper avec en plus deux personnes qu'il ne connaissait ni d'Eve, ni d'Adam mais dont l'une avait l'air plus pâle que la mort et l'autre particulièrement menaçante. Mais il n'eut pas besoin de chercher quoi leur dire car Ti'lan lui adressa la parole d'abord :

« Je suis accouru de Poudlard, sans même prendre le temps de me changer, dès que j'ai appris les problèmes que tu causais à Stanislas et Lucy. »

« Avec toutes les difficultés que cela comprend, ajouta Deimos qui s'était déjà nonchalamment installé sur un des tabourets. Recherche de bons prétextes, paperasse administrative… »

« Nous sommes tous venus. J'espère que ce n'est pas pour rien. », renchérit Eméra.

« Tu es sûre que c'est bien lui, Lucy ? », prononça Dalila.

Pour cesser de se faire insulter dans sa propre maison, Kévin s'exclama sèchement :

« Je croyais qu'entrer ou non dans votre groupe devait être un choix ! »

« Arrête de te moquer de nous, dit Deimos. On sait tous très bien que tu nous aurais rejoints sur le champ si tu ne crevais pas de peur à cause de Ti'lan. »

Kévin cria presque :

« Je ne crève pas du tout de peur à cause de Ti'lan ! »

Celui-ci jugea que c'était le bon moment pour intervenir. Il s'approcha de Kévin et lui dit doucereusement :

« Tu n'aurais tout de même pas oublié notre dernier combat ? »

Il dominait Kévin par la taille et l'ascendant psychologique. Vaincu, le garçon baissa les yeux.

« Après tout, peu importe que tu me craignes ou pas. Si tu acceptes, nous serons dans la même équipe. Tu ne t'imagines tout de même pas que tu peux vaincre Voldemort tout seul ? J'espère que la procession d'aujourd'hui t'a au moins rappelé la puissance et l'emprise du pouvoir en place… »

« Vous êtes tellement prétentieux, vous les nobles, dit Kévin qui aurait préféré mourir plutôt que d'avouer que le défilé l'avait impressionné. Sans commune mesure. Je me demande où vous avez mis tous ces léopards maintenant… », ricana t-il.

« Ils ont dû disparaître depuis le temps. », répondit Ti'lan avec désinvolture.

« Quoi ? »

« Ce n'étaient pas de vrais animaux. On aurait jamais pu les amener aussi vite en Angleterre. C'est Dalila qui les a conjurés, ainsi que le char. »

Alors qu'il prononçait ces mots, Ti'lan regardait la principale intéressée. Il se rendit alors compte qu'il n'avait jamais vraiment regardé Dalila. C'était une habitude commune à tous les nobles, ils ne regardaient jamais bien leurs inférieurs hiérarchiques. Et même quand il s'était mis à considérer Dalila non plus comme une suivante parmi tant d'autres mais comme l'amie d'Eméra puis comme une membre de Ceux-qui-doivent-ramper, il avait continué à ne percevoir d'elle qu'une tâche de cheveux roux flamboyants, une peau très blanche et une robe noire. Si elle avait été d'une grande beauté ou d'une extrême laideur, peut-être aurait-il remarqué son visage, mais Dalila n'était ni d'une grande beauté, ni d'une extrême laideur. Pourtant, ses traits étaient loin d'être ordinaires : maintenant qu'il la regardait vraiment, il trouvait qu'elle avait un visage assez « frappant », au niveau de l'originalité, ou de la bizarrerie. Quelqu'un qui ne remarquait que la beauté et la laideur comme un noble n'aurait jamais remarqué ce visage mais une fois qu'on l'avait repéré, on avait du mal à l'oublier. Ti'lan comprit soudain pourquoi cette fille plaisait à Deimos.

« C'est impossible de conjurer des êtres vivants. », s'exclama Kévin.

« Hum, hum…, fit Lucy. Ça fait longtemps que j'ai cessé de suivre. »

« Conjurer un objet, c'est le faire apparaître à partir de rien, expliqua Dalila. Avant l'arrivée de Voldemort au pouvoir, tous les sorciers expérimentés savaient faire cela. Cependant, la conjuration a toujours été soigneusement réglementée. On devine facilement pourquoi : un assassin qui conjure l'arme de son crime est sûr qu'elle ne sera jamais retrouvée car elle s'évaporera complètement au bout de quelques heures. Même le sortilège de Disparition se contente d'envoyer une chose à un autre endroit.

Il y avait donc plusieurs règles : ne pas conjurer d'armes ou d'objets pouvant servir à agresser, ne pas conjurer d'objets précieux ou d'argent pour berner des gens. S'en tenir à des objets du quotidien. Un bureau du Ministère surveillait les conjurations (car c'est un type de magie bien particulière) et arrêtait les gens qui conjuraient quelque chose d'interdit.

