Note de l'auteur : N'ayant malheureusement pas le temps de répondre à vos reviews individuellement, je rappelle que j'y réponds avant la publication de chaque chapitre dans une review commune. J'essaie de répondre à un maximum de questions mais il se peut que j'en oublie certaines donc n'hésitez pas à m'envoyer un MP si besoin. Bonne lecture. :)


Chapitre 10 : Serpent au cœur de Lion


Harry ne manqua pas de remercier chaleureusement Théo lorsque celui-ci accepta de prêter spécialement attention au cours de Binns, et de copier ses notes à la fin du cours, à son intention. En effet, le jeune Potter n'avait pas spécialement envie d'écouter les propos ennuyeux et répétitifs du fantôme concernant les rébellions gobelins aujourd'hui...

… surtout depuis qu'il avait récemment appris, grâce à l'un des ouvrages prêtés par Ragnok, que ce qui était écrit dans les manuels d'Histoire de la Magie s'avérait très éloigné de la réalité historique. Le Serpentard ne se rappelait pas avoir vu un tel exemple de propagande depuis ses cours d'histoire portant sur la guerre froide à l'école primaire.

Toutefois, ce n'était pas ce qui préoccupait réellement l'esprit du garçon en cet instant. Non, ce dernier songeait plutôt à ce que son illustre frère allait peut-être raconter à Dumbledore, et c'est pourquoi il avait disposé sa Carte sur ses genoux afin de surveiller ses moindres faits et gestes.

Heureusement pour lui, Godric se trouvait actuellement dans l'une des serres en compagnie des autres Gryffondor, ainsi que des Serdaigle, ce qui signifiait qu'il suivait sûrement un cours de Botanique. Ou tout du moins, c'était ce que le jeune Potter supposait puisque l'une des rouge et or les plus studieuses de son année paraissait manquer à l'appel pour ce cours.

Hermione.

La jeune Granger n'avait pas bougé des toilettes des filles depuis près d'une heure déjà mais elle faisait occasionnellement les cents pas avant de retourner dans l'une des cabines. Harry s'était naturellement interrogé sur ce qu'elle pouvait bien faire là, tout en maudissant intérieurement les Maraudeurs pour le manque de précision de leur système. N'auraient-ils pas pu intégrer des caméras miniatures ou des micros ? Certes, James Potter et Sirius Black étaient des sang-purs, donc il ne fallait sans doute pas s'attendre à des miracles concernant leurs connaissances sur la technologie moldue mais tout de même…

Pris d'une soudaine inspiration, l'élève griffonna quelques notes sur sa feuille, pour se rappeler d'explorer plus en profondeur la possibilité d'améliorer le système de la Carte lorsqu'il aurait un moment de libre, avant que ses pensées ne se tournent de nouveau vers la Gryffondor.

Son instinct lui soufflait que seul un imbécile à la langue trop bien pendue avait pu énerver la née moldue au point de la pousser à manquer un cours… or, les deux idiots les plus proéminents qui lui venaient à l'esprit n'étaient autres que Drago Malefoy et Ronald Wealsey. Après tout, Granger était une élève trop douée pour s'attirer les foudres d'un professeur, à l'exception peut-être de Rogue, mais en tous les cas, certainement pas celles de Flitwick.

Sachant que Malefoy se trouvait encore assis à sa place dans la salle de sortilèges, du côté des Serpentard, lorsqu'Harry s'était levé et qu'Hermione avait déjà disparu à ce moment là, cela ne laissait que le rouquin à l'appétit d'ogre comme unique suspect.

D'après ce qu'on lui avait raconté, les Weasley étaient une famille de sang-purs assez ancienne mais très peu appréciée des gens comme Malefoy à cause de leur pauvreté mais aussi et surtout en raison de leur point de vue pour le moins bienveillant à l'égard des moldus. Si ses souvenirs étaient exacts, les époux Weasley, Arthur et Molly, étaient les parents de sept enfants, dont Ronald figurait en avant-dernière place en termes d'âge.

Sur les sept Weasley en question, deux d'entre eux semblaient avoir déjà terminé leurs études, dont un dénommé Charlie qui s'était illustré chez les Gryffondors en tant qu'attrapeur. Trois autres se trouvaient à Poudlard en plus de Ronald : un préfet prénommé Percy et deux jumeaux, Fred et George, qui étaient réputés pour les blagues plus ou moins drôles qu'ils jouaient aux autres élèves et aux Serpentard en particulier.

Quant au dernier enfant… s'il se souvenait bien de la famille de rouquins qu'il avait vu avant son départ à bord du Poudlard Express, il s'agissait d'une fille, probablement plus jeune que Ron d'un an ou deux. Cela faisait tout de même un grand nombre d'enfants pour une famille de sang-purs actuelle, surtout compte-tenu de leurs moyens financiers limités.

Harry devait reconnaître qu'il ne maîtrisait pas encore parfaitement les règles qui régissaient le milieu des sangs-purs. En effet, le sujet ne lui était pas apparu comme particulièrement prioritaire en comparaison de l'apprentissage de la théorie magique – puis de la pratique – d'un certain nombre de disciplines.

Le Serpentard fut sorti de ses pensées lorsque la sonnerie annonça la fin du cours de Binns. Jetant un dernier coup d'œil sur la Carte avant de la replier, le jeune Potter fut pris d'un sérieux dilemme. En toute logique, il aurait dû se rendre auprès de Flitwick ou McGonagall pour essayer de préparer sa défense face aux accusations de Godric en expliquant les faits en premier… mais il pouvait difficilement ignorer ce qu'il avait sous les yeux.

Jurant contre ses gênes Potter, il fourra le parchemin redevenu vierge dans son sac avant de quitter la salle de classe, regardant un instant ses camarades de classe se diriger vers les escaliers qui les mèneraient à la Grande Salle tandis qu'il prenait la direction opposée d'un pas pressé.


Godric devait reconnaître qu'en passant les portes de la Grande Salle, il se sentait épuisé à la fois moralement et physiquement. Le cours de botanique n'avait guère été plaisant – comme à l'accoutumée – mais sa performance avait été pire que d'habitude, en partie parce qu'il n'arrivait pas à se concentrer sur ce qu'il faisait.

Ses pensées avaient été partagées entre la dispute qu'il avait eue avec Harry et l'absence d'Hermione au cours de Botanique. Finalement, ce fut en écoutant Lavande Brown et Parvati Patil discuter qu'il apprit que la jeune Granger s'était enfermée dans les toilettes des filles du premier étage, vraisemblablement pour pleurer et qu'elle n'avait voulu être dérangée sous aucun prétexte.

Etant très certainement le responsable de cette crise de larmes, Ron eut le bon goût de paraître mal à l'aise mais sa culpabilité s'effaça quelque peu lorsqu'ils pénétrèrent dans les Grande Salle. Des milliers de chauve-souris volaient près du plafond avant de fondre sur les tables tels de lourds nuages noirs, faisant vaciller par moments les flammes des chandelles à l'intérieur des citrouilles vides.

Ce n'est qu'en voyant les différents mets apparaître dans les plats d'or que Godric réalisa à quel point il était affamé, mais probablement pas autant que le rouquin, qui engloutissait des quantités faramineuses de nourriture, à une allure tout à fait prodigieuse… mais qui rendait ce spectacle absolument dégoûtant. Détournant son regard de lui, le rouge et or entreprit de se servir des pommes de terre lorsque des bruits de pas résonnèrent sur le sol de pierre.

Le professeur Quirrell venait de pénétrer dans la salle en courant, son turban mis de travers et une expression de profonde terreur peinte sur le visage. Les élèves le regardèrent se précipiter vers la table des professeurs – et s'effondrer à moitié dessus – avant de bafouiller d'une voix haletante :

- Un troll… dans les cachots… je voulais vous prévenir…

Les murmures qui parcouraient alors les tables se transformèrent alors en une clameur assourdissante et il fallut que le directeur fasse exploser des gerbes d'étincelles pourpres pour rétablir un semblant de silence dans la salle. Dumbledore prit alors la parole d'un ton calme mais sans appel.

- Messieurs les préfets, veuillez ramener immédiatement vos condisciples dans les dortoirs de vos maisons respectives.

La suite fut assez confuse, Godric n'écoutant qu'à moitié les propos de Percy avant d'interroger Ron sur la présence d'un troll dans le château. Le rouquin n'en savait visiblement pas plus que lui mais il émit tout de même l'hypothèse que Peeves soit impliqué d'une manière ou d'un autre. C'est alors qu'une pensée d'une toute autre nature traversa l'esprit du jeune Potter.