Il y avait aussi des gens très doués pour conjurer. C'est un talent comme un autre. Ces personnes étaient lasses de devoir s'en tenir à des objets anodins. Ils voulaient dépasser une de leurs limites, et même si cela était strictement prohibé, conjurer un être vivant. Le Ministère l'avait interdit car il savait très bien que si des gens arrivaient à conjurer des animaux et des végétaux, ils n'auraient plus qu'une idée en tête : conjurer un humain. Cela posait des problèmes moraux : un humain qui créé un autre être humain, ça remet en cause l'existence de Dieu.

Cependant, des sorciers très puissants et influents étaient déterminés à essayer quand même. Ils ont acheté les employés du Ministère. A leur grande surprise, ce défi ne leur résista guère longtemps. Dans le plus grand secret, ils ont réussi à conjurer des végétaux puis des animaux… »

Tout le monde était silencieux désormais, suivant attentivement le mouvement des lèvres de Dalila.

« Et puis Voldemort a pris le pouvoir. Il a détruit le Ministère alors il n'y a plus personne pour contrôler les conjurations. Il s'est dit que le meilleur moyen de ne pas avoir de problème avec ça était de ne pas l'enseigner. C'est pour ça qu'aucun de ceux qui ont suivi les cours normaux à Poudlard ne savent conjurer quoi que ce soit, ni même ce qu'est la conjuration. »

« C'est vrai, dit Eméra. Je l'ai appris aujourd'hui. »

« Moi, j'ai découvert ça dans un des vieux livres de théorie que tu as eu tant de mal à m'apporter. Ce livre avait été écrit par un des sorciers qui avait réussi à conjurer des êtres vivants, c'était une sorte de carnet de notes personnelles. »

« Voldemort a fait piller le travail personnel des plus grands sorciers parce que détenir le savoir est détenir un grand pouvoir. Mais à part en tant que pouvoir, tous les savoirs de ces sages accumulés ne lui disent rien. Il ne vérifie pas que le contenu de son « coffre » est bien complet. Alors à chaque fois que j'en avais l'opportunité, je volais quelque chose pour Dalila. »

« La conjuration d'objet m'a tout de suite intéressée. Depuis trois ans, c'est mon domaine de prédilection. Il faut dire que je suis plutôt douée en la matière. »

« Combien de temps durent les choses que tu conjures ? », demanda Kévin.

« Les objets et les végétaux peuvent durer 24 heures maximum. Pour les animaux, cela dépend de la taille. Les souris tiennent 18h, ce qui est un beau record. Pour ces léopards, je suis contente qu'ils aient duré 10h. »

« Et les êtres humains ? »

Dalila sourit :

« Quelques heures. Mais je ne pense pas que vous apprécierez leur compagnie. Je pense qu'ils sont assez semblables à ceux qui ont subi le baiser du Détraqueur. Ils ressemblent à des zombies. Quant tu leur parles, ils te comprennent et ils ne te comprennent pas en même temps. Je veux dire, si tu leur dis une information comme qu'un objet se trouve à un endroit précis, ils comprennent parfaitement, ce dont un animal est incapable, mais ils ignorent tout des concepts abstraits comme la liberté et des sentiments comme la peur, la joie. Ils n'ont aucune volonté. Ce qui est intéressant à propos de ça, c'est que j'ai remarqué qu'ils obéissent aux ordres. Comme ils n'ont ni volonté, ni avis, une injonction donnée avec suffisamment d'autorité suffit à leur faire faire n'importe quoi. Un petit sort pour ne les faire obéir qu'à une seule personne et ils seraient les serviteurs parfaits. Ils n'auraient peur de rien car ils ne savent même pas ce qu'est la peur, ils ne trahiraient pas car c'est prendre une décision et qu'il faut avoir de la volonté pour cela. »

« Est-ce que tu pourrais créer… une armée ? »

« Oui. Mais l'effort nécessaire pour créer des centaines d'hommes me tuerait. Je n'arriverais même pas à en créer un millier et une véritable armée en comporte plusieurs. »

Lucy comprit soudain pourquoi Dalila était si pâle. Même si elle n'avait créé qu'une douzaine d'animaux pour le défilé, elle était déjà épuisée. Et encore Lucy ne l'avait pas vue directement après la conjuration. Elle avait dû être dans un triste état.

« Je peux concentrer la magie de l'atmosphère, et la transmettre à des êtres humains. Dans un lieu comme Poudlard qui est gorgé de magie, tu en aurais suffisamment pour créer toute ton armée. Et si on mise sur la surprise avec une attaque-éclair… »

Kévin s'interrompit soudainement. Il venait de penser à quelque chose :

« En plus, tes guerriers peuvent sans doute combattre aux côtés des Détraqueurs ! Ils vont enfin pouvoir nous être utiles sur le champ de bataille ! Avant, on ne pouvait les intégrer à notre armée car ils auraient provoqué notre désespoir aussi bien que celui de nos ennemis. »

« Les Détraqueurs sont vos alliés ? Alors pourquoi ils surveillent les campagnes pour le compte de Voldemort ? », demanda Ti'lan.

« Ils nous obéissent, si tu veux savoir. Tu ne t'es jamais demandé d'où venaient les Détraqueurs ? Ce sont des morceaux de Chaos sur terre. Ils sont de notre côté depuis longtemps. Le problème, c'est qu'ils sont difficiles à utiliser et qu'ils ne suffisent pas à une victoire. Ils ont faim d'âmes alors en absence d'ordres contraires, ils vont vers ceux qui leur offrent des victimes à vampiriser. Mais dès que nous leur signalerons que nous avons besoin d'eux, pour un conflit avec des âmes à prendre qui plus est, ils trahiront Voldemort pour rejoindre nos rangs. »

« Nos rangs ? Tu veux nous rejoindre finalement ? »

Kévin hésita puis décida d'aller au plus simple. Alors il dit juste :

« Oui. »

§§§

Pour la première fois, tous les membres de Ceux-qui-doivent-ramper étaient réunis autour d'une même table. Des nobles étaient passés apporter le repas au Prince, car il était bien évidemment exclu qu'il sorte pour aller acheter à manger ; d'ailleurs, on aurait pu lui glisser de la nourriture empoisonnée. Et comme un Prince devait toujours avoir le choix ainsi que la quantité et la qualité, la multitude des mets fins suffisait à nourrir dix personnes, hors ils n'étaient que huit.

Les conversations allaient bon train. Lucy discutait à sa droite avec Eméra et à sa gauche avec Stanislas. Elle apprit à son amie son talent pour la création de kimonos. Dalila était assise de l'autre côté d'Eméra mais elle était en train de parler avec Deimos. Lucy le soupçonnait de la draguer. Rosemary et Kévin conversaient ensemble comme d'habitude. En fait, Ti'lan était le seul qui ne parlait pas. De temps en temps, il regardait Eméra, qui était assise presque en face de lui. Lucy remarqua que le regard de son amie fuyait étrangement ce côté de la table. Elle était prête à jurer à la légère rougeur de sa peau qu'Eméra sentait bien que Ti'lan l'observait et qu'elle avait envie de lui jeter un coup d'œil pour vérifier. Lucy savait très bien pourquoi elle n'osait pas.

Le soir de la fameuse journée où elle et Dalila avaient un peu trop taquiné Eméra dans le Pavillon d'Été, leur amie était revenue et leur avait dit que Ti'lan l'avait autorisée à entrer dans son esprit et qu'il était bien digne de confiance. Elle avait refusé de donner des détails de ce qu'elle avait perçu mais Lucy supposait que cela avait dû lui plaire car les relations entre ces deux avaient semblé s'améliorer, et Eméra ne parlait plus de Ti'lan avec sa haine et son dégoût d'avant. Elle l'évoquait toujours d'un ton très léger comme si ce sujet ne lui importait pas plus qu'un autre. Dalila, qui connaissait Eméra depuis plus longtemps que Lucy, était convaincue qu'elle jouait un rôle, cette attitude s'expliquant selon elle par le fait qu'elle n'avait plus d'excuse pour s'intéresser à Ti'lan. « Elle nous a tellement répété qu'elle se fichait de ce garçon qu'elle préférerait se pendre plutôt que de nous avouer qu'il lui plaît. ». Ti'lan, lui, ne semblait pas avoir besoin d'excuse pour regarder Eméra, et si elle lui plaisait, il n'en avait pas honte, pas plus qu'il n'essayait de le cacher.

Eméra n'était pas stupide, elle voyait bien que Lucy avait remarqué où allait le regard de Ti'lan et elle était dans une position très inconfortable. Comment réagir si Lucy lui faisait une remarque à ce sujet ? Avec tact, celle-ci n'en parla pas. La remarque fatale vint de Dalila, qui n'avait, pour sa part, absolument aucun tact. Elle glissa à Eméra une phrase particulièrement perfide :

« Tu devrais être contente : il t'a remarquée maintenant. »

Eméra s'était trop plainte de la froide indifférence permanente du Prince pour nier. Alors elle répondit habilement :

« Son ancien comportement était assez rageant. Je suis contente qu'il en ait changé. »

« Peut-être te porte t-il un peu trop d'attention maintenant ? »

« Tu trouves ? », demanda t-elle d'un ton innocent qui sonnait faux.