- Au fait, Hermione… elle n'est pas au courant pour le troll.

Ron se mordit la lèvre inférieure, apparemment tiraillé entre la perspective rassurante de suivre son frère aîné avec le reste des élèves ou bien de prendre le pari le plus risqué, mais qui s'avérait aussi le choix le plus juste, et donc le plus digne de Godric Gryffondor.

- D'accord, allons la chercher mais on n'a pas intérêt à ce que Percy nous voie sinon…

Les Gryffondor l'ignoraient mais à seulement quelques mètres d'eux, des élèves de première année aux blasons vert et argent suivaient un raisonnement assez similaire.


- Où est passé Harry ? Demanda une Tracy visiblement inquiète.

- Probablement en train de se pavaner dans un couloir… Commença à répondre Daphné sur un ton sarcastique…

… avant de stopper net en voyant le regard noir que lui adressait Théodore. Il était tellement rare de voir le jeune Nott exprimer autre chose que son habituelle apathie qu'elle en resta un instant sans voix. Néanmoins, elle n'eut pas le temps de reprendre la parole qu'il avait déjà commencé à s'éloigner d'eux, et il serait sans doute sorti du rang si Blaise ne l'avait pas retenu par le bras.

- Qu'est-ce que tu comptes faire, au juste ? L'interrogea Zabini.

Nott se dégagea avant de lui répondre de ce ton monocorde qui lui était coutumier.

- Retrouver Harry et l'avertir pour le troll.

La jeune Greengrass laissa alors échapper un reniflement méprisant avant de rétorquer :

- Oh, et qu'est-ce que Potter a bien pu faire pour obtenir une telle loyauté de ta part ? Il t'a laissé recopier ses devoirs peut-être ?

Théo ne répondit pas immédiatement mais le regard qu'il adressa cette fois-ci à la Serpentard était davantage porteur d'écœurement que de colère. De son point de vue, il fallait vraiment tomber très bas pour demander à quelqu'un d'autre de faire ses devoirs à sa place, ou alors posséder l'intelligence d'un lutin de Cornouailles…

A leur grande surprise, ce n'est pas un vert et argent qui rompit le silence pesant du groupe.

- Moi aussi, je suis inquiet pour Harry. Si tu veux aller à sa recherche, je… je suis avec toi, Théodore.

Tous se tournèrent alors vers Neville, qui s'était faufilé parmi les Serpentard sans que personne ne le remarque et, plus étonnant encore, qui tendait sa main vers Nott. Ce dernier la regarda et ne put s'empêcher de repenser à ce même geste, esquissé par Harry, quelques semaines auparavant. C'est peut-être pour cette raison qu'il la serra avec fermeté avant d'acquiescer solennellement de la tête.

Un soupir largement exagéré se fit entendre derrière eux.

- D'accord, je suis des vôtres. S'exclama Blaise en haussant les épaules d'un air faussement résigné.

Voyant que la jeune Davis se joignait au groupe, Daphné se mordit la lèvre mais finit par les suivre, tout en songeant qu'il s'agissait sans nul doute possible d'une très mauvaise idée… et peut-être aussi parce que finir sa courte vie sous les coups de massue d'un troll en étant partie à la recherche de Potter ne l'enchantait pas du tout.


Godric et Ronald ne regrettèrent jamais autant une décision que celle qu'ils avaient prise d'aller chercher Hermione. En effet, en arrivant dans les toilettes des filles, ils se rendirent compte trop tard que non seulement la Gryffondor ne s'y trouvait pas… mais que par contre le troll lui, y était. Ce dernier leur barrait d'ailleurs l'accès à la porte par laquelle ils étaient entrés, et qui constituait la seule issue possible.

Tandis que le jeune Weasley agitait vainement sa baguette en essayant de prononcer une formule qui ressemblait à celle du sortilège de lévitation, le Survivant essayait de se calmer mais il n'y parvenait pas. Son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, ses jambes tremblantes, le Gryffondor était paralysé sur place, tout en étant conscient qu'à chaque instant, il se rapprochait un peu plus de sa fin.