« Si tu le regardais, tu t'en rendrais peut-être compte toi-même. »

Eméra était maintenant obligée, par honneur, de faire ce qu'elle évitait de faire depuis le début du repas. Elle espéra que Ti'lan détournerait les yeux quand elle lèverait les siens mais il ne le fit pas. Cette attitude l'énerva profondément : pourquoi il n'agissait pas comme elle l'aurait fait pour une fois au lieu de la fixer de ses yeux bleus ? Il ne se rendait pas compte qu'il la mettait dans l'embarras ? Il devait peut-être même s'amuser de sa gêne ! Elle lui lança son regard le plus noir avant de se tourner vers Dalila :

« Je ne sais pas pourquoi il fait ça mais sache que ça m'énerve ! »

Sa colère avait pris le pas sur sa gêne et sur la légère satisfaction que l'attention de Ti'lan lui procurait. Pour changer de conversation, elle s'adressa à Lucy :

« C'est mon anniversaire aujourd'hui. »

« Tu as quel âge ? »

« Dix-sept ans. »

« Mais alors… je suis beaucoup plus vieille que toi ! », s'exclama Lucy.

« C'est peut-être parce que tu agis toujours comme une gamine qu'on oublie ton véritable âge. », intervint Stanislas.

Le sujet fit rapidement le tour de la table. Chaque membre évoqua sa date de naissance et son âge et il s'avéra qu'Eméra était la plus jeune.

« Je n'arrive toujours pas à y croire ! », dit Lucy.

« Maintenant, on a tous dix-sept ans. », fit remarque Rosemary.

« Ah mais j'y pense !, s'exclama Deimos. Si Eméra a dix-sept ans, le mariage est pour bientôt ! »

« Quoi ? »

« Hé bien oui. Ton mariage avec Ti'lan. Prévu pour votre dix-huitième année. », s'expliqua t-il.

« Il sera sans doute somptueux. Je me demande de quelle couleur sera la robe d'Eméra… »

Tous se mirent à discuter de la cérémonie. Même Ti'lan échangeait quelques mots sur le sujet.

Les mariages arrangés étaient monnaie courante dans la noblesse et chacun semblait disposé à voir le bon côté des choses, et ils pensaient qu'Eméra envisageait la chose avec sérénité comme Ti'lan semblait le faire. Mais elle était toujours de mauvaise humeur et s'écria :

« De toute façon, j'espère que Voldemort sera déjà mort avant cet odieux événement. »

Le silence s'installa aussitôt. Stanislas se racla la gorge :

« Justement à propos de notre but… Si tout le monde a fini de manger, il faut que je vous fasse part de mes découvertes. »

Plus personne n'avait faim. En quelques coups de baguette, les plats disparurent et l'assemblée, joyeuse il y a quelques secondes mais désormais très sérieuse, se tourna vers Stanislas qui posa sur la table le dossier qu'il gardait toujours sur lui.

« Nos pouvoirs réunis sont assez forts pour que nous puissions vaincre Voldemort. Mais le problème est que celui-ci a pris des précautions pour ne jamais complètement disparaître.

Je me suis toujours demandé comme Voldemort avait fait pour revenir après avoir reçu son propre Avada Kedavra en essayant de tuer Harry Potter. J'ai appris la réponse en étudiant la magie noire : dans les livres les plus avancés, il est fait mention de Horcruxes, des objets dans lesquels on met une partie de son âme. Quand le corps physique meurt, l'âme ne peut pas « partir » car elle est retenue sur terre par les objets. Cela correspond assez bien à la description de ce qu'« était » Voldemort avant de retrouver un autre corps. »

« Tu penses que Voldemort a fait un Horcruxe ? »

« Je pense même qu'il en a fait plusieurs. Même les plus illustres mages noirs avant lui n'en avaient fait qu'un seul et je pense qu'il a voulu battre ce record en créant plusieurs Horcruxes.

J'ai remis la main sur quelques archives du Ministère qui n'ont pas complètement disparu… car elles concernaient Harry Potter. »

Il extirpa de l'épais dossier quelques documents en assez mauvais état.

« Voldemort aime garder des informations sur les stratégies passées de ses ennemis, même après les avoir vaincus. Cela l'aide à prévoir les attaques qu'il pourrait subir dans le futur. »

« Et il t'a laissé voler ça ? », s'exclama Deimos.

« Mon père a réussi à me procurer ces documents pour très peu de temps. A cause des sortilèges Anti-copie, j'ai dû recopier moi-même à la main tout ce qui était intéressant.

Bref, Harry Potter ne s'est jamais plié aux désirs du Ministère, comme Dumbledore en fait. Le Ministère surveillait ce qu'il faisait et sur tous ces rapports… (il montra la liasse de papiers) on indique qu'Harry semblait chercher quelque chose, « plusieurs objets », c'est ce qu'il y a de plus précis. Si ces objets étaient les Horcruxes de Voldemort, cela paraît logique qu'Harry les recherche pour les détruire afin de rendre Voldemort mortel avant de s'attaquer à lui. Il n'aurait pas pris le risque d'affronter Voldemort sans avoir une vraie chance de le tuer. »

« Alors Harry a détruit tous les Horcruxes de Voldemort ? », demanda Kévin.