Se maudissant de sa propre impuissance, il ne put s'empêcher de revoir Harry face au Cerbère. Son frère avait été maître de lui, et plus courageux qu'il ne se sentait capable de l'être. C'est à cet instant qu'il comprit la différence entre les aventures certes téméraires mais assez peu dangereuses des Maraudeurs et le véritable courage, qui consistait à maîtriser sa peur face à toute menace.

Mais ces pensées lui parurent soudainement bien futiles, le monstre de quatre mètres de hauteur à la peau grisâtre étant en train de lever son énorme massue au dessus de sa tête. Ainsi allait disparaître le Survivant, réduit en bouillie par un troll…

- Incarcerem !

Des cordes apparurent alors de nulle part pour ligoter le troll des montagnes, lui faisant lâcher sa massue. Visiblement en colère, il laissait échapper des grognements frustrés tout en essayant de déchirer les cordes, qui commencèrent rapidement à s'user.

- Wingardium leviosa !

La créature commença alors à s'élever lentement dans les airs et stoppa immédiatement de se débattre. Mi-effrayé, mi-émerveillé par la perspective de voler, le troll ne chercha même pas à se protéger lorsque sa tête heurta durement le plafond de la pièce. Poussant un grognement plaintif, il s'effondra de tout son long sur le sol, soulevant un lourd nuage de poussière autour de lui et obstruant la vision du Gryffondor.

Lorsque la poussière retomba finalement, Godric jeta un coup d'œil vers la porte et remarqua ainsi la présence d'Harry, baguette levée, flanqué d'Hermione et du professeur McGonagall. Cette dernière était essoufflée mais elle semblait également stupéfiée par ce qu'elle venait de voir.

- M. Potter… comment avez-vous réussi à faire léviter ce troll ? L'interrogea-t-elle d'une voix blanche.

Le Serpentard, visiblement en sueur et le souffle court, réussit quand même à esquisser un sourire amusé avant de répondre d'un ton malicieux.

- La taille importe peu… regardez-moi, est-ce par ma taille que vous pouvez me juger ? Et bien, vous ne devriez pas car mon alliée est la Force, et c'est de mes alliés la plus puissante…

Il croisa alors le regard d'Hermione, et l'expression effarée de celle-ci laissa place à un grand sourire avant qu'elle ne finisse par éclater de rire, sous le regard incrédule du professeur de Métamorphose. Minerva était sur le point de reprendre la parole à son intention mais c'est ce moment que le garçon choisit pour perdre connaissance.


Le petit garçon, âgé d'environ neuf ans, montait tranquillement les marches menant au premier étage, tout en tenant un livre sous le bras. Cela faisait maintenant un peu plus d'un an qu'il était de retour chez les Dursley et il jouissait désormais d'un tout autre train de vie maintenant que son oncle, sa tante et son cousin se trouvaient sous son contrôle.

L'imperium était un sortilège à difficulté variable d'après ce qu'il avait lu. Il nécessitait bien évidemment une grande concentration de la part de son utilisateur mais il fallait également prendre en compte la nature de la cible.

En effet, il était remarquablement plus difficile d'utiliser le sortilège impardonnable sur un sorcier que sur un moldu parce que les sorciers possédaient eux aussi de la magie, et certains sorciers possédant une très forte volonté étaient en mesure de se libérer du sort. Heureusement, les moldus étaient beaucoup plus vulnérables et c'était ce qui avait grandement facilité la tâche du jeune Potter.

Harry n'était toutefois pas un monstre, contrairement à ce que croyaient les Dursley. En effet, il leur avait permis de garder leurs chambres respectives alors qu'il aurait pu les entasser dans son ancien placard à balais… ou pire. Néanmoins, il avait réquisitionné la seconde chambre de Dudley, celle où il entreposait tous ses jouets, pour s'en servir à son usage. L'achat d'un lit n'avait pas été nécessaire puisqu'il avait récupéré celui de la chambre d'amis, qui était d'ordinaire réservé à la sœur de Vernon, Marge lors des rares visites qu'elle leur faisait.

La chambre d'amis avait elle-même subi de nombreuses modifications. Après avoir jeté toutes les photos de chiens et autres tableaux que sa tante par alliance avait accrochés sur les murs, il avait fait repeindre la chambre dans les tons bleu ciel par son oncle et son cousin. Puis il avait équipé l'un des murs d'une grande bibliothèque en acajou, où il avait soigneusement rangé tous les livres en sa possession et plus particulièrement les rares ouvrages magiques dont il disposait.