« Je pense. Mais Voldemort a dû se rendre compte de sa perte et refaire des Horcruxes. Ce sont ces Horcruxes de « seconde génération » que nous devons rechercher.

La première chose que je devais faire, c'était de devenir leur nombre. Ça n'a pas été facile. J'ai recherché un nombre symbolique, car Voldemort aime les symboles, un nombre qui reviendrait comme un leitmotiv.

J'ai remarqué plein de petites choses : il y a sept personnes de chaque côté de Voldemort dans la Grande Salle, les Mangemorts qu'on considère comme les plus proches de Voldemort sont au nombre de sept, même les registres administratifs comptent les gens par groupes de 7X7. Le 7 est le seul chiffre à réapparaître aussi souvent et en arithmancie, il possède des propriétés magiques.

Alors j'ai cru que Voldemort avait fait 7 Horcruxes mais je me suis corrigé : s'il en avait fait 7, son âme serait en huit endroits différents. Je pense donc qu'il a fait six Horcruxes et que la septième partie de son âme réside en son corps.

J'ai ensuite recherché où il aurait pu cacher ces six objets... La réponse se trouvait dans notre Histoire. »

Il sortit une autre liasse de papier encore plus épaisse.

« Replongeons nous des années auparavant. Nous sommes au début du nouveau millénaire et Voldemort a déclaré finie la guerre-éclair. L'Europe et l'Asie sont conquises. Cependant, il y a de nombreuses zones de conflits, d'opposants embusqués, la conquête de l'Afrique et de l'Amérique du Sud n'est pas achevée et surtout les Etats-Unis résistent encore. C'était un pays où les sorciers étaient nombreux, bien organisés et très au courant de ce qui se passait en Angleterre. Le temps que Voldemort se tourne vers eux pour les attaquer, ils avaient réussi à faire alliance avec les Moldus et l'ensemble était un ennemi très dangereux pour Voldemort.

Décréter la fin de la guerre-éclair ne voulait pas du tout dire laisser ses ennemis en paix. Voldemort avait juste décidé de changer de tactique : une guerre d'usure. Sa nouvelle stratégie se basait sur de petites attaques-surprises qui ne visaient pas à affronter l'armée ennemie mais à faire le plus de dommages possible aux civils. Une ville ou une région était soudainement frappée comme au hasard et les soldats ne pouvaient être derrière chaque village.

Dans sa stratégie, Voldemort avait surtout défini 4 piliers en plus de son but avoué, les Etats-Unis. Si on relie les 4 piliers et le but, cela forme une flèche. »

Il déplia une planisphère et montra la flèche qu'il avait tracée.

« C'était à cette époque que Voldemort a créé ses nouveaux Horcruxes. Je pense que l'idée de les cacher aux quatre coins du monde lui a plu. Il n'a jamais voulu garder ces objets auprès de lui. »

« Il y a un problème dans ta théorie, dit Deimos d'un ton narquois. Les USA plus tes quatre piliers, ça fait cinq, pas six. »

Stanislas lui lança un regard furieux :

« Bien sûr que je m'en suis rendu compte ! Mais j'ai l'intime conviction que c'est ça ! Toujours dans la tradition de Voldemort, le dernier Horcruxe est un peu marginal : je crois qu'auparavant, c'était Nagini, son serpent, un être vivant ! »

« Les Horcruxes peuvent être des êtres vivants ? », demanda Ti'lan d'une voix blanche.

« Voldemort a été le premier à faire des Horcruxes-êtres vivants. Les objets-Horcruxes sont bien plus difficiles à détruire alors qu'il suffit de tuer l'être vivant pour que l'âme du faiseur d'Horcruxe s'échappe.

Comme pour Nagini avant, je pense que le sixième Horcruxe est à part. C'est pour cela que ma théorie tient même si elle parle de cinq Horcruxes pas six. », conclut-il.

Il étendit la carte sur la table.

« Les Horcruxes sont trop éloignés les uns des autres. On a eu tellement de mal pour être réunis ici à Londres, on ne pourra jamais les chercher tous ensemble. », dit Eméra.

« Je propose qu'on se regroupe par équipes de deux, dit Stanislas. Il faut que chacun choisisse la destination qui lui convient le mieux. »

Rosemary fut la première à parler :

« Je choisis le Japon. C'est tout naturel, je parle la langue et je connais les coutumes. »

« Je t'accompagne. », dit Kévin.