Puisqu'aucun d'eux n'indiquait comment se rendre sur le Chemin de Traverse, il s'était mis en tête de les étudier le plus en profondeur possible. Il ne s'agissait certes que d'une vingtaine d'ouvrages mais moins de la moitié étaient destinés à l'apprentissage de débutants. Même si les livres en question étaient visiblement assez anciens, ils s'avéraient quand même être en bon état et Harry avait l'intention d'en prendre le plus grand soin.

Si toutes les matières l'avaient plus ou moins intéressé, le jeune Potter devait reconnaître qu'il éprouvait un intérêt tout particulier pour les Sortilèges, la Métamorphose et les Potions, trois des disciplines magiques les plus complexes d'après ce qu'il avait pu lire. Venaient ensuite l'étude des runes, la botanique et les créatures magiques. La simple lecture des Animaux Fantastiques, de Newt Scamander, était fascinante parce qu'elle lui avait montré que nombre des créatures mythologiques que ses enseignants moldus citent parfois existent bel et bien en réalité, même si le mythe n'était pas toujours exact.

S'asseyant au bureau qu'il avait fait déménager de la chambre des époux Dursley pour son propre usage, Harry délaissa Le Livre des Sorts et Enchantements niveau 1 avant de reporter son attention sur un cahier noir assez quelconque mais d'aspect visiblement ancien. Il l'ouvrit vers le milieu et entreprit de poursuivre sa lecture.

12 Octobre 1941

Je commence vraiment à me demander si cette école est bien la meilleure d'Europe comme le clament le professeur Dumbledore et le professeur Dippet. Aujourd'hui, on nous a enseigné le sortilège d'Allégresse. Je comprends l'importance de connaître toutes sortes de magies mais un sort qui rend quelqu'un content voire heureux, à quoi cela peut-il bien servir ? Même les cours de Métamorphose me paraissaient parfois si ridicules…

Je sais qu'Albus Dumbledore est un grand sorcier, j'ai notamment lu plusieurs articles à son sujet et notamment ses recherches conjointes avec le grand alchimiste français, Nicolas Flamel, mais pourquoi nous enseigner comment transformer une théière en tortue ? Pourquoi ne pas plutôt nous apprendre à métamorphoser une théière en arme, ou bien à animer les armures pour s'en servir au combat ?

Une guerre fait actuellement rage en Europe, aussi bien dans le monde sorcier que chez les moldus mais Dumbledore n'a pas l'air de vouloir aller affronter Grindelwald alors que plusieurs fonctionnaires haut placés du Ministère sont déjà venus le trouver pour le persuader que sa présence est nécessaire, voire vitale à l'effort de guerre. Je dois reconnaître que je m'interroge de plus en plus sur les prétendus talents du Directeur des Gryffondor… peut-être devrais-je davantage m'intéresser aux arts sombres ? Je sais qu'ils sont mal vus dans notre société mais je ne peux m'empêcher de penser qu'ils sont peut-être essentiels. Après tout, Grindelwald est un maître de la magie noire et son armée grandit de jour en jour alors… peut-être est-ce la source de son pouvoir ?

Harry referma le cahier et alla s'allonger sur le divan situé en face de la bibliothèque. Il ne pouvait pas nier que les arts sombres pouvaient se montrer remarquablement pratiques. C'était grâce à l'un des Impardonnables qu'il pouvait désormais mener une existence plus libre, sans que les Dursley ne puissent plus attenter quoi que ce soit contre lui. Cependant, il avait également conscience que la magie noire n'était pas une réponse à tout.

L'un des ouvrages qu'il possédait mettait tout particulièrement en garde contre les effets secondaires qu'une pratique incessante de certains maléfices et pire encore, de certains rituels, pouvait avoir sur leur utilisateur. Certains expliquaient que cela pouvait exacerber les crises de colère de personnes au sang chaud mais aussi en pousser d'autres à la paranoïa voire à la folie. Même pour ceux qui maîtrisaient plutôt bien leurs émotions, les effets secondaires pouvaient être plus subtils comme une tendance à l'isolement et à la rancune fortement exacerbée.