« L'Horcruxe se trouve probablement dans la région montagneuse peu peuplée du Japon. La seule chose notable qu'il y ait à cet endroit est l'école de sorcellerie du Japon. Vous devrez vous arranger pour y entrer. », expliqua Stanislas.

« Je ne peux pas m'éloigner trop de l'Angleterre, dit Ti'lan. Il faut absolument que je prenne l'Horcruxe de France. »

« Je suis dans la même situation, soupira Eméra. Je crois que je suis obligée d'aller avec lui. »

« Vu votre triomphe à Londres, vous n'aurez pas trop de mal à convaincre Voldemort de vous envoyer en tournée européenne. Espérons que le Horcruxe se trouve à Sang-pur.

Pour ma part, c'est facile : j'ai des colonies en Afrique de l'Ouest, à peu près au niveau de ton point sur cette carte. Je peux m'y rendre quand je veux. », dit Deimos.

« Je pense que je devrais venir avec toi, articula Dalila. En tant que suivante, je ne peux quitter Poudlard que pour suivre mon maître ou ma maîtresse. Or, l'équipe d'Eméra est déjà au complet et je ne peux la quitter que si un noble de rang supérieur me réclame à son service. Seul Deimos en est un. »

« Donc il suffit de quelques paperasseries pour que tu puisses partir avec Deimos ? Ok, nota Stanislas. Alors pour Lucy et moi, il ne reste que les Nouveaux Etats du Sud, district des Philippines. »

« Mais non, dit Lucy. Il reste aussi les Etats-Unis. »

Tous la regardèrent d'un air gêné.

« Lucy… Voldemort n'a pas vaincu les USA et le Canada de manière conventionnelle. Il a utilisé la plus redoutable des armes Moldues, la bombe atomique. Il l'a utilisée contre toutes les plus grandes villes.

Aujourd'hui, l'Amérique du Nord, ou le Continent Interdit est un territoire irradié, décrété terra nullis mais qui abrite tout de même des prisons de haute sécurité pour les criminels les plus endurcis. Une peine de prison là-bas est plus dissuasive que la peine de mort. Je pense qu'on doit être tous ensemble pour s'attaquer aux USA.

Il vaut mieux que nous partions représenter nos pays respectifs lors d'un séminaire à Little-Paradise, non ? »

« Little-Paradise ? Ça a l'air sympa… »

« La ville est magnifique et le climat est idéal. Dommage qu'il y ait plus de cadavres d'opposants enterrés dessous que dans un cimetière militaire. »

« Est-ce qu'il y a un seul endroit qui n'est pas sinistre sur cette carte ? »

« Bienvenue dans le monde réel, Lucy, dit Deimos. Moi, je trouve que Little-Paradise te convient bien, l'intello, il paraît que c'est une cité pleine d'énigmes, de mystères, enfin des trucs qui exciteront ton intellect. »

« Et s'il n'y a pas de séminaire, qu'est-ce qu'on prendra comme excuse ? », interrogea Lucy.

« Il y a toujours des séminaires quelque part, sur tout et n'importe quoi. »

« Cela paraît crédible que Stanislas aille à un séminaire, mais moi ? »

« Tu dépends de mon autorité, si je te dis d'aller à un séminaire au sujet idiot à l'autre bout du monde, tu y vas et personne ne se pose de questions. J'aime les aberrations de ce système. », conclut Deimos en souriant d'un air ironique. Il s'allongea sur sa chaise dans une position indolente.

« Je récapitule, dit Stanislas. Ti'lan et Eméra partent en France après une autorisation-express de Voldemort pour une « tournée » en Europe. Deimos va inspecter les colonies du domaine des loups-garous en Afrique de l'Ouest et sa « nouvelle suivante » Dalila le suit. Rosemary et Kévin vont au Japon et Lucy et moi allons brillamment représenter nos pays respectif à un séminaire dans les Nouveaux Etats du Sud. Ça marche ! »

Avant que Deimos n'ait le temps de l'interrompre, il poursuivit :

« Pour le Continent Interdit, j'ai déjà une petite idée de comment nous pourrons nous rassembler pour aller là-bas tous ensemble mais il faut déjà que nous réussissions à détruire les Horcruxes chacun de notre côté. Quant au Sixième Horcruxe, je continuerai à chercher et je finirai par savoir ce qu'il en est. »

Ils réalisèrent soudain qu'il était très tard dans la soirée. Cependant, Stanislas les retint encore :

« Désolé mais il y a encore quelque chose dont je dois vous parler ce soir.

Comme vous le savez maintenant, nous serons séparés lors de la chasse aux Horcruxes. Nous y sommes obligés vu le nombre d'Horcruxes, leur position géographique et nos contraintes personnelles. Je ne doute pas que chacun d'entre nous saura mener à bien sa mission. Mais comment saurons nous où en sont les autres, s'ils ont trouvé le Horcruxe, ou même s'ils sont en danger ? Nous serons vraiment éloignés les uns des autres : je ne fais confiance à aucune poste sur de si longues distances et même si les courriers nous parviennent, ils prendront beaucoup de temps à arriver et rien ne nous dira que d'autres personnes ne les ont pas lus. Les courriers sont souvent ouverts.