Heureusement, l'Imperium n'était pas à proprement parler un sortilège de magie noire. En effet, il avait été inventé au Moyen-âge par un médicomage qui tentait alors de soigner certaines maladies mentales et physiques pour lesquelles le patient pouvait se montrer récalcitrant face au traitement. Ce n'était que par la suite que des sorciers malintentionnés avaient eu l'idée de recourir à ce sortilège pour forcer d'autres personnes, en parfaite santé, à accomplir leur volonté.

Ainsi, contrairement au Doloris qui nécessitait que l'utilisateur éprouve une haine réelle pour l'utiliser, l'Imperium ne nécessitait pas ce genre d'émotions. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle Harry préférait utiliser l'Imperium plutôt que le Doloris sur les Dursley, évitant ainsi les éventuels effets secondaires dont il avait pris connaissance peu de temps après son retour à Privet Drive.

Laissant échapper un léger soupir, il décida de retourner à son ouvrage de Sortilèges avant d'enchaîner sur la Métamorphose…


- Je veux le voir ! Laissez-moi passer !

Harry émergea lentement de son rêve, ou plutôt de son souvenir car c'était bien de cela qu'il s'agissait avant de finalement ouvrir les yeux. Il pouvait voir plusieurs silhouettes vêtues des robes noires qui constituaient l'uniforme des élèves de Poudlard ainsi que d'autres silhouettes, beaucoup plus grandes, qui se trouvaient un peu plus loin. Portant la main sur la table de nuit qui se trouvait à sa droite, il finit par trouver ses lunettes en tâtonnant avant de les mettre sur son nez.

Il se trouvait dans une grande salle, qui comportait principalement de nombreux lits aux draps blancs, alignés de part et d'autre de la pièce. Ils n'étaient séparés les uns des autres que par des paravents. Une petite table de nuit était disposée à côté de chaque lit, et sur chacune d'entre elle était posée une lanterne, comme celles que l'on pouvait trouver à la Bibliothèque lorsqu'on s'y rendait tard le soir.

Passant une main sur son visage pour essayer de se réveiller complètement, il remarqua que les élèves qu'il avait aperçus n'étaient autres que ses amis. Théo, Blaise, Tracey, Neville mais plus surprenant encore, Hermione et Daphné, bloquaient le passage à deux adultes qu'il reconnut sans peine.

James et Lily Potter.

- Laissez-moi voir mon fils ! Vociféra Lily, sortant finalement sa baguette de sa poche avant de la braquer sur Théodore.

Pour sa défense, le jeune Nott ne broncha pas. La peur était clairement lisible dans ses yeux mais il ne bougerait pas. Il avait assisté à la confrontation entre Harry et Godric un peu plus tôt dans la journée, et s'il en croyait ce qu'il avait entendu de la bouche du Serpentard, ses parents l'avaient abandonné à des horribles moldus. Il était absolument hors de question qu'il les laisse s'approcher de son ami, quel qu'en soit le prix.

- Tu ferais bien de t'écarter. Est-ce que tu veux vraiment être renvoyé de l'école, gamin ? Demanda James qui observait Théo avec un mélange de surprise et de colère.

- Ou peut-être l'enverrez-vous à Azkaban ? C'est bien ce que vous faites avec les gens que vous détestez ! S'écria une voix féminine.

Il tourna le regard sur celle qui venait de prendre la parole avec colère et fut surpris de découvrir qu'il s'agissait d'une fillette de onze ans. Son regard était tellement chargé de rancune et de colère… plus encore peut-être que son fils lorsqu'il l'avait confronté dans le bureau d'Albus et pourtant, ses yeux sombres ne tardèrent pas à se remplir de larmes. Qui était cette fille ? Et pourquoi son visage lui paraissait-il si familier ?

Il ne tarda toutefois pas à reprendre ses esprits.

- Pour qui tu te prends, espèce de petite…

- CA SUFFIT !

Tous se turent avant de se retourner vers Harry qui s'était redressé dans son lit. Le visage du jeune Potter était rouge de colère et il tenait sa baguette en main, dont le bout était visiblement dirigé vers les époux Potter. Il tourna ensuite son regard sur Mme Pomfresh, qui était restée un peu à l'écart, ne sachant pas vraiment quoi faire dans une telle situation. James et Lily étaient ses amis après tout mais elle ne pouvait pas ignorer le fait qu'Harry avait fait tout son possible pour éviter de revenir habiter avec eux.