J'ai trouvé la trace d'une cérémonie magique qui s'appelle le Serment du Sang. Il a été inventé à l'époque arthurienne où les Serments et autres cérémonies magiques étaient à la mode. Ce Serment-ci lie plusieurs personnes jusqu'à ce qu'ils effectuent une action à laquelle ils s'engagent tous ou jusqu'à leur mort. »

« Je suppose que ça ne sert pas qu'à nous mettre la pression. »

« Non. Si j'ai utilisé le verbe « lier », ce n'est pas au hasard, je voulais parler d'un lien magique. »

« Je suis désolée de vous interrompre, dit Rosemary. Mais je ne sais pas ce qu'est un lien magique, et je pense que c'est pareil pour Lucy. »

« Un lien magique est un lien entre des esprits et qui est créé par la magie, répondit Stanislas en appuyant sur ce dernier mot. Il y a plusieurs processus volontaires ou involontaires qui créent un lien magique. Le Serment du Sang est un moyen volontaire de nous lier mais l'Avada Kedavra raté de Voldemort sur Harry Potter a aussi créé un lien magique, totalement involontaire cette fois, entre eux, un lien si puissant que Voldemort a transmis certains de ses pouvoirs à Harry ce soir-là. Pour nous, le lien ne sera pas assez fort, suffisamment cependant pour que l'on puisse avoir des nouvelles les uns des autres très facilement.

Pour cela, il faudra se concentrer sur la personne dont on veut avoir des nouvelles le plus possible. Ensuite, quand notre esprit sera le plus détendu possible, c'est-à-dire quand nous serons endormis, nous recevrons, sous forme de flashes visuels accompagnés de sons et d'émotions assez grossières mais compréhensibles, ce qu'aura perçu cette personne de son voyage, à l'autre bout du monde. Ne vous inquiétez pas, on ne verra pas vous brosser les dents ou aller aux toilettes, juste les moments-clés, les choses que vous avez remarquées. Par exemple, si vous trouvez l'Horcruxe, nous verrons l'objet en question accompagné d'un sentiment de victoire. Il faut bien sûr que chacun d'entre nous se préoccupe régulièrement de savoir où en sont les autres mais en cas d'urgence, on peut se concentrer pour imposer une vision aux autres membres. »

« C'est génial, dit Deimos. C'est pour ça qu'il y a un hic, il y a forcément un hic. »

« Oh, il y en a bien un petit. Lors de nos rêves « magiques », nous serons au courant que nous rêvons et nous les retiendrons parfaitement. Malheureusement, le développement de notre mémoire onirique et de notre conscience du rêve ne s'arrêtera pas à ces rêves « magiques » mais concernera aussi nos rêves ordinaires. »

« On va être conscient dans nos rêves et s'en souvenir… Et alors ? »

« Il me semble, dit Lucy, que les rêves sont juste un peu bizarre et absurde mais pas dangereux. »

« Hé bien alors ils seront encore plus bizarres. Les rêves provoqués par le lien sont provoqués consciemment et ils ont une signification claire, bref ils relèvent du conscient alors que les rêves sont normalement le domaine de l'inconscient. Celui-ci se retrouve en quelque sorte censuré et nos inconscients utiliseront le lien à leur propre fin pour trouver d'autres moyens de s'« exprimer ». Le Serment du Sang lie les esprits dans leur ensemble, les inconscients y compris. Donc nous risquons de faire des rêves encore plus étranges avec des éléments qui ne nous appartiennent plus. »

Stanislas eut beau plaider, aucun ne semblait prendre l'univers du rêve très au sérieux. L'avantage fut qu'ils acceptèrent tous le Serment du Sang sans discuter. Le lendemain, ils se quitteraient après avoir effectué le rituel du Serment et prendraient tous des chemins différents un même but en tête, celui de vaincre Voldemort.

Cette nuit-là, encore une fois mais plus pour longtemps, les membres de Ceux-qui-doivent-ramper dormirent d'un sommeil sans rêves ou ne dormirent pas.

§§§

Le lendemain matin, alors que Ti'lan et elle se préparaient pour une cérémonie avec le maire de Londres, Eméra se décida à lui demander :

« Pourquoi tu me regardais sans cesse lors du dîner ? J'étais morte de honte. »

Ti'lan prit un moment pour répondre :

« Oh, j'ai eu une idée comme ça, dit-il d'un ton léger. Mais finalement, je pense qu'elle est mauvaise. »

« Dis tout de même. »

Ti'lan savait qu'Eméra était curieuse et refuser de lui en dire plus compliquerait la situation :

« Le premier jour où il m'a parlé de toi, mon père m'avait dit quelque chose comme quoi nous devions nous mesurer l'un à l'autre parce que nos pouvoirs se complétaient. Sur le moment, je n'ai pas relevé et par la suite, j'ai toujours été tellement absorbé par notre rivalité que je ne me suis pas rendu compte d'à quel point c'était stupide. Des personnes dont les pouvoirs se complètement ne s'opposent pas logiquement ; au contraire, elles s'allient et réalisent des choses de concert. Mais mon père n'a jamais souhaité que nous travaillions ensemble, toujours l'un contre l'autre, et je me suis demandé pourquoi. Pour que nous devenions plus forts en rivalisant, mais nous aurions pu devenir bien plus fort en nous alliant. Et alors j'ai compris qu'il ne voulait pas que nous devenions forts ensemble mais que nous soyons puissants chacun de notre côté, divisés pour être mieux manipulables. Je pense qu'il a fait en sorte que nous ne nous entendions pas bien pour que ne nous vienne jamais cette idée d'alliance, parce que ça lui faisait peur. »

Ti'lan eut alors un mauvais sourire à l'idée d'avoir pu effrayer son père.

« Je me suis dit qu'on pourrait peut-être faire des choses tous les deux, histoire de voir ce que cela donnerait. », termina t-il

« Je trouve que c'est une très bonne idée ! En plus, on va avoir du temps à passer ensemble durant notre voyage ! », s'exclama Eméra.

Plus elle y réfléchissait, plus la théorie de Ti'lan à propos d'eux et de Voldemort lui paraissait crédible. Même s'il avait eu ce projet d'union avant, elle l'aurait sans doute rejeté par hostilité envers lui. Mais maintenant qu'elle ne le haïssait plus, la chose lui paraissait plus que faisable… Elle rougit légèrement, sachant très bien ce que « dirait » Dalila si elle était présente et espéra que Ti'lan ne l'avait pas remarqué. Le garçon avait son expression neutre de toujours mais Eméra était désormais capable de deviner quand il était véritablement d'humeur égale ou quand ce calme apparent cachait quelque chose. Là, elle pressentait quelque chose et elle eut soudain la désagréable idée qu'il n'avait peut-être aucun désir véritable de travailler avec elle, et cela l'attrista plus qu'elle ne l'aurait voulu.

Pendant ce temps-là, Lucy était allée faire ses adieux à Mrs Tanaka. Rosemary avait passé une petite annonce pour recruter une aide pour elle, ce dont la vieille dame était incapable, en fait elle n'était pas sortie de chez elle depuis des années.

« L'art est l'enchantement le plus subtil au monde, lui dit la veille dame. Plus puissant que la force magique, aussi mystérieux que l'amour et la mort. Aucun usurpateur ne peut faire semblant d'être un artiste : on peut feindre l'intelligence, la gentillesse, la méchanceté mais pas ce talent. Tu vas sans doute traverser un continent avec Rosemary et j'espère que ta sincérité t'aidera et que le hasard te favorisera. N'oublie pas que tu devras revenir un jour pour prendre possession de cette boutique. »

Kévin, quant à lui, avait prévenu sa mère et le reste de la Confrérie du Chaos des derniers événements. Rosemary et lui attendraient à Londres le temps que Lucy et Stanislas les rejoignent pour commencer leur voyage commun vers la lointaine Asie.

Et Deimos Greyback se dit en son for intérieur qu'il ne s'était jamais autant amusé de toute sa vie.

Ils étaient huit, mais ils ne feraient qu'un pour vaincre le Seigneur des Ténèbres. Ils étaient Ceux-qui-doivent-ramper et le Serment du Sang achèverait de les lier jusqu'à ce qu'ils accomplissent leur mission ou jusqu'à ce qu'ils meurent. Ils allaient voyager chacun de leur côté à l'autre bout du monde mais ils pourraient se voir chaque soir dans leurs rêves.

Ils étaient Ceux-qui-doivent-ramper et le symbole de l'infini rougeoyant sur leurs poignets l'attestait : leur quête ne faisait que commencer.

FIN DU PREMIER VOLUME

Comme annoncé dans mon profil, il n'y aura qu'un chapitre par mois durant l'été ! Je vous retrouve donc le 28 juillet pour un chapitre intitulé Le feu et la glace dans une nouvelle fic ! Pensez donc à cesser de surveiller "Learn to crawl I : Ceux-qui-doivent-ramper" pour "Learn to crawl II : Le Livre du Voyage".

En attendant, vous pouvez télécharger la version deluxe de "Learn to crawl I" si vous voulez relire la fic débarasser de la mise en forme et des contraintes de ce site. C'est disponible sur mes blog, comme toujours.