Elle frissonna devant la flamme qu'abritaient les orbes émeraude du jeune Potter. Jamais elle n'avait lu une telle fureur dans ces yeux qui ressemblaient tant à ceux de Lily.

- J'invoque l'article 137b du règlement de l'école. Si ces deux personnes ne sont pas immédiatement évacuées de l'infirmerie, je porterai plainte devant le Magenmagot et la Haute Cour de Justice gobeline pour abus de pouvoir et violation de la procédure de reniement. Vous serez tenue pour complice et perdrez votre doctorat en médicomagie ainsi que le droit d'exercer ! S'exclama-t-il avec colère.

Il se retourna ensuite vers les Potter, braquant un regard d'une telle intensité sur James que ce dernier recula inconsciemment d'un pas.

- Vous ignorez ce que cela veut dire pour vous, j'imagine ? Si vous refusez de vous tenir à distance de moi selon la procédure de reniement que vous avez personnellement engagée, je suis non seulement en droit d'attenter un procès contre vous où vous risquez de perdre votre emploi mais aussi…

Tout en poursuivant son explication, un sourire glacial fleurit sur les lèvres du jeune Potter, qui n'annonçait rien de bon du point de vue du patriarche des Potter.

-… l'intégralité de l'héritage que vous m'avez refusé ainsi que d'autres indemnités compensatoires. Voulez-vous vraiment que votre fils adoré que vous avez tant cajolé ces dix dernières années se trouve sans la moindre noise en poche ? Oh, je suis sûr que le Directeur interviendrait en votre faveur mais cela ferait tout même un sacré scandale, n'est-ce pas ?

Lily était absolument sans voix après ce qu'elle venait d'entendre. Leur fils les haïssait-il au point de recourir à tous les moyens possibles pour se débarrasser d'eux ? Etant assez versée dans la législation du monde magique, l'ancienne élève favorite d'Horace Slughorn blêmit en songeant qu'il avait tout à fait les moyens de faire de leurs vies un enfer en dévoilant les détails de son enfance dans la presse… quelque chose qu'elle tenait à éviter à tout prix parce que Godric finirait indéniablement par être touché lui aussi par le contrecoup d'un tel esclandre.

Le Maraudeur arborait un visage aussi pâle que celui de son épouse. Jamais il n'aurait imaginé que sa propre progéniture pourrait éprouver une telle haine à son égard. Même Servilus ne le haïssait probablement pas autant… et pourtant, il était certainement l'homme qui l'avait le plus détesté ces vingt dernières années. Peut-être n'aurait-il pas dû être tant surpris, après tout c'était à Pétunia et à son horrible mari qu'ils avaient confié leur enfant alors à quoi s'étaient-ils vraiment attendus ? Albus les avait persuadés qu'Harry leur serait reconnaissant de venir à son secours, de le ramener parmi eux mais son séjour chez les Dursley avait visiblement laissé une marque indélébile.

- Je… Harry… Bredouilla Cornedrue, clairement mal assuré.

- SORTEZ ! S'exclama finalement l'infirmière, préférant ne pas risquer les poursuites que le garçon était bien capable d'engager.

Une fois que les trois adultes furent sortis, les élèves se retournèrent vers leur ami… pour constater qu'il s'était laissé retomber sur son lit, visiblement fiévreux et respirant bruyamment. Se précipitant vers lui, Neville fut le premier à remarquer la fiole vide sur la table de nuit et il hoqueta d'horreur en lisant le nom de la potion qu'elle contenait.

- Neville, qu'y a-t-il ? Lui demanda gentiment Hermione en posant une main sur son épaule.

Ouvrant et refermant la bouche, incapable de formuler correctement ses mots, il tendit le flacon à la Gryffondor, qui pâlit considérablement en le lisant.

- Une potion fortifiante ? Dans l'état où il est ? Combien en a-t-il bu ? S'interrogea-t-elle avant de reporter son regard sur Neville.

- La… la fiole était pleine tout à l'heure ! Répondit-il, visiblement conscient et inquiet des conséquences.

Théodore ne perdit pas de temps avant de quitter la pièce en courant, en direction des donjons. Ironiquement, la seule personne à qui il pouvait faire confiance pour aider Harry n'était ni médicomage, ni particulièrement fan des Potter en général. Heureusement, Severus Rogue était le Directeur des Serpentard avant tout.